Bonjour tout le monde !
Je m'excuse pour ce retard, j'ai eu un problème de wifi qui m'a empêché de publier hier.
Vos commentaires me font toujours plaisir, n'hesitez pas à continuer, c'est grâce à vous que je mets tous ces efforts dans cette fic.
J'espère que ce chapitre vous plaira. On y découvre un nouveau personnage et on en apprend un peu plus sur le passé de Régina.
Bonne lecture !
I WILL FOLLOW YOU: Chapitre 8
Quelque chose vint me réveiller dans la nuit. Je m'échappais peu à peu de mon rêve et revins doucement à la réalité. Je me rendis alors compte que ce qui me réveillait était une brise fraîche caressant mon corps hors des draps. J'ouvris les yeux. La pièce était sombre. Je ne pouvais distinguer aucun ombre. Doucement, mes yeux s'habituèrent et je vis que la fenêtre était ouverte. Emma se tenait devant. Fixant quelque chose que je ne pouvais pas voir.
- Emma ?
Elle sembla surprise. Elle ne se tourna pas, elle ne détachait pas ses yeux de son admiration. Elle répondit seulement :
- Regina ? Tu es réveillée ?
- Qu'est-ce que tu fais debout ? Il est encore tôt.
Je regardais le réveil qui indiquait « 3h21 » en chiffre rouge.
- Je n'ai pas réussi à m'endormir. J'en avais marre de regarder le plafond, alors je me suis dit que la rue serait sûrement plus attrayante.
- Tu penses trop au travail. Tu devrais te reposer.
- Tu savais qu'il se passait beaucoup de chose dans notre rue la nuit ?
- Comment ça ?
- Le voisin sort son chien à 1h du mat. C'est tard... Et une vieille dame est passé ici il y trente minutes. Et elle est revenu juste avant que tu ne me parles. Elle devait ne pas réussir à dormir elle non plus... Je la regardais et je me demandais...Tu crois qu'elle pense à la mort ?
- A la mort ?
- Oui, elle est âgée, et les probabilités de chance qu'elle meurt se rapproche. Tu crois qu'elle y pense ? Qu'elle aimerait dire ou faire quelque chose avant de partir ? Tu crois qu'elle aimerait savoir quand elle partira ? La date, l'heure, la raison ?
Emma posait beaucoup de question glauque, mais cette discussion semblait être importante pour elle.
- C'est possible oui. Si toi tu y penses alors que tu n'as pas encore trente ans, il y a des chances que cette question l'inquiète plus que toi.
- C'est idiot comme raisonnement.
Un silence accompagna son commentaire froid. Comme une gifle.
- Il n'y a pas de raison que ses chances de mourir soit plus élevées que les miens, ou les tiennes d'ailleurs. Elle doit avoir dans les quatre-vingt ans, et nous nous n'avons pas dépassé les trente. Elle peut mourir d'une crise cardiaque dans dix ans. Elle aura alors vécu quatre vingt dix ans. Quant à nous, nous pouvons nous faire renverser par une voiture demain, nous aurons vécu 25 ans. Nos chances de mourir auront donc été plus élevées pour nous que pour elle. Pourtant, elle a soixante ans de plus que nous.
Je ne savais plus quoi répondre. Il n'étais pas l'heure pour moi de parler philo et quand je commentais, je me faisait renvoyer. Je me contentais donc de garder le silence. Je me leva, les actes étant toujours mieux que la parole et m'avança vers Emma pour la prendre dans mes bras. Je ne fus pas rejetée, à ma surprise.
- Je vais me faire du thé, tu en veux ? M'annonça t-elle.
- D'accord, faisons ça.
Emma n'avait pas l'air dans son assiette. Elle pensait à des choses sombres, semblait ne pas avoir l'esprit tranquille et cela prenait beaucoup de place. Je devais trouver un moyen de l'apaiser.
Emma fit chauffer de l'eau et l'a versa dans nos tasses. Elle se tourna vers moi d'un air interrogateur.
- Pomme cannelle, s'il-te-plait, répondis-je.
