Bonsoir chères lectrices,

Hum... Alors comme cela, je ne devrais plus annoncer le titre du prochain chapitre en bas... J'ai eu plus de questions et d'inquiétudes sur ce chapitre qui s'annonce maintenant que sur celui que vous veniez de lire !

Bon, et bien, je ne dirai rien de plus, je vous laisse le lire et le découvrir... Vais-je gagner la réputation d'être méchante ? Ou sadique ? Oh ! J'attends déjà vos avis... Quelle impatiente je fais !

Bonne lecture !


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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre VI – La Faute

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Le jeune couple désormais officiellement fiancé était apparu bras dessus dessous pour le mariage de Sam Uley et d'Emily. Ils avaient pu annoncer la date de leur très prochain mariage et surtout montrer leur bonheur éclatant aux yeux de toute la bonne société parisienne.

Bella avait pris beaucoup de plaisir à danser avec son fiancé, surtout les valses.

Elle avait aussi rougi lorsque Jacob, revenu de ses voyages pour participer à l'événement mondain, lui avait murmuré au creux de l'oreille, à la fin d'une danse, avant de la reconduire auprès d'Edward : « Je suis heureux pour toi, vous faites tous les deux un très beau couple »

Renée Swan avait été très fière d'Isabella, enviée par de nombreuses mères de la bourgeoisie, qui constataient désormais qu'il y avait un célibataire beau et riche de moins sur le marché pour leurs filles.

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Les quelques semaines qui suivirent le repas des fiançailles chez les Cullen et surtout cette annonce officielle passèrent à une folle allure pour la jeune fille brune.

Elle passait son temps entre les essayages de sa robe, ses jupons, son voile, sa coiffure, ses souliers. Sa mère choisissait tout, ne lui laissant jamais le choix, même pour la plus insignifiantes des choses.

Elle préparait les affaires qui la suivraient chez son futur mari : ses livres, sa petite bibliothèque en noyer, ses vêtements, le linge de son trousseau, la vaisselle et l'argenterie que sa mère voulait qu'elle emporte, quelques meubles dont un vaisselier et un buffet en ébène, ….

Elle préparait également sa valise pour son voyage de noces, chose qui n'était pas aisée puisqu'elle ne savait pas où il aurait lieu. Elle se demandait sans cesse si elle devait emporter des vêtements chauds pour la montagne ou plutôt légers pour la mer. Elle ne connaissait que sa durée : huit jours seulement, Edward ne pouvant pas se permettre de prendre davantage de congés en septembre.

Ce temps heureux des fiançailles s'écoulait si vite, comme les grains d'un sablier filaient dans la vasque antérieure.

Même si le jeune homme venait la voir toutes les fins d'après-midi chez ses parents, elle n'avait pas eu à nouveau de temps seule à seul avec Edward. Il n'avait pas tenté de l'embrasser à nouveau. Elle culpabilisait de toute manière de plus en plus sur le secret qu'elle dissimulait et qui la rongeait peu à peu, sur le mensonge que sa mère l'avait obligée à construire.

Elle aurait tant voulu tout lui dire. Mais ce n'était pas possible. Il la rejetterait avant même le jour de leur mariage et la consommation de leur union.

Sans compter qu'elle craignait terriblement la réaction de sa mère si elle venait à apprendre que sa fille avait failli à sa promesse.

Elle se contentait alors de profiter de la présence agréable d'Edwarrd, du doux toucher de sa main, des histoires drôles qu'il lui racontait, des échanges littéraires approfondis qu'ils avaient tous les deux... Tout cela sous l'œil vigilant et constamment attentif de son démon de mère.

Bella avait particulièrement apprécié la visite de l'appartement d'Edward.

C'était une fin d'après-midi lumineuse. Le jeune homme avait terminé sa journée de travail plus tôt pour la recevoir en compagnie de leurs deux mères.

Il lui avait fait le tour du propriétaire.

C'était un appartement d'une soixantaine de mètres carrés, décoré avec goût (grâce à Esmé Cullen) qui possédait une cuisine donnant sur un vaste balcon, une grande pièce qui réunissait à la fois le salon (où se dressait le piano à queue de son fiancé) et la salle à manger, une salle de bains, des sanitaires et deux pièces.

