Bjour, bjour ! Me revoilà ! Je vous ai manqué ? Hum... nan, en fait, je veux pas la réponse.

Bon, ben, cette fois, voici Linda ! Ouiiii, la voilà ! Comme chaque nom est basé sur un mot anglais, j'ai imaginé qu'on pouvait en prendre deux. Pourquoi ? Tout bêtement parce que j'avais d'abord choisi Line, comme mot, et ensuite j'ai découvert Linden, le tilleul, encore plus proche de Linda. Et comme je voulais pas abandonner Line, ben... voilà, j'ai mis les deux.

D'habitude je met trois milles mots dans mes intro... faut croire que mon imagination d'introductions s'essouffle XD. Ah, si ! J'ai le plaisir d'annoncer à ceux qui ne l'ont pas vu dans CDDLN que je mettrais des bonus ! certains sont des délires, d'autres sont utiles pour des fics, justement !

Bonne lecture !


Si le monde a mal tourné
C'est pas à cause de toi
Ooh Love
Ooh Linda

Love Linda, Daniel Balavoine


Linda

Elle est encore jeune. Elle doit avoir environ six ans, pas plus, peut-être moins. Ses cheveux blonds ont été noués en couettes, et sa frange repoussée en arrière par un bandeau. L'odeur des tilleuls enveloppe l'atelier silencieux.

Elle est assise sur un escabeau, devant une toile blanche. Elle ne bouge pas, ses yeux turquoise fermés, une palette de peinture et un pinceau à la main. Son esprit trace des lignes et des courbes, représente des formes, colore le support immaculé.

Puis, elle semble se réveiller, et commence à peindre. Sa main vole le long de la toile, elle ne réfléchit pas, elle sait quoi faire.

La peinture est sa vie. Tout ce qui lui reste. Son seul espoir. Peindre, peindre pour ne pas devenir folle, pour ne pas pleurer, pour ne pas craquer. Son esprit enfiévré, son âme passionnée et son cœur pris dans son art repoussent le parfum de mort qui l'enveloppe. La perte de ceux qu'elle aime. La perte de ceux qu'elle a dénigré.

Enfant prodige, petit génie, artiste née et intellectuelle, elle a toujours été encouragée à se perfectionner. Ses parents ont été impressionnés lorsqu'ils ont découvert ce qu'elle pouvait faire, et ils l'ont poussée jusqu'au bout de son talent, la coupant du reste du monde, la coupant d'eux, la coupant de son frère. Et elle, trop jeune pour comprendre son erreur, a accepté, a dénigré ceux qu'elle adorait, les a pensé inférieurs.

Son petit frère est mort, trop fragile pour résister à une angine trop forte qui s'était infectée. Elle aurait dû le savoir, elle aurait dû l'aider, elle aurait dû prévenir ses parents. Elle n'a pensé qu'à elle, elle n'a rien dit, croyant son petit frère qui lui disait qu'il allait mieux et que cela s'arrangerait.

En le découvrant mort, elle a pleuré, elle a crié, elle a voulu qu'on lui rende son frère. Elle s'est rendue compte qu'elle a fait une erreur, qu'elle se leurrait.

Elle a couru le plus vite possible prévenir ses parents. Mais dans la cuisine, le spectacle qui l'attendait a été plus horrible encore. Tout semblait normal, son père lisait le journal, sa mère un livre de recette, mais quand elle a dit que son petit frère était mort, tout a dégénéré.

Sa mère a commencé par hurler et crier, l'accuser de l'avoir tué. Elle, elle a baissé la tête, elle a demandé pardon, elle a dit que oui, elle était coupable. Et là, sa mère s'est retournée contre son père, devenant folle, lui demandant de prendre ses responsabilités pour avoir tué son fils et transformé sa fille en machine. Elle a tenté de dire que non, son père n'avait rien fait, mais sa mère s'est jetée sur elle en voulant l'étrangler. Son père a repoussé sa mère loin d'elle, et elle est atterrie au sol lourdement, se prenant le coin de la table contre la nuque. Un craquement a retenti. Les yeux révulsés, étendue au sol dans toute sa beauté ravagée, celle qui lui a donné la vie gisait sur le carrelage.

