Me revoici ! C'est que les Wammy's girls sont bientôt terminées... enfin ! J'ai l'impression de finir une étape. Il ne me reste que des petits bonus à écrire, mais surtout THE bonus à poster absolument avec le chapitre 4 de CDDLN, raison pour laquelle sa parution sera trèèèèèèès lente et celle des Wammy's girl trèèèèèès rapide.
Pour Mistya, au début, elle devait s'appeler Misty et être comme une soeur avec une fille surnommée Nighty. Au début, les Wammy's girl étaient douze, mais j'ai réduit leur nombre. En plus, vous aviez Dark, Oracion, Nighty et Wing. Je les aies supprimées, plus ou moins à contrecoeur, car il y en avait trop, pour ne garder que les plus importantes.
Petite anecdote : le nom Oracion venait des Oracion Seis dans Fairy Tail, après que j'ai découvert que Oracion voulait dire prière en... espagnol ! Du coup, dans mes contrôles, quand je dois décrire une fille et lui inventer un nom, elle s'appelle toujours Oracion. Ma vie, mais tout le monde s'en fout... bref.
Là nous avons Mistya, à ne pas écrire Mystia (attention !), car Mystia se base du mot mystic et Mistya du mot mist, qui veut dire la brume ! Je précise, au cas où... bon, bon, j'arrête et je vous laisse lire ! Mais avant , je dis juste qu'avec Justice, c'est un des chapitres qui m'a le plus donné du fil à retordre. D'habitude j'écris un one-shot des Wammy's girl en un ou deux jours, mais là, il m'en a fallu plus. Mais je l'aime bien quand même.
Bonne lecture !
Chishibuki no iro
Kimi no hitomi to kishimu karada ni ranhanshashite.
Monku arige na kagerou ni :
"Zamaamiro yo" tte warattara
Kagerou days, Hatsune Miku
Mistya
-Mademoiselle !
Meron se lève vivement. Agrippant sa flûte, elle en joue quelques notes qui signifient à la domestique d'entrer. La jeune femme se précipite vers la petite de six ans, l'air affolé.
-Mademoiselle, il y a des gens… ils massacrent tout le monde !
Meron hausse un sourcil inquiet. Elle a entendu des coups de feu, mais pensant que c'était peut-être son frère qui faisait de la carabine, elle n'a pas été trop paniquée. De toute façon, sa chambre est bien insonorisée les cris et autres bruits, elle ne les a pas entendus.
-Je ne sais pas pourquoi ils sont là. Tenez, habillez vous, et cachons-nous.
La petite secoue la tête. Elle est une fière éthiopienne, son père est un homme fort qui n'aime pas la lâcheté, si elle doit mourir, autant qu'elle ne soit pas faible.
-S'il vous plait, supplie la jeune femme. Je vous en prie.
Quelques notes douces de flûtes la font verser quelques larmes.
-Et les gardes ne peuvent rien. Ils sont en train de se faire tuer. Je ne sais pas si votre père est encore en vie, mais votre mère, elle a fui. Elle s'est faite poursuivre, et sans doute tuer. Nous devons nous cacher.
Avec un soupir, Meron hoche la tête. Elle a peur, en vérité, elle veut pleurer, elle veut crier, mais elle ne peut pas. Que dirait son père en la voyant aussi faible ? Il n'aimerait pas. Certes, son statut de « fille de riche » qui la préserve de la pauvreté de la population la protège, mais elle n'est pas une godiche minaude pour autant. Elle a de la fierté et de l'honneur, et c'est à contrecœur qu'elle écoute sa domestique, même si elle a vraiment peur.
-La famille Aynalem ne doit pas s'éteindre, lui souffle la jeune femme. L'héritage vous revient tout entier. C'est peut-être à cause de cela que ces gens attaquent.
Elle essaye de la rassurer en parlant aussi bas, c'est clair, mais cela ne fait rien à Meron qui panique toujours autant. Intérieurement, bien entendu. Dans la famille, montrer sa peur et sa faiblesse est presque un crime. Malgré son jeune âge, son génie précoce lui permet d'enfiler un masque de nonchalance qu'elle ne quitte quasiment pas.