Dans le salon, Bella resta longuement en admiration devant un tableau lumineux peints de petites touches qui trônait accroché sur le mur au-dessus du piano.

Esmé sourit de l'attitude de la jeune fille.

-Aimes-tu la peinture de Claude Monet ?

-Oh oui, affirma Bella. Le musée de l'Orangerie, où sont exposées ses nymphéas, est l'un de mes préférés. Est-ce... Elle n'en revenait pas. Est-ce l'un de ces tableaux ?

-Non, rigola Esmé alors que son fiancé souriait. Ce n'est qu'une excellente reproduction réalisée par un copiste doué.

-Le jour où je pourrais m'offrir un tableau de Monet, je serai le plus plus heureux des hommes ! S'exclama Edward alors qu'une charmante idée pour faire plaisir à sa fiancée s'insinuait déjà dans son esprit.

-Si tu aimes autant Monet et les impressionnistes, il faudra que nous nous organisions quelques visites au Louvre pour aller admirer et commenter leurs œuvres, proposa Esmé à sa future bru.

-Je suis sûre que Isabella sera ravie de ces visites, mais elles auront lieu après le mariage, les interrompit Renée Swan empêchant sa fille de répondre. Nous avons pour le moment suffisamment de choses à faire pour occuper nos journées afin que tout soit prêt pour ce jour-là.

-Continuons donc la visite, intervint Edward en attrapant le bras de Bella pour la conduire vers la partie privée de l'appartement.

Dans la plus grande des deux dernières pièces se trouvait la chambre d'Edward qu'elle partagerait bientôt avec lui (penser à cela et surtout à ce qui s'y passerait la faisait rougir jusqu'aux oreilles).

Enfin, dans la plus petite des pièces, Edward y avait installé son bureau, sur lequel trainaient des dossiers qu'il ramenait le soir quand il était surchargé de travail, et des étagères pour ses nombreux livres.

-Vois-tu, lui proposa-t-il, sur ce mur-là, tu pourras mettre un meuble pour tes livres. Si tu n'en as pas, nous pourrons aller en acheter un...

-Ma fille aura les meubles nécessaires, le coupa brutalement Madame Swan.

-Je pense que ma petite bibliothèque ira parfaitement là, répondit Bella d'une voix douce, afin de signifier son accord à Edward.

-Et le linge de son trousseau ? Où le rangera-t-elle ? Questionna une Renée toujours acerbe.

-Venez donc voir par ici, l'entraina Esmé Cullen dans le couloir, où elle ouvrit des placards aux portes coulissantes. Il y a ces trois grands placards tout au long du couloir. Ils sont presque tous vides. Je pense qu'il y aura suffisamment de place pour le linge du trousseau. Quant aux vêtements, ils trouveront place dans l'armoire et la penderie de la chambre d'Edward. Cela te conviendra-t-il ainsi, Bella ? Lui demanda gentiment sa future belle-mère. Sinon, Edward fera davantage de tri dans ses vêtements pour gagner de la place.

-Non, ce sera parfait ainsi. J'aurai suffisamment de place pour mes vêtements.

-Effectivement, confirma Madame Swan. Cet appartement est certes petit, mais il est relativement bien aménagé et décoré. C'était là le premier compliment qui sortait de sa bouche. Voyons ce qu'il en est de la cuisine..., rajouta-t-elle en se dirigeant vers cette dernière pour en inventorier les ustensiles et la vaisselle.

Esmé la suivit, lançant ainsi le jeune couple en arrière dans la chambre à coucher.

-Es-tu sûre que tout te plait, ici ? Lui demanda gentiment Edward.

-Oui, c'est un bel appartement...

-Tu sais, nous pouvons changer l'ordonnancement des pièces si tu le veux... Ou bien... faire des travaux... ou...

-Cela ira, Edward, c'est très bien ainsi...

-Je veux juste que tu te sentes à l'aise ici, lui répondit-il d'une voix douce en ceinturant sa taille de ses bras pour la rapprocher de lui. C'est désormais chez toi ici, ta résidence, ton lieu de vie.

-Merci, souffla-t-elle, reconnaissante qu'il ne la traite pas comme une invitée.