Elle déposa les sachets dans l'eau. Ils flottèrent quelques secondes. Les tissus secs s'imbibèrent doucement d'eau et les sachets plongèrent dans les profondeurs, laissant échapper derrière eux des nuages de couleurs. Emma revint vers moi et me tendit mon thé. Elle parti ensuite dans le salon où je la suivais. On se mit à parler, longuement. Nos souvenirs ensemble nous revenaient les uns après les autres. Les joyeux comme les tristes. Tout cela nous apporta une note de nostalgie.
- Tu te souviens de notre mariage ?
- Tu plaisantes ? Comment l'oublier ? Ça à été le plus beau jour de ma vie.
Ce jour-là, je n'avais pas dormit de la nuit. Je m'étais levée à sept heures. Ma robe m'attendait, suspendu à l'armoire. Emma dormait dans la chambre d'amis. Nous avions choisit de ne pas nous voir avant le mariage et nous nous étions quittées avant de nous coucher. J'avais attendu ce jour avec impatience toute ma vie et il se réalisait enfin. J'avais alors prit ce temps pour m'habiller avec soin. J'avais enfilé ma grande robe blanche. Elle tomba sur moi comme une évidence. J'en avait vu tellement et essayé tant que je ne savais plus où donner de la tête. Mais quand je la vis elle, et que je l'essaya, mon choix fût fait.
Je regardais cette grande et belle robe de princesse et... Il manquait quelque chose. Emma dormait dans la chambre voisine. Nous attendions patiemment l'heure des cloches pour réaliser un rêve de petite fille. Mais il me manquait quelque chose. Nous avions pensé aux alliances, aux témoins, buffet, fleurs et musique. Mais le banc des parents serait vide... La mère d'Emma ainsi que mon père n'étaient déjà plus de ce monde. Quant à son père, il n'avait pas répondu à son invitation. Pour ce qui était de ma mère... je ne l'avais même pas invité. Pourtant, avoir une mère, ici, présente pour m'accompagner dans cette merveilleuse vie, pour me sourire avant de délivrer mon « oui », pour me serrer dans ses bras, fière de moi, me manquait terriblement.
« Vrrr-vrrr »
Un sms. Mlle Blue. Mlle Blue ?
« Bonjour Regina, je voulais simplement te dire que nous venions d'arriver à l'aéroport. Nous avons hâte de te voir ! Ah et Regina ? Je suis fière de toi... Bises ».
Mlle Blue... Je l'avais rencontré alors que j'étais au collège. Rien ne nous liait alors. J'étais en cinquième et je n'avais pas d'amis dans ma classe. Juste un camarade assit à la même table que moi avec qui je m'abandonnais à mon talent : le bavardage. Le collège n'était pas le lieu où je préférais me trouver, bien au contraire. Il était pour moi synonyme de raquette, violence par les autres élèves et solitude.
A l'origine, j'avais rencontré une prof à mon arrivée au collège avec qui j'avais créée une affinité. Étant seule et sans amis, la proviseur avait accepté ma requête : garder cette prof l'année suivante. Cependant, elle accepta également la requête de celle-ci : être mutée. Ainsi, à la rentrée, je découvrais celle qui avait prit sa place. Évidemment, je l'avais prise pour fautive et la reniais complètement.
Pourtant, un jour, les liens entre nous s'inversèrent. Il y avait un concours sur la culture historique. Nous devions présenter l'histoire de l'Homme de sa création à aujourd'hui. Mlle Blue voulu nous y préparer en espérant trouver parmi nous, quelqu'un à présenter à ce concours. Je pris cette chance sans aucune importance. Mais je fis tout de même le travail demandé. Je choisis de présenter ce thème sous forme de frise et de schéma explicatif. La fin de l'heure sonna et ma frise n'était pas terminée. Je l'apporta au bureau de Mlle Blue avec les autres. Mais en me voyant repartir elle m'interrompt :
- Tu ne l'as pas terminé ?
Cela faisait deux mois que la rentrée était passé et nous ne nous étions jamais adressées la parole directement. C'était la première fois. Je me retourna vers elle en regardant la feuille que je venais de lui donner.
- Non, mais ce n'est pas grave.
Je commençais déjà à repartir, mais elle continua :
- C'est dommage. Garde-la et termine la chez toi. Tu me le rendras demain.
- Pourquoi ?
