Bonjour à tous, je vous remercie pour tous vos commentaires que je découvre toujours avec beaucoup de plaisir. N'hesitez pas à continuer, cela me motive beaucoup et je suis contente que mon histoire vous plaise.

Bises! A bientôt !

I WILL FOLLOW YOU: CHAPITRE 4

- Ça me fait plaisir que tu viennes me voir, me sourit ma mère.

Je répondis simplement d'un sourire.

- Je t'aime, tu sais. Tu le sais ? M'interrogea t-elle en me prenant le visage. Ah que je suis contente d'avoir retrouver ma fille. Après tout ce temps.

- Oui, Oui, je sais, répondis-je en me dégageant.

- Ça ne va pas ?

- Hein ? Ah si, ça va très bien, menti-je.

Je détestais quand elle se comportais comme ça. J'avais l'impression d'assister à une mauvaise pièce de théâtre...

- Bon, je vais rentrer maintenant.

- Rentrer ?

- Oui, rentrer chez moi, répondis-je perplexe.

Ma mère ne sembla plus comprendre. Elle me regardait étrangement, comme quand on hésite difficilement entre deux choses. Je me dirigea doucement vers la porte d'entrer pour sortir d'ici. La situation semblait m'échapper et je regretta d'être revenu la voir.

- Non ! Tu ne vas pas partir maintenant..., commença t-elle à pleurer. On vient à peine de se retrouver. Non ! Tu restes ici. Je ne vais plus jamais te permettre de m'échapper.

- Q-quoi...? bégayai-je.

Mon cœur, mon estomac, mes organes se serrèrent. J'avais à nouveau peur comme l'enfant de dix que j'étais. Moi qui croyais avoir déjà traversé tout ça. Moi qui croyais que plus jamais je ne lui permettrais de me faire du mal. Voilà que je me retrouvais à la même place qu'avant. Comme si toutes ces années n'avaient servi à rien. Elle couru vers moi et se mit devant la porte d'entrer.

- Il est hors de question que tu t'en ailles ! Tu m'entends ?

Je me précipita sur la première pièce à ma portée et m'y enferma à clé. Ma mère me suivi et frappa à la porte de toutes ses forces en hurlant :

- Ouvre Regina ! Ouvre ! Tu vas m'ouvrir Regina !

Je me recroquevilla dans un coin de la pièce. Les larmes coulaient à flot sur mon visage. J'avais été complètement folle de revenir ici. Je regrettais tellement...

- Regina ! Sors de là !

La porte rompu finalement sous ses poings, la laissant entrer dans la salle de bain. Elle m'attrapa par les jambes. Je me débattais, me secouais dans tous les sens pourvu que je lui glisse entre les mains. Mais elle tenait bon.

« Regina ! Regina ! Calme-toi ». Je fus secouée, mais pas par ma mère. Par autre chose. Quelque chose d'invisible. « Regina, ma chérie, réveille-toi ».

Je reconnu la douce voix d'Emma. Doucement, l'image s'assombrit et une forte lumière vint me brûler les yeux. Je les ouvris délicatement. J'étais dans ma chambre. Dans notre chambre. Avec Emma. Il faisait encore nuit dehors, la lampe de chevet illuminait la pièce. Mais mon corps continuait de vivre mon cauchemar. Je tremblais, mon visage étaient couvert de larmes et ma voix étaient cassée, par les cris que j'avais poussés. L'adaptation fut longue entre le rêve et la réalité. J'entendis alors des cris provenant de l'extérieur. Les cris se déplacèrent pour entrer dans notre bâtiment. Ils montèrent à notre étage.

- Emma ! Elle arrive !

