Voici avant l'heure votre cadeau de Noël ! Je me suis arrangée pour être sûre de pouvoir poster avant le 24 décembre. Mais qui résistera à l'ouvrir, à le lire, avant le 25 au matin ?

Tout d'abord, un grand merci à vous toutes pour vos reviews, vos nombreuses mises en alerte et en favoris.

Ensuite, un immense merci également à toutes celles qui m'ont lissé une petite review pour me souhaiter un Joyeux Noël ! C'est vraiment super sympa à vous !

Dernière note avant que vous ne plongiez dans la lecture de cette seconde partie du chapitre II. Une question revient beaucoup dans vos commentaires : à quelle époque cette fiction se déroule-t-elle ?

Pour l'instant, seules deux lectrices ont trouvé la bonne réponse.

Il y a eu et il y aura des indices révélés au fur et à mesure pour la dater.

Sachez juste que cette histoire n'a pas lieu au XVIIIe siècle, ni au XIXe siècle, ni avant la Première Guerre mondiale.

Bonne lecture !

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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre II – Le Bal des Débutantes (partie 2)

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Madame Swan lui sourit gracieusement, fière que sa fille envoûte Mike et danse avec lui sous les yeux de tous.

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Bella, quant à elle, s'ennuyait fermement dans les bras de Mike.

-Alors, comment c'était l'Espagne ?

-C'est un très beau pays ! Mentit Bella.

Elle n'avait jamais mis les pieds en Espagne, mais cela personne ne devait pas le savoir.

-J'aimerai bien y aller, relança Mike. Il paraît que la vie nocturne y est plus qu'active et dynamique !

-Je ne sais pas. Je ne sortais pas. Je restais avec ma mère pour la soutenir.

-Oui, c'est vrai, tu es si jeune, admit Mike en lui caressant la joue de sa main. Bella frissonna de dégoût à ce contact, frisson que Mike interpréta comme étant du désir. Tu es très jolie ce soir. Bella rougit à ce compliment et baissa la tête pour cacher le feu de ses joues. Ce comportement si docile enthousiasma Mike intérieurement. La jeune fille brune lui plaisait bien plus que cette pimbêche de Jessica qui ne savait pas s'arrêter de parler. J'aimerai beaucoup te revoir après cette soirée.

-Il faudra en demander la permission à mes parents, répondit la jeune fille soumise à leur autorité.

-Ah oui ? S'il faut en passer par là, je le ferai ! Ce n'est pas un obstacle qui m'empêchera de te voir ! Mike fit tourbillonner la jeune fille, qui faillit tomber suite à cet enchainement soudain. Puis, il rapprocha à nouveau de lui et la questionna. Que comptes-tu faire maintenant que tu es diplômée ?

-Je ne sais pas vraiment, murmura Bella, hésitant sur la réponse à donner. Soit elle répondait comme devait le faire une jeune fille de sa condition et alors elle enthousiasmerait Mike, soit elle répondait comme elle le souhaitait et cela, sa mère ne le lui pardonnerait pas. La jeune fille choisit de biaiser et trancha entre les deux solutions qui s'offraient à elle. Et bien, j'aime beaucoup lire, souffla-t-elle. Étudier la littérature à l'Université m'aurait bien fait plaisir, mais il faut aussi que je songe à mon avenir, à me marier... Un grand sourire éclaira le visage de Mike : la réponse lui plaisait. Peut-être un peu trop. Et toi, que fais-tu depuis la fin de tes études ?

-Et bien, j'aide mon père à diriger sa société. C'est une entreprise très florissante. Nous avons de plus en plus de magasins dans la France entière. Je compte bien reprendre les rênes lorsqu'il partira en retraite. C'est du boulot, mais cela gagne bien, c'est l'essentiel. Avec moi, tu auras une belle maison et surtout tu seras toujours à l'abri du besoin, argumenta le jeune homme espérant ainsi prêcher en sa faveur.

Il ne savait pas que Bella détestait les hommes qui se comportaient comme des coqs !

-Et en dehors de ton travail, qu'aimes-tu faire ?

-Hum... Tout plein de choses, répondit un Mike évasif en lui lançant une œillade.

-Mais encore ? Questionna-t-elle afin de relancer la conversation qui tournait en rond. Lis-tu ? As-tu des auteurs ou romans favoris ? Essaya la jeune fille, espérant qu'il aurait au moins une passion en commun avec elle.

-Oh ! Là là ! Tu as de bien drôles d'idées, toi ! A quoi cela sert-il de lire ? Je suis bien heureux de m'être débarrassé de tout cela avec la fin des études. Je sors beaucoup, j'aime aller boire des pots avec les copains pour dra... Le jeune homme s'interrompit subitement, se rendant compte de la bourde qu'il allait faire. Je fais aussi pas mal de sport ! De la course à pied, du golf, du tennis aussi.

