Hello hello ! Je poste Scythe, ma dernière Wammy's girl aujourd'hui, car aujourd'hui... est un jour spécial.
Scythe veut dire la faux, ça se fait un peu penser à la mort. Et le cinq novembre, c'est l'anniversaire de mort L. Lawilet, le détective le plus mignon et le plus adorable au monde, en plus d'être le meilleur.
C'est la première Wammy's girl que j'ai écrite, et paradoxalement la dernière que je poste. Je la trouve un peu dark, mais j'aime bien ! Le personnage fait un peu Mary-Sue, mais vous verrez que un, je n'ai pas eu le choix, deux en fait non, ce n'est pas une Mary-Sue. Et puis, quelle importance après tout ? Vous n'allez pas la voir pour longtemps.
Je précise que je n'aime pas trop la chanson dont j'ai mis les paroles, mais le texte convenait et je n'en ai pas trouvé d'autre.
Allez, bonne lecture !
I know for death who comes for me
But in my mind I cannot see
Hours of Fate are in me neck
I feel the scythe of time and there's no way back
Scythe of time, Grave Digger
Scythe
Elle contemple sa faux. Elle aime les faux, elle les adore. Le long bâton, la lame fine et recourbée qui brille sous la lune, le tranchant efficace sur lequel dégouline du sang. Elle ne se sent pas mal. Elle se sent libre. C'est étrange, cette sensation de liberté. Surtout qu'elle se sent libre, mais vide. Elle est creuse, et en elle, c'est le néant. Elle sait qu'elle devrait se sentir mal. C'est mal, d'avoir blessé un homme avec sa faux qu'elle aime tant, alors qu'elle est si jeune. Elle essuie le sang du bout du doigt, et le compare au sien, qui coule le long de son bras droit. C'est le même, et pourtant elle sait qu'il ne lui appartient pas. Cette expérience l'aurait surprise avant. Elle ne la remplit pas. Elle est toujours aussi vide.
Elle est assise, un genou contre elle, sur une tombe. Elle ne sait pas à qui elle appartient. Elle sait déjà lire parfaitement, elle est précoce, mais elle a la flemme de se pencher pour regarder. L'obscurité ne la gêne pas. Il doit être minuit, et tout est sombre, mais elle distingue encore les corps de quatre hommes desquels elle s'est éloignée. Elle est nyctalope, si elle en croit ses parents. Ses parents. Pourquoi ne peut-elle pas pleurer ? Pourquoi est-elle si vide ? Pourquoi n'est-elle pas triste ? Ils sont morts, ils ne reviendront plus. Les quatre hommes les ont tués. Elle les a vus. Elle n'a pas été choquée. Elle ne l'est toujours pas. Elle est vide. Elle tente d'éprouver quelque chose, en se souvenant de la scène.
Ses parents l'ont pour la première fois emmenée à l'endroit où ils allaient toujours, chaque lundi soir. Ils ont dit qu'elle était suffisamment intelligente pour être initiée. Elle a su qu'elle allait avoir des problèmes. On l'a autorisée à prendre sa faux. Elle ne peut pas s'en séparer. Il lui faut une faux. Un pendentif, un porte-clés, une vraie, elle s'en fiche, mais elle en a besoin. Un sentiment de sécurité, de secret, de défense. Les faux sont les gardiennes de son âme, de sa vie, de ses secrets, de son cœur. Elle ne peut pas se montrer à quiconque sans, c'est comme se mettre à nu, elle en est incapable. Pourquoi ses parents lui en ont-ils offert une lorsqu'elle était encore plus petite qu'à présent ? C'était un mystère, enfin résolu.
