Je vous souhaite à tous et à toutes une Heureuse Année 2012, avec la santé, le bonheur, la réalisation de vos vœux. Que votre famille, vos proches et vos amis rayonnent en cette nouvelle année qui débute !
Je vous remercie pour vos nombreuses mises en alerte et mises en favoris. N'hésitez pas à laisser une petite trace de votre passage ! Cela me fera toujours plaisir ! Et je ne mords pas ! Je ne réagis pas non plus comme Renée ! lol !
Un grand merci à toutes celles qui laissent une review suite à leur lecture ! J'adore vos questionnements, vos théories sur l'époque (que j'ai ri !), et vos envies de meurtre contre Renée ! N'hésitez pas ! Lâchez-vous !
Bonne lecture !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre III – Retour de Bal
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Depuis le Bal des Débutantes, Bella semblait plus heureuse.
Pour la plus grande joie de Charlie.
Il avait l'impression qu'une page se refermait enfin sur l'affreuse année qu'avait vécue sa fille.
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Sur le chemin du retour, Charlie avait détesté la froideur manipulatrice de son épouse lorsqu'elle avait demandé à leur fille si elle avait été suffisamment charmante avec ses cavaliers pour espérer que l'un vienne frapper à leur porte le lendemain pour la revoir et lui faire la cour.
Bella avait murmuré qu'elle espérait que tout s'était bien passé. Charlie avait bien compris qu'elle essayait de satisfaire sa mère, même si sa fille souriait discrètement, peut-être en pensant au fils du docteur Cullen.
Dès leur arrivée chez eux, Bella se retira dans sa chambre pour la nuit.
Charlie se dirigea vers le salon. Il connaissait suffisamment bien sa femme pour savoir que Renée voudrait faire le point sur la soirée immédiatement.
Son épouse retira ses chaussures à haut talon et s'installa confortablement dans une bergère pendant que Charlie allumait un nouveau cigare.
-Alors, qu'as-tu pensé de ce bal ?
Paf ! Son épouse était toujours aussi directe dans ses intentions. Elle fonçait toujours tête baissée.
-Et bien, ce fut une belle soirée ! Répondit-il laconiquement.
-Charlie ! Tapa du pied son épouse. Tu sais très bien de quoi je veux parler !
-En effet, rigola-t-il. Bella a été souvent invitée, elle a beaucoup dansé.
-Et elle s'est comportée correctement. Elle ne nous a pas fait honte, précisa Renée. J'ai quand même eu un peu peur lorsque sa copine délurée est arrivée, mais je crois les avoir interrompues à tant.
Copine délurée !
Charlie n'aimait pas quand Renée parlait ainsi d'Alice, l'une des amies de Bella, celle qui était autrefois sa meilleure amie. Elle n'avait rien de délurée, si ce n'est qu'elle était très extravertie, aimait s'habiller à la mode et porter des jupes qui s'arrêtaient au-dessus du genou, chose que son épouse jugeait indécente. Charlie savait cependant qu'il ne ferait pas entendre raison à sa femme sur ce fait.
-Renée, tu sais bien qu'elle n'est pas si délurée que cela ! Tu exagères toujours un peu !
-Non, je reste persuadée qu'elle est celle qui a donné toutes ses mauvaises idées à Isabella pour qu'elle se comporte de manière si scandaleuse. Elle fréquente déjà des garçons. Qui sait quelles faveurs elle leur a déjà accordé ?
-Hum... Soupira dubitativement Charlie en tirant sur son cigare. Son flair de flic faisait qu'il ne croyait pas du tout aux multiples rumeurs qui avaient couru sur le dos d'Alice. Certes, la demoiselle agissait de manière bien plus libre que la plupart des jeunes filles de la bourgeoisie parisienne, mais il ne fallait pas non plus se leurrer : elle n'était pas une fille facile, ses parents veillaient au grain. De toute manière, ce n'est pas l'objet principal de notre conversation ce soir.
-Effectivement, reprit Renée. As-tu vu avec quels cavaliers elle avait dansé ?
