J'ai pris la décision de réécrire mon histoire à partir du chapitre 2 (celui-ci ne contient que quelques modifications, alors que les suivants seront différents).
Il se dirigeait vers les cellules, fou de colère. Pas seulement contre Jasper, pour ce qu'il avait fait à Clarke, à sa Clarke. Mais aussi contre elle. Pour l'avoir rejeté comme ça, à l'infirmerie. Il lui avait quasiment sauvé la vie (il savait que ce n'était pas exactement de cette façon-là que les choses s'étaient déroulées et que de toute façon quelqu'un aurait fini par intervenir, mais quand même).
Et il y avait aussi ce qu'il s'était passé il y a deux mois. Il n'avait pas oublié. Pas oublié comment elle était partie, et qu'elle l'avait laissé avec toutes ses questions et ses doutes.
Mais peu importait. Ce qui comptait maintenant, c'était de régler le problème Jasper. Et Dieu sait qu'il était immense ce problème.
Il entra dans la salle. Jasper était assis au milieu de la pièce sur une chaise en métal, une main menottée à la table devant lui.
- Tu peux m'expliquer ce qu'il s'est passé ? questionna Bellamy, avec un ton sec.
- J'aimerais te dire que je suis désolé. Mais ce n'est pas le cas, répondit-il en tournant le regard.
- Sérieusement ? C'est Clarke dont on parle là. Tu aurais pu la tuer. Tu allais même le faire !
- Je sais. Mais c'était pour Maya. Dès que j'ai vu Clarke, tout est remonté. Toute la douleur qu'elle m'a fait subir. J'ai revu le corps de Maya, gisant là, avec son visage entièrement brûlé. J'ai même pas pu lui dire au revoir… dit-il, en sanglots.
- C'est pas mon problème. On a tous perdu des gens Jasper. Tu vas rester là jusqu'à ce que le chancelier prenne une décision.
Bellamy était fier de lui, il avait réussi à contenir sa colère.
- Cette salope mérite de mourir de toute façon, rajouta-t-il.
C'était trop. Bellamy se retourna, l'attrapa par le col et le tira. Il entraîna avec lui la table et le plaqua contre le mur.
- Tu peux répéter ça ? lui réponda-t-il, à quelques centimètres de son visage.
Un silence de mort s'en suivit, Jasper ne baissant pas le regard.
- Ca suffit Bellamy. Lâche-le.
C'était Abby, suivie de Kane. Il obtempéra immédiatement et s'excusa. Elle lui demanda de le suivre pour discuter en privé. Ils entrèrent rapidement dans la cabine de Bellamy qui était toute proche.
- Clarke va bien. Ses blessures ont beaucoup saigné, mais rien ne m'inquiète plus que ça. Tu devrais aller la voir, elle a besoin d'être entourée.
- Je ne pense pas qu'elle ait envie de me voir, Madame Griffin.
- Je pense que c'est tout le contraire.
Elle quitta la pièce aussi vite qu'ils y étaient entrés. Bellamy resta assis là, sur son lit. Il ne savait pas quoi faire. Il avait en même temps très envie d'aller voir Clarke, et en même temps son égo avait pris un gros coup de par la façon dont elle lui avait parlé tout à l'heure.
Quand soudain, comme un papillon sautillant, une jolie brune aux cheveux longs rentra dans la pièce.
- Bell, ça va ? J'ai appris pour Clarke. Si tu as besoin de quoique ce soit, on est là Lincoln et moi.
- Merci O', réponda-t-il doucement.
- Pourquoi tu n'es pas avec elle ? Ils l'opèrent ?
Un long silence s'installa. Il leva les yeux et les plongea dans ceux de sa sœur. Il ne trouvait pas les mots. Il ne savait même pas ce qu'il ressentait. C'était juste qu'il n'avait pas imaginé que Clarke reviendrait. Il pensait qu'elle était partie pour toujours. Que c'était une nuit d'adieu. Qu'elle avait tourné la page. Et qu'il devait en faire autant. Et maintenant elle était de nouveau là, et blessée.
- Elle se repose. Tout va bien, ne t'inquiète pas.
Tout n'allait pas bien, mais il ne voulait pas inquiéter sa petite sœur. Elle avait assez à penser, avec Lincoln qui tentait de s'intégrer et toutes les remarques que les deux subissaient au quotidien.
- Bon bah on va la voir alors ? T'es sûr que ça va ?
- Oui oui. D'accord, dit-il, on va la voir.
Ils sortirent et se mirent à marcher dans le long cylindre métallique qui menait à l'infirmerie. Ils passèrent devant la cantine, où tous vivaient leur vie. Certains étaient inquiets, bien sûr, mais ils étaient peu. Monty, Harper. Les autres continuaient comme si de rien n'était.
