Coucou vous !
Me revoici avec le troisième OS de ce recueil, j'espère sincèrement qu'il vous plaira, même si j'ai l'impression que la première moitié est un peu longue (?). J'ai écrit quelques parties avec Saturn de Sleeping At Last, si jamais vous voulez un petit fond sonore.
Aussi, je précise : cette histoire se passe pendant la saison 3, donc attention aux possibles spoilers !
Sinon, merci pour vos reviews, vous êtes géniaux.
Disclaimer : Voltron: Legendary Defender appartient à Dreamworks.
Genre : Romance, hurt/comfort, friendship.
Rating : K
Bonne lecture !
- 3 -
Hiver
Keith n'a jamais été doué pour se faire des amis.
Avant Voltron, il n'y avait que Shiro. Shiro, son meilleur ami. Et puis il les a tous rencontrés. Pidge, Hunk, Allura, Coran.
Et Lance.
Et c'est un sentiment étrange que de se sentir entouré. Épaulé. Comme protégé, par une sorte d'aura invisible et puissante qui les réunie tous. C'est bizarre, mais tellement chaleureux à la fois.
C'est la première fois que Keith a des amis sur qui compter. Et il a conscience qu'il peut parfois paraître brusque, un peu trop honnête ou même maladroit, mais la vérité est qu'il ne sait pas comment se comporter correctement avec les gens.
Il a toujours admiré Lance pour ça.
Ou peut-être a-t-il toujours été jaloux de lui ? De lui, et surtout de son aisance à se faire des amis aussi facilement, et a être aimé si aisément. Il a toujours été entouré – il a sa famille et ses amis qui l'attendent sur Terre. Keith, lui, n'a qu'eux.
Il rayonne de mille feux, et Keith a toujours été ébloui.
Mais il ne lui a jamais rien avoué, parce que ce serait reconnaître une faiblesse qu'il tente depuis toujours de cacher. Et, quelque part, peut-être est-ce aussi pour ne pas voir disparaître l'éclat d'admiration qui brille dans les yeux de Lance à chaque fois qu'il le regarde.
« La vérité est que je suis un peu jaloux. Ou admiratif... Je... je sais pas trop en fait. Tu as toujours été bon dans tout. Et je crois que c'est toi qui m'a poussé à m'entraîner plus dur. Pour pouvoir te battre, à la garnison et même ici, tu vois ? » lui avait avoué Lance. « Tu me pousses à devenir meilleur. »
Mais il avait tord. Keith n'a jamais été bon dans tout. Et il est partagé entre l'idée de tout avouer à Lance, et celle de garder ce secret qui l'empêche d'être complètement sincère envers lui.
… C'est la première fois qu'il ressent autant de sentiments pour une seule et même personne.
Lance.
Il est en train de dormir à côté de lui. D'une main hésitante et presque tremblante, Keith vient caresser ses cheveux en bataille.
Il ne lui dira rien. Pour l'instant. Mais il continuera à être la personne qui rendra Lance plus fort, pour qu'il brille encore plus.
« Il est trop rapide ! s'exclame Hunk en appuyant sur l'accélérateur. J'arrive pas à le semer !
- Allura, Lance, il faut essayer d'endommager leur vaisseau-mère le plus possible, dit Keith d'une voix forte et ferme. Je me charge de Hunk et Lotor. »
Il évite aisément une demie-douzaine de tirs ennemis avant de changer de direction et de partir vers le Lion Jaune. D'une main experte, il tire sur la navette agile et rapide du prince Galra qui esquive ses attaques sans aucun problème.
« Pidge, Coran, reprend-il en continuant de tirer. Trouvez un moyen de nous sortir de là. »
Il y a quelques jours à peine, Keith aurait voulu attaquer les Galras pour de bon afin de les vaincre. Aujourd'hui, il sait qu'ils ne sont pas encore de taille. Sans Shiro à leurs côtés, ils sont plus faibles, et plus vulnérables. Lance et Allura ont encore des progrès à faire, et lui-même a encore du mal à piloter le Lion Noir comme il pilotait Rouge.
« AH !
- Lance ?
- Ouah, tout va bien ! J'ai foncé sur leur vaisseau, mais nickel, aucun problème ! »
Ils ne peuvent définitivement pas aller à la recherche de Shiro comme ça. Et ils peuvent encore moins battre Lotor et son équipe.
Keith arrive finalement au niveau du prince Galra. Il l'attaque violemment – Lotor l'évite sans problème, mais doit quand même brutalement changer de direction pour ne pas se faire toucher.
