Chapitre 7: Le beau temps ne dure jamais longtemps

Epuisée, Sakura se dirigea vers son appartement d'un pas lourd. Le soleil se levait doucement derrière les hauts arbres entourant le village de Konoha. Le ciel changeait petit à petit de couleur passant du bleu nuit à des teintes plus rosées. Une brise légère et rafraichissante apparue. La jeune femme s'arrêta et profita de ce spectacle de la nature quelques instants avant de reprendre son chemin. Il était six heures du matin, elle voulait dormir. Tsunade lui avait demandé de s'occuper des urgences cette nuit et elle n'avait pas eu un instant de répit. Temps de guerre ou pas, elle avait toujours du travail.

La rose avait beau s'en plaindre elle adorait ce qu'elle faisait. Cela donnait en quelque sorte un sens à sa vie, elle aidait ceux dans le besoin. Depuis la fin de la guerre, elle se sentait même inutile et avait décidé sous les conseils de Sasuke de commencer à faire des recherches médicales.
Au début elle n'était pas sure du sujet de ses recherches. Chaque domaine avait besoin d'avancée: la cardiologie, l'oncologie, la neurologie, la psychiatrie... Elle n'était pas la seule médecin à essayer de faire avancer la science. Dans un soucis de pragmatisme, elle avait décidé de se centrer sur un sujet qui n'intéressait pas encore ses confrères. A quoi bon se jeter à corps perdu dans une étude clinique si il y en avait déjà plus de dix en cours dans le pays du feu. Ce n'était qu'une perte de temps.

Sakura devait se concentrer sur les lacunes de son domaine de prédilection: la médecine militaire. Encore quelque jours plus tôt, elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait y apporter en temps de paix. Quelle naïveté...
Souvent lorsqu'on parle de médecine militaire, on pense à la traumatologie, aux blessures ouvertes, blessures par balle, blessures faite par des armes blanches, à l'amputation, aux infections et toutes autres sortes de lésion sanguinante. Néanmoins dans le feu de l'action, sur le champ de batailles lorsqu'on est entouré de dizaine de millier de corps mutilé, on oublie que certaines blessures ne se voient pas à l'œil nu, certaines blessures ne tue pas et ne causent aucun dommage immédiat.

Quelques jours plus tôt, elle s'en était rendu compte lorsqu'un jeune homme de seize ans avait tenté d'assassiner Tsunade. Il avait hurlé un tas d'insanité à propos de la guerre, des hokages et leur dédain pour les pertes civiles avant de foncer sur la godaime un sabre en main. Neutraliser l'adolescent ne fut pas compliqué. Personne n'avait été blessé lors de l'opération. Après quelques recherches sur son identité, il semblerait que le garçon avait perdu sa petite sœur lors de l'attaque du village de Tanzaku quelques jours avant, ses parents, des marchands lors de la quatrième guerre, ses grands parents lors de l'attaque d'Orochimaru pendant l'examen des chunins à Konoha. Ce garçon n'était pas un ninja. C'était un simple civil pourtant lui aussi souffrait de sévices post traumatique du à la guerre. Sakura n'avait jamais pensé que des civils pouvaient réagir d'une telle manière alors qu'ils étaient si peu exposé aux horreurs de la guerre. Elle avait entamé des recherches sur des incidents du même type dans l'hôpital depuis la fin de la guerre et s'était rendu compte qu'il n'était pas le seul. Il y en avait eu quatorze autres. La plupart était des ninja, de jeune homme, seulement deux étaient des femmes et trois autres des civils. Elle avait parlé de cette trouvaille à Tsunade. La sannin avait admis que c'était un problème dont personne ne s'était réellement intéressé dans le village.

"-Si quelqu'un y avait pensé plus tôt, le massacre du clan Uchiha aurait même peut-être pu être évité" avait-elle soufflé.

Sa sensei lui expliqua alors que si le jeune Itachi n'avait pas été aussi profondément traumatisé par les évènements de la troisième guerre ninja, il n'aurait jamais été aussi attaché à la paix au point de tuer sa propre famille et une cinquantaine d'autres innocents en plus des formateurs d'un coup d'état.

Cette révélation avait conforté la Haruno dans l'idée qu'un suivi psychiatrique des ninja après la guerre et de toutes les personnes ayant assisté à une attaque ou ayant perdu un proche dedans était nécessaire. Les personnes traumatisées qui passaient à l'action était peut-être de l'ordre d'une sur cinquante, cela ne pouvait pas être négligeable. Personne ne savait qui cette personne pouvait être.
Cet après-midi, elle irait en parler à Kakashi-senseï. Tsunade était d'accord avec la rose et lui avait promis de lui offrir des fonds afin d'ouvrir une clinique dans l'hôpital si son essai était concluant.

Quelques secondes plus tard, elle était entré chez elle. Sasuke affalé sur le divan, dormait paisiblement, un livre sur le visage. La jeune med-in le couvrit d'une couverte et posa l'ouvrage sur la table basse du salon. Elle y inserra un marque page pour qu'il puisse continuer plus tard sa lecture. Sakura n'était pas la seule à travailler dure ces derniers jours, Sasuke comptait avec l'accord du rokudaime rouvrir la police du village auparavant dirigé par son clan. La reconstruction de la police serait un travail de longue haleine. Il fallait trouver des effectifs, des armes, rétablir une hiérarchie, crée un dossier sur chaque habitant du village... Mais le jeune Uchiha semblait motivé. L'ouvrage qu'il était en train de lire avait été écrit par un ancien chef de la police. Sasuke s'était énormément documenté. Chaque jour elle le voyait rentré avec une nouvelle pile de livre emprunté en bibliothèque. Il voulait créer une nouvelle police mais garder ce qui fonctionnait dans l'ancienne. La modernité n'impliquait pas forcément de jeter tout ce qui était ancien à la poubelle. Sakura était fière de son coéquipier. Malgré tout ce que son clan et lui avaient traversé, il était là, à Konoha et travaillait dure pour construire un avenir meilleur au village.

-Courage Sasuke, souffla-t-elle avant de poser un léger baiser sur son front.