-Bien sûr, mais je pense que tu as plus veillé sur elle que moi.
-C'est mon rôle de mère. Renée est fière en prononçant ses mots. Cela contrastait tant avec le comportement désagréable, froid et si peu maternel qu'elle avait avec sa fille. Isabella a dansé à plusieurs reprises avec Mike Newton, Jacob Black et Edward Cullen. Je l'ai vue quelques fois avec Tyler Crowley, Sam Uley et Eric Yorkie. Je lui ai bien entendu interdit de danser avec Paul Des Fontaines. Malgré sa particule noble, c'est un coureur de dot depuis que son père a fait faillite, rit-elle méchamment. Ah ! Si ! J'oubliais : elle a dansé une fois avec le ténébreux James Gigandet.
Renée s'arrêta essoufflée par sa tirade et ravie d'avoir résumé en si peu de phrases l'essentiel de la situation.
Charlie tirait sur son cigare lentement et voluptueusement. Il était clair que fumer était son petit plaisir et lui permettait de supporter les envolées lyriques de son épouse.
-Alors, reprit sa femme, qu'en penses-tu mon cher ? Lequel sera le parti le plus acceptable pour elle ? Le meilleur des gendres pour nous ?
-Pas James Gigandet, grogna-t-il, essayant du mieux possible de dissimuler sa fureur.
-Pourquoi ? Il est le seul héritier d'une grosse fortune et...
-J'ai interdit à Bella de le revoir !
-Mais...
-Renée, cet homme est un homme arrogant, un tricheur, un manipulateur. Il a essayé d'entrainer notre fille à l'extérieur de la salle de bal. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il se serait passé, si je ne l'avais pas arrêté.
-Es-tu sûr que cet élan n'était pas à l'initiative d'Isabella ? L'interrogea-t-elle furieuse contre sa fille. Moi, qui pensait qu'elle s'était bien comportée. Mon Dieu ! Ma fille est devenue une véritable nymphomane ! Ragea-t-elle. Elle ne sait plus se tenir quand des hommes la regardent. Que va-t-on pouvoir en faire ? Demain, elle va m'entendre. Elle ne perd rien pour att...
-Renée ! L'interrompit Charlie. Écoute-moi un peu quand je te parle ! Bella n'y est pour rien ! Elle est plutôt la victime que l'initiatrice. Je t'interdis de lui reparler de cet épisode-là, elle va déjà avoir une sacrée ecchymose sur son bras qui lui rappellera sa frayeur.
-Je ne lui fais plus confiance, Charlie ! Pas après ce qu'elle nous a fait vivre cette dernière année !
-Renée, je ne te parle pas de lui faire confiance, simplement de me croire lorsque je te raconte un fait. Bella n'a rien fait ! Affirma-t-il durement pour être sûr que sa femme le croit. Comment peux-tu à ce point douter d'elle ? Je sais que son attitude passée t'a fait souffrir, mais ne penses-tu pas qu'elle en a encore plus souffert que nous ? Rajouta-t-il d'une voix bien plus calme, se souvenant des traits marqués de sa fille, de sa maigreur, de ses cernes. Quant à James Gigandet, je vais trahir le secret professionnel en t'apprenant cela, mais sache qu'il y a déjà eu des plaintes déposées contre lui pour violence sur prostituées ou sur des employées de bar ? Toutefois, elles n'ont jamais abouti faute de preuves et de témoignages suffisants, sans compter qu'il a sûrement dû graisser la patte de flics véreux pour qu'ils classent l'affaire.
La colère de Charlie était manifeste, même s'il essayé de dissimiler une partie de sa fureur devant son épouse : il avait toujours détesté les ripoux, et encore plus les voyous sans scrupule qui disposaient de fortunes personnelles et qui donc se croyaient à l'abri des lois et de la prison. Ce James en était l'archétype le plus représentatif. Il était hors de question qu'il entre dans la famille Swan en épousant son unique fille.