Leurs regards s'accrochèrent l'un l'autre, leurs visages se rapprochèrent doucement, leurs bouches se touchèrent enfin délicatement, leurs lèvres tremblèrent lorsqu'elles entrèrent en contact puis s'entrouvrirent afin que leurs langues se caressent, se goûtent, dansent ensemble, leur faisant partager ainsi les délices d'un baiser amoureux.

Lorsqu'ils s'écartèrent l'un de l'autre pour reprendre leur souffle, Bella gémit, puis se plaignit du manque. Son attitude tellement enfantine, un enfant qui aurait perdu son jouet n'aurait pas réagi autrement, fit rire Edward.

-Quoi ? Pesta la jeune fille contre elle-même. Elle ne voulait pas que ses réactions soient si facilement lisibles pour son fiancé. Je n'y peux rien si j'aime tes baisers. En plus, ils sont tellement rares...

Edward ne retint que trois mots dans la réponse de sa fiancée : « J'aime tes baisers ». Il était extrêmement ravi.

Contrairement à lui, Bella ne lui avait pas encore confié qu'elle l'aimait. C'était une façon détournée et si innocente de le faire.

Edward la rapprocha à nouveau de lui pour reprendre ses lèvres d'une si douce manière, les caressant délicatement puis fouillant avec bonheur la bouche de sa fiancée d'une langue possessive afin de la faire sienne. Définitivement sienne.

Lorsqu'ils reprirent leurs esprits, ils se regardèrent et se sourirent.

Avec assurance.

Avec force.

Avec amour.

Bella sut alors qu'elle ne pourrait plus lui mentir et qu'elle lui devait la vérité, ou tout au moins une partie, avant le jour de leur mariage.

Restait plus qu'à savoir comment elle le lui dirait, quand (la surveillance de sa mère était bien souvent implacable et ultra quotidienne) et surtout si elle en aurait le courage.

Edward l'emmena finalement vers la cuisine.

Si Esmé leur fit un clin d'œil de connivence lorsqu'ils entrèrent à l'intérieur de cette dernière, Renée, tellement absorbée par les casseroles et les poêles, le vaisselier et les couverts, les services en grès ou en porcelaine, et surtout par le fait de tout vouloir critiquer pour tout régenter, ne s'était même pas aperçu de leur absence.

C'est une Bella heureuse qui revint chez elle.

Heureuse et amoureuse.

Mais surtout déterminée à révéler son secret à Edward, quoiqu'en pense sa mère.

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Lundi.

C'était la dernière semaine avant leur mariage célébré samedi qui s'entamait.

Bella n'avait toujours pas pu se confier à Edward, ni lui raconter son passé et ses mensonges.

Sa génitrice était toujours, toujours, toujours présente. Elle ne leur laissait aucun répit, aucun moment seul à seule.

Aucun !

Elle doutait désormais d'en avoir le temps, craignant déjà de commencer leur vie commune sur un mensonge.

Ce lundi, comme toutes les fins d'après-midi, Edward était venu la voir.

Il était toujours aussi beau, avec son sourire en coin qui faisait battre le cœur de sa fiancée, ses yeux verts si lumineux, son nez droit qui découpait magistralement son visage séduisant, ses cheveux auburn qui partaient dans tous les sens et que Bella aurait tant aimé caresser.

Souhaitant profiter des belles journées de septembre, le jeune couple était assis dans la balancelle de la famille Swan, installée dans le jardin verdoyant et encore fleuri.

Edward faisait fonctionner le mécanisme de son pied, ce qui entrainait un léger balancement agréable, et surtout une impression pour le jeune couple d'être seuls au monde, malgré la présence constante et pesante de Madame Swan en face d'eux.

Cette dernière, assise à la table du jardin, leur faisait face et terminait de broder, aux initiales du jeune coupe, les napperons qui serviront à emballer les dragées.

Elle répétait inlassablement le déroulement de la journée de samedi qui serait pour elle la consécration de son plan pour marier sa fille indécente rapidement. Même si Edward Cullen n'était pas le parti idéal pour elle (elle regretterait toujours l'échec « Mike Newton »), elle admettait qu'il ferait un gendre correct, d'autant plus qu'il semblait transi d'amour devant les charmes de sa fille.

