Bonjour chères lectrices !
J'espère que vous allez toutes bien ! Merci à toutes celles qui laissent une review, merci à toutes les nouvelles lectrices qui se joignent à nous, et un clin d'oeil à tous ceux qui passent par là pour une petite lecture.
Pas plus de blabla ce soir, je poste directement.
Bonne lecture !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre XII – Quotidien
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Lorsque Edward était rentré, il avait découvert avec surprise que son épouse dormait dans leur chambre. Un mot de leur gouvernante indiquait qu'elle était fatiguée et que le dîner était prêt à être réchauffé dans la poële.
Il s'était alors dépêché de courir vers la chambre : Bella était allongée, encore vêtue de sa robe légèrement froissée désormais. Elle était couchée sur le côté, la tête dans son oreiller à lui, ses mains sous sa joue.
Lorsqu'il s'approcha, il constata des traînées brillantes sur les joues de sa chère et tendre. Elle avait pleuré. C'était évident. Cela serra immédiatement le cœur d'Edward. Il aurait voulu savoir qui était responsable de ses larmes pour le remettre à sa place et qu'il ne s'attaque plus à son amour.
Souhaitant la réconforter, même dans son sommeil, Edward ôta sa veste de costume, puis sa cravate, il déboutonna sa chemise, la faisant sortir de son pantalon pour être plus confortable, retirant sa ceinture. Puis il se déchaussa, quittant souliers et chaussettes, et vint s'allonger sur son lit, auprès de sa femme.
Bien que cette dernière dorme encore, elle se rapprocha de lui, marmonnant le prénom d'Edward dans son sommeil. Le jeune époux la prit alors dans ses bras et fit reposer sa délicieuse tête sur son torse en partie dévêtu. Il profita de son sommeil apaisé pour humer la tentante odeur florale de ses cheveux. Le parfum de Bella était toujours aussi enivrant pour lui, attisant et décuplant tous ses sens.
Une vingtaine de minutes plus tard, Bella s'agita légèrement avant d'émerger progressivement du sommeil des Justes dans lequel elle s'était réfugiée pour ne plus penser, ne plus réfléchir, ne plus ressentir de tristesse et de douleur.
-Ed... Edward ?
-Oui, mon amour ?
-Tu es déjà rentré... C'est si tôt...
-Non, mon amour, c'est toi qui dormi longtemps. Edward approcha ses doigts des joues de Bella pour sécher les traces de larmes. Dis-moi, pourquoi ces pleurs ?
-Oh ! Je ne sais plus, mentit Bella en mordillant sa lèvre inférieure.
-Bella, je t'en prie...
-Ce n'est rien, vraiment rien, murmura-t-elle.
-Bella, dis-moi, insista Edward, confie-toi, chuchota-t-il doucement, dis-moi ce qui ne va pas.
Il la rapprocha de lui, passant son bras dans son dos pour qu'elle se sente en sécurité, massant doucement sa colonne vertébrale pour qu'elle se détende.
Elle interpréta mal son geste, pensant naïvement qu'il avait envie d'elle et qu'il allait l'entraîner dans un tourbillon d'émotions qu'elle ne se sentait pas prête à traverser, à vivre.
-Non, Edward, je n'ai p... Se rappelant subitement les propos de sa mère qui lui avait plusieurs fois répété il y a quelques heures qu'elle devait se conformer aux attentes de son mari, qu'elle devait toujours le satisfaire sans rechigner, elle rendit les armes rapidement et se laissa faire, glissant ses mains le long des côtes de son homme. Edward... Murmura-t-elle.
-Bella, susurra-t-il en retour. Quelle était la fin de ta phrase ? Lui demanda-t-il gentiment en caressant ,tel un papillon, de ses doigts son nez.
-Edward, soupira Bella, qui trouvait soudain son mari moins entreprenant que d'habitude. Rien. Je... Je ne sais plus... C'était étrange qu'il s'arrête, elle décida de l'encourager, même si elle n'était pas au mieux de sa forme. Continue ce que tu voulais faire.
Edward devina aisément son mensonge. Elle essayait de faire croire que tout allait, mais elle était loin d'être une bonne actrice. Toutefois, le jeune homme changea de tactique, décidant de ne plus l'attaquer de manière frontale pour qu'elle finisse par lui confier ce qui la tourmentait.
-Et bien, je voulais simplement donner un instant de tendresse à ma femme, mais je pense qu'elle a cru que j'allais lui demander plus, beaucoup plus.
