CHAPITRE 4

-Je dois me rendre au studio, aujourd'hui, disait Kaya, sortant de la salle de bain vêtu d'une robe à bustier blanche, ornée de dentelle et de volants brodés.

A chacun des pas qu'il faisait pour regagner le salon, le jeune homme semblait virevolter dans son vêtement, rendant sa beauté presque irréelle. La blancheur du tissu contrastait avec la couleur noisette de son regard semblant plus profond avec ce noir sur ses paupières. En revanche, ses lèvres avaient gardé une teinte naturelle.

-Si je n'étais pas éveillé, je jurerais être dans un rêve, dit Kamijo de sa voix suave.

Il avait délaissé le livre dans lequel il se trouvait pour se tourner vers lui et le contempler.

-Ne me regarde pas comme ça... murmurait Kaya, un peu gêné.

Ses pommettes avaient virées au rose, ce que Kamijo ne manquait pas de remarquer en souriant. Kaya n'était donc pas insensible à ses compliments. Ce qui le ravissait.

-Qu'as-tu à faire au studio ? voulut savoir Kamijo en se levant pour venir à lui.

-C'est aujourd'hui que nous avons les répétitions pour notre prochaine tournée, l'informait Kaya.

Maintenant qu'il le disait, Kamijo se souvenait que le jeune homme ne faisait pas qu'écrire et donner vie à ses mots à travers une musique. Il les exprimait également avec sa voix et son corps, en de sublimes chorégraphies qu'il créait avec ses propres danseurs. Chacune de ses prestations sur scène n'avait d'égal.

-Je t'accompagne, dit Kamijo en serrant les mains de Kaya dans les siennes. J'ai quelques affaires à régler au label. Quand veux-tu partir ?

-Le plus tôt. Je voudrais profiter de l'après-midi pour travailler quelques pas.

-D'accord. Je ne voudrais pas te retarder.

Lui offrant un délicat baiser sur la joue, il l'entraînait déjà vers le couloir, une main dans son dos, très bas dans son dos, épousant la courbe de ses reins. Un contact qui ne semblait pas déplaire à Kaya qui s'autorisait une brève étreinte, à la fois douce et pudique. Ses cheveux caressaient sa poitrine, son souffle effleurait sa peau.

Kamijo fermait les yeux, les frissons l'emportant vers des pensées plus désireuses qu'une simple étreinte.

-Nous devrions y aller, murmurait Kamijo, son cœur manquant un battement lorsqu'il sentit les doigts de Kaya s'accrocher à sa ceinture.

Il avait raison. S'ils tardaient trop, ils ne feraient rien. A contre-coeur, Kaya quittait ses bras et enfilait ses chaussures. Kamijo l'imitait presque aussitôt avant d'ouvrir la porte d'entrée sur une belle après-midi ensoleillée.

Ils avaient marché tranquillement jusqu'au centre-ville plutôt animé de cette fin de semaine, remontant les rues de Tôkyô, Kaya au bras de Kamijo. Le temps ensoleillé de ce début de printemps devait sans doute y être pour quelque chose. Après tout, l'hiver avait été un peu rude, le froid et la neige ayant rythmé chaque journée. Maintenant que le soleil revenait réchauffer la ville, les habitants en profitaient. Cependant, les deux jeunes hommes n'auraient pas cette chance. Ils se contenteraient de passer devant les devantures et d'observer les cerisiers à nouveau florissants, parsemant les rues de leurs délicats pétales roses.

-Ç'aurait pu être une après-midi agréable si le travail ne t'avais pas retenu, dit Kamijo, apercevant à quelques mètres les portes d'un studio de danse. J'aurais voulu profiter des cerisiers avec toi.

-L'après-midi est longue, lui répondit Kaya dans un léger sourire.

Kamijo comprenait le sens de ce sourire et le sous-entendu qu'il dissimulait. Cependant, la baie vitrée du studio leur rappelait ce pour quoi ils étaient venus.

-Je t'appelle lorsque j'ai terminé, lui dit Kaya, lui offrant une étreinte.

Ses bras s'accrochaient à son cou tout en se serrant contre lui, savourant ces derniers instants en sa compagnie, rendue plus agréable par les lèvres de Kamijo qui venaient effleurer sa joue comme une délicate caresse, indifférent aux regards des passants qui se posaient sur eux. Certains les observaient avec affection, d'autres avec dégoût mais peu leur importait, Kaya se risquant même à venir effleurer les lèvres de Kamijo en un léger baiser.

-Tu vas être attendu, murmurait Kamijo d'une voix douce.

-Je sais.

Ce fut ses seuls mots avant qu'il ne quitte son étreinte et disparaisse derrière la porte du studio qui se refermait sur lui.