Si Renée Swan ne cessait de pérorer, le jeune couple se taisait, ne communiquant que par des échanges profond de regards, se mouvant doucement sur la balancelle actionnée par le jeune homme aux mèches cuivrées.

La gouvernante de la maisonnée Swan, Madeleine, vêtue de noir et portant un tablier blanc impeccable, apparut subitement dans le jardin.

-Madame ?

-Oui, Madeleine, répondit Renée Swan, concentrée sur sa broderie.

-Madame Newton souhaiterait vous parler au téléphone.

-Vous a-t-elle indiqué l'objet de cet appel ? Soupira Renée qui ne voulait pas quitter les deux fiancés et les laisser seuls.

-Non, Madame, répondit Madeleine. Elle a simplement insisté en disant que c'était urgent.

-Bien, je viens, maugréa Madame Swan en posant sa broderie et en se levant.

Elle retenait sa colère contre celle qui se prétendait hypocritement être son amie et qui n'était même pas venue en visite officielle avec son abruti de fils le mois dernier pour courtiser sa fille.

Toutefois, Renée savait qu'elle devait lui répondre aimablement si elle ne voulait pas voir sa réputation (ou celle des siens) ternie par cette chère amie.

« On ne pouvait pas se fâcher avec une Newton ! ».

C'était bien pour cette raison que Renée Swan aurait aimé que sa fille entre dans cette famille si puissante, qui faisait la pluie et le beau temps sur la société parisienne.

Alors que Renée atteignait la terrasse pour entrer dans sa maison par la porte-fenêtre du jardin, elle entendit Madeleine qui était sur ses pas dans son dos. Elle se retourna pour lui faire face.

-Madeleine, pourriez-vous rester chaperonner ces jeunes gens pendant que je réponds à cet appel ?

-Oui, Madame.

Madeleine retourna vers les deux jeunes gens qui se balançaient toujours. Ils étaient silencieux et semblaient faire totalement abstraction du monde alentours.

Ils formaient un charmant couple, pensa-t-elle avec envie.

La vie n'avait pas été simple pour elle. Elle avait dû travailler toute sa vie au service des autres, restant ainsi célibataire. Pour autant, elle ne regrettait pas son choix. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'envier leur jeunesse et leur beauté.

-Madeleine ! Madeleine ! S'écria Camille, la jeune chambrière. Je vous trouve enfin !

Elle était essoufflées car elle avait couru à travers toute la maison pour chercher la gouvernante, qui dirigeait la domesticité.

-Que se passe-t-il Camille ?

-C'est la cuisinière ! Elle veut donner son congé ! Madame Swan le lui a interdit. Madame ne veut pas qu'elle parte avant le mariage. Elle m'a dit de venir vous chercher pour régler le conflit pendant qu'elle était au téléphone.

Madeleine regarda les jeunes gens.

Si elle s'occupait de ce problème domestique, elle ne pourrait pas les surveiller comme sa patronne le lui avait demandé. Toutefois, si la cuisinière partait avant samedi, la situation de la maisonnée qui allait regorger de monde ce week-end serait fort problématique.

Elle savait que sa maitresse était très à cheval sur les convenances sociales, notamment lorsqu'elles étaient en rapport avec sa fille unique. Mais son dernier ordre, transmis par Camille, ne contredisait-il pas le précédent ?

Après un instant d'intense réflexion, Madeleine choisit de rentrer régler le différend qu'il y avait avec la cuisinière. Le jeune couple paraissait si calme, si rêveur, si inoffensif. Rien de grave ne pourrait se passer entre eux.

Lorsqu'elle pénétra dans la maison de ses patrons, avant de rejoindre les quartiers de la cuisinière, elle fit un léger crochet passant devant le bureau où téléphonait Madame Swan afin que cette dernière vit bien que la gouvernante s'occupait de gérer la crise domestique et qu'elle avait abandonné la surveillance des fiancés.

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Au jardin.

Sur la balancelle.

Edward admirait Bella, qui admirait Edward.

Ils avaient bien entendu de l'agitation autour d'eux, mais n'y avaient pas prêté attention.

Quant soudain ils n'entendirent plus un bruit.

