Hello à toutes, tout d'abord je suis complètement impardonnable du retard que j'ai accumulée sur ma fiction mais promis j'essaierais de revenir à la normale.

J'aimerais beaucoup que si vous lisiez encore ma fiction vous mettez une review pour ce chapitre.


Chapitre XI : La chute

A demi penché sur la rambarde en fer glissant, la main d'Harry était enroulée autour de la cheville de la jeune Weasley. Son bras tendu à l'extrême le tiraillait comme s'il était prêt à se le faire arracher, tous ses muscles, ses articulations mais aussi ses tendons criaient une douleur lancinante et pourtant, il ne voulait pas lâcher prise et cesser de se battre.

Son visage et ses yeux vert émeraude, qui d'habitude arboraient un air angélique, étaient à présent déformés par un rictus indéchiffrable et menaçant.

A bout de force, des larmes commençaient à perler aux commissures de ses yeux et à s'écouler le long de ses joues, brouillant ainsi la réalité et les images.

Centimètre par centimètre, le fer grignotait du chemin et le Gryffondor, devenu aujourd'hui Le sauveur, commençait à sentir la froideur du métal sur son ventre.

Il s'obstinait inexorablement à vouloir sauver son amie d'enfance. Mais malheureusement, le destin s'en mêla et il sut que dans quelques instants, il serait lui aussi attiré vers l'issue fatale que la rouquine avait choisie.

Dans un dernier souffle, le souffle du vaincu, il parvint à articuler quelques mots.

- Je t'en prie, Ginny, aide moi.

Sa voix était tremblante et emplie d'une tristesse incommensurable, son cerveau tournait à une allure excessive avec pour seul but de trouver une solution afin de se sortir de cette position inconfortable et dangereuse. Il savait par avance que même avec toute la volonté qui l'animait, il ne pourrait pas crier et appeler à l'aide sans risquer de s'étouffer et de perdre le peu de contrôle qui lui restait. Sans grande conviction, il se rabattit sur l'autre solution et essaya d'atteindre sa baguette qui était tombé au sol à la vue de son amie plongeant dans le vide.

Tout en se contorsionnant, il projeta sa jambe droite aussi loin qu'il le put mais l'espace restant entre la pointe de son pied et le manche en bois était encore trop important.

Délicatement, il essaya de progresser en faisant le moins d'efforts possibles, son pied droit avança de trois centimètres suivi rapidement du pied gauche. Quand il se rendit compte que sa tactique portait ses fruits, il exulta silencieusement et une vague de soulagement lui brûla les entrailles.

Alors que ses pieds ne se trouvaient plus qu'à deux centimètres de son précieux bout de bois, sa « proie » s'agita.

Délaissant son plan il resserra sa prise autour de la cheville de Ginny.

- Pardonne-moi, Harry, dit-elle la voix éraillée.

Puis, sans rien ajouter, elle redoubla d'agitation et ils se précipitèrent tous les deux dans le vide.

Dans le déroulement des évènements et prit de stupeur, la main d'Harry lâcha la cheville de sa comparse Gryffondor et un cri strident perturba la quiétude de la nuit sans pour autant attirer l'attention d'une quelconque personne.

Trois secondes. Qu'est ce que trois petites secondes peuvent-elles représenter dans une vie? Pas grand-chose.

En ce laps de temps réduit, à deux battements de cils consécutifs, Harry vit toute sa vie défiler. Ses bonheurs et joies, ses malheurs et crises de colère qui autrefois faisaient rire Hermione, mais aussi ses erreurs passées. Trois secondes, voilà à quoi se résumait sa vie.

Dans un choc des plus brutaux, il embrassa la terre battue qui recouvrait le pied de la tour d'Astronomie. La force de l'impact fut telle qu'il entendit résonner dans tout son être des craquements significatifs. Nombres de ses os venaient d'être pulvérisés ou de se fracturer. Par chance, il perdit connaissance et sombra sans mégarde dans l'inconscient.

De nombreuses et interminables minutes plus tard? il rouvrit péniblement ses yeux à moitié collés par le sang et il aperçut celle qui selon les dires de Ron l'aimait désespérément.

Une auréole de sang s'était formée tout autour de son corps doré au clair de lune, l'enveloppant de par ce fait d'un voile de soie aux couleurs de l'effigie de leur maison.

Bien que révulsé par l'image dont il était témoin, il remonta vers le visage de la jeune fille et constata avec effroi que malgré le fait que ses yeux soient ouverts, ils n'avaient plus cette petite lumière qui les faisaient briller de mille feux autrefois.

Anéanti, il essaya de lui parler pour lui faire reprendre au moins conscience mais seul des bruissements inintelligibles sortirent de sa bouche en même temps qu'un amas de fluide rouge qui déclencha une toux.

Dans son malheur, le Gryffondor espérait que son étouffement attirerait l'attention d'une personne, que ce soit un élève ou un professeur, mais au bout de plusieurs minutes, il dut se rendre à l'évidence: s'il ne trouvait pas rapidement une solution, il allait mourir à son tour et bien que cette option lui sembla plus simple que d'endurer les douleurs anormalement fortes qui se propageaient dans tout son être, il ne voulait pas se résigner à mourir aussi bêtement après avoir fait la guerre et vaincu sur le champ de bataille.