Au mot « tennis », la jeune fille trembla et se tendit dans les bras de son cavalier.

Heureusement pour elle, les derniers accords de musique venaient de retentir. Mike s'arrêta alors de danser. Il n'avait rien remarquer du changement d'attitude de Bella.

Alors que Mike se réjouissait d'avoir su emballer la jeune fille si facilement et qu'il la ramenait auprès de sa mère, Bella croisait les doigts intérieurement afin que ses parents interdisent à Mike le droit de la revoir. Qu'il était niais ! Il n'avait aucune conversation ! Bella se demandait réellement comment ce jeune homme pouvait être capable de diriger une entreprise telle que sa famille possédait. Il semblait réellement en être incapable.

Malheureusement pour la jeune fille brune, puisque Mike Newton était l'unique héritier d'une entreprise si puissante dans le monde des affaires et d'une telle fortune, jamais Madame Swan ne lui interdirait de revoir sa fille. Au contraire, elle rêvait déjà de marier les deux jeunes gens.

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Lorsque la jeune fille rejoignit sa mère, cette dernière était en pleine conversation avec Mesdames Newton, Mallory et Black. Lauren et Jacob revenaient également d'un tour de danse.

-Isabella, viens donc ici que je te présente Jacob Black, l'interpela sa mère.

-Mère ?

Afin d'être sûre que Bella serait mariée avant la fin de l'été, Madame Swan ne mettait pas ses œufs dans le même panier. Il était évident que l'alliance avec la famille Newton la comblerait au-delà de ce qui était possible, mais elle préférait assurer ses arrières.

-Isabelle, voici Jacob Black.

Bella salua le jeune homme brun à la peau tannée d'un signe de tête.

-Bonsoir Isabella, la salua Jacob. Je suis heureux de voir combien vous avez changée ! Vous êtes désormais une ravissante jeune fille !

Bella regarda avec interrogation sa mère. Si elle se souvenait avoir maintes fois croisé Madame Black et l'avoir entendu parler à plusieurs reprises de son fils pilote chez Air France, elle ne se rappelait pas l'avoir déjà croisé.

-Mais si, Isabella, souviens-toi ! Vous aviez fait connaissance il y a une dizaine d'années !

-Excusez ma mémoire défaillante, je ne m'en souviens pas.

-Vous êtes toute excusée, ma chère, vous n'étiez même pas âgée de 10 ans.

Mais quel âge pouvait-il bien avoir ? Bella ne cessait de se poser la question. Certes, comme Mike, il était plus âgé qu'elle. Toutefois, si Mike avait à peine dépassé la vingtaine, Jacob devait bien s'approcher de la trentaine, peut-être même plus.

-Accepteriez-vous de m'accorder une danse ? Lui demanda-t-il.

Voyant sa mère incliner avec grâce sa tête tout en bavardant avec ses amies, Bella accepta et lui tendit son bras.

Si Mike était un piètre danseur, ce n'était pas le cas de Jacob qui la faisait virevolter sur la piste de danse.

Les deux hommes n'avaient d'ailleurs pas du tout le même physique : alors que Mike était à peine plus grand que Bella, Jacob la dépassait bien de deux ou trois têtes. Mike passait facilement pour un gringalet à côté de Jacob, dont le corps était tout en muscles. De plus, il avait le teint très hâlé alors que Mike semblait blanc comme un cachet d'aspirine. Sa poigne était chaleureuse et la maintenait avec grâce contrairement à Mike qui resserrait fortement ses mains sur ses hanches, comme s'il voulait éviter qu'elle ne s'échappe de son emprise.

-Alors, jeune fille, comment trouves-tu ton premier bal ?

Jacob était passé au tutoiement dès qu'il s'était éloignée de leurs mères.

-Hum... Tout est nouveau, murmura Bella ne sachant quoi répondre.

-Parce que c'est la première fois ! Rigola Jacob. Tu verras, quand tu en seras à ton troisième, tu seras complètement blasée. Tu croiseras toujours les mêmes personnes, danseras toujours avec les mêmes cavaliers, entendras toujours les mêmes potins à quelques différences près ! Rien de transcendant, quoi !

Bella rit légèrement, se sentant à l'aise dans les bras de cet excellent danseur.

-Alors pourquoi continuez-vous à venir si ces bals vous lassent tant ? Demanda Bella de manière presque effrontée.

Puis, elle se mordit les lèvres : sa question était impertinente. Sa mère allait la tuer si elle lui parvenait aux oreilles.

