Bonjour à toutes et à tous si il y en a. les fêtes se rapprochent à grandes enjambés et voici mon cadeau, n'est-ce pas un beau que celui-ci ? Moi j'affirme que si.

Bon trêve de plaisanterie, ce chapitre est uniquement consacré à Harry et Ginny qui vous vous souvenez je l'espère ont fait une chute spectaculaire de la tour d'Astronomie, par conséquent je me suis entièrement focalisée sur eux deux et Drago n'est pas présent ici, néanmoins il y a un peu d'Hermione à la fin mais pas grand-chose et je ne vous en dis pas plus.

Merci à H223 et Brunasselucile, baboune076, titeliloud79, vilalyeste et gemini no vanou, de m'avoir ajoutée en « favorite story ou story alert ». Désolée si j'en oublie, et au cas ou je vous remercie à vous aussi.

Un grand merci aussi à ma correctrice Lyly7 sans qui vous ne liriez pas ma fiction avec les innombrables fautes que je fais.


Chapitre XII : Cogitatio Revelat

- Faites tout ce qu'il sera nécessaire pour notre fille mais aussi pour Harry, dit-il au Directeur.

Glissant sa main sous le bras de sa femme, il l'aida à se relever et la positionna ensuite sur son bassin pour la soutenir.

Alors même qu'aucune personne présente n'avait remarqué son absence, Minerva McGonagall réapparut au milieu de l'infirmerie accompagnée de deux Médicomages. Un silence de plomb s'abattit soudainement dans la pièce tandis que l'infirmière murmurait aux oreilles de ses deux comparses ce qu'elle savait de la situation.

Aucune expression sur leur visage ne trahissait les conclusions auxquels ils arrivaient mentalement. Sans une once de pitié, de compassion ou de compréhension pour la famille qui attendait patiemment les mains tremblantes et les lèvres serrées, ils s'approchèrent de la jeune Gryffondor et disparurent sous les yeux horrifiés de tous.

Molly Weasley fut la première à réagir et à sortir de l'état second dans lequel elle était plongée depuis leur arrivée.

- Quels personnages malotrus, s'énerva-t-elle en disparaissant à son tour.

Le bruit distinct de plusieurs transplanages résonna dans l'infirmerie et Mme Pomfresh retourna s'afférer énergiquement autour d'Harry.

Le regard bleu et perçant du Directeur était fixé sur le jeune homme étendu non loin de lui, en vain. Il essayait de percer les mystères de cette nuit qui pour lui ne faisait que commencer. Qu'avait-il pu se passer ? Telle était la question. « Un accident, sans aucun doute », se répondit-il tout seul. « Harry et Ginny sont des personnes pleines de vie, d'entrain et de gaieté, je ne pense pas que leurs intentions aient été immatures et stupides au point de jouer à des jeux dangereux, pas après avoir survécu au mage noir. »

Clignant des paupières, il perdit le fil de ses pensés et reporta son attention sur la Serdaigle.

- Pouvez-vous me dire ce que vous avez vu ou entendu exactement Mlle Lovegood, questionna le Directeur.

- Pas grand-chose, Monsieur. J'étais en train de faire mon tour de garde dans le château et j'ai voulu prendre un peu l'air, vous savez j'adore l'air frais des début de soirée où il y a encore un peu de chaleur présente dans …

- Vous êtes en train de vous égarer, Mlle.

- Désolée, Monsieur, se reprit-elle. J'ai donc voulu prendre un peu l'air et je me suis assise sur un des bancs. Au bout de quelques minutes, j'ai entendu un bruit répétitif. Poussée par ma curiosité, j'ai décidé d'allée voir. À chacun de mes pas, le bruit semblait se rapprocher mais au bout d'un moment, il a cessé. J'étais prête à faire demi-tour, consciente de mon manque au règlement, mais alors même que je commençais à reculer, il est réapparu. Il semblait si près que j'ai pensé qu'un ou deux mètres de plus ne serait pas bien grave. C'est à ce moment là que j'ai aperçu une ombre allongée dans l'herbe, c'était Harry. Il avait saisi une pierre et la tapait contre une plaque en fer. Ensuite, j'ai aussi aperçu Ginny et je les ai amenés ici.

