Ce chapitre a été écrit avant la parution du chapitre 325 de Magi mais à part le fait que David voit déjà le destin avant d'obtenir la magie, rien n'est trop divergent du canon. Les noms de la famille et des amis de David sont ceux tirés de la Bible (et d'Internet) (excepté pour Tsrouyeh qui est en fait Tsrouyah: source Wikipédia donc pas forcément fiable).
La flotte royale de Sindoria accosta dans le port de l'île et fut accueillie par Jafar, Aladdin et la garde de la reine qui saluèrent leurs souverains, les sept autres généraux et la capitaine de la garde en leur souhaitant un bon retour de façon formelle, la familiarité familiale viendrait une fois au palais, quand le couple royal aperçut un petit garçon accroupi qui leur tournait le dos. Visiblement, leur fils leur en voulait d'être partis sans lui :
« Badr, appela Alibaba, tu ne viens pas nous dire bonjour ?
-Je ne parle pas aux inconnus, même s'ils disent qu'ils sont mes parents.
-Oh ! Comme c'est dommage ! Nous qui revenions avec pleins de nouvelles histoires et quelques souvenirs pour le prince de Sindoria. »
Badr se tourna vers eux avec les larmes aux yeux, les regarda un instant avant de sauter dans leur bras en pleurant :
« Maman, papa, pourquoi vous êtes partis sans moi ?
Les cœurs de ses parents se serrèrent :
-Tu venais à peine de guérir et tu était encore faible et contagieux. Nous ne pouvions pas risquer que tu fasses une rechute ou que tu contamines nos alliés, causant ainsi une guerre biologique. » Expliqua Sinbad, en père et roi responsable. « Mais ça ne veut pas dire que tu ne nous as pas manqué, mon fils. » Ajouta-t-il en le prenant sur ses épaules alors qu'ils rentraient chez eux.
Lors du banquet de retour en privé dans la salle à manger du palais, Alibaba et Sinbad racontèrent en détail leurs voyages à leur fils, puis vint le tour des généraux qui prirent plaisir à parler de leurs pays natals à leur prince et neveu puis Sharkan demanda le silence pour faire une annonce :
« Voilà, vos majestés, les amis, Yamuraïha et moi attendons notre premier enfant. »
Ils s'étaient mariés deux ans auparavant, suite à un festival où Alibaba, lassée de voir leur relation stagner, les avait discrètement fait boire en assez petite quantité pour être grisés mais pas ivres et leur avait ordonné, avec le soutien de Sinbad et d'Aladdin, de danser ensemble. Finalement la danse s'était finie allongée dans un lit et quelques mois plus tard un mariage avait couronné l'opération de succès.
Après les plus chaleureuses félicitations de tous les côtés, Sinbad leur demanda :
« Vous l'avez dit à Armakan et aux professeurs de Magnostadt ?
-Oui. Mon frère a insisté pour que l'enfant aille séjourner régulièrement à Héliohapte. Il semble enthousiaste à l'idée d'être oncle, il a même souri.
-Et Myers a déclaré que s'il était magicien, elle se ferait un plaisir de lui enseigner les arts martiaux et l'escrime en plus de la magie à Magnostadt.
-Mais il pourra quand même voyager avec moi ? Demanda Badr.
-Bien sûr. »
Après le dîner, alors que le couple royal était couché, Alibaba leva les yeux vers Sinbad, alla embrasser sa joue, glissa sa bouche sur ses lèvres :
« C'est à croire que tout le monde veut agrandir sa famille. Plaisanta Sinbad.
-Quoi de plus normal ? Depuis cinq ans, le monde traverse une ère de paix et de prospérité : ce genre de chose influe sur la fertilité. Le monde que toi et tes alliés...
-Et toi aussi !
-Que nous avons créé est libérateur maintenant que les visées expansionnistes de Kou et de Reim ont disparues et que le commerce et les échanges diplomatiques priment sur les armes.
-Alibaba, il faut que je vous parle à tous de quelque chose. Dit soudain Sinbad sur un ton grave.
-Qu'y a-t-il ? »
A ce moment, on frappa à la porte qui s'entrouvrit. Badr glissa timidement sa tête dans la chambre et ses parents échangèrent un regard, un soupir et un sourire avant de l'inviter à les rejoindre. Ce fut en formant un cocon protecteur autour de leur fils qu'ils s'endormirent.
De temps en temps, David profitait de la nuit pour s'évader : il s'éloignait de Sindoria, connectait son magoi à celui d'Ill-Illah et observait le monde. Il aimait voir les progrès réalisés à cette époque : l'abolition de l'esclavage, l'égalité de plus en plus présente, la réduction de la pauvreté et de l'insécurité... Il tourna son regard vers Reim, puis vers Kou, aperçut la chambre d'Hakuryuu où le prince utilisait ses djinns pour créer des êtres vivants de forme humaine avec une volonté assez simple. En regardant de plus près, il n'y en avait que deux, une réplique d'Alibaba et une de Morgiana qu'Hakuryuu fit allongées dans son lit, David préféra détourner le regard : « Espèce d'obsédé ! » pensa-t-il, avant de se souvenir d'une époque que même la sagesse de Salomon ne pouvait montrer : « Bon en même temps, il faut faire des expériences dans la vie. »
Il se replongea dans la contemplation du monde créé par son fils, son petit-fils, le roi féminin qu'il avait choisi et la vraie singularité de ce monde. Le tout formait un tableau dont la touche finale serait apposée dans quelques années si tout se passait bien. David esquissa un sourire : « Père, mère, mes frères, Jonathan, Bethsabée, les amis, j'aimerais que vous puissiez voir ça. »
« Si les recherches d'Aladdin aboutissent, ce sera le cas.
