Bonjour chères lectrices !
Avez-vous comme j'ai été rapide ? Je m'épate moi-même !
Merci pour toutes vos reviewsqui me motivent grandement ! Merci aussi pour toutes vos mises en favoris et/ou en alertes, qui ont été très nombreuses sur le dernier chapitre.
Bonne lecture !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre XI – Vivre à Deux
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Quatrième Partie
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Flash Back
Mercredi soir, sur la route en voiture après avoir dîné chez Esmé et le docteur Cullen.
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Le retour en voiture fut plus lent que l'aller.
Il fut surtout plus intense.
Beaucoup plus intense... !
A chaque fois qu'il changeait de vitesse, Edward en profitait pour caresser furtivement d'abord puis de manière plus appuyée le genou gauche de son épouse.
Bella frissonnait à chaque effleurement, d'autant que Edward s'arrangeait à chaque fois pour relever légèrement plus haut sa robe.
Chaque geste de son époux attisait davantage son désir.
-Oh ! Edward ! Soupira-t-elle.
-Oui chérie ? Demanda-t-il malicieusement en remontant sa main encore plus haut sur la cuisse de sa femme après avoir changé de vitesse pour accélérer.
-Je... Oh !... Je t'en prie ! Je ne peux rien te faire, moi !
-Tu ne peux rien faire ou tu ne veux rien faire ?
Edward avait insisté sur les deux verbes conjugués de la phrase, ce qui interpella immédiatement Bella.
-Quoi ? … Elle fut silencieuse quelques minutes, le temps d'analyser la précédente phrase de son époux. Même si j'en ai envie, que veux-tu que je te fasses ? C'est plus facile pour toi vue comment je suis habillée... Le jeune homme rigola et sa main caressa à nouveau le genou de Bella. Edward, dois-je te rappeler que tu conduis et qu'il serait dangereux de te distraire...
-Blablabla ! Ce ne sont que de mauvaises excuses ! La coupa un Edward rieur prêt à tout pour la faire sortir de ses gonds et qu'elle prenne un peu les devants. Il rétrograda pour quitter la nationale et s'engager sur le boulevard des Maréchaux. Il en profita pour caresser à nouveau la cuisse blanche et dévoilée de son épouse, remontant jusqu'à sa culotte humide qu'il effleura. Oh ! Chérie ! Tu n'attends que moi !
Il la regarda alors avec dévotion et envie, un zeste de luxure dans ses prunelles vertes qui se plissaient en une fente étroite et brillante.
-Edward ! Gronda Bella les joues rouges. Regarde la route !
-Hum... Seulement si tu fais un petit quelque chose pour moi !
Bella se mordit la lèvre inférieure et regarda sournoisement son époux.
Il la tentait ! Tant ! Comment arrivait-il à lui faire ressentir tout cela ?
Elle voulait lui rendre la pareille. Elle voulait être audacieuse.
Cependant, elle craignait tant qu'Edward perde le contrôle de la voiture du fait de la distraction ou que quelqu'un les surprenne en pleine action.
Mais, après tout, qui saurait ce qu'elle ferait ?
Elle se rappelait leurs propos échangés au travers d'une porte de salle de bain il y a quelques heures, propos qui l'avaient déjà mise en appétit.
De plus, elle en avait foutrement envie de lui, et c'était la même chose pour lui aussi. Personne ne pouvait les voir dans l'habitacle de la voiture qui roulait encore.
-Chantage ! Répliqua-t-elle narquoisement en déboutant sa veste pour qu'il puisse avoir une vue directe et plongeante sur le décolleté de sa robe qui soulignait délicieusement sa poitrine.
Puis elle déposa, d'un geste effronté pour elle, sa fine main blanche sur l'entrejambe de son époux, qui soupira de soulagement. Le pénis d'Edward ne tarda pas à gonfler et pulser dans son pantalon, sous la caresse lente mais experte de son épouse.
-Putain ! Bella ! Tu me tentes trop ! Je ne tiendrais pas comme cela jusqu'à l'appartement, grogna Edward qui freina brusquement, garant alors la voiture sur l'une des places vides le long du trottoir.
Il ne voulait pas jouir dans son froc comme un adolescent attardé, il voulait se repaître en elle.
-Mais... Que fais-tu ? L'interpella Bella, surprise tout autant par les jurons de son époux que par l'arrêt du véhicule.
-Enlève ta culotte ! Lui ordonna-t-il alors qu'il déboutonnait la pression de son pantalon puis dé-zippait sa fermeture-éclaire.
-Edward, es-tu devenu fou ? Si quelqu'un nous voy... Parla-t-elle d'un ton angoissé en regardant par la fenêtre les alentours déserts et sombres, à peine éclairés par un lampadaire distant d'une quinzaine de mètres.