- Vous avez pris un gros risque en les déplaçant jusqu'ici mais je vous remercie néanmoins.

- Je peux retourner dans ma chambre Monsieur? demanda-t-elle.

- Allez-y, mon enfant.

À peine eut-elle le dos tourné qu'il se plongea à nouveau dans ses réflexions. Personne hormis Luna n'avait entendu ou vu quelque chose. Le seul moyen raisonnable de savoir ce qui s'était réellement passé en haut de cette tour était d'attendre et de prier pour que l'un ou l'autre s'en sortent et raconte son histoire.

Un raclement de gorge l'interrompit brusquement et Madame Pomfresh lui demanda s'il était possible qu'il aille chercher le professeur Snape pour qu'il puisse l'assister à soigner Potter. Répondant par l'affirmative, il s'en alla de ce pas vers les cachots.

S'attelant de nouveau à sa tâche, elle constata que le Gryffondor avait la plus grande partie des côtes cassée et qu'une d'entre elle avait perforé l'un de ses poumons.

Un simple sort lui permit d'évaluer l'état complet des lésions internes et externes du Survivant.

- Comment survit-on à une chute pareille ! S'exclama-t-elle, désemparée.


L'arrivée à Saint Mangouste se fit dans une cacophonie et une agitation hors norme. Tout le monde, membres de la famille et amis, posaient des questions sans réellement attendre de réponses et en reposer une nouvelle seulement quelques secondes après la précédente.

Dans ce tumulte qui ne faisait que s'accroître, les Médicomages présents faisaient virevolter leurs baguettes d'un côté et de l'autre du mieux qu'ils le pouvaient afin de remédier à la situation de la jeune rouquine. Dans la pièce, les faibles lumières se répercutaient sur les murs défraîchis et sur le corps blafard et couvert de sang de la Gryffondor, allongée sur un brancard, qui avait connu des jours meilleurs.

Le niveau sonore n'avait de cesse d'augmenter. La voix de Molly Weasley, stridente et colérique, ordonnait qu'on soigne sa petite fille et critiquait les manières peu orthodoxes des hommes qui avait effectués le transfert alors que celles graves et matures de jumeaux Fred et Georges réclamaient qu'ils aillent plus vite au lieu d'observer et que celle de Ron suppliait avec un brin de culpabilité dans la voix. Chacun d'entre eux avait une suggestion différente quant à la manière d'agir et de soigner. Mais aucun ne tenaient compte du fait que la pièce surchargée ne permettait pas une bonne prise en charge de celle qui était une sœur, une fille, une amie fidèle ou plus encore.

Sans que personne ne s'en aperçoive, la porte s'ouvrit et se referma quelques secondes après, laissant le temps à la nouvelle arrivante d'observer en toute illégalité le comportement irrationnel dont pouvait faire preuve une famille en proie à la peur et au doute. De carrure imposante, la médicomage Merryl Strong se fraya un chemin sans grand mal et, tout en se plaçant face à eux, leur intima de sa voix la plus stricte le silence qui ne se fit pas attendre.

Elle savait par expérience que sa prestance, bien qu'elle ne soit pas des plus élégantes, forçait le respect. Sa peau couleur caramel et ses yeux d'un vert émeraude tranchaient également en sa faveur. De taille moyenne et de corpulence assez forte, ce brin de femme était surnommée « le tyran » et connu comme le loup blanc dans tout l'hôpital.

Ses décisions, quelles qu'elles soient, n'étaient jamais contestées ni même critiquées, tout comme son autorité.

- Sortez, ordonna-t-elle, vous empêchez mes Médicomages de faire ceux pour quoi ils sont là.

