CHAPITRE 2
Les jours s'étaient succédés et voilà qu'une semaine s'écoula sans que Kamijo n'ai reçu de nouvelles, quelles qu'elles soient. Ses messages et appels étaient restés sans réponses.
Le silence de Kaya l'inquiétait au plus haut point. Il ne pouvait se résoudre à penser qu'il allait bien. Peut-être que cet homme ne se contentait pas seulement de le frapper, que savait-il encore ce qu'il pouvait lui faire endurer ? Il n'osait l'imaginer mais les images envahissaient ses pensées malgré lui. Comment aurait-il pu se douter que sous les traits juvéniles et doux de l'amant de son ami pouvait se dissimuler une personnalité aussi agressive ?
Ne jamais se fier aux apparences. Il venait une nouvelle fois de s'en rendre compte. Seulement, ce n'était pas cela qui allait aider Kaya. Il devait agir et non rester les bras croisés comme il le faisait.
N'y tenant plus, Kamijo referma l'ouvrage qu'il ne cessait de lire des heures entières, s'occupant ainsi l'esprit en vagabondant au cœur des nuits vénitiennes peuplées de vampires et de romance. Ses lectures l'apaisait, cependant, cette fois, elles perdirent leur effet et ce fut avec anxiété qu'il le posa sur une petite table basse en verre et regagna le couloir, enfilant rapidement une paire de chaussures en cuir noir et quitta son appartement, le cœur battant et le ventre noué.
Une légère brise chaleureuse le caressait, s'engouffrant dans ses cheveux. Le temps se prêtait aux ballades, à s'arrêter un instant sur la terrasse d'un café, et bien qu'il se serait bien laissé tenter, Kamijo poursuivait son chemin, sillonnant de petites ruelles jusqu'à parvenir sur l'avenue principale traversant le centre-ville et qui le ramènerait jusqu'à Kaya.
Il pouvait déjà apercevoir au loin les fenêtres de son appartement faisant face au Café des Fées. Mais tout était fermé. Comme s'il n'y avait personne. Peut-être que son ami était seulement sorti se balader avec son fiancé, cependant, il en doutait après ce qu'il avait entendu quelques jours plus tôt. Et ses doutes furent confirmés alors qu'il traversait et reconnaissait sans peine Ochi qui s'éloignait de l'immeuble, celui-là même qui avait osé lever la main sur l'être qu'il chérissait du plus profond de son cœur.
Il lui tardait de le rejoindre, si bien qu'à mesure qu'il s'approchait, Kamijo pressentait le pire tandis qu'il poussait discrètement la porte d'entrée et gravissait rapidement les quelques marches qui le séparait encore de Kaya.
Se retrouver une nouvelle fois sans réponse alors qu'il frappait à sa porte ne le surprit pas, néanmoins, il ne se laissait pas décourager et renouvela ses appels avec plus de vigueur.
-Kaya, ouvre-moi. S'il-te plaît...
-Le pauvre garçon n'a pas une vie très heureuse, résonnait une voix tremblante.
Se retournant, Kamijo découvrit une dame âgée sur le seuil de la porte opposée. Ses cheveux gris trahissaient certes sa longue existence mais elle n'en demeurait pas moins élégante avec son tailleur crème rehaussé de quelques bijoux et d'un maquillage léger.
-Pouvez-vous m'en dire plus ? demanda Kamijo avec douceur.
-Très souvent, on entend des disputes. Des pleurs aussi. Et son compagnon le violente.
-De quelle façon ?
-Et bien, il ne cesse de le frapper. Je ne saurais vous dire s'il utilise autre chose que ses mains. Ce que je peux vous affirmer, c'est que les ambulances sont venues plusieurs fois pour le conduire à l'hôpital.
-Savez-vous pour quelle raison ?
-Le pauvre garçon a fait des tentatives de suicide, répondit la vieille dame, l'air vraiment peiné.