Ils ont roulé longtemps, jusqu'à un cimetière. La nuit, la mort, le macabre et le lugubre ne l'ont jamais effrayée. Elle éprouve un grand respect pour les morts et les tombes, le sang ne la répugnent pas, et les cadavres la laissent indifférente. Ce n'est pas ça qui lui a fait peur, non. Mais elle s'est sentie mal. Non pas que ce cimetière est différent. Elle n'a seulement pas aimé l'atmosphère qui s'est établie lorsqu'ils sont entrés. Il y a eu quatre hommes, vêtus d'une toge noire, et un sourire malsain et fanatique a éclairé leurs visages en la voyant. Ils ont donné une toge semblable à ses parents, qui ont échangé des poignées de main avec eux. Elle a eu envie de fuir. Le cimetière et les tombes, les ifs et les fleurs l'ont rassurée. Elle est dans son univers, elle ne risque rien. Elle a l'avantage, ils avaient des bougies, il lui suffisait d'aller assez loin, où ils ne la verraient plus, pour s'en aller rapidement par les voies de sorties qu'elle a repérées. S'ils savaient les prouesses physiques qu'elle était capable de faire, pour son âge…
-La voilà, a déclaré fièrement son père en la poussant en avant. L'élue.
-Enfin, a soupiré un homme qui paraissait être le chef, notre princesse est parmi nous. C'est la bonne ?
-Oui, a acquiescé sa mère, nous l'avons élevée pour, et elle est nyctalope. Elle aime les faux, mais bien plus que ce que nous pensions, et malheureusement, elle les a préférées aux crânes, mais la nuit, la mort, les tombes et les cimetières, ainsi que le sang ne l'effrayent pas. Nous avons tout fait pour qu'elle soit comme ça. Voyez également sa maigreur presque anorexique, sa beauté et son physique. Elle possède un cerveau très développé aussi.
-Parfait ! Le jour tant attendu est arrivé.
Là, elle a compris qu'une bonne partie de sa personnalité a été construite selon les critères de ses parents, pour qu'elle joue un rôle qu'elle ne connait pas, et qui ne l'a pas tentée. Ses yeux se sont durcis. Cependant, sa précocité et son génie viennent d'elle même, pas d'une quelconque manipulation, et elle en est très fière. Les hommes se sont approchés d'elle, et sa prise sur sa faux, qui fait au moins deux fois sa taille, mais est rétractible – elle l'a modifiée elle même pour aller partout avec – s'est resserrée.
-Ma petite, tu vas changer de nom.
Elle n'a pas répondu, se muant dans une carapace de silence encore plus pesant qu'à l'accoutumée.
-Désolée, s'est excusée sa mère, elle n'est pas très bavarde. Elle est taciturne et peu loquace. Mais elle est très intelligente. Et rassurez vous, personne ne connaît encore son nom, nous avons tout fait pour. Elle n'a pas été en maternelle. Il lui reste encore un an avant l'école primaire, elle aura le temps de se faire à son nouveau nom.
-Bien, très bien. Alors, ma petite, tu vas t'appeler Thanatos.
La déesse de la mort. C'est réjouissant, pour elle. Elle n'aime pas spécialement son vrai nom, mais celui là, elle l'a encore moins aimé.
-Tu es la fille de notre déesse Thanatos, notre élue, notre princesse, faite pour régner sur le monde avec nous ! Tu seras la reine. Tout le monde t'aimera et te vénèrera.
Elle a reculé. Sans trembler, sans montrer sa peur. Mais elle a reculé. Ils sont fous, complètement fous. Et ses parents aussi.
-Vous êtes cinglés, a-t-elle lâché, méprisante.
-Sa voix est tellement mélodieuse, s'est extasié un autre homme. Vous verrez, princesse, que nous sommes éclairés, et les autres sont fous.
-Lira, a soufflé le chef à sa mère, elle n'a pas été conditionnée.
-Elle ne voulait rien entendre, et comme elle ne parle quasiment pas, il nous était impossible de savoir si elle avait compris ou non.
-Je vois. Commençons la cérémonie.
-Oui.
Ils se sont penchés vers elle. Le chef avait parlé.