Heureusement pour elle, Jacob ne l'entendit pas de cette oreille et explosa de rire !

-J'adore tes questions, jolie jeune fille innocente ! Toutefois je ne saurais te répondre clairement ! Devant le regard interloqué et perdu de Bella, il poursuivit. Je pourrais te dire que si je suis là, c'est pour faire plaisir à ma mère qui désespère de ne pas encore voir son fils plus que trentenaire marié (ah ! Voilà de quoi répondre à la question de l'âge qui turlupinait la jeune fille) ou bien que je suis là pour trouver l'âme sœur, avec laquelle je souhaite vivre jusqu'à la fin de mes jours.

-Mais il me semble que ce n'est pas le cas ?

-Non, pas vraiment ! Encore que faire plaisir à ma mère en venant ici entre certainement en ligne de compte. Il adressa d'ailleurs à cette dernière un regard empli d'amour filial. Puis il retourna à sa conversation avec sa cavalière. Mon statut de célibataire me plaît bien ! Je peux profiter de tous les plaisirs de la vie, ses propos firent rougir la jeune fille qui dissimula sa gêne en baissant la tête, je n'ai de compte à rendre à personne, ni à mère, et encore moins à une hypothétique femme. Je peux voyager autant que je le souhaite, ce qui est fort utile avec mon travail. Bref, je suis libre, indépendant et je peux vivre sans contrainte.

-Voyager ! C'était le seul mot que Bella avait retenu de la tirade du jeune homme si musclé. Que j'aimerai tant découvrir le monde !

-Je crois que tu connais déjà l'Espagne ! Jacob eut un clin d'œil pour elle.

-Connaitre est un bien grand mot ! Bella n'osait mentir à un homme qui avait tant voyagé. Elle édulcora son mensonge. J'ai surtout tenu compagnie à ma mère, qui était souffrante et ne pouvait sortir de la maison. Aller s'étendre sur la chaise longue de la terrasse était déjà un grand périple.

-Alors pourquoi te marier si vite à la sortie du lycée si tu as envie de voyager ? N'aurais-tu pas non plus l'envie d'étudier ?

-Si, certainement, admit Bella avec réticence. Pourvu que sa mère n'apprenne rien ! Mais je n'ai pas le choix : me marier est le lot commun de toutes les jeunes filles de notre milieu.

Sa triste voix fendit le cœur du jeune homme.

Bella n'avait vraiment aucune chance : sa mère n'était absolument pas compréhensive concernant les envies et besoins de son enfant. Elle n'avait qu'un seul objectif : marier sa fille avec le meilleur parti possible.

Jacob plaignait réellement la jeune fille brune. Certes, elle lui plaisait. Mais en tant qu'amie uniquement. C'était d'ailleurs plus son intelligence et sa répartie qui l'attirait et l'enthousiasmait. Il se promit alors de tout faire pour l'aider.

Cependant, il savait qu'il ne pourrait pas la sauver d'un mariage sans amour.

Jacob eut envie de la questionner sur ses intérêts pour comprendre quel type d'homme pourrait lui plaire.

-Alors, as-tu apprécié de danser avec Mike Newton ?

-Oh ! Grand Dieu ! Non ! Explosa la jeune fille.

Devant une nouvelle manifestation de son impertinence, elle se mordit à la lèvre, jetant un coup d'œil en direction de sa mère. Jacob la rassura :

-Ne t'inquiètes pas ! Je ne répéterai rien ! Alors, raconte moi tout : pourquoi Mike est-il si insupportable ?

-Oh ! Bella cherchait tout de même à policer sa réponse. Et bien, il n'a pas beaucoup de conversation à part de me dire qu'il est l'unique héritier d'une grande entreprise qui marche bien et fait beaucoup de bénéfices.

-Je vois ! Ce n'est pas étonnant ! Rigola Jacob. Mike Newton est un imbécile qui est né avec une cuillère dorée dans la bouche, continua-t-il froidement. Bella se retint de rire devant de tels propos, ce qui échappa pas à son cavalier. Oui, oui, ce n'est pas la peine de te retenir de rire. Tu le constateras bien toute seule qu'il n'est qu'un frimeur qui en met plein la vue. Je ne donne pas cher de la survie de l'entreprise paternelle lorsqu'il sera à sa tête !

Jacob aurait même parié bien volontiers que ce snobinard tromperait même sa jeune épouse au bout de quarante-huit heures de mariage. Mais cela, il ne pouvait pas décemment le dire à la jeune fille.

Cette dernière réfléchissait aux propos que venait de tenir Jacob. Elle craignait désormais les poursuites de Mike et n'avait plus du tout envie qu'il vienne lui faire la cour chez ses parents.