« Hunk ! appelle-t-il en suivant Lotor. Rejoins les autres et va les aider.
- J'y vais !
- Coran, Pidge, comment ça se passe ? reprend-il de vive voix.
- Presque toutes les planètes ici sont des planètes ennemis, lui répond Pidge à travers le système de retransmission vocale de leurs casques. Si l'on veut s'en sortir, il va falloir créer un portail. Coran est déjà en train de tout préparer, mais il va nous falloir une bonne dizaine de minutes. Ça ira ?
- Il va falloir. »
Keith grimace lorsqu'il remarque que Lotor lui tire dessus. Oh, il veut jouer à ça ? Le brun enclenche le levier à sa droite et une arme, beaucoup plus imposante que les autres, apparaît sur le dessus de l'armure du Lion. Il tire trois fois, et les trois tirs font un vacarme atroce, mais Lotor parvient à tous y échapper.
Soudain, d'autres coups visent le Galra, mais aucun ne vient de Keith.
« Qu'est-ce que...
- On n'arrive pas à le vaincre, hein ?
- Lance ! réprimande Keith en voyant le Lion Rouge voler en sa direction. Qu'est-ce que tu fous là ? Je t'avais dit d'attaqu-
- Oui, oui, c'est ce que j'ai fait ! le coupe-t-il, pas plus préoccupé que ça du mécontentement de son petit-ami. Mais le Lion Rouge est vraiment trop rapide pour être utile sur une cible si grosse. Là au moins, dit-il en parlant du petit vaisseau de Lotor, je peux être utile. »
Keith grogne mais ne répond rien de plus, parce qu'au fond, il sait que Lance a raison. Mais il a toujours eu l'habitude de s'occuper de tout par lui-même, si bien qu'il ne parvient toujours pas à reléguer certaines tâches à ses coéquipiers. Lance commence à bien le connaître s'il entrave délibérément ses ordres.
« Essaye de l'entraîner plus loin, décide-t-il alors en analysant la situation. Il faut laisser le plus de temps possible à Pidge et Coran pour nous sortir de là. »
Lance hoche la tête, sachant néanmoins que Keith ne peut pas le voir de là où il se trouve, et fonce droit sur la navette de Lotor. Il lui tire dessus et elle doit s'écarter pour ne pas qu'il lui rentrer dedans.
Keith serre les poings contre ses commandes. Il est angoissé, mais il ne sait pas par quoi.
Le plan fonctionne, Lotor tombe dans leur piège : il prend en chasse Lance qui part à une vitesse phénoménale en tournoyant sur lui-même.
« Fait attention à Rouge, Lance », dit Keith, et il ne sait pas trop s'il dit ça pour que Lance prenne soin de son Lion, ou plutôt pour qu'il fasse attention de ne pas se blesser lui.
« T'inquiètes pas mon capitaine, je gère la situation ! » Et ah, Lance sait pertinemment qu'il déteste être appelé comme ça.
« Ne m'appelle pas cap-
- Chut, j'essaye de me concentrer. Mon capitaine. »
Ah ! Quel crétin.
« Imbécile. »
À ce moment-là, il sait que Lance a un petit sourire en coin, et qu'il ne va pas tarder à lever les yeux au ciel en rigolant légèrement.
Le Lion Rouge est loin devant Lotor, mais ce dernier garde une distance acceptable entre eux deux, si bien que chacun des tirs qu'il lance manque de toucher Lance. Non loin derrière, Keith les suit, mais bordel, le Lion Noir est beaucoup moins rapide que Rouge. Lance évite un nouveau tir de Lotor, puis deux, et trois.
« Pidge ! On en est où avec le portail ?
- Bientôt ! Encore quelques instants ! »
Soudain, un cri retentit dans leurs casques.
Allura.
« Merde ! s'écrit Hunk (et Keith sait que ce n'est pas dans les habitudes de Hunk d'être grossier). Allura a été touchée ! Il faut qu'on rentre ! »
Bordel.
« Allez-y, ordonne Keith sans quitter le vaisseau de Lotor des yeux. Lance et moi on se charge de Lotor. »
Il évite sans problème les petits corps célestes qui volent autour de lui et entravent son passage. Lance et Lotor sont de plus en plus loin.
« Lance !
- Je gère je t'ai dit, t'inquiète », répond-il d'une voix affirmée, et Keith veut lui ordonner de revenir près du vaisseau, mais il sait qu'il doit attendre que la brèche se forme avant qu'il ne puisse le rappeler, afin d'éviter que Lotor ne les suive.