- Parce que je pense que tu peux gagner ce concours, répondit-elle en me tendant ma frise inachevée.
Je ne saurais dire pourquoi, ni comment mon esprit changea d'avis ou se mit à espérer soudainement, mais je récupéra la feuille.
- Mais on a pas cours demain.
- Passe entre deux cours alors, me sourit-elle.
En rentrant chez moi ce soir-là, je m'enferma dans ma chambre, face à cette frise historique. Je repensais à ce qu'avait dit Mlle Blue. Elle pensait que je pouvais gagner le concours... Je n'avais alors jamais prétendu avoir assez de talent pour quelque chose et encore moins être capable de gagner quoi que ce soit. Encore moins en histoire. Je m'étais bien gardée d'aimer cette matière qui m'était indéniablement indifférente. Pourtant, devant moi, j'avais quelque chose qui pouvait changer ça, quelque chose qui pouvait me donner un centre d'intérêt, quelque chose qui pouvait me donner de l'espoir. Je m'étais alors appliquée à terminer ce projet, et après quatre brouillons, l'ensemble me plu enfin. Je partis donc me coucher vers trois heures du matin.
Le lendemain, j'apportai avec soin mon projet à Mlle Blue. J'attendis la pause du matin et je parti toquer à sa porte. Elle paru contente de me voir. Elle m'invita à entrer joyeusement :
- Entre Regina, vient.
J'entrai dans la salle avec plus ou moins de méfiance.
- Voilà, je l'ai terminé, dis-je en lui tendant la frise.
- C'est très réussi, Regina !
Elle prit la feuille et la contempla quelques instants.
- Vous croyez vraiment que je peux gagner ? La coupai-je dans ses pensées.
Elle leva la tête et me regarda, le sourire aux lèvres.
- Oui, je le pense vraiment. Tu veux bien que je le présente au jury alors ?
Je regardais ma frise. J'avais aimé avoir un sujet sur lequel m'appliquer et donner de mon temps. J'avais aimé faire cette frise et parler de l'histoire. Expliquer à ma façon ce que je savais. C'était à la fois artistique et culturel.
- Oui, je veux bien.
Elle me souriait encore. Elle n'avait pas l'air si méchante.
A partir de ce jour, Mlle Blue fit basculer ma vie.
Tout d'abord, je gagna le concours. Ce qui me rendit très fière de moi. A la suite de ça, Mlle Blue m'initia à l'histoire, à l'écriture d'article et à m'inspirer d'historiens. Elle devint la seule personne qui cru en moi. Alors que ma mère ne jugeait pas mon travail sérieux et le considérait comme un simple « loisir », Mlle Blue, elle, me soutenait et croyait en moi. Je m'attacha d'abord à elle, avant l'Histoire. Aussi, je voulais passer le plus de temps possible en sa compagnie, et j'attendais ces instants avec beaucoup d'impatience. Pour accéder à ces petits moments d'intimité entre elle et moi, je commença à écrire des articles historiques plutôt amateur pour les lui montrer. Ils étaient devenus mon prétexte pour rester après les cours, venir durant les pauses et me sentir rassurée, réconfortée auprès de sa chaleur.
Petit à petit, je tomba amoureuse de l'Histoire et me mit à écrire ces articles pour moi. Je continuais à les lui apporter et nos rendez-vous devinrent une habitude. J'aimais passer ces instants auprès d'elle. Je ne comprenais pas toujours les sentiments qui m'animaient en sa présence. Jusqu'au jour où ma mère la rencontra pour une exposition historique que j'animais. Elles discutèrent quelques minutes. A ce moment-là, j'avais été fière de la lui présenter. De présenter Mlle Blue à ma mère. Après cette exposition, ma mère m'avait dit l'une des chose qui m'avait le plus marqué et touché :
- Cette dame à l'air de bien t'aimer.
- Tu crois ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Elle te regarde avec les yeux d'une mère.
Ainsi, mes sentiments prirent tout leur sens. La vie s'était trompé dans la distribution de ses cartes et avait échangé ces deux femmes pour être ma mère.