C'était un endroit calme, parsemé de miroirs. Une musique résonnait dans la salle de répétitions. Ses danseurs étaient donc déjà là, lui rappelant son retard. Néanmoins, les savoir ici l'angoissait aussi. Ochi était-il présent ? Il n'en savait rien et craignait de se retrouver face à lui au vu des derniers événements.

-Kaya, tu es là ! s'égayait une femme lorsqu'il entrait dans une vaste salle.

A nouveau, il retrouvait ces miroirs qui tapissaient les murs, lui renvoyant son reflet de toutes parts. Mais pas seulement. Chacun de ses danseurs semblaient se dédoubler.

-Excuse-moi, Tomoki. Ça ne me ressemble pas d'être en retard.

-Tu as sûrement une bonne raison. Mais je ne te demande pas de te justifier, sourit Tomoki en s'approchant de lui, un sourire étirant ses lèvres.

Kaya l'appréciait particulièrement. C'était une petite femme douce et compréhensive, ouverte d'esprit. Jamais elle ne l'avait jugé, pour quelque raison que ce soit. Elle avait accepté sans aucun préjugé son apparence féminine, tant sur ses vêtements que sur le fait qu'il se maquille, mais aussi sa relation avec Ochi qu'elle aurait pu trouver nuisante à leur travail, mais non. Tomoki l'avait même encouragé tant il était heureux.

-Allez, viens, disait-elle, enjouée tout en prenant sa main dans la sienne. Ton doux compagnon t'attends !

Tomoki avait prononcé ces mots avec une telle insouciance... Mais comment lui en vouloir alors qu'elle ne savait pas, qu'il ne disait rien ? Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas l'impliquer dans ses problèmes. Elle avait déjà bien assez à gérer. Il fallait bien le dire, Tomoki se démenait pour eux, à s'occuper de l'administration, organiser des événements, leur trouver des salles, sans compter sa vie privée. Sachant cela, Kaya ne souhaitait pas y mêler ses ennuis, ni même éveiller ses soupçons. Voilà pourquoi il la suivait en silence, sans la contrer.

-Mon tendre compagnon, s'élevait une voix qu'il n'eut aucun mal à reconnaître alors qu'il entrait dans la salle de danse.

Un homme s'approchait, une main tendue vers lui, le sourire aux lèvres. Il était visiblement ravi de le voir bien que ce n'en soit pas réciproque. Mais Kaya savait que l'éviter était impossible. Ochi faisait partie de ses danseurs. Les autres ne comprendraient pas s'il réagissait mal. Il prit donc sur lui, le cœur battant, la peur au ventre.

-Si tout le monde est là, nous pouvons commencer, dit Kaya.

Le jeune homme se plaçait devant un imposant miroir, dos à ses danseurs. Il esquivait soigneusement le regard de Ochi. Malgré tout, il le sentait passer sur lui, pesant et insistant, comme si son compagnon cherchait à le déshabiller de ses yeux. En d'autres circonstances, il aurait apprécié mais là, il avait du mal à le supporter.

-Je serais à côté si vous avez besoin de moi, disait Tomoki.

Leur adressant un dernier sourire, elle quittait la salle de danse.

Deux heures de répétitions, à revoir certains pas, certains gestes et à essayer certaines suggestions que ses danseurs lui proposaient. Kaya était plutôt satisfait de cette séance. Malgré la présence de Ochi, il y avait passé un agréable moment.

-Je dois y aller, disait l'un des danseurs.

-Pourquoi partir si vite ? sourit Ochi en s'approchant de Kaya qui reculait. Nous avons encore bien le temps quelques moments ensemble. L'après-midi ne fait que commencer.

-Je suis attendu... répondit Kaya, trahi par l'anxiété qui perçait sa voix.

-Ne serait-ce pas ce bel homme blond pour lequel tu m'as laissé? Celui qui aura trouvé comment t'influencer et te voler à moi ? Pourtant, tu sais à quel point je t'aime, Kaya...

-Tu ne m'as jamais aimé...

-Comment oses-tu en douter ?

Chacun des mots de Ochi étaient accompagnés de caresses fougueuses, sans la moindre douceur. Même cette main qui glissait autour de sa taille n'avait rien de délicat.

-Mon amour, reprit-il, son autre main remontant sur lui. Il est temps de leur montrer à quel point ce corps m'appartient.

Ses doigts s'accrochaient aussitôt à la fermeture éclair de sa robe blanche qu'il ouvrit rapidement dans un sourire amusé, tant par la peur qu'il pouvait lire dans le regard de Kaya mais aussi par ses tentatives de se libérer de ses bras qui l'enfermait dans un puissant étau.

-Ochi... soufflait Kaya. Arrête...

Le cœur affolé, il tentait une nouvelle fois de se débattre sous les yeux de ses danseurs qui n'osaient intervenir. Ils restaient éloignés, certains avec le sourire aux lèvres, d'autres n'exprimant que la gêne ou le dégoût. D'ailleurs, ils ne tardaient pas à quitter la salle de danse.