Ah, il n'aime pas l'idée que Lance s'éloigne si loin avec ce cinglé de Lotor à ses trousses.
« Pidge ! presse-t-il.
- Bientôt ! »
Keith serre un peu plus les mains contre les commandes.
« Hunk, comment va Allura ?
- Bien, lui répond-il d'une voix plus soulagée que tout à l'heure. Elle va bien. Le Lion Bleu est juste un peu cabossé, mais ce n'est rien.
- Ah ! Ils ont osé toucher à mon bébé !
- Lance, concentre-toi ! »
Bientôt, bientôt, bient-
AH !
Un violent fracas secoue le Lion de Keith. Sa tête cogne contre le dossier de son siège et pendant une seconde il a le souffle coupé à cause de sa ceinture de sécurité. Les lumières s'éteignent.
« Keith ! Qu'est-ce qu'il se passe !?
- Putain de merde... Tout va bien, on m'a juste tiré dessus », répond-il en toussant.
Il essaye de rallumer le Lion - mais rien n'y fait, il ne semble pas vouloir l'écouter.
« Bordel, allez quoi, rallume-toi.
- Keith, BOUGE ! »
Le vaisseau-mère de Lotor lui tire une seconde fois dessus, avec encore plus de puissance cette fois-ci. Le coup est si fort qu'il lâche les commandes.
« Le portail est ouvert ! annonce Coran. Dépêchez-vous ! »
Le cœur de Lance bat trop vite. Il ne fait même plus attention à Lotor – il lui passe devant à toute vitesse, évite un tir de justesse, et son Lion vient attraper celui de Keith pour le pousser dans la brèche.
Il y a une explosion de couleur, et puis Lotor se retrouve seul.
« Keith ? Keith ! Réponds-nous !
- Keith ! Tu nous entends ?
- Son casque est peut-être cassé ? Hein ? Ce n'est peut-être que ça ?
- Lance, tu vois quelque chose ?
- Non, attendez, il faut que je me rapproche... Ah, y'a trop de neige, j'arrive pas à aller plus vite...
- …
- Je... Ah ! C'est bon, je le vois ! Il est blessé, mais il semble respirer. Tout va bien ! Je m'occupe de lui, c'est bon les gars. »
« Keith ? »
Il l'a entendu arriver et l'a observé jusqu'à ce qu'il se tienne à côté de lui.
La bouche de Lance s'assèche et Keith cligne des yeux lorsqu'il voit ceux de l'autre briller d'un sentiment qu'il n'a encore jamais vu lui être adressé.
De la peur ? Du soulagement ?
Lance sourit.
« Putain, tu nous as fait peur, capitaine. »
Keith sourit à son tour. Sur le coup, il ne pense même pas à ronchonner suite au surnom qu'il vient d'employer. Merde, hein.
« Ça va, je vais bien, lui dit Keith en se redressant sur le sol de son Lion. C'est rien. »
Lance l'aide à parvenir jusqu'à un mur pour qu'il puisse s'asseoir dos contre la paroi.
« Bouge pas.
- Depuis quand tu donnes des ordres au leader de Voltron, toi ?
- Depuis que cet idiot s'est fait tirer dessus. »
Touché.
Lance fouille dans les boîtiers du Lion Noir, en sort une trousse à pharmacie, puis se rapproche de Keith. Il retire son casque pour venir le poser près de celui qui brun qu'il avait déjà enlevé avant qu'il ne le rejoigne.
Ce n'est rien de grave, son armure l'a protéger du plus gros. Mais il a néanmoins quelques éraflures sur le visage, et une plaie qui devient de plus en plus rouge sur le bras.
Du coin de l'œil, Keith remarque qu'il neige, derrière les vitres du Lion. Le paysage est d'un blanc immaculé parfaitement uni, et seuls leurs deux Lions contrastent avec le décor. Keith ressent un bref sentiment de répit et de quiétude. Il se demande si Lance éprouve la même chose.
Celui-ci lui retire le haut de son armure sans lui demander la permission, et s'occupe d'abord de son bras. L'entaille doit bien faire une quinzaine de centimètres, et d'un coup, le cœur de Lance s'accélère.
« Eh, calme-toi, c'est rien, lui dit doucement Keith en le voyant s'inquiéter.
