Tous les kages étaient déjà installé avec leurs gardes du corps quand Kakashi entra suivi de la reine. Elle n'avait pas dit un mot depuis son arrivée, le général parlait assez pour deux. Sur le pas de la porte elle fit signe à sa suite de s'arrêter et n'autorisa que quatre personnes à la suivre sans prononcer un mot. Quelle femme étrange... Qu'avait-elle à cacher ? Il pouvait comprendre qu'elle ne voulait pas dévoiler son apparence au grand public étranger, mais pourquoi ne prononçait-elle aucun mot ? Elle ne semblait pas représenter un potentiel danger et c'est ce qui le dérangeait le plus. Quelque chose clochait. ça ne lui plaisait absolument pas.
-Godaime hokage, godaime mizukage, yondaime raikage, sandaime tsuchikage, salua respectueusement Shinji.
La reine les salua d'un hochement de tête tandis que l'homme et les deux femmes à ses cotés s'inclinèrent respectueusement. Les dirigeants étaient réparti autour d'une large table circulaire, percée en son centre.
-Et à qui appartient ce jolie minois ? susurra Meï.
Kakashi esquissa un sourire. La mizukage ne perdait décidément pas le nord, éternelle célibataire toujours à la recherche d'un cou fait de chaire fraiche et tendre autour duquel elle pourrait faire passer la corde.
-Je suis Shinji Ohno, le général des armées de sa majesté, sourit-il gêné. Voici son altesse royale, Kuichi Matsumoto, le chef de sa garde, Yuko, son assistante personnelle et Aya Nagato, notre ministre des affaires étrangères.
Tous s'essayèrent sauf Shinji et Kuichi qui restèrent debout derrière la chaise de la reine. Le garde du corps était tout le contraire du général: austère, tout en muscles, aussi grand que large, le regard aussi froid que le désert sibérien. Il les observait sans ciller, conscient du moindre mouvement. Kakashi trouvait qu'il ressemblait à un ours géant affamé, aussi poilu qu'impressionnant.
L'assistante personnelle de la reine, Yuko, avait des allures de jeune fille chétive. Elle avait approché sa chaise le plus possible de la souveraine, tenait sa tête baissée, et essayait de cacher, en vain, son visage derrière ses longs cheveux nacrés. Armée d'un stylo et d'un carnet, elle commença à noter frénétiquement avant que quiconque ouvre la bouche.
La ministre se tenait droite. Son visage était un parfait masque de glace, aucune émotion ne la trahissait. De courts cheveux noirs encadraient son visage hautain.
-Nous avons été surpris par votre initiative altesse, commença le tsuchikage. Personne n'a plus entendu parler de votre royaume depuis le décès de votre prédécesseur.
La reine ne bougea pas.
-Notre royaume est très calme et prospère depuis quelque années, répondit la ministre. Le pays a été réunifié sous le commandement de sa majesté. D'après nos sources, une grande guerre a été déclaré dans votre monde il y a deux ans. Je suppose que vous aviez mieux à faire que prendre de nos nouvelles.
-C'est exact. Puis on ne peut pas dire que les relations entre nos pays étaient étroite lors du règne du ronin. Je serai curieux de savoir ce qui vous amène.
Kakashi regarda Tsunade. Il n'avait jamais entendu parler de ce ronin, ni même du royaume avant le mois passé, quand il avait reçu la lettre à propos de leur visite.
La Sanin lui avait expliqué qu'il s'agissait d'un pays caché. Personne ne savait vraiment où il se trouvait. Des hybrides avaient trouvé ce lieu paisible et décider d'un construire une ville où tous seraient accepté et où il n'y aurait plus de persécution.
Kakashi ne connaissait pas grand chose sur cette ethnie. Tout ce qu'il savait, c'était que ce peuple n'avait jamais été accepté, ni par les démons qui les méprisaient, ni par les humains qui les craignaient. Ils étaient traqué et tué depuis leur naissance à cause de leur origine, leurs capacités et non de leurs actes. Ce peuple avait beaucoup souffert et ne se mêlait presque jamais aux conflits de ses voisins. Ils restaient dans leur coin, ne demandant que de les laisser en paix. Si pour une fois ils avaient décidé de se mêler aux autres, c'était à cause de quelque chose d'important, et ça ne devait pas être bon signe.
-Et moi je serai curieux de voir le visage de votre dirigeante, répliqua le raikage. Vous n'êtes pas là pour une visite de courtoisie. La moindre des choses avant de commencer les négociations serait de nous montrer votre tête. Sans cela j'aurai du mal à vous accorder ma confiance ou du sérieux puisque vous ne daignez ni nous montrer du respect ni parler...
Le rokudaime soupira. Le raikage était vraiment incapable de se contrôler et agir avec tact. Il était loin d'être stupide mais se comportait trop souvent de manière irréfléchi et impatiente.
Il peut vraiment être pire qu'un gosse parfois
-Raikage, s'exclama Meï agacée. Ce ne sont pas des façons de parler à une femme
-Laissez le donc s'exprimer mizukage, dit la reine. Si c'est là la seule chose qui vous dérangeait vous auriez du me le dire plus tôt.
Les hokages se figèrent. Cette voix... Comment était-ce possible ?
La reine enleva sa cape. Ses longs cheveux noirs tombaient en cascade dans son dos, elle portait une robe majestueuse en dentelle pourpre, sa bouche peinte de rouge s'étirait dans un sourire amusée, ses grands yeux couleur d'obsidienne et profonds comme le Styx pétillaient devant leur réaction.
Kakashi la contemplait désemparé. Incapable d'amorcer le moindre mouvement, son corps ne lui obéissait plus. Son esprit n'assimilait pas ce qui se passait. Tout lui paraissait brumeux, ses oreilles sifflaient et ses membres semblaient fait de cotons. Il resta paralysé, nauséeux, la respiration lourde. Son coeur s'emballa et il sentit l'angoisse parcourir chaque parcelle de son être. Tout ce qu'il entendit pendant quelques minutes était le son de son sang battre frénétiquement contre ses tympans.
Je dois encore rêver...
-Tsunade ? Kakashi ? s'enquit Gaara. Tout va bien ?
-J'espère ne pas trop vous avoir effrayé Tsunade-sensei, Kakashi-Kun, rit-elle. On croirait que vous avez vu un fantôme.
-Qui êtes-vous ? demanda le kazekage.
Elle sourit, se pencha sur la table en lui tendant une main avant de déclarer sur un ton presque enfantin:
-Ayumi Uchiha, pour vous servir.
Tous écarquillèrent les yeux tandis qu'elle reprenait place. Un silence s'installa avant que le raikage crie:
-Comment osez vous venir jusqu'ici pour vous moquer de nous ! Il ne reste qu'un seul Uchiha vivant.
Une ombre passa dans les yeux de la dirigeante. Sa machoire se crispa et elle lui répondit dédaigeuse:
-Il semblerait que ce ne soit pas le cas.
-Est-ce qu'elle dit la vérité ? demanda Meï à Tsunade.