La petite quitte son pyjama pour enfiler une robe de mousseline grise. Elle ne porte que ça, des vêtements légers et aériens gris clairs ou bleu pâle.
-Allons dans l'armoire, décide la domestique. J'ai fermé la porte à clé.
Meron l'aime bien, mais là, elle la trouve stupide. Elle secoue la tête. Hors de question.
-Mademoiselle ! proteste la jeune femme en se glissant dans la grande armoire.
Sa flûte bien en main, Meron fait encore une fois non de la tête. L'armoire, c'est un piège, elle n'ira pas dedans. Ils vont défoncer la porte et fouiller partout. Ils vont les trouver et les tuer. Pas question qu'elle n'aille à un endroit qu'elle sait mortel.
Elle fait signe d'en sortir à la domestique qui refuse, et, voyant qu'elle ne l'en tirera pas, ferme les yeux et écoute.
Des bruits de pas, des coups de feu. Ils se rapprochent. Mue par une peur panique qu'elle se force à réfréner, la petite ouvre la fenêtre, grimpe sur le rebord sous les yeux effrayés de la jeune femme, et se hisse péniblement sur le rebord du toit. C'est stratégique, si elle a voulu être dans une chambre au dernier étage. Elle adore la hauteur, certes, mais ce n'est pas la seule raison.
-Mademoiselle ! crie tout bas la domestique.
Un grand coup donné dans la porte l'interrompt et elle doit refermer l'armoire rapidement, abandonnant avec une prière la petite. Elle s'en veut, mais elle ne veut pas être tuée si vite.
Meron, elle, a passé son buste sur la gouttière. Elle est habituée à ce genre d'escalade, mais pas avec sa flûte, et surtout quand elle a le temps. Jamais dans ce genre de situation. Ses jambes dépassent de la fenêtre. Elle glisse, se raccroche, entend la porte qui gémit. Alertée, la peur lui donnant des ailes, elle coince sa flûte dans la gouttière et se tortille pour remonter. Elle prend appui sur les tuiles et se hisse de toutes ses forces sur le toit.
Ses jambes disparaissent au moment où la porte s'ouvre en grand fracas.
Elle récupère sa flûte, entend un cri de la domestique, un coup de feu et des exclamations. Se mordant la lèvre pour ne pas pleurer, elle monte encore plus, et se cache derrière une cheminée, son coin secret. Ils ne la trouveront pas là. Aucun ne pensera à lever les yeux. Ils penseront qu'elle a tenté de rejoindre une autre chambre, mais ils ne se douteront pas qu'elle a une détente incroyable, suffisante pour grimper sur le toit. Mon dieu qu'elle a peur. Des larmes roulent sur ses joues lorsqu'elle jette un œil sur la cour du manoir, le carnage, les corps ensanglantés qui jonchent le sol. Sa mère a dû mourir, et son père également. C'est l'héritage, qui les intéresse, c'est elle qu'ils cherchent. Avec un peu de chance, ils ont cru qu'elle était la domestique et abandonneront. Elle se force à détourner le regard, et à étouffer des sanglots trop bruyants. Elle a peur, elle n'en peut plus. L'odeur du sang lui fait tourner la tête, elle a envie de vomir. C'est horrible. C'est affreux ! Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a fait pour mériter une chose pareille ? Qu'on lui réponde, qu'on la sorte de là ! Que quelqu'un vienne et sauve tout le monde ! Elle ne peut rien faire, elle ne peut même pas appeler à l'aide, elle ne peut rien faire, rien ! Pourquoi faut-il qu'elle soit impuissante ? C'est de sa faute, tout ça ! Ses larmes creusent des sillons sur sa peau chocolat. Ses yeux sombres sont clos pour ne plus rien voir du massacre. Elle est faible, elle le sait, mais elle n'y peut rien. Ils vont tous mourir, et si elle survit, ce ne sera pas parce qu'elle est courageuse, mais c'est parce qu'elle a fui.
Elle ne sait combien de temps elle passe là-haut à se boucher les oreilles. Elle ne veut plus entendre de cris, elle ne veut plus voir le sang. Elle devient sourde et aveugle.