-Me raconteras-tu tes voyages un jour ? C'est un sujet qui m'intéresse. Je connais si peu le monde, voir pas du tout.

La musique jouée par l'orchestre s'était arrêtée. Bella avait passé un bon moment en compagnie de Jacob.

-Pourquoi pas ? J'ai été ravi de danser avec toi, Bella. Si tu as un jour l'envie de voyager, n'hésite pas à me contacter !

-Comme si mes parents accepteraient que je voyage avec toi !

-Hum... Peut-être pas un voyage autour du monde ! Nous pourrions commencer par une balade au jardin des Tuileries. Penses-tu que cela serait accepté ? Rigola Jacob.

-Je l'espère, sourit Bella.

Même si elle n'avait ressenti aucune attirance physique pour Jacob, elle avait apprécié discuté avec lui. Elle en avait presque réussi à oublier le drame qu'elle avait traversé il y a quelques mois. Jacob était jovial, curieux et agréable, et surtout il aurait certainement des tonnes de détails à lui raconter sur ses multiples voyages dans le monde et les peuples qu'il avait pu croiser. Il pourrait assurément lui conseiller de nouvelles lectures sur ces civilisations lointaines.

Elle aurait donc plaisir à le revoir.

Jacob n'avait pas encore eu le temps de la reconduire auprès de sa mère, qu'ils furent interrompus.

-Mademoiselle Swan ?

-Monsieur ?

-Madame votre mère m'a autorisé à vous demander une danse, s'inclina un jeune homme blond au regard d'acier qui fit trembler Bella.

Contrainte par les convenances, forcée par les exigences maternelles, elle accepta cependant le bras que lui tendait cet homme dont elle ne connaissait même pas le prénom.

-James, lui apprit ainsi Jacob en grinçant des dents. Tiens toi correctement avec cette jeune fille, marmonna-t-il dans sa barbe.

Jacob n'appréciait pas du tout ce nouvel individu. Il redoutait de voir Isabella partir danser avec lui sur la piste. Il la garderait à l'œil. Comment sa mère pouvait-elle avoir accepté cela ? Souhaitait-elle tant que cela se débarrasser de sa fille pour espérer une union avec James Gigandet ?

James ? Voici donc le jeune homme qui plaisait tant à Lauren, se souvenait Bella.

Mais, dans les bras de James, la jeune fille aux yeux chocolat se sentait oppressée.

Si la poigne de Mike avait été forte sur ses hanches plus par maladresse que par volonté, ce n'était pas le cas de celle de James, qui appuyait sur sa taille comme s'il voulait la marquer. Elle avait peur d'avoir des bleus.

-Isabella, apprécies-tu ton premier bal ?

-Oui, Monsieur, se tendit Bella, reconnaissant pourtant là la première question que lui avait posée Jacob.

-Isabella ! Rigola-t-il. Je te donne la permission de m'appeler James.

-Je ne vous connais p...

-Essayerai-tu de me contredire ? La tança sévèrement James en renforçant sa poigne sur la taille de sa partenaire. Bella prit peur et baissa la tête devant la fureur du jeune homme blond. Moi, qui te croyait être une jeune fille docile, ne serait-ce donc pas le cas ?

Bella n'osait plus relever les yeux vers son cavalier. Elle n'avait qu'une hâte, que cette affreuse danse se termine au plus vite. Elle lança un coup d'œil vers sa mère qui ne cessait de papoter avec ses amies. Son père semblait tout aussi occupé à fumer son cigare. Même Jacob avait disparu du champ de vision de la jeune fille.

-M'écoutes-tu quand je te parles ? Grinça à nouveau la voix de James la ramenant sur terre.

-Excusez mon inattention ! Murmura la jeune fille malà l'aise.

-Han, han ! Ne comptes pas là dessus ! Refusa le jeune homme d'un ton sans appel. Il voyait là un moyen tout trouvé pour que la jeune fille fasse ce dont il avait envie. Sauf si tu m'accompagnes un moment dehors sur le balcon.

Bella trembla de peur. Cette proposition inadmissible ne l'intéressait absolument pas sans compter que ses parents apprécieraient pas du tout ce type de comportement. Elle essaya de refuser poliment.

-Non, je suis désolée, je ne peux pas. Je suis attendue auprès de ma mère.

-Mais il est hors de question que tu te défiles, ma belle ! Insista James en tirant brutalement sur le bras de la jeune fille pour l'emmener dehors.

-Aïe ! Se plaignit la jeune fille. Lâchez-moi !

Bien qu'elle essaya de mettre de la conviction dans son propos, ce dernier parut bien faiblard au jeune homme qui lui rit au nez.

-Tu peux toujours rêver !