Prise sur la main dans le sac, Bella sentit ses joues s'enflammer.
-Je suis désolée, chuchota-t-elle les yeux baissés.
-De quoi ma belle ? La questionna-t-il gentiment. De ne pas avoir envie de faire l'amour et d'avoir voulu le faire pour me satisfaire, ou de ne pas m'avoir dit la vérité ?
-Des deux... Je suis vraiment désolée de ne pas répondre à tes attentes. La voix de Bella n'était plus qu'un chuchotis angoissé. Si Edward n'avait pas été collé à elle, il ne l'aurait pas entendue.
Le jeune homme s'éloigna légèrement de son épouse, la regardant de biais. Elle agissait différemment ce soir. Elle se comportait comme si elle se savait surveillée, comme... comme lorsqu'ils étaient fiancés, se rappela-t-il soudainement. Elle n'avait plus agi ainsi depuis leur nuit de noces et qu'Edward lui avait fait comprendre que ses envies comptaient autant que les siennes.
Un seul élément, ou plutôt une seule personne, pouvait avoir autant bouleversé sa femme au point de modifier son comportement et ses actes envers lui.
-Bella, as-tu vu ta mère aujourd'hui ?
Si tel était le cas, Edward était déjà furieux contre sa belle-mère. Son ton fut donc plus cassant qu'il n'aurait voulu qu'il ne soit.
-Oui, elle est venue me rendre visite, acquiesça Bella, la tête encore baissée, comme si elle avait commis une faute, comme si elle craignait la colère de son époux d'avoir reçu sa mère sans l'avertir préalablement.
-Que t'a-t-elle dit pour te mettre dans un tel état ? Bella rougit et se réfugia contre le torse d'Edward, lui dissimulant son regard chocolat. Edward lui caressa tendrement le dos tout en essayant de la rassurer. Bella, ta mère n'a pas à t'obliger à faire quoique ce soit. Elle n'a pas non plus à se mêler de l'intimité de notre couple. Bella, regarde-moi, insista-t-il. Sa jeune épouse finit par relever le visage lui révélant ses si beaux yeux bruns. Je veux que tu me promettes que tu ne l'écouteras plus quand elle parlera de notre intimité. Tu n'es pas là que pour satisfaire mes envies physiques. Tu as le droit d'écouter les tiennes comme je le fais avec les miennes, lui expliqua-t-il. Si tu as besoin de tendresse, et non d'orgasme délirant, je veux que tu me le dises, pas que tu te sacrifies pour moi. Promets-le moi, Bella.
-C'est... C'est promis.
Bella embrassa passionnément son époux sur les lèvres pour sceller sa promesse.
-Alors, dis-moi, qu'a donc critiqué René Swan, à part notre vie intime ?
-Tu veux vraiment savoir ? Demanda une Bella interloquée.
-Oh ! Oui ! Je veux connaître tout ce qui bouleverse ma femme...
-Bon, et bien..., elle a critiqué... la petitesse de l'appartement.
-Ce n'est pas une nouveauté.
-Elle a critiqué... le mauvais caractère de Sue.
-Comment cela ?
-Et bien, ma mère est venue hier quand j'étais au musée avec Esmé, et Sue a refusé de lui dire où j'étais. Donc, Mère en a conclut qu'elle était difficilement influençable et que je devrais la licencier.
-Oh ! Edward était stupéfait. Il espérait que sa femme ne se soit pas laisser convaincre de licencier leur gouvernante. Et, est-ce que... Cette fois-ci, c'est lui qui cherchait ses mots. Est-ce que tu vas le faire ?
-Non ! Il en est hors de question ! J'apprécie beaucoup Sue et elle n'a fait que preuve de discrétion à mon égard.
-Ta réponse n'a pas dû plaire à ta mère.
-Oh ! Tu n'imagines même pas ! Elle était... Hum... Mortifiée !
-Quoi d'autre encore ?
-Oh ! Rien d'autre... C'est suffisant comme critiques, ne crois-tu pas ? Est-ce que tu as faim ? Ce soir, c'est Sue qui a prépar...
-Bella, dis-moi tout, insista Edward en retenant son épouse qui se levait par le poignet. La communication est la clé de la réussite et de l'entente dans un couple, rajouta-t-il devant son silence.
Bella rougit encore une fois, puis se lança courageusement révélant une partie de la conversation dont Edward était déjà plus ou moins au courant.