-Thanatos, ma chérie, la cérémonie va te sacrer reine de la nuit, notre reine du monde. Tu vas d'abord perdre ton lien avec la démone Marie.
-Marie ?
-Oui, la Vierge Marie.
Elle a été épouvantée de comprendre si vite leurs pensées, et s'est demandé pourquoi ses parents étaient d'accords. Elle a eu sa réponse d'elle même. Ils sont aussi fous et fanatiques que les quatre hommes.
-Meros, approche.
Un magnifique jeune homme blond, aux yeux bleus s'est avancé. Il transporte des vêtements, qu'il a déposés devant elle. Elle y a jeté un coup d'œil : c'est une tenue gothique punk. Le style lui a plu, et elle a apprécié les vêtements, mais n'a pas compris ce que ça faisait ici.
-Mettez-les.
Elle a secoué la tête. Pas question de se changer ici, devant des inconnus.
-Désolés, Lira, Paul, s'est excusé le chef, mais je n'ai pas le choix.
-C'est normal, elle ne veut rien entendre.
-Elle est parfaite, mais ce côté rebelle, nous n'avons rien pu faire contre.
-Ce n'est pas grave, je l'avais prévu.
Il a fait signe à l'autre homme qui n'a encore rien dit de venir, avec une mallette, qu'il a ouverte. Il en a sorti le pistolet qu'elle contenait avec délicatesse, et l'a pointé sur elle.
-Mets-les.
Elle n'a pas eu d'autre choix que de se changer rapidement devant eux. D'après leurs regards admiratifs, la tenue devait bien lui aller, mais franchement, c'était le cadet de ses soucis.
-Bien ! s'est exclamé le chef. Maintenant, la seconde partie ! Tu dois perdre ton dernier lien avec la Vierge. Meros, ton opposé, va t'aider à le briser.
Son opposé, oui. Il était blond avec une courte tignasse bouclée, elle avait des cheveux noirs ébène longs et lisses, il avait le teint hâlé, elle était blanche comme un linge, il avait des yeux bleus, les siens étaient aussi sombres que ses cheveux, il était adulte, elle était encore une enfant, une enfant très jeune. Et ils voulaient qu'elle perde sa virginité avec lui.
-Hors de question.
Le pistolet s'est approché de sa tempe. Sans hésiter, puisque de toute façon, elle a sentit qu'avec les talents qu'elle a, tout cela pouvait faire du mal aux autres et très mal tourner pour elle, et a plaqué la crosse sur sa tête, et a poussé le pouce de l'homme, qui a relevé son arme juste avant qu'elle ne se tire une balle dans la tête.
Le coup est parti sur son père. En plein cœur. Il s'est effondré. Elle n'a pas été horrifiée. Elle a été désolée. Mais pas triste ou coupable. Juste désolée. Elle a su qu'elle regretterait cet homme qu'elle a cru bon, mais elle ne s'est pas sentie coupable, malgré ses efforts pour ressentir au moins de la culpabilité.
-Non ! a hurlé sa mère, devenant folle. J'arrête ! Vous alliez me prendre ma fille, vous venez de me prendre mon mari ! Salauds !
Déchaînée, elle a bondi sur le chef, lui a prit son revolver, et a tiré sur Meros qui commençait à se déshabiller. Puis, les deux autres l'ont maitrisée, et le chef l'a exécutée. À nouveau, elle s'est juste sentie désolée, et a su qu'elle allait la regretter, mais elle n'a pas été élevée pour ressentir des émotions. On lui a toujours appris que c'était inutile, mais elle voulait les sentir. Or, elle était vide. Mais avant le néant total, elle a ressenti la haine. La rage. La rancœur. Ces deux êtres l'ont peut-être manipulée, réduite à l'état de pantin, elle les a aimés, et ils lui ont offert la vie. Comment ces hommes pouvaient tant mépriser la vie ?
