Coucou tout le monde! Pour ce soir, voici la première partie d'un chapitre assez long que j'ai finalement décidé de scinder en deux. Chapitre qui, j'espère, répondra à certaines de vos interrogations.
Bonne lecture et on se retouve en bas,
Thirteen
Assise au piano dans sa chambre, Isabelle jouait plusieurs morceaux de Chopin. Ses doigts courraient sur les touches et la sulfureuse rouquine regardait à peine les partitions posées devant elle.
Emilie allumait une cigarette tout en farfouillant dans la bibliothèque tandis qu'Isabelle feuilletait une revue littéraire.
- Tu es occupée? Demanda la brune qui avait une idée en tête.
- Non. Répondit la rouquine en posant sa revue.
- Alors viens par là. Je vais t'apprendre à jouer du piano.
- Je suis une mauvaise musicienne. Fit remarquer Isabelle. Je n'aurai jamais ton niveau.
-Qui te parles de niveau? Je vais simplement d'apprendre un ou deux airs. Pelirroja, le piano ne va te manger.
Isabelle éclata de rire et rejoignit sa compagne qui était assise sur le tabouret. La rouquine observa sa compagne jouer.
- Tu comptes m'apprendre à jouer du Chopin? Ce n'est pas le plus facile.
- Je sais. Répondit Emilie en souriant. Pourquoi du Chopin? Parce que c'est un de mes compositeurs favoris et que... Chacun de ses morceaux peuvent convenir à un instant précis de notre vie. Sa musique convient aussi bien à la tristesse que tu peux ressentir ou à l'amour qui me consumes pour toi. Et puis, cela me rappelle pleins de souvenirs... Notamment quand nous nous sommes retrouvées.
- Je ne pensais pas que tu pouvais être aussi romantique...
- Il ne faut pas se fier aux apparences Pelirroja...
Isabelle referma le clavier et resta perdue dans ses pensées. Aro, attiré par la musique provenant de la chambre de la rouquine, l'avait écoutée et apprécié, en connaisseur, le jeu de sa création. Le vieux vampire applaudit la pianiste et Isabelle se retourna, surprise de le voir.
- J'ignorai que j'avais un public.
- J'ignorai pour Chopin. Il me semblait que votre culture musicale se limitait aux compositeurs allemands.
- C'était comme ça. Répondit la rouquine.
- Votre cadeau n'est plus là?
- Non. Je l'ai renvoyée. Elle ne m'était plus d'aucune utilité.
- Très généreux de votre part ma chère amie. (sourit) Pourquoi m'avez vous faussé compagnie pendant si longtemps? Votre finesse d'esprit m'a manquée.
- Je l'ignore. Répondit Isabelle d'un ton neutre. Je ne m'en souviens pas.
- Aro ne répondit pas, sortit une photo qu'il posa sur le piano et s'en alla.
- Ton amie est rentrée chez elle? Demanda Bella à Emilie qui allumait une cigarette.
- Ouais. Répondit la française. Avec un carnet d'adresses bien rempli et l'ordre de s'éclater avec sa copine. (sourit) Et j'ai eu des nouvelles de ma rouquine. Enfin, juste une phrase dans une enveloppe.
- Sans indiscrétion, c'est quoi? Fit Bella, curieuse.
Emilie sortit l'enveloppe de la poche intérieure de sa veste et la fit lire à Bella.
« Ecoute encore et toujours Chopin, ce compositeur que tu aimes tant et que tu m'a appris à aimer. Joue encore et encore pour que je sois toujours près de toi. Je t'aime »
Dans son bureau, Carlisle regardait une photo sur son ordinateur. A ses côtés, Alice restait bouche bée.
- On dirait Isa. Dit la belle vampire.
- Sauf qu'il ne s'agit pas d'elle mais d'une de ses parentes. Fit remarquer le médecin.
- Tu as dit qu'elle avait massacré toute sa famille sur ordre d'Aro.
- Je sais. Ce qui m'échappe c'est pourquoi cette jeune femme descend d'Isabelle. Isa n'a jamais eu d'enfants... A moins que...
- A moins que sa mère ai eu un second enfant mais dans ce cas là, Isa nous l'aurait dit. A moins qu'elle l'ignorait... (soupire) Tu as l'adresse de cette jeune femme?
- Oui. Je te la donne.
- Tu crois qu'il faut prévenir Emi?
- Oui. Et l'humaine doit être avec nous. Aro doit déjà être au courant de son existence et il vaut mieux qu'elle soit avec nous.
Isabelle regardait la photo qu'Aro lui avait laissée et la rouquine ne savait pas quoi penser. L'humaine lui ressemblait de manière frappante.
- Et si... murmura Isabelle en se plongeant dans ses souvenirs.
Le corps de Hans gisait dans une mare de sang dans la salle à manger et Isabelle le regardait, d'un air dégoûté. Un peu de sang perlait aux commissures de ses lèvres et la sulfureuse rouquine les essuya d'un geste rapide de la main. Elle ferma les yeux et inspira profondément l'air. Tout les occupants du domaine étaient morts à l'exception de sa mère. Un faible vagissement lui apprit qu'il y avait du monde à l'étage. Isabelle eut un sourire mauvais et fila au premier pour s'arrêter devant la porte de la chambre de sa mère. Elle fut surprise d'entendre deux battements bien distincts. Isabelle entra et fut surprise de voir Agathe avec un bébé dans les bras. Sans tourner le dos à sa fille, bien que surprise de la voir, elle coucha le bébé dans un berceau et s'avança vers elle.
- Nous te croyions morte... dit Agathe en français.
- Je le suis. Répondit froidement la rouquine. Qui est ce?
- Ta soeur...
Sans rien montrer de ce qu'elle ressentait, Isabelle s'approcha du berceau et vit sa soeur qui la regardait en gazouillant. La vampire fut happée par l'immensité des yeux verts braqués sur elle.
- Ne lui fait pas mal. Demanda Agathe, paniquée par l'aspect de sa fille aînée. Elle ne t'a rien fait.
- Comment s'appelle t'elle? Dit Isabelle en braquant ses yeux rouges sur sa mère.
- Elisabeth.
La vampire se détourna du bébé et toisa sa mère, dévoilant une rangée de dents blanches, prêtes à mordre. Elle se rapprocha d'Agathe et, d'un coup sec, la mordit mortellement. Pendant qu'Agathe se vidait de son sang sur le sol, la rouquine retourna près du berceau pour terminer son oeuvre mais, curieusement, elle en fut incapable. La vampire se contenta de prendre le bébé contre elle et sauta par la fenêtre.
Dans l'appartement des deux françaises, le calme le plus absolu régnait. Enfin, pas tout à fait. Un verre à pied et une bouteille de vin posés juste en face d'elle, Emilie jouait du Chopin.
Cela me rappelle plein de souvenirs. Notamment quand nous nous sommes retrouvées...
Quand j'ai redécouvert ton corps en étant nouveau-né... Quand je t'ai embrassée pour la première fois...
Des images revenaient à l'esprit de la vampire. Images d'elle et de la rouquine faisant l'amour sur du Chopin. Sur la musique qu'elle jouait.
« Ecoute encore et toujours Chopin, ce compositeur que tu aimes tant et que tu m'a appris à aimer. Joue encore et encore pour que je sois toujours près de toi. Je t'aime »
Je joue mon Isabelle mais loin de toi, je ne suis rien...
Voilà pour ce soir! Le reste, demain!
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