Oh, une revenante!
Non, vous ne rêvez pas! Après bien des péripéties et la fameuse page blanche, voilà enfin la suite!
Bonne lecture et on se retrouve en bas,
Enjoy ;)
13
Une cigarette achevait de se consumer sur le cendrier et les mains effleuraient les touches d'ivoire. Emilie jouait, pensant sans cesse au message que lui avait laissé sa femme.
« Ecoute encore et toujours Chopin, ce compositeur que tu aimes tant et que tu m'a appris à aimer. Joue encore et encore pour que je sois toujours près de toi. Je t'aime »
Elle jouait sans discontinuer et rien dans son attitude ne trahissait que la douleur qu'elle ressentait, sauf que chaque son entendu résonnait comme une plainte venue du plus profond d'elle-même, comme un appel au secours. Tout son répertoire de Chopin y passa et ce fut quand elle aborda James Horner que son jeu s'en ressentit.
Adossé au chambranle de la porte, les yeux fermés, Edward écoutait. Il se laissait bercer par la mélodie mélancolique et se demandait comment son amie faisait pour tenir le coup.
Je ne dois même pas songer à lui poser la question car Emi m'enverra bouler mais cela se ressent qu'Isa lui manque….
- Edward… murmura la pianiste sans cesser de jouer « the Portrait ».
- Il faut que tu viennes avec moi. Répondit le vampire qui n'oubliait pas son but initial.
- Pour quoi faire ? Entendre encore le père Castor ?
- C'est important.
- Ce qui est important pour moi, c'est ce que je fais en ce moment. J'ai surtout besoin de calme et de tranquillité.
- Pour te morfondre ? rétorqua Edward en s'approchant de son amie. Il faut que tu viennes avec moi.
Emilie leva le regard vers lui et il se rendit compte que ses yeux étaient rouges.
- Depuis quand n'as-tu pas chassé ?
- Qu'est ce que ça peut te foutre ?
- Emi… Viens s'il te plaît. Si ça ne serait pas aussi important, je ne viendrais pas t'importuner ainsi, tu le sais.
Emilie ferma les yeux et acheva son morceau sous le regard d'Edward.
Au même moment, dans le salon des Cullen, une rouquine reprenait lentement connaissance, scrutée par quatre paires d'yeux anxieux.
- Je t'avais dit d'y aller mollo. S'exclama Alice. Pas de l'assommer.
- T'aurai préféré qu'elle braille comme une pucelle le jour de son dépucelage ? rétorqua Emmett à sa sœur.
- Emmett, langage. Ce genre de vanne est l'apanage d'Emi, pas le tien. Renchérit Bella tout en se mettant aux côtés de son épouse.
- J't'emmerde. Répliqua le géant, vexé. Alice, le prochain coup que tu veux faire pour te trouver une nana pour un plan à trois, tu m'oublies.
- C'est pas pour un plan à trois crétin. C'est notre père qui me l'a demandé.
Jasper, qui ne disait rien depuis le début de la conversation, se contentait d'observer la rouquine et ne pouvait s'empêcher d'être troublé par la ressemblance entre elle et Isabelle.
- Au lieu de brailler comme des hystériques, c'est moi ou notre inconnue ressemble à notre rouquine ? fit le vampire blond en se reculant de quelques mètres car la jeune femme commençait à émerger.
- Non, tu as raison. Répondit Alice. Carlisle pense qu'elle a un lien avec Isa.
- Une parente éloignée ? Hasarda Jasper, de plus en plus troublé et mal à l'aise face à la rouquine.
- Probablement. Dit la belle vampire.
La jeune femme fini par complètement se réveiller et son regard vert croisa ceux des vampires qui reculèrent. Bella esquissa un sourire et se rapprocha de la jeune femme qui, étrangement, était plutôt calme.
- Je suis Isabella mais tu peux m'appeler Bella. Le géant, c'est Emmett, le blond, Jasper et l'adorable brune aux cheveux partant dans tout les sens, c'est ma femme, Alice. Et toi, quel est ton prénom ?
- Elisabeth. Murmura la rousse d'une voix d'où perçait un accent légèrement guttural. Vous pouvez me dire ce que je fais ici ?
- La personne la plus à même de te le dire va bientôt arriver. Assura la plus jeune en souriant. Détend toi, nous n'allons pas te manger.
- Comme si c'était ça qui allait m'effrayer. Rétorqua Elisabeth en la toisant, ce qui rendait Bella mal à l'aise.