Sans un mot de plus, elle s'éloigna après l'avoir salué et laissa Kamijo seul sur le palier, le cœur serré par ce qu'il venait d'apprendre. Cette discussion l'avait quelque peu ébranlé, cependant, il avait à présent un aperçu de la souffrance de son ami et il avait bien l'intention de ne pas le laisser continuer à vivre ainsi.
D'un pas décidé, il fit de nouveau face à la porte. Ses doigts s'enroulant autour de la poignée, il l'abaissa prudemment. Elle s'ouvrait. Toutefois, Kamijo restait sur le seuil, attentif au moindre bruit qu'il pourrait percevoir.
Des pleurs ne tardèrent pas à lui parvenir. Au travers d'eux, il reconnut sans mal la voix de Kaya, étouffée par les cloisons de l'appartement qui les séparaient. Son souffle lui semblait court, trahissant de longues minutes de peine, si bien qu'il n'en fallut pas plus à Kamijo pour passer la porte d'entrée qu'il refermait lui et pénétrer dans un couloir éclairé d'un simple halo de lumière provenant de la pièce voisine, une modeste cuisine, meublée seulement d'éléments indispensables.
Face à elle, le salon. En son centre, une table en verre entourée de quatre chaises. L'élégance de cet ensemble bordé d'arabesques dorées sur un bois de chêne s'accordait avec perfection à un canapé de cuir blanc et une petite table basse aux teintes assorties. Illuminée d'une grande baie vitrée dévoilant un balcon, la pièce donnait également sur un second couloir.
A sa gauche, une chambre, à l'opposé d'une porte fermée de laquelle il se rapprocha. Un moment d'attention lui apprit que les pleurs venaient de cette pièce. Il avait enfin retrouver son ami, mais comment allait-il le découvrir ?
De nouveau, son ventre se nouait alors qu'il poussait la porte et pénétrait dans une petite salle de bain.
Recroquevillé sur lui-même, Kaya était là, tremblant et effrayé. Ses poignets ruisselant de sang étaient retenus à l'un des nombreux tuyaux par des fils épineux s'enfonçant profondément dans sa peau. Même s'il ne pouvait exprimer sa souffrance, son visage humide de larmes le trahissait. Jamais Kamijo ne l'avait vu dans un tel état de détresse, si vulnérable, si bien que lorsqu'il s'approchait et s'agenouillait près de lui, Kaya se blottissait contre le mur, son regard n'exprimant qu'une terreur sans nom.
-N'aies pas peur de moi... dit Kamijo d'une voix douce. Je ne te ferais aucun mal...
Avec des gestes délicats, il passa une main dans ses cheveux et défit le nœud du bâillon qui recouvrait sa bouche. Entreprenant ensuite de libérer ses poignets, Kamijo suivait les liens à travers les tuyaux. Ils y étaient méthodiquement enroulés. Nul doute qu'il se blesserait lui-même s'il tentait de les défaire. Il réfléchit un instant. Que pouvait-il y avoir qui puisse l'aider ? Un couteau ne suffirait pas. Et le ciseau risquait de se casser sous sa force. Peu importait si cela permettait de mettre fin aux souffrances de son ami.
-Kaya, regarde-moi... fit Kamijo, relevant doucement sa tête. Regarde-moi...
Suivant son geste, Kaya croisait son regard, emprunt de peine. Un sentiment qu'il ne connaissait pas à Ochi et qui le désarma un instant.
-Dis-moi où je peux trouver un ciseau...
-Dans la chambre... soufflait Kaya, entre deux pleurs. Sur le bureau...
-Ne te débats pas, d'accord... ? Je ne veux pas que tu te blesses davantage...
Caressant son visage avec tendresse, Kamijo se releva et quitta la salle de bain. A mesure qu'il s'éloignait, il sentait le regard de Kaya sur lui avant qu'il ne pénètre dans la chambre.