-Il ne reverra pas ma fille, rajouta-t-il d'un ton implacable, et il l'épousera encore moins ! J'ai d'ores et déjà prévenu nos domestiques de le mettre dehors s'il osait se pointer ici.
-Bien, j'abdique pour James, effaçons-le de la liste des potentiels prétendants, accepta Madame Swan. Elle connaissait suffisamment bien son époux pour savoir que rien ne le ferait changer d'avis quand il était dans un tel état de fureur. Mais laisse-moi tout de même te dire que c'est une jolie fortune qui nous passe sous le nez.
-Renée, je sais que tu tiens à marier Bella rapidement, mais l'argent de sa belle-famille n'est pas le critère essentiel pour sélectionner son futur conjoint. Le plus important n'est-il pas que notre fille s'entende un tant soit peu avec son futur époux ?
-Elle n'avait qu'à réfléchir à cela avant d'avoir son comportement de dévergondée, répliqua-t-elle durement.. Je ne lui laisserai plus le choix maintenant, elle n'avait qu'à bien se tenir autrefois. Nous accorderons sa main au premier prétendant respectable qui la demandera, qu'elle l'apprécie ou non. Après tout, lorsque nous nous sommes mariés, nous ne nous connaissions à peine et nous ne nous aimions pas, lui rappela Renée. L'amour est venu en cours de route, en partageant une vie commune.
-Oui, c'est vrai, sourit Charlie à sa femme se souvenant béatement des premiers temps de leur mariage. Mais les temps ont changé depuis notre mariage.
-Toutefois, avec la fille que nous avons, nous devons agir de la même façon, sinon qui sait comment cela finira la prochaine fois ? On a déjà donné une fois ! Ça suffit !
Charlie savait qu'il ne pourrait faire entendre raison à son épouse sur ce point de l'amour, ou tout moins l'amitié entre deux jeunes gens qui allaient se marier.
Il détourna la conversation pour connaître les candidats favoris de son épouse, espérant pouvoir peut-être rebondir et mettre en avant les préférences de sa fille, en tout cas celles qu'il avait observé lorsqu'elle dansait avec l'un ou l'autre de ses cavaliers.
-Alors, quels sont ceux que tu aimerais venir voir demain frapper à notre porte pour inviter Bella ?
-Et bien, Mike Newton me semble être le gendre idéal. Isabella aura une belle-mère des plus charmantes, Charlie grimaça, il ne qualifierait pas de « charmante » Madame Newton, loin de là, il plaignait déjà sa fille en pensée, Mike est l'héritier de plusieurs entreprises et magasins qui sont en plein essor. Je n'ose même pas imaginer à combien se chiffre leur fortune. Notre fille ne manquera jamais de rien si elle entre dans cette famille.
-Sauf que Mike est un imbécile !
-Charlie ! Le réprimanda Renée comme s'il était un enfant de 5 ans. Comment peux-tu dire cela ?
-As-tu essayé une fois de parler avec lui au moins cinq minutes ? Renée remua négativement la tête. Essaye donc une fois et nous en reparlerons ! Bella sera malheureuse avec un garçon comme lui. Riche oui, mais malheureuse comme les pierres. Il ne doit même pas savoir ce qu'est un livre de plus 20 pages !
-De toute façon, pour l'instant, la question ne se pose pas, reprit son épouse. Je sais qu'il a particulièrement apprécié danser avec Isabella. Il n'a cessé de vanter ses mérites auprès de sa mère lorsque notre fille dansait avec un autre cavalier. Il a même évoqué l'idée de venir nous rendre une visite de courtoisie dans les jours qui viennent. Je m'en réjouis déjà ! Les yeux de Renée brillaient de plaisir à cette idée-là. Mais Madame Stanley a bien su manœuvrer pour lui remettre à nouveau sa Jessica si plantureuse entre les bras...
-Si tu n'y vois pas là une preuve du manque d'intelligence de Mike, je me demande ce qu'il te faut.
-Comment cela ?
Sa femme était-elle si crédule ? Se demandait réellement Charlie.
