Et voilà le chapitre le plus long pour le moment.
Je remercie .One et Nesumi pour m'avoir mise en Story alert,
Merci aussi à sabrina1807 ( favorite story).
Pour les reviews je remercie toutes les personnes qui ont prit le temps de commenter mon ou mes chapitres.
Avis à tout le monde ! Si vous n'avez pas encore vu HP Partie 2 ou si vous n'avez pas lu le livre ne lisez pas ce que je vais écrire en gras, par contre toutes celles et tout ceux qui l'ont vu répondez à ma question.
Fan que je suis j'ai décidée d'aller le voir à sa sortie le Mercredi 13 Juillet et j'avoue que même si cette opus était époustouflant je trouve qu'il manque certains éléments important comme la mort de Fred, Remus et Tonks. Je pensais qu'on nous montrerait leurs derniers instants mais j'ai été déçue.
Néanmoins ce n'est pas la chose la plus primordial. Pour toutes celles qui ont lu le livre, je ne sais pas si vous vous rappeliez qu'à la fin avant le combat entre Voldemort et Harry ce dernier lui faisait un discours sur l'amour, les regrets et qu'il osez l'appeler Tom Méduser ? Pour moi cette scène était primordial et je souhaitais la voir plus que toute les autres, malheureusement la production n'a pas jugé adéquate de la mettre.
Malgré que cette opus soit une réelle réussite je reste tout de même un peu sur ma fin et vous qu'en avez-vous pensé ?
Chapitre VII : Première vague.
- Quoi ? s'étonnèrent Harry et Ginny d'une même voix.
- Vous avez bien compris ! éluda le rouquin, fatigué.
Voilà une bonne quinzaine de minutes que Ron s'escrimait à relater la même histoire à sa sœur et son meilleur ami. A force de répéter inlassablement les mêmes mots, sa bouche ainsi que sa gorge s'étaient asséchées.
- Je ne plaisante pas, il l'a vraiment fait.
- Tu es bien en train de nous parler de Malefoy, Drago Malefoy, insista Harry, sceptique.
Exaspéré par le manque de compréhension des deux autres, Ron se laissa lourdement tomber sur le canapé qui s'affaissa légèrement et répandit des milliers de grains de poussières qui voletèrent dans la pièce déjà lourde d'atmosphère.
- Bon, je vous réexplique une dernière fois, souffla-t-il. Lorsque Harry est venu me raconter les agissements qu'avait eus Hermione envers lui et ses nouvelles facultés, je me suis rendu compte que ce n'était plus elle, que je ne la reconnaissais plus tellement elle avait changé…
- Elle avait changé bien avant ça, Ron, le coupa Ginny.
Frère et sœur se toisèrent mutuellement durant quelques instants, leurs regards étaient remplis de colère et de reproches qu'ils s'efforçaient de faire passer à travers cet échange silencieux.
- Et après? s'enquit Harry pour mettre fin au malaise.
Désorienté, le rouquin bafouilla quelques secondes avant de reprendre contenance.
- J'ai voulu lui parler gentiment, savoir d'où provient cette amertume mais elle a été agressive. Je reconnais que j'ai peut-être été maladroit en lui disant qu'elle ressemblait de plus en plus à Malefoy, quoi que je commence à me dire qu'il est sûrement meilleur qu'elle à ce jour. Enfin, toujours est-il qu'elle m'a balancé son poing dans la figure. Total: mon nez était cassé. Ensuite, Malefoy est arrivé et nous avons parlé, à ce mot son visage se tordit en une grimace. Et quand je suis parti il m'a rappelé. En voyant sa baguette pointée sur moi, j'ai d'abord cru que c'était fini, que j'allais mourir alors que j'avais survécu à la guerre. Tout compte fait, il s'est juste contenté de soigner mon nez.
Comme pour se rassurer une énième fois de la réalité des propos de son ami, Harry se leva et inspecta son nez sous tous les angles, touchant chaque courbe, appuyant dessus comme un forcené pour être vraiment certain. Puis, se rendant à l'évidence, il se laissa retomber lui aussi sur le canapé, dépité.