Cette dernière acquiesa doucement.
-Il y a longtemps que nous n'avons plus eu de tes nouvelles, Ayumi-chan. Nous pensions que tu étais morte.
-Oh vous savez ce que c'est, sourit-elle. Entre la reconquête du royaume, les tentatives de viol du ronin et mon couronnement, je n'avais pas vraiment le temps ni l'envie d'écrire au sandaime.
Kakashi ne dit rien, encore sous le choc, émergeant peu à peu. Son sang se glaça quand il comprit le sens de sa phrase. "Les tentatives de viol du ronin" c'est donc comme ça qu'ils l'avaient traité... Il sentit une colère noire le prendre aux tripes. C'est donc ça le destin qu'on lui avait offert... Celui d'une reine considérée comme une catin ? Il ne s'y attendait pas à celle-là. Quand il avait imaginé leurs possibles retrouvailles, c'était en tant que ninja ou garde du corps, pas en tant que souveraine. Il aurait été logique que l'ancien roi la nomme à un poste de combattante. Elle avait été une ninja redoutable, crainte et ingénieuse. Comment avait-elle fait pour devenir reine ? L'avait-il forcé à l'épouser ? Pourquoi avait-elle demander cette rencontre ? Elle voulait voir la tête qu'il ferait quand elle leur déclarerait la guerre et récupérait son frère ? Il n'était pas prêt pour ça. Le pays s'était à peine remis du traumatisme de la guerre. Tant de personnes y avaient laissé la vie...
C'est le destin de tout shinobi... Passer sa vie à se repentir de ses péchés et mourir en protégeant son village
Il ne pouvait pas la laisser faire ça. Même si elle était dans ses droit... Sandaime l'avait vendu afin d'éviter une guerre. Au lieu de prendre ses responsabilités, il les avait déchargé sur une adolescente. Elle avait accepté sous la condition qu'il protège ses frères. Qu'avait-il fait ? Il avait envoyé Itachi tuer tout son clan et laisser son ancien élève tisser une toile autour de Sasuke. Kakashi devait lui parler, la raisonner, éviter un nouveau bain de sang. Si ça pouvait l'aider, il lui offrirait même la tête des deux anciens sur un plateau. Ayumi était une femme raisonnable et elle aimait son frère plus que tout. Jamais elle n'irait contre ses intérêts et ça impliquait ne pas détruire Konoha. Il commençait à respirer un peu plus facilement mais les battements de son coeur ne se calmèrent pas.
-Enfin, reprit-elle. Je ne suis pas ici pour parler de mon passé ou ce qui me liait à Konoha.
La gorge sèche, il se redressa prêt à intervenir. Les nerfs à vif, la pression à son comble, les muscles tendus, chacun de ses mouvements accaparait son attention, de ses mains, si habile, capable d'adresser autant de coup fatale à l'ennemi, que de lui arracher des gémissements de plaisir, à ses yeux, le reflet de son âme, la seule chose qui pouvait lui montrer ses véritables sentiments, en passant par ses jambes croisées en dessous de la table, pas très longues, puissantes et parfaitement galbées, il pouvait encore les sentir se serrer avec force autour de ses hanches. Tout en elle était capable autant de douceur que de destruction. Elle était à couper le souffle comme à son habitude.
Ton ex est peut-être là pour tous vous tuer et toi tu pense à vos anciennes parties de jambes en l'air. Imbécile.
-Qu'est ce qui t'amène alors ? Demanda Tsunade
-Un pacte avec votre alliance.
-Tu ne souhaite pas détruire le village ? Demanda Kakashi incrédule.
-Pourquoi voudrais-je le détruire ? Sourit-elle. Parce que Konoha a détruit mon clan, la vie de mes frères et la mienne ?
Elle leur jeta un regard venimeux. Kakashi baissa les yeux et eu du mal à avaler sa salive.
-Nous n'étions pas au courant avant de prendre la fonction de hokage, commença Tsunade blessée.
-Je sais, la coupa la jeune Uchiha. Nous en parlerons plus tard.
-En quoi consisterait ce pacte ? Demanda la mizukage.
Ayumi tourna son visage vers sa ministre et lui fit signe de prendre la parole.
-Nous aimerions conclure un pacte de paix et d'entraide durable. Nous nous protégerions les uns et les autres en cas de guerre, nos populations sur vos territoires seraient répertoriées et protégées. Nous voudrions mettre un terme à leur persécution.
-Votre population ? Demanda le raikage.
-Oui, principalement des hybrides, moitié humain et moitié démon, avec des capacités particulières...
-Je ne me souviens pas avoir entendu parler d'une telle population dans nos pays.
-Les villageois les confondent la plupart du temps avec des ninjas possesseur de kekkei genkai, ajouta Ayumi. C'est parfois difficile de faire la différence.
Le rokudaime avait déjà eu l'occasion d'en rencontrer quelques uns dans le pays.
-Ils sont peu nombreux et sont persécutés par vos humain malgré leurs efforts pour rester discret, reprit Aya légèrement agacée par son manque de connaissance. Le pacte pourrait également instauré des voies de commerce entre nos pays.
-Je ne vois pas en quoi ça nous serait profitable, dit le tsuchikage.
-Nous pourrions vous le montrer, proposa la reine.
-Et comment ? Demanda Tsunade.
-En guérissant Gaï Maito et Neji Hyuga.
Tous la regardèrent surpris. Décidément... Certaines choses ne changeaient pas. Neji* avait survécu au combat grâce à l'invocation de Sakura. Tsunade avait tout fait, aidée par ses disciples pour le soigner. Il était plongé dans un coma depuis deux ans et son état restait stable. Hinata avait refusé et lutté contre son père pour qu'on ne le débranche pas. Son rétablissement était peu probable. Gaï lui avait brisé ses jambes en ouvrant la quatrième porte. Ce qui restait de ses os ressemblaient à un puzzle. Ils avaient été incapable de tout fixer.
-Nos techniques médicales sont plus avancées que les vôtres, dit la ministre. De même que certains types d'armes et la technologie en générale. Je dois dire que je n'ai vu aucun téléphone portable depuis notre arrivée.
-De quoi? demanda le raikage
-Oh Kami..., souffla-t-elle tandis que la reine riait. Chaque partie serait gagnante.
-Pourquoi vous ferait-on confiance ? demanda Meï. Vous avez toutes les raisons de vouloir détruire notre monde d'après ce que je sais.
-Mon frère vit dans ce village, reprit Ayumi. Tant qu'il y est et que vous ne nuisez pas à ses intérêts je ne serai pas une menace.
-Pourquoi devrions-nous conclure un pacte avec vous ? Demanda le tsuchikage. Je ne pense pas que vous ayez fait tout ce voyage en sachant que nous pourrions refuser. Vous étiez réputé être une stratège imparable en plus d'être une tueuse d'exception. J'aimerai savoir quelles cartes vous avez en main.
-Bien. Ces informations devraient rester confidentielles pour l'instant. Il est inutile de...