Elle ne prenait en compte que l'aspect financier des prétendants de leur fille, sans vérifier leur moralité et ainsi veiller au bien-être de Bella. Mike n'était pas un pervers comme pouvait l'être James, mais il aimait la chair fraiche et les poitrines opulentes. C'était un coureur de jupons, et ce n'était pas son mariage qui changerait la donne.
-Et bien, tu viens de me dire qu'il a apprécié Bella, mais dès qu'elle fut loin de lui, il s'est tourné vers Jessica et ses atouts mammaires.
-Il ne s'est pas tourné vers elle, c'est cette Stanley qui l'a manipulé ! Cracha Renée.
-C'est la même chose ! Dès que Bella aura le dos tourné, il la trompera sans vergogne !
-Non, tu ne le connais pas assez pour affirmer de telles choses ! Notre fille pourra être heureuse avec lui. Elle aura une grande maison, une écurie bien fournie, une armée de domestiques sous ses ordres, de belles robes par milliers, plusieurs bijoux en diamants et rubis... Bref, un train de vie fabuleux dont rêverait toute jeune fille ! S'exclama sa femme.
-Crois-tu sincèrement que tout cela rendra notre fille heureuse ?
-Si elle était « normale » comme toutes les jeunes filles, oui, elle le serait ! Affirma Renée avec force. De toute façon, si cela va être facile d'attirer Mike ici pour qu'il revoit Isabella puisque la silhouette de notre fille est des plus avenantes, il va falloir être suffisamment ingénieux pour contrer les manigances de Madame Stanley et sa fille. Renée se tut un moment, afin de réfléchir. Toutefois, ce qui me gêne le plus c'est que je suis presque sûre que Madame Newton a une préférence pour Jessica, et non notre fille.
-Logique ! Murmura Charlie.
-Comment cela ? Devant son silence, Renée tapa du pied comme une enfant capricieuse. Explique-moi donc ta pensée !
-Madame Newton pratique la politique des gendres.
-Que veux-tu dire ?
Renée semblait perdue...
-Et bien, Madame Newton a bien conscience que son tendre chérubin est un incapable et qu'il entrainera la faillite de l'entreprise familiale lorsqu'il la dirigera. Il est le premier de sa lignée à ne pas sortir d'une grande école d'ingénieur ou de commerce. La rumeur avait même couru que c'étaient ses parents qui lui avaient acheté son baccalauréat, te souviens-tu ? Renée acquiesça à ce souvenir dont ses amies et elle s'étaient bien gaussées à l'époque. Bien qu'inscrit dans les plus grandes universités, bien qu'ayant de multiples précepteurs à sa disposition, Mike n'a jamais été capable d'obtenir un diplôme.
-Oui, je sais tout cela, mais il me semble que notre fille est bien plus intelligente et raffinée que cette pouffiasse de Jessica qui ne sait qu'exhiber ses attributs mammaires dans un décolleté très profond.
-Oh ! Je ne mets pas en doute cela. Néanmoins, jamais Bella ne pourra diriger la société Newton. Elle n'est qu'une femme !
-Jessica non plus, bougonna sa femme, qui pour la première fois depuis presque un an défendait sa fille. En plus, elle est bête à manger du foin.
-Nous sommes bien d'accord, acquiesça Charlie en souriant. Son épouse se rendait compte que ces deux-là réalisaient royalement une paire d'imbéciles heureux. Mais Jessica a la chance d'avoir un frère très brillant, qui est sorti major de Polytechnique il y a déjà trois ou quatre ans. C'est à lui que les Newton confieront les rênes de l'entreprise, en attendant que les marmots que feront ces deux idiots soient assez grands pour en reprendre la direction. Charlie caressa sa moustache et rejeta la fumée de son cigare, avant de poursuivre sa pensée. Ainsi, Madame Newton s'assure la prospérité de son entreprise tout en se débrouillant pour qu'elle ne change pas de nom. Le frère de Jessica aura à cœur de défendre les intérêts de la boite puisque ainsi il défendra ceux de sa sœur et de ses futurs neveux, sans compter que les Newton l'appâteront avec un salaire plus qu'important et fort mirobolant.