Alors même que tout le monde prenait le chemin de la sortie ,Molly resta planté là, son regard ancré à celui de celle qu'elle considérait déjà comme une « ennemie », celle qui essayait de l'éloigner de son enfant, de la priver du savoir et de tout droit qu'elle pouvait avoir en tant que mère.

L'affrontement des deux femmes dura plus de deux minutes, deux minutes durant lesquelles le temps semblait avoir été suspendu. Familles et médecins restèrent silencieux et en retrait tout en observant la scène de leurs yeux curieux.

La famille en avait oublié l'ordre de sortir et les Médicomages avaient abaissé leur baguette, oubliant de ce fait leur patiente. Patiente dont l'état s'aggravait sans même qu'ils ne daignent avoir un regard pour elle.

Sans crier gare, le corps de Ginny se souleva du brancard. Les médicomages furent surpris, le contact visuel des deux femmes fut rompu et un hoquet de stupeur parcourut les rangs ainsi que des gémissements plaintifs provenant essentiellement de Ron et de sa mère.

La baguette levée, l'un des hommes diagnostiqua en peu de temps la source du problème.

- Mme Strong, clama-t-il, son cœur est trop faible pour supporter autant de pression. Si nous ne faisons rien, elle va mourir.

La susnommée eut un dernier regard pour Molly, un simple regard dans lequel elle essaya de faire passer toutes les émotions dont elle était capable à ce jour. Le vert émeraude et le marron de leurs yeux respectifs entrèrent en contact et, pour une raison qui lui était encore inconnue, Molly aperçut dans les yeux de celle qu'elle considérait comme une « ennemie » un éclair d'amour maternelle. C'est alors qu'elle amorça un pas vers la sortie accompagnée de sa famille et amis.

- Qui m'a fichu une bande d'incapables pareils, tonna Merryl dès que la porte fut refermée. Allez plutôt me chercher le Docteur Edwing et tout de suite.

Pressé d'échapper au « tyran », les deux hommes se précipitèrent vers la porte et se donnèrent des coups d'épaules.

- Dégagez tous les deux, ordonna-t-elle, trop exténuée pour les réprimander de manière plus sévère.


La fraicheur et l'ambiance morbide qui régnaient dans les cachots réussissait toujours à étonner Dumbledore. Bien que cette partie sombre et sans gaieté du château fut une partie intégrante de Poudlard, elle ne lui plaisait guerre. Voilà à présent de nombreuses années qu'il bataillait sans relâche contre son plus fidèle ami, Severus Snape, pour remodeler à son gout toutes ces galeries. Malheureusement, chaque argument nouveau dont il disposait pour plaider sa cause était étouffé dans l'œuf à cause de l'accord ou plutôt du pari qu'il avait perdu face à lui.

- Stupide idiotie de pari, rechigna-t-il en tapant à la porte en bois qui s'ouvrit aussitôt, faisant de ce fait virevolter dans un tourbillon d'air glacé la cape du Professeur. Toujours aussi théâtral à ce que je vois mon cher ami, s'enquit-il de dire.

- Et toi Albus encore en train de te plaindre d'avoir perdu un pari aussi simple face à moi, ironisa-t-il.

- Mme Pomfresh a besoin de ton aide dans les plus brefs délais pour soigner un élève.

Sans plus attendre les deux hommes partirent dans la même direction tout en continuant de bavarder.

- Deux élèves ont étaient retrouvés grièvement blessés en bas de la Tour d'Astronomie. Ginny Wesley a été redirigée vers Ste Mangouste vu son état et Harry se trouve avec Pompom.

- Toujours ce Potter, et dire que je pensais ne plus avoir à me soucier de lui.

- Je conçois que ce soit difficile pour toi, Severus, mais il faut que tu le soignes pour que nous apprenions ce qu'il s'est passé. Ils n'auraient jamais dus survivre à leur chute.

- Et le sort de protection que vous aviez placé, il n'a pas fonctionné ?

