Chapitre pour public averti


Après avoir déposé Kichô à l'école et lui avoir répété de bien l'attendre à la sortie des cours, Iwaizumi s'était précipité à la Fac pour suivre ses propres cours. Une fois ces derniers terminés, il profita de son après-midi de libre pour aller prendre des nouvelles d'Oikawa à l'hôpital.

Seul dans une chambre, la jambe surélevée, Tôru leva les yeux de son manga en le voyant entrer :

- Iwa-chan ! Tu viens me voir sur mon lit de mort, comme c'est gentil.

- Idiot, je me suis réellement inquiété pour toi, répliqua sèchement Hajime.

Un sourire contrit parut sur les lèvres d'Oikawa qui posa son manga sur la table de chevet :

- Je suis désolé.

Hajime s'installa sur la chaise installée au chevet du lit :

- Comment tu as fait ton affaire ?

Tôru jeta un regard morose en direction de son genou plâtré :

- Il m'a lâché alors que j'allais descendre l'escalier.

- C'est en rapport avec la rupture des ligaments croisés que tu avais eu au lycée ?

Son ami acquiesça en s'adossant plus confortablement contre son oreiller :

- Je sentais que ça me titillait un peu, j'avoue, mais on avait le match qui approchait et je voulais donner le meilleur de moi-même. Ça me faisait un peu mal, j'allais descendre et ça m'a lâché d'un coup. Je me suis cogné encore plus le genou pendant ma chute et ma tête a cogné le meuble à chaussures en bas des marches…

- Je vois ça, commenta Iwa en montrant le pansement qui ornait le front de son camarade.

Tôru tourna les yeux vers la fenêtre, avant de les reposer sur son coéquipier :

- Kichô ?

- Je l'ai déposée à l'école, elle m'a appelé quand tu es tombé. Et je retourne la chercher tout à l'heure, si tu n'y vois pas d'inconvénient.

Le jeune homme grimaça :

- Elle a dû avoir peur… ça ne te dérange pas de t'occuper d'elle ? Je risque d'être coincé ici un moment, ils veulent surveiller ma blessure de près, me faire faire de la rééducation et tout le bordel qui va avec. Sinon, tu peux la confier à mes parents…

Iwa plissa les yeux en songeant qu'il n'avait pas entendu parler des parents de son ami depuis un moment. Depuis que Kichô faisait partie de sa vie, en fait. Il se demanda s'il n'y avait pas eu une dispute entre eux et leur fils et jugea préférable cependant de ne pas poser la question.

- Sois sincère, tu préfères que je m'occupe de ta fille où que je la confie à ses grands parents ?

-… Je préfère qu'elle reste avec toi.

Hajime acquiesça, peiné malgré tout par l'état de son ami. Il était pâle, son visage marqué par la fatigue et aucun sportif n'aime savoir qu'il va devoir éviter le terrain pendant une durée plus ou moins indéterminée. Tôru replia son bras, la main en l'air et le coude reposant contre le lit en le regardant, Iwa s'approcha et la serra :

- Tu peux compter sur moi.

- Merci… murmura Oikawa.

Hajime serra un peu plus l'étreinte de ses doigts autour des siens :

- Pourquoi tu lui as dit de me téléphoner en cas d'urgence ?

Tôru l'observa avec un rare sérieux qu'il ne réservait que lorsqu'il analysait des adversaires :

- Parce que je sais que je peux te faire confiance, Iwa. J'ai toujours pu compter sur toi.

La montre du blessé sonna. Oikawa le lâcha et attrapa l'objet sur le chevet pour l'éteindre :

- Kichô va sortir de l'école.

- Je vais aller la chercher dans ce cas, décréta Iwa en se levant de sa chaise. Je reviendrais te voir demain, tu as besoin que je t'emmène quelque chose ? Des habits peut être ?

- Tu serais un amour, Iwa-chan, des vêtements oui. Et une serviette.

- Celle avec les aliens ? se moqua gentiment Hajime.

Oikawa pouffa :

- Comme tu veux. N'hésite pas à t'installer à la maison si c'est plus pratique pour toi de gérer Kichô.

- J'vais y réfléchir, répondit Iwaizumi en se dirigeant vers la porte.