Complètement paniquée, je ne savais plus où j'étais. Mon esprit s'embrouilla. Je me mit à hurler, crier, désespérer que tout cela ne cesse. Emma tenta de me prendre dans ses bras, mais je me débattais, lui mettant des coups au visage et au ventre. Je m'enfuis dans la salle de bain et pria à haute voix qu'elle parte. Que ma mère meurt. Que je ne l'a revoit plus jamais. Qu'elle cesse d'exister. Mes membres se raidirent. Je connaissais bien cette crise... Une crise de tétanie dû à l'hystérie dans laquelle je me mettais tellement j'avais peur.

- Ce ne sont que les voisins qui rentrent chez eux.

Emma entra dans pièce. Cela me rappela quand ma mère entra dans la salle de bain.

- Non ! Sors ! Sors de là !

J'éclatai en sanglot.

Emma attendit derrière la porte le temps que je me calme. Je ne sais pas combien de temps cela prit. Quand je cessa de pleurer, Emma entra à nouveau dans la pièce. Cette fois je la laissais faire. Elle se baissa vers moi.

- Ça va mieux ?

J'hochais la tête pour dire « oui ». Elle me tendit le papier toilette pour que je m'essuie le visage.

- Je suis désolée... me remis-je à pleurer.

- Shhht... C'est bon. Tout va bien, me rassura t-elle en me serrant contre elle.

Elle se décolla pour lever mon menton et me regarder dans les yeux.

- Tout va bien, d'accord ?

- Hum, hochai-je à nouveau la tête.

Je continua de lever la tête pour l'embrasser.

- Tu rigoles ? Je t'embrasse pas avec toute cette morve !

Elle me fit rire, comme elle savait si bien le faire. Elle me sourit en voyant que j'allais mieux. C'était grâce à elle. J'avais eu tellement de rechute et elle avait toujours été là pour me relever. Elle me donnait tellement. Bien plus qu'un simple amour.

Elle m'aida à me lever pour rejoindre le lavabo et me rincer le visage. L'eau fraîche me fit un bien fou. M'essuyer ensuite sur la serviette me donna l'impression d'avoir enlevé toutes les mauvaises choses de mon esprit.

- Tu sais, pour ton tatouage... commença Emma.

- Lequel ?

- Celui que tu veux faire pour cacher tes cicatrices. Je pense qu'il ne vaut mieux pas le faire.

- Pourquoi ?

- Parce qu'elles sont là pour te rappeler par quoi tu es passée. Ce jour-là quand...

- Non ! Ne le dis pas ! S'il-te-plait...

- Bref. Ce que tu as fait ce jour-là, tu ne dois pas te le cacher. Garde ces cicatrices, pour te souvenir de ne jamais recommencer, parce que les conséquences sont là.

Elle prit mon poignet et le tendit vers moi. Les traces des lames étaient restées. Après ces cinq années. Elles étaient toujours là. Et mes blessures internes aussi.

- Allez, allons terminer cette nuit, me dit Emma en me prenant dans ses bras.

Nous venions d'entrer dans le mois de juillet et il faisait chaud, très chaud... Cinq ans étaient passées depuis mon arrivée chez Emma. Mon départ m'avait laissé plus de séquelles que je ne l'avais pensé. Bien plus.

- Tu m'attends ? J'en ai pour quarante minutes, tout au plus.

- Oui, t'inquiètes, j'ai prit de quoi m'occuper, répondit-elle avec un clin d'œil en me tendant son album favori de Rock.