Lorsqu'elle rouvre enfin ses paupières lourdes, elle aperçoit la brume. La brume, le brouillard, amis, qui la protègent des visions d'horreur, cachent le massacre, enveloppe la cour d'un doux voile de soie, la cachent des yeux trop observateurs. Elle aime la brume. Cette fraicheur la rassure. Elle imagine les yeux de la brume, moqueurs, qui ne seraient que le reflet des siens.
Meron se lève, et marche près du bord avec un petit sourire aux lèvres. Elle se sent mieux. Elle dénoue ses longs cheveux noirs et les laisse flotter avec le petit vent qui s'est levé. Portant sa flûte à ses lèvres, elle en tire une douce mélodie. Pourvu qu'on l'entende, pourvu qu'on la tue, qu'on lui fasse payer son crime, sa fuite, sa lâcheté, qu'elle rejoigne ses parents, elle qui n'a plus rien. Des belles robes, de l'argent, un manoir, elle n'en a rien à faire, elle n'a jamais eu d'amis. Qu'on lui rende la grâce. Qu'on la sauve.
Si Dieu existe vraiment, s'il est là, présent, qu'il écoute sa prière, alors que soit il la tue, soit il lui permette de renaître. D'avoir des amis qui la comprendront, de lui donner une nouvelle vie.
Elle joue, elle joue, et qu'importe si on l'entend. Elle n'a plus rien. Plus rien du tout. L'argent, un héritage : à quoi cela sert-il si vous êtes seul, et que personne n'a besoin de vous alors que vous avez besoin du monde ? C'est futile, inutile. Au final, c'est à chacun de décider de son bonheur. Cent milliards dollars ne ramèneront pas ses parents. La vie n'a pas de prix. L'amour non plus. Son père trop strict, sa mère trop effacée, elle regrette de ne pas avoir plus vécu avec eux, d'être restée seule et solitaire, princesse Raiponce dans une tour d'ivoire. Elle veut devenir quelqu'un d'autre. Elle veut profiter de la vie, même si elle doit en recommencer une autre pour cela. Elle veut prendre un nouveau départ, réparer ses erreurs, et si jamais on lui donne une chance, vivre pour tout ceux qui ne le peuvent plus.
Elle joue, elle joue, rien ne l'arrête. Ce n'est que lorsque la fatigue la prend soudainement qu'elle chute du toit, sans un cri, sans chercher à se rattraper.
Heureuse, tout simplement.
On a décidé de son sort.
-Elle se réveille !
-Hum… deux jours, cinq minutes et trente huit secondes, tu as perdu, Beyond.
-Eeeeh ! Mais c'est toi qui avais dit trente neuf, Wayne, pas moi !
-Bon, les garçons, s'il vous plait !
-Désolé Abyss.
Meron ouvre les yeux. Elle est dans un lit blanc, dans une infirmerie, entourée de cinq personnes. Il y a déjà un grand blond dont on voit rapidement les origines roumaines, assis à côté d'une fille qui est juste un peu plus petite, dont la crinière rouge cramoisis est ce qu'on remarque en premier. Ensuite, deux garçons avec une tignasse noire, l'une bien coiffée et l'autre ébouriffée se défient du regard. Le premier, asiatique soigné, porte des lunettes et ses yeux sombres ne laissent transparaître qu'un léger amusement, tandis que le second possède d'incroyables prunelles couleur sang, et paraît vexé. Il lui fait un peu peur. On sent qu'il est dangereux.
Une jeune fille blonde très jolie, à l'air très doux, les regarde en soupirant, ses yeux azur levés au ciel. Et, accoudée à la fenêtre, il y a une troisième fille, si charismatique que Meron se demande comment elle a fait pour ne pas la voir. Tout en elle est mélange de grâce, d'élégance et de calme. Elle a les cheveux bruns courts, avec un serre-tête, un regard gris acier magnétique, un visage aux traits fins à l'image qu'elle renvoi, et porte une longue robe fendue, la taille cintrée par un foulard bleu.
Ils sont tous attirants, spéciaux. Ils ont sans doute dix ans de plus qu'elle, et pourtant, ils paraissent incroyablement jeunes et proche d'elle.