-Ils ont l'âme sensible, dirait-on ! riait Ochi.

Il ne se départissait pas de son sourire malsain qui étirait ses lèvres, prenant toujours plus de plaisir à sentir Kaya s'agiter contre lui alors qu'il le mettait à nu, dévoilant peu à peu un corps meurtri, parsemé de bleus et de coupures.

-Tu es bien mieux ainsi... disait-il dans un murmure à son oreille.

-Comment peux-tu le traiter ainsi ? s'indignait l'un des danseurs, un beau jeune homme à la chevelure argentée.

-Mon cher Sawa... Tu ne comprendras que lorsque l'amour que tu éprouveras te consumeras jusqu'à en perdre la raison.

-Ce n'est plus de l'amour que tu ressens pour lui... Tu le tortures !

-Oh, quelle belle preuve d'affection, s'amusait Ochi. Éprouverais-tu secrètement des sentiments à son égard ?

-Il n'y a pas besoin d'amour pour ne pas tolérer ce que tu fais.

-Ce n'est pas comme si il refusait. Vois comme il est docile. Il ne le dit pas, mais mes caresses le font frémir, n'est-ce pas, Kaya ?

Des mots auxquels Kaya ne répondit pas, enfermé dans un profond mutisme face aux mains de Ochi qui le parcourait. Elles dessinaient chacune de ses formes, de son cou qu'il embrassait parfois, à sa poitrine, jusqu'à ses cuisses et son intimité qu'il effleurait. Ses mains devenaient en cet instant plus désireuses, plus sauvages.

-Kaya... murmurait doucement Sawa devant la léthargie du jeune homme.

Ce qui ne fit que rendre les caresses de Ochi plus intenses, volant à Kaya un sanglot étouffé par un gémissement de douleur lorsque la main de son tortionnaire s'enroulait autour de son poignet blessé.

C'en était trop pour Sawa. Il ne pouvait pas rester ainsi sans agir, à regarder Ochi le torturer sans aucun remords. Évidemment, compter sur les autres danseurs n'était pas gagné. Ils semblaient apprécier le spectacle. Il se retrouvait donc seul. Peu importait. De même que les conséquences qui s'ensuivraient à l'instant où la colère l'aurait envahi. D'ailleurs, il peinait à la contenir et savait que ce combat intérieur qu'il menait était vain lorsque son poing allait s'écraser avec violence sur le visage du jeune homme, le faisant reculer de plusieurs pas.

Incrédule, Ochi restait un instant sans réaction, le souffle court et les traits crispés de rage. Si ses poings ne s'étaient pas refermés sur eux-même, sans doute qu'il aurait répondu à son geste. Au lieu de cela, il se contentait de laisser échapper un rire incontrôlable.

-N'oublie pas de remercier ton sauveur, sourit Ochi, passant sa main sur sa joue rougie.

Malgré une petite douleur dans la mâchoire, il s'amusait de la situation. L'intervention de Sawa avait rendu le jeu plus intéressant et il se ferait une joie d'y participer. Mais dans l'immédiat, il se contenterait de se retirer, dans l'attente d'un moment plus propice.

Ochi disparut dans un rire, laissant Kaya nu et sans réaction. Il restait là, debout, tête baissée, le visage humide de larmes qu'il ne tentait pas de retenir. Ce fut difficile pour Sawa de le voir ainsi, si fragile et vulnérable. Si son cœur se serrait, il ne pouvait qu'imaginer ce que son ami ressentait.

-Je suis désolé... disait Sawa avec douceur, s'avançant vers lui. Je n'aurais peut-être pas dû intervenir, mais je ne pouvais pas le laisser te faire endurer une telle chose. Comment ose-t-il prétendre t'aimer... ?

Il n'aurait sans doute jamais de réponse et ce n'était pas le silence de Kaya qui allait l'aider. D'ailleurs, avait-il seulement entendu ce qu'il venait de dire ? Ce n'était que peu probable. Il s'était enfermé sur lui-même et rien ne semblait le faire réagir. Ni ses mots, ni ses mains qui effleuraient sa peau pour le revêtir de son dessous en dentelle blanche et de sa robe immaculée qu'il remontait sur lui, recouvrant son corps.

Même si parfois, Kaya avait eu quelques légers mouvements de recul, il n'avait pas résisté bien qu'au fond de lui, il craignait chacun de ses gestes.

-Je ne te veux pas de mal...

-Kaya ! résonnait subitement la voix de Tomoki.

Elle arrivait précipitamment vers eux, l'air vraiment inquiète. Mais elle n'avait pas pensé que son éclat de voix ferait peur à Kaya qui se réfugiait inconsciemment dans les bras de Sawa.

-J'ai entendu Ochi discuter. Pardonne-moi, je ne savais pas...