- Je ne comprend pas, dit-il, ça ne lui ressemble pas.
- Vous savez, articula Ginny, la guerre a changé beaucoup de personnes, peut-être s'est-il rendu compte que ses préjugés n'avaient pas lieu d'être.
- Ce n'est pas possible qu'en seulement trois mois il ait autant changé ! s'exclama le survivant.
- Bien sûr que si, rétorqua-t-elle, on en a tous eu la preuve avec Hermione.
- C'est différent, elle a perdu ses parents, je comprends sa douleur.
- Ouvre les yeux, Harry, s'emporta-t-elle. Étiez-vous aveugles l'année dernière au point de ne rien voir? Elle a commencé à changer en Septembre, déjà là, elle s'était renfermée sur elle-même. À partir de là, ses changements d'humeur et de comportement n'ont fait que s'accroître. Croyez-vous sérieusement qu'elle serait volontairement restée en retrait lors de votre voyage ? Une chose que vous ignoriez l'a retenue ici, entre ses murs, et même aujourd'hui vous n'êtes pas capables de faire la part des choses.
Les paroles de Ginny résonnèrent dans l'esprit des deux Gryffondors comme un hibou impatient qui taperait du bec contre une vitre pour remettre sa missive à la personne destinée.
Ce martèlement dura encore plusieurs secondes dans les esprits embrumés des deux comparses quand soudain, les yeux bleus du rouquin s'allumèrent d'une lueur étrange.
- Pourquoi as-tu gardé le silence si tu savais ? questionna Ron, perplexe.
- Je…je pensais qu'elle se livrerait quand elle se sentirait prête, nous avons tous des secrets, répondit-elle les yeux brillants.
- Tu savais pourtant qu'elle n'en ferait rien, l'accusa-t-il. Tu aurais dû venir nous le dire, nous étions au même titre que toi ses meilleurs amis et à cause de ton silence, tout cela est fini. Tout ça est de ta faute, Gin.
Face aux accusations de son frère, la rouquine serra la mâchoire et les poings. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair fragile et transparente qui se tinta rapidement de pourpre tandis que ses dents lui faisaient mal à force de pression.
Les paroles froides mais légèrement réalistes de son frère avaient réveillé en elle les remords qu'elle s'obligeait à faire taire depuis bientôt une année. De nombreuses fois, elle avait été tentée de parler, de dévoiler le secret qu'Hermione lui avait imposé mais sa condition l'en empêchait. Le moindre écart et l'épée de Damoclès s'abattrait sur elle telle une furie.
Ne sachant plus quoi faire pour qu'ils ouvrent les yeux et comprennent enfin, elle se leva pour sortir de la pièce mais les mains puissantes de son frère encerclèrent ses avant-bras.
- Tu va nous dire tout ce que tu sais ! ordonna-t-il en la poussant à se rassoir.
Assise à côté d'Harry, elle chercha désespérément du réconfort dans le vert émeraude de son regard mais se heurta à un mur de pierre.
Face à cette constatation, les larmes qui menaçaient de jaillir depuis un moment inondèrent ses joues et lui brouillèrent la vue. D'un geste rageur, elle essuya ses traîtresses et se redressa comme elle put sous le regard mauvais de celui qu'elle considérait comme son frère.
- Je ne peux pas, dit-elle la voix tremblante.
Le visage du Weasley se ferma aussi brusquement qu'une huitre, ses muscles se contractèrent et roulèrent sous sa peau blanche tandis que son regard se fit carnassier et se posa sur sa sœur. Apeurée par l'aura de méchanceté qu'il renvoyait, Ginny fit un pas en arrière, ses mollets heurtèrent le bord du fauteuil et elle retomba dessus.
- Non, il y a une différence entre ne pas vouloir et ne pas pouvoir, et toi, tu ne veux pas, Ginny. Tu t'es toujours sentie exclu du trio, tu n'a jamais eu la place que tu voulais occuper donc tu as décidé d'écarter Hermione en espérant la remplacer et pouvoir enfin te rapprocher d'Harry. Tu es égoïste, Ginny, lui cracha-t-il en pleine figure.
