Bonjour à tout le monde, pas besoin de crier je vous entend de là, je suis complètement impardonnable ! J'ai eu un énorme manque d'inspiration et je n'arrivais pas à écrire ce chapitre si court soit-il ... j'espère que malgré tout vous ne m'avez pas abandonnées, ni ma fiction ni moi même.

En tout cas je vous souhaite une très bonne lecture et si l'envie vous en dit laissez moi une review.


Chapitre X : la joie de vivre n'est plus

La gorge en feu et les jambes en guimauve, les deux amis parcouraient depuis plus d'une bonne heure les innombrables couloirs et classes présentes dans l'enceinte de Poudlard dans le but de confronter Ginny à la dernière conclusion d'Harry.

Depuis le début de leur recherche, seuls quelques malheureux Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor avaient fait les frais de leurs vaines et essoufflantes recherches et pourtant, ils ne désespéraient pas pour ainsi dire.

Chacun d'eu était enfermé dans son propre mutisme, se repassant en boucle leurs derniers mois communs pour trouver la faille ou revivre ce jour où tout avait basculé vers les ténèbres, ces mêmes ténèbres qu'ils pensaient avoir vaincues lors de la bataille finale et qui avait coûtées la vie à Tonks, Lavande, Cho et bien d'autres encore. Le visage triste et émacié de Remus s'imposa alors à Harry comme un cognard coupé en plein vol et il se rendit compte à quel point il était un mauvais parrain pour son filleul Teddy. Depuis presque deux semaines, il n'était pas allé leur rendre visite et il n'avait pas non plus pris le temps de lui envoyer une lettre. Soudain accablé de honte et de remords par cette vérité silencieuse, il se promit d'y remédier au plus vite.

- A quoi tu penses ? Questionna le rouquin perplexe face à l'air sérieux qu'arborait son ami.

- À Remus et Teddy.

- Ça fait un moment que je ne l'ai pas vu, reprit Ron. J'espère que Remus se plait chez ses beaux parents mais bon, même si ce n'est pas le cas, c'est un mal pour un bien.

- Que veux-tu dire exactement? marmonna le brun la bouche sèche.

- Que c'est sûrement mieux pour tout le monde qu'il ne soit pas seul avec son fils.

Les yeux ronds de stupeur et la bouche en forme de O, Harry stoppa brusquement sa marche pour faire face à son ami. Leurs pupilles entrèrent en contact et elles reflétées des sentiments opposés, la conviction de dire la vérité pour le rouquin et l'incompréhension pour le brun.

- Est-ce que tu insinues qu'un jour il pourrait lui faire du mal ? Questionna le susnommé.

- Par Merlin, Harry, c'est d'un loup dont on est en train de parler et pas d'une créature inoffensive.

- Peut être, mais ce loup c'est Remus, et jamais il ne se permettrait un tel acte, Teddy est la seule chose qu'il lui reste, comment peux-tu penser qu'il le tuerait?

- Ne sois pas si indulgent, tu sais aussi bien que moi de quoi il est capable lorsqu'il se transforme.

- As-tu oublié que la potion tue-loup existe? cracha le brun, effaré.

- Il suffit qu'il l'oublie pour que ça devienne un drame.

Harry hocha vigoureusement la tête de droite à gauche avec l'espoir que ce n'était qu'un mauvais rêve mais Ron la ramena à la réalité.

- Ces choses là peuvent arriver, chuchota-t-il.

- Tu ne le pensais pas il y a seulement quelques jours, s'emporta le survivant en reprenant soudain conscience.

- Au fond de moi, si, rétorqua t-il.

- C'est faux, c'est ta mère qui t'a implanté ces idées dans la tête. Tu n'as jamais trouvé le courage de te mesurer à elle.

- Et alors, qu'est-ce que ça peut te faire? se rembrunit le rouquin face à cette vérité.

- Je ne permettrais à personne de calomnier Remus, ni toi, ni ta mère et ses idées saugrenues qui dépassent les limites du raisonnable.

- Et moi, s'emporta Ron à son tour, je ne te permets pas d'insulter ma mère.

- Je dis seulement tout haut ce que tout le monde pensent tout bas.

Une angoisse apparut de nulle part et enserra la gorge du rouquin. Une boule amère se forma lentement au creux de son estomac et durant quelques secondes qui se rongèrent l'envie de vomir fut telle qu'il n'osa pas prononcer un traitre mot de peur que l'acidité présente dans sa bouche se déverse sur le sol en formant une marre.

- Tu ne crois pas qu'il serait temps que tu te forges ta propre opinion au lieu de te fier à celle de ta mère? interrompit Harry.

Soudain, comme expulsé violemment de ses pensées, Ron braqua son regard hargneux sur son meilleur ami avant de cracher les mots qui lui brulaient les lèvres.