La porte s'ouvrit brusquement. Ayumi se tût tandis que Shikamaru avançait vers Kakashi.
-Kakashi-sama, nous avons un problème.
Le sixième soupira. -ça ne peut pas attendre ?
-Je crains que non...
Il leva les yeux vers elle, hésitant.
-Je ne vais pas m'enfuir, dit-elle. Je suppose que nous pouvons reprendre cette réunion demain ?
Les dirigeants de l'alliance acquiescèrent et Kakashi suivit Shikamaru en pestant à voix basse.
A croire que vous vous amusez à me rendre fou, Kami-sama
Arrivé dans son bureau, le hokage demanda à son conseiller ce qu'il y avait de si important.
-Nos frontières sont attaquées.
-Qu'est ce que tu voudrai manger ce soir ? demanda Sakura.
Sasuke lui lança une œillade noire.
-Depuis quand ce que je désire t'intéresse ? répondit-il acide.
-Je pensais faire du riz au curry, dit-elle comme si elle n'avait pas entendu.
Il ne répondit rien et fusilla du regard les deux jounins qui le fixaient depuis plusieurs minutes. Ils se retournèrent tout deux d'un seul mouvement, mal à l'aise. De toutes les choses qu'elle aurait pu lui demander, il fallait que ce soit celle qui le répugne le plus: sortir parmi les civils. Sa présence ici était tout à fait futile. Ne sachant pas cuisiner, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait acheter.
Tu dois apprendre, je te rappel que tu n'es même pas capable de faire des onigri. Itachi, lui qui était un cordon bleu, doit se retourner dans sa tombe quand tu rentre dans la cuisine
En plus pensa-t-il en ignorant la petite voix agaçante, Sakura, dotée de la force herculéenne de son maître, n'avait pas besoin de l'aide de son seul bras valide pour porter les courses jusqu'à l'appartement. Cette situation n'avait pas lieu d'être.
La vérité était que Sasuke n'avait jamais aimé attirer l'attention. Personne n'avait oublié son passé, et si par malheur il ne s'en souvenait plus, les œillades le lui rappelleraient à l'instant. Tous ses regards craintif le mettaient mal à l'aise, ils lui renvoyaient toutes ses erreurs au visage. Peu importe ce qu'il fasse, il serait toujours un paria, le dernier maudit Uchiha.
Une touffe blonde le sortit de ses pensées. Il croisa le regard surpris de son meilleur ami avant de le poser sur la rose.
Flash-back
-Je comprends toujours pas ! Qu'est ce qu'elle a de plus que moi ?
Sasuke soupira.
Depuis qu'il avait annoncé à Naruto son départ, son meilleur ami n'arrêtait pas de lui poser des questions. Par moment, il ressemblait à une petite amie jalouse et râleuse. L'Uchiha ne savait plus quoi faire. Sa première approche consistait à lui faire comprendre qu'étant un futur marié, il devait passer plus de temps avec sa fiancée et lui ne voulait pas les déranger. Le blond lui avait répondu que ça ne les gênaient absolument pas. Sa seconde approche avait été de devenir envahissant afin qu'ils veuillent de voir partir, mais Naruto en avait été fou de joie. Sa troisième approche avait été de passer son temps à se plaindre de tout et de rien à propos de leur colocation, mais Naruto en riait.
Quoiqu'il lui dise pour justifier son déménagement, son ami en serait blessé, et lui dire la vérité n'était pas une option. Hinata passait énormément de temps chez eux, chose toute à fait normale, mais leur vie sexuelle l'empêchait de dormir à présent. Presque chaque soirs, leurs gémissements, et le vacarme que faisant leur sommier pendant l'action, le réveillait.
Désespéré, il en avait parlé avec Shikamaru pour voir si il avait une solution. Son plan ne lui plaisait absolument pas mais il était à bout. Tout ce qu'il souhait c'était pouvoir dormir en paix.
-Une foutue paire de sein ! lui avait-il rétorqué.
Un silence digne de celui d'une tombe s'abattit sur le salon. Le jeune blond le regardait effaré. Sasuke se sentit rougir mal à l'aise.
-Elle... Elle te plait ? bégaya-t-il.
Il savait que cette idée stupide allait lui retomber dessus tôt ou tard. Il le savait parfaitement ! Il pouvait déjà apercevoir une situation gênante, des ennuis et peut-être même des coups lui tomber dessus. Mais tant pis, le manque de sommeil l'empêchait de penser tout à fait rationnellement. Il voulait juste en finir.
-Oui.
Fin flash-back
Le sourire éclatant que lui lança son meilleur ami en les croisant au magasin le refroidit.
-Sakura-chan, Sasuke ! cria-t-il.
Hinata et Sakura se retournèrent instantanément. Aucune des deux n'avait remarqué l'autre duo. Sasuke s'éloigna.
Sakura cherchait les carottes pour pouvoir préparer son kare aizu** de retour à l'appartement, Sasuke derrière elle râlait. Elle avait réussi à le faire venir après l'avoir menacer de ne pas cuisiner. Si il y avait bien une chose dans laquelle il était exécrable c'était en cuisine.
Trainant les pieds, il l'avait suivi avec une expression à glacer le sang jusqu'au magasin. Les civils n'osaient même pas le regarder ce qui empira sa mauvaise humeur. Elle sentait à quel point cette situation le pesait. Depuis son retour, il avait tout fait pour être digne de confiance mais personne n'avait vraiment oublié. Sa collaboration pendant la guerre n'avait pas effacé son image de traitre et de déserteur du village.
-Sakura-chan, Sasuke !
Elle jeta un coup d'œil, surprise, par dessus son épaule et aperçu Naruto venir dans leur direction en tenant la main d'Hinata. Ils se saluèrent avec enthousiasme, sauf Sasuke qui dans son coin n'ouvrit pas la bouche. Elle eut même l'impression qu'il se renfrogna encore plus alors qu'il s'éloignait.
-Alors qu'est ce que vous faîtes ici ? Sourit Naruto avec une voix trop aigu et un ton rempli de sous-entendu.
-Nous achetons de quoi faire à manger ce soir. Que voudrais-tu qu'on fasse dans un supermarché? demanda-t-elle agacée.
-Comment se passe votre colocation ? s'enquit Hinata.
-Bien, sourit Sakura. Sasuke est quelqu'un de relativement facile à vivre.
-Il n'en a pourtant pas l'air aujourd'hui.
Elle se tourna vers son coé pamplemousse en main, il semblait être occupé à élaborer un meurtre
-On a tous nos mauvais jours, rit-elle.
-ça me rassure, sourit Hinata tandis que Naruto le rejoignit en gesticulant bruyamment. Je t'avoue que j'avais un peu peur que les choses dérapent.
Sakura rougit en repensant aux évênements de la veille.
Flash-back
La jeune Haruno essayait de préparer du caramel. Ino lui avait conseillé la recette d'une tartelette au caramel qu'elle avait mangé chez Choji. Sakura était douée en cuisine mais n'avait jamais réussi à faire un caramel correct. Elle pensait qu'aujourd'hui serait la bonne, jusqu'à ce que Sasuke sorte de la salle de bain torse nu.