-Bella, la coupa-t-il durement. Te rappelles-tu de la promesse que je t'ai faite en début de soirée ? La jeune fille acquiesça en se mordillant les lèvres et en rougissant jusqu'aux oreilles. Je vais te prendre maintenant jusqu'à la garde, alors enlève ta culotte et grimpe sur moi !
Il l'embrassa durement tout en stimulant ses mamelons qui pointaient sous le tissu fin de sa robe. Il vérifiait ainsi qu'elle en avait autant envie que lui. Puis il recula son siège tout en sortant son érection de son caleçon.
De son côté, Bella, excitée par les propos et les caresses de son époux, avait surmonté ses doutes et elle n'était pas restée inactive. Elle avait retiré difficilement son sous-vêtement humide, un peu stressée par le fait d'être possiblement vue et se demandant comment son époux allait la pénétrer. C'était la première fois qu'ils faisaient l'amour ailleurs que dans un lit.
-Comment allons-nous faire ?
-Me fais-tu confiance ? Sans hésitation, elle remua positivement la tête en lui souriant, ses yeux chauds comme la braise, impatiente de ce qui allait suivre. Alors, viens sur moi. Installe-toi sur mes genoux face à moi. Pose tes mains sur mes épaules. Je m'occupe de tout le reste.
Bella prit immédiatement la position demandée. Elle embrassa doucement sa joue, puis sa mâchoire sur lesquelles la barbe commençait à faire une légère apparition. Cela donnait encore plus de charme à son mari.
Edward caressa alors de ses mains son dos, ses fesses, ses cuisses pour être sûr qu'elle soit bien décontractée. Il remonta sa robe puis cajola de ses doigts agiles ses fesses puis ses lèvres intimes, entraînant un afflux massif de cyprine et les soupirs heureux de son épouse.
Il positionna son pénis engorgé face à son entrée puis prit ses lèvres pour étouffer ses cris lorsqu'il la pénétrerait. En trois mouvements, il fut entièrement en elle. Putain qu'elle était étroite ! Et si chaude ! Il la sentait si bien.
-Edward ! Se plaignit-elle lorsqu'il eut relâche ses lèvres pour qu'ils respirent. C'est si...
-Si quoi, ma chérie ?
Le cœur de la jeune fille battait plus vite. Ses yeux étaient brillants. Un véritable océan de chocolat.
-Si... Bella remua sur lui. Si bon ! Edward l'encouragea à bouger davantage sur lui en agrippant ses fesses rondes. Si différent !
Edward bougea à nouveau en elle. La crainte d'être potentiellement vus par des passants ou automobilistes lui fit accélérer ses poussées pour que l'orgasme les étreigne rapidement. Il fallait que cela soit dur et rapide. Bella l'accueillait bien volontiers à chaque mouvement. Elle gémissait autant que lui, peut-être même plus.
Un coup de rein un peu plus puissant que les précédents fit palpiter les tendres chairs de Bella qui se refermèrent sur le sexe gonflé d'Edward. Ce dernier se déversa dans sa prison favorite dans les secondes qui suivirent le paroxysme de son épouse.
Cette union de leurs corps avait encore été un moment intense et sensuel.
Souriants, haletants, couverts de sueur, ils s'embrassèrent à nouveau, se murmurant des mots d'amour, oubliant tout, même l'endroit où ils se trouvaient...
Un coup dur et sec frappé contre la vitre les fit sursauter et les força à se séparer.
-Police ! Contrôle des papiers. Sortez du véhicule.
Bella trembla dans les bras de son mari tout en rougissant de confusion et surtout de honte. Elle dissimula son visage dans le creux de l'épaule d'Edward.
-Mon Dieu ! Edward ! Qu'avons-nous fait ?
-Chut, Bella, cela va aller, murmura Edward pour la rassurer tout en lui tapotant le dos de sa main. Je vais régler ce problème, ne t'inquiètes pas.
-Sortez du véhicule immédiatement ! Vous avez une minute, sinon nous devrons employer la force.
-Bella, je vais t'aider à te rasseoir sur le siège passager, d'accord ?
Elle acquiesça doucement tout en se redressant lentement. Edward put ainsi voir quelques larmes et surtout une lueur de panique au fond du regard chocolat qu'il aimait tant. La culpabilité envahit le cœur d'Edward, il se détestait de l'avoir entraînée dans une telle situation, elle qui était si jeune, si fraîche, si innocente. Mais avant de s'excuser et de se racheter auprès de sa chère et tendre, il devait éloigner ces flics un peu trop envahissants.
Plaçant ses mains sur les hanches de sa femme, Il la déposa sur le siège passager, vérifiant rapidement qu'elle soit suffisamment couverte. Bella, intuitive, ramassa discrètement sa culotte qui traînait sur le sol pendant que son époux refermait son pantalon.