-Mère a voulu vérifier que... quetunet'.
Bella avait parlé tellement vite, qu'Edward eut du mal à saisir toute la phrase.
-Et ?
Bella haussa les épaules.
-Je lui ai menti : j'ai dit que tu n'avais rien remarqué et que j'avais simulé la douleur.
-Hum... Même si je n'aime pas trop passé pour un imbécile aux yeux de ta mère, je pense que tu as eu raison de lui dire ce qu'elle voulait entendre.
-On va manger ? Le ventre de Bella gargouilla. Tu entends, j'ai faim !
-Oui ! Mais promets-moi de ne plus te mettre dans des états pareils après une visite de ta mère. Sinon, je serai obligé de t'interdire de la voir, rajouta Edward en rigolant.
-Hum... Cela risque d'être compliqué ! Nous sommes invités demain soir chez mes parents pour un gala.
-Tu as accepté ?
-Comme si j'avais le choix de refuser ! Le jeune couple se dirigeait vers la cuisine. J'ai simplement dit que je devais te demander ton avis.
-Je suppose qu'ils vont vouloir nous présenter à leurs amis et connaissances en tant que couple marié.
-Certainement, approuva Bella en enfilant son tablier puis en rallumant le gaz sous la poële. Et puis, j'aimerai bien revoir mon père.
-Alors, allons défiler devant eux et s'embêter parmi eux.
En attendant que les légumes soient à nouveau chauds, prêts à être dégustés, Edward prit les lèvres de sa femme et les butina avec amour.
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Bella avait été ravie de revoir son père, qui l'avait serrée un long moment dans ses bras avant l'arrivée des invités. Il lui avait aussi demandé si elle était désormais heureuse avec Edward. Le sourire que sa fille fit apparaître sur son visage convainquit sans hésitation son instinct de policier et de père.
Si le gala eut un franc succès, il n'enthousiasma pas le moins du monde Bella et Edward. Aucun des deux ne raffolaient des mondanités.
Leurs amis n'étaient même pas présents : Emily débutait une grossesse fatiguante et Sam était resté avec elle, Jacob était en déplacement professionnel, Alice était en prépa et ne rentrait pas les week-ends, Mike et Jessica n'étaient pas rentrés de leur Lune de Miel, qu'ils avaient choisie de prolonger encore quelques semaines.
Seuls Paul Des Fontaines et Tyler Crowley étaient présents, tous deux toujours en quête d'une proie qui pourrait devenir leur femme. Au grand soulagement d'Edward, ils ne prêtaient plus attention à Bella depuis qu'elle portait une alliance à son annulaire gauche.
Le seul plaisir que le jeune couple tira de ce gala dansant fut les nombreuses valses et tangos qu'ils purent partager, les isolant dans leur bulle du reste du monde.
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Le dimanche, Bella et Edward avaient passé toute leur journée entre leur chambre et la cuisine. Avec quelques fois un passage rapide à la salle de bains.
Ils s'étaient aimés à plusieurs reprises, unissant leurs corps de différentes manières : tendre et amoureuse, sensuelle et chaude, violente et rapide. Que Edward soit en position de dominant sur sa femme ou que Bella ose le chevauche de temps à autre, leur orgasme explosait à chaque fois qu'ils atteignaient ensemble leur paroxysme.
A chaque fois qu'ils jouissaient, c'était encore plus intense... Comme s'ils gravissaient, après chacune des unions de leurs corps, une marche les menant vers le haut de la pyramide de la volupté la plus totale.
Edward en avait profité pour offrir à Bella sa première minette. Cet acte n'avait pas été facile à réaliser car la jeune fille avait été au départ fortement gênée par le fait que son amoureux approche sa bouche de son sexe humide, avant de finalement se laisser aller pour atteindre son apogée et éclater en de milliers d'étoiles. Edward avait particulièrement aimé boire directement à sa source la cyprine de son épouse, que d'habitude il ne goûtait que de manière indirecte sur ses doigts.
Lorsque Bella avait suffisamment repris ses esprits, elle s'était réfugiée sur le torse musclé de son époux et lui avait chuchoté des remerciements au creux de son oreille.
Elle lui avait aussi avoué qu'elle ne savait pas si elle était capable de lui rendre la pareille.