-Ça va ? s'inquiète la blonde.
Meron hoche la tête, et se redresse sur un coude. Elle est dans une infirmerie sophistiquée, dans une chambre à elle toute seule.
-J'ai cru qu'elle était presque morte, soupire celle aux cheveux rouges. J'ai eu peur, moi.
-Je t'avais dit qu'elle n'était pas presque morte, pourtant, fait remarquer le « dangereux ».
L'autre lui retourne un regard mauvais et un grognement significatif.
-Ouais. Mais toi et tes blagues morbides… on ne sait jamais.
Son ami prend un air faussement outré.
-Moi ? Des blagues morbides ? Je suis l'innocence incarnée…
-Dit celui qui planque des cadavres de souris morte dans sa chambre, termine ironiquement l'asiatique.
-Mais taisez-vous ! s'emporte la blonde. Vous allez lui faire peur.
-J'ai pas envie qu'elle meure de peur, grommelle celle aux cheveux rouges. Déjà que si Drac ne m'avait pas propulsée pour que je la rattrape assez tôt, elle se serait brisée le cou…
Le roumain, Drac apparemment, passe une main dans ses cheveux.
-D'ailleurs, j'y ai été un peu fort, désolé Crimson.
-Ouais, parce que j'ai manqué de me prendre le mur, râle la dénommée Crimson.
Drac esquissa un sourire contrit, dévoilant des canines… pointues.
-Tu ne veux pas parler ? demande la blonde en se tournant vers Meron, détournant son attention.
La petite roule des yeux affolés. Comment faire ? Que faire ?
-Pourquoi ?
Elle cherche sa flûte de vue, ne la voit pas, commence à paniquer…
-Parce qu'elle est muette, dit doucement celle aux yeux gris.
Le silence qui suit sa tirade était si lourd que la fillette z l'impression d'être oppressée par les regards qui passent de la jeune fille à elle. Jeune fille, qui, d'ailleurs, ne parait pas vouloir prononcer un mot de plus, se replongeant dans sa contemplation de la fenêtre (pas du paysage, de la fenêtre).
-P… pardon ? se risque enfin Crimson. T'es sûre, Vesta ?
Vesta ne prend pas la peine de répondre, elle ne bronche d'ailleurs pas. Ils doivent être habitués, car ils ne patientent pas plus pour se tourner vers Meron.
-Tu parles le langages de signes ? demande la blonde.
Là, ça se complique. La petite secoue négativement la tête.
-Alors comment tu communiquais comment ?
Elle mime sa flûte, et a un regard interrogatif en désignant la pièce.
-Désolée, s'excuse Crimson, mais je t'ai sauvée toi, pas ta flûte. On était en mission pour arrêter ces terroristes, mais on ne savait pas qu'ils avaient tués tout le monde. Et quand je t'ai vue tomber et que je t'ai rattrapée… tu as lâché ta flûte, et elle s'est brisée par terre.
Le cœur de Meron se serre. Sa flûte, brisée ! Elle est muette, à présent, silencieuse ! Sa flûte lui permet de parler. Ce qu'elle joue voulait dire quelque chose, et, par un miracle qu'elle même ne comprend pas, son interlocuteur, pour peu qu'il soit assez intelligent, réussit à deviner ses paroles. Sans sa flûte… elle ne peut plus rien dire !
-Ce n'est pas grave, la rassure l'asiatique, j'ai demandé à Lissy de lui en refaire une autre ou de réparer la première.
-Tu penses à tout, Wayne ! fiat celui aux yeux rouges en souriant.
Meron ne sait pas qui était cette Lissy, mais elle va pouvoir parler de nouveau, c'est uniquement ça qui comptait.
La porte s'ouvre assez brusquement, et les adolescents, mis à part Vesta qui daigne seulement de tourner la tête, sursautent.
Un vieil homme avec des airs de gentleman entre, le visage doux.
-Bonjour, Watari ! lance Crimson d'un air enjoué.
-Bonjour vous tous, répond le dénommé Watari en souriant. Oh, je vois qu'elle est réveillée ?