Deux jours étaient passé depuis la fête de fiançailles de Naruto. Deux jours s'étaient écoulé depuis qu'Ayumi et Kakashi avaient cédé à leurs désirs. Depuis deux jours, ils se retrouvaient dans l'intimité d'une chambre le temps de s'aimer sans retenue quelques heures. Leur liaison était tenu secrète ou ils risquaient de perdre toute crédibilité devant leurs confères lors des négociations du pacte. Leur relation n'était que temporaire. Inutile de créer un scandale pour le peu de temps qu'ils passeront ensemble.
Le soleil s'était déjà levé et baignait la chambre de sa lumière matinale. La reine émergeait petit à petit du sommeil. Des chatouillements au niveau de ses épaules la tiraient des bras de Morphée. Un grognement mécontent passa la barrière de ses lèvres. Elle ouvrit un œil et vit Kakashi couché à ses cotés, habillé du plus simple appareil. L'air furibond de l'Uchiha n'eut pas l'air de l'effrayé au contraire, son sourire s'élargit.

-Bonjour, rit-il en continuant à caresser sa peau. Bien dormi ?

Elle hocha simplement la tête et se blottit contre son torse afin de savourer encore quelques minutes sa chaleur et son odeur. Il baisa son front et enveloppa sa fine taille de ses bras. Il sentit ses petits pieds se loger contre ses mollets et sa tête n'arrivait même pas à hauteur de son cou. La taille de la jeune femme l'avait toujours amusé. Au premier abord, elle avait des airs de petites princesses fragiles. C'était quelque chose qu'elle avait toujours détesté chez elle car cela avait été un frein dans sa carrière de ninja. Au début, personne ne la prenait au sérieux. Tous la voyait comme une petite fille à papa Uchiha. Elle en avait laissé bouche bée plus d'un au combat. Ayumi n'avait jamais eu de peur de se salir les mains et de se battre. Elle vivait pour ça. Kakashi le savait et c'était l'une des nombreuses choses qui l'avait séduit chez elle. Même si il savait qu'elle était parfaitement capable de se défendre toute seule, le ninja aurait aimé pouvoir la garder entre ses bras et la protéger lui-même.

Une réunion était prévu ce matin pour parler de l'éventuelle guerre qui se préparait. Beaucoup gardait des réserves par rapport à cette éventuelle menace hybride, Kakashi partageait l'avis de son amante. Tous les éléments bien que mince le conduisait à penser qu'une guerre se préparait. Tout ce qu'il espérait c'est qu'elle ne serait pas aussi mortelle que les précédentes... Malgré ses airs tranquilles, le rokudaime était inquiet, Ayumi avait raison, ils avaient déjà été chanceux de survivre deux précédentes guerres. Peu de personne avait réussi à en survivre à trois. Quand on regardait les effectifs, ils étaient loin d'être nombreux les ninjas encore vivant de la génération de Tsunade ou Choza Akimichi...
Le hokage gardait le sourire malgré tout comme toujours. Il se retranchait derrière cette façade car il était mort de peur, non pas pour lui, la mort ne l'avait jamais effrayé mais pour elle. A chaque fois qu'il était avec elle, il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était peut-être la dernière fois. A chaque fois qu'il la voyait repasser le pas de la porte, il ne pouvait pas ne pas songer que peut-être il ne la reverrai plus, il ne verrait plus son sourire étincelant, il ne la verrait plus hurler de colère, il ne sentirait plus son odeur, il ne l'embrasserait plus... La seule idée qu'elle puisse disparaître de sa vie définitivement le rendait malade. Cette pensée le hantait en permanence. Il voulait profité du mieux qu'il pouvait chaque instant car peut-être que cette fois un d'eux deux ne reviendrait pas du front.

-A quoi tu pense ? demanda Ayumi.

Doucement, elle redressa sa tête sur son épaule et darda ses yeux d'ébène dans les siens. Il passait son index sur ses traits détendus, chose peu courante.
Comme pour attirer son attention sur ses paroles, les lèvres pincées, elle tira légèrement sur ses cheveux.

-Je sens que tu es tendu, ajouta-t-elle d'un ton accusateur.
-Certaines parties de moi sont toujours tendu quand tu es dans les parages, sourit-il taquin.

Elle leva les yeux au ciel et lui envoya une pichenette sur le front.

-Idiot.

La jeune femme sentait qu'il était inquiet et ne voulait probablement pas l'alarmer. Non, Kakashi ne voulait pas alourdir l'atmosphère. Pour une fois qu'elle n'était pas préoccupée, ce n'est pas lui qui la remettrait en situation de tourment. C'était une attention qui aurait du la toucher mais au contraire, elle tapait sur le système de l'Uchiha. Enfin, qu'est ce qui ne lui tapait pas sur le système me demanderiez-vous ?

-C'est pour ça que tu m'aime, continua-t-il.
-Ne change pas de sujet.

Ses sourcils étaient froncés, ses lèvres pincées, elle le fusillait du regard. Si elle n'était pas aussi mignonne, Kakashi n'aurait peut-être pas insisté. Au fond le ninja aimait beaucoup la mettre en colère du moins dans une certaine mesure. Son regard furieux et ses mains gigotant dans tous les sens lui donnaient des airs d'enfants adorable.

-Tu sais que j'ai raison, sourit-il.
-Tout ce que je sais c'est que tu m'agaces en ce moment.
-Dis-le moi.
-Tu dois vraiment être en manque d'affection pour insister à ce point là, constata-t-elle en prenant son paquet de cigarette.
-Je te rappel que tu es parti pendant douze ans. C'est assez long. N'importe quel être humain doté d'un minimum de sensibilité serait en manque.

Elle éclata de rire et lui lança un regard peu convaincu, avant d'allumer le bâton de nicotine entre ses lèvres.

-Parce que tu aimerai me faire croire que tu es resté chaste en m'attendant pendant douze ans.

Kakashi ne dit rien quelque secondes. La voix de la jeune femme était douce, beaucoup trop douce. La pente sur laquelle il s'était engagé
était très glissante. Quand ils étaient ensemble, il se souvint à quel point elle était jalouse.

-Toi bien peut-être ? contra-t-il pour voir sa réaction.
-Je ne crois pas avoir de compte à te rendre

Il se doutait qu'elle avait eu d'autres hommes dans sa vie mais ça l'empêcha pas de sentir un pincement au niveau du cœur. Le rokudaime pouvait critiquer l'Uchiha autant qu'il voulait lui aussi ne supportait pas l'idée qu'un autre ait posé ses mains sur elle.