-Sommes-nous seuls ? Questionna Edward, éberlué de ne plus sentir le regard féroce de sa future belle-mère sur sa personne.

-Je le crois, admit Bella, après avoir jeté un coup d'œil autour d'eux.

C'était là sa chance pour qu'elle parle à son fiancé. Il fallait qu'elle profite à tout prix de l'absence de sa mère.

-Hum... Voilà un petit moment dont nous pourrions tirer profit, avança-t-il d'une voix douce et enjôleuse, en s'approchant de sa fiancée.

-Edward, parla rapidement Bella en éloignant le jeune homme qui se penchait déjà sur elle pour l'embrasser, profitant ainsi de l'absence de chaperon. J'ai besoin de te dire quelque chose... Quelque chose de très important. Et je n'ai pas beaucoup de temps pour le faire, rajouta-t-elle pour lui expliquer son refus d'être embrassée et en lançant un coup d'œil vers la porte-fenêtre du salon d'où pouvait apparaître à tout moment le démon maternel.

-Bella ? Edward était interloqué devant l'agitation et l'angoisse que ne réussissait pas à masquer sa jeune et innocente fiancée.

-J'ai... Bella souffla. J'ai un secret à te révéler... Un secret que j'ai promis de ne jamais répéter. À Personne ! Elle compléta. Et surtout pas à toi !

-De quoi parles-tu ?

-S'il te plait, ne m'interromps pas ! Supplia la jeune fille craintive. C'est déjà suffisamment difficile à dire ainsi, suffisamment humiliant... Chuchota-t-elle. Et j'ai peu de temps ! Elle jeta à nouveau un regard apeuré vers la maison. Promets-moi simplement que si tu décides de rompre nos fiançailles, tu utiliseras n'importe quel argument pour casser notre engagement, mais pas celui-là !

-Que veux-tu donc me dire ? S'inquiéta le jeune homme. Veux-tu rompre ? Demanda-t-il brutalement d'une voix dure devant son silence.

-Non ! Oh ! Non ! Surtout pas ! Paniqua-t-elle. Mais c'est toi qui le souhaiteras lorsque tu sauras !

Des larmes coulaient sur ses joues en imaginant cela.

-Bella, je te promets de ne pas rompre nos fiançailles, sauf si tu le souhaites. Dis-moi ce qui te chagrine tant ! Insista Edward en effaçant les pleurs sur les joues de sa fiancée.

-Edward, je ne t'ai pas demandé cela. Promets-moi simplement que tu n'utiliseras jamais cet argument contre moi pour rompre ? Si elle apprend que je te l'ai dit, elle me tuera.

Bella baissa la voix et lança à nouveau un coup d'œil en direction de la maisonnée.

-Bella, se fâcha presque Edward, est-ce de ta mère que tu parles ? La jeune fille frissonna et se tétanisa. Elle ne peut pas agir ainsi ! Elle n'a aucunement le droit de te menacer, de t'imposer le silence sur quoique ce soit ou pire encore de te faire du mal !

-Edward, je t'en prie... Promets-le moi... Supplia la jeune fille affolée, qui se triturait les mains. Je ne peux plus te mentir, je ne le veux plus... Mais je n'ai pas le droit de te le dire. Sinon, je trahirai ma promesse...

-Bien, capitula finalement le jeune homme devant l'air éperdu de sa fiancée. Je te promets de ne jamais utiliser cet argument contre toi, et encore moins pour rompre nos fiançailles.

Bella prit sa respiration, son courage à deux mains, voir même à bras le corps et osa enfin se confier.