Ses larmes refirent aussitôt surface face à la cruauté dont il faisait preuve. Comment son propre sang pouvait-il avoir une opinion d'elle aussi basse et dénuée de tout sentiment ? Une rage meurtrière monta en elle telle un serpent, comblant chacun de ses pores, embrasant sur son passage chaque cellule vide. Après tout, chaque bonne action était précédée d'un sacrifice. Soit, aujourd'hui, ce serait elle.
- D'accord, je vais essayer, mais tu ne pourras t'en prendre qu'à toi après, dit-elle rageuse en fixant son frère.
- Que veux-tu dire ? demanda subitement Harry.
Le rire de Ginny fendit l'air et le bleu limpide de ses yeux s'assombrit formant un abominable contraste avec sa peau claire et veloutée, lui donnant un teint blafard et cadavérique.
- C'est la vérité que vous voulez, n'est-ce pas? Seule Hermione vous intéresse alors je vais vous le dire même si ça doit m'être fatal.
- Arrête de jouer la martyre, cracha Ron.
- Tu n'a pas idée de la véracité de tes paroles, Ron.
Un lourd silence s'abattit alors sur la pièce commune des Gryffondor. Seuls le pépiement des oiseaux et le froissement des habits vinrent troubler le calme ambiant de la pièce.
Une légère brise s'insinua sournoisement à travers la maigre ouverture de la fenêtre, répandant sur son passage une odeur d'herbe fraîche que chacun respira à plein poumon et apprécia à sa juste valeur.
Quelques parchemins jaunis qui traînaient ça et là se soulevèrent face à cet assaut et les pages des livres ouverts se tournèrent doucement pour faire perdre le fil de la lecture à ceux ou à celles qui les avaient laissés ouverts par inadvertance.
Les minutes s'égrainèrent si lentement que le temps semblait s'être suspendu, comme arrêté par un balancier fou ou par miracle.
Alors que le silence semblait avoir prit entièrement possession des lieux, chacun des trois Gryffondor était enfermé dans son propre mutisme, immergé des pieds à la tête dans leurs pensées.
Le rouquin au caractère impulsif essayait en vain de calmer les pulsations de son cœur. Il s'escrimait à ne pas redevenir l'adolescent immature et irréfléchi qu'il était lors de la Guerre. Cette période critique et dévastatrice qui était à présent considérée comme tabou dans le monde sorcier lui avait subitement ouvert les yeux sur la cruauté qui l'entourait mais surtout sur ses agissements inconscients et son comportement enfantin.
Aujourd'hui, il ne voulait pas replonger et redevenir aveugle comme il l'avait été si longtemps. Inconsciemment, il se laissa tomber sur le sol froid et se prit la tête entre les mains. Pour une raison qu'il ignorait ou qui lui échappait, les paroles de sa sœur l'avait affolé, il n'arrivait pas à faire le lien entre elle, Hermione et ce fichu secret.
À quelques centimètres de là, la rouquine observait tour à tour celui qu'elle aimait secrètement et son frère, elle espérait toujours que l'un des deux fasse le rapprochement. Depuis maintenant une bonne demi-heure, elle glissait des indices dans leur conversation, espérant qu'ils comprendraient ses allusions, mais ses efforts avaient jusque-là étaient vains. Tous ces mots prononcés, toutes ces phrases et ces mystères n'avaient fait qu'accroitre son malaise et les interrogations des deux autres quant à ses réelles motivations.
Elle en voulait à son frère d'avoir osé révéler l'amour qu'elle portait à Harry, elle en voulait à Harry de ne pas réagir et de ne pas partager ses sentiments. Mais avant toute chose, elle s'en voulait à elle-même d'avoir accepté ce pacte stupide il y a de ça un peu moins d'une année. Jamais elle n'aurait dû accepter de passer sous silence de tels actes mais les yeux larmoyants d'Hermione et ses supplications avaient eu raison d'elle et de sa morale. À contre cœur, elle avait cédé, ne prenant pas en compte la mesure de son acte. Comment celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie voire comme une sœur avait-elle pu lui demander une telle chose et mettre ainsi sa vie en péril et leur amitié à si rude épreuve ?
