Aujourd'hui je n'ai pas beaucoup de temps, je ne fais donc pas de long discours et je ne réponds pas aux reviews.

Merci quand même à tout le monde pour avoir lu mes chapitres précédents, m'avoir mise en favorite et m'avoir donné leurs avis.


Chapitre IX : Révélations

Le pas vif, Drago s'efforçait de garder l'esprit clair et centré sur le principal objet de la situation. Contrairement aux ordres de son parrain, il ne comptait pas ne rien faire et attendre patiemment que la vérité lui tombe dans le creux de la main, ce n'était tout simplement pas dans ses habitudes et encore moins dans ses intentions. A la recherche du moindre indice pouvant l'aider dans sa quête de vérité, il se mit à farfouiller tant bien que mal dans ses souvenirs datant de l'époque où son père était encore sur cette terre, mais ceux-ci étaient vagues et douloureux et il n'était pas certain de vouloir accorder de l'importance à un tel adversaire ou du moins, pas dans l'immédiat.

Au fond de lui, il avait l'absolue conviction que l'image de cette cicatrice n'était que la partie visible de l'iceberg et qu'il restait bien des choses à découvrir.

Montant les marches une à une, les comptant méticuleusement pour ne pas se perdre dans les méandres de son esprit surchargé, il parcourut rapidement les quelques mètres restant entre lui et la porte de ses quartiers. Lorsque celle-ci fut refermée, la voix douce et mélodieuse de Clarisse l'interpella en lui signalant la tentative d'effraction d'Hermione. Apres l'avoir remerciée, le Serpentard décida d'aller prendre une douche pour se calmer avant d'entamer une discussion qui s'annonçait houleuse.


Le front en sueur, la bouche pâteuse et les yeux humides pour une raison qui lui échappait, Hermione émergea de son sommeil, tous les sens en alerte. Elle ne saurait dire combien de temps s'était écoulé depuis la dernière fois que ses yeux fatigués avaient entrevu cette pièce, mais elle était certaine que ça faisait plusieurs heures. Lorsqu'elle avait décidé de s'installer dans ce fauteuil à l'aspect confortable, elle désirait seulement se détendre et absorber la sérénité que dégageait ce décor et non s'endormir sans la moindre vergogne.

Troublée par son comportement et son manque de surveillance, elle prit une grande respiration pour calmer la boule de nerfs qui obstruait sa gorge et fut surprise de détecter une légère odeur de musc. Aussitôt elle recracha tout l'air qu'avaient respiré ses poumons comme s'il s'agissait d'un poison mortel et fit pivoter le haut de son corps pour faire face au regard qui lui brûlait le dos.

- Que fais-tu là ? Articula-t-elle, agressive.

- Je profite de notre salon, ironisa-t-il, tout comme toi.

- Je ne te dois rien, Malefoy, et encore moins des explications.

- La décoration est-elle à ton gout ? Arqua-t-il sans se départir de son air supérieur qu'il avait ressorti pour l'occasion.

- C'est fou comme ce que l'on créé reflète ce que l'on est intérieurement.

Automatiquement, le blond haussa un sourcil face à sa phrase sans queue ni tête.

- Pour être plus claire, souffla-t-elle, ça ressemble à de la bouse de dragon.

- C'est parfait pour nous deux alors, je n'aurai pu faire mieux même si c'était volontaire.

Entre les murs du salon, un non-dit planait entre les deux adversaires qui se toisèrent silencieusement durant quelques secondes.

- Ça suffit, s'emporta la Gryffondor, n'essaie pas de jouer au plus malin avec moi.

- Ce n'est pas un foutu jeu, explosa le blond à son tour, il s'agit de ma famille, Granger, et tu ne devrais pas porter cette marque.

- C'est donc ça qui te tracasse, le fait qu'une Sang-de-Bourbe souille le nom de ta puissante et ignoble famille? cracha-t-elle, venimeuse.

- Cette marque n'est pas arrivée toute seule sur ton poignet, à ce que je sache. Seul mon père aurait pu te l'apposer et je doute fortement que ce soit lui.

- C'est vrai que le grand Lucius Malefoy ne se serait pas abaissé à pareille pratique, dit-elle en rejoignant la porte de sa chambre.

