Et voici le tout dernier OS de ce petit recueil !
Celui-ci est plus court que les autres, parce que je n'ai pas jugé nécessaire de le rallonger. Et, omg, si vous saviez comme j'ai ADORÉ l'écrire. Too many feels. Vraiment. Je vous jure. Trop d'amour en moi. Et du fluff, encore et toujours.
(Encore une fois, si vous aimez lire avec de la musique, y'a Earth de Sleeping At Last qui est super cool.)
Disclaimer : Voltron: Legendary Defender appartient à Dreamworks.
Genres : Un tout petit peu de hurt/comfort, et de la romance (avec beaucoup, BEAUCOUP de fluff, parce qu'il n'y en a jamais assez).
Rating : K
Bonne lecture, on se retrouve en bas !
- 4 -
Automne
(Parfois, lorsque Lance se réveille tard dans la nuit, il lui arrive d'aller s'asseoir dans la salle de commande pour observer l'espace.)
(Parfois, lorsque Keith se réveille tôt le matin, il lui arrive de se retrouver seul dans leur lit.)
« Lance ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je regarde les étoiles. »
Et, secrètement, je cherche la Terre.
Peut-être qu'un jour, je la trouverai.
Et peut-être que je pourrai venir te réveiller au beau milieu de la nuit avec cette phrase, que je viendrai te chuchoter ou te crier à l'oreille : « on rentre à la maison ».
Lance parcourt du doigt le corps de Keith.
Son cou, ses épaules, ton torse, son ventre.
Et ses cicatrices. Elles habillent sa peau, comme des ornements narrateurs d'aventures et des témoignages tranchants du temps qui passe. Lance sourit presque à l'idée de toutes les connaître.
Il suit la ligne nette et dure de l'une d'entre elles jusqu'à son nombril, puis ramène sa main jusqu'à sa joue pour la caresser du pouce. Il poursuit sa caresse jusqu'à la lèvre inférieure du brun – et la bouche entrouverte de Keith s'étire en un sourire lorsqu'il sent le pouce de Lance en tracer le contour.
Lance sent un poids peser contre sa poitrine.
Voir le corps de Keith changer lui fait peur.
Le temps s'écoule-t-il aussi vite ici que sur Terre ?
« Je vais te dire un secret, chuchote malicieusement Lance dans le creux de l'oreille de Keith.
- Mh ? lui répond ce dernier en se rinçant les cheveux sous la douche qu'ils partagent.
- Sur ma liste du Top 10 Des Choses A Faire Quand On Rentrera Sur Terre, faire l'amour sous une douche terrienne arrive en septième position.
- Qu- Ah, dis pas des trucs comme ça ! »
Keith rougit furieusement et ça fait rire Lance.
« Et tu n'as même pas idée de ce qu'il y a en troisième position ! »
Keith aime voir le regard de Lance briller lorsqu'il se pose sur lui. Lorsqu'il lui a dit pour la première fois « je t'aime », et à chaque fois qu'il le lui dit depuis.
Il aime aussi voir son regard briller lorsqu'il est heureux – grâce à de simples petits bonheurs ou des explosions de joie.
Mais aussi, il aime voir son regard briller lorsqu'il lui parle de la Terre.
« … Keith ?
- Mh ?
- C'est quoi ton plat préféré ?
- … Je sais pas.
- Quoi ?! Tu ne sais pas ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- Keith bon sang, c'est super important !
- Et en quoi ça l'est ?
- Un plat préféré, ça défini ta personnalité, ça en dit plus sur tes goûts... Enfin je sais pas, ça fait parti de toi !
- Tu me fais chier Lance.
- … Et puis mince quoi, comment je vais faire quand on rentrera sur Terre ? C'est compliqué d'inviter son copain au resto quand on ne connaît pas ses goûts.
- … Quoi ?
- Eh, je vais pas t'emmener dans un fast-food si ton plat préféré c'est les makis végétariens, tu comprends ?
- Tu te poses beaucoup trop de questions, Lance.
- Arrête, c'est super important. Et puis, me dit pas que la bouffe terrienne ne te manque pas.
- …
- AH ! Tu vois ?
- … J'aime bien les quesadillas. »
Le cœur de Lance bat trop vite – ah, bien trop vite bordel, il a les mains qui tremblent et la respiration saccadée.
Bordel.
Son Lion Bleu vient d'atterrir mais il n'ose pas lâcher les commandes, comme s'il avait peur de laisser partir cette sensation, ce moment qui ressemble à un rêve fou.