Alors que Bella cherchait du regard toute personne qui pourrait l'aider à se sortir de cette situation inconfortable, James la faisait franchir la porte-fenêtre grande ouverte pour la conduire sur le balcon tout en maintenant violemment sa main sur la taille de la jeune fille, qui souffrait de plus en plus.

-Monsieur Gigandet !

James se retourna vers la personne qui l'interpelait durement, au grand soulagement de Bella, qui en avait reconnu la voix.

-Puis-je savoir où vous emmenez ma fille sans m'en avoir demandé la permission ?

-Chef Swan ! Se tendit James, qui perdit un peu de sa belle assurance. Hum... Votre fille se sentait un peu mal, entre la chaleur et les tours de danse. Je l'emmenais bien volontiers sur la terrasse pour qu'elle se rafraichisse.

Bella remuait négativement la tête espérant que son père remarquerait que l'histoire de James ne tenait pas la route et était emplie de mensonges.

-Si ma fille a besoin de prendre l'air, elle sait très bien qu'elle peut et doit me le demander, Monsieur Gigandet.

Comprenant que Monsieur Swan avait compris sans équivoque son histoire rocambolesque, sans pour autant le ridiculiser devant tous les invités de la réception, James relâcha Bella, qui se rapprocha immédiatement de son père. La jeune fille respirait à nouveau normalement.

-Mademoiselle, Monsieur, salua James en claquant des talons et en s'inclinant devant eux.

Puis, il s'éloigna rapidement, cherchant une nouvelle proie à charmer.

Charlie Swan tendit son bras à sa fille qui s'en saisit automatiquement et, sans prononcer un mot, il l'emmena sur le balcon. Bella tremblait, attendant les reproches de son paternel. Elle se massait discrètement le bras droit qui avait été meurtri par ce garçon si brutal.

Néanmoins, son père demeurait silencieux, les sourcils froncés, regardant le parc assombri par la nuit qui était tombée mais illuminé par de nombreuses lanternes.

Bella osa alors prendre la parole, attitude qu'elle n'aurait jamais eue avec sa mère.

-Merci pour votre intervention, Père.

Surpris par la phrase prononcée par sa fille, Charlie se retourna vivement et l'observa attentivement.

Une fois son examen terminé comme il l'aurait fait sur son lieu de travail pour un interrogatoire , il parla enfin posément.

-Tu ne souhaitais vraiment pas le suivre ?

Bella remua négativement la tête, avant de préciser en murmurant :

-Non, il m'a forcée... Il me tenait fortement le bras... Elle ajouta d'un ton encore plus bas. Je n'ai pas osé crié par peur de faire un scandale et décevoir Mère.

-Bien ! Approuva Charlie. Je suis désolé d'avoir douté de toi, ma fille. Il serra sa fille dans ses bras, une manière de s'excuser d'avoir tergiversé sur son attitude, de l'avoir soupçonnée de commettre encore des actes indécents. Mais je ne veux plus te revoir avec lui, ni à proximité de lui. Est-ce clair ? Sa réputation est loin d'être proche de l'honnêteté.

-Je ne souhaite pas non plus le revoir, ni qu'il m'approche à nouveau. Accepta-t-elle sans hésitation en lui désignant son bras douloureux.

-Est-ce qu'il t'a fait mal ?

-Un peu, mais cela va passer. J'ai surtout eu peur.

Charlie regarda avec attention le bras de sa fille. Le marque de la main de ce James était nettement visible sur le bras de Bella. Elle allait avoir une belle ecchymose.

-Il faudra mettre de la glace en arrivant à la maison ce soir. Mais d'abord, explique-moi qui t'as autorisé à danser avec lui ?

-Mère... Bella relativisa sa réponse, se rappelant qu'elle n'avait pas eu son accord oral. Enfin, c'est ce qu'il m'a fait croire...

-Hum... Charlie savait très bien que sa femme était têtue et qu'elle était capable de tout lorsqu'elle avait un plan en tête. Elle pouvait très bien avoir approuvé cette danse. Il devrait lui parler : il était hors de question que Bella revoit à nouveau cet homme sans scrupule, cette petite crapule que Charlie se ferait une joie de prendre sur le fait et d'arrêter pour qu'il croupisse en prison. Je parlerai à ta mère.

-Merci Père, s'inclina la jeune fille.

-Te sens-tu mieux ? Elle acquiesça. Alors, viens donc avec moi, lui dit-il en lui donnant à nouveau son bras, que je te présente à quelques amis.

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C'est avec plaisir et un grand sourire sur son visage que Bella suivit son père, traversa la piste de danse et rejoignit le groupe d'amis de son père. Il était composé de trois hommes et d'une femme. Si deux des hommes et la femme semblaient avoir l'âge de son père, il n'en était pas de même pour le troisième, qui semblait être bien plus jeune.