Face à son impuissance, Drago tenta sa dernière carte.

- Prendre la fuite est devenue chronique chez toi ou bien ton courage légendaire de Gryffondor t'a-t-il abandonnée ?

Le sourire aux lèvres, Hermione s'immobilisa et jubila intérieurement de pouvoir moucher cette fouine.

- Il me semblait que ces derniers temps, le mot « fuite » était associé à ton père. Si je ne me trompe pas, n'a-t-il pas essayé de s'enfuir au beau milieu de la guerre? dit-elle un sourire non feint sur le visage.

- Est-ce cette erreur que tu veux me faire payer à sa place ?

- Ton rôle d'ignorant et de martyr fonctionne peut-être avec les autres ainsi qu'avec le Magenmagot, mais sache qu'avec moi il ne prend pas, tu étais parfaitement au courant des agissements de ton père.

Sans comprendre le moins du monde la signification des accusations de cette dernière, Drago se dit intérieurement qu'il accepterait les conséquences des actes de son père à défaut d'expliquer à Hermione des choses qu'elle ne comprendrait et ne croirait pas.

- J'aurai beau clamer le contraire, tu me considéreras toujours comme responsable de ton malheur, Granger, et tu veux savoir pourquoi ? questionna-t-il.

- Simplement parce que tu l'es, répondit-elle.

- Non, c'est là que tu as tout faux Miss je sais tout C'est plus simple de blâmer les autres pour des erreurs que l'on aurait pu éviter soi-même et c'est ça ton problème, tu ne veux pas accepter ta part de responsabilité ou du moins, pas entièrement.

Retenant un tressaillement face à cette part de vérité inavouée, Hermione se força à arborer un air concentré et ironique avant de répondre.

- Je ne te conseille pas de devenir psycho mage, Malefoy, ton jugement te ferait défaut, crois-moi.

Les yeux légèrement hagards, elle fit demi-tour et regagna sa chambre sans avoir l'air d'être trop pressée, laissant une nouvelle fois son adversaire seul avec ses suppositions.

Séparés uniquement par le bois fin d'une porte, Hermione et Drago écoutaient attentivement chaque petit bruit dans le but de déceler une faille ou un passage à autre chose.

Puis, comme un coup de tonnerre inattendu, un fracas assourdissant parvint aux oreilles de la jeune femme tourmentée, la laissant surprise et interdite durant quelques petites secondes.

Poussée par une curiosité débordante et inexplicable, elle entrouvrit la porte et espionna Drago qui laissait échapper sa colère et détruisait le somptueux décor qu'il avait lui-même créé. Après avoir fait le tour de la pièce, ses yeux chocolat s'attardèrent sur la personne responsable de ce désastre. Partant des pieds à la tête, elle détailla sans la moindre gêne les muscles de ses jambes visibles à travers le fin pantalon qu'il portait et remonta lentement vers le buste. De minuscules taches de sang accélérèrent son rythme cardiaque et elle constata que les jointures des poings du Serpentard étaient parsemées de rouge. Contre sa propre volonté, elle se glissa un peu plus à travers l'embrasure de la porte afin de pouvoir distinguer au mieux son visage et fut soudain frappée par des souvenirs douloureux qu'elle ne voulait pas revivre.

Un épais brouillard masqua le décor environnant et elle fut projetée dans une tout autre réalité. A l' instant où ses yeux visualisèrent la scène, elle sut que tout recommençait, qu'elle allait assister en spectatrice impuissante à la rediffusion de son malheur à travers une loupe géante, avec une acuité terrible.

Sans même le vouloir, elle plongea dans ce qui avait été sa réalité et cessa de respirer, comme étouffée par ses pensées qui se libéraient de manière continue, précise, nette et enfin compréhensible.

Elle se retrouvait à présent au début de l'année dernière, lorsque les contours de la guerre se profilaient seulement à l'horizon et que seuls les élèves faisant partie de l'Ordre du Phœnix étaient encore autorisés à sortir. C'était donc la première journée de la rentrée et tout Poudlard était en ébullition. A son arrivée, Hermione était allée consulter le directeur pour savoir s'il lui était possible d'effacer la mémoire de ses parents et de leur rendre une fois la menace terminée sans qu'il n'y ait aucune déficience. C'est donc attentivement et précautionneusement qu'elle décida avec l'accord de Dumbledore de se rendre dans le Londres moldu pour effectuer son devoir de les protéger.