-Ouaip, confirme Wayne. Il y a juste un petit problème…
Il lui explique rapidement qu'elle est muette, et qu'avec sa flûte cassée, elle ne peut pas s'exprimer.
Le vieil homme secoue la tête.
-Quelle surprise ! Je n'aurais jamais pensé qu'un moyen de communication aussi étrange puisse exister. Au moins, ça vous aura empêché de lui demander son prénom, et de… tricher.
Tous prennent un air qui se veut innocent, s'intéressant brusquement à leurs ongles et celui aux yeux rouges hausse les épaules.
-Je m'en fiche, de toute façon, je sais comment elle s'appelle, moi.
-Merci de garder ça secret, Beyond, soupire Watari.
-Mais oui, mais oui, affirme le jeune garçon. Je le dirais juste à la bande.
-Et je suppose que je ne peux pas t'en empêcher…
-Euh… non ?
-On tiendra notre langue, le rassure la blonde.
-Merci Abyss.
Watari tourne son regard vers Meron qui se crispe. Elle n'aime pas être dévisagée, et encore moins ne rien comprendre à la conversation. Or, là, elle n'arrive pas à saisir la moindre information, si ce n'est qu'elle ne doit plus dévoiler son nom, mais que le petit groupe présent va le connaître de toute façon.
-Comment t'appelles-tu ? demande-t-il. Mime le avec tes mains.
Meron hésite un peu. Les autres vont le savoir, certes, mais… comment savoir si ce n'est pas du bluff ? Elle a développé un petit côté paranoïaque à force d'être élevée dans le respect total des règles, elle le sait, mais elle reste méfiante.
-De toute façon, lâche Crimson, Beyond peut nous le dire.
-Yep, approuve celui aux yeux rouges, et je me ferais un plaisir de le faire.
Le vieil homme la regarde, guettant son approbation, qu'elle finit par donner. Les yeux métalliques de Vesta se sont fixés sur elle l'espace d'un instant et elle n'a pas eu d'autre choix que d'hocher la tête pour se soustraire à leur force magnétique.
-Elle s'appelle Meron Aynalem, déclare Beyond, M-E-R-O-N A-Y-N-A-L-E-M.
-Et bien Meron, reprend Watari, je pense que tu as compris que maintenant, tu dois taire ton vrai nom. Tu ne le diras à personne, à part aux personnes en qui tu auras toute confiance. Cette mesure est… nécessaire.
-Je ne crois pas l'avoir entendu dire qu'elle était d'accord pour entrer dans la Wammy's.
La voix de Vesta claque, atone et sèche à la fois, légèrement amusée tout de même. C'est une fille bien étrange, fille qui se replonge dans la contemplation de la fenêtre comme si elle n'a jamais ouvert la bouche ou que parler est une corvée. Le groupe la regarde comme si elle venait d'accomplir un exploit. Watari soupire longuement et hoche la tête.
-Tu as raison. Roger voulait qu'elle ait son surnom de suite, mais je suis d'accord avec toi, elle n'a pas donné son approbation. Wayne, tu lui expliques ?
L'asiatique esquisse un fin sourire et se tourne vers la petite.
-Meron, tu sais que tes parents sont morts et que tu n'as nulle part où aller.
-Quel tact ! raille Beyond.
-On t'a demandé ton avis, B ? fait Wayne en relevant un sourcil.
L'ébouriffé étouffe un ricanement terrifiant mais se tait.
L'enfant, elle, hoche la tête, un peu effrayée par celui aux yeux rouges qui se délecte de sa peur. Elle sait que ses parents sont morts et qu'elle est sans-abri, c'est évident.
-Bien, reprend Wayne. Nous t'avons récupérée inconsciente, mal en point et surtout, orpheline. Nous t'avons ramenée à Winchester, en Angleterre, notre lieu de vie.
Meron écarquille les yeux. L'Angleterre ! C'est si loin ! Elle peine à y croire, mais personne n'en rit, ils semblent tous sérieux à ce propos.
-Nous avons auparavant fait quelques recherches sur ta famille et nous avons découvert que tu étais très intelligente. Suffisamment pour entrer dans un orphelinat très spécial, réservé à l'élite, destiné à former des génies, à créer le successeur de L.