David tourna les yeux vers la voix :
-Salomon, tu peux lire dans les pensées maintenant ?
-En fait, tu l'as murmuré.
-Je vois. »
Il y eut un silence puis :
« David ?
-Oui ?
-Qui sont Jonathan et Bethsabée ? Et pourquoi tu ne m'as jamais parlé de ta famille ? Il est temps que nous discutions, toi et moi.
-C'est vrai, accroches-toi, c'est une longue histoire. »
« Je suis né treize ans avant la descente d'Ill-Illah dans notre monde, à l'époque où, pour la première fois, la tribu des humains avait un véritable chef en la personne de Saul. Mon père s'appelait Isaï et ma mère Nitzevet, j'avais cinq ans lorsqu'ils se firent dévorés par des ogres, depuis lors ce furent mes sept frères aînés qui se sont occupé de moi. Enfin, jusqu'à ce qu'Abinadab, Nathaniel et Ozem se fassent attraper par les ancêtres des Berserks, puis Raddaï par une Lamie et Eliab par un Manticore- Quoi ? S'interrompit-il devant l'air horrifié de son fils. Tu croyais que mon besoin de contrôler les autres espèces venait de nul part ? Je reprends, et je me rend compte que je me suis trompé- C'est Chamma qui s'est fait mangé par un ancêtre des Manticores, Eliab et Tsrouyeh se sont fait avoir par des Goules, une espèce qui a disparu rapidement après l'arrivée de la magie alors que la plupart des autres se civilisaient petit à petit, le tout entre mes six et mes treize ans. Quand mes deux derniers frères moururent, et malgré le soutien de mon meilleur ami Jonathan, le fils de Saul, je ne résistait pas au besoin de retourner là où je les avait aperçus pour la dernière fois. Je pris ma lyre et j'allais jouer en souvenir d'eux après avoir vérifié qu'aucune autre créature, quelle qu'elle soit, ne me trouve. J'ai dû manquer de vigilance parce que quand j'en eus terminé, j'ai levé les yeux et j'ai vu Bethsabée. »
Il revoyait encore la scène : l'écho de ses dernières notes s'envolant alors qu'il apercevait une fille qu'il avait déjà vu sans la remarquer, autant la voir pour la première fois, et dont la frimousse le frappa en même temps que la vision de la superbe femme qu'elle deviendrait. Mais ce qui retint surtout son attention furent son regard, ses seins et ses beaux cheveux bleus.
« Oui, et donc ?
-J'aurais cru que tu voudrais savoir comment j'ai rencontré ta mère.
-Bethsabée est ma mère ?!
-Elle est morte en te mettant au monde mais elle t'aimait, et malgré le temps qui a effacé peu à peu mes émotions, je l'aimais. »
Cette déclaration fit plaisir à Salomon avant qu'un détail ne le ramène à la réalité :
« Ses seins ?
-Il faut bien qu'Aladdin tienne ça de quelqu'un.
-O.K, tu viens de déclencher un cataclysme dans deux mille cinq cent ans.
-Combien de victimes ?
-Aucune, la technologie de cette époque sera très perfectionné dans la science de prévoir et minimiser les dégâts des catastrophes naturelles.
-Tant mieux pour eux. » David reprit son histoire. « Elle m'a dit qu'on l'avait envoyée me chercher, Jonathan s'inquiétait et Saul... Saul devenait peu à peu paranoïaque et comptait sur mes capacités pour prévoir les attaques « tout en cherchant à me tuer ». Quand nous sommes arrivés, j'ai eu une vision de l'attaque des orcs mais je n'ai pas eu le temps de les prévenir. Tu sais ce qui s'est passé ensuite : Ill-Illah nous a sauvé et nous a confié la mission de fonder Alma Torran. Au début, se fut difficile : nous ignorions ce que nous devions faire, comment utiliser la magie ou négocier avec les autres espèces, mais je jure devant Dieu, et je dis ça au propre comme au figuré, que nous avons essayé. Mais au cours des trois premiers siècles, soit nous ne réglions les problèmes que de façon temporaire, soit nous nous faisions trahir et tuer par les autres espèces, ou à cause de la magie, comme ce fut le cas pour Jonathan. »
L'air de souffrance sur le visage de David ne dura qu'une seconde mais suffit à Salomon.
« Au bout de trois cent ans, j'ai craqué et j'ai construit les gunuds tout en sachant que ce n'était qu'une étape vers l'accomplissement de la mission.
-Une mission ? »
David hésitait à répondre quand un cri de douleur se fit entendre derrière eux, les faisant se retourner :
« Père, qu'arrive-t-il à Ill-Illah ? Demanda Salomon horrifié.
-Je l'ignore, qu'est-ce qui pourrait bien le faire souffrir ?...A part moi.
-Regardes ! »
En suivant la direction que son fils lui indiquait, David aperçut un groupe de personnes réunies dans un pentacle, au nord de Magnostadt :
« Ça, ce n'est pas Al-Samen.
-C'est un nouveau culte, apparemment l'apparition d'Ill-Illah dans le ciel il y a six ans a déclenché de nouvelles ferveurs.
-Bon, au moins, ça a l'air assez innocent. »
Un nouveau cri de douleur se fit entendre et les deux anciens rois d'Alma Torran virent une nuée de rokhs noirs s'envoler en direction du centre du cercle où se trouvait un homme allongé à qui ceux qui se tenaient debout tentaient d'inoculer ces rokhs. L'homme hurla, se débattit et mourut.
« Ce n'est pas du tout innocent. En fait, on dirait presque qu'ils cherchent à créer un homme réceptacle de Dieu. Un prophète peut-être ?
-David, vas prévenir Aladdin et les autres, je me charge de les surveiller et d'en apprendre le plus possible sur eux.
-Très bien, je compte sur toi. »
