A Reylo story.

Note : Ça fait longtemps hein ? Vous m'avez manqué.

Excuses : Pardon pour cette année de silence, pardon pour l'attente, pour les promesses déçues, pour tout ce que j'aurait dû faire et n'ai pas fait. Pardon.


Chapitre 10 : Un moment parmi d'autres

C'était un moment hors du temps. Juste lui et elle, l'homme et la femme, Ben et Rey ou Kylo et Rey, au fond, qu'est ce que ça changeait ? Ça ne changeait rien. Il venait juste s'en rendre compte. Rien ne changeait. Qu'il soit Ben ou Kylo, ça ne changeait rien à ses sentiments, rien à son désir, rien à la chaleur du corps de la rebelle, rien à la tendresse du moment.

C'était étrange. Comme un cocon, un univers de coton, doux et accueillant. Comme une odeur de l'enfance qui remonte aux narines dans un effluve délicieuse. Comme le souvenir de bras forts et rassurants qui se referment en une étreinte affectueuse. Comme... comme la maison.

Et il comprit. Il comprit que sa place n'était ni auprès de Snoke, ni auprès de sa mère, pas dans un vaisseau ou dans un cercueil. Non. Sa place, elle était là, dans les bras de Rey, caché dans les replis de sa tendresse, amoureux de sa nuque et de l'odeur de ses cheveux. Il était son ombre, elle était sa lumière et qu'importe dans quel sens on tournait la chose, ils ne faisaient qu'un, un grand ensemble.

Un grande chaleur lui remonta dans la gorge et prit de folie, il se pencha vers Rey, tentative fiévreuse de l'embrasser.

Et elle accepta. Aussi simplement que ça. Ça n'était pas grand chose, ses lèvres sur les siennes, même pas de baiser approfondi. Mais c'est un feu d'artifice qui explosa dans sa poitrine, si fort qu'il sentit les Forces, lumineuse et obscure qui gravitaient dans sa tête, s'agiter comme des serpents, s'enrouler autour de sa vision et de ses sentiments, dans une vaine tentative de les contrôler. Sauf qu'elles n'y arriveraient pas. Jamais. Ses sentiments étaient à lui. Pas à un Jedi nommé Ben, pas à un chevalier du nom de Kylo. Non. Ils étaient à lui. Et il était son propre maître.

Rey ne savait plus trop ce qu'elle faisait, ni où elle en était. En fait si, elle savait où elle était. Sur les genoux de Kylo Ren, sur un canapé en cuir noir, dans un vaisseau de l'Ordre. C'était déjà très étrange comme ça, sans compter sur le souvenir de... Ses doigts qui la caressaient avec la tendresse d'un amant, sa respiration brûlante dans sa nuque, son torse derrière elle, large et dur.

Elle savait très bien ce qu'elle en pensait. Elle avait appris à ne jamais se mentir à elle même, et ce n'était certainement pas aujourd'hui que ça allait commencer. Elle ne permettrait pas à Kylo Ren de la faire se tromper sur elle-même. Elle allait regarder les choses en face, comme elles étaient et non pas comme elle voulait qu'elles soient.

Car elle aurait adoré ne rien ressentir. Elle aimerait tellement être froide, sans émotion. Avoir la force de penser et de dire « plutôt mourir que de me laisser aimer ». Se relever la tête haute, sans peur et sans faiblesse.

Mais bien sûr que non. Elle savait. Elle aimait ça. Pour la première fois, elle se sentait importante. Réellement importante, aux yeux d'une seule personne. Non. En fait, c'était plus que ça. Elle avait l'impression que son univers entier tournait autour d'elle. Qu'elle était son centre, son point d'attache. Elle adorait ça. C'était extraordinairement égoiste et arrogant et vicieux. Mais c'était ça. Après des années de solitude, de pauvreté, de soleil éreintant, de travail fatiguant, de cauchemars, de sable, elle avait trouvé une famille. Et elle venait de trouver... quoi au juste ? Sa part d'ombre ? Elle laissa reposer sa tête contre son torse. Ça semblait tellement naturel.

Oui, bien sûr qu'il était sa part d'ombre, comme elle était sa lumière mais... après ? Outre ça ? Soudain, elle le sentit bouger. Elle se tourna instinctivement vers lui et l'instant d'après, il l'embrassait. Elle avait l'impression que c'était une explosion de fraîcheur dans tout son être, un vent froid qui partait de sa bouche pour se répandre dans tout son corps et c'était la chose la plus délicieuse du monde, de l'univers. Elle répondit au baiser, parce que c'était ce qu'elle voulait. Plus de lui, plus de fraîcheur. Moins de doutes.