-Si tu n'es pas contre, je pense qu'il vaut mieux reporter les répétitions, proposa Sawa.

-Oui... Oui, bien sûr, répondait la jeune femme. Je vais prévenir son compagnon. Reste bien avec lui, s'il-te plaît...

Sawa aurait voulu lui rappeler que Ochi était son fiancé cependant, les mots du jeune homme lui revenaient en tête et il en comprenait à présent le sens lorsque Tomoki fut repartie. Cela soulevait néanmoins une autre question. Kaya et son fiancé étaient séparés. Qui pouvait donc bien être ce « bel homme blond » dont Ochi avait parlé ?

-Kamijo arrive, fit Tomoki en revenant avec un verre d'eau fraîche qu'elle tendit à Kaya.

Un peu hésitant, il l'acceptait néanmoins sans oser lui accorder un regard, ne faisant que mouiller ses lèvres avant de lui rendre. Il n'avait pas envie de boire, seulement qu'on le laisse tranquille, qu'on ne le touche pas.

-Allons nous installer, proposa Sawa, entraînant déjà Kaya vers un large banc au fond de la salle sur lequel ils s'assirent.

-Pourquoi n'as-tu rien dit pour Ochi ? voulut savoir Tomoki, prenant place à leurs côtés.

Mais Kaya restait silencieux. Il se posait des questions. Que savait exactement Tomoki et comment savait-elle qui est son compagnon alors que Ochi était le seul à savoir ?

-Qui est Kamijo ? s'enquit Sawa avec curiosité.

-L'homme qui partage sa vie et qui, je l'espère, le rendra heureux.

Ces simples mots confirmèrent ce qu'il pensait, mais certaines choses lui échappait encore. Indéniablement, des choses que pourraient savoir Tomoki. Toutefois, elle ne dirait rien et il doutait que Kaya ait très envie d'en entendre parler. Pas plus qu'il ne voudrait que cela s'ébruite.

-Tu sais ce qu'il lui fait endurer, n'est-ce pas ? se risquait Sawa.

-Tomoki, résonnait une voix familière avant qu'enfin, Kamijo n'apparaisse dans l'embrasure de la porte qu'il traversait d'un pas rapide, ne laissant pas à l'interpellée le temps de répondre.

Ses traits étaient emprunt d'inquiétude et il semblait, lui aussi, se poser beaucoup de questions.

-J'ai fais au mieux, mais il est choqué... répondit tristement Tomoki.

-Je te remercie d'avoir prit soin de lui.

D'un geste amical, Kamijo posait un instant sa main sur son épaule. A quelques pas de lui, Kaya n'avait pas réagit, blottit dans les bras d'un jeune homme qu'il ne connaissait pas mais qui, à l'évidence, semblait beaucoup l'apprécier.

Sans gestes brusques, il passait une main dans les cheveux de Kaya. Un simple contact qui le crispait, lui volant un imperceptible gémissement alors qu'il enfouissait un peu plus son visage contre l'épaule de Sawa.

-Calme-toi, fit Sawa d'une voix douce. Ce n'est que Kamijo.

Évoquer son prénom devait sûrement le rassurer et il osait même un timide regard, découvrant la tristesse et l'inquiétude dans ses yeux bleus qui d'ordinaire étaient emplis d'affection et de tendresse.

-Tu as l'air si triste... murmurait Kamijo, l'un de ses doigts essuyant une larme sur le visage déjà humide de Kaya. Que t'a-t-il encore fait endurer... ?

Évidemment, il n'attendait aucune réponse, ses mots étant plus une constatation qu'une question. Il laisserait seulement Kaya lui en parler dès lors qu'il s'en sentirait prêt, bien que Tomoki lui en avait déjà fait part lorsqu'il l'avait eue au téléphone. Dans l'immédiat, il ne pouvait que le réconforter, lui offrant une douce étreinte contre laquelle le jeune homme se laissait aller sans un mot.

-Je te ramène à la maison. Un peu de tranquillité te fera le plus grand bien, disait Kamijo, le gardant serré contre lui.

Le relevant doucement, libéré des bras de Sawa, il remerciait une nouvelle fois Tomoki et le jeune danseur de leur prévenance envers son compagnon puis il laissait la salle de danse derrière lui.

Les quelques heures qui précédèrent la nuit avaient été longues. Kaya n'avait prononcé aucun mot et avait refusé de manger, prostré sur le canapé, le regard lointain et recroquevillé sur lui-même jusqu'à ce que Kamijo le mette au lit, déposant sur ses lèvres un délicat baiser. Mais malgré toute la douceur qu'il y mit, Kaya ne lui offrit aucune réponse. Il semblait même à Kamijo ressentir une sorte de réticence.

Blessé, il s'allongeait à ses côtés, se pelotonnant sous les couvertures et s'endormit.