-Ce n'était pas pareil avec les autres femmes, soupira-t-il.

Le Hatake n'avait pas envie de gâcher le temps qui leur restait en réglant leur compte.
L'Uchiha garda son visage rivé vers le plafond, observant la fumé monté jusqu'à lui.

-J'ai déjà entendu ça, ria-t-elle amère.
-Ayumi...
-Tu n'as pas à t'expliquer, ajouta-t-elle rapidement en se redressant vivement.

Il voulu tout de même se justifier. Alors qu'ils étaient plus jeune, Kakashi avait tenté d'oublier Ayumi avec d'autres femmes. Il n'arrivait à accepter aimé sa meilleure amie, la cousine de son ancien coéquipier mort en le protégeant. Le Hatake avait toujours été convaincu qu'il ne la méritait pas. L'Uchiha elle avait accepté ses sentiments et avait souffert de le voir avec d'autres femmes. La douleur qu'il lui avait infligé inutilement à cet époque resterait un de ses plus grands remords, mais il voulait passé au dessus. Il voulait lui expliquer, lui faire comprendre que cette fois ça avait été différent. Mais l'était-ce au fond ? N'avait-il pas à chaque fois fui ses sentiments en courant se réconforter dans les jupes d'une autre ? N'avait-il pas à chaque fois été incapable de gérer et accepter ce qu'il ressentait ? Avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, plusieurs coups résonnèrent à la porte.

-Altesse, appela Yuko.

L'Uchiha lança un regard paniqué à l'Hatake. La poignet de la porte se tourna. Il eut tout juste le temps se rabattre les couvertures sur lui avant que l'hybride n'entre. Ayumi disposa plusieurs coussins sur lui pour dissimuler sa forme, se coucha sur lui et fit comme si de rien n'était.

-Oh vous êtes réveillé, constata-t-elle. Pardonnez mon intrusion mais aujourd'hui risque d'être une journée chargée, nous devons parler de votre planning.
-Dis-moi, Yuko.
-Votre réunion avec les hokages débute à dix heures trente. Yuta devrait arriver en fin de matinée pour s'entretenir avec vous au sujet de certaines découvertes qu'il aurait fait. Après le repas de midi, vous avez une vidéo-conférence avec le conseil. Dès que ce sera fini, vous devrez remplir des documents de toutes urgences dont le régent a besoin pour s'occuper des affaires courantes en votre absence. Si possible, il aimerait que vous envoyez un clone au pays pour assister au mariage d'une haute figure de la noblesse dans deux jours. Les médecins aimeraient que vous passiez à l'hôpital si possible voir l'avancé du dossier Hyuga. Shinji a pensé à une tactique de défense militaire dont il aimerait vous parler à vous et Yuta. En ce moment, votre frère vous attend dans le petit salon, seul. Il aimerait s'entretenir avec vous avant que vous ne partez pour la réunion.
-Merci, Yuko. Dis à Sasuke que j'arrive.
-Je vais de ce pas faire du thé, altesse. Hokage-sama en voudrait-il lui aussi une tasse ?

Sakura fut réveillée par la soif aux alentours de neuf heures du matin. Elle n'avait dormi que trois heures. Epuisée, elle se leva chercher de quoi boire. En entrant dans la cuisine, elle aperçut Sasuke marcher vers la porte d'entrée.

-Tu sors ? demanda-t-elle d'un ton qui se voulait casuel.

L'Uchiha se retourna, surpris. Il n'avait pas du l'entendre arrivé, chose étrange. D'ordinaire, il était toujours sur ses gardes, à l'affut du moindre bruit, de la moindre présence. Le ninja avait du être absorbé dans ses pensées quelques minutes, ce qui renforça la curiosité de Sakura. Ces derniers jours il sortait souvent. Bien sur, il avait des choses à faire; ses visites médicales, son projet de rouvrir la police de Konoha qui nécessitait des recherches... Mais elle sentait qu'il y avait autre chose qui retenait son attention, qui l'occupait plusieurs heures par jour.
Pour ne pas sembler trop intéressé, elle porta son attention sur l'eau et s'en servit un verre.

-Oui, j'ai rendez-vous, lui répondit-il.

Surprise, elle suspendit son geste un instant. Un rendez-vous ?! Son cœur rata un battement.

-Je ne savais pas que tu voyais quelqu'un, souffla-t-elle.

Il leva un sourcil et se retourna pour cacher son petit sourire amusé devant sa mine déconfite.

-Pas dans ce sens là... C'est professionnel.
-Tu y vas seul ?

La Haruno se mordit l'intérieur de la joue. Quelle idiote ! Pourquoi n'avait-elle pas réussi à rester de marbre ? Elle ne voulait pas retomber dans ses vieilles habitudes.

-Oui.

Mécontente, elle le fixa les dents serrés.

-J'ai l'autorisation de Kakashi si c'est ce qui t'inquiète.
-Bien, je ne voudrai pas que tous tes efforts soient gâché parce que tu n'as pas respecté une simple règle.
-Tu doute de moi ? demanda-t-il.
-Je devrai ? répliqua-t-elle froidement.

Sasuke était surpris de ce volte face soudain. Sakura l'avait soutenu tout ce temps et maintenant...
Il était déçu, plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Ce regard froid lui restait en travers de la gorge. Il détestait cette sensation.

-Je dois y aller, je suis déjà en retard.
-Passe une bonne journée.
-Dors bien.

Sur ce il partit sans un dernier regard.

Sasuke attendait sa sœur dans le salon de sa suite. Il ne savait même pas que les hôtels de Konoha disposait de telles appartements pour les personnes qui avaient les moyens de se les payer. Tout brillait ici. ça empestait l'argent. Il se doutait bien que les souveraines ne logeaient pas dans de simple chambre mais tout de même... Les impôts de plusieurs ménages devaient servir à payer rien qu'une nuit dedans.
Après plusieurs longues dizaines de minutes d'attente, Ayumi daigna de lui offrir sa présence. Les cheveux entremêlé, un léger kimono de nuit sur elle, le visage rougi, des cernes creusées, elle s'avança vers lui.

-Il est beau le visage de la royauté, ricana-t-il.
-Ta gueule.
-Je n'imagine pas ce que tu as du boire pour être dans cet état aujourd'hui.