- J'ai bien peur que non ! Lorsque que je suis allé mettre les barrières de protection, mon esprit était obnubilé par des problèmes plus importants que celui-ci et je crains d'avoir négligé mes capacités de concentration à cet instant. Les portes de l'infirmerie se dessinait au bout du couloir. Ne vous tracassez pas, cher ami, j'irai les remettre en ordre, concentrez vous plutôt sur votre tâche.

Pénétrant dans la grande pièce, qui, il y a un peu plus d'une année, avait été en partie détruite par les sorts, les géants, et diverses autres choses, son regard d'un noir profond se posa sur le corps du jeune homme qui lui rappelait tant celui de James, celui qu'il avait détesté à peine rencontré, celui que celle qu'il aimait avait choisi d'épouser, celui qui n'avait pas su le protéger ce fameux soir, celui là même qu'il avait giflé alors que son corps sans vie reposait à terre.

Les images de cette fameuse nuit ne cessaient de le hanter. Le 31 Octobre 1981 était la date à laquelle il avait tout perdu: amour, dignité, respect, compassion, joie de vivre. Ce jour noir s'éveillait en lui à chaque fois qu'il voyait le fruit de l'union dont il avait été rejeté. Il se souvenait parfaitement avoir pris l'enfant dans ses bras en espérant pouvoir sentir un peu de Lily en lui mais à ce moment là, tout comme aujourd'hui, il ne voyait que la ressemblance entre le père et le fils. Le dégout, l'amertume et la colère le ramenaient à la réalité et il vit deux prunelles le fixer intensément.

- Ne devriez-vous pas le soigner au lieu de m'observer? cracha-t-il hargneux à l'infirmière.

Sans se départir de son air jovial qui avait le don de le faire enrager comme un dragon attaché, elle lui répondit:

- Et vous, n'êtes-vous pas censé me seconder dans cette tâche, Severus?

- Je ne suis pas l'un de ces Médicomages incompétents que vous avez l'habitude de fréquenter, ce sera à vous de me seconder.

- Sûrement pas, arqua-t-elle, vexée. Ici vous êtes dans mon Infirmerie et je ne vous laisserez pas tout régenter comme bon vous semble.

- Si ce n'est que ça, répondit-il en faisant demi tour, je vous laisse avec votre patient.

Un silence de plomb suivit les paroles du maître des cachots, seul le claquement inhabituel de ses chaussures résonnait et faisait écho.

Tourmentée entre l'envie de l'envoyer au diable pour son comportement odieux et l'envie d'accepter son offre, Pompom avait la mine défaite. S'il y avait bien une seule et unique chose qu'elle détestait, c'était qu'on mette son grain de poudre dans son Infirmerie, sa deuxième maison.

« Par Merlin, pourquoi l'ai-je fait demander » se rabroua-t-elle mentalement, « une idiote, voilà ce que je suis. »

- Ca ira pour cette fois, Severus, prononça-t-elle du bout des lèvres.

Dos tourné à elle, une esquisse de sourire illumina son visage si froid et impassible à l'accoutumée:

- Je vois que votre bon sens est toujours là, lui répondit-il en retournant vers Harry toujours inconscient.

Il aurait néanmoins préféré qu'elle ne revienne pas sur sa position, qu'elle ne ravale pas sa fierté pour un Gryffondor et encore moins pour celui là ,mais chacun à ses propres faiblesses.

- Ne m'insultez pas, car même si j'ai besoin de vous, je ne l'accepterais pas, arqua-t-elle.

- Insinuez-vous que son sort ne vous préoccupe pas autant que vous voudriez nous le faire croire !

- Comment osez-vous retourner mes propres propos contre moi, s'empressa-t-elle de répondre, un air outré peint sur le visage.

- Je me contente seulement de faire des conclusions, ma chère.

- Vous devriez vous contenter de soigner cet enfant au lieu de jouer au Psychomage, ce pour quoi vous n'êtes absolument pas qualifié, mon cher, se défendit-elle, venimeuse.