Edward attrapa ses papiers, permis de conduire, carte grise et assurance du véhicule, puis sortit du véhicule.
-Et la petite dame ? Questionna l'un des deux policiers alors que l'autre regardait attentivement les papiers d'Edward à l'aide de sa lampe torche.
-Elle n'a pas besoin de sortir du véhicule pour un simple contrôle de papiers, répliqua immédiatement Edward, d'un ton qui n'appelait aucune contestation.
L'avocat, doté d'une franche répartie et d'une assurance sûre, avait pris le pas sur l'homme amoureux qu'il était il y a encore quelques minutes.
-Hum... Objecta le même policier, manifestant ainsi son mécontentement. Alors, ces papiers ? Lança-t-il à son collègue.
-Tout est en règle, affirma ce dernier, le permis, l'assurance, la carte grise. Voici vos papiers, Monsieur Cullen.
-Merci, répondit Edward d'un ton formel.
Il ouvrit la portière avant côté conducteur, s'apprêtant à remonter dans l'habitacle, lorsque le policier le plus virulent qui avait fait le tour de la voiture tira sur la poignée de la portière passager en précisant :
-Par contre, la petite dame va nous suivre au poste. La prostitution est interdite dans les lieux publics. Une nuit en cellule ne te fera pas de mal pour te remettre les idées en place.
Il tendit une main entreprenante vers Bella pour l'aider à sortir du véhicule.
-Mais, lâchez-moi ! Exigea cette dernière.
-Tu feras moins ta maligne tout à l'heure ! Allez, ouste ! Dehors !
Edward avait fait en dix secondes le tour de sa voiture, il avait désormais compris pourquoi les flics les avaient interpellés. Il se maudit d'avoir oublié qu'il était plus que usuel et surtout fort habituel que les péripatéticiennes ramassent leurs clients sur les boulevards des Maréchaux.
-Lâchez-là immédiatement ! Gronda-t-il.
-Monsieur Cullen, le toisa le policier le plus impulsif, vous êtes en règle, nous vous laissons partir sans pour autant vous sanctionner pour la petite affaire dont vous venez de profiter sur la voie publique. Par contre, la pute doit nous suivre au poste ! Vous ne devriez pas insister si vous ne voulez pas avoir d'enn...
-Elle n'est pas une prostituée, elle est mon épouse, Isabella Cullen. Je vous conseille de vous adresser à elle sur un autre ton !
Edward s'était exprimé d'un ton tranchant et clair, qui fit hésiter le policier sur l'attitude à tenir.
Il passa un bras autour de la taille de sa femme pour la rassurer et la positionna sur son côté, comme s'il cherchait à la protéger d'une menace extérieure.
-Ouais, c'est la meilleure, celle-là ! Je ne l'avais encore jamais entendue ! Comme si un mec marié baiserait sa femme au vu et au su de tous ! Rigola le policier. Elle doit vraiment bien sucer cette pute pour mentir au point de de vous compromettre !
Edward, furieux d'entendre un tel langage grossier qui s'adressait à son épouse, allait à nouveau riposter mais il fut devancé par le deuxième policier.
-Tu ferais peut-être mieux de vérifier ses papiers d'identité avant de poursuivre ton arrestation. Regarde-là, elle est terrorisée et pas vraiment vêtue, ni maquillée comme une prostituée. Elle a plutôt l'air d'une bourgeoise en panique totale.
Edward sentit immédiatement la faille : il lui fallait s'appuyer sur le second flic, qui était plus objectif et moins sanguin.
-Hum... Le premier policier restait perplexe mais fit un effort pour s'exprimer décemment. Vos papiers, Madame, s'il vous plaît !
Bella se retourna vers la voiture et attrapa sa pochette de soirée qui était restée sur le siège. Elle tendit, anxieuse, sa carte d'identité alors qu'Edward la tenait toujours par la taille.
-Mademoiselle Isabella Swan ? Bella acquiesça d'un mouvement digne. Il n'est aucunement marqué que vous êtes mariée, ni à ce Monsieur Cullen, ni à un autre homme.
-Nous nous sommes mariés il y a dix jours, reprit immédiatement Edward, qui sentait que ce flic ne les lâcherait pas si facilement. Nous n'avons pas encore eu le temps de faire modifier nos papiers d'identité.
-Swan ? Reprit le second flic plus calme, qui réfléchissait en se caressant la barbe. Un lien de parenté avec le commissaire ? Interrogea-t-il.
-C'est mon père, murmura Bella en baissant honteusement la tête.
-Ok ! Ils sont en règle, conclut le policier barbu. Le chef a offert le champagne la semaine passée pour fêter le mariage de sa fille.