Ren s'écarta un peu, colla son front contre le sien. Elle avait les yeux fermés et elle était belle. Sauvage, indomptable, et dans ses bras et en train de l'embrassait et il n'en pouvait plus. Soudain, il se trouva avec des mots pleins la gorge, des idées, des promesses, des déclarations, des excuses qui se bousculaient pour sortir en premier. Il ne savait ni comment commencer, ni comment finir, mais il se retrouva quand même, les yeux dans les yeux avec Rey, à ouvrir la bouche, les mots qui sortent comme une bouillie, un vomi de parole régurgité, jeté à la figure de la jeune fille sans ordre, ni commencement, ni fin :

-Rey...Je... je ne sais pas, je ne sais plus, mais je sais que je suis moi. Enfin finalement moi, à la maison, dans tes bras... C'est toi, ç'a toujours été toi, tu es... ce que j'ai de précieux, ce que je veux protéger, ce que je veux... être là, pour toujours, juste avec toi parce que... tu me réchauffe, tu m'apporte tout ce que je n'ai pas... La chaleur, la sécurité... la stabilité. L'équilibre. On est un équilibre Rey, on... on se complète. Les deux faces d'une même pièce. Les deux côtés d'une même ... tu es ma lumière, je suis ton ombre. Je... je t'aime. Je te veux. Je rêve de toi. Je pleure pour toi. Je veux être en sécurité. Je ne veux pas me battre. Je veux revoir Luke. Je veux revoir ma mère. Je veux dire pardon. Mais je ne peux pas. Pas sans toi. Sans toi ça ne veut rien dire. Sans toi, je retombe dans un magma où ni l'obscurité ni la lumière ne se comprennent. C'est impossible. Et je refuse. Tu entends ? Je refuse qu'il t'arrive la même chose... Parce que... parce que je. Moi, pas Ben Solo, pas Kylo Ren, non moi, je t'aime.

Il y eu un silence, un flottement, un arrêt. Le temps se suspendit, la Force, les Forces se figèrent. Et lentement, Rey réalisa.

Rey réalisa qu'elle s'était trompée. Qu'il avait compris, aussi bien qu'elle. Qu'il savait aussi. Qu'il ne se mentait pas. Qu'il avait le courage de prendre conscience de la réalité, de ce qu'il était vraiment, au fond de lui. De ce qu'il voulait, vraiment. Elle l'admira. Elle contempla l'homme devant elle. Le vrai, derrière le masque, derrière les Forces, derrière la peur. L'homme à nu, qui s'était déshabillé, de son plein gré, devant elle. C'était un forme de courage qu'elle ne connaissait pas, et pourtant, c'était la plus belle chose qu'il lui était donné de voir. Et cet homme là, l'homme honnête, mais perdu, courageux, mais hanté, fort, mais brisé, cet homme là, quand elle le vit enfin, dans sa totalité, la nudité de ses sentiments, elle comprit la raison pour laquelle elle ne se débattait pas. Elle sentit des mots, des phrases tourbillonner dans sa tête, mais elle n'avait jamais eu la facilité de dire ce qu'elle ressentait. Les mots qu'elle imaginait doux, rassurants, tendres, pleins de promesses et d'affection se coincèrent à la frontière de ses lèvres :

-Je... comprends.

Est-ce que ça suffisait ? Non bien sûr que non. Mais Rey n'était pas une femme de verbe. Elle était faite d'action, de mouvements, de violence et d'émerveillement. Alors, elle trouva le même courage que lui dans les gestes. Elle prit le visage de Ren entre ses deux mains et l'embrassa.

Ils tombèrent sur le canapé, elle en dessous, lui au dessus. C'était normal. C'était bien. C'était le chemin qu'ils devaient prendre, ils savaient.

Rey n'aimait pas Ren. Elle l'admirait, le respectait, le désirait. Elle avait envie de lui arracher ses vêtements et de se coller à lui. Elle avait envie de lui emmêler les cheveux. Elle avait envie de le réveiller en plein milieu de la nuit pour des raisons stupides, avait envie de dormir contre son torse, de se réveiller avant lui et de le regarder dormir. Elle avait envie de le secouer, de le gifler, de lui hurler dessus. Elle voulait pleurer contre son épaule et rire à son bras. Elle voulait consoler ses peurs et calmer ses cauchemars.

Elle n'aimait pas Ren. Mais elle sentait, elle devinait au plus profond de son être, les prémices d'un amour prometteur, d'un espoir brillant, d'une graine qui pousse, petit à petit. Elle caressait une illusion, un sentiment étrange, une résonance nouvelle.

Elle n'aimait pas Ren.

Pas encore


Notes : Ça fait 1 an et des bananes que je n'ai rien posté ici, alors que vous êtes nombreux à m'avoir témoigné encouragements, fidélité, compliments. Si vous saviez à quel point j'ai très honte. Très très honte. Mais je reprends du service. Et je vous aime toujours. Merci, d'avoir continué à me secouer dans les commentaires, en privée, pour que je me bouge et continue cette fic. Vos efforts ont porté leurs fruits, moi aujourd'hui, je porte mes c*** et je vous offre ce chapitre.

PS : Vous avez le droit de m'engueuler dans les reviews.

Je vous aime, adorables et énergiques fandom et lecteurs que vous êtes.
Kaelle Cappuccino.