Sans se préoccuper plus longtemps de ce que son frère disait, la jeune femme se servit du thé et mélangea du bout de ses baguettes son œuf dans son bol de riz.

-Pourquoi avoir avancé ta visite aussi tôt dans la matinée ? demanda-t-elle avant de commencer à manger.
-J'avais du temps libre, répondit-il en haussant les épaules. Le hokage me reçoit cet après-midi pour discuter de mon projet.

La reine hocha distraitement la tête et continua de savourer son repas. Son frère soupira. Il aurait du venir lorsqu'elle avait fini de déjeuner, c'était probablement l'un des seuls moments de la journée où elle était d'une humeur passable. Sasuke avait besoin de son aide et ça semblait mal parti si il n'arrivait même pas à capter son attention.

-Tu pourrais au moins faire semblant de t'intéresser à ma vie, ronchonna-t-il.
-Sérieux ? s'étonna-t-elle. C'est pas suffisant de faire semblant d'écouter ce que tu dis ?

Sasuke leva les yeux au ciel. Kami-sama...

-J'ai besoin de toi, dit-il.
-Pourquoi tu dis ça comme si c'était nouveau ? Tu as toujours besoin de moi. Ta vie n'aurait aucun sens sans moi

L'Uchiha serra les dents. Elle avait vraiment le don d'être agaçante.

-Il faudrait que tu m'aide à trier les affaires à la maison.

Ayumi lui offrit une œillade noire.

-Non mais tu m'as pris pour ta servante ? Sakura et toi n'avez pas de bras ? Vous êtes trop attardé pour nettoyer vos crasses comme deux adultes-
-Je parle de notre maison.

La souveraine se figea. Son frère nota immédiatement son trouble.

-Je ne vois pas en quoi ça presse, souffla-t-elle. Tu ne compte pas retourner y vivre demain tout de même.
-Non, mais j'aurai besoin de documents qui pourraient se trouver dans les affaires de père et des clés du commissariat.
-Pourquoi as-tu besoin de ça ?
-Mon projet consiste à redonner vie à la police de Konoha. Je compte reprendre certaines choses de l'ancien système. Pour monter un projet solide j'ai besoin de certaines informations qui se trouvent uniquement dans le commissariat et pour ça il faudrait que je sache y entrer.

Ayumi garda le silence quelques instants. Elle ne souhaitait pas retourner dans leurs maisons et encore moins fouiller dans les affaires de leurs parents.

-Si il ne s'agit que de ça, tu peux t'en occuper seul. Père rangeait les dossiers dans son bureau au rez-de-chaussée. Ses clés doivent encore être accroché au mur dans le vestibule en dessous du grand miroir.
-J'avais pensé que puisque tu es là, c'était aussi l'occasion de remettre la maison à neuf et trier les affaires. On ne peut pas la laisser dans cet état éternellement.

Ce que Sasuke disait n'avait rien d'insensé mais Ayumi ne se la sentait pas. L'aura que dégageait leur demeure lui faisait froid dans le dos. C'était peut-être uniquement psychologique mais rester dedans en sachant ce qui c'était passé lui donnait la nausée.

-Si je trouve le temps bien sur, mentit-elle.

D'ordinaire, même avec ses horaires serré, Ayumi aurait trouvé du temps pour aider son frère mais retourner dans cette maison était au dessus de ses forces... Kakashi pouvait bien dire que ce qui comptait c'était les bons souvenirs, lorsqu'elle se tenait dans le salon et fermait les yeux elle pouvait presque sentir l'odeur du sang qui y avait coulé onze ans plus tôt.

Tenten sortit de l'ascenseur et tourna à droite. Calmement elle se dirigeait vers la chambre de Neji. Aujourd'hui n'était pas son jour de visite, mais elle avait promis au jeune homme de passer dès qu'elle en aurait le temps pour lui raconter comme c'était passé la fête de fiançailles de sa cousine. Tenten aurait aimé pouvoir venir plus tôt mais cela ne fut pas possible. Elle avait du assurer la réception de nouvelles marchandises pour le magasin.
Alors qu'elle n' était qu'à dix mètres de sa destination, une femme qu'elle n'avait jamais vu sorti de la chambre du Hyuga avec son respirateur artificiel.
Un frisson lui parcourut l'échine. Elle vit rouge et s'encourut dans sa direction automatiquement. Une envie de meurtre s'empara d'elle, une colère noire et sanguinaire qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant se répandit jusque dans ses trippes. Chaque muscle de son corps était tendu au maximum et agissait d'une volonté propre. Tenten n'était plus en mesure de réfléchir. Voir cet appareil en dehors de la chambre de Neji avait brisé quelque chose en elle. Si la machine était là, cela voulait dire qu'il en était détaché. Si c'était le cas, il ne pouvait plus respirer, ce qui impliquait sa mort prochaine. Tenten ne pouvait accepter cela. La kunoichi ne laisserait pas cela arriver.

-lâchez ça, s'époumona-t-elle.

La médecin ne la regarda même pas et continua son chemin. En deux enjambées, Tenten se retrouva à sa hauteur et la saisit par le col. Elle plaqua le médecin contre le mur et enserra brutalement sa gorge.

-Ne me touchez pas saleté d'humaine ! hurla Megumi en se débattant. Nori, appelez la reine !
-Taisez vous bande d'idiot, tonna Tanaka depuis la chambre. La reine a mieux à faire qu'entendre vos simagrées !

Tenten resserra sa poigne et la secoua en lui sommant de remettre à sa place l'équipement médical.
Shizune alarmé par ce raffut rappliqua.
Les mains de la maitresse d'arme lâchèrent le cou de l'hybride alors qu'elle était tiré en arrière par la med-in.

-Tenten, calme-toi. Qu'est ce qui se passe ?
-Tu me demande de me calmer quand ils sont en train de tuer Neji, hurla-t-elle.

La med-in l'observa dépassée avant d'apercevoir le ventilateur gisé au sol non loin de Megumi tentant de reprendre son souffle. Elle fit rapidement le lien et empêcha la brune de se rapprocher. Shizune n'avait pas envie de se battre avec Tenten, qui semblait tout à fait incontrôlable. Sans perdre du temps elle lui expliqua la situation.