Bella souffla de soulagement. Elle restait nerveuse et tremblante, mais elle était véritablement soulagée. Elle avait tellement craint d'atterrir au poste.
-Bonne soirée les jeunes mariés ! S'amusa le policier qui les avait alpagués et qui avait tant douté d'eux dans l'espoir de comptabiliser une arrestation de plus à son actif. Et puis la prochaine fois que votre libido se manifestera, évitez quand même de vous envoyer en l'air dans un lieu public ! Je ne pense pas que le chef Swan apprécierait de trouver sa fille dans une telle posture, même si elle est avec son mari.
Les joues de Bella s'enflammèrent quand elle songea au fait qu'elle aurait pu se faire surprendre par son père.
Les deux flics s'éloignèrent, l'un riant, l'autre mécontent de ne pas avoir pu conclu l'arrestation.
-Viens, murmura Edward en l'aidant à s'installer sur le siège passager. Nous rentrons à l'appartement.
Les quelques kilomètres qu'ils leur restaient à parcourir se firent dans le silence le plus complet.
Une fois que la voiture fut garée au pied de l'immeuble, Edward prit doucement son épouse par les épaules et la regarda dans ses yeux.
-Bella, je suis désolé, je n'aurai pas dû insisté tout à l'heure, cela n'aurait jamais dû se produire.
-Edward, ne culpabilise pas ! Je n'ai pas dit non ! Je n'ai pas refusé ce que nous avons fait... Bien au contraire ! J'ai même aimé... Murmura-t-elle timidement, le regard baissé vers le sol. Beaucoup aimé !
Les joues de la jeune fille étaient encore une fois rouges de confusion. Edward adorait ses couleurs-là et surtout la douce manière qu'elle utilisait pour lui faire comprendre qu'elle avait apprécié le moment passé dans la voiture, cette union si intense et si fusionnelle.
Il la prit contre lui pour embrasser ses douces lèvres qu'il aimait tant. Puis lui chuchota à l'oreille.
-On va quand même éviter de se faire à nouveau prendre sur le fait la prochaine fois !
Bella lui sourit tout en se mordant sa lèvre inférieure.
-Il y aura donc une prochaine fois ?
-Possible ! L'avenir nous le dira.
Edward l'entraîna alors à l'intérieur de l'immeuble pour rejoindre leur appartement.
Fin du Flash Back.
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Vendredi après-midi.
Bella était installée dans son salon, assise sur une bergère, attendant sa mère. Sue était prête à servir un thé chaud agrémenté de petits gâteaux si sa nouvelle maîtresse le lui demandait.
La jeune fille était songeuse.
Sa vie avait tellement changé depuis quinze jours.
Et tout cela grâce à Edward et à tout l'amour qu'ils se portaient mutuellement.
Elle était heureuse et amoureuse. Elle se sentait libre.
La sonnette résonna dans tout l'appartement, faisant sursauter la jeune fille.
Bella entendit Sue aller ouvrir la porte, puis introduire sa mère dans le salon après lui avoir pris son manteau et son chapeau.
Lorsque la porte du salon s'ouvrit, Bella se redressa, respira profondément et se leva pour accueillir sa mère.
-Bonjour Mère, la salua-t-elle en s'avançant vers elle.
-Bella, bonjour, répondit Madame Swan. Te voilà bien installée ici. Je vois que tu as procédé à quelques aménagements, constata-t-elle en déambulant dans le salon, repérant le moindre changement de son œil avisé. Cela donne un côté plus chaleureux à la pièce, même si la surface demeure toujours aussi petite.
Bella était soulagée : sa mère n'avait pas l'air d'être au courant de son aventure en voiture avec Edward. Si tel avait été le cas, Bella savait qu'elle aurait déjà été gourmandée et que sa mère n'aurait pas sur le visage cette amabilité feinte, mais plutôt un air furieux et colérique.
Néanmoins, la jeune fille était très déçue par l'attitude de sa mère : en effet, elle n'avait même pas pu l'embrasser. Cette dernière ne s'était ni laissée approcher, ni n'avait tendu les bras pour serrer sa fille, qu'elle n'avait pas vue depuis deux semaines, dans ses bras.
Cela contrastait tant par rapport l'attitude d'Esmé qui n'hésitait pas à prendre chaleureusement dans ses bras sa belle-fille.
Bella avait bien conscience que sa mère n'avait pas le caractère enthousiaste de sa belle-mère, qu'elle n'avait connu que très peu d'étreintes maternelles, voir aucune. Elle n'avait pourtant pas pu s'empêcher d'espérer que son mariage allait changer leur relation.
Il n'en était rien et la jeune fille regrettait désormais ses espoirs vains.