Nouvel stupeur. L, le plus grand détective du monde, devenir son successeur ? Cela lui paraît tellement improbable ! Elle secoue la tête, incapable d'assimiler ce qu'elle vient d'entendre.
-Tu t'y feras, fait Beyond en haussant les épaules d'un air fataliste. De toute façon, c'est L qui choisit son successeur, et il doit être dans le top dix au minimum pour ça. Et si c'est pour cette raison que ton vrai nom doit être tenu secret et que tout le monde ici porte un pseudonyme, ce n'est pas le plus important. Enfin, moi, je m'en fiche.
Le brun passe un bras autour de la taille d'Abyss et l'attire contre lui. Elle rougit, mais le reste du groupe lève des yeux amusés au ciel pendant que Watari soupire.
-En tout cas, sourit Wayne, tu verras bien ce que seront tes objectifs. Certains ne songent à qu'à la succession, d'autre s'en fichent totalement. Nous… disons que nous sommes entre les deux. L étant un ami, on n'a pas très envie que ce soit des imbéciles qui prennent sa place.
-La Wammy's, c'est un orphelinat spécial, continue Drac. Pas comme les autres. C'est une sorte d'internat très particulier. Déjà, il n'y a pas d'emploi du temps à proprement parler. Il y a un minimum de cours fixe qu'on doit se taper – pardon, avoir – par semaine, mais sinon, ce sont des options ou des professeurs qui viennent donner des séminaires. Bien mieux qu'une classe banale, en somme. À la fin de la semaine, il y a un classement en fonction de tes résultats – mais les contrôles… la moitié ne sont pas de vrais contrôles, tu ne sauras même pas que tu es évaluée – et à la fin de l'année tu verras à quelle place tu te trouves. Le classement se fait par génération, sinon, évidemment, il n'y aurait que Abyss en première place.
La blonde baisse les yeux d'un air gêné, mais esquisse tout de même un petit sourire.
-La pression pour les examens réels sera un peu rude, dit-elle, mais pas autant que pour notre génération et tu t'en sortiras sans soucis, enfin je l'espère. Il y a des examens dans toutes les matières, et le fait que nous soyons des « génies » ne veut pas dire que nous sommes simplement notés dans l'intellectuel. Il y a aussi du sport, et nos capacités physiques dépassent en général la moyenne. Certains ne paraissent pas très… euh… doués en sport, mais ils le sont, et leurs notes de classe leur permettent de se maintenir quand même en tête du classement. Je pense au premier de ta génération qui fait très apathique. En tout cas, ici, des anciens de la Wammy's sont là pour donner des cours où aider, comme Lissy, armurière, mécanicienne, constructrice etc. officielle de la Wammy's, Genesis, la couturière et designer, ou Fight, professeur de combat. Oui, ici, tout le monde sait se battre, armés ou non.
-Nous sommes très libres et très autonomes, explique Crimson. Ici, la discipline n'est pas de mise. Certes, il y a un règlement et des surveillants, mais dans l'ensemble, c'est nous qui nous auto-disciplinons. Les problèmes se règlent entre élèves, principalement, et si il y a une bagarre, ce sont les élèves qui doivent intervenir – aussi pour la sécurité des surveillants, mais bon. Les cours nous permettent d'avoir de longues pauses pour travailler – ou pas, d'ailleurs –, nous reposer ou nous amuser. La Wammy's est immense et le jardin encore plus, donc tu ne t'ennuieras pas. Nous sommes aussi très proches les uns des autres, donc ne t'étonne pas des relations filles-garçons, qui peuvent être un peu déroutantes.
Elle jette un long regard sur Abyss et Beyond.
-Ces deux là ont beau sortir ensemble, ça fait trèèèèèèèèèès longtemps qu'ils dorment dans la même chambre – celle d'Abyss, évidemment.
Le groupe éclate de rire et Watari soupire une nouvelle fois. D'après ce qu'en comprend Meron, les relations amoureuses ne doivent pas être très courantes, ni très encouragées d'ailleurs.