-Tenten, Neji n'a plus besoin d'être entubé.

La maîtresse des armes en perdit ses mots. Elle manqua presque de s'évanouir. Neji était-il donc mort ? Tout était fini ? Déboussolée, elle recula de quelques pas, chancelante. Le cœur dans la gorge, elle sentit une douleur indescriptible lui serrer la poitrine emportant son souffle avec elle. Sa tête menaçait d'exploser.

-Neji a retrouvé ses capacités respiratoires autonomes, ajouta rapidement Shizune comprenant ce qui passait dans l'esprit de la chunin au visage horrifié.

Ses muscles se détendirent d'un pouce. Elle leva la tête, le regard brillant d'une nouvelle lueur. Quelque chose qu'elle n'avait plus ressenti depuis la fin de la guerre.

-Neji n'est pas mort ? demanda-t-elle presque craintive, la voix vibrant d'espoir.
-Non, il arrive à respirer seul maintenant. Tout est le mérite du Dr. Megumi. C'est elle qui lui a administré son traitement.

Tenten se tourna vers la femme qu'elle avait agressé quelques minutes plus tôt.

-Il va se réveiller ? demanda-t-elle les yeux écarquillés.

Sèchement elle acquiesça les sourcils haussés.

-Bien sur, dit-elle d'un air arrogeant comme si c'était la chose la plus normale au monde, et qu'elle soit outrée qu'on ose lui demande de confirmer.

Sans qu'elle le voie venir, la ninja se jeta dans ses bras et la serra contre elle. L'hybride n'eut pas le temps de s'en offenser qu'elle sentit des larmes couler dans son cou. Tenten sanglotait.

-Mer-merci, balbutia-t-elle. Merci infiniment.

Etsuko, attendrie, oublia quelques instants toutes ses idées sur les ninja et frotta tendrement le dos de la maîtresse d'armes. En cette instant, elle n'était qu'une simple proche d'un patient qui entrevoyait l'espoir de le voir se réveiller.

-Au plaisir, souffla-t-elle.

-Si ils viennent dans notre pays c'est pour être en paix et ne plus avoir à se battre, ajouta Ayumi à bout de patience. Je n'ai pas les mêmes ressources militaires que vous. Mes hommes sont surentrainé. Ce sont des soldats d'élite mais je n'ai pas beaucoup d'effectif. Le pacte m'arrange à commencer par les arrestations hors du territoire. Je ne peux pas tout le temps me permettre d'envoyer une équipe par fugitif.
-Que nous offririez-vous en échange ? demanda Mei.
-Le savoir de mes médecins. Neji Hyuga respire désormais de manière autonome.
-Mais il ne s'est pas encore réveillé, constata Gaara.
-Ce n'est plus qu'une question de temps. Ils retrouvent de plus en plus ses facultés. Si lorsque nous en avons besoin vous me cédez des effectives raisonnables, je vous rémunérai mais je veux avoir droit à un tarif amical.
-J'ai des réserves, intervint A encore une fois. Qu'est ce qui nous dit qu'une guerre éclatera ?
-Avez-vous écouté un mot de ce que je disais ces derniers jours, Kazekage ? s'agaça Ayumi.
-Un homme est venu vous proposer de détruire tous les shinobis. Bien, admettons que ce soit vrai, et alors ? demanda-t-il sur un ton arrogeant. Ce ne sont que des paroles, nous n'avons remarqué aucune présence hybride sur nos territoire. Vous ne croyez pas que toute cette panique est disproportionné par rapport à la menace ? Un de vos agents aurait eu une vision, très bien ! Mais l'avenir n'est pas figé tout de même !
-J'ai envoyé des hommes infiltré leurs rangs, ils sont en train de se fournir des armes de destructions massives en grande quantité !
-Qui nous dit qu'elles sont destiné à nous abattre ? Après tout vous aviez bien dit qu'il voulait aussi en finir avec les démons. C'est ce pourquoi ils sont venu vous proposer un marché.
-Comment expliquez-vous l'attaque du village Tanzaku alors ?
-N'importe quels ennemis auraient pu la faire
-A mon époque peu de ninja tuait des civils par dizaine en entrant dans un pays ennemi ! ça n'a aucun sens ! Qu'est ce que vous attendez de vous retrouvez avec une armée aux portes du village pour avoir une preuve ? Vous comptez rester les bras croisé et attendre le déciment de la moitié de la population pour vous réveiller ?!
-calmons-nous, souffla le tsuchikage.

La reine attrapa une ciagrette et l'alluma en un claquement de doigt. Mieux valait qu'elle garde ses mains occupé pour ne pas céder à la tentation de les poser autour du cou du raikage et briser sa nuque.

-Je pense que nous devrions reprendre le débat demain, intervint Gaara. Cela fait trois heures que nous sommes ici et nous n'avançons pas.
-Le kazekage a raison, ajouta le tsuchikage en se levant. Mon vieux dos ne supporte plus de rester assis aussi longtemps, je m'en vais.
-Raikage, appela Mei. Tachez d'être supportable demain. Nous avons tous des horaires chargé, et sommes tous sous pression. Arrêtez de nous faire perdre du temps par caprice.

Sur ce la mizukage sortit. A, rouge de colère, la suivit au pas de course sans accorder un regard aux autres. Ayumi entendit des éclats de voix provenir du couloir mais ne réagit même plus, habitué à présent au personnage que constituait le raikage.

La salle se vida rapidement. Kakashi se rapprocha d'Ayumi sans rien dire. La reine leva son regard sur lui et demanda à Kuichi, Aya et Yuko de partir sans l'attendre. Une fois tout le monde dehors, le hokage attira la souveraine dans ses bras et baisa doucement son visage contrarié de son front à sa mâchoire. Il la parsema de baisers. Petit à petit il la sentit se détendre et même légèrement sourire.

-Dis à propos de ce matin, commença-t-il incertain de quoi dire.

Ayumi soupira bruyamment, son expression sereine envolée, elle évita son regard.

-Je ne vois pas l'intérêt de revenir là-dessus.
-Ayumi...
-Ecoute, insista-t-elle. Tu n'as pas à te justifier. On n'était pas marié, on ne s'est jamais rien promis. J'ai été absente pendant douze ans, tu étais tout à fait en droit de faire ce que tu voulais. D'ailleurs j'ai fais de même... Alors on est quitte...
-Uchiha, l'appela-t-il comme quand il était plus jeune. Pourquoi tes yeux disent le contraire ?
-Je ne savais pas que mes yeux parlaient, Hatake, le taquina-t-elle.
-Moi je les trouve très expressifs...
-Et dis-moi qu'est ce qu'ils te disent ?