-Je n'avais pas pensé à cela... Murmura Renée, un peu défaite par la théorie si élaborée de son époux. Et notre fille n'a aucun frère... Elle n'a pas cette chance... Elle releva la tête soudainement, les yeux déterminés. Il n'empêche que je ferai tout pour contrer Madame Stanley. Isabella a d'autres atouts en poche que Jessica. Je ne m'avoue pas vaincue. Mike Newton était le plus beau parti présent ce soir.
-Renée, pesta Charlie, tous les jeunes hommes présents ce soir au bal sont issus de bonne famille. Nous ne sommes pas obligés de viser la plus grande fortune pour notre fille. L'essentiel, c'est qu'elle soit heureuse !
-Le bonheur ! Tu n'as que ce mot à la bouche, Charlie ! Hurla Renée. Isabella l'a perdu l'an passé par son attitude indécente !
Afin de calmer sa femme et de ne pas réveiller toute la maisonnée, Charlie la réorienta vers les prétendants possibles de sa fille.
-Alors, à part cet imbécile de Mike, à qui penses-tu donc ?
-Puisque tu as écarté James, j'envisageai Sam Uley. Il m'a semblé qu'il s'entendait bien avec Isabella lorsqu'ils dansaient. Mais le problème, c'est qu'il n'avait d'yeux que pour Emily Young.
-J'ai remarqué. De toute façon, le père d'Emily m'a annoncé officieusement que leurs fiançailles seraient célébrées d'ici la fin de la semaine prochaine. Je ne pense pas que Sam vienne toquer à notre porte pour revoir Bella. Il n'a dansé avec elle que par courtoisie.
-Pff... J'en étais sûre ! Les meilleurs partis semblent déjà tous pris ! Se plaignit Renée.
-Que penses-tu du jeune Edward Cullen ?
-Le fils du docteur ? Charlie approuva. Oh ! Et bien, il n'est qu'un simple avocat. Et la fortune de son père semble bien réduite.
-Peut-être mais Edward est un gars sérieux et honnête, c'est un jeune avocat prometteur et plein d'avenir. Il n'est pas aussi riche que les jeunes hommes que nous avons évoqués précédemment, mais il est tout à fait en mesure de subvenir aux besoins d'un couple, et même d'une famille.
-Un avocat ! Si encore, il avait été magistrat ! Cela aurait pu t'être utile dans ta carrière !
-Il m'a aussi semblé que Bella et Edward avaient bien accroché, avança prudemment Charlie en ignorant la dernière réflexion de son épouse.
-Tiens-tu vraiment à ce qu'elle tombe amoureuse ? Que crois-tu qu'elle ressentiras lorsque son mari la repoussera après leur nuit de noces ? Lorsqu'il aura compris que notre fille n'est plus pucelle ? Cela sera bien plus dur si elle l'aime que le contraire.
-Peut-être..., mais si lui l'aime, il ne la repoussera pas. Jamais ! Affirma-t-il avec force.
-Et, ainsi, d'un claquement de doigt, en quelques danses, tu t'es rendu compte qu'il était amoureux de notre fille ?
-Je ne dirai pas cela, avança prudemment Charlie. Je ne le sais pas encore, mais j'ai vu qu'il s'intéressait à elle, à ce qu'elle disait à chaque fois qu'elle prenait la parole dans la conversation. Ils ont parlé littérature. Bella m'a semblé heureuse. Et surtout, ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est le regard si attentionné de Madame Cullen : j'ai eu l'impression qu'elle était ravie des échanges qu'ils avaient tous les deux.
-Oh ! Ne me parle pas de cette peste ! Répliqua mauvaise Renée. Tout le monde sait bien que c'est de sa faute si le premier mariage du Docteur Cullen a éclaté et qu'il a dû divorcer, si son fils ne vit pas avec sa vraie mère mais avec une marâtre.