Elle se souvenait trop de la poigne dure de Démétri dans ses cheveux bruns, de ses doigts rugueux qui lui pinçaient les narines pour qu'elle ouvre la bouche en grand et qu'elle accueille sa grosse queue dégoûtante pour la sucer. Elle se rappelait ne pas avoir aimé avaler le goût du sperme et l'avoir même recraché.
Tout cela lui faisait peur, même si Edward lui avait promis d'aller à son rythme, de respecter ses prises d'initiative et ses limites. Même si elle avait une totale confiance en Edward et qu'elle savait qu'il ne lui ferait jamais de mal, elle ne pouvait s'empêcher de conserver ses appréhensions au fond de son coeur.
Oui, il n'y avait pas de doute : Bella appréciait vraiment ces fabuleux week-ends qu'elle passait avec Edward.
Elle adorait le moindre moment qu'elle partageait avec lui qu'il s'agisse d'un repas, d'une discussion sérieuse, d'une balade, d'un baiser passionné ou bien d'une étreinte fougueuse et délirante, qui l'amenait de manière impitoyable et intarissable vers le summum des sensations qu'elle pouvait éprouver.
Même si son secret lui pesait encore sur le cœur, celui qui concernait son enfant mort à la naissance et qu'elle n'avait pas pu voir pour lui faire ses adieux, elle était heureuse d'être mariée avec Edward. Il était tout pour elle maintenant.
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En semaine, lorsque Edward travaillait au cabinet ou plaidait au Palais de Justice, Bella s'acharnait à lui préparer de délicieux petits plats.
Soit elle piquait des idées à Sue qui la conseillait et la pilotait quand elle en éprouvait le besoin, soit elle essayait de reproduire les recettes qu'elle avait apprise auprès d'une cuisinière de la domesticité de sa mère, dans le plus grand secret.
Une fois par semaine, Bella déjeunait avec Esmé, puis toutes les deux arpentaient un musée parisien ou les boutiques.
Lorsqu'elle ne cuisinait pas ou qu'elle n'était pas avec Esmé, Bella lisait, lisait, lisait.
Elle dévorait un par un tous les livres de la bibliothèques d'Edward. Elle avait une forte préférence pour les ouvrages littéraires (romans, essais et recueils poétiques), appréciait quand même les manuscrits d'Histoire et quelques atlas de Géographie, mais repoussait sans même les ouvrir les volumes de droit et autres codes de lois, se demandant quel intérêt son époux pouvait leur trouver.
Elle avait découvert avec intérêt la série des Rougon-Macquart écrite par Emile Zola et qu'Edward avait évoqué devant elle lorsqu'il la courtisait. Elle avait été horrifiée par l'extrême pauvreté de la classe ouvrière du XIXe siècle, pauvreté qui était aussi bien une misère matérielle qu'une misère sentimentale et familiale, voir même une misère morale.
Depuis la fin de cette longue et dense série, elle avait changé de siècle et de style, et s'était concentrée sur le XXe siècle qu'elle avait débuté avec deux ouvrages de guerre : Le Feu d'Henri Barbusse sur la Première Guerre mondiale et l'Espoir d'André Malraux sur la Guerre civile espagnole.
Ce dernier roman était tellement intense, qu'elle se devait de prendre des notes pour approfondir un événement du conflit qu'elle saisissait mal ou bien pour discuter d'un point précis avec son époux.
A son habitude, prise par sa lecture, Bella n'entendit pas Edward rentrer.
-Bella, l'appela-t-il doucement sur le seuil du bureau.
-Oh ! Edward ! S'écria-t-elle en relevant la tête de son livre.
Elle se leva, repoussa sa chaise de travail et se précipita vers lui pour l'embrasser.
-Charmant accueil ! Apprécia Edward lorsqu'ils s'éloignèrent légèrement l'un de l'autre après ce tendre échange.
-Toujours grâce à toi ! Approuva Bella. Allez, viens, chéri, rajouta-t-elle en l'entraînant vers la cuisine, tu vas voir, je t'ai préparé un super repas. Enfin, j'espère que tu aimeras, j'y ai passé du temps, et normalement, je le réussis, mais là, ça faisait tellement longtemps que je ne l'av...
-Tu sais bien que j'aime tout ce que tu fais.
Il interrompit sa volubile femme pour l'étreindre une nouvelle fois, la prenant dans ses bras, et l'appuyant contre une porte d'un des placards du couloir.
-Edward ! J'aime tes baisers, mais je ne voudrais pas que mon repas soit carbonisé !