Edward et Emilie firent leur apparition, au plus grand soulagement des vampires présents. Les deux amis s'arrêtèrent et regardèrent la nouvelle venue.
- Bordel… murmura Emilie en dévisageant Elisabeth.
- Qu'est ce qu'il se passe ? fit Edward, inquiet de voir son amie devenir tendue.
En guise de réponse, la française se rua vers la rousse et, sans prévenir, la prit par le cou.
- Pourquoi je sens l'odeur de ma femme sur toi ? Qu'est ce que tu es ? Une saloperie envoyée par Aro ?
- Emi… commença Alice en venant à sa rencontre.
- Qui est tu ? Dit la française en haussant le ton tout en serrant plus fort.
Elisabeth ne répondit pas, ferma les yeux et, sans prévenir, envoya la brune au sol sous les regards médusés des vampires. Emilie se releva, étonnée tandis que Jasper essayait de détendre l'atmosphère.
- Qu'est ce que tu es ? Une simple humaine m'aurai pas balancée comme tu viens de le faire.
- Elle est nous sans vraiment l'être. Répondit Alice.
- C'est bien là qu'on aurait besoin du père Castor. Maugréa la brune en allumant une cigarette.
Curieusement, Elisabeth se tenait tranquille. Après avoir projeté au sol la française, la rousse observait son entourage avec la plus grande attention et ne pouvait s'empêcher de sourire.
J'la sens pas. Il y a quelque chose de pas clair chez elle.
- Je vois que notre invitée est arrivée. Fit Carlisle en arrivant dans le salon. Bonjour Elisabeth, je suis Carlisle.
La rouquine se tourna vers le médecin et lui sourit.
- Je vois que tu as déjà fait connaissance avec tout ce joyeux petit monde. Continua-t-il sans se soucier de l'ambiance.
- Dites, j'veux surtout pas interrompre votre monologue mais c'est qui cette nana ? Pourquoi elle ressemble à ma femme et pourquoi elle à la même odeur que ma Pelirroja ?
- Et pourquoi elle a foutu Emi au sol ? Renchérit Bella.
Carlisle se passa une main dans les cheveux et répondit :
- C'est la sœur d'Isabelle.
- Pardon ? fit la française, stupéfaite. Sans vouloir vous offenser, vous devez sûrement vous planter.
- Non. C'est bien la sœur d'Isabelle.
- Quoi ? S'exclamèrent tout les vampires présents.
- 113 ans et toutes mes dents. Rétorqua Elisabeth avec un sourire goguenard.
Emmett fini par éclater de rire en regardant la rouquine et son fou rire contamina tout le monde, y compris Carlisle.
- Elisabeth a certaines de nos caractéristiques mais n'est pas vampire. En fait, c'est un gène qui se transmet dans leur famille et il suffit qu'un vampire transforme un des membres de la famille Bergman pour l'activer complètement. Fini par dire le médecin d'un ton professoral.
- Et vous espérez quoi en faisant venir ici cet ersatz de vampire ? Que l'un de nous la morde ? répliqua Emilie. Parce que si c'est ça votre plan, il est à - chier !
Elisabeth regarda sa belle-sœur et haussa les épaules, dépitée par sa remarque.
- Me mordre ? Drôle d'idée. Répliqua la rouquine. Tu n'y arriverais même pas jeunette.
- Mais va te faire….
- Emi ! dit sèchement Alice. Laisse Carlisle continuer et après, tu pourras lui balancer des vacheries.
- Merci Alice. Répondit le patriarche avec un sourire en coin. Je vous avais dit qu'Aro avait transformé Isabelle parce que tout en elle lui plaisait, surtout sa famille. Pour lui, contrôler un membre de la famille Bergman, c'était assoir son pouvoir de manière définitive. Il pensait qu'en contrôlant Isabelle, il règnerait sur notre communauté sans que quiconque ne trouve à y redire.
- Mais pourquoi cette famille ? demanda Alice.
- Parce que nous descendons de son pire ennemi. Fit Elisabeth en s'adossant contre un mur.
- Vous descendez de Dracula ? Plaisanta Emmett.
- Van Helsing. Dit Carlisle à la place de la rouquine. C'était le pire ennemi d'Aro et ce dernier n'a jamais su qu'il avait une descendance.
- Qui ? La vieille follasse ou van Helsing ?
- Aro. Emmett, suis un peu ! répliqua Bella qui était intéressée par ces explications.
- C'est pour une histoire de pouvoir qu'il a transformé ma femme ?