Le chef a fait un pas en avant. Elle a abattu sa faux. La lame a glissé le long du ventre gras, provoquant un geyser de sang, et le repoussant loin d'elle. Sa force et sa maîtrise de sa faux perfectionnée et personnalisée lui donnaient l'avantage. Mais le chef a tiré sans faire exprès, et une balle a rasé son bras, faisant gicler un liquide rouge auquel elle n'a prêté pas plus d'attention. Elle a su l'homme en vie, elle pouvait l'entendre gémir misérablement à côté de Meros, encore vivant mais souffrant. Elle n'allait pas tuer les autres, ils ne méritaient pas qu'elle s'abaisse à leur niveau. Si petite et déjà si précoce. Un génie qui savait pertinemment qu'elle avait gâché les premières années de sa vie.
Une fois que les quatre hommes ont été à terre, elle s'est enfuie, courant comme une folle à travers les tombes jusqu'à s'arrêter, tomber à genoux, se relever, et s'asseoir sur une stèle. Elle a regardé sa faux longuement, jusqu'à ce qu'elle se calme. Voilà.
Elle ne sent toujours rien, même après s'être souvenue. Elle n'a même pas mal au bras. Elle est vide. Complètement vidée. Elle n'était pas déjà « pleine ». Éprouver une émotion lui paraissait difficile. Elle pouvait sans aucune difficulté résoudre un problème ardu, mais être triste, horrifiée ou désespérée, elle n'y arrivait pas. Elle ne pouvait que sentir la haine et la rage, qui avaient disparu de son cœur. Elle est vide. Elle se lève, et trottine jusqu'au corps des quatre hommes. Elle s'accroupit et fouille les poches de celui qui était en meilleur état, jetant un long coup d'œil aux cadavres de ses parents. Toujours rien. Elle ne soupire pas, et trouve un téléphone portable. Après avoir vérifié qu'il y avait du réseau, elle revient à la tombe sur laquelle elle était assise avant, et s'y place à nouveau.
Elle chantonne un peu, et s'arrête, car elle ne sait pas si elle a le droit de chantonner dans une pareille scène.
Elle tape le dix-sept sur le téléphone, et attend. La police ne met pas longtemps à répondre. Elle décide de ne pas les faire patienter.
-Allô ?
-Je me trouve au cimetière Fleur Bleue, dans le village qui se trouve à trois kilomètres de Liverpool, dont je ne connais pas le nom. C'est le seul, vous ne pouvez pas vous tromper. Cinq hommes et une femme sont dedans, quatre sont blessés moyennement gravement, et le reste est mort tué par une balle. Je crois qu'ils faisaient parti d'une sorte de… groupe qui avait des idées étranges.
-Une secte ? répondit le policier qui avait visiblement du mal à enregistrer le flux de paroles.
-Oui, si c'est comme ça que ça s'appelle.
-Pardon ?
-Ceci n'est pas une blague, venez, s'il vous plait. Ils voulaient conquérir le monde au nom de la déesse Thanatos.
-Thanatos, vous dîtes ?
-Oui.
-Je vous crois. Qui parle ? Le numéro est caché.
-Je ne sais pas le nom du propriétaire du portable. C'est le chef de la secte, je pense.
-Euh, pardon ?
Elle raccroche sans aucune manière, et attend. Elle n'a que ça à faire. L'attente est longue. Mais lorsque la lune commence à descendre, une silhouette se découpe dans le cimetière, comme cherchant quelqu'un. Elle ne bouge pas. Finalement, la silhouette la trouve. C'est un jeune homme, un adolescent, aux cheveux noirs en bataille, grand, voûté, avec des cernes et une peau pâle, portant un t-shirt blanc et un jean bleu, et des tennis sans chaussettes.
-Bonsoir, lance-t-il en la voyant.
Elle ne répond pas. Ce garçon lui inspire confiance. Elle apprécie son allure marginale, le fait qu'il ne paraisse pas surpris de la voir.
-Il fait beau, n'est-ce pas ?