-Tu aurais pas vu où j'ai laissé mes shurikens? demanda-t-il.
Des gouttelettes d'eau s'échappaient de ses cheveux encore humide et glissaient lentement sur sa poitrine. Son torse nacré était parfaitement dessiné, quelques fines cicatrices venaient complété le décor mais ne lui enlevait aucune beauté au contraire. Elle était hypnotisé par la course de ces petites perles d'eau de sa nuque à sa chute de rein, jusqu'à ce qu'une odeur de brulé la ramena sur terre.
-Merde !
Elle éteignit le feu en vitesse, attrapa la poile, le manche chaud lui brula la main et elle le lâcha dans l'évier avec un cri. Des cloches étaient déjà en train de se former sous sa peau meurtri.
-ça va ? s'enquit Sasuke en prenant sa main.
Il ouvrit le robinet et la passa sous l'eau froide. L'opération aurait du l'apaiser mais elle avait l'impression que l'endroit où il la touchait brulait encore plus que le métal. En plus étant plus que consciente de sa semi-nudité, elle n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'il lui disait. Il était si proche. Ce qu'elle aurait donné pour passer ses mains et sa langue sur sa peau. Il dégageait un tel magnétisme...
-Tu devrais faire plus attention. Elle ne put formuler aucune réponse cohérente et décida de se taire, l'admirant en silence. Ses longues mèches noires encadraient son visage parfaitement ciselé, les sourcils froncés il inspectait méticuleusement l'état de sa main. Une légère ride d'inquiétude barra son front.
Il déposa sa main, lui indiqua de la laisser sous l'eau et disparut dans la salle de bain. Il revint avec une crème pour les brulures.
Ayant repris ses esprits et évitant de regarder son torse pour les garder, elle lui dit:
-Tu sais que je suis médecin ? Je n'ai pas besoin de ça. Il me suffit d'utiliser mon chakra pour...
Sans lui accorder plus d'attention, il ouvrit le récipient avec ses dents et enduit la paume de la main de Sakura avec la crème, et la massa délicatement, s'efforçant de ne pas lui faire mal.
-Je n'en vois pas l'intérêt. Tu as passé une journée de travail épuisante à l'hôpital, inutile de puiser encore plus dans tes réserves de chakra quand je peux m'en occuper.
Elle ne dit rien, trop surprise. Il lui arrivait d'oublier à quel point Sasuke avait changé. Ce n'était plus le même homme brisé qu'il y a quatre ans. Il avait changé, était devenu plus attentif et prévenant auprès de ses amis. Les sentiments qu'elle avait cru oublier était revenu au galop. Elle aimait encore plus le nouveau Sasuke et leur relation, même si elle n'était qu'amicale. Elle savait qu'elle pouvait compte sur lui.
L'Uchiha déposa sa main sur le plan de travail et revint avec de la gaz. Il tenta de repousser une de ses mèches de ses yeux, s'étala de la crème sur la joue. Il lâcha un soupir exaspéré. Sakura sourit. Avec seulement un bras, Sasuke était presque parfaitement autonome, chose qui ne lui convenait pas. Il avait horreur de devoir compter sur les autres même pour les choses les plus futiles. C'est pourquoi il avait finalement accepté la greffe avec les cellules d'Hashirama. L'opération aurait lieu quinze jours plus tard.
-Attends, dit-elle. Tu t'en es mis partout.
Il l'observa lever sa main valide vers sa joue avec un chiffon humide pour frotter sa joue, et décida de s'abaisser légèrement pour lui faciliter l'accès.
-Merci, souffla-t-il dans son oreille.
Un frisson la parcourut et elle tenta de lui sourire le plus naturellement possible comme si il ne la troublait pas.
-Bon, reprit-il. Je suppose qu'on va devoir commander. A part si tu souhaite mourir empoisonnée.
Ils rirent de concert. La seule fois où elle se rappelait l'avoir vu cuisiné, le plat ressemblait à une masse brune caoutchouteuse. C'était sensé être du chahan***, plat pourtant très simple. Même les chats et les chiens errant n'avaient pas voulu s'en approcher.
-Je pourrai t'apprendre si tu veux, dit-elle timidement.
Il lui lança un coup d'oeil surpris, et garde le silence quelque secondes tandis qu'il y réfléchissait.
-Pourquoi pas ? ça pourrait être amusant, sourit-il. Il vaut mieux attendre que ta main guérisse avant. Qu'est ce que tu préférai manger aujourd'hui? C'est moi qui offre, du moment que ce ne sont pas des ramens.
-Des sushi ! s'exclama-t-elle.
Sasuke sourit tendrement, ses joues se creusèrent et ses yeux pétillaient. Elle avait remarqué qu'il souriait beaucoup plus ce temps-ci mais elle était la seule à avoir droit à ce sourire spécial. Le genre de sourire qu'on donne à une enfant quand elle fait quelque chose de mignon, un sourire sincère et ému. Il prit son porte-feuille et s'apprêta à sortir.
-Sasuke !
Il se tourna vers sa colocataire qui les joues cramoisies n'arrivait pas à soutenir son regard.
-Tu devrai peut-être enfiler quelque chose avant de sortir.
L'Uchiha se sentit rougir et esquissa un sourire gêné en frottant sa tempe. Il se hâta de mettre un t-shirt avant de sortir et ne vit pas le sourire mi-attendri mi-amusé de sa coéquipière.
Fin flash-back
-Ne t'inquiète pas, rit Sakura. La situation est sous contrôle. Alors qu'est ce que tu as prévu pour la soirée de fiançailles ? C'est la semaine prochaine, non ?
-C'est aussi en partie pour ça que je suis ici. Je regardai les légumes de saison et réfléchissais à quel plat je pourrai faire, en plus de faire les courses. J'avais pensé de fêter l'anniversaire de Naruto avec tout le monde le même jour que la fête d'ailleurs. Son anniversaire est le lendemain. Il suffira d'attendre minuit. Qu'est ce que tu en pense ? C'est devenu si difficile de réunir tout le monde ces derniers temps...
Hinata soupira. Il est vrai que depuis la fin de la guerre ils s'étaient tous un peu éloigné malgré eux. De temps à autre il arrivait à se voir, comme pour l'anniversaire de Shikamaru et d'Ino, mais pas aussi fréquemment qu'avant. La jeune Hyuga était devenue professeure à l'académie, Sakura dirigeait un département de l'hopital, Ino avait sa propre équipe et Tenten son magasin.
-Oui tu as raison, soupira Sakura. Ce n'est pas facile concilié vie sociale et professionnelle surtout en temps de paix. Pendant la guerre ce n'était pas compliqué puisqu'on était tous sur le terrain. Le travail à l'académie se passe bien ?
-Oui ! Mes élèves sont adorables ! Il y a quelques garçons turbulents mais rien de méchant.