Il ne voit pas Keith sortir de son Lion et il est persuadé que ce dernier l'attend avant de poser un pied sur Terre.
La Terre.
Au loin, le Soleil se couche. C'est une fin d'après-midi d'automne, et pour la première fois depuis des années, il voit le Soleil se coucher pour lui prouver qu'enfin, la journée est terminée. Le Soleil, le vrai. Leur Soleil. Ses rayons l'éblouissent à travers la vitre de son vaisseau, mais il n'arrive pas à détourner les yeux.
Sous le ciel aux teintes roses et violettes, l'herbe verte de la plaine brille et les feuilles mortes des arbres volent et traversent ce paysage d'aquarelle, rajoutant des touches d'orange et de doré qui se mélangent aux dégradés des couleurs de l'automne.
C'est si beau.
Comme pour l'inciter à y aller, la porte du Lion Bleu s'ouvre d'elle-même, et une brise fraîche s'engouffre dans le vaisseau.
Ouah.
Lance retire son casque et son armure.
Et, presque solennellement, il pose un pied nu sur l'herbe de la Terre.
Ah.
Si frais. Et si doux.
Il entend la porte du Lion Rouge s'ouvrir – Keith n'a retiré que son casque, et il lui sourit.
Et-
Ouah.
Il y a le vent qui ébouriffe les cheveux de Lance, l'herbe fraîche qui lui chatouille les pieds, l'aquarelle de couleurs du ciel et du Soleil au-dessus d'eux, les battements trop forts de son cœur, le tremblement de ses mains et de ses lèvres, et Keith qui lui sourit.
La Terre est si belle.
« Tu crois qu'un jour on reverra la Terre ?
- Évidemment. Pourquoi, pas toi ? »
(Keith ne répond pas, se contentant de hausser les épaules.)
« Évidemment qu'on la reverra. Je compte bien te présenter à mes parents coûte que coûte, et crois-moi, tu n'y échapperas pas ! »
(Ça les fait sourire tous les deux.)
« On est rentré. »
Ça sonne presque irréel dans sa bouche.
« On est rentré », répète-t-il, comme pour s'assurer que tout ça est bien réel.
Une feuille morte vient s'accrocher dans ses cheveux en bataille, et il rigole, et il répète encore une fois :
« On est rentré à la maison ! »
Et il attrape les mains de Keith – et il l'entraîne dans une ronde, comme dans les comédies romantiques que son petit frère aimait regarder en cachette (et c'est cliché, oh tellement cliché, mais c'est si bon). Les feuilles mortes craquent sous ses pieds nus, et il regarde Keith grimacer qui essaye de ne pas lui marcher dessus avec son armure, et ça le fait rire encore plus.
Et ils tournent, tournent, tournent, jusqu'à ce que le sol se mette à bouger sous leurs jambes et qu'ils vacillent, et que Keith rattrape Lance de justesse avant qu'ils ne tombent tous les deux.
« Ah putain Lance ! »
Et ça fait encore plus rire Lance de voir Keith s'énerver pour de faux.
« Ça te fait rire ? Idiot. » (Et Keith n'est pas crédible, parce qu'il n'arrive pas à cacher le mince sourire qui se forme sur ses lèvres.)
Ils ont arrêté de tourner et ils restent là, au beau milieu des feuilles mortes qui volent autour d'eux – Lance a les yeux fermés, Keith a les siens rivés sur Lance.
C'est si bon.
« Tu vas pleurer ?
- Quoi ? Non ! s'exclame Lance.
- Si, répond Keith. T'es en train de pleurer, là.
- Arrête de dire des conneries, je ne pleure pas, dit Lance en s'essuyant les yeux d'un coup de main. Pourquoi je pleurerais, d'abord ? »
Et ça le prend d'un coup, parce que ça semble normal : Keith s'approche de lui et le sert dans ses bras. Même après toutes ces années, c'est si rare que Keith prenne le devant pour ce genre de choses. Mais aujourd'hui, c'est normal de le faire. Aujourd'hui est un jour spécial.
Lance est plus grand que lui mais il blottit quand même sa tête dans le cou du brun, et ce dernier sent des larmes couler sur sa peau. Mais il décide de ne pas en rajouter et ne dit rien. Il pose sa joue contre la tête de Lance, il a ses cheveux contre son nez.