-Madame ? Questionna gentiment Sue voyant sa jeune maîtresse légèrement déboussolée. Avez-vous besoin de quelque chose ?
-Oui, Sue, pourriez-vous servir le thé ?
-Bien volontiers, Madame.
Sue inclina rapidement la tête et se retira silencieusement pour se diriger vers la cuisine.
-Ta gouvernante a l'air d'avoir un sacré caractère. J'ai pu le le comprendre hier lorsque je suis venue et que tu étais absente, reprit sèchement Renée Swan en s'approchant de sa fille. Tu sais, Bella, si elle n'obéit pas de manière diligente et adéquate, tu peux la licencier et embaucher une autre domestique. J'ai justement quelques noms à te proposer...
-Non, Mère, l'interrompit calmement Bella. Sue est très compétente. Elle gère très bien l'appartement. Elle est au service d'Edward depuis plusieurs mois.
-Elle a pourtant l'air de sortir des limites de sa fonction, ronchonna sa mère. Sache qu'hier elle a refusé de me dire où tu te trouvais. Cela pourrait être un motif de licenciement.
-Non, Mère, c'était de la discrétion à mon égard. La réponse de la jeune fille avait fusé avec tout autant de clarté et de force que précédemment. J'étais au musée avec Esmé. Nous nous sommes baladé un moment, expliqua-t-elle. Sue remplit très bien son rôle, je ne me séparerai pas d'elle.
Bella s'était exprimée sans angoisse et sûre d'elle. Son ton n'admettait aucune contradiction, ce qui sidéra sa mère, qui n'avait jamais vu sa fille agir ainsi.
Sue entra au même moment, ses mains portant un plateau. Elle déposa les tasses en porcelaine et leurs soucoupes devant Bella et sa mère, puis la théière remplie d'eau chaude infusée et une assiette de petits biscuits.
-Merci Sue, lui sourit Bella.
-À votre service, Madame Edward.
Sue sortit du salon promptement. Elle ressentait l'antagonisme de Madame Swan contre elle comme elle avait remarqué que la mère et la fille, bien qu'elles soient assises côte à côte sur le divan, n'étaient pas proches l'une de l'autre.
-Mère, souhaiteriez-vous du thé ?
-Oui, bien entendu, accepta Renée Swan comme si c'était une évidence et que la question de sa fille était superficielle. Pendant que Bella versait du thé dans la tasse de sa mère, cette dernière poursuivit ses commentaires sur sa gouvernante. Hum, et bien ta gouvernante n'a peut-être pas l'air commode, mais au moins elle sait servir correctement le thé et présente bien.
Les deux femmes restèrent silencieuses, dégustant leur thé et les biscuits servis.
Bella n'osait relancer la conversation afin de ne pas incommoder sa mère. De toute manière, Madame Swan avait un sujet qui lui tenait à cœur et elle comptait bien interroger sa fille à ce sujet-là.
-Alors, dis-moi, comment s'est passée ta Lune de Miel ?
-Très bien, Mère. La Normandie est une très belle région. Et Edward a été... est vraiment gentil avec moi.
Bella savait que sa réponse était très peu détaillée, trop peu pour sa mère, mais elle ne voulait pas lui parler de son intimité de couple. Elle s'y refusait.
-Bella, sois plus précise ma fille, insista immédiatement Renée. J'imagine qu'il ne s'est aperçu de rien durant votre nuit de noces, qu'il n'a pas vu que tu n'étais plus pucelle, sinon il t'aurait certainement rapatrié illico presto au domicile de ton père.
Oh ! Mère ! Si tu savais, pensa la jeune fille. Il sait tout (ou presque...), il savait tout avant même de dire « oui » le jour de notre mariage. Et il ne m'a pas rejetée. Il m'aime ! Moi ! Telle que je suis. Avec mes erreurs et mes envies...
-Alors ? Questionna durement Madame Swan devant le silence de sa fille. Qu'en est-il ? Vas-tu me répondre ? J'espère que tu te comportes dignement en participant à tout ce que demande ton époux.
Bella se força à respirer profondément pour se reprendre. Elle ne supportait pas la manière dont sa mère parlait de son couple, ni la façon qu'avait un époux d'agir autoritairement avec sa femme, lui demandant de se soumettre à sa propre volonté et à ses envies uniquement.
Edward était tellement différent de cette image-là. Il lui répétait constamment que toutes leurs unions charnelles devaient être un signe de l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, une communion de leur corps pour manifester le désir physique qu'ils souhaitaient partager entre eux afin de parvenir à leur apogée respectif ensemble.
La jeune fille décida de répondre de manière claire mais concise à sa mère. Elle savait de toute manière que son silence n'attiserait que la colère de sa génitrice.