Il posa la main sur la poignée de la porte, prêt à quitter ces lieux à l'odeur de désinfectant.

- Iwa-chan ?

- Quoi ? demanda l'interpellé en le regardant par-dessus son épaule.

- Je réfléchis à ton secret, j'ai plusieurs hypothèses.

Le joueur de volley leva les yeux au ciel et sortit de la chambre de l'hôpital.


Hajime avait fini par s'installer dans la maison d'Oikawa afin de ne pas trop désorienter Kichô. Il avait fini par trouver ses marques dans ce petit domicile mais s'était résigné à ne pas cuisiner lui-même, s'il y avait bien une chose dans laquelle il n'était pas doué, c'était faire à manger. Aussi se contentait-il de prendre des plats aussi variés que possibles mais déjà préparés ou à se faire aider par Kichô qui adorait lui montrer comment il fallait cuire du riz digne de ce nom.

Il allait rendre visite à Tôru presque tous les jours, soit seul, soit accompagné par la petite fille, parfois aussi avec des membres de l'équipe qui venait soutenir le grand blessé.

Lorsqu'il allait lui rendre visite seul, Iwaizumi se demandait à chaque fois si son ami allait remettre le sujet du « secret » sur le tapis ou non.

Tôru finit par obtenir l'autorisation de sortir de l'hôpital. Son genou très fragilisé demandait un suivi et une rééducation très régulière mais les médecins lui promettaient un retour sur le terrain d'ici six mois maximum.

Iwaizumi était allé le chercher à l'hôpital avec ses affaires et l'avait aidé à regagner le domicile familial. Kichô n'était pas encore rentrée des cours et Oikawa ne l'avait pas informée de sa sortie pour lui faire une surprise.

- Tu t'es installé sur le canapé ? s'étonna Tôru en voyant les couvertures pliées sur le meuble du salon.

- Je n'allais pas dormir dans ton lit quand même.

Oikawa lui jeta un bref coup d'œil inquisiteur sans répliquer et se déplaça avec ses béquilles jusqu'à la cuisine où il ouvrit le frigo. Il éclata de rire en voyant les quelques plats achetés tout faits :

- Il était plus que temps que je revienne.

- Je vais chercher ta fille, tout à l'heure ? Comme si de rien était ?

Tôru clopina jusqu'à lui :

- Oui, s'il te plait. Sauf si ça t'ennuie ?

- Pas du tout !

Oikawa pencha la tête sur le côté en l'observant. Un peu mal à l'aise devant son regard, Iwa retourna dans le salon :

- Tu vas pouvoir te débrouiller maintenant que tu es capable de te déplacer ?

- Parce que tu comptes t'en aller ? s'enquit Tôru en le suivant.

Hajime évita son regard en marmonnant :

- Sauf si tu penses avoir besoin d'aide.

Il se retourna pour voir Oikawa acquiescer tout en s'asseyant avec un soupir de soulagement sur le canapé :

- J'aimerai que tu restes, oui. Par contre, je vais avoir du mal à monter les escaliers avec les béquilles, ajouta-t-il sur un ton malicieux.

Sans trop savoir pourquoi, Iwaiziumi sentit ses joues se teinter de rouge :

- Tu n'as qu'à prendre le canapé et je monterai dormir dans ta chambre, si ça t'arrange !

- Ou tu peux dormir avec moi dans le canapé.

Hajime mit les poings sur les hanches, trop pris de court pour savoir quoi rétorquer.

- Bakawa, tu devrais retourner faire soigner ton cerveau à l'hôpital.

- Tu vas cracher le morceau, oui ? s'amusa Oikawa.

- Je ne vois pas de quoi tu parles ! Attention, idiooot !

Son ami s'était relevé, en équilibre précaire sur sa jambe valide, il saisit Hajime par le col et le tira à lui, son visage tout près du sien, les yeux rivés dans ses prunelles :

- Tu es sûr que tu ne sais… ? susurra-t-il.

Les joues brûlantes, Hajime essaya de poser ses yeux partout sauf sur le visage de Tôru, encore moins sur ses lèvres, tout en ayant conscience qu'en ayant cette attitude il ne faisait que répondre affirmativement à l'interrogation de son ami.