-Renée, gronda Charlie, je t'interdis de proférer de telles médisances. Je sais que tu n'apprécies pas sa seconde épouse, mais Carlisle est mon ami depuis bien longtemps et crois-moi quand je te dis que lui et son fils ont été les victimes des actions horribles de sa première femme. Tu ne connais pas la vérité dans son entier, alors je te prierai de ne pas écouter les rumeurs qui courent sur leur compte, et encore moins de les répandre.
Madame Swan était scotchée par l'emportement de son mari. Habituellement, il ne sortait de ses gonds que lorsque tous les deux n'étaient pas d'accord avec la conduite à tenir avec leur fille. Jamais il ne s'était mis en colère pour de simples amis.
-Charlie, ce qui me gêne réellement, elle parlait doucement montrant qu'elle voulait calmer le jeu, c'est que si le père a déjà un divorce à son actif, quelles preuves avons-nous que le fils ne fera pas de même ?
-Aucune ! Mais si les deux jeunes s'aiment, ils ne divorceront pas !
-Te rends-tu compte de ce que représenterait un divorce dans notre famille ? Ce serait tellement honteux ! Cela jetterait l'opprobre sur toute la famille !
-Renée, ils ne sont même pas mariés ! Pourquoi voudrais-tu déjà juger leur divorce ?
-Parlons-en du jugement ! Grimaça Renée. Avec ton métier, tu es bien placé pour savoir que pour divorcer, un simple consentement mutuel entre les deux époux ne suffira pas. La police fera une enquête sur le couple pour savoir qui a commis LA faute, qui a commis l'adultère...
-Ou tout simplement pour savoir si les époux vivent séparés de corps depuis plus de 3 ans, la contra son époux. Toutefois, nous n'en sommes pas là. Premièrement, ils ne sont pas encore mariés, ils ne se fréquentent même pas pour l'instant. Deuxièmement, ce n'est pas parce que le père est divorcé que le fils le sera. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu ne connais pas toutes les raisons qui ont poussé le docteur Cullen à demander le divorce. Il reprit doucement. J'espère donc que tu feras bonne figure si son fils vient prochainement nous rendre visite.
-Bien, accepta Renée. Si Edward Cullen daigne nous honorer de sa présence dans les jours à venir, je l'accueillerai avec plaisir ici, même si je préférerai que cela soit Mike Newton, Éric Yorkie ou Jacob Black qui trouvent le chemin de notre demeure.
Charlie acheva son cigare tout en riant dans sa barbe à l'entente du prénom de Jacob.
Il n'allait pas relancer le débat, ni une dispute avec son épouse en lui annonçant que si Jacob venait, ce ne serait pas pour faire la cour à leur fille, mais simplement pour faire semblant de la faire afin de satisfaire les envies de sa mère.
Son ami Billy, bien contrarié de l'attitude désinvolte de son fils avec les jeunes filles, lui avait alors expliqué pourquoi Jacob ne s'engagerait jamais avec une femme. De toute façon, il ne pouvait rien révéler à son épouse puisque Billy comptait sur lui pour garder le secret.
-Sur ce, en attendant que les prétendants se bousculent au portillon de notre jardin, je te propose de monter dans notre chambre pour une bonne nuit de sommeil.
Renée acquiesça et suivit son époux au premier étage où se trouvait la suite parentale qu'elle partageait avec lui dans leur maisonnée.
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Bella s'était réveillée... presque heureuse.
Et, chose encore plus surprenante, elle avait faim !
Elle n'avait pas ressenti cette sensation depuis bien longtemps, … depuis son deuil forcé.
En repensant à la soirée de la veille, elle souriait, surtout lorsqu'elle se rappelait avoir été pour quelques danses dans les bras du bel avocat qu'était Edward Cullen. Non seulement, il était beau, charmant, excellent cavalier mais il avait aussi de la conversation.
Bella avait également apprécié dansé avec Jacob, avec lequel elle avait bien rigolé. Il était un véritable clown, malgré le fait qu'il ait plus de dix ans de plus qu'elle.