- Je ne sais pas faire les points de suture. » Et ça semble alarmer Lance, parce que son cœur ne se calme pas, et que ses doigts se serrent contre les cotons et la lotion désinfectante.
« Eh, c'est rien Lance. Stop. Arrête ça.
- Ça quoi ?
- Arrête de t'inquiéter pour rien. Fais ce que tu peux, Coran fera le reste, ok ? »
Lance déglutit, et hoche vivement la tête avant d'entreprendre la désinfection de sa blessure. Keith grimace lorsque l'alcool glisse sous sa chair à vif, mais il prend sur lui pour ne pas l'inquiéter encore plus.
Au bout d'un moment, il voit Lance se mordiller la lèvre – et il le connaît trop bien pour savoir que quelque chose le tracasse, et qu'il n'est définitivement pas rassuré. Il lève un sourcil pour l'inciter à parler.
« Tu crois qu'on arrivera à vaincre Lotor ? » demande-t-il soudainement en levant les yeux du bras de Keith. Et derrière sa question, Keith en comprend une autre : « Tu crois qu'on retrouvera Shiro ? » Il fronce les sourcils avant de lui répondre :
« Pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? Tu doutes ?
- Non non, pas du tout ! s'exclame Lance en agitant sa main libre devant lui. Enfin, il est fort, ça c'est sûr (en disant cela, la pression du coton contre la blessure de Keith se fait plus forte), mais, je veux dire... Tu penses qu'on arrivera à le vaincre rapidement ? »
Tu penses qu'on retrouvera Shiro bientôt ?
« … Rapidement ? interroge Keith qui ne comprend pas tout de suite où il veut en venir.
- Oui, hum, enfin... c'est bizarre, mais, après tout ça, tu penses qu'on pourra redevenir comme avant ? »
Et Keith comprend.
« Tu as peur de ce qu'on deviendra après ? »
Et il sait que Lance ne parle pas que d'eux deux, de leur relation, mais aussi et surtout de toute l'équipe Voltron. Le plus grand a du mal à trouver quoi répondre. Il tousse un peu avant de lever les yeux vers Keith, presque coupable.
« Un peu. Je me suis habitué à cette vie, tu sais. »
Keith se redresse un peu plus et lui sourit, d'un sourire qui se veut rassurant, ce qui incite Lance à continuer :
« Et... C'est compliqué dans ma tête, parce que, tu vois... J'adore ce qu'on est devenu. J'adore jouer les super-héros de l'espace avec vous les gars. Mais... »
Keith sait déjà ce qu'il va dire.
« D'un autre côté, la Terre me manque. »
Beaucoup.
Et, au fond, Lance et lui sont un peu pareils. Ils ont peur de voir le passé se transformer en simple souvenir (comme une époque révolue à laquelle ils penseront pour le baume au cœur qu'elle procure), ils ont peur du lendemain, de ce que ça implique, ils ont peur de leurs responsabilités, et, mélangé à tout ça, ils ont peur de ne pas retrouver Shiro.
« Et, ah, c'est bizarre tu vois ? reprend-il en se grattant derrière la tête (et Keith connaît ce geste, Lance est gêné, et quelque part, il se dit que ça, cette habitude, malgré le temps qui passe, ça ne changera jamais). Mais tout se mélange dans ma tête en ce moment, et j'arrive plus à réfléchir à cause de tout ce qui nous arrive. Et je n'ai pas non plus envie de t'embêter avec mes histoires, parce que je sais que tout ce qui se passe t'affecte beaucoup, voire même plus que n'importe qui ici, et, enfin, là maintenant ce n'est sûrement pas le meilleur moment pour ça, mais, je- enfin tu vois quoi ? »
Il voit.
Et, au fond, Lance et lui sont un peu pareils.
Lance pose son coton tâché de sang sur le sol et, d'un geste tendre, il vient attraper la main de Keith. Et c'est à la fois bizarre et normal, parce que ce n'est pas le moment, ni même l'endroit, pour baisser sa garde, mais Keith se laisse faire, parce que c'est rassurant, et parce que c'est Lance.
Et Lance caresse le dos de sa main avec son pouce. Et il remonte un peu le chemin de son doigt, jusqu'à laisser une traînée de chair de poule sur l'avant-bras du brun, et il sent une petite bosse, comme une fissure qu'on aurait rebouché dans la peau de Keith. Et il caresse la mince cicatrice près de son poignet, et parcourt du regard les trois autres sur son bras, qu'il a appris à connaître au fil des mois. Et il regarde la plaie qui ne saigne plus autant avec un regard triste.