- Et il doit avoir autre chose en tête pour être venu la récupérer en personne. Il n'y a pas que l'histoire avec Rosalie qui a foutu la merde. Compléta Alice en se massant les tempes.
- Attendez un peu… Dans le genre « famille régnante », vous avez vos chances ? demanda Emilie à Carlisle.
- En théorie, oui mais seulement en théorie. Le pouvoir ne m'intéresse absolument pas.
- Ben, on dirai que la follasse n'est pas du tout de votre avis….
Aro observait Jane qui jouait du clavecin. Cette dernière n'arrivait toujours pas à comprendre la fascination que son maître éprouvait pour la rouquine et, de guerre lasse, avait cessé de vouloir comprendre le pourquoi du comment.
- Ne cherche pas à comprendre. Murmura Aro à Jane. Tout n'est qu'une question de pouvoir.
- De pouvoir ? répéta Jane sans cesser de jouer.
- Tout est lié et mon Archange du Mal en est le résultat.
- J'avoue que je ne vous suis plus.
- Parce que tu n'as pas toutes les cartes en mains. Elle est ma plus belle création et mon bras vengeur.
- Vous divaguez.
- Pas du tout. Elle est celle qui conduira les Cullen à leur perte. Rosalie n'a été que le déclencheur de toute cette histoire. Tôt ou tard, j'aurai fini par la retrouver.
- Pourtant, elle vous a échappée pendant un bon bout de temps. Fit remarquer la blonde.
- Ma chère, personne ne peut entièrement contrôler les femmes et vous êtes bien placée pour le savoir vu que vous en êtes une. Ironisa le vieux vampire en souriant.
- Très drôle. Comment comptez-vous vous y prendre si jamais la smala Cullen & consort débarque ? Les accueillir avec des fleurs ?
- Ils ne feront rien car ce n'est pas dans les habitudes de Carlisle de se mêler de mes affaires. Et si jamais c'était le cas, je lui mettrai Isabelle dans les pattes.
Jane eu une moue dubitative et arrêta de jouer.
- Vous semblez oublier qu'elle est mariée.
- Détail sans importance. Continuez de jouer Jane. Nous parlerons de tout ceci plus tard. Répondit Aro qui avait sentit la présence d'Isabelle dans la pièce.
La sulfureuse rouquine, attirée par la musique, les avait rejoints dans la pièce et se mit aux côtés d'Aro.
- Vous voulez écouter Jane ? S'enquit le vieux vampire en regardant sa disciple.
- Pourquoi pas. Répondit-elle avec un sourire absent.
Avec un sourire cruel, Jane commença à jouer du Chopin.
- J'peux pas la blairer. Dit Emilie à Alice et Bella tandis que le reste du groupe était avec Carlisle et Elisabeth. Y'a quelque chose qui me dérange chez elle.
- Autre chose que le simple fait que ce soit effectivement la sœur d'Isa ? demanda Bella en regardant son amie.
- Impression de déjà vu. Avoua la française en allumant une cigarette. Ou ? Je suis incapable de vous le dire.
- Ce n'est pas une de tes ex ? Plaisanta Alice.
Emilie haussa les épaules et fini par allumer une cigarette. C'est alors que le couple remarqua les yeux rouges de leur amie.
- Depuis quand tu n'as pas chassé ? S'enquit Bella d'une voix douce.
- Je ne sais pas.
- Depuis qu'Isabelle s'est faite enlevée par Aro. Tu as passé ces derniers jours à jouer du piano.
- Ma femme me manque. Fit la brune en baissant la tête. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je me sens seule sans elle et j'ai peur de ne pas la revoir.
- Tu la reverra, aie confiance en Carlisle. Dit Alice pour réconforter son amie.
- Et si ce n'est pas le cas ? Murmura la vampire. Et si je perdait ma femme pour une stupide histoire d'ego ?
Sans laisser le temps de répondre à ses amies, Emilie s'en alla. Restée seule avec sa femme, Alice la prit dans ses bras.
- Emi a raison, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez Elisabeth.
- Tu as vu comme moi comment elle l'a foutue par terre…. Fit Bella en se pressant contre Alice.
- Oui et ce n'est pas normal. Elle nous cache quelque chose et Emi n'a sûrement pas tort en disant qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez elle.
- Faudrait qu'on en sache un peu plus sur elle.
- Charlie. Murmura Alice. Il est policier et devrait avoir accès à un tas de choses…
A bientôt pour la suite!