-C'est bon, j'ai compris, le reste attendra !
Une lueur mutine éclaira l'oeil de la jeune fille brune.
-L'attente diminue les médiocres passions et augmente les grandes comme le vent éteint les bougies et attise le feu.
-Aurais-tu La Roche Foucauld aujourd'hui ? La chicana Edward. Et ce n'est pas l'attente, mais l'absence.
-Je le sais bien, souffla-t-elle, un peu contrariée que son époux reconnaisse immédiatement ses sources d'inspiration. Mais l'attente nous correspond plus que l'absence.
-Exact ! Je ne saurais pas me passer de toi !
-Et pour information, je n'ai pas lu François de la Roche Foucauld aujourd'hui. Ses Mémoires et ses Maximes faisaient juste partie de mon programme littéraire pour le baccalauréat l'an passé.
-Ma femme a très bonne mémoire, s'exclama Edward joyeusement. D'ailleurs, je pense sérieusement qu'elle devrait s'inscrire à l'Université dans une filière de Lettres Modernes, lança-t-il d'un ton détaché pour observer sa réaction. Et, en plus, cela sent très bon dans la cuisine. Quel homme chanceux je suis !
-Répandre une bonne odeur dans une cuisine est facile. Préparer un succulent repas est plus dur.
-Bella, ne te dévalue pas ! Je suis sûr que ce que tu as préparé va être exquis. Il sourit à son épouse pour la rassurer. Et que penses-tu de mon idée de reprendre un cycle universitaire ? Ou tout au moins quelques modules ?
-Je ne sais pas, répondit-elle concentrée sur le riz qu'elle égouttait. Il est trop tard pour s'inscrire. Et puis, cela coûtera cher...
-Ce ne sont que de mauvaises réponses. Tu peux t'inscrire à chaque début de semestre. Quant au prix, ne t'en soucie pas. C'est tout à fait dans nos moyens.
-Edward, je ne sais pas si j'en ai envie, répliqua-t-elle d'une voix paniquée. Ma mère a tellement répété que les études ne servaient à rien pour une femme.
-Bella, je ne veux pas te forcer. Simplement que tu y réfléchisses. Quant à ce que pense ta mère, oublie-le. Elle a des préjugés assez arriérés sur ce que doit faire ou non une épouse.
-Pourquoi tiens-tu tant à ce que je reprenne mes études ? Qu'est-ce que cela changera pour toi ?
-Bella, ce n'est pas pour moi que je le souhaite, mais pour ton bien. Je ne veux pas que tu t'ennuies quand je suis au travail, en restant ici seule ou avec Sue à l'appartement. Tu ne vois jamais personne.
-Ce n'est pas vrai, je vois Esmé, le contredit-elle. Une fois par semaine !
-Je parlais de tes amies, comme Alice ou Jessica ou...
-Edward, c'est compliqué... La … La maladie de ma mère... La jeune fille bafouillait presque, elle ne savait pas comment s'exprimer sans trahir le secret qui pesait encore sur son cœur. Elle m'a éloignée de mes amies. Je pouvais difficilement les voir... Et puis, ensuite, c'était l'été... Puis, nous nous sommes mariés... Ce n'est pas... Tu sais... Je...
-Je sais tout cela, Bella, l'apaisa Edward. Si tu es heureuse ainsi, reste-là. Je n'y vois aucun inconvénient. Mais si tu as envie de suivre une formation littéraire ou même une autre filière, sache que je t'y encouragerai.
-Merci Edward !
-Alors ? Dis-moi !Qu'as-tu cuisiné pour accompagner le riz ? Hum... La sauce de cette casserole sent vraiment très bon !
Le jeune homme essaya de tremper son doigt dans la sauce que Bella tournait pour la réchauffer. Cette dernière lui tapa sur les doigts doucement en rigolant.
-Non, Monsieur Edward, pas touche !
-Monsieur Edward ! En voilà bien des manières !
-Tu me taquines, j'en fais de même.
Joueuse, elle se haussa sur ses pointes de pied et déposa sur les lèvres de son époux un rapide baiser.
-Madame Cullen, que puis-je donc faire pour te simplifier la tâche ? Lui demanda-t-il en s'inclinant devant elle pour continuer leur petit jeu.
-Hum... T'asseoir à ta place à table pour éviter d'être dans mes pattes ? Suggéra-t-elle.
-Et bien, quelle tâche ardue me confies-tu là !