- Rassis-toi ! Tu vas te faire mal si tu restes debout comme ç…

Sa phrase se perdit dans le baiser de Tôru. Il eut l'impression que son cerveau partait en vacances prolongées tandis que les lèvres de son ami quémandaient les siennes. La main autour de son col l'avait lâchée pour se poser sur son épaule. Conscient de la blessure de son camarade, Iwaizumi le força à se rassoir tout en l'embrassant encore et encore jusqu'à ce qu'ils finissent à bout de souffle.

La jambe tendue devant lui, Oikawa caressa une joue rouge de Hajime :

- On peut faire cuire un œuf sur ton visage tellement tu es chaud.

- Comment tu…as deviné… ? marmonna le joueur de Volley sans écarter la main.

Tôru sourit :

- Suffisait d'observer un peu, d'analyser et de réfléchir, Iwa.

Hajime l'observa avec curiosité. Jamais il n'aurait pensé que ses sentiments lui seraient rendus, Oikawa avait toujours couru après les filles. Et ça ne durait jamais longtemps… peut-être pas uniquement parce que le jeune homme faisait passer le Volley avant tout… ?

- J'aimerai que tu restes, Iwa-chan, même quand je serai guéri, souffla le blessé en appuyant son front contre l'épaule de son camarade.

Iwaizumi osa glisser ses doigts dans les cheveux bruns :

- On verra au fur et à mesure, répondit-il tout en sachant qu'il accepterait quand même la proposition. Mais Kichô… ?

- Elle s'habituera, elle m'a déjà dit qu'elle t'adorait. Dans quelques semaines, je suis sûr qu'elle t'aura complètement adopté et que tu seras son Papawa.

Déboussolé, Hajime resta silencieux, le cœur battant. Tôru finit par redresser la tête. Sans hésiter, Iwa saisit son visage entre ses mains et l'embrassa encore.

La main de Tôru se faufila sous son T-shirt, explorant son torse musclé avec intérêt tandis que ses lèvres déviaient pour embrasser le cou de son ami.

Iwa se mordit les lèvres en comprenant que son camarade en voulait déjà plus, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

- Ton genou… marmonna-t-il.

- On m'a pas dit de m'abstenir de m'envoyer en l'air, rétorqua Oikawa en lui retirant son haut.

Hajime ne put s'empêcher de sourire alors que les mains de Tôru s'acharnaient maintenant à lui retirer son pantalon.

Une fois en caleçon, il repoussa Tôru sur le canapé :

- Arrête de gigoter dans tous les sens, tu vas finir par te bousiller. Tu fais le malin, mais je suis certain que tu ne t'es jamais tapé le moindre mec, alors laisse faire le professionnel.

Avec une certaine précaution, il fit glisser le short le long des hanches d'Oikawa en prenant garde à l'imposant pansement, sous le regard attentif de ce dernier.

- Tu t'es fait combien de mecs, Iwa-chan ?

- Plus que ce que tu penses, rétorqua l'intéressé en finissant de lui retirer le vêtement.

Il embrassa la cuisse de la jambe valide, remontant du creux du genou jusqu'à l'aine, satisfait de sentir les tressaillements parcourant parfois le corps de son camarade.

- Tu as été discret… souffla celui-ci. Je m'en doutais parce que je ne te voyais jamais trainer avec des filles et que certains de tes copains de classe sont clairement gay. Ah~

Une vague de chaleur le traversa alors que la langue de Hajime venait caresser sa virilité à travers le tissu de son sous-vêtement.

- Ferme-là, Skittykawa, répondit son ami.

Pour une fois, Oikawa obéit et s'abandonna aux caresses expertes d'Iwaizumi. Il ne pouvait douter de l'expériences de son camarade. Ce dernier, après l'avoir entièrement déshabillé, savait parfaitement où toucher, où embrasser, où caresser pour lui arracher soupirs et frissons de bienêtre. Tôru se redressa sur un coude, attrapa la nuque d'Iwa et lui donna un baiser passionné en esquissant un mouvement machinal dans le but de le renverser sur le lit et de prendre le dessus.

- Aïe !

D'instinct, il avait voulu plier sa jambe blessée qui lui rappela son bon souvenir. En grimaçant, le jeune homme se laissa retomber sur le canapé tandis que la douleur mordait furieusement sa chair.