-Tout va bien entre nous, Mère. Edward n'a nullement réagi lors de notre première nuit. J'ai fait ce que tu m'as dit de faire.
-Parfait, parfait ! Renée Swan était ravie. C'est bien ma fille. Pour une fois que tu fais ce qu'on te dit de faire, je te félicite.
Bella eut un haut le cœur, qui lui donna presque envie de vomir.
Pour la première fois, elle recevait des compliments de sa mère, elle qui avait tant rêvée d'en avoir lorsqu'elle réussissait à l'école ou qu'elle s'était joliment habillée pour une soirée ou... Elle n'en avait jamais eu... Et, là, elle lui mentait, lui racontant uniquement ce que sa génitrice voulait entendre, et elle en recevait.
Pour dissimuler son malaise, que sa mère n'aurait de toute manière pas remarqué, Bella se resservit du thé.
-Ta dernière période date d'avant ton mariage, si je me souviens bien, n'est-ce pas ?
-Oui, c'est exact, confirma Bella, la semaine précédente. Elle s'est terminée quatre jours avant notre union. Bella rougit et baissa la tête, honteuse de cette conversation. Elle se rappelait la colère violente qu'avait eu sa mère son égard lorsqu'elle avait découvert et constaté l'absence de ses règles. Elle se rappelait également l'humiliation que sa mère lui faisait vivre chaque mois depuis son retour de couches en exigeant que sa fille lui montre une serviette usagée pour prouver qu'elle n'était pas enceinte. Dois-je continuer de vous apporter une serviette hygiénique utilisée comme ces derniers mois ?
-Grand Dieu ! Non ! Rigola Renée se moquant sèchement de sa progéniture. J'en ai heureusement fini avec cette surveillance constante de tous tes faits et gestes, et surtout avec toutes ses pathétiques simagrées qui n'auraient jamais dues exister. C'était encore une fois une manière détournée de faire culpabiliser Bella sur sa grossesse honteuse qu'il avait fallu dissimuler aux yeux de tous pour sauver sa réputation et respecter les convenances sociales. Après un court moment de silence, Renée Swan reprit de manière plus agréable. Je serai au contraire ravie d'apprendre que tu n'as pas eu de nouvelle période, cela signifierait que tu as été fécondée, et cela ne pourra que plaire à ton époux.
Bella inclina à nouveau la tête, regardant ses mains qu'elle triturait. Elle n'était pas à l'aise dans cette conversation.
-Je ne sais pas, nous n'avons jamais parlé d'enfants tous les deux... Le ton de la jeune fille était anxieux, presque angoissé.
D'un côté, elle espérait avoir prochainement un nouvel enfant, le porter fièrement, le mettre au monde, l'allaiter et l'éduquer avec Edward , d'un autre côté, elle appréhendait une nouvelle grossesse qui se solderait peut-être par la mort de son bébé comme la première fois. Elle ne voulait pas revivre ces horribles souvenirs. Jamais. Elle ne le supporterait pas une seconde fois.
-Ne t'inquiètes pas de cela, ton mari sera satisfait, comme moi, que tu enfantes rapidement, surtout si tu mets au monde un garçon.
La dernière phrase de sa mère agit comme un électrochoc sur Bella, qui osa lui poser une question que jamais elle n'aurait oser demander.
-Avez-vous regretté, Père et vous, que je ne sois pas un garçon ?
Une nouvelle fois, Bella craignit le rejet de la part de sa génitrice. Peut-être que sa réponse expliquerait partiellement l'attitude peu maternelle qu'elle adoptait avec sa fille depuis son enfance.
-Non, ton père n'a jamais déploré le fait de ne pas avoir eu de fils. Une lumière brilla dans le regard de Renée. Mais, ton père est une exception parmi les hommes. Son ton presque rêveur sur la dernière phrase devint à nouveau amer. Ils veulent tous un fils, qui perpetuera la tradition familiale et transmettre le nom. Je suis bien placée pour le savoir, j'entends encore les reproches de mon père contre le fait que je ne sois qu'une … fille. Je suis convaincue que ton mari comme le docteur Cullen ont eux-aussi cette espérance et attendent l'héritier que tu leur donneras.
-Et vous, avez-vous regretté que je ne sois qu'une fille ? Redemanda Bella avec tout le courage qu'elle avait, en espérant cette fois-ci que sa mère ne répondrait pas pour son père, mais pour elle.
Renée Swan soutint le regard brun de sa fille un long moment. Elle pouvait voir que sa fille était plus sûre d'elle, plus affirmée, plus confiante. Le mariage lui réussissait bien.
-Non, j'ai toujours été heureuse que tu sois une fille... Elle précisa avec franchise. Sauf l'an passé... Tu m'as profondément déçue.