-J'ai… j'ai tué… a murmuré son père. J'ai tué…

Il a contemplé ses mains, comme s'il n'y croyait pas.

-Elle a toujours été instable psychologiquement mais elle n'avait jamais fait de crises comme ça, et je l'ai…

Il a secoué la tête. Elle, elle pleurait des sanglots silencieux, des larmes coulaient sur ses joues. Mais elle n'a pas fait un bruit, elle n'a pas parlé. La douleur écrasait tout. La folie qui a animé sa mère tombait sur elle. Elle pouvait tuer son père, si elle le voulait. Mais elle ne l'a pas voulu.

Pourtant, elle aurait dû savoir que sa mère était folle et réagirait ainsi, elle aurait dû l'aider, elle aurait dû prévenir son père. Elle n'a pensé qu'à elle, elle n'a rien dit, pensant que tout allait aller mieux, que cela s'arrangerait.

Et son père, se découvrant meurtrier, a pris un couteau de cuisine. Elle s'en enfuie lorsqu'elle a vu qu'il le dirigeait vers sa gorge. Pas envie de voir. Trop faible, trop lâche, trop égoïste. La folie était trop forte, la vue du sang l'aurait fait perdre le contrôle.

Vite, courir vite. Elle s'est réfugiée dans son atelier de peinture entre les tilleuls, pour échapper à la mort, à la folie, à l'horreur. Elle s'est préparée à peindre, et s'est assise devant sa toile vide, les yeux clos, pour dessiner mentalement son tableau.

Elle aurait dû savoir que son père allait se suicider, elle aurait dû l'aider, elle aurait dû prévenir quelqu'un. Elle n'a pensé qu'à elle, elle n'a rien dit, mettant une confiance aveugle en les responsabilités paternelles.

Elle est restée une heure sans rien faire, sans bouger, attendant simplement d'achever son œuvre mentale. Ce calme, sans autre pensée qu'un dessin, repousse la folie. Ce calme, cette douceur, cette page blanche apaise les cris dans sa tête. La douce senteur des tilleuls qui entourent l'atelier la rassure.

Maintenant, elle peint, car sa vie en dépend. Elle se bat contre la folie, elle lutte contre son instabilité, elle affront l'Autre. L'Autre a tué son frère, a battu sa mère, a vaincu son père, en la transformant en monstre, en machine.

Elle n'est plus une simple petite fille qui dessine, elle est une âme vive et forte qui rempli à nouveau son cœur vide de couleurs chatoyantes, de courbes harmonieuses, de lignes qui tracent son destin, du parfum des tilleuls.

La perfection d'un tableau, la force de l'art, la magnificence des lignes, l'odeur des arbres de son enfance. Tout cela s'entremêle avec elle pour repousser l'Autre, le détruire.

Lorsqu'elle achève son tableau, trois heures plus tard, elle ne risque plus rien.

La mort a déserté. L'Autre s'est incliné. La folie a été éradiquée. L'horreur est partie.

Le souffle court, les mains tremblantes, elle contemple son combat, son œuvre.

-Bonjour, fait une voix derrière elle.

Elle se retourne, surprise, pour faire face à un vieil homme habillé comme un majordome anglais.

-Bonjour, bafouille-t-elle encore sous le choc.

Elle n'arrive pas à se reprendre, à afficher une froideur et un masque parfait. Elle a détruit cette carapace, elle a comblé le vide, elle est incapable de redevenir une machine. Quelque part, tout cela la soulage.

-Comment vas-tu ? demande le vieil homme.

-Je…

Elle est étonnée de le voir si calme et si distingué, et de percevoir un léger accent anglais dans son portugais.

-Je vais bien, répond-t-elle, un peu déroutée.

Il a l'air rassurant et doux, elle a le sentiment qu'elle peut lui faire confiance.

-Tu es la fille des Delacruz ?

Elle hoche la tête en rejetant violemment la vague de souffrance qu'évoque son nom de famille. Il lui suffit d'inspirer le parfum des tilleuls pour se calmer, reflexe qu'elle possède depuis toujours.

-Je suis Watari, se présente-t-il. Et toi ?

-Je m'appelle Leonor.

