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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre XIII – Règles et Stress (partie 1)

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Septembre vint clôturer l'été et ses dernières belles journées. Octobre et son tourbillon de feuilles mortes et de couleurs ocre, jaune et marron ouvrit la saison automnale.

Les jeunes époux coulaient des jours heureux. En moins de trois semaines, une certaine routine s'était installée entre eux.

Lorsqu'Edward travaillait, Bella lisait ou cuisinait. Une fois par semaine, elle rejoignait Esmé pour une sortie culturelle.

De temps à autre, elle recevait un appel de sa mère, qui la conviait elle et son époux à ce que Bella appelait une soirée d'apparat, une soirée où il fallait sourire tout le temps et serrer des mains chaleureusement, faisant semblant d'apprécier tous les invités, alors que c'était bien souvent loin d'être le cas.

Bella ne pouvait s'empêcher d'envier la famille d'Edward qui vivait de manière bien plus simple que ses parents. Sa mère surtout était concentrée sur son réseau mondain, où seules les apparences comptaient seuls la gloire, l'argent, la réussite étaient acceptés.

Ces trop nombreuses soirées d'apparat avaient au moins le mérite d'occuper de manière permanente sa mère et d'éviter à Bella de visites trop fréquentes de sa génitrice qui critiquait son couple, son époux, son appartement, sa gouvernante.

Bella n'avait pas eu le temps de se demander si ne plus voir ses amies lui manquait ou pas. Même lorsqu'Edward évoquait ce sujet, elle ne savait que répondre.

De toute manière, la jeune fille avait peu d'amies, elle se liait difficilement. De plus, son absence du lycée durant une grande partie de sa Terminale n'avait fait que renforcer son isolement, que Renée Swan avait définitivement imposé afin de la faire surveiller jour et nuit pour vérifier qu'elle ne faute plus.

Seule son amitié avec Alice lui manquait.

Mais Alice, concentrée sur ses études en prépa, ne daignait pas lui répondre, à moins que ce ne fusse ses parents qui ne lui transmettent pas la lettre que Bella lui avait adressée au retour de sa Lune de Miel.

Ces quelques manques étaient largement compensés par la présence d'Edward, leur entente de couple qui se construisait progressivement, leur amour qui se développait et s'affirmait de jour en jour.

Bella rêvait à son homme et à tout ce qu'il avait réalisé pour elle, tous les mots d'amour qui lui avait murmurés, toutes les promesses qu'il lui faites depuis le début de leurs trois semaines de vie commune. Son époux lui faisait confiance, il lui ouvrait petit à petit les portes du monde dans lequel elle vivait. Et surtout il la gâtait sans relâche, lui manifestant son affection et son amour jour et nuit.

Rien que de repenser à la nuit dernière, Bella frissonnait et rosissait encore du plaisir intense, extrême, qu'elle avait ressenti.

Elle était encore allongée dans les draps de leur lit : ces draps qui sentaient la fusion complète de son corps avec celui de son époux, ces draps qui sentaient encore l'odeur de leurs ébats torrides de la veille, ces draps qui avaient été les seuls témoins de leur passion.

Edward lui avait encore appris une nouvelle manière de s'aimer, une nouvelle position de ce qu'il nommait le Kamasutra. Pourtant, au départ, elle avait loin d'avoir été à son aise. Elle riait maintenant de son anxiété passée. Et n'avait plus qu'une seule envie : recommencer ! Encore ! Et encore !

En attendant, elle se souvenait...

Edward l'avait d'abord fortement excitée avec des préliminaires intenses, l'embrassant puissamment, glissant vivement de sa langue dans sa bouche accueillante tout en pénétrant de ses doigts si longs et si agiles son vagin dans lequel il les faisait tournoyer de manière à atteindre ce point de sa féminité, ce fameux point si intime, si mystérieux, si intense.

Des papillons naviguaient dans l'ensemble du corps de Bella, sa respiration se saccadait. Elle en voulait plus, elle le voulait lui et son pénis, et non plus ses doigts qui ne lui suffisaient clairement pas.

Elle écarta d'avantage ses jambes pour l'inviter en elle, pour que son homme comprenne qu'elle était prête pour une pénétration plus profonde, pour qu'il ait la place de se glisser entre ses jambes fines et qu'il vienne au plus profond d'elle de toute sa vigueur.

Or, il n'agit pas conformément à ses attentes.