Bella accusa le choc. Elle aurait dû se douter de la réponse. Elle le savait en son fort intérieur.
Elle respira profondément pour éviter que les larmes lui viennent aux yeux. Puis, elle se concentra sur la dernière question, qui lui tenait tant à cœur. Elle se triturait les mains, sachant par avance que cette question-là déplairait profondément à sa mère, encore plus que celle qu'elle venait de poser.
Toutefois, elle devait la poser. Il fallait qu'elle ose. C'était important.
-Mère, savez-vous si...
-Oui ?
-Mon enfant mort-né... Savez-vous si c'était un garçon ou une... ?
Le soufflet que reçut Bella fut tellement violent et inattendu qu'elle ne put terminer sa phrase. Elle porta immédiatement sa main à sa joue pour atténuer la brûlure. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux. La jeune fille était choquée.
-J'avais exigé de toi que tu n'évoques jamais plus cette abomination que tu as commise l'an passé. Constatant le regard brillant de sa fille qui indiquait qu'elle allait pleurer, Renée Swan rajouta. De la même manière que tu m'avais promis de ne plus jamais geindre et te larmoyer sur ton triste sort, lui rappela-t-elle. Tu l'as entièrement mérité. Si tu ne t'étais pas si mal comportée, tu n'aurais pas autant souffert.
Bella prit son courage à deux mains et elle se redressa, se tenant assise le plus droitement possible. Elle se concentra sur sa respiration qui devait absolument se calmer devant sa mère. Si sa respiration s'accélérait, elle savait qu'elle paniquerait et qu'elle s'effondrerait en pleine crise de larmes.
Elle devait tenir.
Elle respira profondément.
Tenir jusqu'au départ de sa mère.
Elle respira à nouveau.
Tenir devant elle.
Ne pas pleurer. Pas devant elle.
Tenir le cap. Résister devant sa mère.
Respirer.
Ensuite, elle pourrait couler.
Se noyer dans son chagrin.
Tenir. Respirer. Tenir. Respirer. Tenir. Respirer. Tenir. Respirer. Tenir. Respirer. Tenir. Respirer. Tenir. RESISTER.
Telle était la litanie que la jeune fille aux boucles brunes, aux yeux chocolat tristes et à la joue marquée d'une trace rouge de main se répétait inlassablement en boucle continue dans son cerveau.
Tenir.
Respirer pour tenir devant sa génitrice.
Tenir.
Toujours tenir.
Ne pas pleurer.
Pas devant elle.
Jamais.
Plus jamais !
-Ne t'ennuies-tu pas trop ? Questionna Renée, changeant totalement de sujet et ne tenant aucunement compte du malaise de sa fille suite à la terrible gifle qu'elle venait de lui donner. Tu n'as qu'une domestique à diriger. Tu dois avoir de longues journées devant toi.
-Pour l'instant, je ne vois pas vraiment le temps passé. Bella respira lentement. Elle n'oubliait pas la gifle dont elle avait été victime pour une malencontrueuse question qui lui tenait tant à coeur. Elle la rangeait soigneusement dans un coin de sa tête pour ne pas s'effondrer devant sa mère. Je prends mes marques en tant que maîtresse de maison, comme avec Edward dans notre couple. Tout se met petit à petit en place.
-C'est bien, approuva Renée. J'espère quand même que lorsque vous aurez un enfant, ton mari vous fera emménager dans un duplex ou une maison. Cet appartement est bien petit pour quelqu'un de ta condition.
-Edward se plaît ici, Mère, et moi aussi. Bella protégeait son mari contre les vilaines critiques de sa mère. Si elle était prête à endurer toutes les remarques désagréables que sa mère lui ferait subir, elle refusait que cette dernière s'attaque à son époux. Pour elle, il était parfait et personne, même pas sa mère, n'avait le droit de le dénigrer. S'il le fallait, elle le défendrait bec et ongles, envers et contre tout. Cet appartement est bien situé : le cabinet d'Edward n'est pas trop loin et le quartier agréable. Les différentes pièces sont agréablement disposées et bien aménagées. Elles répondent à tous nos besoins. Pour l'instant, cela nous convient. Nous y sommes très heureux et c'est l'essentiel.
-Bien, bien, j'ai compris, je n'arriverai pas à te faire changer d'avis. Renée abandonna à contre cœur la lutte, comprenant que sa fille camperait sur ses positions. Samedi soir, ton père et moi organisons un gala automnal. Je compte sur ta présence et celle de ton époux.
-J'en parle avec Edward ce soir lorsqu'il rentrera. Mais je ne pense pas que nous soyons engagés ailleurs samedi soir.
-Très bien, j'attends ton appel, résuma Renée en se levant après avoir jeté un coup d'oeil à sa montre bracelet.