Sam Uley avait été adorable : il n'avait cessé de lui parler de son amour pour la belle Emily. Cela n'avait pas gêné Bella au contraire d'autres filles qui n'auraient pas apprécié voir leur cavalier vanter les mérites d'une rivale. Bella avait apprécié l'écouter, buvant avec émotion et force ses paroles, essayant de reconnaître quels étaient les signes d'un grand amour, quelles étaient les sensations qu'on devait éprouver vis-à-vis de ce garçon. En effet, il ne faisait aucun doute pour la jeune fille brune que Sam et Emily s'aimaient et qu'ils formeraient un charmant couple uni lorsqu'ils seraient mariés.
Par contre, elle n'avait pas apprécié danser avec James, elle avait eu l'impression d'être un objet animé dans ses bras. Elle avait souffert de son contact et eu la frayeur de sa vie lorsqu'il avait essayé de l'entrainer dehors. Heureusement que son père était intervenu. Elle ne le remercierai jamais assez. Elle espérait désormais qu'il saurait convaincre sa mère que leur fille ne devait plus jamais le revoir.
Danser avec Mike Newton, Éric Yorkie ou Tyler Crowley avait été plaisant mais pas transcendant. Elle s'était particulièrement ennuyée lorsqu'elle avait valsé avec Mike. Il ne savait rien et pourtant se vantait de tout savoir.
Et il avait parlé de tennis... Et cette seule phrase l'horrifiait, lui rappelant de mauvais souvenirs...
Alors qu'elle faisait sa toilette et se préparait pour descendre prendre son petit-déjeuner -son ventre gargouillait, c'était si nouveau et étonnant, cela ne s'était plus produit depuis le deuil qu'elle avait vécu-, elle ne cessait de se répéter la conversation qu'elle avait eu avec Sam. Elle comparait les sensations amoureuses qu'il lui avait décrites et qu'il lui avait dit ressentir dans les bras d'Emily avec celles qui avaient traversé son corps lorsqu'elle conversait et dansait avec Edward et Jacob.
Elle ne savait pas ce qu'était l'amour.
Elle avait cru être amoureuse une fois, elle lui avait tout donné et elle en avait pâti comme jamais.
Elle s'était fait la promesse de ne plus jamais rien ressentir de tel.
Or, lorsqu'elle se rappelait les moments qu'elle avait partagés avec Edward Cullen hier soir, elle avait l'impression que c'était pire, que ces sensations étaient encore plus exacerbées que celles qu'elle avait ressenties une fois et qui l'avaient fait tant souffrir.
Bella était tétanisée de peur.
Elle était sujette à deux émotions contradictoires.
D'un côté, elle n'avait qu'une envie : elle souhaitait vivement que Edward vienne la saluer chez ses parents, comme il l'avait évoqué hier soir en la quittant.
D'un autre côté, elle avait peur de sa venue, peur à en être malade et à refuser de le voir. Elle savait qu'elle ne survivrait pas si elle devait re-traverser, revivre la même épreuve une seconde fois.
C'est tremblante et en proie à d'atroces réflexions qu'elle descendit dans la salle à manger où devaient l'attendre ses parents pour qu'ils puissent petit-déjeuner en famille.
Charlie fut heureux de constater que sa fille avait presque le sourire aux lèvres. Il fut encore plus heureux de voir qu'elle mangeait de bon appétit. Ce n'était pas arrivé depuis si longtemps.
Lui qui avait craint le pire avec cette soirée, lui qui avait craint que sa fille se renferme encore plus sur elle en rencontrant tous ces jeunes gens, devait reconnaître que finalement son épouse avait eu raison d'insister pour que Bella soit présente.
Il restait maintenant à connaître quels prétendants se présenteraient demain et au cours des jours suivants, et s'ils agréeront à sa fille.
Charlie ne pouvait s'empêcher de penser que les goûts de sa fille et son épouse n'étaient pas les mêmes sur ces points-là et qu'il lui faudrait certainement arbitrer les conflits susceptibles de se créer entre les deux femmes de sa vie.
-Isabella.
Renée venait d'entamer la conversation.