Sasuke et Naruto arrivèrent à leurs cotés, le premier semblait agacé et le second encore plus joyeux qu'à son arrivé, ils formaient vraiment un duo étrange. Ils parlèrent encore quelques minutes avant de se séparer. De toute manière, ils se reverraient bientôt.
Ayumi sautait de branches en branches, profitant de ses derniers instants de tranquillité, elle avait réussi à semer ses gardes du corps et se dirigeait vers le lac près du quartier Uchiha.
Les alentours n'avait pas changé. Elle retira sa cape et ses talons, n'ayant pas envie de faire semblant ici où elle ne craignait pas d'être reconnu. Personne ne venait de ce coté du village, excepté son petit frère mais Tsunade l'avait informé de son programme de réinsertion, bien qu'elle était déjà au courant ce que son maitre ignorait. Dès qu'elle avait appris la vérité, trois ans auparavant, après le décès d'Itachi, elle avait fait suivre son cadet par certains de ses hommes.
Remontant les pans de sa robe, elle s'approcha de l'eau et posa un pied à la surface. Elle concentra son chakra dans la plante de ses pieds et marcha sur l'eau jusqu'au centre du lac. C'était comme le vélo ou s'envoyer en l'air, on n'oubliait pas. Des poissons chat nageaient en dessous d'elle, intrigué par ce qu'il se passait.
Elle finit par s'arrêter et prendre un instant pour admirer ce qu'il y avait autour d'elle.
Son nez lui piqua et elle sentit les larmes embuées ses yeux. Jamais elle n'aurait cru pouvoir rentrer même si elle s'était accroché à cette idée pendant toutes ces années. Nombreuses furent les fois où elle pensa mourir avant de pouvoir s'en aller. Sa respiration était lourde. Tout était tellement familier ici. Tant de souvenirs étaient rattachés à ces lieux. Elle pouvait encore entendre les plaintes d'Itachi quand elle lui donnait des cours de Taijutsu sur la rive, les exclamations impressionées de Sasuke quand ils lui avaient appris à utiliser le balsamine katon, ou les histoires que lui racontait Shisui, enjoué, quand il passait devant pour rentrer.
Son coeur lui serrait tellement. Elle aurait voulu pleurer et hurler jusqu'à ce que la douleur cesse, et sa colère s'atténue. Mais elle savait que ça ne fonctionnait pas comme ça... Pourquoi avait-il fallu que ça arrive à son clan, à sa famille? Elle essuya ses larmes et fit marche arrière. Ce n'était pas le moment de se laisser aller.
Arrivée à la rive, elle entreprit de sécher ses pieds avant de remettre ses chaussures, et s'installer confortablement sur le pont. Sa solitude avait malheureusement duré peu de temps.
-Tu n'as pas besoin de te cacher Yuta, déclara-t-elle en s'allumant une nouvelle cigarette.
Un homme sauta d'un arbre et atterit plusieurs mètres derrière elle.
-Majesté, murmura-t-il en s'inclinant.
-Des nouvelles ?
-Comme nous nous y attendions, il s'est présenté à nous sous une fausse identité. Il s'est avéré que trouver la vraie est une tache plus ardue que prévu. J'ai chargé une équipe de les infiltrer. Keiko m'a informé qu'il avait des raisons personnelles d'en vouloir aux shinobi. Sa mère aurait été assassiné par des ninja.
Ayumi fronça les sourcils mais n'accorda aucun regard au chef des renseignements. Yuta était la seule personne en qui elle avait pleinement confiance au palais. Sa dévotion pour son pays n'avait pas d'égal. Il était discret, ne faisait pas d'effusion pour un oui ou un non, et suivait les ordres le plus efficacement possible. C'était un bel homme, âgé d'une trentaine d'année, mal rasé, des cheveux blonds cendré retenu en une courte queue de cheval basse, de grands yeux bleu ciel.
-Il n'a eu aucun contact avec les démons de sang pur ? demanda-t-elle.
-Non.
-ça n'a aucun sens, pesta-t-elle . Ils sont beaucoup plus puissant que nous et détestent les ninja.
-Ce ne sont pas des alliés de confiance. Il déteste aussi les hybrides.
-Sauf le royaume de l'ouest. Lord Sesshoumaru**** s'est fiancé à une humaine et son demi-frère est un hybride.
Yuta ne répondit rien. Il n'avait jamais aimé spéculer. Son travail consistait à l'avertir et la conseiller selon des faits pas de vagues théories.
-De nouvelles informations sur le décès du ronin ?
-La thèse du suicide a été définitivement écarté. Il est mort par strangulation avec la même corde qui a servi à le pendre pour camoufler le meurtre. Vous avez eu raison de rouvrir l'enquête.
-Bien, approuva-t-elle en se levant. Tu es toujours aussi efficace. Pas un mot auprès du quiconque, même pas le conseil. Ton département ne doit rendre de compte qu'à moi.
Il acquiesça.
-Recontacte-moi dès que tu as du nouveau, ajouta-t-elle en prenant la direction de son hôtel. Tu peux disposer.
Il disparut tandis qu'elle remettait sa cape en place. On est jamais trop prudent. Tsunade et elle étaient d'accord. La meilleure stratégie était de garder son identité secrète jusqu'à ce qu'elle dise la vérité à Sasuke, chose qu'elle n'avait pas l'attention de faire. ça lui retombera à coup sûre dessus mais il avait déjà assez à gérer en ce moment.
Elle réfléchit à ce que lui avait dit Yuta, chercha à y mettre un peu de cohérence. Ces affaires l'agaçaient. Plus ils avançaient moins les choses se clarifiaient.
A chaque pas, des souvenirs lui revenaient et l'empêchait de se concentrer. Le village avait quelque peu changé suite à sa destruction pendant la guerre. Le restaurant d'Ichiraku était totalement différent mais dégageait la même ambiance. Elle allait y manger avec ses coéquipiers et Kushina-sensei, qui vouait une vénération aux ramens, après leurs entrainements de genin. La façade du Yakiniku avait été rénové. Il était temps... Le bar avait fait quelques aménagements et installé une terrasse. A coté, une librairie érotique avait ouverte. Elle réprima un rire. C'est Kakashi qui devait être heureux. Le fleuriste aussi avait été reconstruit. La femme d'Inoichi ou plutôt sa veuve était à l'avant, occupé à mettre en place certains bouquets pour pouvoir fermer le magasin.
La nuit commençait à tomber doucement. Elle hésita un instant à passer à la boutique de dango. Il y vendait sa patisserie préférée: les hanami dango*****. Itachi et elle les adoraient. ça faisait tellement longtemps... Les hybrides n'avaient pas de désert aussi bon. Le seul problème étaient que le magasin étaient à l'autre bout du village mais si elle se dépêchait, elle pourrait arriver avant la fermeture. Kuichi et Yoshiro devaient déjà être au bord de la syncope . Elle ne voulait pas que dans un excès de zèle un des deux signalent l'alerte et utilisent leurs troupes pour la retrouver. Devait-elle se comporter comme une reine convenable ou risquer l'incident diplomatique ? Le conseil de Konoha n'apprécierait pas que des soldats inspectent toutes les maisons sans leur autorisation. Ces dango étaient si bons... Elle pouvait presque sentir leur gout, la texture de la pâte de riz se brisant sous ses dents, le sucre se répandant sur sa langue et cet arrière goût salé restant obstinément sur ses lèvres à causes de la sauce soja...