Les mains de Kakashi raffermirent sa prise sur la taille d'Ayumi. Il l'accula contre son bureau, ses jambes pressés contre les siennes. Une de ses mains remonta et se posa contre sa nuque tandis que l'autre descendit dans la fente de son kimono. La jeune femme leva la tête et le regarda se rapprocher d'elle sans lacher son regard.
Le bruit de coups tapé contre la porte les firent sursauté. Ayumi ne trouvant pas son masque se cacha rapidement en dessous du bureau. Ils s'éloignèrent au moment où une Anko souriante entra d'une démarche aguicheuse.

-Hokage-sama, sourit-elle.
-Anko, saluât-il sobrement.
-Je me demandais si vous vouliez vous joindre à moi ce soir pour diner, il y a longtemps que nous ne nous sommes pas retrouver en tête à tête.

Kakashi se figea alors qu'elle se rapprochait doucement de lui comme un prédateur prêt à sauter sur sa proie.

-Merci de la proposition mais j'ai des dossiers qui requiert mon attention immédiate.
-Je peux vous aider à vous détendre vous savez, il ne me faudra pas longtemps, souffla-t-elle en regardant son entre-jambe. Ce ne sera pas la première fois.

L'ancien sensei sentit une sueur froide descendre le long de son épine dorsale. Il devait la mettre dehors au plus vite. Les prochaines minutes avec Ayumi risquaient d'être loin d'être plaisante.

-Je suis vraiment désolé Anko, dit-il en l'accompagnant vers la porte. Je n'ai vraiment pas de temps pour moi.
-Il faut que vous en prenez, c'est important pour être performant.

Le rokudaime souffla doucement, cherchant à garder son calme et refusa encore une fois de manière un peu plus ferme.
Lorsqu'il réussit à mettre la jounin dehors, il remarqua qu'Ayumi n'était plus là.

-Et merde, grogna-t-il.

Les portes s'ouvrirent, Ayumi entra rapidement sans saluer personne le visage fermé. Les occupants de la salle se levèrent à peine ils la virent mais elle ne s'arrêta pas, continua sur sa lancée vers son bureau. Elle daigna uniquement de faire signe à Yuta de la suivre.
A peine avait-il passé le seuil qu'elle claqua la porte derrière lui.
L'homme ne dit mot, habitué au caractère lunatique de sa souveraine. D'un geste sec, elle ouvrit les tiroirs de son bureau, jeta son paquet de cigarette devant elle, saisit une bouteille de saké et en but une lapée au goulot. Yuta l'observa sans rien dire. Quelques secondes plus tard, elle reposa la bouteille et poussa un soupire satisfait.

Tout en allumant sa cigarette, elle lui demanda quelles découvertes il avait fait.

-Keiko m'a envoyé son rapport ce matin. De peur d'avoir été découverte, son équipe et elle ont préféré se replier.

Ayumi se prit la tête entre les mains.

-Ont-ils des raisons de penser qu'ils sont sous nos ordres ? demanda-t-elle.
-Mis à part leurs appartenances ethniques, non. La seule qui n'avait pas d'origine hybride est Keiko.
-Les hybrides ne sont pas capables de reconnaître les succubes.
-Non. En théorie non.

La souveraine massa doucement ses tempes, inquiète. Elle avait déjà prit des risques en venant en personne passé un accord avec l'alliance ninja. La découverte de sa présence n'était qu'une question de temps. Elle espérait juste que cela arrive lorsqu'elle ait réussit à passer le pacte. Si en plus de cela ce pseudo mouvement de la libération apprenait qu'elle les avait fait infiltré, elle risquait de devoir faire face à un deuxième ennemi plus tôt que prévu. En ce moment, la seule attaque que son pays pouvait craindre était celle du royaume de l'Ouest et c'était déjà assez comme cela.

-Qu'il y avait-il d'autre dans son rapport ? s'enquit-elle.

Yuta tiqua. Ayumi écarquilla les yeux. L'hybride était nerveux. Quelque chose de vraiment mauvais devait se tramer. La souveraine sentit son estomac se retourner, anxieuse des nouvelles qu'il allait lui donner?

-Vous ne vous êtes jamais demandé d'où venait tous ces hybrides ? demanda Yuta.

L'Uchiha fronça les sourcils, surprise.

-Bien sur que si, répondit-elle perplexe.
-Quelle est votre théorie ?
-Je pensais que tu n'aimais pas spéculer, s'amusa-t-elle.
-Altesse, s'il vous plait...
-Je suppose que la majorité d'eux viennent des villages cachés ou des frontières des empires démoniaques, soupira-t-elle après un instant de réflexion. Et ils veulent se venger de leurs bourreaux.

Le blond hocha la tête.

-D'après Keiko, souffla-t-il. Presque la moitié des hybrides appartenant à ce mouvement viennent du pays de la nuit.

Ayumi en resta sans voix... Bien sur elle savait que certains venaient de son royaume mais pas autant... Comment était-ce possible ? Elle avait été une bonne dirigeante, elle avait rétabli l'ordre, l'union du pays, crée des emplois, renforcé les programmes sanitaires et favorisé la recherche dans tous les domaines au point que leurs technologies médicales dépassent de loin celles des pays ninja.

-Pou-pourquoi ? demanda-t-elle.
-Ceux avec qui elle a parlé lui ont dit qu'ils le faisaient pour les générations futures, pour ne plus devoir vivre caché et loin des autres nations.

Elle hocha la tête toujours surprise... D'une part elle comprenait leurs arguments mais ne pouvait rester les bras croisés.

-Les membres de ton équipe en ont-ils reconnu certains ?

Il acquiesça, le regard horrifié. L'hybride avait comprit. Elle savait. Son regard froid et calculateur ne laissait pas de place au doute.

-A quoi pensez-vous ? demanda-t-il malgré son pressentiment.

Tendue, elle prit une profonde inspiration.