Au contraire, il la fit doucement rouler sur le côté et Bella se retrouva à plat ventre sur leur matelas.

-Edward ! Que fais-tu ? Murmura-t-elle d'une voix rauque. J'ai envie... De toi... Insista-t-elle pour montrer son envie que n'ignorait nullement son mari. Tu ne me veux p...

-Bella ! Comment peux-tu penser que je ne te veuille pas ? Vient-il lui glisser au creux de l'oreille, embrassant une partie sensible de son cou, adossant son torse musclé sur le dos gracile et cambré de son épouse, appuyant surtout sa glorieuse érection contre ses fesses si arrondies. Tu as vraiment une magnifique peau... Si claire, si fine... Il faisait déambuler lentement et souplement ses mains sur la poitrine et la colonne dorsale de sa femme.

Sentir les lèvres de son mari dans son cou, sentir ses mains empaumant ses seins et titillant ses pointes qui frottaient auparavant le matelas, sentir surtout sa longueur étirée à son apogée le long de ses cuisses la firent gémir et trembler, anticipant par avance le plaisir qu'il allait lui offrir.

-Ed... Edward... La respiration de la jeune fille comme ses propos étaient chaotiques. Je te veux... en moi... Les mains habiles et alertes de son époux la parcouraient à toute allure, stimulant ses tétons et son clitoris, caressant ses côtes et ses fesses. Et je veux te voir...

-Oh ! Tu vas m'avoir en toi, mon amour. Compte dessus ! Lui promit-il. Toutefois, tu ne me verras pas... J'ai envie d'essayer une nouvelle position... Si tu es d'accord...

-Je... Bella hésitait. Elle ne voyait plus le regard vert-émeraude si rassurant d'Edward. Elle sentait uniquement ses mains et ses lèvres qui prenaient possession de tout son corps, sa longueur qui se frottait de manière continuelle contre ses fesses. Sa mémoire fit alors un saut vertigineux, se rappelant toutes les étreintes amoureuses qu'ils avaient partagées depuis la première. Edward ne l'avait jamais fait souffrir. Jamais. Elle lui faisait confiance. Totalement. Oui. Oui, confirma-t-elle. J'ai confiance en toi.

Edward avait vu son épouse réfléchir, il avait perçu son anxiété. Il était prêt à tout arrêter mais elle lui avait offert son accord et sa confiance en lui sur un plateau d'argent.

-Merci mon amour, murmura-t-il en mordillant son lobe d'oreille, zone qu'il savait fort érogène chez son épouse. Si tu ne te sens pas à l'aise ou que tu as mal dis-moi de tout arrêter et je le ferai. Je te le promets. Bella frissonna. Mais je doute que tu formule une telle demande. Je ne compte t'offrir que du plaisir, rien que du plaisir.

Ses doigts frôlèrent toute la cambrure de sa colonne vertébrale, la rondeur de ses fesses pour s'arrêter sur ses petites lèvres qu'ils stimulèrent davantage pour que Bella se détende à nouveau mais aussi pour que son intimité soit à nouveau prête à l'accueillir.

-Edward ! … Plus... Je veux plus... Pesta Bella quand elle comprit que les doigts de son époux se contenteraient d'effleurer tendrement son bouton d'amour.

-Je sais, ma mie, je sais... Pose tes mains sur la tête de lit. Puis replie doucement les jambes.

Il l'aida dans ses mouvements : son dos se cambrait davantage, ses fesses étaient encore ainsi rehaussées et bombées, lui permettant d'avoir une vue exceptionnelle sur ses lèvres intimes qui mouillaient leurs draps de cyprine.

Cette vue paradisiaque le rendit encore plus dur qu'il ne l'était déjà. Elle n'attendait que lui.

-Oh ! Bella ! Tu es si belle ainsi ! Si désirable ! Si douce. Si humide. Si...

Il approcha son pénis de la fente de son aimée. Toutefois, il se contenta de tapoter de la pointe de son gland le clitoris de son aimée pour le masser, tout en continuant ses caresses sur ses divins tétons pour la rassurer par des gestes qu'elle connaissait et qu'elle aimait.

-Edward... Ed... Bella frissonnait de sentir si proche d'elle, et pourtant si lointaine, l'érection de son homme. Pour l'instant, il se contentait simplement de la chatouiller, la rendant encore plus humide et surtout plus impatiente. Viens... Exigea-t-elle.

