En ce beau dimanche ensoleillé (et je parie qu'il y a des veinards qui lézardent sur la plage), je vous propose ma suite.
Bonne lecture,
Enjoy ;)
Thirteen
PS: pour les amatrices de lemon, désolée, il n'y en a pas. Vraiment pas d'inspiration!
- Mais t'es malade! Hurla Bella en essuyant un filet de sang qui coulait le long de sa bouche. T'es frustrée ou quoi?
- Hé ho, mollo dans tes paroles. Répliqua durement la française. Fait pas ta chochotte non plus. Ça, c'est que dalle. (sourit) Pause syndicale. Besoin de cloper.
Bella sourit et remarqua que son amie s'étirait.
- Mal au dos?
- Comme le dit si bien Claude François, « ça s'en va et ça revient…. »
- Je connait pas.
- Va falloir qu'Alice t'emmène en France quand tout ça sera fini. Pour aujourd'hui, c'est fini. J'en peux plus.
- Tu veux que j'appelle Isa? Dit Bella, inquiète.
- Non, ce n'est pas la peine. Ça va passer tout seul. Vaut mieux laisser ma rouquine en compagnie d'Alice. En plus, je crois que c'est son tour d'aller veiller sur ton père.
Bella observa son amie quelques secondes et dit, d'une voix inquiète:
- Depuis quand tu n'as pas dormi?
- Je…
- C'est bien ce que je pensais. Depuis que Rosalie s'est encore enfuie.
La française émit un grognement de mécontentement et alluma une cigarette.
- Simple conseil: va dormir un peu. T'es complètement cuite.
- Je ne veux pas aller dormir. M'allonger et fermer les yeux me ferait revivre certaines choses et je ne veux pas.
- Mais tu ne va pas tenir longtemps à ce rythme là. Objecta Bella, bras croisés.
- Blablablabla… coupa la brune en souriant à moitié. Ce que je fait de mes nuits ne te concerne en rien Isabella. Libre à moi d'avoir des penchants sado-masos avec ma rouquine.
- Mais, Est-ce que tu te rend au moins compte qu'à chaque fois que tu dors mal, tu t'en prend à 13?
- Oui, je le sais! Sécha la française, énervée. Je le sais! Et ça fait un paquet d'années que ça dure. Ça fait un paquet d'années que, nuit après nuit, je revis ce qu'on m'a fait! Nuit après nuit, je revois certaines choses que je ne préférerai pas revoir! Si tu veux être à ma place, pas de problème! Je te refile sans hésiter mes fantômes et mes cauchemars! Pourquoi tu crois que j'en parle pas? Parce que ça fait mal. Parce que jour après jour, je rêve qu'on me refait soigneusement le portrait et que je suis incapable de… Laisse tomber. Termina Emilie en balançant son mégot. Tu n'as pas besoin de savoir tout ça.
- Alice a raison quand elle dit que dès qu'on effleure ce que tu ressens, tu te refermes comme une huître…
- On a pas besoin de savoir ce que je ressens. C'est être faible. Et je ne le veux pas.
- Ce n'est pas faire preuve de faiblesse, bien au contraire. C'est montrer une facette de toi qu'Isabelle ne fait qu'effleurer depuis des années et que tu me montres de plus en plus depuis quelques semaines.
Emilie fixa Bella quelques secondes et s'assit par terre, l'air perdu.
- Je ne suis pas psy. Continua la jeune vampire. Mais tu peux me parler. Sache que je ne répéterai rien à Alice et à Isa. Emi, je veux simplement que tu sois heureuse et que tu ne nous envoie plus chier parce que c'est le seul moyen que tu as trouvé pour ne pas nous inquiéter.
- J'ai jamais été douée pour parler de moi.
- Si. Avec moi, tu es à l'aise pour parler. Et puis, j'aime tes élucubrations donc…
Emilie pouffa de rire et se passa une main dans les cheveux.
- Je crois que je vais demander à Emmett qu'il prenne le tour de ta rouquine. J'ai envie de passer du temps avec ma femme et je crois qu'Isa aimerait être avec toi.
Elle fut ma première…
Cette simple phrase trottait dans l'esprit d'Isabelle. La rouquine se doutait bien qu'elle n'était la première femme qu'Emilie connaissait mais savoir qu'elle ignorait cette partie d'elle la dérangeait.
En même temps, Emilie ne dit pratiquement rien sur elle-même. C'était à peine si je savais qu'elle était issue d'une famille de militaires. Il faut que je me ressaisisse. Je ne vais quand même pas être jalouse de quelqu'un que je ne connait pas?
La rousse soupira et s'assit dans un fauteuil, attendant le retour de sa femme qui arriva quelques minutes plus tard, mains dans les poches et son habituel sourire sur le visage.