J'acquiesçais d'un sourire et quitta la voiture. Traverser la rue sous cette chaleur fût une épreuve. Arrivée dans la salle d'attente climatisée, je pus enfin respirer un air frais et soulageant. J'entendais la voix de ma psy avec son patient, en train de conclure la conversation. Les murs n'étaient pas très épais et ma curiosité me poussait parfois à écouter les problèmes des autres. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je profitais de l'air climatisé. La porte s'ouvrit alors au bout de quelques minutes. Un homme d'une cinquantaine d'années, le dos voûté et les cheveux blancs sorti. Il portait un short marron et une chemise à manches courtes vertes. J'insiste parce qu'en fait, ce n'est pas la première fois que je le vois. Je passe souvent après lui. Le plus étonnant, c'est qu'il est toujours habillé de la même manière. Quelques fois, j'avais écouté sa conversation et j'avais apprit qu'il avait perdu sa femme il y a presque deux mois. Son entourage avait insisté pour qu'il voit un psy, mais lui, n'en voyait pas l'intérêt. Il disait tout le temps : « Avant, c'était elle qui faisait tout. Le linge, la cuisine, les courses... Mais maintenant elle est partie et je suis tout seul, et moi, je ne sais pas faire toutes ces choses-là. Rien que de choisir mon beurre... il y en a tellement. Vous avez vu toutes les variétés de beurre qu'il y a ? Non, vraiment... Je ne sais rien faire sans elle, car elle ne m'a rien apprit, sinon ne pas savoir vivre sans elle. Vous êtes gentille, Madame, mes enfants aussi sont gentils, mais tout cela ne sert à rien ».

J'imagine alors qu'il se contentait de ces simples vêtements, qu'il les lavait et les séchait continuellement, sans se prendre la tête avec d'autres vêtements, parce que c'était trop de travail. Il sortait toujours du cabinet la mine triste, ravagé, voire même au bord de mettre un terme à ses douleurs. L'homme, ouvrit finalement la porte et sorti dans la lourde chaleur. En refermant la porte, un courant d'air chaud vint s'engouffrer dans la petite salle blanche.

- Bonjour Regina, me salua la psy en me tendant la main.

Je me leva, lui serra la main et entra dans la pièce tamisée. Elle revenait de vacance et avait fait quelques travaux. Les murs étaient repeints couleur prune et bleu. Un petit canapé gris et deux fauteuils se faisaient face. Il y avait des petites décorations, du style plantes vertes, fleurs, bouddha, tableaux, mais la pièce restait épurée. J'en prenais note pour la décoration de mon appartement car ce style me plaisait bien. Une pièce calme, apaisante et confortable. La psy tendit son bras en direction des fauteuils. Installées, elle prit ses papiers, les relu et releva la tête.

- Bien, alors, comment allez-vous depuis la dernière fois ?

- Je vais... bien.

- D'accord. Y a t-il des choses dont vous voudriez me parler ? Nous ne nous sommes pas vu depuis... trois semaines c'est ça ?

- Oui, c'est ça.

- Notre dernier rendez-vous était le premier, et vous m'aviez expliqué ce qui c'était passé avec votre mère.

- Oui.

- Bien...

- Vous me posez des questions ou...

- Comme vous voulez. Qu'est-ce que vous ressentez ? Là, Maintenant.

- Tout de suite ? Euh... j'ai chaud, riais-je.

- Oui, ça je veux bien vous l'accorder, sourit-elle.

Comment je me sentais ? Eh bien, je me sens comme quelqu'un qui doit raconter son histoire pour la quatrième fois à un psy différent car les trois derniers n'ont pas su faire leur travail. Je me sens mal pour Emma qui est en train de cuire dans la voiture comme un petit pain dans un four. Je me sens énervée de devoir encore parler de tout ça. Et... je me sens... je veux aller mieux.

- Je veux aller mieux.

Elle acquiesça... Autant parler devant un miroir. Même Emma m'était plus utile que ça.

- Je... Je suis en colère.

- D'accord. Contre qui ? Ou quoi ?

- Contre euh... ma mère ! Ce qu'elle m'a fait ! La raison pour laquelle je suis ici.

- Qu'est-ce-que vous aimeriez lui dire aujourd'hui ?

Je pris un instant. Je savais ce que je voulais lui dire. Mais la vrai question c'était : est-ce j'ai envie de le lui dire ? Est-ce-que j'ai envie de le dire maintenant ? Dans cette pièce ? Parce que si je devais la revoir aujourd'hui, voilà ce que je lui dirai...