De son côté, avachi dans le canapé et les sourcils froncés, Harry essayait tant bien que mal de réfléchir aux dernières paroles de Ginny. Les rouages de son cerveau s'entrechoquaient tandis qu'il essayait de faire un lien entre ses paroles et le comportement de sa meilleure amie. Une chose infime lui échappait à lui comme à Ron et cette chose était la clef du problème.
Alors qu'il séparait ce qu'il savait de ce qu'il supposait, la voix de son meilleur ami le sortit de ses pensés, lui faisant par la même occasion perdre le fil de ses pensées.
Par la barbe de Merlin, il avait été à deux Chocogrenouilles de découvrir « la clef » du problème.
Les yeux toujours clos, il demanda à Ron de se taire, ce que ce dernier ne sembla pas entendre, trop préoccupé à hurler. Entre deux cris, de faibles gémissements parvinrent aux oreilles du survivant qui automatiquement rouvrit les yeux.
Son cœur loupa un battement quand il se rendit compte que Ron était en train de balloter sa sœur d'un coté et de l'autre. Rapidement, il se leva, n'écoutant pas la protestation de ses os qui craquèrent, et se jeta sur ce dernier en l'encerclant de ses bras.
- Es-tu devenu complètement fou? dit-il inquisiteur en le jetant de l'autre côté. Puis sans attendre de réponse, il s'agenouilla près de Ginny et la prit dans ses bras. Doucement, il la berça quelques minutes et lui murmura des paroles rassurantes.
Les sanglots cédèrent alors leur place aux reniflements et il sortit un mouchoir de sa poche avant de le lui tendre.
Aussitôt le calme revenu, le rouquin revint à la charge en intimant une nouvelle fois à sa sœur de lui révéler ce qu'elle savait, ce qu'elle refusa en lui assurant qu'elle ne pouvait pas et que ce n'était pas dû à de la mauvaise volonté ou à de la jalousie.
- Laisse-la tranquille, Ron. C'est ta sœur alors fais-lui confiance si elle te dit qu'elle ne peut pas, prononça Harry, las de cette conversation.
Le tintement particulier mais distinct de la grande horloge résonna dans les couloirs de pierres et sur les murs du Château tandis que les élèves commençaient à rejoindre leur salle de classe pour ce début d'après-midi.
Des centaines de silhouettes, de tailles, de corpulences mais aussi d'aspects différents se mêlèrent rapidement les uns aux autres, emplissant d'un tumulte incessant de conversations et de railleries les couloirs tous plus grands les uns que les autres.
Pressés par le temps, les corps se frôlèrent et se bousculèrent, des milliers d'effluves flottaient dans l'air et répandaient une forte odeur de parfum qu'on ne saurait assimiler à telle ou telle personne. Chaque pore suintait une odeur ou une réticence particulière et dans le dernier des cas, Drago Malefoy ne faisait pas exception.
Sa réticence particulière concernait donc ce cours qu'il avait accepté seulement pour combler les exigences de sa mère, pour « son intégration » selon ses dires.
Sur le moment, il ne s'était pas attardé sur la matière en particulier, cela lui importait si peu face à ce qu'il désirait depuis plus d'un mois et qu'il s'évertuait à faire sans résultat concluant.
Souvenir :
Un sourire, voilà ce dont il avait le plus envie, que sa mère reprenne goût à la vie et lui sourit enfin. Durant un mois, il avait tout essayé en passant par lui faire la cuisine, lui faire couler un bain, lui acheter de somptueuses parures, lui clamant son amour à voix haute alors qu'il était habitué à passer ses états d'âme sous silence, mais il échoua. Elle semblait en guerre en son fort intérieur, comme si un Feudeymon la ravageait sournoisement, et rien de ce qu'il avait pu faire ou dire n'avait eu raison de ce simple sourire. Alors, sans grande conviction, il avait accepté les dires de sa mère sans vraiment écouter ses propos. Il avait été aveuglé par son désir, ou plutôt sourd.