-Bella, je te présente l'un de mes collègues, le commissaire Billy Black. Billy, voici ma fille Isabella.

-Bonsoir Mademoiselle, se courba ce dernier.

Il était aussi grand que son père, mais bien plus fort et baraqué. Ce qui était surtout frappant, c'est qu'il ressemblait beaucoup à l'un de ses précédents cavaliers, Jacob. Il avait le même teint que lui, la même musculature.

-Bonsoir Monsieur, répondit avec grâce Bella. Êtes-vous le père de Jacob ? Demanda-t-elle curieuse.

Puis, elle se mordit les lèvres, certaine d'en avoir trop dit.

-En effet ! D'ailleurs, je me demande où est passé ce jeune chenapan ! S'exclama-t-il en riant, absolument pas vexé par la question de Bella.

-Jeune chenapan ! Billy, ton fils a plus de 30 ans !

-Mais, que veux-tu que j'y fasse, Charlie ? Pour moi, il sera toujours un môme en couche culotte, même lorsqu'il en aura 50 !

-Voici le docteur Cullen et sa charmante épouse, continua son père en nommant les personnes qui étaient aux côtés de Billy.

Si son épouse était de petite stature aux cheveux châtains clairs, le docteur Cullen était presque aussi grand que Charlie Swan et Billy Black. Il possédait des cheveux blonds et un regard bleu profond qui semblait vous transpercer comme s'il pouvait soigner tous les maux dont vous souffriez d'un seul coup d'œil.

-Bonsoir Madame, bonsoir Docteur.

Bella leur fit une élégante et rapide révérence.

-Ton père nous avait caché qu'il avait une fille si ravissante ! S'exclama Madame Cullen d'un ton très amicale.

Madame Cullen semblait très chaleureuse, très tactile, très maternelle. Bella avait même eu l'impression que cette dernière l'aurait serrée volontiers dans ses bras sans hésitation si elle avait pu le faire sans manquer aux convenances imposées par la soirée et par la classe bourgeoise en règle générale.

-En tout cas, il ne tarit pas d'éloge à ton sujet, rajouta le docteur Cullen. Toutes mes félicitations pour l'obtention brillante de ton baccalauréat.

Devant le compliment, la jeune fille rougit et baissa la tête.

Afin de lui laisser le temps de retrouver son calme et son teint blanc, Charlie termina les présentations.

-Et, pour terminer la ronde des présentations, je te présente le fils du docteur Cullen, Maître Edward Cullen. Maître ?Était-il enseignant ou avocat ? Se demanda-t-elle. Il était possible qu'il soit avocat, puisque son père lui avait dit qu'il s'agissait de collègues de travail : un autre commissaire, un médecin et un avocat étaient des professions tout à fait en lien avec le travail de son père. Il revient des États-Unis, où il a achevé sa formation.

-Bonsoir Maître.

La jeune fille se sentait toute tremblante, toute émotive.

Le jeune avocat devant elle ressemblait tant au jeune homme de ses rêves. Il était grand, élancé, musclé. Ses cheveux étaient auburn et semblaient partir dans tous les sens, malgré un semblant de discipline. Son regard émeraude était quant à lui hypnotisant. Bella était séduite. Son cœur battait plus fort dans sa poitrine. Elle était toute chose en sa présence et en perdait ses petits moyens.

Jamais, au grand jamais, elle n'avait ressenti de telles émotions en présence d'un homme, même pas avec...

Bella se mordit la lèvre violemment pour ne pas penser à son nom. Il n'était pas question de sombrer ici devant eux tous lors d'une soirée. Elle se devait de retrouver une respiration normale.

Pourtant, elle avait tellement cru l'aimer de toutes ses forces, elle lui avait tout donné.

Tout !

Et, aujourd'hui, il était quand même parti...

S'était-elle trompée sur cet amour ? L'avait-elle imaginé ? Elle tremblait de peur devant l'erreur monumentale qu'elle avait peut-être fait. Non ! Il fallait qu'elle se ressaisisse !

Maintenant !

Pour ne pas décevoir ses parents !

Elle réfléchirait à tout cela, lorsqu'elle serait seule dans sa chambre ce soir...

-Bella, rigola son père, je crois que tu peux l'appeler Edward. Ce dernier inclina la tête pour donner son accord. Maître, c'est un peu trop formel.

-Bonsoir Edward, le salua à nouveau Bella.

-Edward, je te présente ma fille Isabella Swan. Mais je te conseille plutôt de l'appeler Bella si tu ne veux pas te la mettre à dos dès ce soir !