-Oh ! Si tu veux, tu peux aussi mettre les serviettes de table. J'ai oublié de le faire, rajouta Bella en lançant un clin d'oeil à son époux.
-C'est toujours une action aussi compliquée pour mon pauvre cerveau fatigué par la prestation qu'il a faite devant le juge tout à l'heure.
-Chéri, tu sais bien que c'est avec plaisir que je te laisserai devant les fourneaux si j'étais sûre que nous puissions déguster quelque chose de comestible.
-Je te trouve bien dure avec ton humble époux, mon amour ! Bella savait qu'elle n'était pas allée trop loin et que toutes leurs piques échangées restaient sur le ton de la plaisanterie. En témoignait l'éclat malicieux qui scintillait dans le regard vert-émeraude d'Edward. De toute façon, ma chère amie, même si ton repas était immangeable par ma faute, j'aurai tout de même toujours de quoi me nourrir et me rassasier.
Edward attrapa la taille de sa femme lorsque cette dernière déposa le plat en sauce sur la table.
-Ah oui ? Et que mangerais-tu si mon repas n'était plus ?
-Toi ! Répondit-il d'un ton évident et certain, presque enjôleur.
-Edward ! Rigola Bella. Arrête de faire l'imbécile. Donne-moi ton assiette et mange ! Taquine et malicieuse, elle rajouta. Je passerai à la casserole ce soir ! C'est promis !
Edward fut un court moment interloqué devant l'expression familière qu'elle venait d'employer. Cela ressemblait si peu à sa timide épouse.
-Et bien, en voilà une belle expression ! C'est... inattendu !
-Quoi ? Crois-tu que je mette la charrue avant les bœufs et que tu ne sois pas en mesure de me satisfaire ?
-Oh ! Non ! Tu glisses sur la mauvaise pente, chérie... Ne t'imagines surtout pas cela ! Le regard vert-émeraude qu'il lança en direction de son épouse était chaud comme la braise. Sinon, il va falloir que tu viennes de suite vérifier.
-Si tu ne veux pas que mon imagination ne te rende pas justice, prends des forces et mange que je puisse être heureuse tout à l'heure.
-J'en prends bonne note, Madame Cullen. Il dégusta quelques bouchées, savourant lentement les différents parfums de la viande et des légumes, humant et goûtant avec plaisir le Saint-Emilion, le vin rouge qui accompagnait ce plat de résistance. Hum... Bella, ce poulet basquaise est un véritable régal. C'est délicieux.
-Merci Edward, rougit-elle jusqu'aux oreilles. Elle était toujours ravie de recevoir un compliment de son mari. Dois-je te resservir ? Demanda-t-elle lorsqu'il eut terminé son assiette.
-Volontiers, ma belle, approuva-t-il en tendant son assiette de manière enthousiaste. Au fait, tu ne m'as jamais dit : si tu as appris à cuisiner dans le dos de ta mère, avec qui as-tu appris ? La questionna-t-il en replongeant sa fourchette dans le riz qui accompagnait le poulet.
Bella pâlit subitement. Elle lâcha sa fourchette au bout de laquelle était piqué un morceau de poulet et de poivron sur le bord de son assiette, se sentant soudainement nauséeuse.
-Edward, je... Je ne peux pas faire cela... Sa respiration devint saccadée.
Elle se leva précipitamment, prête à fuir la pièce et son mari, faisant chuter sa chaise dans un grand bruit par la même occasion.
Edward sentit immédiatement la crise de panique chez son épouse. Il agit encore plus rapidement qu'elle et la prit dans ses bras, la calant contre son torse, pour qu'elle se sente protégée, en sécurité.
-Bella, calme-toi mon amour. Tout va bien.
-Edward... Je... Les sanglots entrecoupaient sa voix. C'est...
-Oui, je suis là. Respire. Doucement. Régulièrement. Respire...
-Edward... C'est ma faute... Les pleurs reprirent de plus belle.
-Bella, doucement, calme-toi, tout va bien. Edward berçait délicatement son épouse. Rien n'est de ta faute. Dans l'étreinte de son époux, Bella s'apaisa progressivement. On va s'asseoir et tu vas me raconter, d'accord ?
Bella inclina lentement la tête. Edward lui tendit son mouchoir pour qu'elle se mouche. Puis il essuya tendrement ses larmes du bout de ses doigts, comme il avait pris l'habitude de le faire lorsque son épouse avait du chagrin.