-Bien, merci, les coupe-t-il, je pense que ce sera tout pour le moment. Tu as compris l'essentiel ?
La fillette hoche la tête avec un petit sourire.
-Tu voudrais venir à la Wammy's ? Je t'expliquerais le reste plus tard, sans les commentaires du plus étrange des petits groupes de l'orphelinat.
-Étrange ? s'offusque Crimson.
Watari réprime un sourire.
-Désolé, mais une fille aux cheveux rouges, un semi-vampire, une blonde fragile et forte à la fois qui aime un dangereux garçon aux yeux sanglant qui voit le nom des gens, un asiatique blasé et une Vestale silencieuse et incompréhensible… c'est étrange, et c'est encore pire quand L est avec vous !
Un petit silence gêné suit sa déclaration.
-Étrange et fiers de l'être, sourit imperceptiblement Vesta.
Le groupe applaudit sa déclaration avec ferveur. Meron ne peut s'empêcher de sourire à son tour. Ils sont vraiment drôles et bizarres, mais elle les apprécie bien.
-Revenons à toi. Veux tu entrer à la Wammy's ? lui demande le vieil homme.
La petite hoche la tête.
-Bien ! Donc, même si je pense que tu l'as compris, je suis Watari, le fondateur de la Wammy's house. Le directeur, que tu rencontreras plus tard, est Roger…
-Un vieux pépé irascible de mes deux, termine le groupe en se regardant d'un air fatigué (même Vesta).
-Et eux sont les plus bizarres mais les meilleurs de la Wammy's house, soupire Watari en roulant des yeux, je te présente Drac, Crimson, Wayne, Vesta, Beyond et Abyss.
-Dans l'ordre, s'amuse Abyss, le roumain semi-vampire blond, celle aux cheveux rouges qui adore se battre, l'asiatique blasé avec des lunettes, l'élégante brune pour qui parler semble être une torture, l'ébouriffé fou aux yeux rouges qui est également mon petit ami, et moi.
-J'adoooooore ta description, raille Drac. Semi-vampire. Comme si aimer le goût sang, être roumain et né dans le prétendu château de Dracula et avoir de longues canines faisait de vous un vampire.
-Ben ouais, s'esclaffe Crimson. Même si t'es pas hématophage.
Drac lui renvoi des yeux noirs qu'elle lui retourne en tirant la langue.
-Je crois que je m'en tire le mieux, ricane Wayne.
Les deux arrêtent illico de se foudroyer du regard pour se tourner vers lui.
-… connard.
C'est trop pour Beyond et Abyss qui explosent de rire. Vesta a tourné ses yeux gris vers eux et regarde la scène avec un petit sourire amusé sur les lèvres.
-Bon, les enfants, quand vous aurez fini de rire, on pourra peut-être passer à la suite ? s'enquit Watari.
-… ouiiiii ? font-ils en chœur.
Le vieil homme secoue la tête d'un air épuisé. Il se fait vieux…
-Meron, il te faudrait un surnom… chaque surnom est approprié, même s'il ne le paraît pas…
-Exemple avec un blond teigneux nommé Mello… lâche Wayne.
-… et commence par la même lettre que votre vrai prénom, fait Watari comme s'il n'a jamais été coupé.
Il réfléchit quelques secondes.
-Meron, M…
-Le jour où on l'a trouvé, il y avait une brume pas possible, dit doucement Vesta, mais surtout, cette petite a quelque chose d'un peu mystérieux…
Tous se tournent vers elle en la regardant comme si une vache en tutu rose dansant le flamenco vient de passer dans Ferrari violette à pois bleus conduite par un Mello gentil qui parle de lapins avec Near.
-Tu as une idée ? risque Abyss.
Vesta hausse les épaules mais ne répond pas. Si pour Meron ça ne signifie rien, en revanche pour les autres, ça veut dire que oui, mais qu'elle ne comptait pas le leur dire.
-Vesta, s'il te plait, demande Watari. Avec ce que tu viens de dire, je pensais à Mist, mais je me dis que c'était peut-être autre chose…
Comme si ouvrir la bouche lui demande un effort insurmontable, la brune lâche du bout des lèvres :
-Je pensais à Mistya.