Un lit à baldaquin entouré de deux petites tables de nuit et bordé d'un tombé de rideau parme, emplissait la pièce. Leur couleur sombre s'alliant parfaitement avec l'ensemble de la couche, elle s'accordait également avec les tons de l'armoire et d'un petit bureau faisant face au lit. Un ordinateur portable y était posé ainsi que quelques feuilles. Kamijo supposa que c'était ici que son ami se réfugiait pour composer ses titres.
Aussi loin qu'il pouvait se le rappeler, Kaya avait toujours aimé écrire, que ce soit des chansons qu'il travaillait ensuite en studio ou de petites histoires. Il était toujours ravi de lire ses écrits tant ils l'emportait. Que pouvait-il avoir composer, cette fois-ci ? Bien que la curiosité le piquait, Kamijo ne s'y attarda pas, se rappelant comme un reproche à lui-même ce pour quoi il était venu.
Arpentant le petit bureau des yeux, il dénicha rapidement une paire de ciseaux en métal. Il ne pouvait espérer mieux. S'en saisissant, il repartit vers la salle de bain, une vague d'inquiétude l'assaillant lorsqu'il découvrit Kaya se débattant contre ses liens meurtriers.
-Kaya... murmurait Kamijo tout en revenant s'agenouiller près de lui.
Mais le jeune homme ne l'écoutait pas. Il semblait même ne pas le voir alors que les blessures s'ouvraient toujours plus.
-Arrête... reprit-il avec douceur, serrant ses mains dans les siennes. Tu te fais du mal...
A son contact, Kaya s'apaisa. La chaleur de ses mains calmant ses pleurs qui devenaient peu à peu un souffle saccadé et bruyant.
-C'est fini... Je t'en fais la promesse... dit Kamijo d'une voix douce.
Avec des gestes aussi délicats que possible, le jeune homme libéra une de ses mains dont les doigts s'enroulaient autour des poignées du ciseau avant qu'il ne sectionne le fil épineux qui retenait son ami. Sans attendre, Kaya se blottit contre lui, laissant sa tête se poser sur sa poitrine, concentré sur les rapides battements de son cœur dont il ne comprenait pas la raison. Était-ce ses sentiments ? Était-ce la peur ? Il n'aurait su le dire. Ce qu'il savait, en revanche, était que son propre cœur battait soudainement à l'unisson du sien, comme en réponse que lui seul pouvait ressentir.
En cet instant, Kaya se sentait attiré à lui. La chaleur de son corps l'enveloppant, il aurait souhaité que l'étreinte qu'il lui offrait ne connaisse pas de fin.
-Kaya, il faut soigner ces blessures... Tu saignes beaucoup...
Il n'en avait pas prit conscience jusqu'à présent mais Kamijo avait raison. Le tissu rose de sa robe sur lequel reposaient ses mains avait viré à l'écarlate. Et le regard anxieux que son ami posait sur lui ne le rassurait pas.
-Je vais bien... dit Kaya d'une petite voix, relevant la tête afin de croiser son regard.
-Ne dis pas ça... Je ne t'ai jamais vu aussi pâle...
Le rapprochant davantage de lui, Kamijo raffermit son étreinte et le porta contre lui. Laissant la salle de bain derrière eux, il le conduisit jusqu'au salon où il l'installait, caressant sa joue alors que Kaya baissait le regard.
-Je vais chercher de quoi te soigner... Ne bouge pas, d'accord ?
Le jeune homme lui répondit d'un petit hochement de tête avant qu'il ne laisse Kaya seul sitôt qu'il eut disparu à sa vue.
Ce moment de solitude fit naître en lui plusieurs questions : Pourquoi Ochi était-il aussi dur avec lui ? Mais surtout, pourquoi se sentait-il si soudainement attiré par Kamijo ? Kaya avait conscience de ses sentiments seulement, pourquoi son ami ne les avaient-il pas acceptés lorsqu'il avait trouvé le courage de lui avouer ? Il n'avait pas les réponses et sans doute ne les aurait-il jamais.
-Je pense que ça devrait suffire, dit Kamijo en revenant au salon, interrompant le cours de ses pensées.