Le regard hargneux et aussi profond que l'océan, Severus Snape s'avança à pas mesurés jusqu'au lit où se trouvait le Gryffondor. L'aversion qu'il ressentait pour lui remontait au fur et à mesure que la distance s'amenuisait, laissant à nouveau la colère et l'écœurement prendre le pas sur tout le reste, réduisant à néant toute envie de bien faire, de le guérir, de le faire survivre.

Mentalement, il se mit à compter jusqu'à dix comme quand il était enfant et qu'il entendait son père battre sa mère sans relâche, et il se remémora l'époque où il avait rencontré Lily.

Un : Respire, Deux : Expire, Trois : Réfléchis, Quatre : Calme toi et contrôle tes émotions, Cinq : C'est Son fils, tu l'aimais, Sept : C'est son fils à lui aussi et tu le détestais au plus haut point, Huit : Respire, Neuf : Son sourire angélique et le son cristallin de sa voix, Dix : Sa voix qui murmure, « Sauve le Severus, fais le au nom de notre amitié. »

Le retour à la réalité fut brutal. Pendant une demi-seconde, elle avait été réelle, il avait senti sa main sur son épaule. Du bout des doigts, il l'avait saisie mais elle s'était échappée, creusant un nouveau vide dans son âme sans fond.

À cet instant précis, il aurait aimé transplaner loin d'ici, s'isoler et se repasser la scène en boucle jusqu'à saturer, et pourtant, il se contenta d'énumérer les diverses blessures dont le Gryffondor souffrait, avec ce murmure toujours présent à ses côtés, sauve-le.

- Lésions internes importantes, perforation du poumon droit, hémorragie interne, six côtes cassées, perforation de l'abdomen, jambe droite cassée et enfin traumatisme crânien non négligeable. Nous devons nous occuper de ça au plus vite. J'aurais besoin de diverses potions présentes dans mon laboratoire. Pompom vous allez aller les récupérer, elle se trouve sur la dernière étagère. Les fioles bleue, rouge, noir, orange, dorée, verte et enfin le bocal transparent contenant une pâte jaune.

Utilisant des sorts dépassant de beaucoup les compétences de l'infirmière Mme Pomfresh , Severus Snape soigna le plus rapidement possible le survivant, en espérant que c'était la première et dernière fois qu'il avait à s'occuper de lui.

Une fois les côtes remises en place et la jambe dans une atèle, il s'attela au poumon ainsi qu'à l'hémorragie interne. De retour juste à temps, Pomfresh déposa tout ce qu'elle avait récupéré sur le chariot roulant et l'amena jusqu'au lit.

Dans la seconde qui suivit, Snape s'empara de la fiole bleue et en versa le contenu dans la bouche du Gryffondor. il fit de même pour la dorée et la rouge.

Durant plus de deux heures, ils s'escrimèrent sur le Survivant, qui à en juger par l'étendue des dégâts, portait bien son surnom. La dernière couche de pommade jaune étalée sur le corps, ils refermèrent soigneusement les bandages.

- A la vue de son état, je dirais que ce Potter est chanceux. Espérons qu'il en soit de même pour Miss Weasley, déclara Pompom, la mine exténuée.

- Lorsqu'il se réveillera, donnez lui la fiole noir, c'est un antidouleur très puissant mais seulement une goutte, pas plus, ou vous le tuerez.

- Quel ironie, après tout le travail accompli, il suffirait d'une seule goutte pour le tuer. Vous ne devriez pas laisser pareile chose trainer dans votre laboratoire, un élève pourrait en prendre possession à votre insu.

- Je ne vois pas comment un de ces stupides étudiants pourraient pénétrer dans mon laboratoire personnel.

- De la même manière que moi, en poussant la porte, ironisa-t-elle.

- Si je n'avais pas désactivé les sorts de protection, vous n'auriez jamais pu rentrer dans mon labo sans en payer les conséquences.

- Charmant, vraiment charmant, Severus, je me méfierais à l'avenir.