Il faudra s'habituer à celle-là aussi.
Sa main ne quitte pas la peau de Keith. C'est un contact doux et rassurant. Comme si, maintenant, il ne cherche plus à se rassurer lui, mais Keith.
« On retrouvera Shiro. Tu le sais, hein ? »
Ça sonne plus comme un vague espoir qu'une affirmation dans la bouche de Lance. Mais Keith lui en est reconnaissant.
Lance a bien grandi. Et il est si fort – et il est l'étoile qui brille dans l'univers terne de Keith.
Il hoche la tête. « Ouais. »
Lance sourit, et il enlace ses doigts dans les siens.
Keith a toujours été un être difficile à comprendre, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'en réalité, il est comme lui.
Ils se ressemblent plus qu'ils ne le pensent, et c'est peut-être pour ça qu'ils se comprennent si facilement.
« Tu aimes le thé ?
- Le... Quoi ? »
Ce changement brutal de conversation fait cligner Keith des yeux quelques instants avant qu'il ne se reprenne.
« Le thé, répète Lance en lui souriant.
- Je... Ouais, oui j'aime ça. Pourquoi ?
- Super ! Alors dès que tu seras soigné, je te propose un rendez-vous amoureux sur cette planète. Je ne sais pas si on va réussir à trouver un salon de thé comme sur Terre, mais je suis sûr qu'on trouvera quelque chose de cool ! »
Il-
Ah.
Les doigts de Keith se serrent un peu plus contre ceux de Lance, et- ah, Keith se met à rire.
C'est la première fois que Keith rit depuis la disparition de Shiro.
Et bon sang, Lance est si heureux.
Pidge a un petit sourire mutin. Elle rampe par terre, derrière un petit muret, ses genoux sont protégés de la neige par son armure. Devant elle, Hunk est à quatre pattes et lui renvoie son sourire. Elle essaye de lui faire comprendre son plan d'action par des gestes – autant dire que Hunk ne comprend rien à ce charabia. Lui a une idée bien plus nette : foncer dans le tas. Au départ, ça rebute un peu Pidge (mince quoi, c'est beaucoup trop simple).
Finalement, elle acquiesce. Et ils attaquent.
Lance n'a pas le temps de réagir lorsqu'il les voit sortir de nul part – et il se reçoit l'énorme boule de neige de Hunk en pleine tête. À côté de lui, Keith évite de justesse celle de Pidge qui pousse un cri rageur avant de battre en retraite en le voyant se préparer à lui en lancer une de sa seule main libre.
« Hunk ! On avait dit interdit aux alliances ! s'exclame Lance en secouant la tête pour se débarrasser de la neige de ses cheveux.
- Quoi ? Depuis quand ?!
- Depuis que je l'ai décidé ! » Et Lance se reçoit une seconde boule de neige en plein dans la tête. « Keith ! Qu'est-ce que tu fous ?
- Tu viens d'interdire les alliances, répond-il en haussant l'épaule sur laquelle son attelle ne repose pas.
- Mais- AH ! Non non non, toi et moi c'est différent !
- Eh ! intervient Hunk en le pointant d'un doigt accusateur. T'essayes de tricher !
- Mais pas du tout !
- Oh, je crois que si », acquiesce Keith.
Lance se reçoit de la neige dans la nuque – il se retourne vivement et voit Pidge avec une boule de neige dans chaque main. De l'autre côté, Hunk s'avance dangereusement vers lui, et Keith ne semble pas prêt à renoncer à se battre malgré sa blessure.
« Eh ! Vous n'avez pas le droit ! Bande de tricheurs ! Traîtres ! C'est une mutinerie ! À l'aide ! »
Ils attaquent tous en même temps – et, oh, ils sont trois contre un, c'est tellement injuste, mais, eh, qu'est-ce qu'ils jubilent de le voir crier et rire sous leur assaut.
Et bon sang, ça fait du bien de rire.
Juste... Rire. Et ne penser à rien d'autre qu'à Lance qui se fait attaquer par de la neige.
Peu importe ce qu'il se passera pour eux par la suite. Keith sait que le lien qui les unit est bien trop fort pour être détruit par le temps.
(Keith n'a pas réussi à avouer à Lance l'estime qu'il a de lui-même et ses insécurités perpétuelles.)
(Mais Lance l'a compris.)
(Et si Keith essayera toujours de rendre Lance plus fort, Lance, lui, tentera par tous les moyens de rendre Keith le plus heureux possible.)