Malgré sa vision troublée par le sang et la terre qui s'étaient accumulés, il essaya de distinguer la baguette de son amie. Lentement, ses yeux s'habituèrent à leur nouvelle condition tandis qu'il commençait ses recherches autour du corps étrangement positionné de la rouge et or. Scrutant la marre de sang qui grandissait de minute et minute, il désirait apercevoir la lueur d'espoir dont il aurait eu besoin en cet instant, un simple bout de bois aurait suffi à le rendre heureux et pourtant, il n'en fut rien.

Écœuré devant ses échecs de la soirée et ne pouvant plus tenir l'image qui se présentait à lui, il détourna les yeux et échafauda un autre plan.

Comme un homme enfermé à Azkaban il se mit à se parler lui-même silencieusement.

- Réfléchis, Harry, réfléchis. Tu n'as pas de baguette, tu ne peux pas crier et tu ne sais pas faire de magie sans ce putain de bout de bois. Bordel, pourquoi est-ce que je n'ai pas appris? Quel crétin. Ça suffit, ce n'est pas le moment de se dissiper, se reprit-il tout seul.

Tandis que son esprit cogitait, une douleur fulgurante le submergea et tous ses muscles se raidirent sous l'assaut de cette attaque inattendue. Il avait l'impression qu'une massue invisible s'abattait sur toutes les parcelles de son corps, qu'un poids énorme lui comprimait le thorax pour l'empêcher de reprendre l'air vital dont il avait expressément besoin.

Sa mâchoire serrée à l'extrême dans le but d'amoindrir sa torture, il sentit l'email de ses dents craquer et se mélanger au peu de salive qu'il lui restait. Au fur et à mesure la douleur se transforma en souffrance puis en simple tiraillement.

Il ne saurait dire depuis quand ils étaient tombés de ce monument, cinq, dix ou vingt minutes, mais le temps lui paraissait figé dans cette vision d'horreur. Exténué de lutter contre une issue qu'il savait inéluctable, il désirait ardemment se laissait aller et sombrer à son tour dans les bras de la mort. Lorsqu'il ferma les paupières, l'horloge de la grande salle activa son carillon et sonna vingt heures. Soudain pris de démence à l'idée que l'heure des tours de garde des préfets et préfètes commençaient, il rouvrit ses yeux et se focalisa sur la plaque en fer située à un mètre de lui.

- Tu peux le faire, se murmura-t-il pour se donner du courage. Fais-le pour Ginny, fais-le en sa mémoire.

Dans un élan de rage, il se projeta en avant, aussitôt la douleur se réveilla et lui rappela que tout n'était pas aussi simple, qu'il faudrait qu'il donne plus que ce qu'il n'a jamais donné pour réussir le périple qu'il venait d'entreprendre. A nouveau, il se souleva à l'aide du bras gauche et poussa dans le même élan avec son pied, son corps retomba lourdement sur le sol et une pierre pointue perfora son abdomen. Essoufflé, il resta quelques minutes dans cette position inconfortable. Sous lui, il sentit un liquide chaud se répandre.

- N'y pense pas, se dit-il. Oublie ta douleur et continue, il ne t'en manque qu'un peu pour atteindre ton but.

Poussé par une haine féroce, il se souleva à nouveau et sa main se plaqua contre la pierre. L'attrapant à pleine main, il commença à taper sur la plaque en fer pour faire un maximum de bruit.

Les coups se succédèrent les uns après les autres et se répercutèrent contre les parois de roches du château. La rage qui l'avait animé quelques minutes auparavant avait laissé place à un profond sentiment de désarroi. Ses forces commençaient à l'abandonner ainsi que tous ses espoirs, il avait tout tenté, cette plaque et cette pierre étaient apparues à lui comme son sauveur, sa dernière chance. A présent, l'expression « l'enfer sur terre » prenait tout son sens et il la comprenait. En signe d'adieu, il frappa une dernière fois et laissa son bras choir mollement à ses côtés.

A demi conscient, il entendit des bruits de pas se rapprocher suivi d'un hoquet de surprise. Il sentit la chaleur d'une main tremblante se poser sur son cou et vit un éclair de lumière d'une drôle de forme partir vers les larges portes en répandant autour d'elle un halo rassurant.

- Tout va bien se passer, lui murmura une voix féminine qu'il reconnaissait.

Ouvrant la bouche pour la remercier, il ne réussit encore une fois qu'à cracher du sang et à s'étouffer. Après toutes les douleurs physiques et émotionnelles qu'il avait endurées, une vague de soulagement s'empara de son être tout entier et l'anesthésia.

A cette sensation de bien être, si l'on peut dire, s'ajouta l'angoisse, celle de devoir tout expliquer en détails. A savoir le pourquoi de la situation, pourquoi Ginny avait-elle attenté à ses jours de la sorte, quelles raisons l'avaient poussée à un extrême aussi dur, quel degré d'implication et quel rôle avait-il joué lui aussi.