- Peut être que tu as raison, mais moi au moins, j'en ai une, je ne suis pas orphelin.

Avant même qu'il n'ait eu le temps de reprendre son souffle, un coup violent s'écrasa sur son nez, suivi d'un ruisseau de sang.

- Je parlerai à ta sœur plus tard, s'enquit de préciser le brun en faisant demi-tour.

- Je t'interdit de l'approcher, menaça l'autre en attrapant un pan de sa cape et en le retournant.

Hors de lui, Harry donna un coup d'épaule et la main du rouquin retomba le long de son corps comme un poids mort.

- Comme tu l'as si bien précisé je suis orphelin, je n'ai donc aucun ordre à recevoir.

De ses yeux bleu azur, le jeune Weasley regarda son ami disparaitre tout en s'essuyant le nez d'un revers de manche. L'échange houleux qu'ils venaient d'avoir avait réveillé en lui une peur sourde qu'il s'efforçait de faire taire à chaque nouvelle apparition et qui pourtant ressurgissait à tous les coups.

La tête remplie d'idées et le cœur lourd, il fit demi-tour et s'enfonça dans la pénombre des couloirs.


Délicatement, ses doigts tremblants firent pivoter de quelques centimètres la poignée dorée vers la droite afin de refermer la porte. Même s'il se doutait de quelque chose, il ne pouvait mesurer l'ampleur et l'importance du secret qui dormait derrière ce simple bout de bois. Un enchevêtrement d'évènements et de circonstances inavouables pour de nombreuses personnes et qui ruineraient des idéaux mais aussi des familles.


En cette nuit remplie d'étoiles, les ombres du paysage s'élevaient de façon majestueuse dans le parc du château, donnant aux éléments les plus basiques une lueur irréelle et magique.

Du haut de la tour d'astronomie, les yeux bleus de Ginny scrutaient aveuglément ce spectacle sans se rendre compte de la beauté des choses.

Au plus profond d'elle, de nombreuses questions se bousculaient et toutes commençaient inévitablement par les deux mêmes mots, « et si ».

Mentalement, elle fit une liste des questions obsédantes qu'elle ne cessait de se répéter depuis plus de trois cent soixante cinq jours pour la plupart. En tête de liste, il y avait celle qu'elle regrettait amèrement, « et si je n'avais pas cédeé à l'exigence d'Hermione ». Puis, suivant la logique des choses, la suivante était « et si je ne l'avais pas menacée d'aller voir Dumbledore pour qu'elle me dise la vérité ». Inconsciemment, elle détestait son dévouement à vouloir sans cesse aider les autres au risque de se perdre en chemin dans les complications qu'une simple phrase ou même qu'un simple mot pouvait avoir comme impact. Ce fameux jour, elle savait avant même d'avoir prononcé le nom du Directeur que cela n'engendrait rien de bon et malheureusement, force était de reconnaitre que les premières intuitions sont souvent les bonnes et qu'elle n'aurait pas dû persévérer dans cette voix.

A chaque fois que toutes ces pensées sournoises remontaient à la surface, c'était le même cirque: d'abord elle énumérait les « si », elle se rabrouait seule en se disant que c'était de sa faute, qu'elle n'aurait pas dû faire preuve d'une curiosité aussi débordante et ensuite venait le moment où elle se félicitait d'être une aussi bonne amie. Que serait-il advenu d'Hermione si elle n'avait pas pu se décharger d'une partie de son secret et si elle n'avait pas su qu'elle n'était pas seule à affronter cette épreuve?

Le corps décharné de son amie lui apparut alors ainsi que sa pâleur et son irascibilité.

- être morte ne serait pas pire, murmura-t-elle.

Ces deux derniers mois, elle n'avait de cesse de penser à l'au-delà et à la délivrance que ça signifierait pour elle. C'est donc sans aucun regret qu'elle monta sur la rambarde et se laissa tomber.

Une légère brise souleva ses cheveux et elle sentit la force centrifuge l'attirer vers le bas. C'est en souriant qu'elle savoura la liberté promise qui l'effleurait.


Dans son bureau confortable et hétéroclite, le vieux savant ne cessait de faire des allers-retours et de se tracasser pour la pratique qu'allait bientôt utiliser le professeur Snape à l'encontre d'une des élèves les plus douées que Poudlard n'ait jamais connues. Il savait qu'il risquait gros en effectuant une telle pratique, car à tout moment, elle pouvait se retourner contre eux et leur faire subir de lourdes peines mais cela lui importait peu. A ce moment précis, il privilégiait le bonheur d'une étudiante au sort qui lui serait réservé si cette manigance lui échappait.


Voilà voilà comme je vous l'avez dis, ce chapitre est très court, j'espère néanmoins que le peu qui s'y trouve vous aura plu !

Merci encore