-Vous partez déjà, Mère ? Bella savait qu'elle était hypocrite en formulant cette question.
La jeune fille n'attendait que le départ de celle qui l'avait souffletée si violement il y a quelques minutes. Mais, par respect des convenances et politesse pour sa mère, elle se devait d'agir ainsi.
-Oui, il est déjà 16 heures. J'ai encore des petits détails à régler pour la réception de demain.
-Je vous raccompagne.
-Bella, l'appela sa mère en la regardant droit dans les yeux et attrapant son poignet avec force pour être sûre d'obtenir toute l'attention de sa fille. Je compte sur toi pour me faire savoir si tu as le moindre signe de grossesse. Les reconnaîtras-tu cette fois ?
-Oui, Mère, répondit-elle glacialement.
Bella se mordit la lèvre inférieure, à nouveau gênée par cette conversation, car elle devinait d'avance plus ou moins ce qui allait suivre.
-Bien. Renée prit le menton de sa fille dans ses doigts pour être sûre que cette dernière comprenne sans équivoque la suite de sa phrase. Elle le serra même fortement pour s'assurer sur elle un contrôle absolu. N'oublie pas que lorsque le médecin de famille des Cullen t'examinera, tu devras toujours confirmer qu'il s'agit de ta première grossesse. Ne jamais évoquer la précédente. Jamais ! Son ton était dur, sec, amer.Et surtout pas un mot de la précédente histoire à ton époux. Bella resta silencieuse, elle aurait tellement voulu parler de sa triste expérience avec Edward, pour qu'il puisse la rassurer qu'une nouvelle grossesse ne se déroulerait pas de la même façon, comme il l'avait fait lorsqu'elle lui avait confié ses peurs sur l'acte intime qui unissait un homme et une femme. Est-ce bien compris, ma fille ?
-Oui, c'est compris, Mère, répondit Bella d'un ton glacial.
-Ai-je ta parole ? Bella se contenta d'acquiescer. Ai-je bien ta parole ? Répéta-t-elle. T'engages-tu à respecter toujours ta promesse ? Sur la vie de ton époux ?
Engager la vie d'Edward sur cette promesse. Bella trembla rien que d'y penser. Elle se sentait prise au piège. Elle était trop supersticieuse pour mentir à sa mère et ne pas respecter cette parole.
-Oui, Mère, vous l'avez, prononça-t-elle d'un ton amer. Je garderai à jamais le silence.
-Bien, c'est bien ma fille, déclara Renée enfin satisfaite.
Madame Swan quitta le salon. Elle trouva dans le vestibule de l'appartement Sue Clearwather qui lui tendit son manteau et son chapeau avant de lui ouvrir la porte d'entrée.
Lorsque Sue entra dans le salon, elle retrouva sa jeune maîtresse frissonnante, assise sur le canapé, les yeux dans le vague. Elle semblait être en état de choc.
-Madame ? Devant l'absence de réaction de Bella, elle réitéra sa question. Madame Edward, allez-vous bien ?
Bella sortit de sa transe, -ou de son état de choc, aurait pensé Sue.
-Oui, tout va bien, Sue. Je crois... Je crois que je vais aller m'allonger un moment. Je suis... Je suis fatiguée de cette entrevue. Est-ce que vous pouvez préparer un petit dîner rapide pour ce soir ? Je ne sais pas si j'aurai le courage de m'en occuper plus tard.
-Je m'en occupe, Madame. Si vous avez besoin d'autre chose, n'hésitez pas à me le demander.
-Je vous remercie Sue.
Bella se leva et, d'un pas flageolant, elle regagna sa chambre, où elle s'endormit presque instantanément.
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Notes auteur :
Je n'ai strictement aucune idée de comment se déroulait une interpellation ou contrôle des papiers par la police dans les années cinquante / soixante en France. J'ai juste fait fonctionner mon imagination -et me suis baseé sur la manière de procéder actuelle.
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Chapitre publié le 22 mai 2012
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Prochain chapitre : Quotidien.
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Pour la publication du prochain chapitre, comptez environ une dizaine de jours d'attente.
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Hum... J'appréhende grandement vos réactions face au retour de celles que certaines appellent « la méchante de l'histoire ». Vous attendiez-vous à cela ? Ou pas ? J'ai hâte de connaître vos avis. J'ai tout fait pour ne pas tomber dans la caricature en en faisant uniquement un démon prêt à détruire le bonheur de sa fille, je n'ai pas cherché à l'excuser en lui créant une enfance difficile ou du moins compliquée, j'ai juste cherché à atteindre le « juste milieu ». Ai-je réussi ? Telle est la question...
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Portez-vous bien !
À bientôt ! AliLouane
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