Lorsque le « oui » avait franchi la barrière de ses lèvres, le visage de sa mère s'était irradié de chaleur et elle s'était jetée sur lui pour l'embrasser tout en pleurant de joie face aux changements de son fils.
Quand il se rendit compte de son erreur, il n'osa pas l'avouer à sa mère de peur de la blesser et de l'anéantir. Il venait de commettre la première erreur d'une longue liste.
Depuis la veille, il angoissait quant au bon déroulement de son premier cours en Étude des Moldus. Son imagination débordante avait d'ores et déjà établi moult scénarios, du plus absurde au plus réaliste.
Il ne savait pas lui-même ce qu'il redoutait le plus, le fait de passer inaperçue et de se voir ainsi rabaisser au même titre que les autres ou au contraire d'être remarqué par tous et jugé, étrange conception que celle là.
Des voix se firent entendre non loin de lui et il reprit rapidement son air inébranlable et son masque de froideur avant de pénétrer dans la pièce exigüe qui tenait lieu de classe.
Aussitôt qu'il apparut dans l'entrebâillement, les murmures cessèrent et des dizaines de paires d'yeux le fixèrent intensément, attirant par la même occasion l'attention du professeur.
- Vous êtes ? demanda-t-elle.
Sa question le désarçonna quelque peu mais il ne laissa rien apparaître. Après tout, c'était sûrement mieux qu'elle ignore tout de lui et de sa réputation.
- Drago Malefoy, répondit-il sans se départir de son air suffisant.
La femme brune fouilla dans ses papiers avant d'en extirper un et regarda par-dessus ses lunettes avant de se retourner à nouveau.
- Bien ! Vous pouvez aller vous assoir Mr Malefoy mais avant, remettez-moi votre baguette.
- Je vous demande pardon ?
- Les Moldus n'ont pas de baguette et vous devrez de ce fait entrer dans leur monde pour les comprendre.
Il s'exécuta sans un mot de plus et balaya rapidement la pièce de ses yeux gris acier en quête d'un bureau vide mais son constat fut sans appel. Il avait donc le choix entre s'assoir à côté d'une Poufsouffle dont il ignorait tout ou alors se joindre à Hermione. En une seconde, il fit son choix et partit dans la direction opposée à la Gryffondor.
Leur affrontement de la dernière fois avait réveillé de mauvais souvenirs en lui et il ne souhaitait pas réitérer leur petite expérience en plein cours. C'est donc volontiers qu'il mit de la distance entre eux.
- Bien, tout le monde est là à présent, le cours va pouvoir commencer. Mais avant toute chose, je suis le professeur Clarine Bingley et ce premier semestre, nous étudierons les différents modes de communication Moldus et tout ce qui les entoure de près ou de loin.
Je vous prierais donc de sortir feuilles et stylos et de noter.
À la grande surprise de notre Serpentard, tous les élèves s'exécutèrent sans aucune exception tandis que les méninges de son cerveau s'agitaient pour découvrir ce qu'étaient une « feuille » et un « stylo ».
Durant plusieurs secondes, il resta interdit, les yeux fixés sur ses propres affaires, ne sachant pas quoi faire.
- Tu n'a pas ton matériel? lui demanda la fille assise à ses côtés.
- Non ! répliqua-t-il, surpris qu'elle lui adresse la parole.
Contrairement aux autres personnes, elle ne se formalisa pas de l'intonation froide et distante de sa voix et gentiment, elle lui tendit une feuille blanche quadrillée et un stylo.
- Ce n'est pas la meilleure qualité sur le marché mais ça devrait suffire, bégaya-t-elle, les joues rouge foncé.
Le Serpentard vrilla son regard sur la Poufsouffle, ne sachant pas quelle était l'attitude à adopter face à autant de gentillesse.
Il repensa alors à l'ancien Drago, celui qui était mort en même temps que son père. Celui-là aurait sans nul doute craché dessus et lui aurait lancé une remarque acerbe et acide. Sans bien comprendre pourquoi, le visage de sa mère irradiant de joie s'imposa à lui et il se contenta alors de récupérer les affaires en silence et de détourner les yeux.