Une question incongrue. Leurs regards, noirs tout les deux, se croisent, et ne se quittent plus. Il la fascine. Il est envoûtant. Il n'est pas charismatique, ni séduisant, mais il dégage autre chose de bien plus beau et lumineux.
La lumière de la Justice.
-Qui es-tu ? demande-t-elle.
-Je suis L.
L. Juste L. Juste la lettre L. Le détective dont tout le monde parle, le plus grand, celui qui a résolu un nombre incalculable d'enquêtes. Il est si jeune, même pas adulte, encore. Pourquoi, alors qu'il ne s'est jamais montré, lui dit-il qui il est, et se révèle-t-il à une gamine comme elle ?
-Et toi ? questionne-t-il.
-Mes parents sont morts.
Ce n'est pas qu'elle veut éluder la question, mais… elle ne sait plus qui elle est. Et elle ne trouve que à dire. Il faut qu'il la « remplisse » à nouveau. Elle ne veut plus être vide.
-Comment ?
-À cause de moi et d'eux.
-Eux ?
-Mes parents sont morts.
-Moi aussi.
Il l'impressionne. Elle n'arrive pas à répondre correctement, et il la comprend, lui offrant une voie de secours. Elle ne sait pas quoi dire, car elle est vide, et la lumière de ce garçon la remplie.
-Tu aimes les faux ? interroge-t-il avec un sourire qu'elle qualifierait d'adorable, car elle n'a pas d'autres mots pour décrire la beauté, la lumière et l'humanité de son sourire.
-Oui, beaucoup.
-Pourquoi ?
-On voulait que j'aime les crânes.
Il fait une grimace, et elle a envie de rire. Oui, de rire. Le néant est parti, à tout jamais lui semble-t-il.
-Je préfère les sucreries.
-On m'a élevée pour que je sois comme je suis.
-Comme tu es ?
-Oui. Insensible, froide. Ils ne savaient pas que je serais un génie précoce, que je serais peu loquace, taciturne et rebelle.
-Je vois. C'est bien. Quel âge as-tu ?
-J'ai cinq ans, L. Et je pense avoir dix ans de moins que toi.
-C'est toi qui as blessé ces hommes ?
-Les quatre vivants, oui. Les morts sont mes parents, et ce sont les autres qui les ont tués.
-Raconte moi.
-Je ne sais pas si je veux.
-J'aime bien ta tenue. Tu es jolie.
-D'accord, je raconte.
Il est vraiment… spécial. Sa lumière, ses mots, sa voix, tout en lui donne une sensation d'humanité. Et elle sait qu'en lui racontant tout, elle sera pleine. Elle n'est déjà plus vide.
Une fois qu'elle a fini – il ne l'a pas interrompue une seule fois – il hoche la tête.
-Cette secte était dangereuse. Je la traquais, mais je l'avais perdue de vue. Ils voulaient conquérir le Royaume Uni au nom de Thanatos, en utilisant un enfant conditionné pour les diriger, qui s'infiltrerait partout et répandrait le nom de la déesse. Tu es très forte, et tu as été courageuse.
-Peut-être.
-Comment t'appelles-tu ?
-Je n'ai plus de nom.
-Ah bon ?
-Oui. Ils voulaient m'appeler Thanatos. Ils m'ont pris mon nom. Je ne sais plus comment je m'appelle, maintenant. Et je ne sais pas non plus où je vais aller.
-Moi, je sais. Si tu veux, tu peux aller à la Wammy's house, à Winchester.
-Qu'est-ce que c'est ?
-C'est un orphelinat pour surdoués. Tu y trouveras ta place sans peine.
Il lui raconte ce qu'est la Wammy's house. Il lui décrit le fonctionnement. Elle a envie d'y aller. Elle a envie de tenter sa chance pour être son successeur. Elle ne veut pas l'être, mais elle veut opposer une concurrence. En fait, elle veut le revoir. Et elle veut avoir des amis.
-J'aimerais bien y aller, sourit-elle.