- N'est-ce pas ce que vous faites déjà ?

Prise à son propre jeu, elle se retourna et fixa son regard dans le lointain.


- Madame Wesley ? demanda une jeune femme blonde en blouse.

- Comment va ma fille ? questionna la susnommée, impatiente.

Voilà un peu plus de trois heures qu'ils patientaient dans une salle d'attente sans aucune nouvelle de Ginny, chacun occupant son temps et se distrayant du mieux qu'il le pouvait.

- Veuillez me suivre. Mme Strong souhaiterait s'entretenir personnellement avec vous et votre époux.

- Mais comment va notre fille ? répéta-t-elle.

- Je suis navrée, je ne peux rien vous dire.

- Oh mon dieu, cria Molly en larmes, ne me dites pas que mon bébé est parti.

- Calme toi, ma chérie, dit Arthur en la soutenant et en avançant, c'est une très bonne Médicomage, je suis certain qu'elle a sauvé notre fille.

Leurs mains entrelacées et tremblantes, ils pénétrèrent dans un bureau lumineux et chaleureux où les attendait Merryl.

Le regard perdu et anxieux, Molly resta debout contre la porte prête à entendre le pire.

- Malgré ses très nombreuses blessures, j'ai réussi à stabiliser votre fille, un soupir de soulagement se fit entendre. Mais elle n'est pas sortie d'affaire pour autant. Comme je vous l'ai dit, elle avait de très nombreuses blessures et pas des moindres Je ne suis pas en mesure de vous dire si la magie pourra un jour la refaire marcher, sa colonne vertébrale ainsi qu'une partie de son cerveau ont étés touchées. Des sanglots se rependirent dans toute la pièce et Arthur se précipita vers sa femme. Je comprends votre détresse, je vous assure, Mme Weasley, prononça Merry Strong.

- Vous comprenez, hurla-t-elle, je ne vois pas comment vous le pourriez. Ce n'est pas votre fille mais là nôtre, je veux la voir.

- Elle est encore inconsciente. A vrai dire, elle est dans le coma et nous ne sommes pas en mesure de la faire sortir de cet état.

- Vous n'êtes pas en mesure, explosa-t-elle. Et qu'avez vous fait alors à part vous prendre pour Dieu?

Furibonde face à l'assaut qu'elle venait de subir, la Médicomage se leva et alla se planter devant Molly.

- Vous voulez savoir ce que j'ai fait à part lui remettre la mâchoire en place ainsi que le bassin, réduire son épanchement sous dural et lui réparer les os de ses deux avant-bras dont elle n'aurait jamais plus pu se servir? Je n'ai jamais prétendu être Dieu, surtout face à des cas pareils, mais ce n'est tout de même pas moi qu'il faut blâmer si elle reste paralysée physiquement et mentalement.

- Mentalement ? bégaya-t-elle.

- Son cerveau a été endommagé lors de la chute, elle risque de souffrir d'aphasie à son réveil.

Le mot qu'elle venait de prononcer était totalement étranger au couple Weasley. Face aux regards interrogateurs du mari et la femme, elle prit les devant sur leurs futures questions.

- L'aphasie est, plus précisément, un trouble du langage qui peut présenter des différences considérables : certains patients ne montrent que des incertitudes légères pour trouver leurs mots par exemple, alors que d'autres ont presque totalement perdu la faculté de s'exprimer par le langage, de comprendre ce qui leur est dit, de lire et/ou d'écrire, tandis que d'autres facultés, comme la mémoire ou l'orientation, sont préservées. Il existe plusieurs sortes d'aphasies dans lesquelles ces diverses facultés peuvent être différemment diminuées mais je ne serais en mesure de vous dire de quelle sorte souffre votre fille qu'à son réveil, pas avant.