J'emmerde la politique
En soupirant, elle se dirigea vers l'hôtel. Son ex-amant l'accueillit en pestant à quel point elle était une reine irresponsable, et qu'il était dangereux qu'elle disparaisse en territoire étranger. Si elle était d'humeur elle lui aurait ri au nez, comme si il pouvait la protéger. Le lieutenant était un combattant exceptionnel mais ne lui arrivait pas à la cheville. Ayumi était devenu jounin à seize ans et avait détruit une armée de plus de mille soldats d'élite à mains nues. Elle était tout à fait apte à se défendre seule. Elle s'était efforcée de prouver tout au long de ses années, que ce n'était pas son sexe qui l'empêcherait de devenir l'une des meilleures kunoichi du village, et elle y était arrivé.
Sans lui accorder un regard, elle rejoint ses appartements, Yoshiro sur ses talons continuant à énumérer les raisons pour lesquels on voudrait la tuer. Elle le laissa se défouler. Il s'était inquiété et ne savait pas comment gérer ses sentiments. Après tout il était un soldat, n'était pas habitué à être confronté à ce genre de chose. Deux jours après son escapade à Konoha, elle avait mis un terme leur relation. Ne sachant plus affronter son regard dans la glace, elle avait décidé de lui rendre sa liberté. Ce n'était pas juste de l'utiliser de cette manière. Elle devait lui donner une chance de tomber amoureux et construire une vraie relation, au lieu de l'utiliser pour oublier ses propres sentiments. Quelle femme pathétique elle faisait...
Il avait assimilé la nouvelle sans broncher. Etant sa reine, il lui devait obéissance peu importe ses envies. Mais elle pouvait encore sentir sa colère dans chacun de ses gestes et ses mots. La voir et travailler avec elle tous les jours n'aidait pas.
Il lui avait fallu du temps pour accepter être tombé amoureux, ce qu'il avait toujours considéré comme une faiblesse, et si il y a une chose qu'il n'accepterait jamais c'est être faible. Yoshiro avait pour seul et unique objectif de devenir fort, depuis son plus jeune âge. Il refusait de redevenir faible. Son enfance traumatisante avec une mère qui se prostituait et un père abuseur, l'avait profondément marqué. Au fil du temps, il avait fini par accepter ce qu'il ressentait et ne plus le considérer comme une tare. Mais quand il lui en avait parlé, elle avait préféré le quitter, sachant qu'elle ne pourrait jamais les lui rendre. Elle lui avait laissé une profonde blessure mais rester aurait été pire.
Il lui faudrait encore plus de temps pour accepter son coeur brisé. Si lui crier dessus en privé l'aidait, qu'il s'en donne à coeur joie. Elle ne lui en tiendrait pas rigueur, il restait son ami, un ami avec qui elle avait partagé son lit mais aussi un confident et un véritable support depuis son arrivée aux enfers.!
Arrivé dans sa suite, elle vit une partie de son cortège dans le petit salon. Kaede et Shinji se disputaient. La shaman criait et gesticulait tandis que l'hybride lui répondait agacé, une cigarette entre les lèvres. Kuichi dormait sur le fauteuil avec Aï couchée sur son ventre. Son apprenti, Atsuya, était à l'affut du moindre bruit ou mouvement suspect. Le jeune homme donnait dans l'excès de zèle depuis le départ. Il avait presque sauté au plafond quand elle avait ouvert la porte. Aya essayait de méditer ou juste de contrôler ses pulsions meurtrières, ce qui revenait un peu au même dans son cas. Elle l'entendit marmonner quelque chose à propos d'un bain de sang et de se rouler au milieu d'organe fraichement arraché d'un corps, en passant à coté d'elle. Yuko l'accueillit tout sourire, à lui en faire mal aux yeux presque. Comment était-ce possible de sourire comme ça ? Elle se demandait si elle n'avait pas des dents en plus et utilisait un produit fluorescent pour se les brosser...
Le début de la soirée se déroula sans encombre particulier. Ils dinèrent au restaurant de l'hôtel. Elle ne prêta pas grande attention à ce qu'il se passait, trop plongée dans ses pensées, répondit par mono-syllabe quand on lui adressait la parole.
-Vous savez si le hokage a une femme ?
Ayumi se raidit, un frisson lui parcourut l'échine avant qu'elle ne fusille du regard Kaede.
-Depuis quand t'intéresse-tu aux hommes ? demanda Shinji avant qu'elle n'ait ouvert la bouche. Puis même si il était célibataire, je ne pense pas qu'il se fatiguerait avec une peste dans ton genre.
-N'importe quel homme serait heureux de m'avoir à ses cotés ! Ce n'est pas ma faute si tu es trop stupide pour... Leur énième joute verbale de la journée débuta alors.
La jeune femme remercia mentalement le militaire. Son trouble avait néanmoins été percu par Yoshiro qui l'observait à la dérobée.
-La godaime hokage était votre professeure si j'ai bien compris, reprit Yuko dans une intention évidente de faire cesser leur dispute puérile avant qu'Aya explose.
La ministre était une vampire vieille de plusieurs siècles, n'étant pas habituée à être entourée d'autant d'humains, sa sensibilité était à son paroxysme. Elle avait déjà du mal à supporter ces deux-là en temps normal mais alors là... Parler du passé de leur reine était une aubaine pour eux. Ayumi n'en parlait jamais avec eux. Shinji et Kaede se tuèrent instantanément et la regardèrent attentivement. Même Kuichi avait délaissé son repas pour l'observer.
-Effectivement.
-Et le rokudaime ? Puis-je vous demander comment vous le connaissez ?
Tous les regards du groupe étaient tournés vers elle. Mangeant à son aise, elle entreprit de garder l'expression la plus neutre possible.
-Nous étions amis, et avons souvent été en mission ensemble.
-C'est tout ? demanda Kaede septique.
Ayumi haussa un sourcil.
-Ne sois pas impertinente petite, tonna Kuichi.
-J'ai du mal voir alors, dit-elle peu convaincue.
-Qu'aurais-tu vu ? demanda Yoshiro froidement.
-Son aura-
-Yuko, l'interrompit Ayumi. As-tu contacté les médecins de Yoru ? Je veux les meilleurs spécialistes. Ils n'auront pas droit à l'erreur. Le pacte dépend en partie d'eux.