-Papa ! Protesta Bella en rougissant sérieusement.

Elle était sûre que sa mère n'apprécierait pas une telle attitude.

Mais son père n'avait cure de ses doléances et explosa de rire, rapidement rejoint par le commissaire Black et le docteur Cullen.

Edward regardait troublé cette jolie jeune fille aux yeux chocolat et aux joues rosissantes.

Irrémédiablement, elle l'attirait, lui qui s'était promis de ne plus jamais succomber aux charmes féminins, ne s'accordant que le droit de les utiliser pour son propre confort mais sans plus rien leur promettre.

Ce qui l'attirait, ce n'était pas que son charme et sa beauté naturelle, il y avait autre chose...

Hum...

Quelque chose qu'elle dissimulait, quelque chose que Edward était incapable de lire en elle ou de comprendre maintenant, mais qu'il avait envie de découvrir. La seule certitude qu'il avait était qu'elle avait profondément souffert. C'était visible au premier coup d'œil pour quiconque la regardait attentivement.

Entre le fait qu'elle lui plaisait, entre le besoin de savoir ce qu'elle gardait secret au plus profond de son cœur, entre l'envie qu'il avait de la serrer dans ses bras pour la consoler, Edward surmonta ses peurs et trahit ses promesses en s'approchant d'elle pour la saluer et pour apprendre à la connaitre.

-Bonsoir Bella, lui répondit-il de sa voix de ténor en souriant.

De toute façon, il se devait d'être poli : d'une part, il avait été éduqué ainsi, comme un gentleman ; d'autre part, elle était la fille de l'un des collègues de son père. Il était tout à fit possible qu'il la recroise ultérieurement.

Bella lui rendit son sourire.

Edward l'attirait, c'était indéniable. Sa voix était tout simplement... Oh ! Oh ! Elle lui avait donnée tant de frissons de plaisir !

Toutefois, Bella ne savait que dire, ni comment se comporter avec lui, et ce d'autant plus qu'elle se savait observée par son père et les parents du jeune homme. Elle se demandait bien à quoi lui servait ces fameux cours de morale si ennuyeux que sa mère lui imposait, si elle était incapable de les mettre en application.

Un serveur interrompit ce jeu de regards et ce moment de légère gêne en proposant des verres de vin rouge ou blanc, accompagnés de biscuits apéritifs ou de toasts.

-Messieurs, laissons donc ces jeunes gens faire connaissance, s'exclama Madame Cullen dont le regard avait été plus que bienveillant depuis le début des présentations.

Elle éloigna alors de quelques pas les trois hommes d'âge mûr, histoire de leur offrir un semblant d'intimité.

-Alors, apprécies-tu ton premier bal officiel ? La questionna-t-il doucement alors qu'il lui tendit un verre de vin blanc.

-Merci, répondit-elle en l'acceptant. Elle s'assit sur un sofa, où il la rejoignit. Et bien, cela se passe bien, je pense, même si j'apprécie plus certaines personnes que d'autres. Puis elle se mordit la lèvre, se gourmandant d'avoir dit encore une fois une ânerie. Il allait sûrement penser qu'elle ne l'appréciait pas. Ce n'était vraiment pas le cas, même si cela ne faisait que cinq minutes qu'ils se connaissaient. Enfin, c'était tout à l'heure quand je dansais avec... Essaya-t-elle de se rattraper. Maintenant, je suis bien...

Ses yeux brillèrent et sa voix se brisa : elle avait l'impression que plus elle parlait, plus elle s'enfonçait dans sa maladresse...

Edward sourit devant cette avalanche d'explications confuses et s'efforça à son tour de rassurer la jeune fille.

-Tout va bien, Bella. Je suis aussi content d'avoir fait ta connaissance.

Le rouge revint sur les joues de la jeune fille. Cela plaisait beaucoup à Edward.

Pour chasser son malaise, Bella se lança et lui demanda :

-Pour quelle raison êtes-vous allé, se rappelant qu'il l'avait tutoyé, elle se reprit, pour quelle raison es-tu allé étudier aux États-Unis ?

-Je souhaitais connaître davantage le droit anglo-saxon, expliqua-t-il, et surtout j'avais besoin de voyager, voir du pays, changer d'air... Termina-t-il pensif.

Bella sentait que Edward lui cachait quelque chose, mais elle ne fit pas sa curieuse. Elle se contenta, de relever le seul mot qui l'intéressait :

-Voyager ! J'en rêve !

-Pourquoi cela te serait-il impossible ?

-Parce que...

Bella n'acheva pas sa phrase mais tourna la tête vers sa mère. Edward comprit l'intention silencieuse de Madame Swan.