Alors qu'elle franchissait la dernière marche d'une nombreuse et exténuante rangée, Hermione sentit ses forces ou plus précisément sa hargne l'abandonner. Les images du jour où Ginny avait plus ou moins compris ce qui la tracassait la hanter, elle se revoyait l'implorer de ne rien dire, elle revoyait leurs deux mains liées et les liens qui s'entremêlaient pour celer la promesse qu'elle venait de faire.

Une brise fraîche souleva ses cheveux et la ramena au moment présent. La vue était toujours aussi stupéfiante. A cette hauteur, elle avait la sensation de se sentir au dessus des autres, d'être plus forte mais surtout de redevenir l'Hermione qu'elle avait toujours été: studieuse, douce et aimant. Au lieu de quoi, elle avait cédé sa place à une inconnue. Cette personne qui a vos bras et vos jambes et qui pourtant vous était totalement étrangère jusqu'à il y a un an. Que faire lorsqu'on sombre dans une folie telle qu'elle nous submerge, nous engloutit, au point de voir derrière chaque recoin familier des ombres menaçantes, au point d'avoir peur de ses semblables.

« J'ai toujours cru que la peur était réservée aux autres puis un beau jour, elle m'a trouvée et ce jour-là, j'ai compris qu'elle avait toujours été présente, en embuscade, tapie sous la surface de chaque chose que j'aimais.

Retrouverais-je un jour là personne que j'étais ? Ou bien suis-je condamnée à vivre avec cette inconnue insomniaque et agitée qui continue à marcher et à vivre tel un automate programmé? »

Le bruit d'un bâton qui roule sur une surface lisse la sortit de ses pensées lugubres. Non loin d'elle gisait la baguette qu'elle reconnut comme étant celle d'Harry. En la saisissant, elle ne put s'empêcher de vouloir connaître les derniers instants qui avait précédés la chute des ses amies et elle prononça la formule, la même formule que son bourreau avait utilisée lors de l'un de leurs « rendez-vous forcés » pour voir si elle n'avait pas craché le morceau à un membre de l'Ordre avant de venir et ainsi lui tendre un piège.

Du bout des lèvres, elle prononça « Cogitatio Revelat » (1). Des éclairs de lumières sortirent de la baguette et la tour fut entourée d'une brume épaisse.

Des contours commencèrent à se dessiner, plus prononcés au fil des secondes jusqu'à devenir des formes humaines.

Ce qu'elle vit la stupéfixa sur place, elle savait qu'elle ne pouvait rien faire et pourtant elle tenta de porter secours à Harry et Ginny. Sa main se referma sur la brume et celle-ci s'échappa entre ses doigts pour se reformer une demi-seconde plus tard. Elle vit Harry essayer en vain de récupérer sa baguette, elle la lui tendit des larmes plein les yeux mais il ne la voyait pas, son regard vissé sur le duplicata de ce qu'Hermione tenait fermement entre ses mains.

À ses côtés mais impuissante; Hermione l'encourageait de toutes ses forces au fur et à mesure de ses pas, espérant qu'il réussirait à la saisir même si au fond d'elle, elle se doutait que ses espoirs étaient vains.

Devant ses yeux incrédules, Harry fit un nouveau pas, Plus que deux centimètres pensa-t-elle.

Alors que ses faux espoirs revinrent l'assaillir de plein fouet, elle entendit Ginny prononcer , Pardonne moi Harry, et les vit tous les deux plonger dans le vide.

Un cri strident brisa pour la seconde fois la nuit bien avancée à présent et elle tomba à genoux avant de transplaner dans sa chambre.


(1) : sort que j'ai inventée « révèle pensées » en Latin. Comme je ne connaissais pas de sort capable de faire une telle chose dans ce monde magique que nous aimons tant j'ai prit la liberté d'en inventer un en faisant en sorte que sa prononciation reste dans le même moule que tous les autres.

Je suis sûre que beaucoup d'entre vous sont déçues de ne pas avoir lu de passage sur Drago et Hermione mais le retard sera comblé dans le chapitre treize. Pour les fêtes soyez généreuses Mesdames et laissez moi une review qui me ravira. À bientôt.