Ce chapitre a été rédigé au moment de la sortie des chapitre 321 à 324.
Au cours de la nuit, Sinbad se réveilla après un rêve où il avait vu le monde tel qu'il aurait été s'il n'avait pas découvert le secret d'Alibaba : si celui-ci n'était pas si mal, la personne qu'il s'était vu devenir lui ressemblait de moins en moins jusqu'à se voir tenter de prendre d'assaut le palais sacré et finir en sang et en cendre, « Tu n'es qu'un humain. » alors qu'un poids tombait sur sa poitrine.
En revenant à la réalité, il comprit d'où cela venait :
« J'ai atteint le sommet. » Marmonna Badr dans son sommeil, faisant sourire son père :
« Je suis si heureux que tu sois venu au monde, mon fils. Ta mère et toi êtes des dons du ciel. » pensa-t-il en lui faisant un câlin et que, comme d'habitude, Alibaba venait se blottir contre lui. « Tu n'es qu'un humain. » Parfait ! Ce monde sans pouvoir unique et où il avait une famille et ses compagnons à ses côtés lui convenait et il n'avait aucune intention de le modifier. Peu importait les plans d'Ill-Illah, de Salomon, d'Arba ou de David.
« Sinbad. Le roi tourna la tête et aperçut le dernier objet de ses pensées.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Murmura-t-il.
-Tu sais, cette secte qui t'inquiète, je dois te parler à ce propos : Aladdin est introuvable et j'aurais préféré lui en parler d'abord mais...
-Bon, c'est urgent ou ça peut attendre demain ?
-Très bien, j'attendrai. » « Et il s'est déjà rendormi. Les contraintes physiques ne me manquent pas. »
Le lendemain, lors de la réunion quotidienne de l'état-major sindorien -le roi, la reine, les liges et le magi- David fit de nouveau une apparition pour leur expliquer ce qu'il avait vu durant la nuit :
« Ils tentent de fusionner les rokhs d'Ill-Illah avec des humains ? » S'exclama Aladdin. « Mais dans quel but ?
-Et quelle est la nature de leur foi, pour commencer ? Ça nous éclairerait déjà sur leur nature. Réfléchit Sinbad
-Salomon et moi y avons réfléchi et nous penchons pour la théorie selon laquelle ils essaieraient de créer un prophète : un intermédiaire entre les humains et Dieu. Reste à comprendre à quoi cela pourrait leur servir ? »
A ce moment-là, les rokhs raisonnèrent dans la salle, attirant l'attention des magiciens et de Sinbad : Salomon avait fini son enquête et transmettait les résultats qu'Aladdin relaya à l'assistance :
« Bon ! Pour l'instant, ça reste gérable comparé à ce qu'était Al-Samen, mais nous l'évoquerons quand même lors du sommet mondial du mois prochain. Décida Sinbad
-Très bien, je transmettrai donc ces informations aux autre chefs d'état. » Conclut Jafar alors que la réunion s'achevait.
A peine sortis de la salle, Sinbad et Alibaba prirent les sacs qu'ils avaient préparés et descendirent vers la plage où, sans surprise, leur fils les attendait déjà à côté de la barque de son père avec ses propres affaires :
« Alors, on y va ? » Lança Badr, ravi de pouvoir partir camper « entre hommes » avec son père sur l'une des îles voisines. Il fallait au moins ça pour rattraper le voyage manqué. Alibaba embrassa ses deux hommes et les regarda s'éloigner, l'île n'était pas loin et elle put les distinguer accoster : rassurée, elle rentra au palais pour compenser l'absence du roi en étant secondée par Jafar.
Une fois la nuit venue, alors que Sinbad racontait des histoires à Badr à la lueur d'un feu de camp, Alibaba se préparait à aller se coucher juste après être restée un moment à sa fenêtre qu'elle laissa ouverte à cause de la chaleur et, au bout de quelques minutes, enleva sa chemise de nuit.