Avec les mains chargées de soins, il s'installa près de lui. Les déposant sur la petite table basse lui faisant face, il reporta son attention sur Kaya, prenant délicatement ses mains entre les siennes puis les posa sur ses cuisses.
-Il faut que je t'enlève ce fil... Pardonne-moi si je te fais souffrir...
Prudemment, Kamijo le déroulait, contraint parfois de forcer davantage, les épines sortant une à une et le meurtrissant toujours plus, arrachant à Kaya de petits hurlements de douleur qu'il s'efforçait d'étouffer.
Malgré ses gestes, il ne pouvait empêcher le sang de s'échapper de ses multiples plaies. Le cœur serré, il s'en voulait mais il ne pouvait le laisser ainsi.
-C'est bientôt fini... murmurait Kamijo, libérant l'un de ses poignets.
Relevant les yeux vers lui, il ne put que remarquer son visage humide de larmes et ses traits qui n'exprimaient rien d'autre que la douleur qu'il endurait alors qu'il se laissait tomber contre le dos du canapé en gémissant à chacune des épines extraites de sa chair.
Ochi lui faisait du mal, c'était indéniable mais jamais ses souffrances n'avaient été aussi intenses. Était-ce sa punition pour ne pas être rentré immédiatement après le travail et avoir revu Kamijo la semaine passée ? Il n'en savait rien. Son fiancé ne lui avait donné aucune explication et l'avait laissé comme ça, attaché tel un animal.
Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus. Ochi refusait de lui parler chaque fois qu'il abordait le sujet.
-A quoi penses-tu ? demanda Kamijo alors qu'il désinfectait les plaies de son ami avec autant de douceur qu'il en était capable, néanmoins, malgré sa délicatesse, Kaya sursautait à chacun de ses gestes.
-Je suis perdu, avouait le jeune homme. Je ne comprends plus Ochi.
-C'est un garçon au fort caractère.
-Je n'imaginais pas qu'il serait capable d'aller aussi loin. Avant nos fiançailles, tout allait pourtant si bien...
-Qu'est-ce qui a fait que votre relation ait changée à ce point ? voulut savoir Kamijo tout en enroulant de petits bandages autour de ses poignets.
-Je ne sais pas... Peut-être sa jalousie ou son désir de ne me posséder que pour lui.
-C'est égoïste...Réponds-moi honnêtement, Kaya. Te fait-il toujours subir ce genre de choses ?
-Souvent... Si ce n'est tous les jours...
-Ne peux-tu mettre fin à ces souffrances ?
-Je ne peux le quitter...
-Pourquoi ? Je peux concevoir que tu l'aimes mais songe à ce qu'il te fait endurer. Je ne t'ai jamais aussi malheureux que depuis que tu es avec lui. Et tes tentatives de suicide parlent d'elles-mêmes...
-Je ne t'en ai jamais parlé... Comment le sais-tu ? demanda Kaya en baissant la tête.
-J'ai rencontré ta voisine de palier. Nous avons discuté quelques minutes. Elle m'a apprit certaines choses.
-J'aurais préféré que tu ne l'apprennes pas...
Ses derniers mots s'étaient perdus dans un souffle. Le silence s'imposa ensuite, pesant. Hormis les voitures qui passaient inlassablement sur la grande avenue, rien ne le perturbait. Ce calme ambiant semblait attiré Kaya vers les limbes du sommeil. Ses yeux se fermaient progressivement., sa tête glissant doucement sur le dos du canapé.
Se rapprochant de lui, Kamijo posa une main délicate sur sa nuque et l'allongea, prêtant attention au moindre de ses gestes.
-Repose-toi, tu en as besoin... Je te veille, murmurait Kamijo à son oreille.
Le couvrant affectueusement d'une couverture d'un rose pastel reste posée sur l'assise d'une chaise, Kamijo lui donnait une tendre caresse sur la joue. Pour la première fois depuis qu'il l'avait retrouvé, il le sentait apaisé, comme si seul le sommeil pouvait lui apporter la rédemption.