- Salut. Dit la brune en venant à côté d'Isabelle.
- Comment ça se passe?
- L'élève va bientôt dépasser le maître. En même temps, c'est pas très compliqué pour l'instant. Va falloir voir ce que ça donne quand Alice est dans les parages.
- Bien, bien. Répondit la rouquine d'une voix absente.
- Tu n'as pas écouté un traître mot de ce que je viens de te dire.
- Tu disais?
Emilie l'observa quelques secondes et fini par se mettre à sa hauteur, une main posée sur les siennes.
- Qu'Est-ce qui ne va pas? Dit la brune d'une voix douce.
- Dixit celle qui ne me dit rien. Rétorqua la rousse, agacée. Rien, laisse tomber.
- Isabelle…
- Il se trouve que, finalement, je ne connait presque rien de toi. Je veux dire que je connait toutes tes manies et tes habitudes mais de ta vie avant moi, je ne la connait pas.
- Je crois qu'il faut qu'on parle. Que je te parle même si c'est quelque chose que je ne fait pas d'habitude.
- Je sais, ça vient de ton éducation.
- Que je maudis.
Sans rien ajouter de plus, Emilie souleva Isabelle et l'allongea sur le lit ou elle vint se coller contre elle, ses mains jouant avec les boucles rousses.
- Ce que je vais te raconter, personne n'est au courant. Pas même Charles. Lui, il a d'ailleurs failli avoir une attaque cardiaque en l'apprenant…
Alice contemplait Bella qui était allongée, dans le plus simple appareil, sur leur lit. La belle vampire était derrière un chevalet et dessinait, à vitesse humaine, le corps de sa femme.
- Comment ça se passe avec notre amie?
- C'est une sadique. Grommela Bella. M'étonne pas que vous l'appeliez Satan.
- Evite de trop bouger mon ange. (sourit) Satan, c'est pour l'humour déplorable qu'elle peut avoir.
- Je ne vais pas l'appeler la reine des sadiques, ça lui ferait plaisir. Se moqua gentiment Bella.
Alice esquissa un sourire, regarda quelques secondes la toile et reporta son attention sur Bella.
- Je te l'ai déjà dit. Le but d'Emi est de te pousser à bout pour que tu lui montres ce que tu vaux. Je pense qu'une expression française lui convient bien d'ailleurs.
- Hein?
- C'est « une main de fer dans un gant de velours ».
- Je ne suis vraiment pas fan des métaphores ce soir. Soupira la jeune vampire. Comment tu sais ça d'ailleurs?
- Disons qu'Emilie m'a appris un ou deux trucs.
- Je ne veux pas savoir lesquels. Par moment, j'ai tendance à oublier que vous avez été une sorte de ménage à trois.
- J'était jeune. Dit Alice en poussant un soupir exagéré. Tu était même pas née en plus…
- Je sais.
La belle vampire sourit de nouveau et, abandonnant son activité, vint s'allonger aux côtés de son épouse.
- Et, entre nous, murmura Alice tout en promenant ses mains sur le corps alangui de Bella, préoccupe toi seulement de ce qu'Emi te fait faire et non des relations que nous avons pu avoir… Termina la belle vampire en l'embrassant langoureusement.
- Mes cauchemars partent en partie de ce moment là. Murmura Emilie en se mettant sur le dos. Toutes les nuits, je rêve que je tiens le corps de Marie dans mes bras, en sang…
- Pourquoi tu ne m'avais jamais parlé de Marie? Murmura doucement la rouquine.
- Marie fait partie de mon passé et c'était encore tellement présent à mon esprit… Je ne voulais pas qu'un fantôme se mette entre nous. Je me sentais tellement coupable de sa mort… J'aurais du lui dire de rester à Paris. J'aurai du insister… Mais elle m'a suivie… Quelques semaines après, je partait en Angleterre et tu connais la suite. (soupire) Tu aurais toutes les raisons du monde pour m'en vouloir et je le comprendrai…
- Si Marie n'avait pas été tuée, tu serais restée avec elle?
- Je ne sais pas. Peut être ou peut être pas. Nous étions très différentes par l'éducation que nous avions eues. Sincèrement, j'en sais rien.
Isabelle sourit et se colla contre Emilie.
- Marie reste celle qui a été la première pour toi. Celle à qui tu as dit « je t'aime » en premier, celle avec qui tu as fait l'amour pour la première fois… C'est normal qu'elle soit encore dans ton cœur et je sais que j'y ai ma place… Je te laisserai tout le temps qu'il faut pour que tu reprennes le dessus…
La brune se mit au dessus de son épouse, bras tendus, son regard perdu dans le sien.
- Je t'aime Isabelle.
- Idem. Répondit la rouquine en faisant un clin d'œil.
Alors, qu'en pensez vous?
A bientôt,
13