Il l'entraîna vers le salon, où il la fit asseoir à ses côtés sur le divan pensant que cette place serait plus confortable pour des confidences que les chaises en Formica de la cuisine. Il passa un bras autour de sa taille pour qu'elle prenne conscience qu'il était là pour elle, qu'il serait toujours là.
Bella se triturait les mains, les doigts, les ongles... jusqu'à presque se blesser. Edward glissa sa main virile entre les deux siennes si fines pour la stopper.
-Bella, arrête s'il te plaît, tu vas te faire mal.
-Edward, se lamenta la jeune fille, c'est de ma faute si elle a été licenciée.
-Celle qui t'a appris à cuisiner ? Bella acquiesça. Pourquoi penses-tu que cela ? Ce n'est pas toi qui lui a donné son congé...
-Non, c'est Mère. Mais si elle ne m'a rien appris, elle n'aurait pas perdu son emploi. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de le faire.
-Je vois... Edward, pensif, réfléchissait. Il se demandait ce qu'il pourrait faire pour que sa femme ne se sente plus coupable. Surtout, il ne comprenait pas sa crise de panique qu'il jugeait fort excessive pour ce licenciement, même si elle s'en jugeait responsable. Te souviens-tu de son nom ?
-Elle s'appelait Angela. Bella sourit presque à ce souvenir. Elle avait à peine quelques années de plus que moi. Elle était toujours agréable avec moi. Et moi, je lui ai fait perdre son emploi.
-Non, ce n'est pas toi qui l'a licenciée, mais certainement ta mère.
-C'est pareil ! C'est à ma demande qu'elle m'a appris à cuisiner.
-Elle a été très gentille d'accepter à ta requête. Néanmoins, Bella, je ne veux pas que tu ne prennes toute cette responsabilité sur tes frêles épaules. Angela connaissait les risques qu'elle prenait en t'enseignant la cuisine contre l'avis de ta mère.
Des larmes perlèrent à nouveau au coin des yeux de Bella.
-Oh ! Edward ! Tu ne comprends pas tout ! Je... Je m'en veux d'autant plus qu'elle avait une petite fille de vingt mois à sa charge. Et qu'elle s'est retrouvée du jour au lendemain, dehors, sans travail, sans logement, sans rien... Je n'ai même pas pu lui dire au revoir, m'excuser auprès d'elle... Mère me l'a interdit.
-Calme-toi Bella, la rassura à nouveau son mari. Connais-tu son nom ?
-Non. Je ne lui ai jamais demandé. Pourquoi veux-tu savoir cela ?
-Et bien, nous aurions pu essayer de la retrouver pour que tu puisses la revoir, lui présenter tes excuses pour que tu te sentes mieux. Pour que tu puisses comprendre aussi que tout n'était pas de ta faute, lui expliqua-t-il. Ce n'était pas toi l'employeur mais ta mère. Il y a peut-être eu un détail qui t'a échappé et ta mère a possiblement profité de cet argument-là pour se séparer d'elle.
Bella haussa les épaules.
-Je ne sais pas... En tout cas, c'est moi qui me sens coupable...
-N'as-tu aucun autre indice que son prénom ? Comment se nommait son mari ? Avait-elle évoqué de la famille devant toi chez qui elle aurait pu se réfugier ?
-Non, répondit Bella. Elle était seule. Ses parents l'ont forcé à abandonner leur domicile lorsqu'ils ont découvert qu'elle... Bella respira fortement. Cela lui rappelait tant de souvenirs difficiles. Ils lui ont demandé de partir quand ils ont découvert qu'elle était enceinte sans être mariée. Depuis, elle devait s'assumer seule et travaillait pour nourrir sa fille. Et, comme elle aimait cuisiner et qu'elle était douée pour cela, elle se plaçait dans des familles bourgeoises...
-Peut-être pourrions-nous mener une discrète enquête auprès de nos amis parisiens pour voir s'ils ont entendu parler d'elle ou s'ils l'ont embauchée. Tu sais, Bella, notre monde est petit...
-Cela aurait pu être possible si cela avait été à Paris... Mais, c'était pendant... Bella se mordit la lèvre, elle allait mentir à Edward, non par omission cette fois, mais réellement, de son plein gré, et cela la peinait.Tu sais, quand Mère était malade...