C'est une odeur à la fois familière et nouvelle - une odeur de Lance et de feuilles mortes.
À un moment, il l'entend renifler, et il vient caresser ses cheveux.
Ce ne sont pas des larmes de tristesse, alors il sourit.
Et ils restent là, debout dans l'herbe de la plaine, sous le regard bienveillant de leurs Lions et du Soleil qui se couche, Lance dans les bras de Keith, la brise fraîche de l'automne s'infiltrant sous le tee-shirt de Lance et ses larmes salées qui coulent dans l'armure de Keith. Et les feuilles des arbres se détachent de leurs branches et meurent autour d'eux, pour laisser la place à de nouveaux bourgeons lorsque le printemps viendra.
C'est à la fois doux et puissant. Tendre et violent.
« Keith. »
Lance se dégage de son cou, essuie le reste de ses larmes, prend les mains du brun dans les siennes et le regarde en souriant.
« Ça y est, dit-il finalement. Je vais enfin réaliser la toute première chose que j'ai placé en première place dans mon Top 10 Des Choses A Faire Quand On Rentrera Sur Terre. »
Keith met quelques secondes avant de se rappeler de ce fameux Top 10, et il se met à rire.
« Et que se trouve donc en première place ? lui demande-t-il, à la fois curieux et amusé.
- T'embrasser, pour la toute première fois sur Terre », répond alors Lance en se penchant vers Keith, sans lui lâcher les mains.
Avec un sourire, il pose ses lèvres sur les siennes – délicatement, comme si c'était la première fois, et il ferme les yeux. Et il sent les lèvres de Keith former un sourire contre les siennes.
C'est doux et puissant. Tendre et violent.
Et il prend son temps, car rien ne presse.
Il a toute la nuit devant lui pour réaliser la fin de son Top 10, et toute la vie devant eux pour profiter de ce qu'ils ont envie d'appeler « leur nouvelle aventure ».
.
« Des quatre saisons, c'est l'automne qui te manque le plus ? »
Keith regardait toujours Lance, assit en tailleur sur son lit, son masque d'argile sur le visage et sa serviette dans les cheveux.
« Je crois, ouais. C'est bizarre hein pour un gars du Soleil comme moi ? En vérité, j'ai toujours préféré l'été. Tu sais, la chaleur, la plage, les filles... (Il lança un clin d'œil séducteur à Keith qui leva les yeux au ciel.) Mais la première fois que je suis entré à la garnison, c'était en automne. J'y allais pour réaliser mon rêve, et... Tout ça, l'ambiance spéciale que cette saison dégage, je crois que c'est resté. Puis, je trouvais qu'il y avait quelque chose de beau et de poétique dans l'automne. Les feuilles qui tombent, comme pour marquer la fin d'un temps et le début d'une autre vie, tu vois ?
- Je vois. »
Lance souriait, rêveur.
« Ouais, c'est la saison qui me manque le plus. C'est celle qui me faisait sentir à ma place. Chez moi. »
Ils restèrent ainsi, sans parler, pendant un petit moment ; Lance, à regarder les étoiles par le hublot, et Keith, à le regarder lui.
« J'ai hâte de rentrer à la maison », dit alors Lance au bout de quelques minutes. Il n'y avait aucune tristesse dans sa voix. Juste... de l'espoir. Et un bonheur, immense, en pensant à cette Terre qu'ils avaient perdue.
Et Keith sourit à son tour.
Lui n'avait pas de saison préféré, parce qu'aucune ne lui faisait se sentir chez lui.
Il n'y avait que Lance qui avait ce pouvoir-là.
Fin
Et voilà, c'est fini !
Ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit, et réécrire subitement m'a fait réaliser à quel point ça m'avait manqué et à quel point j'aimais ça. Alors bon, même si avec mes cours c'est un peu compliqué, j'espère qu'on se retrouvera sur le fandom de Voltron, ou même sur un autre héhé (ou bien, qui sait, je me lancerais peut-être enfin dans l'original ? Depuis le temps que j'en ai envie !).
Je suis contente d'avoir pu exploiter plusieurs aspects de ces deux personnages et de leur relation grâce à ce recueil, alors j'espère que vous l'avez apprécié autant que j'ai aimé l'écrire. C:
Sur ce, à bientôt !
Awaix
(Vous trouvez pas que le fandom français manque énormément de Sheith ? Moi si. Et c'est très triste. S'il-vous-plaît, écrivez du Sheith 8D)