Kaede esquissa un sourire. Elle avait compris comme tout le monde sa volonté d'éviter le sujet. Les deux femmes s'étaient rencontrées dix ans auparavant un peu avant le décès du ronin et son couronnement. La jeune shaman avait été pleine de surprise. Ayumi, en digne Uchiha, ne montrait en public aucun signe de sentiment, ni compassion ni gentillesse, rien du tout. Malgré cela, elle était très populaire envers son peuple car elle était dévouée à son travail, leur bien-être et s'efforçait d'être juste et pas une souveraine despote comme son prédécesseur. Quelle ne fut pas sa surprise quand la blonde réussit à comprendre ce qu'elle ressentait cinq minutes après les présentations. Elle lui expliqua sous ses menaces de mort pouvoir lire les auras et comprendre les sentiments des autres.
Il n'était pas nécessaire que Kaede dise aux autres qu'elle avait eu une histoire avec Kakashi. Yoshiro était d'assez mauvaise humeur, il n'y avait aucun raison d'empirer la situation. Le repas se déroula sans incident majeur.
Ayumi s'éclipsa avec Yuko pour s'occuper des affaires courantes du royaume, dont Hiroshi ne pouvait pas se charger sans son accord. Quand ce fut fini, elle s'apprêta à sortir fumé quand quelqu'un toqua à la porte. Yoshiro se retrouva nez à nez avec Kakashi. Elle se retint de soupirer. Mauvais timing...
-Salut, souffla-t-il.
Les mains dans les poches dans l'embouchure de la porte, il jeta un coup d'oeil circulaire aux autres occupant de la pièce, dans une allure qui aurait paru tout à fait décontractée si elle ne le connaissait pas si bien. Mal à l'aise, il frottait discrètement son pouce contre son index, un tique dont il n'avait jamais réussi se débarrasser.
-Salut, répondit-elle en se redressant.
Yoshiro se raidit, sa mâchoire se contracta. Shinji souriait, il appréciait Kakashi depuis leur rencontre. Kaede l'observait intéressée,Kuichi le toisait froidement.
Foutue chaman
Afin d'éviter une situation encore plus gênante et bizarre à cause de ses compagnons, elle lui fit signe de la suivre dehors. Arrivée sur la terrasse, elle s'assit, balançant ses pieds dans le vide, entreprit d'allumer une cigarette avant que Aï-Aï vint se blottir contre son ventre, et en tira une longue lapée. Le hokage s'assit à ses cotés.
-Ta déclaration m'a surpris, murmura-t-il.
-ça ne vient pas de moi. Tu connais les obligations d'un dirigeant. Les intérêts du pays passent avant les nôtres.
-Je ne me rappel pas que nous ayons un jour fait passer nos intérêts avant nos devoirs même en tant que jounin.
Un court silence s'installa.
-Tu ne devais pas arrêter de fumer ?
-Tu ne devais pas arrêter de lire les livres de Jiraya ?
Il rit. Son coeur sursauta.
Idiote.
-J'ai arrêté, souffla-t-il. Ce n'est pas comme si j'avais vraiment eu le choix.
-Comment ça ?
-L'ermite est mort.
-Quand ?
-I ans.
-Je suis désolée, murmura-t-elle.
Elle esquissa un geste vers sa main mais se ravisa. Il le vit mais ne dit rien.
Les habitudes ont la vie dure
-Ce serait plutôt à moi de m'excuser.
-C'est pour ça que tu es venu ?
-Entre autres.
Tirant une nouvelle fois sur sa cigarette, elle lui jeta un coup d'oeil perplexe.
-Est-ce que tu as participé au massacre de ma famille ?
-Non, s'exclama-t-il horrifié.
-Alors tu étais au courant de ce qui allait se passer ?
-Bien sûr que non ! Comment peux-tu croire...?
Ses yeux étaient écarquillés par la surprise et la douleur. Il devait être vexé.
-Je ne vois pas alors de quoi tu pourrais t'excuser.
-J'ai failli à ma promesse.
Ayumi lui sourit amusée. Elle avait compris, elle le comprenait toujours. Ses yeux pétillaient.
-Tu sais que tu es vraiment mignon ?
Kakashi rougit et la regarda totalement désorienté. Non, certaines choses ne changeaient pas. Elle arrivait toujours aussi facilement à le désarçonner.
-Ce n'est pas ta faute, continua-t-elle. Tu as fais tout ce que tu as pu pour veiller et aider mon frère... sans aucun souvenir en plus.
Elle rit. Il pu sentir toute la tristesse et l'amertume qu'il contenait.
-Pourquoi tu ne m'as rien dis ? À plusieurs peut-être que...
Leurs regards se rencontrèrent. Il y lu soudain le poids des années, des tragédies, des responsabilités qui pesaient sur ses épaules. Où était passée cette étincelle ? Où était la jeune femme heureuse, énergique et combative dont il était tombé amoureux, la seule qui n'ait jamais compté...
-Ce n'était pas votre combat... C'était un problème interne, au sein de mon clan.
-Il y avait aussi un problème venant du village.
-ça tu peux le dire... Mais ce n'est pas en frappant les mauvaises langues qu'on aurait arrangé les choses. Nous étions arrivé à un point...
Elle frissonna.
-Je ne sais pas si il y avait vraiment un moyen d'arranger les choses. Mon père a du me détester quand il a apprit ce que j'ai fais.
-Il n'aurait jamais pu te détester.
-J'aimerai en être aussi convaincue que toi. Tu vois toujours ce qu'il y a de meilleur dans les autres Kakashi. Il faudrait peut-être que tu le fasse aussi avec toi de temps en temps.
Il ne répondit pas et l'observa. Sa cigarette terminé, elle l'écrasa dans un cendrier. Posant sa tête contre une poutre, elle leva les yeux vers le ciel et admira la lune. Les années ne lui avaient pas pris sa beauté. Ses longs cheveux noirs semblaient plus brillant, sa peau plus douce et sa bouche, encore plus attirante si c'était possible.
-Merci de t'être occupé du plus petit.
-On ne peut pas dire que j'ai été d'une très grande aide. C'est Naruto qui l'a sauvé.
-Ne te sous-estime pas trop. Tu as eu aussi ton importance là-dedans.
Le chat s'extirpa des bras de sa maîtresse et s'avança prudemment vers lui. Ayumi était étonnée. Aï détestait les hommes, le seul qu'elle tolérait était Shinji... Même si ça ne comptait pas vraiment. Tout le monde aimait Shinji. Kakashi posa sa main par terre, paume tournée vers le haut. Elle la sentit et se frotta contre. Le ninja la caressa doucement et elle se mit à ronronner bruyamment.
Comme si c'était possible de ne pas l'aimer...
Les années n'avaient pas été tendre avec lui non plus. Il semblait plus triste, plus brisé... Ses bras la démangeaient de le serrer contre elle, de le réconforter. Ils étaient deux des nombreuses personnes brisées par le monde shinobi. La douleur lui avait toujours parue plus légère à ses cotés depuis le décès d'Obito. Ils se comprenaient au delà des mots, avaient vécu le même genre de tragédie. Ils étaient complices et en parfaite harmonie à l'époque, des compagnons de galères. Maintenant elle sentait un mur invisible les séparer. Tout n'était plus aussi naturel. Quelque chose s'était cassée.