- Tu vas où toi ? s'exclama une voix autoritaire derrière eux.
C'était Raven Reyes, la mécanicienne de service, la femme à tout faire du camp, le cerveau. Un brin d'humour, très jolie, et très intelligente. Tout le monde l'admirait.
- Tu devais m'aider à réparer le système de filtration d'eau ! Tu m'as promis, et c'est urgent je te signale. L'été approche et les sècheresses vont commencer ! dit-elle en s'adressant à Octavia.
- Merde. J'avais oublié. Tout comme j'ai oublié de te dire que Clarke était revenue, que Jasper l'avait gravement blessée, mais que ça allait.
- Oublier. Pratique ça. Je me casse le cul à vous réparer ce vaisseau et vous êtes même pas foutus de me prévenir quand un truc comme ça se passe.
- Je vais venir t'aider, Clarke peut attendre. De toute façon Bellamy y va. On te rejoint Bel', on n'en a que pour…
- Pour 45 minutes, poursuivi la mécanicienne.
- Ah quand même…, soupira Octavia.
Elles s'éloignèrent et il continua sa route. Arrivé devant l'infirmerie, il poussa la porte et vit la jolie blonde allongée, les yeux fermés, la main cramponnée à l'accoudoir.
Elle semblait faire un cauchemar. Elle était trempée de sueur, elle poussait des cris à intervalles réguliers et tournait la tête dans tous les sens comme pour empêcher que quelque chose ne l'atteigne.
Il s'approcha doucement et s'assit à côté d'elle. Tout à coup, un grand cri lui échappa
- J'avais pas le choix ! hurla-t-elle.
Tout son corps se tendait, elle souffrait. Il ne savait pas quoi faire. Alors, il prit machinalement sa main et la posa contre sa joue, comme pour lui signifier que tout irait bien.
Ils étaient partout. Au-dessus, en dessous, de tous les côtés. Ils l'attaquaient, la poignardaient, lui donnaient des coups. Elle souffrait. Mais sa souffrance n'était pas physique, elle était morale. Elle savait son âme tourmentée, mais elle n'aurait jamais pensé à ce point-là. Elle leur criait que ce n'était pas de sa faute, elle les suppliait, mais rien à faire.
Quand tout à coup on l'attrapa par l'arrière et on la tira vers l'extérieur de la pièce.
Elle émergea progressivement de son cauchemar et ouvrit les yeux, pour apercevoir Bellamy à son chevet, qui tenait sa main et la caressait doucement.
- Tu m'as fait peur Clarke. J'ai cru que… s'arrêta-t-il, incapable de finir sa phrase.
- Jamais enfin, tu me connais, je suis tenace.
Elle n'en pensait pas un mot. Son ventre la faisait souffrir atrocement, et c'était la seule chose à laquelle elle pouvait penser.
- Il y a quand même quelque chose que je dois te demander, ça me tracasse… Pourquoi tu ne t'es pas défendue ? On sait tous les deux que tu es largement capable de te défendre, et particulièrement face à quelqu'un comme Jasper, murmura-t-il.
Elle tourna la tête pour regarder à l'autre bout de la pièce, et ne pas répondre. Elle ouvrit la bouche, dans l'espoir de former une phrase, mais rien ne sortit. Pas une syllabe. Comme si elle n'arrivait pas elle-même à se dire qu'elle voulait mourir.
- Tu as lâché Clarke. Je t'ai vu. Tu ne bougeais pas, même pas un mouvement de défense. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Toujours rien. Elle ne disait rien, et ça le rendait fou. Il avait besoin de savoir, de savoir pourquoi elle avait laissé Jasper la frapper comme ça, sans un battement de cil.
- Ecoute Clarke…, commença-t-il.
- J'ai lâché parce que pendant deux secondes, je voyais plus aucune raison de me battre. Après tout, je suis une tueuse de masse sans cœur qui a assassiné des centaines de personnes.
- Et aussi une jeune femme qui a sauvé une bonne centaine d'autres dont sa mère, le chef de son peuple et tous ses amis. Donc bon, ça dépend de quel point de vue on se place.
Il essayait de la faire sourire, et étonnamment, elle esquissa un léger sourire. Ça faisait des mois qu'elle n'avait pas souri, et franchement ça faisait du bien.
- Je vais te laisser te reposer maintenant, continua-t-il.
Il se leva, et jeta un dernier coup d'œil vers le lit de Clarke avant de retourner à ses occupations quotidiennes.
Je n'étais vraiment pas satisfaite de mon début d'histoire, donc j'ai pris cette grande décision pendant mes courtes vacances, et je me remets à écrire immédiatement !