Et comme elle n'a pas l'air de vouloir en dire plus, elle retourne à la contemplation de la fenêtre.
-Mistya, Mistya… fait le vieil homme, songeur. Oui, c'est une bonne idée. À partir de maintenant, Meron, tu seras Mistya. Cela te va ?
La petite hoche la tête avec un grand sourire. Oui, cela lui va parfaitement.
-Bien ! Dans ce cas, je vais prévenir Roger que tu es réveillée et je vais te l'amener.
Watari la salut avec un sourire et sort de la pièce. Le petit groupe échange un regard paniqué.
-Abyss ? demande Drac.
-J'aurais dit quatorze minutes et vingt cinq seconde, répond-t-elle d'un air crispé.
-Ce qui veut dire ?
-Plus que six minutes pour discuter ou élaborer un plan avant de se barrer d'ici sans le croiser. Sachant qu'on doit laisser quatre minutes s'écouler avant de sortir.
-On ne l'aime pas tellement, explique Crimson. Et lui non plus, d'ailleurs. Alors s'il nous voit ici, ça va barder. Il va apprendre qu'on a euh… menacé l'infirmière pour qu'elle nous laisse ici sécher des cours – dont on a d'ailleurs pas besoin – et on va avoir droit à des remontrances chiantes… Watari sait ce qu'on a fait mais il ne dira rien parce qu'il s'en fiche et que ça l'arrange, mais Roger… euh… nan.
-Et si on sort tout de suite, vu que des surveillants vont suivre Watari, on va se faire choper direct, grimace Wayne.
-On n'y peut rien si l'infirmière n'a pas d'autorité !
-Et qu'elle est terrorisée par Beyond et Drac…
Ils esquissent un sourire. Meron, non, Mistya envie leur amitié. Ils semblent différents et même, opposés et impossibles à supporter, mais pourtant, ce qui les lie est bien plus solide qu'on ne le croit. Même quasiment incassable.
-Abyss ? demande Beyond en attrapant sa main.
-On dégage dans deux minutes avec une minute de plus en marge !
Drac se tourne vers la petite qui les regarde, un peu éberluée.
-Désolés du départ précipité, repose toi bien ! Je pense que Lissy aura bientôt fini ta flûte, elle te l'apportera.
L'enfant hoche la tête, ravie.
-Préparez vous ! lance Abyss.
Ils sautent tous sur leurs pieds et se regardent d'un air grave.
-Eh bien mademoiselle…
-C'était un plaisir de vous rencontrer…
-J'espère que nous ne vous avons pas importunée…
-Et que vous irez bientôt mieux…
-Alors, en attendant notre prochaine rencontre, au revoir, et…
Les six opinent du chef.
-REPLI STRATÉGIQUE !
Tels des ouragans, les adolescents très immatures foncent comme des flèches hors de la chambre et une seconde après, Mistya est seule. Toutefois, la porte se rouvre légèrement et le visage de Vesta apparaît, juste le temps de dire une phrase :
-Ah, et au fait… bienvenue à la Wammy's house, Mistya !
Merci d'avoir lu !
Je suis fan de ma "team Beyond", je les adore ! Ils sont gamins, immatures, géniaux, idiots... mais bref, je les aime ! À noter que lorsque les autres appellent Beyond, B, prononcer le Bi, c'est un diminutif, pas la lettre ! S'il vous plait, sinon, ça perd tout son charme (euh...).
Mistya est jeune, elle a l'âge de Near (en fait). Elle est une des dernières arrivées. Dans un bonus je mettrais l'ordre dans lequel elles sont arrivées, histoire que vous puissiez vous repérer. La plupart sont nées en 1989, mais il y en a quelques unes en 90 et Mistya est la seule de 91. Elle est dans la chambre de Gun et elles s'entendent très bien... bref, elles s'entendent toutes très bien. Elle a également un héritage énorme, et prend soin de bien le cacher... hum hum.
Allez, plus qu'une ! Hourra, c'est bientôt fini !
Des reviews, i'bakwon (s'il vous plait en éthiopien) ?