-Oui, mère ? Lui demanda Bella lorsqu'elle eut avalé le morceau de tartine, qu'elle mastiquait afin de ne pas parler la bouche pleine.
-Je tiens à te féliciter pour ton attitude d'hier soir. Tu t'es bien comportée.
Bella rougit légèrement. C'était la première fois que sa mère lui faisait un compliment depuis... elle ne pouvait compter les mois, c'était trop long... depuis bien longtemps. Même lorsqu'elle avait eu son baccalauréat, sa mère ne l'avait pas complimentée.
-Merci mère, répondit-elle en baissant la tête pour dissimuler ses rougeurs.
-Ton père m'a expliqué l'incident qu'il y a eu avec James Gigandet. La jeune fille se contracta et rentra sa tête dans les épaules. Elle craignait les foudres de sa mère et surtout que cette dernière l'accuse d'être à l'origine du problème. Nous t'interdisons tous les deux de le revoir. Est-ce clair ?
-Oui, mère, souffla soulagée Bella.
-Maintenant, nous n'avons qu'à attendre si certains de tes cavaliers nous rendent prochainement une visite de courtoisie. Je compte sur toi pour tous les recevoir poliment, que tu les apprécies ou non.
-Bien entendu, mère.
-Puisque Bella s'est bien comportée hier soir, intervint Charlie, je tiens à la récompenser en l'emmenant dans une balade à cheval.
Bella sourit aux anges en entendant cette suggestion. Elle n'était pas montée avec son père depuis presque deux ans et demi, il était si rarement disponible. Elle n'était pas montée à cheval depuis l'été dernier.
Elle était ravie.
-Charlie, tu n'y penses pas ! Le morigéna Renée. Isabella n'est plus une enfant avec laquelle tu peux monter à cheval de manière aussi insouciante. Elle est une jeune fille désormais.
-Renée, laisse-nous ce petit plaisir partagé entre un père et sa fille. Bella, file donc te changer.
La jeune fille brune enthousiaste se leva d'un bond de sa chaise et quitta la salle à manger sans demander son reste.
-Mais, Charlie, comment ferai-je si l'un de ses jeunes hommes se présente ici en son absence ?
-Renée, tu sais très bien qu'aucun d'entre eux ne viendra le dimanche. Nous ne partons qu'une petite heure avec Bella. Puis, nous irons tous les trois ensemble à la messe de 11 heures.
-D'accord, concéda Renée, en entendant l'argument de l'office religieux.
Elle savait qu'il était fort difficile d'y trainer son mari, donc si lui-même se proposait de se joindre à elle et sa fille, elle ne pouvait pas l'empêcher de sortir avec leur fille à cheval.
Bella courut jusque dans sa chambre : elle ôta rapidement sa robe du dimanche qu'elle mit de côté pour l'office tout à l'heure, puis enfila son pantalon d'équitation, ses bottes noirs et ses gants. Elle passa un pull en laine sur le haut de son corps et attacha ses cheveux avec quelques épingles pour en faire un rapide chignon bas, ce qui lui permettrait de poser la bombe sur sa tête sans problème de coiffe.
Lorsqu'elle arriva au pied de l'escalier, la gouvernante en chef lui indiqua que son père l'attendait à l'écurie où il faisait sceller les chevaux.
Bella se réjouissait d'avance de leur sortie, même si elle ne pouvait s'empêcher d'avoir une petite pointe au cœur : en effet, elle savait qu'elle ne monterait plus sa jument fétiche, Apamée, qui avait été vendue à l'automne dernier, en même temps que le manoir de ses parents en Charente.
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Chapitre publié le 1er janvier 2012
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Prochain chapitre : Courtisée
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Afin de commencer en fanfare la nouvelle année,
je vous annonce que je publierai ce soir (vers 22 heures)
un nouveau chapitre de ma deuxième fiction, Lettre d'une inconnue à...
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Au plaisir de peut-être lire vos avis et commentaires sur cette autre fiction !
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Je vous retrouve dimanche prochain pour le prochain chapitre de Sous X.
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Je vous embrasse. Portez-vous bien ! AliLouane.
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