-Edward, je ne suis pas tout à fait celle pour laquelle je me suis faite passée... J'ai agi ainsi sur les exigences de ma mère. Voyant qu'elle avait toute l'attention de son fiancé et qu'il ne l'interrompait plus comme elle lui avait demandé, elle poursuivit en baissant la tête, n'ayant pas le courage de le regarder droit dans les yeux. Je ne sais pas encore si je t'aime. Je sais seulement que je suis bien avec toi, dans tes bras, que j'apprécie tes baisers, nos conversations sur la littérature ou dans d'autres domaines. J'ai été ravie que cela soit toi qui demande ma main, et pas l'un des autres prétendants, car c'est avec toi que je me sens le plus à l'aise. Bella respira profondément et continua. L'été dernier, j'ai cru... C'était plus dur que ce qu'elle avait imaginé dans son esprit lorsqu'elle se répétait mentalement ses aveux. L'été dernier, il y avait ce garçon sur la plage, se souvint-elle. Il montait bien à cheval. Il me souriait, me posait des questions, me complimentait, m'emmenait en balade... Il faisait attention à moi... Il était charmant... Et j'ai cru l'aimer. La jeune fille rougit fortement et prit sur elle pour continuer le passage le plus difficile de son histoire. Je n'ai pas vraiment compris comment... Tout allait si vite... Et je ne savais pas... Mais je me suis retrouvée seule avec lui. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer, ni même de ce qui pouvait se passer entre nous... Je ne savais pas que je fautais. Je ne savais rien...

Honteuse, elle ferma les yeux, son corps ployant encore sous le poids de cet avilissant secret, alors que Edward posait doucement sa main sur celle de sa fiancée pour qu'elle continue son histoire.

Le mouvement de la balancelle l'apaisait réellement... De même que le fait que le jeune homme tienne sa petite main dans la sienne chaude et rassurante, comme s'il essayait de lui faire passer le message suivant qu'il ne la rejetterait pas.

Les paupières toujours baissées, elle poursuivit son humiliant récit.

-Mère m'a interdit de t'en parler. Elle m'a dit que si je le faisais je serai une fille perdue, sans honneur, sans vertu... Les derniers mots étaient prononcés si bas que le jeune homme douta même les avoir entendus. Elle m'a même expliqué comment tricher lors de notre nuit de noces pour que tu ne t'aperçoives pas que je n'étais plus... Bella secoua la tête, incapable d'en dire plus. Un sanglot s'échappa de sa gorge. Je ne pouvais pas laisser commencer notre vie à deux sur un tel mensonge. J'avais promis de ne jamais en parler, j'avais promis sur la Bible, souffla-t-elle en frissonnant. Je sais que j'ai failli à ma promesse. Mais cela devenait trop dur de garder tout ça pour moi. Tu as toujours été adorable et honnête avec moi alors que j'avais l'impression de te mentir sans arrêt... Je te mentais sans arrêt, se reprit-elle bouleversée. Je ne le voulais pas... Mais Mère ne m'a pas laissé le choix, je te le jure... Elle se mordilla la lèvre inférieure. Enfin, la jeune fille conclut sur la phrase qui lui faisait le plus mal, celle qu'elle redoutait le plus. Si tu souhaites rompre nos fiançailles car je t'ai menti, parce que j'ai fauté, parce ce que je ne suis plus..., ce sera dur... mais je le comprendrais.

Tout en continuant d'actionner le mécanisme de la balancelle, Edward attira Bella dans une étreinte pour la réconforter.

Il avait bien conscience du courage qu'il avait fallu à sa fiancée pour lui avouer ce passage si honteux de sa vie, pour outrepasser et contourner les règles strictes imposées par sa mère. Il ne l'en aimait que davantage.

-Je ne te dégoûte pas ? Demanda-t-elle en murmurant, étonnée du réconfort que lui offrait le jeune homme.

-Non, ma belle ! Devant l'air stupéfait de sa fiancée, il rajouta. Que vas-tu donc t'imaginer ?

Bella ne comprenait pas sa réaction. Elle tint à re-préciser certains faits douloureux de son passé, craignant qu'il ne les ai pas bien saisis.

-Mais, je ne suis plus...

-Je sais, j'ai bien compris ton histoire...

-J'ai sali ton honneur...

-Non ! Je t'interdis de dire cela ! La coupa violemment Edward. D'une part, nous n'étions pas ensemble à l'époque. D'autre part, personne, à l'exception de tes parents, n'en a jamais rien su. Et, enfin, je ne suis pas moi non plus blanc comme neige.

A l'évocation des autres jeunes filles ou femmes qu'Edward avait pu aimer avant elle, la jeune fille aux boucles brunes rougit de jalousie. Toutefois, elle choisit de l'étouffer dans l'œuf, de ne pas l'évoquer, préférant s'assurer de leur avenir commun.

