Salut à tous ! Voici donc le deuxième chapitre de mon petit bébé. J'ai été très contente de voir que beaucoup de personnes semblaient avoir aimé le premier chapitre alors j'espère sincèrement qu'il en sera de même pour celui-ci. Je vous remercie d'ailleurs pour vos Reviews, ça fait hyper plaisir et c'est motivant ! J'attends bien sûr vos avis même s'ils sont négatifs, cela ne peut que me faire grandir et me faire m'améliorer. /!\ Une partie de ce chapitre à été empruntée à ma réalité alors si la réaction de Clarke vous semble disproportionnée, impossible ou stupide, dites vous que des personnes vivent réellement ça ! :$
Bonne lecture les enfants !
+ (après des heures de recherche, j'ai enfin trouvé une musique d'ambiance qui semble assez bien correspondre avec ce chapitre, vous n'êtes évidemment pas obligés de l'écouter ;) Sleeping At Last - Arctic)
FLASHBACK – FIRST STAPE – DENIAL
« — Maman ? Papa est déjà partit au travail ? »
Une fois de plus, le visage d'Aby se décomposa lorsqu'elle entendit les quelques mots que sa fille venait de prononcer de son air encore légèrement endormi et innocent. Pourtant, elle commençait à les connaître par cœur, ces mots. Une semaine était passée depuis le décès de Jake Griffin et pourtant, Clarke ne semblait pas encore avoir assimilé l'information. Certes, Abigail ne s'attendait pas à ce que sa fille accepte tout de suite le décès de son paternel mais il lui arrivait un peu trop fréquemment de demander où était son père, comme là. En effet, le matin à son réveil, la petite blonde restait dans l'optique que son père l'attendait au rez-de-chaussée, attablé devant un petit-déjeuner préparé avec amour par sa femme, lisant son journal. Et chaque matin, c'est avec déception qu'elle ne le voyait pas. Et chaque matin, elle avait pris l'habitude de poser cette question à sa mère avec diverses variantes.
« — On en a déjà parlé, chérie. Ton père est.. Il n'est plus là, rappelle-toi…»
Et chaque matin, Clarke refusait l'évidence. Elle secouait la tête puis se mettait à trembler mais continuait de nier : son papa rentrerait à la maison le soir, l'air fatigué mais le sourire aux lèvres de retrouver sa famille. Mais bien sûr, son père ne rentrait pas, il ne rentrerait plus jamais. Et dans ces moments-là, quand elle voyait le regard de sa fille, Aby avait l'impression d'avoir face à elle Clarke à l'âge de 5 ou 6 ans, quand elle ne comprenait pas encore bien toutes les choses de la vie. Au début, la mère de la blondinette affirmait à sa fille de but en blanc que son père était mort mais à force, elle ne pouvait plus, elle était fatiguée alors elle se contentait de lui dire qu'il n'était plus là, qu'il était partit et qu'il ne reviendrait plus jamais à la maison. Ainsi, cette situation épuisait évidemment complètement la plus âgée qui non seulement souffrait de l'absence de son mari mais qui en plus devait supporter le déni de sa fille de 18 ans ce qui ne faisait qu'accentuer sa propre douleur. Ainsi, Aby redoutait le moment de l'enterrement du défunt petit-ami de sa fille et de son père qui approchait à grand pas car elle savait que ce serait une étape incroyablement dure pour Clarke et elle se sentait d'ors-et-déjà impuissante. Celle-ci, bien que plongée dans ce fameux déni, passait ses journée dans sa chambre, plongée dans ses toiles à peindre le visage de son père ainsi que celui de Finn. Si elle essayait de peindre des choses joyeuses et colorées, son subconscient, lui, n'était pas du même avis puisque ses croquis finissaient toujours par être sombre et déprimants, frustrant la blonde qui finissait inlassablement par déchirer chacun de ses dessins, insatisfaite.