-Sais-tu… que tes parents…

-Je sais, le coupe-t-elle, je sais qu'ils sont morts, je sais que mon petit frère, Gaspar, est mort. J'aurais dû le prévoir, je n'ai rien fait. J'ai perdu mon humanité, je l'ai retrouvée maintenant, mais je…

Elle essuie les larmes qui coulent sur ses yeux et réprime le sanglot qui l'empêche de parler. Elle veut reprendre, mais Watari l'en empêche.

-Un de mes amis qui connaît tes parents a eu vent de ton talent, et du fait que l'on te poussait à l'exploiter, ainsi que ton intelligence, au maximum, mais en te privant de tes sentiments, et en te transformant en machine humaine. Ta mère était également instable psychologiquement, et ton frère malade risquait de mourir, mon ami craignait qu'elle ne perde la raison en l'apprenant et tente de te tuer. Nous craignons la catastrophe, et il m'a demandé de venir. Je suis malheureusement arrivé trop tard. Désolé. Tout ceci…

-Ne vous excusez pas, vous… vous êtes venus.

Elle ne sait pas quoi dire, mais elle ne veut pas qu'il s'en veuille.

-Leonor, dit-il d'une voix douce.

Elle tressaille.

-Leonor, reprend Watari, j'aimerais que tu intègres la Wammy's house. Il s'agit d'un orphelinat pour surdoués, à Winchester, et je sais que tu parles bien anglais, mon ami me l'a dit. C'est un orphelinat particulier, ou en plus des matières habituelles, des tâches sont attribuées aux élèves. On développe leurs talents particuliers, on les laisse très libres, on leur permet de se trouver une nouvelle famille. Ils peuvent reconstruire leur cœur, guérir leurs blessures.

Il lui explique le fonctionnement en plus détaillé, le système de la succession de L, pendant qu'elle pèse le pour et le contre. Elle a très envie d'y aller, mais elle a peur. Peur de redevenir celle qu'elle était avant.

-Si tu acceptes, continue le vieil homme, tu iras sous un surnom, en gardant ton vrai nom secret, que tu ne diras à personne, sauf à ceux en qui tu croies vraiment. Un surnom qui commence par la première lettre de ton prénom, un mot anglais qui te représente, ou un prénom qui s'en inspire. Peut-être que tu ne verras pas la comparaison, peut-être que tu te diras que ton nom n'est pas approprié, mais il le sera, je te le promet.

-Vous… vous pensez déjà à un surnom pour moi ? demande-t-elle timidement.

Il lui sourit.

-Un mélange entre les lignes que tu dessines et les tilleuls qui t'entourent. Quelque chose entre « Line » et « Linden ». Alors, Leonor, viendras-tu ?

-Je…

Sa peur s'efface. Elle ne sera plus Leonor Delacruz la machine sans cœur, elle sera quelqu'un d'autre. Une personne différente, avec une âme et une personnalité.

-Je vous suis, déclare-t-elle avec force.

-Je n'en attendais pas moins de toi.

Elle esquisse un sourire, son premier vrai sourire depuis des mois. Elle attend son surnom, la marque de sa nouvelle vie.

-Bienvenue à la Wammy's house, Linda.


Plus tard, peu après son entrée à la Wammy's, Watari comparera deux rapports. Le premier est sur Linda bébé, et elle présente les mêmes troubles que sa mère. Le second est sur Linda après la mort de ses parents, et il ne subsiste plus aucune trace de ses troubles.

Disparus, éradiqués.

Vaincus par l'art et la beauté du dessin.


Merci d'avoir lu !

Heeey, franchement, on vous l'avait jamais faite, celle-là, Linda-folle. Pour moi, ça explique "l'acharnement" qu'elle met pour faire sortir Near. Je l'aime bien comme ça, ma p'tite Linda ! Ça la rend plus forte, plus volontaire, plus... bon, j'arrête, j'arrête ! Mais franchement, je l'adore, Linda ! On a trop tendance à l'oublier, notre artiste.

Je l'ai déjà dit, mais elle dort avec Eden (elle lui dessine des tenues... je l'ai déjà dit ?) et s'entend très bien avec tout le monde, comme Justice !

Allez, à la prochaine, avec Mistya !

Euh... (reviens discrètos) euh... des... euh... reviews, por favor ?