-Tu ne vas pas rompre alors ? Questionna-t-elle encore une fois d'une petite voix, tellement elle était peu sûre de sa réponse.

-Non ! Tu ne te débarrasseras pas de moi ainsi ! Rigola-t-il afin de détendre l'atmosphère. Puis-je tout de même te poser une question ?

-Oui, bien sûr... Si je suis en mesure de te répondre.

-Est-ce que tu l'aimes encore ?

-Qui ?

Bella était perdue, se demandant s'il faisait allusion à la suite qu'elle avait vécue et dont pourtant elle n'avait aucunement parlé.

-Ce garçon de l'été dernier ?

-Non, affirma-t-elle à cent pour cents. J'ai cru l'aimer, mais je me suis trompée.

-Comment le sais-tu ? Comment peux-tu en être aussi certaine ?

-Et bien, je ne sais pas encore ce qu'est vraiment l'amour, je n'ose plus m'emballer comme je l'ai fait l'an passé... Mais ce dont je suis sûre, rougit-elle à nouveau, c'est que je tiens à toi et que surtout je ressens des « choses » et des émotions dix mille fois plus agréables dans tes bras que dans les siens.

-Pour une jeune fille qui dit ne pas connaître l'amour, tu m'as tout l'air d'être sur la bonne voie !

-Un jour, je t'aimerai autant que tu m'aimes ! Lui promit Bella, un grand sourire sur les lèvres.

-Ce sera alors le plus beau jour de ma vie !

-Quel sera le plus beau jour de votre vie ? Questionna Madame Swan qui revenait de la maison où elle avait dû se rendre pour répondre à cet appel téléphonique de Madame Newton, qui avait duré bien plus longtemps qu'elle n'aurait pu l'imaginer.

Renée pestait contre elle de s'être absentée du jardin si longtemps, d'autant que la gouvernante Madeleine avait dû rentrer en urgence régler une querelle domestique.

Les deux jeunes gens s'éloignèrent l'un de l'autre, reprenant des positions plus convenables pour la société bourgeoise dans laquelle ils évoluaient.

Renée Swan les observa attentivement et ne vit aucun changement dans leurs attitudes.

Si les yeux de Bella brillaient encore légèrement, ses joues ne portaient heureusement aucune marque de larmes qu'aurait pu détecter sa mère si pointilleuse.

-Le jour de notre mariage ! Répondit immédiatement Edward, qui savait Bella être une piètre menteuse.

-Alors, vous allez être chanceux puisqu'il s'approche à grand pas !

-Oui, plus que cinq jours, comptabilisa Bella sur ses doigts. Cinq jours, et je ne dormirai plus ici ! Ça va me faire bizarre ! Rigola-t-elle.

-Cinq jours, et tu changeras de nom, reprit sa mère.

-Ah ! Oui ! J'avais oublié cela ! Elle se tourna vers Edward : Bella Cullen, cela sonne-t-il bien ?

-C'est très mélodieux, répondit ce dernier avec un grand sourire.

-Isabella Cullen, c'est encore mieux, les contredit Madame Swan, toujours aussi réticente à utiliser le diminutif de sa fille depuis sa trahison de l'été dernier.

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Note auteur :

Aujourd'hui, les tableaux des impressionnistes se trouvent majoritairement au musée d'Orsay, qui n'existait pas à l'époque. Leurs tableaux étaient conservés soit au Louvre, soit dans la salle du Jeu de Paume.

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Chapitre publié le 22 janvier 2012

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Prochain chapitre : Mariage et Nuit de Noces

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Ai-je eu raison de laisser le titre du prochain chapitre cette fois ?

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Je vous retrouve dimanche prochain !

Passez une bonne semaine. Bye ! AliLouane.

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PS/ Pour les lectrices qui suivent ma fiction Nos Coeurs dans la Guerre (NCdlG), je ne pourrais pas respecter le délai initialement prévu. Vous vous en êtes parfois déjà rendues compte, puisque je n'ai rien publié le 20 janvier. Je m'en excuse et fais au plus vite, mais je n'ai pas eu le temps de terminer le chapitre 19. Et je ne souhaite pas non plus le bâcler.

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