-Nous ne pouvons pas les laisser faire, constata-t-elle impassiblement. Nous devons les tuer avant qu'ils n'enrôlent d'autres hybrides de nos terres dans cette entreprise macabre. Ensuite nous nommerons un ministre pour diriger une campagne de sensibilisation. Si j'arrive à faire passer ce pacte, nous pourrons faire des échanges d'étudiants ou envoyé de la main d'œuvre spécialisé pour que l'alliance ait accès à notre savoir-faire. En vivant ensemble, les mentalités changeront.

Yuta ferma les yeux un instant et hocha la tête.

-J'espère de tout cœur que vous y arriverez, altesse.
-Il le faut... Sinon ils comprendront qu'aucun traitre ne peut espérer vivre sous mon règne.

Sakura attendait le hokage devant son bureau, ses yeux cernés se fermaient d'eux même. Elle n'avait pas réussi à refermer l'œil depuis le départ de Sasuke.
Des voix attirèrent son attention dans une salle adjacente. Elle reconnut les ombres de Kurenaï et Anko. La disciple d'Orochimaru semblait contrarié. A la mention de son sensei, Sakura tendit l'oreille.

-Qu'est ce qu'il t'a répondu ? demanda Kurenaï.
-Qu'il n'avait pas le temps, soupira son amie. Il ne m'avait jamais rejeté aussi froidement.
-Le travail d'hokage demande beaucoup, ça fait deux semaines que je ne l'ai plus croisé. Shizune m'a dit qu'il rentrait directement dès qu'il finissait ses dossiers pour récupérer ses heures de sommeil. Le pauvre est épuisé.

La mauve souffla bruyamment.

-Tu crois qu'un jour il voudra d'une relation sérieuse avec une autre qu'A-
-Ne prononce pas son nom, l'interrompit Kurenaï. Peut-être qu'il espère qu'elle soit encore en vie...
-Peut-être... ça ne m'étonnerait pas à vrai dire, ria-t-elle amèrement. Tu te rappel la manière dont il la regardait ? Je ne l'ai jamais vu en regarder une autre de cette fa-

Les deux kunoichi se turent lorsqu'elles virent Sakura dans le couloir. La Haruno fit mine de rien et elles se saluèrent. Au même instant, Shizune l'invita à entrer dans le bureau de l'hokage, et elle du réprimer son envie d'en savoir plus. Kurenaï leur avait parlé d'une jeune Uchiha qui avait disparu et dont Kakashi était proche. Etait-ce d'elle qu'Anko et Kurenaï parlaient ?

-Sakura ! sourit Kakashi. Quel bon vent t'amène ?
-Kakashi-sensei, le salua-t-il. Tsunade-shisou m'a envoyée vous parler de mon projet.

Son ancien professeur déposa le document qu'il tenait en main et se cala confortablement dans son fauteuil. Il lui fit signe de s'assoir et Sakura prit place en face de lui. Elle remarqua les traits légèrement tiré du dirigeant. Depuis qu'il avait prit ses fonctions, il semblait en permanence épuisé malgré le sourire détendu qu'il abordait en permanence. Les marques du temps commençait à laisser des traces au coin de ses yeux.

-Dis-moi, quel est le projet qui demande mon aval ?
-Ce n'est pas tellement votre accord qui me serait nécessaire mais des fonds.

Intéressé, il lui fit signe de développer.

-J'aimerai faire un essai clinique, commença Sakura. La guerre est peut-être fini mais elle a laissé des traces partout, autant chez les ninja que les civiles. Je crois que le manque de suivi psychiatrique pourrait nous apporter des problèmes. Nous ne réagissons pas tous de la même manière aux traumatismes. L'accident qui s'est produit il y a quelques jours à l'hôpital montre qu'il y a des séquelles à traiter.

Kakashi se contenta de hocher la tête. En tant que ninja, il ne pouvait d'aucune manière réfuter ce que la jeune femme disait. Il connaissait l'impact de la guerre sur l'esprit des hommes, aussi fort soit-il.
Pendant une heure, le professeur régla avec son élève les détails techniques et l'ampleur que Sakura pourrait donner à son projet. La discussion fut fructueuse et ils décidèrent d'un autre rendez-vous avec le département des finances du village en plus du conseil pour qu'elle puisse obtenir des subsides.
Sakura se releva et s'inclina respectueusement.

-Merci infiniment, sourit la rose.

Il balaya ses paroles d'un geste de main.

-Merci à toi de travailler aussi dur pour le village et protéger ses habitants, sourit-il en retour.

A ses paroles, Sakura se tendit légèrement. Elle eut une pensée pour Sasuke et son attitude étrange ces derniers temps. Devrait-elle en parler à son professeur ? En un sens c'était une trahison et un manque de confiance envers l'Uchiha, et d'une autre si quelque chose de grave se tramait ce serait mettre en danger son village. L'angoisse se répondit dans la poitrine de Sakura qui ne savait comment réagir. Non, pensa-t-elle. Tout cela n'était qu'un malentendu, elle dramatisait.

-Il y a autre chose dont tu voudrai me parler ? s'enquit le hokage.

Sakura se mordit l'intérieure de la joue hésitante.

-Tu semble préoccupé, ajouta-t-il.
-Je ne sais pas si il y a vraiment de quoi...
-C'est Sasuke, n'est ce pas ?

La rose rougit mais hocha la tête, difficile de cacher quoique ce soit à son sensei. Kakashi la connaissait trop bien. Parfois elle se demandait si il ne pouvait pas lire dans son esprit.

-Sasuke semble ailleurs ces derniers temps.
-Son projet lui prend beaucoup de temps, et doit faire remonter énormément de souvenirs en lui. Il est venu m'en parler tout à l'heure. La police de Konoha a toujours été dirigé par son clan. Leur dernier chef était son père.
-Je m'en rends bien compte, et il est courageux de le faire. Nous n'avons pas tous les nerfs nécessaires pour nous occuper d'une chose pareille mais...

Kakashi hocha la tête et attendit qu'elle exposa le problème, le visage incertain.

-Il sort souvent, ajouta-t-elle nerveusement en regardant le sol. D'une part pour ses recherches en bibliothèque, je le sais, il passe ses soirées la tête dans les livres ces derniers temps mais pas seulement. Il va voir quelqu'un et il me le cache. Je ne sais pas qui ni pourquoi mais je le sais... Je le sens il cache quelque chose. Ce n'est peut-être pas important mais...