Ce jour-là, le temps était pluvieux et Dieu seul savait à quel point Clarke détestait la pluie, elle qui, avant, était une fervente adepte du soleil et qui rayonnait sûrement autant que cet immense astre chaud. Comme à son habitude, la jeune fille était sur son lit, les jambes étendues sur celui-ci, son cahier de croquis à la main. Cette fois, elle tâchait de dessiner de mémoire un paysage qu'elle avait vu lors d'une de ses nombreuses expéditions avec son père quand sa mère toqua à sa porte. Si la blonde ne répondit rien, souhaitant rester seule et ne pas entendre encore et encore les remarques de sa mère, celle-ci ne se gêna pas pour entrer dans la chambre de sa progéniture. Elle adressa un simple regard à sa fille dans lequel on pouvait y lire une forme d'hésitation mêlée à de la peur ainsi qu'une profonde tristesse. Clarke avait toujours été douée pour lire dans les autres comme dans un livre ouvert. D'un simple regard, elle parvenait à deviner ce que les personnes face à elle ressentaient et c'était évidemment encore plus facile à cerner quand elle les connaissaient bien. Mais pourquoi donc sa mère la regardait-elle ainsi ?
N'entendant aucune parole venant de sa génitrice, Clarke posa de nouveau son regard sur la feuille quasi-blanche devant elle, tandis que sa mère semblait chercher quelque chose dans sa garde robe qui n'était d'ailleurs pas très remplie. Contrairement à toutes les filles de son lycée, Clarke était très peu féminine, elle ne portait en général que tee-shirt, pull et jeans. Robe et jupe ? Très peu pour elle, non merci, elle détestait ça au plus grand dam de sa mère. C'est pour ça que, lorsqu'elle constata que celle-ci sortit une robe noire de son armoire dont elle-même ignorait l'existence accompagné d'une paire de talons assortit, elle ouvrit grand les yeux, pantoise devant la situation. Aby, devant le regard interrogateur de sa fille, poussa un long soupir, posa les affaires sur le bord du lit avant de s'y asseoir. Une main sur son ventre qui commençait à s'arrondir, elle resta un long moment silencieuse à contempler sa fille, sans prononcer un mot, amenant Clarke à briser ce silence qui commençait à se faire bien trop pensant pour elles.
« — C'est en quel honneur cette robe ? Papa et Finn reviennent ?
— Clarke… On en a parlé hier. C'est ce soir que ça à lieu, tu te souviens ?
— De quoi est-ce que tu parles, maman ? -un long blanc s'ensuivit, Clarke regardant sa mère les sourcils froncés-
— L'enterrement de ton père et Finn, c'est ce soir, ma puce. »
Elle avait prononcé ces mots d'une voix douce que jamais elle n'avait eu, dans l'unique but de ne pas heurter sa fille. Pourtant, celle-ci ne semblait pas assimiler les paroles de sa mère. Elle affichait toujours cet air légèrement béat, ne sachant pas quoi dire ou faire. Après tout, pourquoi aller à l'enterrement de deux personnes qui reviendraient bientôt à la maison ? Ces paroles et ces pensées étaient celles d'une adolescente folle refusant de croire en l'évidence et en la réalité mais l'accepter serait bien trop difficile pour qu'elle ne songe seulement à le faire. Pourtant, c'est telle une automate, sans avoir réellement conscience de la réalité et vivant sa vie comme si elle regardait un film qu'elle finit par s'habiller et monter dans le corbillard, lui aussi noir, qui les conduisit dans un lieu où jamais elle n'avait ne serait-ce que penser aller. Le temps était lui aussi à l'image de Clarke et de ses vêtements : morose et triste. On pouvait d'ailleurs entendre au loin des grondements sonores qui semblaient avertir que quelque chose de dangereux approchait.
Devant elle, étendus dans deux cercueils ouverts, se trouvaient Finn Collins et Jake Griffin, paupières closes, bras croisés sur le coeur et d'une blancheur mortelle.
Clarke, debout devant eux, ne peut détacher ses yeux de la scène immobile qui se joue devant elle. Soudain, le temps semble se figer, comme si elle mettait sa vie en pause. Soudain, elle ne voit plus rien autour d'elle, que ce soit les nombreux gens là pour dire adieu à Jake ou sa mère qui la regarde, l'air inquiet. Elle n'entend plus rien et sent juste une énorme boule dans sa gorge qui l'empêche de respirer ainsi que ses oreilles bourdonner. Sa poitrine semble comprimée tandis que ses yeux, eux, refusent de croire à ce qu'ils voient. Le temps semble s'être arrêté autour de Clarke qui se sent soudain terriblement seule malgré la foule. Et si elle tient bien sur ses jambes jusque là, elle a pourtant l'impression de tomber dans un trou noir sans fin tandis que, tel un robot, elle s'avance vers les cercueils ouverts pour déposer ses mains sur le cercueil en chêne massif comme pour essayer de se sortir d'un rêve, pour se persuader que ça n'est pas réel, que ça ne peut pas l'être.