Alerté, Hajime tourna la tête vers la blessure et posa sa main chaude sur la cuisse :

- Ça va… ?

Tôru acquiesça :

- Juste un peu douloureux, ça va passer…

Iwa hésita en se demandant s'il était raisonnable de continuer.

- T'arrêtes pas, marmonna Oikawa comme s'il venait de lire dans ses pensées.

Sans répondre, Hajime attrapa les coussins du canapé et les glissa avec précaution sous la jambe meurtrie pour la surélever.

- Tu me préviens tout de suite si ça te fait encore mal, Skitty, ordonna-t-il en se penchant pour l'embrasser et lui faire oublier l'incident.

Iwaizumi entreprit de passer aux choses plus sérieuses et se débarrassa de son caleçon. Il présenta ensuite deux doigts à Tôru qui lui attrapa le poignet pour les lécher et les suçoter, les yeux mi-clos. Tout en le laissant faire, Hajime laissa sa main libre descendre vers l'entrejambe de son ami d'enfance et caresser la partie intime. La respiration d'Oikawa marqua un arrêt avant de reprendre, plus rapide, plus saccadé. Iwa récupéra ses doigts mouillés pour se préparer rapidement, non sans embrasser au passage le bas ventre devant lui.

Incapable de résister, il referma ses lèvres sur le membre dressé de son camarade et savoura avec délectation le gémissement qui lui échappa.

Il y avait un petit côté plaisant à savoir que Tôru ne pouvait pas beaucoup bouger et dépendait totalement de lui pour la suite des évènements. Et il était bon aussi de savoir que c'était lui qui parvenait à faire gémir ainsi le blessé et non une greluche ramassée dans les gradins.

Satisfait, Iwaizumi passa à quatre pattes au-dessus de son camarade et dévora son cou de baisers, goutant la saveur de sa peau rendue salée par la sueur, sentant le pouls pulser à toute vitesse contre sa langue.

La respiration hachée, Tôru observa son camarade alors que ce dernier s'agenouillait à califourchon sur lui. Une main précise mais douce se referma sur sa virilité pour la conduire dans l'étroit chemin entre les fesses de son ami. Le regard d'Iwa vacilla à mesure qu'il s'enfonçait plus profondément. Il replia sa jambe gauche et donna un petit coup de genou joueur dans le dos de Hajime lorsque ce dernier fut complètement empalé sur son membre. Son ami commença à bouger les hanches. Fasciné, Oikawa observa les ondulations de son corps, la façon dont son bassin bougeait et lui attrapa un bras sur lequel il tira à peine, juste assez pour que son ami se penche un peu plus vers lui. La bouche de Hajime revint prendre possession de la sienne. Tôru gémit lorsque le rythme accéléra et planta ses doigts dans l'épaule de son amant tandis que son autre main plongeait entre leurs deux corps pour lui saisir le sexe et le caresser en suivant la cadence donnée.

Un soupir de bien-être échappa à Iwaizumi.

Un long frisson parcourut Oikawa qui se déversa sans pouvoir se retenir, il sentit son ami l'imiter en se répandant dans sa main peu après.

Iwa sourit en remarquant le visage fatigué mais heureux de son amant. Prenant toujours garde à la jambe blessée, il se retira et nettoya la main de Tôru, avant de se rallonger à ses côtés. Avec un grognement de contentement, Oikawa posa la tête contre son torse, les yeux clos et confiant. Iwaizumi passa son bras autour de ses épaules et l'embrassa sur le front :

- Fatigué, Skitty ?

- Hmm…

Le blessé songea qu'il avait à présent une motivation supplémentaire pour guérir. Après cette nouvelle expérience, il n'avait qu'une envie : la renouveler encore et encore avec Iwa-chan et que ce dernier ne soit pas toujours celui qui déciderait.


Hey hey hey ! Voilà pour ce chapitre ! Ah oui, j'ai bien noté "SKittyKawa" et non" SHittyKawa"... Pourquoi ? Parce que je trouvais "Skitty" trop mignon comme surnom et j'ai eu l'approbation de ma meilleure amie qui adore Haikyuu. Du coup, le surnom a évolué et sera donc officiellement "skittykawa" tralalalala