L'ancien anbu fronça les sourcils. Il se doutait bien que Sasuke allait voir Ayumi mais ne comprenait pas comment la rose s'en était aperçu.

-Tu n'as pas à t'inquiéter Sakura. Tout va bien.

La rose, piquée au vif, releva brusquement sa tête. Elle darda son regard accusateur dans celui du rokudaime. Il y avait donc bien quelque chose, elle ne se faisait pas des idées.

-Vous êtes au courant, constata-t-elle.

Il lui sourit et se leva pour l'accompagner à la porte.

-Je m'occupe de Sasuke, concentre toi sur ton projet. Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles ont l'air d'être. Fais lui confiance.

Peu convaincue, elle acquiesça et partit.

-Allons ! ria une jeune femme à la chevelure blonde comme les épis de blé. Tu ne vas pas faire cette tête renfrogné durant tout notre séjour, Yoshiro. A cette allure certains pourraient pensé que ce qui s'est passé entre la reine et toi était plus que simplement physique...

Ses prunelles luisaient d'une lueur maléfique presque perverse. On aurait pu croire qu'elle se réjouissait de la douleur de son interlocuteur.
Le commandant, la shaman et le dirigeant de services des renseignements se tenaient dans le premier salon des appartements royaux. Ils venaient de finir de manger, la reine s'était retiré avec Yuko, Shinji et Aya afin de participer à une vidéo-conférence avec le conseil. Yuta buvait tranquillement son thé alors que Kaede se jouait de Yoshiro. Le jeune commandant tirait la tête depuis le début du repas quand il avait vu la reine pour la première fois de la journée.

-Elle empestait son odeur, grogna-t-il.
-De qui donc ? chantonna-t-elle innocemment.

Il lui lança un regard agacé mais répondit tout de même.

-Le hokage.

Alors que le visage de l'hanyou se renfrognait celui de la shaman se mit à briller.

-Les auras ne mentent pas, s'enthousiasma-t-elle.
-Elle passe son temps en réunion avec lui, contra Yuta.

Le soldat lui offrit une expression à faire glacer le sang.

-Ne fais pas l'idiot, sa chambre et son lit étaient imprégné de son odeur. Ils passent leurs nuits ensemble, cracha-t-il.
-Je ne vois pas où est le problème, Yoshiro, sourit Kaede.
-Il la distrait de son devoir. La reine a mieux à faire que perdre son temps avec lui.
-Je ne crois pas que les distractions que subissent son vagin auront une quelconque incidences sur les affaires du pays. Sinon on l'aurait su à l'époque où tu passais tes nuits entre ses jambes.
-Il n'a aucun droit sur elle ! explosa-t-il.
-Pas plus que toi !
-Contrairement à lui je n'ai jamais mis en danger la conclusion d'un pacte !
-Calmez-vous, soupira Yuta exaspéré.

L'agent royal se tenait les tempes, cherchant une solution afin de calmer l'agitation ambiante. La liaison avec le hokage semblait faire du bien à la reine. Il ne ferait rien pour y mettre un terme. Cette situation pourrait même être bénéfique pour l'accord qu'elle devait obtenir. Il ne pensait pas qu'elle l'ait fait exprès mais peut-être devait-il le faire croire. Yoshiro devait se calmer, dans cet état de rage il ne lui était d'aucune utilité.

-La reine sait que cette liaison peut nous servir au contraire, je ne pense pas qu'elle ait perdu ses esprits, loin de là.

Ses deux interlocuteurs froncèrent les sourcils. Kaede l'observait incertaine, sachant ce qu'elle avait vu quand les deux souverains interagissaient tandis qu'une lueur d'espoir naquit dans le regard de Yoshiro. Yuta aurait peut-être du se sentir mal de manipuler ainsi les sentiments de son compagnon d'arme mais ce fut loin d'être le cas. Manipuler les autres était parti intégrante de son métier, il le faisait tous les jours sans plaisir ni dégout. La seule satisfaction qu'il en retirait était celle de savoir qu'il faisait tout son possible pour protéger son pays et sa race. Peu importait les moyens qu'il devait utiliser pour atteindre ses objectifs.

-Serais-tu en train d'insinuer qu'elle couche avec lui pour faciliter l'accord ?

Yuta hocha les épaules et s'alluma une cigarette.

-Tout ce que je sais c'est que la liberté de son altesse dépend de ce traité. Elle a servi notre pays pendant douze ans pour ses frères. Son objectif est de pouvoir retourner auprès de celui qui lui reste.
-Et quand la reine veut quelque chose elle l'obtient peu importe les moyens, souffla sombrement la shaman.
-Elle est notre reine, l'épouse de feu notre roi, continua Yuta. Elle ne ferait rien pour nuire notre pays, garde ça en tête Yoshiro.

Le soldat hocha la tête. L'affaire réglé, le blond sortit et partit sans apercevoir dans l'ombre de la façade un homme à la chevelure argenté ayant suivi tout l'échange. Alors que Yuta pensait avoir amélioré la situation et gagné quelques heures de sérénité pour son esprit, il avait peut-être ruiné tout. Kakashi était venu le pas léger avec de la glace, espérant faire plaisir à la reine, il repartait les mains tremblantes, l'âme brisé.

-Ayumi... Tu t'es joué de moi tout ce temps...


Salut ! J'espère que vous allez bien.
Tout d'abord j'aimerai m'excuser pour cette longue absence mais avec mes examens à l'université et mes vacances j'ai pas vraiment eu le temps pour écrire.
Suite à certaines remarques, j'ai décidé d'essayer de racourcir un peu mes chapitres et ne pas dépasser la barre des 10.000 mots par chapitre.
Merci à tout ceux qui ont lu jusqu'à la fin. J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaires et éventuellement me faire des remarques sur ce qui vous a déplu. Ces commentaires constructifs m'aident beaucoup à m'améliorer et m'encouragent pour la suite.

J'essayerai de vous poster la seconde partie du chapitre 7 pour la mi septembre.
En attendant portez vous bien et bonne rentrée !
Amour et mousse au chocolat
Mistuki

Ps: Je viens de voir le commentaire, concernant la mise en page. J'espère que maintenant c'est résolu. Merci de m'avoir prévenue ^^