« — Papa.. »
Par on ne sait quel miracle, c'est tout ce qu'elle parvient à dire malgré sa gorge nouée et sa respiration saccadée de sa voix déjà rauque. D'un geste hésitant et très lent, elle vient poser sa main sur celle de son père. Comme électrisée par ce contact, elle retire très vite sa main avant de venir la poser de nouveau, encore plus doucement si cela était possible. Sa main était froide. Plus encore, elle semblait glacée, plus glacée que le plus glacé des iceberg. Lentement, la blonde remonte son regard sur le visage de son père. Il est d'une blancheur cadavérique et aucune émotion n'apparaît sur son visage autrefois si beau, si souriant. Même les plis sous ses yeux autrefois rieurs semblent avoir disparus. Plus aucune trace d'humanité n'est visible sur son visage au point que la blonde a même désormais du mal à reconnaître son père. Il n'est plus cet homme qu'elle à connu. Il est comme… Mort.
Mort.
Cette pensée eut à peine le temps de franchir le cerveau de Clarke qu'elle sentit ses jambes défaillir sous son poids, tombant alors à genoux sur la terre mouillée par la pluie qui jugea ironique de commencer à se déferler sur elle à cet instant précis, comme si la Terre souhaitait pleurer avec Clarke la perte de deux de ses enfants. La main toujours à l'extrémité du cercueil, elle posa également sa tête contre celui-ci, ses larmes glissant dessus et se mêlant à la pluie. La pluie tombait de plus en plus fort, de plus en plus abondement à l'image du cœur de la blonde qui semblait se briser un peu plus à chaque seconde. Ses pleurs était sans doutes aussi prononcés que la pluie, ses sanglots aussi violents que le tonnerre qui grondait et son corps était secoué de violents spasmes incapables à contrôler. Non, ils ne pouvaient pas être morts, pas eux, pas deux des personnes les plus importantes de sa vie. A mesure qu'elle assimilait l'information, la respiration de Clarke se faisait soudain de plus en plus rapide jusqu'à ce qu'elle sente sa tête lui tourner. Son monde, a elle, par contre, venait de s'arrêter à l'instant même ou elle avait réalisé la mort des deux hommes de sa vie.
La jeune fille ne sut pas combien de temps elle resta là, sous la pluie, mais ce détail l'importait peu. Elle ne sentait plus ni le froid, ni l'eau qui coulait sur ses habits, dans ses cheveux et sur son visage ni rien. Elle ne sentait plus rien à part un immense vide impossible à combler dans son coeur ainsi que dans son esprit. Tout ce qu'elle savait c'est qu'au bout d'un certain moment, quand la pluie commença à se calmer, Jackson, un ami de sa mère arriva derrière elle, l'attrapa en dessous des bras et la releva. Si au début elle tenta de se débattre, de donner des coups dans tout les sens pour rester avec son père et Finn, elle finit par capituler et se laissa tomber les bras de l'homme, ses pleurs reprenant de plus belle tandis que lui, la soutenait pour la ramener jusqu'à la voiture qui elle, les reconduisit chez elles.
Arrivées chez elles, c'est une Clarke au yeux rouges et gonflés qui s'avança vers sa mère, le regard complètement vide, comme éteint et qui la serra dans ses bras dans l'espoir de trouver un peu de réconfort et murmura d'une voix dénuée de toute émotion.
« – Je n'ai même pas pu leur dire au revoir…
– Je sais chérie, moi non plus. Mais on doit commencer à faire notre deuil maintenant… »
FIRST STAPE – DENIAL
Médecins, psychologues et experts en tout genre parlent du deuil, cette réaction qui survient après la mort d'un proche et dans laquelle on retrouve plusieurs étapes. Ces mêmes experts considèrent pourtant aussi le deuil comme une étape de délivrance mais Clarke se demandait comment un jour elle pourrait se délivrer de cette souffrance qu'elle ressentait actuellement. La première étape du déni définie par Elisabeth Kübler-Ross était le déni, ce concept qui refusait à la personne de croire en un certain événement important, tragique ou pas. Celui-ci se voit quoi qu'il en soit ignoré. Une personne vivant une étape de déni se comportera comme si la réalité qu'elle avait en face d'elle n'existait pas.
Le déni ? Clarke venait de le vivre, elle venait de passer la première étape de son deuil.