Ce n'était pas sa mère qui était malade, mais Bella qui était alors enceinte. Comme il fallait absolument dissimuler aux yeux de toute la bonne société pour ne pas ruiner sa réputation de jeune fille, ni celle de la famille Swan, Renée Swan s'était inventée une maladie, une dépression qui avait nécessité le besoin d'un séjour au soleil.
-Quand vous étiez toutes les deux en Espagne ? Bella acquiesça positivement ne voulant pas à nouveau mentir à haute voix à son époux puisqu'elle n'avait jamais mis les pieds en Espagne. Voilà qui complique bien les choses. Si elle est Espagnole, il sera difficile de la retrouver...
Bella se rapprocha de son mari, se collant contre son torse, d'une part pour le remercier de son écoute attentive et de son réconfort, d'autre part par peur qu'il lui pose de nouvelles questions sur l'Espagne, questions auxquelles elle aurait été bien incapable de répondre.
-Chérie, comment te sens-tu maintenant ?
-Mieux... Elle respira lentement. Bien mieux. Merci Edward de m'avoir écoutée. Bella l'embrassa rapidement sur ses lèvres.
-C'est normal dans un couple. Edward lui rendit son baiser, de manière tout aussi prompte. Bella, je... Comment se fait-il que tu aies autant paniqué ?
Bella aurait voulu lui répondre franchement, lui dire qu'elle craignait qu'il ne l'interroge plus en avant sur son faux séjour en Espagne, lui confier qu'elle était elle-même à l'époque dans une position fort délicate et inconvenante qu'elle devait encore dissimuler sur ordre de sa mère. Mais tout cela n'était pas possible... Elle ne pouvait rien dire. Elle l'avait promis, même juré à sa génitrice.
-Je ne sais pas...
-Essaie de m'expliquer... Insista doucement son mari.
-Tu sais... Ce ne sont vraiment pas de bons souvenirs... La mort de son bébé hantait l'esprit de la jeune fille, et elle ne pouvait même pas en faire part à son époux. La manière dont cela s'est terminée... Les réflexions constantes et pénibles de Mère sur le fait qu'être en cuisine n'était pas ma place... C'était trop dur de se rappeler tout cela... Vraiment trop...
-Promets-moi de ne plus autant t'angoisser lorsque de mauvais souvenirs refont surface. Cela ne sert à rien. Je préfère que tu me parles, que tu te confies au lieu de paniquer ainsi.
-Je vais essayer, souffla-t-elle.
Edward se pencha à nouveau sur les lèvres de sa femme qu'il effleura doucement. Puis il mit un peu plus de pression sur ces deux pétales rosées, qui s'entrouvrirent lentement pour l'accueillir. De sa chaude et agile langue, il fit possession cette bouche qui s'offrait bien volontiers à lui. Ce n'est qu'à bout de souffle qu'ils s'éloignèrent l'un l'autre, leurs regards pétillants, leurs cœurs battants la chamade.
-Hum... C'est toujours aussi plaisant de t'embrasser ! Susurra Edward glissant ses lèvres dans le cou de sa femme, où la chaire était encore plus tendre. Dis-moi, Angela t'aurait-elle appris à réaliser de délicieux desserts ?
-Bien sûr ! Réagit Bella. Tu le sais bien ! Je t'en ai déjà faits !
-Je me souviens... Hum... Mais qu'as-tu donc préparé pour clôturer le repas de ce soir, un dîner fort savoureux au demeurant ?
-Un fondant au chocolat.
-Oh ! Oh ! Tout cela me donne bien des idées ! Edward se leva entraînant sa femme dans son sillage en direction de la cuisine. D'autant que je n'ai pas oublié ni ta promesse de me donner du plaisir, ni la mienne de te rendre heureuse ce soir !
Les jeunes époux s'embrassèrent et atteignirent la cuisine en riant, appréciant la légèreté. Leurs mains ne se quittèrent pas, même lorsque Bella sortit son dessert du four et qu'Edward attrapait deux cuillères avant d'embarquer sa femme et le fondant dans leur chambre pour découvrir de nouveaux plaisirs, gustatifs et charnels.
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…
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Chapitre publié le 31 mai 2012
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Prochain chapitre : sans titre !
En fait, je n'ai pas encore choisi le titre du prochain chapitre (écrit à moitié à l'heure actuelle). Donc suspens !
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Pour la publication du prochain chapitre, comptez environ une dizaine de jours d'attente.
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Portez-vous bien !
À bientôt ! AliLouane
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