Elle était devenue pour moi à la fois une amie et une mère. Une mère que je n'avais jamais eu. Une mère que j'aurais voulu avoir. Elle me réconfortait, rassurait, motivait. Et surtout, elle me donnait confiance en moi. Si bien que la croiser dans les couloirs me troublait, comme si nous partagions un secret.
Puis je parti au lycée. Cela nous obligea à nous voir moins fréquemment. Mais je ne pensais pas moins à elle. Et dès que je le pouvais, je venais, comme à mon habitude, toquer à sa salle de classe. Nous pouvions alors parler durant des heures. Des heures qui ne me paraissaient jamais suffisantes. Car ensuite, je rentrais chez moi, où ma mère m'attendais. La mère qui me rabaissait, me traitait comme une moins que rien, ne m'apportait aucune chaleur ni confiance.
Il m'arrivait de me terrer dans ma chambre et de pleurer tout en pensant à Mlle Blue et à la vie que j'aurais eu si j'avais prit vie en son ventre.
Et puis un jour, Mlle Blue m'envoya un mail pour me dire qu'elle souhaitait me voir. Alors après les cours, je quitta le lycée pour rejoindre le collège. Mlle Blue m'attendait.
- Je vais partir, Regina.
- Quoi ? Partir ? Mais où ?
- Je vais vivre près de Paris.
- Paris... Mais c'est loin.
- Oui... Mais mon conjoint vit là-bas, et je pense avoir attendu assez longtemps pour le rejoindre maintenant.
Il me sembla qu'entendre cette nouvelle me fit autant de mal qu'à elle de me le dire.
J'allais me retrouver seule. Sans chaleur réconfortante ni rendez-vous ressourçant. Sans elle, ma vie allait être plus fade et morose. Qui aller voir quand j'aurais envie de pleurer ? D'être rassurée ?
- Vous partez quand ?
- Dans deux semaines.
Deux semaines...
Notre dernier rendez-vous arriva, et comme tout en ce monde, il prit fin.
Mais avant cela, je tenais à lui offrir une plume. Elle m'avait avoué, quelque mois après notre rapprochement, qu'elle était historienne à côté du collège. Personne n'en savait rien. C'était une femme très secrète. Et j'avais toujours gardé son secret.
L'approche de l'au revoir me rendit tout chose. Alors que les larmes montaient au bord des mes yeux, elle me confit :
- Une autres élève a voulu garder contact avec moi.
- Ah oui ? Répondis-je jalouse.
- Oui... Mais j'ai refusé.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Parce qu'elle s'est mise à pleurer. Je ne voulais pas qu'elle soit triste à cause de ça.
Cela stoppa net mes larmes. Elle m'avait recueilli, moi. Et la question ne se posait pas entre nous, nous allions continuer à nous parler et à nous voir. Mais pour cela, je ne devais pas pleurer. Je devais être forte.
Quand les larmes s'assoupirent, elle me regarda à nouveau et me sourit.
- Tu es forte, Regina. Tu vas devenir une belle jeune femme.
Ainsi, le temps fit son œuvre. Elle partit pour Paris. En son absence, je ne fut pas forte. Ne plus la voir, ne plus l'entendre. Il me semblait être orpheline.
Ma mère, pendant ce temps, rendait les choses encore plus difficiles. Elle devenait méchante et violente. J'aurais voulu en parler à Mlle Blue, mais... pour plusieurs raisons, je m'y résignais.
Petit à petit, la douleur fut plus supportable et je pu prendre avec plaisir ses marques d'attention, ses mails, ses appels, sans pleurer. La nostalgie ayant été remplacée par le simple plaisir de savoir qu'elle pensait à moi ».
Tout ces souvenirs me donnèrent la réponse. Je composa le numéro de Mlle Blue (qui entre temps s'était mariée et avait prit le nom de Mme Fairy. Mais pour moi, elle restait toujours Mlle Blue).
- Allo ? Regina ?
- Mlle Blue, euh... Mme Fairy, vous allez-bien ?
- Oui, le vol n'a pas été très long depuis Paris. Alors, comment te sens-tu ?
- Très excitée, souriais-je.
- Comme je te comprends. On devrait arriver dans trois heures, le temps de nous préparer. D'ailleurs tu es debout très tôt.
- J'avais justement quelque chose à vous demander...