Il savait que bien qu'il ne soit pas d'accord, il faudrait qu'il révèle ses doutes et ses conclusions, y avait-il une autre solution envisageable ?

Alors qu'il se sentit soulever de terre et flotter tel une bulle ses dernières barrières mentales cédèrent et il se laissa aller dans les méandres.


Des coups brusques et secs résonnèrent contre les parois faites de pierre. A demi consciente, Hermione les entendit en songeant que cela appartenait à son rêve. Aussi étrange fut-il avec sa maison à l'allure démesurée mais meublée simplement, ce ciel d'un noir profond avec un soleil d'or et des étoiles rouges, elle s'y sentait bien, comme apaisée de toutes ses craintes.

Une musique de fond résonnait timidement à ses oreilles, elle avait un rythme identique aux berceuses que l'on chante à un enfant agité pour qu'il s'endorme sereinement. Mais malgré tous ses efforts et la concentration qu'elle mettait à l'ouvrage, les paroles restaient inintelligibles

De nouveau, elle entendit ce martèlement de coups successifs et émergea de son demi sommeil paniqué. La dernière chose dont elle se souvenait clairement c'était d'avoir observé Drago en train de libérer sa rage et de détruire un nombre inconsidérables d'objets en tout genre.

Agacée par l'opportun ou l'opportune qui tambourinait à sa porte sans relâche, elle se leva et alla ouvrir, prête à un affrontement.

Lorsqu'elle vit les traits de Ron et les larmes qui coulaient interminablement sur ses joues, son expression froide et agressive disparut instantanément remplacée par du questionnement mais aussi de l'inquiétude.

- Harry et Ginny … infirmerie, tombés de la Tour, articula-t-il au bord de l'évanouissement.

Sans même fermer la porte de sa chambre, elle attrapa le rouquin par le bras et transplana directement dans la salle de soin.

Tous les regards se tournèrent vers eux à leur arrivée suivie d'un silence de plomb

- Je veux les voir, dit-elle calmement.

- C'est malheureusement impossible pour le moment, mon enfant, répondit le Professeur Flitwick.

Le regard d'Hermione se fit plus dur quand elle entendit le terme « mon enfant ». S'il y avait bien une chose qu'elle détestait à présent, c'était d'entendre ce mot, cela lui remémorait la voix tonitruante de son bourreau en train de lui susurrer à l'oreille qu'une enfant ne pouvait rien contre lui, qu'il était le maître.

Sortant de sa réflexion, elle ne reposa pas sa question et entreprit de se diriger vers la pièce où les rideaux avait étés tirés bien qu'ils ne servent à rien si ce n'est à cacher.

Toutes les paroles qui étaient dites se propageaient dans la salle comme une tempête, mais trop atterrée, seuls quelques mots parvinrent jusqu'à ses oreilles:

- coma, irrémédiable, je ne peux rien faire, état critique, transport d'urgence à sainte mangouste.

Les rideaux s'ouvrirent brusquement et Madame Pomfresh en sortit avec à ses côtés Dumbledore et Severus Snape. Le tablier imbibé de sang telle une éponge, l'infirmière avait un regard inquiet.

- Votre famille a était prévenue, Mr Weasley, elle ne devrait plus tarder à arriver, expliqua-t-elle remplie de compassion.

Au même moment, les portes s'ouvrirent sur le visage ravagé de Molly et du reste de la famille Weasley.

Tous parlaient en même temps dans un brouhaha incessant, les questions fusaient comme des sorts pour comprendre ce qu'il venait de se produire. D'un regard menaçant, la matriarche fit taire l'assemblée au grand complet.

- Où est ma Ginny, implora-t-elle.

- Madame Weasley, avec votre permission, nous aimerions que vous nous laissiez emmener votre fille à Sainte Mangouste au plus vite, demanda le Directeur.

- Je …, balbutia-t-elle, vous n'êtes pas en mesure de la soigner.

- Madame, je pense que vous ne réalisez pas l'ampleur de la situation, votre fille ainsi qu'Harry ont fait une chute à laquelle ils n'auraient jamais dû survivre, c'est déjà un vrai miracle en soit qu'ils ne soient pas mort.

- Oh mon dieu, cria-elle en s'effondrant sur le sol, ne prenez pas ces enfants, ils sont si vulnérables

Voyant sa femme abattue,Arthur Weasley posa sa main sur son épaule en signe de réconfort,

- Faites tout ce qu'il sera nécessaire pour notre fille mais aussi pour Harry, dit-il au Directeur.

Glissant sa main sous le bras de sa femme, il l'aida à se relever et la positionna ensuite sur son bassin pour la soutenir.


En l'écrivant je me suis dit que c'était peut être un peu exagéré le fait qu'il tombe d'aussi haut en restant en vie mais après tout on est dans un monde magique, rien n'est impossible ;). En le publiant je me rend compte qu'il est relativement court, voir même le plus court de tout ceux que j'ai pu écrire jusque là, le prochain sera plus long promis.

Voilà voilà j'espère qu'il vous à plu et je vous dis à très bientôt.