- C'est tout simple, lui dit-elle face à son air hébété, ce morceau de papier sert de parchemin et ce bout de plastique de plume.
Elle appuya ses paroles par la démonstration en inscrivant le mot Moldus sur sa feuille immaculée.
Encore plus hébété de ne pas avoir besoin de tremper ce bout de plastique dans un pot d'encre, Drago observa minutieusement chaque parcelle du stylo avant de revenir vers le cours.
- Merci, marmonna-t-il si bas qu'il espérait qu'elle ne l'ai pas entendu.
L'heure s'écoula rapidement et au fur et à mesure, les pages se remplissaient. De temps en temps, Drago avait besoin de l'aide de sa voisine pour écrire un mot qui lui était jusque-là inconnu.
Pour la première fois, il se sentit lésé face à son ignorance de certains termes tels que « téléphone », « e-mail » ou encore « ordinateur », et lorsque la sonnerie annonça la fin du cours, il se promit de se renseigner.
Rangeant ses nouvelles affaires avec ses plumes et parchemins, il essaya de se lever, en vain.
À chaque mouvement, le tabouret restait collé à ses fesses et se soulevait en même temps que lui. Ne comprenant pas ce phénomène, il tira dessus comme un forcené et entendit sa cape craquer. Aussitôt, il relâcha son emprise et se rassit tout en réfléchissant. Dépité, il chercha une solution à ce problème épineux lorsqu'un ricanement attira son attention.
Connaissant cette voix, il se retourna et observa Hermione, adossée au chambranle de la porte, un léger sourire aux coins des lèvres.
- Pourquoi tu rigoles, Granger ! grinça-t-il entre ses dents.
- La situation est d'un comique, Malefoy. Toi, dans un cours pour l'étude des Moldus, ne trouves-tu pas ça amusant?
- C'est toi qui a fait ça, n'est-ce pas? dit-il en désignant le tabouret accroché à son postérieur.
- Et comment, railla-t-elle, je n'ai pas de baguette.
- Un procédé Moldu je suppose, et ne me prends pas pour un idiot, je sais pertinemment que tu pratiques la magie sans baguette.
- J'ai eu un bon professeur en la matière, se rembrunit-elle.
- Il devait être sacrément atteint alors pour apprendre de telles choses à une …
Le mot resta coincé en travers de sa gorge. Ce simple mot qu'il lui vomissait à la figure à chaque fois qu'il l'avait aperçue durant ses six dernière années était devenu impossible à articuler.
- Que t'arrive-t-il, Malefoy? railla-t-elle en levant la main droite vers le ciel. Serais-tu devenu incapable au point de ne plus pouvoir m'insulter?
Il n'entendit même pas sa phrase, trop concentré sur son bras qui pointait le plafond et qui avait dénudé de seulement quelques millimètres son poignet frêle et marqué au fer rouge. Tout autour de lui avait disparu de son champ de vision, il ne restait plus qu'elle et lui, la Gryffondor et le Serpentard, la courageuse et le lâche, mais avant tout, cette marque qui le narguait.
Surprise qu'il ne proteste pas, Hermione suivit le regard gris acier du Serpentard et constata avec effroi que la manche de son pull avait glissé vers le bas lors de son mouvement brusque, découvrant ainsi cette cicatrice que lui avait infligée son bourreau.
- Tu me le paieras, pour tes erreurs mais aussi pour les siennes ! explosa-t-elle en sortant de la pièce.
Encore abasourdi par cette découverte surprenante et macabre, la main gauche de Drago se faufila sous son T-shirt à manches longues et dessina les irrégularités des contours de sa cicatrice.
Cette boursoufflure formant un « L » et un « M » entremêlés, il la connaissait par cœur, ce marquage que son père adonné à quiconque qu'il considérait comme sa propriété.
Le souffle coupé, les mains tremblantes de rage, il se hissa sur ses jambes et tira sur le tabouret qui se décrocha, entrainant un morceau de sa cape dans sa chute.
D'un geste rageur, il déchira les autres morceaux et la jeta à terre avant de sortir en trombe.
Avis ? S'il vous plaît ( bonhomme triste ).
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