Au cœur de ses limbes, tout se mêlait. La souffrance, la tristesse mais aussi la peur. Tous ces sentiments envahissaient Kaya, l'enserrant et l'assaillant sans cesse. Et ces pleurs qui résonnaient en écho, comme lointains, mêlés à un rire malsain et à ses souvenirs qui remontaient.
-Arrête... murmurait une voix nouée. Non, ne me fais pas de mal... Ochi... Arrête... !
Soudain, son corps le faisait souffrir et ce contact chaleureux qu'il ressentait semblait même le brûler.
-Kaya... l'appelait une voix douce. Ce n'est qu'un mauvais rêve... Réveille-toi...
Se réveiller... Comment se réveiller lorsque ses souvenirs l'emprisonnait, le tourmentait et l'empêchait de revenir ?
-Kaya... résonnait une nouvelle fois cette même voix dans sa tête.
Cependant, elle se mêlait à présent à une autre voix, plus dure et sèche. La voix de son fiancé.
-Arrête ! hurla Kaya, le corps parcouru d'un violent sursaut.
Crispé, le jeune homme ouvrait enfin les yeux, découvrant son ami à ses côtés, les traits emplis d'inquiétude et sa main dans la sienne. Fuyant son regard, il baissa la tête sur le coussin, les larmes perlant ses yeux noisette malgré lui. S'échappant et glissant sur son visage, elles allaient se perdre dans ses cheveux.
-C'est fini... dit Kamijo avec douceur, essuyant délicatement ses larmes de son pouce.
Ce simple geste, il n'avait pourtant rien de particulier mais il vola au cœur de Kaya quelques palpitations et fit naître en lui une irrépressible envie de se blottir contre lui, de retrouver la chaleur de son corps et la protection de ses bras. Il s'y sentait tellement bien.
Et puis, ce fut comme si Kamijo avait pu lire ses pensées lorsqu'il se rapprocha pour l'enlacer, l'attirant contre lui dans une douce étreinte.
Apaisé, Kaya se laissait bercer par les battements de son cœur.
-Te sens-tu mieux ? s'enquit Kamijo.
-Pourquoi ton cœur bat si vite... ? murmurait Kaya, tout bas, comme s'il appréhendait sa réponse.
-Parce que j'ai peur pour toi... Parce que je ne veux pas te perdre... et que je t'aime...
Ses derniers mots résonnaient encore dans l'esprit de Kaya. Il disait l'aimer, mais l'amour est un sentiment qu'il ne connaissait plus. Et voilà que Kamijo lui offrait le sien. Il ne savait comment réagir. Refuser une nouvelle fois ses avances et rester avec Ochi ? Ses souffrances seraient interminables. Ou les accepter ? A ses côtés, il retrouverait sûrement cette joie de vivre qui l'animait autrefois.
Entre souffrances et bonheur, à qui tendre les bras ?
Les mots de Kamijo, la semaine passée lors de leurs retrouvailles au Café des Fées lui revinrent. Il disait n'attendre que lui... Ne vouloir que lui...
-Embrasse-moi... souffla Kaya, relevant la tête vers lui.
Comment ne pas céder face à la douceur de ce regard noisette qui se posait sur lui ? Et à ses lèvres entrouvertes qui n'attendaient que son baiser ?
Ce fut impossible, et bien que sa conscience ne cessait de lui répéter que ce serait sans doute une erreur, Kamijo scella ses lèvres à celles de Kaya. Leur douceur... Leur chaleur... Enfin, il le ressentait après n'avoir fait que l'imaginer. Tout comme il sentait la douce caresse de Kaya effleurer son visage.
Son cœur s'affolait et il pouvait sans difficultés percevoir celui de Kaya, qui, en cet instant, battait à l'unisson du sien et dont le corps se serrait davantage contre lui à mesure que leur baiser devenait langoureux, passionné, leur langue se cherchant, se provoquant.
Jusqu'à ce que la porte d'entrée claque avec violence...