A la fin de leur entretien, le directeur lui avait fortement conseillé d'y aller sous escorte mais notre Gryffondor avait refusé sous prétexte de vouloir passer ses derniers instant de bonheur seule avec eux. Elle avait donc profité de la dernière sortie scolaire à Pré-au-Lard pour se rendre chez ses parents, mais avant, elle désirait leur acheter une boite de leurs chocolats favoris.

Elle savait sa démarche dangereuse à cause des quelques attaques faites par les Mangemorts dans le monde moldu mais elle ne désirait pas prêter attention à la sonnette d'alarme qui retentissait en elle à chaque nouveau pas. Elle ne voulait pas vivre ses instants de bonheur volés dans la crainte.

Comme un double d'elle-même, elle observa son autre elle sortir du magasin, une boite violette dans la main, et voulut lui crier de transplaner mais ses mots se perdirent en chemin et sa bouche resta ouverte. Pénétrant dans la ruelle à la suite de l'ancienne Hermione, elle sentit la peur l'envahir toute entière. Devant elle se tenaient les Carrow accompagnés de Lucius Malefoy et de son égo sans précédent. Sa respiration saccadée la gênait mais rien ne pouvait la déloger de là où elle se trouvait, pas même la douleur aiguë qui n'allait pas tarder à lui percer tout le corps. A contre cœur, elle s'observa à terre, le cœur et le corps meurtris. Tout son être souffrait encore des Doloris que ses bourreaux venaient de lui infliger.

Ses forces l'avaient lâchement abandonnée et dans un tourbillon de cape, Amycus et Alecto Carrow disparurent après un bref entretien avec l'ancien Serpentard.

Déjà terrifiée de revivre autant d'événements traumatisant, elle observa scrupuleusement la silhouette de Malefoy père se rapprocher d'elle de manière dangereuse et se pencher sur sa carcasse en lui murmurant à l'oreille un futur désastreux qui l'avait plongée dans ce malheur.

Effondrée, le front entre les mains, Hermione luttait contre une envie de vomir, des larmes plein les yeux. Elle voulait comprendre, elle désirait écarter ce drame qui l'avait touchée. Au lieu de quoi, elle entendit une voix lointaine, sourde et hachée lui crier de s'en aller.

Puis comme un poids mort, elle tomba lourdement sur la moquette et se sentit partir dans d'autres abymes.


À l'autre bout de la pièce, le blond observa la scène sans trop savoir comment réagir. Cela faisait cinq bonnes minutes qu'il avait aperçu la Gryffondor dans la pièce, un air absent et terrifié sur le visage. Les premiers instants, enragé d'avoir été découvert dans un de ses moments de faiblesse, il s'était rapproché d'elle et l'avait menacée de toutes les manières possibles jusqu'à se rendre compte que cela n'avait aucun impact sur elle. Fatigué, il avait regagné un fauteuil mais la voix de la jeune femme l'avait interpellé en lui criant « de s'en aller au plus vite, que les Mangemorts arrivaient ».

À ces mots, une série de frissons se déclencha le long de sa colonne vertébrale et il n'eut pas le temps de se retourner que d'autres cris emplirent la pièce. En se retournant, il vit le corps frêle de la jeune femme se tordre dans tous les sens sous l'assaut de sorts invisibles. Une peur panique lui noua l'estomac à la pensée que quelqu'un pouvait être dissimulé sous une cape dans son salon et d'un simple sort, il s'assura aussitôt du contraire.

Sans bien comprendre le comment ni le pourquoi de la situation, les cris cessèrent et Hermione se releva en chuchotant des paroles incohérentes qui pourtant atteignirent le blond avec un puissant impact.

Puis comme un poids mort, il la vit tomber lourdement sur la moquette et observa la scène avant de se précipiter vers elle.