A l'empire Kou, le prince Hakuryuu sortait d'une réunion avec l'empereur Hakuei au sujet du retour en grâce et au palais de leurs cousins et retournait dans ses appartements quand un inconnu surgit devant lui :
« Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous entré ?
-Quelqu'un qui place beaucoup d'espoir en vous, prince Hakuryuu. Après tout, vous n'avez fait qu'un avec Dieu, même si ce ne fut que temporaire. »
Hakuryuu saisit immédiatement son arme :
« Je répète ma question : qui êtes-vous et que voulez-vous ?
-Tout simplement vous aider à obtenir ce que vous désirez plutôt que de vous contenter de répliques sans véritable consistance. » Répondit-il en lui tendant une orbe en verre. « Prenez-la. Vous y trouverez ce que vous voulez. » Ajouta-t-il en la lui mettant dans les mains.
Les yeux d'Hakuryuu s'écarquillèrent en voyant une image apparaître à l'intérieur et se préciser peu à peu : il resta sans voix en voyant ce qu'elle représentait, ou plutôt ce qu'elle retransmettait puisqu'Alibaba remuait dans son sommeil. Hakuryuu pouvait deviner sa nudité à travers le fin drap qui la recouvrait en partie. À la surprise du prince, elle était seule :
« Son mari et son fils sont partis en excursion pour la nuit. Que diriez-vous d'en profiter ? Je pourrais vous donner l'apparence de Sinbad et vous envoyer près d'elle. À condition que vous réfléchissiez à notre proposition.
-Qu'elle est-elle ?
-Devenir un intermédiaire entre Ill-Illah et les hommes. Prince Hakuryuu, devenez un roi prophète qui régnera seul sur le monde. Nous, les fidèles d'Ill-Illah, sommes prêts à vous soutenir. »
Le prince pensa un instant à sa famille, à Judal et à son peuple puis son regard se posa à nouveau sur l'orbe, attisant davantage le désir qui brûlait dans ses veines.
« Alors, majesté, qu'en dîtes-vous ? »
Alibaba se réveilla brusquement. Elle avait la sensation de ne pas être seule, sensation confirmée quand elle aperçut Sinbad entrer par la fenêtre.
« Sinbad ? Que fais-tu là ? Où est Badr ?
-Il va bien. Tu n'as pas à t'inquiéter, dame Alibaba. » Répondit-il en l'embrassant et en s'allongeant sur elle... avant de se retrouver avec un couteau sous la gorge :
« Comment as-tu su ? Demanda Hakuryuu en reprenant son apparence.
-Un : mon mari n'aurait jamais abrégé ses explications sur notre fils, deux : il ne m'aurait jamais appelée « dame Alibaba » et trois : la façon dont tu t'es jeté sur moi n'avait rien à voir avec sa façon de faire. Maintenant dis-moi, Hakuryuu, comment as-tu pris l'apparence de mon mari et roi et comment es- tu entré dans le royaume ? Sois honnête, ça nous évitera un terrible incident diplomatique. »
Hakuryuu garda un moment le silence avant de raconter ce qui s'était passé à Rakushou.
« David avait donc vu juste. » Murmura Alibaba. « Hakuryuu, retournes chez toi et préviens ta sœur de la présence de cet homme, s'il te plaît.
-Qu'y gagnerai-je ?
-La préservation de la paix. Et depuis tout à l'heure, tu te rince l'œil mine de rien.
-Et qu'est-ce qui te dit que ça suffira ?
-Le fait que, prince de Kou ou pas, tu risques de déguster si tu restes ici une minute de plus. »
Et effectivement, à peine eut-elle fini sa phrase que Morgiana débarqua, prête à attaquer l'intrus. Hakuryuu, sachant ce qu'il risquait, se décida à jouer le jeu :
« Bon voilà, tu sais tout. Bonsoir Morgiana.
-Hakuryuu.
-Je te remercie d'être venu nous prévenir. Évite de tomber dans leur piège. Nous avions déjà constaté l'existence de ce culte et comptions l'aborder lors du prochain sommet. Il faudra que tu expliques ce que cet homme t'a dit. Coupa Alibaba.