-J'ai vu.
-Tu viendras nous voir ?
-Ça dépendra de mon temps libre… et de toi.
-Je serais en tête du classement.
-Là bas aussi, il y a des génies.
-Je sais.
-Tu sais ?
-Je ne serais sans doute pas dans les trois premiers, mais je ferais de mon mieux pour être dans les dix premiers.
-Je te fais confiance.
Elle hoche la tête, heureuse. Elle n'est plus seule. La glace de son cœur a commencé à fondre. Avec lui, elle a pu lâcher sa faux, presque l'oublier. Ce garçon vient d'éclairer à nouveau sa vie.
-Pourquoi es-tu venu de toi même ? demande-t-elle, curieuse.
-J'ai fait des recherches sur cette secte, et j'avais appris qu'ils avaient une petite fille, très jeune. La police m'a appelée pour me dire que la secte avait été retrouvée, et que la personne qui les avait appelés était étrange. J'ai réécouté la conversation, et en ait conclu que c'était la petite fille qui avait parlé. Et j'ai compris que tu étais suffisamment intelligente pour entrer à la Wammy's. Alors je suis venu en secret, par moi même.
-Je ne comprends pas pourquoi je suis contente. Mais ça me fait plaisir.
-Je sais ce que c'est de ne pas ressentir pleinement, de ne pas savoir aimer. Et je sais que toi, tu peux apprendre comment faire.
-Ce n'est jamais trop tard pour apprendre.
-Je l'espère. Avant que tu n'entres à la Wammy's, j'aurais besoin de ton nom. Ton nom de naissance.
-Pourquoi ?
-Chaque enfant de la Wammy's porte un surnom donné soit par moi, soit par le fondateur, Watari. Ce surnom devient votre nom. Votre vrai nom doit être gardé secret. La première lettre de votre surnom est la même que celle de votre nom. Voilà pourquoi.
-Skialba Rosen. Je m'appelle Skialba Rosen. Du grec Skia, l'ombre, et du latin Alba, blanche.
-L'ombre blanche, donc.
-Oui, L.
Elle aime comment résonne le L, dans sa bouche. Elle apprécie le détective, elle se sent proche de lui. Il lui fait penser qu'elle n'a pas gâché sa vie. Qu'elle peut prendre un nouveau départ.
-Et bien, ton surnom est tout trouvé, sourit L. Je suis heureux que tu t'appelles Skialba.
Elle attend. Son cœur bat vite.
-Bienvenue à la Wammy's house, Scythe.
Scythe, la faux. La glace fond. Elle se laisse tomber dans ses bras, et se met à pleurer.
Le vide a disparu, il ne reste que la lumière.
Merci d'avoir lu !
J'espère que toute la série vous aura plus, le bonus arrive dans pas longtemps. Je précise que j'ai mis au moins une heure à lui trouver son prénom, j'arrivais pas à avoir le bon mot. Aggrrr. Mais je suis satisfaite du résultat.
Ensuite, Scythe a perdu une bonne partie de ses émotions et a du réapprendre à ressentir. Elle est très taciturne et très étrange, presque enfantine. Elle n'a pas beaucoup de tact et est incapable de saisir une atmosphère, mais en revanche, elle est plus fine qu'elle ne le laisse penser. Elle se met très rarement en colère, et demande souvent aux autres si le fait qu'elle ressente ça ou ça soit normal. Pour ma part, même si je n'aurais sans doute pas l'occasion de la mettre en scène, je l'adore, et dès que je l'imagine, je la trouve rigolote.
Elle est la colocataire et meilleure amie de Justice. Les deux sont surnommées les marmottes car elles adorent dormir et sont incapables de se réveiller d'elles mêmes.
Alors, voilà, je crois que j'ai fait le tour... merci d'avoir suivi la série de mes Wammy's girl !
Ja na ! (en l'honneur de ma très chère PtitSaumonBleu !)
Des reviews, please ?