-Tu compte lui dire la vérité ?
-Je ne sais pas, soupira-t-elle. Est-ce vraiment dans son intérêt ?
-Il mérite de savoir qu'il n'est pas seul. -Je serai pas longtemps à ses cotés. Il souffrira encore plus en découvrant tout ce qui s'est passé
-C'est toi qui doute de ta valeur maintenant, sourit-il. Toute cette peine vaudrait amplement cinq minutes avec toi.
Le rouge lui monta aux joues. Son rythme cardiaque s'accéléra. Ce qu'elle aurait donné pour l'embrasser... Au lieu de ça, elle reprit la contemplation du ciel.
Ne dis pas des choses comme ça...
La porte s'ouvrit doucement, la tête de Yuko passa dans l'ouverture.
-Altesse, veuillez m'excuser mais le président du conseil aimerait s'entretenir avec vous. Dois-je lui dire de vous rappeler demain ?
-Non je vais y aller dans quelques minutes, dit Kakashi.
Yuko acquiesça et surprise, remarqua Aï contre le hokage. Elle le regarda avant de jeter un coup d'oeil et un grand sourire à sa reine puis s'en alla sans un mot.
-On devrait... Enfin si tu es d'accord, essaya-t-il embarrassé. Peut-être...
-Oui ?
-Diner ensemble, lâcha-t-il d'une traite.
-D'accord, sourit-elle. Mais à une condition.
-Dois-je avoir peur ? -
Je viens seulement si tu fais ton saumon poilé avec cette sauce au citron !
-Marché conclu, rit-il. Tu es plus facile en affaire que dans le temps.
-Je ne refuse jamais un bon dîner. Tu devrais le savoir.
-C'est donc pour ça que tu passais autant de temps chez moi, dit-il d'un ton moqueur.
-Tu m'as donc percée à jour, s'exclama-t-elle.
Ils rirent et se levèrent. Ayumi l'accompagna à la porte. Kakashi s'arrêta sous le perron et se rapprocha d'elle. Plongeant son regard dans le sien, il murmura:
-Merci
-De quoi ?
-De ne pas me haïr.
Elle lui sourit tendrement et caressa la cicatrice sur sa paupière.
-Comme si je pourrai même si je le voulais...
Il la regarda surpris et elle posa un doux baiser à la commissure de ses lèvres.
-Bonne nuit Kakashi-kun
-Bonne nuit Ayumi-chan
Après avoir fini leurs courses, ils rentrèrent à la maison pour manger.
Sasuke tenta d'aider Sakura comme il peut et de s'améliorer. La rose ne s'était pas rendu compte que sa situation était si désespéré. Il avait même du mal à cuire du riz. Elle décida de l'envoyer couper les légumes et mettre la table avant qu'il brule tout.
Quand il eut fini, elle tenta de lui expliquer comment lier la sauce. Au fur et à mesure de ses explications, elle sentit la frustration du jeune homme grandir.
-Tu perds ton temps, souffla-t-il.
-Tu t'amélioras ! Ce n'est que la première fois. La prochaine fois ça ira mieux.
Il décida de changer de sujet.
-On a oublié de prevenir Kakashi de mon changement de domicile.
Elle lâcha une exclamation de surprise
-C'est vrai et je ne lui ai pas encore fais mon rapport ! Comment crois-tu qu'il va réagir ?
Il leva un sourcil et lui lança un regard interrogateur avant de reprendre une bouchée de son plat.
-Je ne pense pas qu'il s'offensera. Ce qui compte pour lui c'est que quelqu'un de confiance me surveille.
-Ne dis pas ça... Kakashi-sensei a confiance en toi.
-Ce n'est pas le cas du conseil ou des villageois.
Sakura savait qu'il avait raison mais elle avait du mal à l'accepter. Après ce qu'il avait traversé et accompli pour le village, on ne pouvait pas encore lui tenir rigueur de ses erreurs passée. Tout le monde avait droit à une seconde chance.
-Par contre, reprit-il en esquissant un sourire. Je m'attends à des réflexions perverses dont il est le seul à avoir le secret.
-C'est le digne disciple de Jiraya.
Ils rirent et recommencèrent à manger.
Le lendemain matin, avant d'aller au travail, Sasuke et Sakura se dirigèrent vers la tour de l'hokage afin de lui annoncer la nouvelle, et que Sakura fasse son rapport hebdomadaire. Arrivé devant son bureau, ils entendirent des rires venant du bureau. Sasuke s'appuya contre le mur en se tenant le front, la respiration saccadée. La douleur était revenue encore plus forte que la dernière fois, ensuite tout devint noir.
Le jeune homme se réveilla allongé sur un fauteuil dans le bureau de son ancien professeur. Tout paraissait un peu brumeux. Mais il vu tout de même le visage inquiet de sa coéquipière au dessus de lui. Quand elle le vit reprendre conscience et parler de manière cohérente, ses traits changèrent.
-Je t'avais dis de faire attention avec tes sharingans, dit-elle en colère.
Il soupira.
-ça fait plusieurs jours que je ne les utilise même plus aux entrainements. C'est juste le contre coup de ma fatigue, rien de grave.
Elle ne semblait pourtant pas convaincue mais encore plus inquiète.
-Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ? demanda Kakashi.
-J'ai entendu un rire de femme venant de votre bureau avant de sentir une douleur à l'arrière de ma tête et de perdre conscience.
L'hokage fronça les sourcils.
-Tu devrais aller appeler Tsunade pour qu'elle l'ausculte, dit-il à la rose.
-Ce n'est pas néces-
Sasuke s'interrompit en apercevant le regard de Sakura. Cette bataille était perdue d'avance. Il soupira et ferma les yeux. Quelle honte... Il s'était évanoui à cause d'un simple mal de tête et maintenant elle en faisait une affaire d'état.
Pathétique le héro de guerre
* Idée du coma de Neji piqué à Amako, auteure des héritiers de l'alliance et du prochain printemps. Allez lire ses fictions elles sont géniales !
** kare aizu ou du riz au curry
*** Chahan ou du riz frit
**** Référence à Inuyasha (crossover possible dans un ou deux chapitres lointains)
***** Trois boulettes de couleurs différentes embrochées faites à base de mochi, une pâte de riz gluante (merci wiki). Itachi les mange avec Izumi dans l'anime
Salut salut vous allez bien ? Désolé d'avoir mis autant de temps. J'essayerai de poster la deuxième partie de ce chapitre avant le ma reprise des cours le 6 février.
Désolé il se passe pas grand chose dans ce chapitre mais ça va bientôt commencer à bouger plus (mini-lemon dans le prochain).
Alors qu'est ce que vous avez pensé de ce chapitre ? Quelle impression vous a fait Ayumi et les autres OC ? Avez-vous des théories sur la suite ? Si oui lesquelles ?
Qu'est ce qui vous a plu ? Qu'est ce qui vous a déplu ?
N'hésitez pas à vous défouler en commentaire. ça m'encourage à continuer.
Voilà voilà. A bientôt !