-Ta mère souhaite-t-elle que tu te maries rapidement ? La jeune fille acquiesça. Mais pourquoi se dépêcher ? Pourquoi une telle urgence ? Bella haussa les épaules, ne pouvant répondre à cette question sans mentir. N'aurais-tu pas envie d'étudier ? Ton père disait que tu es une lycéenne brillante.

-Si, j'aurai aimé étudier la littérature, murmura Bella, des étoiles pleins les yeux lorsqu'elle évoquait le sujet.

-Mais pourquoi... ?

-Les convenances sociales, le coupa sèchement Bella, l'envie de ma mère, le fait que je n'ai ni le choix, ni la possibilité de dire non...

Gênée par sa réponse, confuse d'avoir agi ainsi, Bella se leva subitement pour rejoindre son père.

Edward la retint au bout de trois pas, l'empêchant de mener à bien son action.

-Excuse-moi de t'avoir importunée. Ce n'était pas mon intention. Je voulais juste te comprendre...

Edward pestait intérieurement contre lui d'avoir blessée la jeune fille, de l'avoir fait fuir loin de lui.

Les deux jeunes gens s'étaient rapprochés ainsi de leurs parents.

Madame Cullen les rejoignit entrainant dans son sillage les hommes de son petit groupe.

-Ah ! Edward ! Ce n'est pas trop tôt ! Tu te décides enfin à inviter Bella pour une danse !

Pris au dépourvu, Edward tendit son bras à Bella pour l'emmener sur la piste de danse.

-Oui, en effet, j'attendais juste la bonne musique, argumenta-t-il avec une pirouette. Une valse me semble être un bon choix pour une première danse, n'est-ce pas Bella ?

Cette dernière regarda en direction de son père qui lui montra son accord d'un clin d'œil. Bella ne put donc qu'acquiescer àla demande d' mit sa colère contre elle-même de côté et posa délicatement sa main sur le bras de son cavalier, qui l'entraina dans un tourbillon.

-Le père de cette jeune fille ne vaut pas mieux que votre fils, intervint alors Charlie en riant s'adressant à Esmé Cullen. Chère amie, accorderez-vous cette danse au piètre cavalier que je suis ?

-Avec plaisir ! Répondit-elle en souriant.

Le nouveau couple de danseurs rejoignit alors la piste, où ils croisèrent un Edward et une Bella, tout sourire, tournant et tourbillonnant les yeux dans les yeux.

Ce qui n'avait pas été le cas au tout début de la danse.

-Tu n'étais pas obligé de faire cela !

-Quoi ? Edward ne comprenait pas le reproche de la jeune fille, ni où voulait en venir.

-M'entrainer dans une valse ! Si tu ne le voulais pas, tu n'avais pas à le faire !

-Je ne me suis aucunement forcé à t'inviter pour cette danse. Au contraire, j'en suis ravi ! Bella baissa la tête. Qu'y a-t-il ? Tu aurai préféré que je refuse ?

-Non, … C'est juste que je ne comprends plus rien...

-Dis-moi ! L'encouragea-t-il à parler.

-Je croyais que ma réponse sèche t'avait énervé et que tu ne voulais plus passer de temps avec moi. Je croyais que cela ne te plaisait pas que je veuille me marier rapidement au lieu de m'inscrire à l'Université...

Le jeune homme coupa gentiment la parole de sa cavalière en positionnant une mèche de cheveux bruns de Bella qui voletait derrière son oreille.

-Ta réponse ne m'a pas fait très plaisir, mais tu ne m'as pas énervé et surtout j'ai encore envie de passer du temps avec toi, ne serait-ce que pour discuter littérature avec toi... Il rajouta. Enfin, si tu en as envie.

Il lui demandait son avis et allait tenir compte de sa réponse. C'était une première pour Bella.

De toute façon, elle était sous son charme. Elle ne pouvait pas refuser. Elle n'en avais pas envie.

-J'en serai très heureuse.

Les yeux bruns chocolat de la jeune fille accrochèrent alors ceux vert-émeraude du jeune homme.

Une connexion s'était créée entre les deux jeunes gens. Ils ne s'étaient même pas rendus compte qu'ils faisaient désormais abstraction de tout ceux qui les entouraient.

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Chapitre publié le 23 décembre 2011

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Prochain chapitre : Retour de Bal

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Je vous souhaite à toutes un très Joyeux Noël en compagnie de vos proches.

Et je vous retrouve dimanche 1er janvier 2012 (tardivement) pour vous souhaiter une très bonne Année !

Je vous embrasse !

Dégustez bien vos huîtres, votre foie gras, votre dinde, vos bûches de Noël et tout ce qui vous fait envie ! Sans faire d'indigestion ! A bientôt ! AliLouane.