Pendant ce temps, le cerveau du survivant fonctionnait à plein régime, il ne cessait de se repasser la conversation qu'il avait eue cet après midi avec Ron et Ginny dans l'espoir que la conclusion qu'il était sur le point de faire avant que Ron n'étrangle sa sœur lui revienne en mémoire. Durant un millième de seconde, il avait été sur le point de découvrir « ce » secret qui semblait si pesant pour les frêles épaules de la rouquine mais toutes ses hypothèses s'étaient envolées et il ne saurait dire s'il arriverait de nouveau à en tirer une quelconque conclusion.

Il avait la vague impression que contrairement à l'ignorance dont Ron et lui faisaient preuve face au comportement de leur meilleure amie, la plus jeune des Weasley savait une chose primordiale sur le fond de l'histoire.

Cette évidence décuplait son malaise, créant immanquablement un torrent de remords insupportables face à sa légèreté d'esprit et son total manque de subjectivité. Quelque part entre le début et le milieu de l'histoire, il avait manqué un fait important, un fait qui était sans aucun doute la clef de la vérité.

Les rouages de son cerveau se mirent alors en marche à une vitesse ahurissante, repassant et scannant le moindre mot échangé lors de cette conversation datant seulement de quelques heures.

Un étourdissement bloqua à nouveau ses réflexions, trop d'éléments entraient en lui, tourbillonnaient et se percutaient pour le détourner d'idées sensées ou pour les compliquer.

Ce flot incontrôlable d'idée le plongea dans un état de nervosité extrême mais il ne lâcha pas prise, bien au contraire. Resserrant son étreinte sur un anneau invisible, il s'accrocha comme un noyé à sa bouée de sauvetage, prêt à sortir sa tête de l'eau. Il le savait, il le sentait, la chose dont Ginny ne pouvait rien dire se tenait face à lui et le narguait de toute sa hauteur.

Dans un rembobinage douloureux, le voile se fit moins dense et une conclusion s'imposa à lui en lui nouant les entrailles. Sa quête de la vérité l'avait aveuglé au point de ne rien voir et maintenant, il regrettait presque de savoir.

Dans un sursaut, il se leva de son lit et décida de partir à la recherche de la rouquine avec l'espoir que son hypothèse n'était pas la bonne.

- Où tu vas comme ça ? Questionna Ron, surpris de voir son meilleur ami descendre de leur chambre.

- Il faut que je trouve Ginny ! Se contenta-t-il de répondre.

- Pour quelles raisons ?

- J'ai besoin de savoir certaines choses.

- A propos de quoi ? Des sentiments qu'elle nourrit secrètement à ton égard ? demanda-t-il, nerveux.

- Je… bien sûr que non, bégaya le brun, surpris. De quoi est-ce-que tu parles?

- Elle est amoureuse de toi depuis la première fois qu'elle t'a vu, ne me dis pas que tu n'a rien remarqué ?

- Et comment aurais-je fais? Je la considère comme ma sœur au même titre que toi, se défendit-il.

- Alors traite-la comme telle, s'énerva-t-il, ne lui donne pas de faux espoirs, ça la fait souffrir.

- C'est à moi que tu demandes de la respecter? Mais regarde-toi, Ron, et demande toi si par un quelconque hasard tu l'as respectée en la secouant dans tous les sens cet après midi.

- C'est différent, explosa-t-il, elle sait une chose que nous ignorons au sujet d'Hermione, au sujet de celle que j'aimais et que j'aime toujours, mais elle n'a pas désiré nous en faire part dans le simple but de m'écarter et de se rapprocher de toi.

Le visage du survivant se ferma comme une huitre devant l'incapacité dont il faisait preuve face à une vérité que lui-même venait de découvrir.-

- C'est donc ça que tu crois, qu'elle s'est tue dans ce simple but et non par obligation ?

- Aucune obligation ne la pousserait au silence.

- Il y en a malheureusement une, Ron, et je l'ai découverte il y a seulement quelques minutes.

- De quelle obligation tu parles ? demanda-t-il, inquisiteur.

- D'un serment inviolable.

Les yeux ronds de stupeur, le rouquin sortit en trombe de la salle commune des Gryffondor afin de retrouver et questionner sa sœur.


Ahah alors alors qu'en pensez-vous de cette fin ?

A vos claviers pour me donner vos impressions !