-Tu sembles vraiment préoccupée par eux.
-Évidemment ! J'ai bien peur que nous ne tenions le nouvel Al-Samen.
-J'essaierai d'identifier ceux de Kou. Sur ce, je vous laisse. Je vous souhaite une bonne nuit, dame Alibaba, dame Morgiana. » Dit-il avant de repartir.
Une fois de retour au palais de Rakushou, l'orbe magique qui avait permis au prince de voir et rejoindre Alibaba se brisa. Hakuryuu la ramassa précautionneusement avant de se rendre dans la salle du trône il y trouva sa sœur occupée à régler les problèmes du pays. Hakuei avait gagné en majesté ces cinq dernières années, à présent on ne pouvait plus la regarder sans penser à son père et à ses frères dont elle se montrait chaque jour la digne héritière régnant avec sagesse et justice. À l'entrée de son frère, elle leva les yeux de la missive sindorienne qu'elle venait de recevoir et lui fit signe d'avancer avant de lui expliquer que Sindoria avait fait parvenir à sa connaissance l'existence d'un culte à Ill-Illah qui pouvait être préoccupant. À son tour , Hakuryuu lui expliqua ce qu'il venait de se passer, en omettant la partie avec Alibaba, faisant immédiatement réagir l'empereur :
« Judal, ordonna-t-elle au magi à leurs côtés, prends cette orbe et va l'étudier avec le département de magie. Plus nous en saurons sur eux, mieux nous pourrons les cerner et les empêcher de nuire. Hakuryuu, écris un rapport sur tout ce que t'a dit cet homme et sur son aspect. Il est temps de payer notre dette à Sindoria. »
Une fois les dernières affaires réglées, l'empereur se retira dans ses appartements et se dirigea vers une chambre où des servantes s'occupaient de l'enfant qu'elle avait mis au monde il y avait six mois. Son fils et celui de Kouen. Ils l'avaient conçu dans le but de donner à Kou un héritier qui rallierait les partisans des deux branches de la famille Ren afin d'éviter d'autres guerres civiles. L'enfant avait déjà les traits d'Hakutoku et d'Hakuyuu, les cheveux noirs de sa mère et les yeux rouges pâles de son père. La jeune femme le prit dans ses bras avec plaisir :
« Bonjour mon précieux petit garçon, as-tu été sage ?
-Le prince héritier a été adorable , votre majesté. Lui répondit une servante. Vous pouvez être fière de lui.
-Mais je suis toujours fière de mon petit prince Hakuen. » Répondit-elle en souriant.
De son coté, Hakuryuu finissait son rapport quand il fut interrompu :
« Altesse Hakuryuu. » Il leva les yeux pour voir ses deux poupées le regarder :
« Qu'y a-t-il ?
-Vous semblez tourmenté. Pouvons-nous faire quelque chose pour vous apaiser ? »
Le prince leur fit signe d'approcher et, dociles, elles s'exécutèrent. Ce n'était peut-être que de pâles copies des originales mais elles feraient l'affaire.
Après le départ du prince, Alibaba avait raconté ce qu'il s'était passé à Morgiana :
« Tu comptes le dire à Sinbad ?
-Bien sûr. Je n'ai jamais rien caché à mon mari et je refuse de commencer avec ça.
-Il pourrait mal le prendre.
-Oui, mais je sais qu'il saura mettre ses sentiments de côté pour le bien de la paix. Et, Morgiana...
-Oui ?
-Merci d'être intervenue à temps. S'il avait décidé de faire ce qu'il voulait, je ne suis pas sûre de comment ça ce serait terminé.
-C'est normal. Je n'aurais pas pu laisser la femme que j'aime se faire violer sans réagir. »
Alibaba sourit à sa précieuse amie et lige :
« Je pense que ça ira maintenant. Tu peux retourner te coucher.
-En cas de soucis, appelles-moi.
-Bien sûr. Bonne nuit, Morgiana.
-Bonne nuit, Alibaba. »