-Avec grand plaisir, mon amour ! Accepta Edward en la pénétrant enfin de sa longueur si dure, si grosse. Sa poussée fut tellement forte qu'il atteignit d'un seul coup de rein le fond du vagin de Bella, butant contre son fameux point G. Oh ! Chérie ! Tu es si bonne pour moi ! Il se sentait si bien, enterré dans les chairs intimes de son épouse, bien à l'abri dans la plus belle et la plus chaudes des demeures. Tu es si serrée dans cette position, si chaude... Si parfaite pour moi !

-Oh ! Edward ! Gémit-elle. Elle percevait sa présence de toute part, sur elle, en elle. Je te sens si bien. Elle se sentait si délicieusement étirée, si parfaitement remplie. C'est si bon... Encore ! ….

Edward encercla de ses larges mains les hanches de Bella, puis il la tira en arrière afin de faciliter son retour en elle. Il répéta ce mouvement et accéléra ses poussées, pénétrant de plus en plus rudement le corps de son épouse qui ne demandait que cela.

Elle était tellement accueillante pour lui. Elle lui offrait tant. Elle lui donnait tout, son corps, son cœur, son âme.

Elle acceptait toutes ses propositions amoureuses, même les plus saugrenues, comme cette fois-là, dans la voiture, au vue et au su de tous... Ils avaient même failli être embarqués au poste de police. Et elle ne lui avait fait aucune remontrance.

Bella était parfaite pour lui. Il l'aimait tellement. Elle avait ses fragilités, ses failles comme lui. Elle ne cherchait pas à connaître la vérité sur son passé. Elle l'aimait tel qu'il était.

Tout cela ne faisait que renforcer son amour à son égard. Il voulait qu'elle soit la mère de ses enfants. La seule...

Cette simple pensée le fit encore bander plus fort, s'enfonçant davantage dans l'antre charnelle de sa femme, resserrant sa prise sur ses hanches pour la maintenir dans l'axe désiré. Elle gémissait encore, voulait plus et plus vite.

Edward ne fit que répondre à ses attentes en accélérant ses va-et-vient en elle. Il glissait si facilement en elle, frottant et raclant toutes les parois de son vagin. Il était proche de sa jouissance, mais il voulait qu'elle vienne avant lui. Il l'aimait tant et ne voulait que son plaisir.

Ses doigts agiles parcoururent le corps gracile de son épouse, frôlant délicatement puis stimulant davantage son clitoris. Les gémissements de Bella s'amplifièrent alors qu'Edward grogna en sentant les parois de son vagin se refermer sur sa verge tendue. Cette dernière tressauta alors dans la cavité si étroite de sa femme, relâchant toute la pression, éjaculant toute sa chaude semence en plusieurs jets au fond d'elle.

C'était si bon. Si torride. Si explosif. Si jouissif.

Un moment de plénitude parfaite.

Edward s'écroula sur le dos de sa femme, puis sortit d'elle, pour prendre une position plus confortable, la rapprochant le plus possible de son corps. Il entendait leurs cœurs battre à toute allure, l'un répondant à l'autre. C'était un instant parfait qui prolongeait leur extase.

-Merci Edward, murmura Bella. Je t'aime tant... C'était...

-C'était fabuleux, l'aida-t-il voyant qu'elle cherchait ses mots.

-C'était encore mieux que fabuleux. Il n'y a pas de mots pour le décrire.

-Je t'aime ma Bella.

Il se rapprocha d'elle pour prendre ses lèvres, envahir sa bouche de sa langue, lui offrir un autre plaisir. Elle se laissa faire plus que consentante, déclenchant une bataille contre sa langue, luttant pour le dominer mais abdiquant volontairement lorsqu'elle sentit les mains de son époux empaumer et caresser sensuellement ses seins.

A bout de souffle, ils durent s'éloigner de quelques centimètres pour respirer.

-Cette nouvelle position...

-La levrette, la coupa Edward en picorant son cou de tendres baisers.

-Pardon ?

-La levrette, c'est le nom de cette nouvelle position.

-Oh ! D'accord. Bella lui rendit son baiser. Elle est vraiment sensationnelle. Même si je ne peux pas te voir...

-Prête à recommencer ? La taquina-t-il.

-Hum... Peut-être pas tout de suite, elle est sportive, murmura-t-elle en baillant... Mais bien volontiers...

-Je t'ai tenue trop fort ? As-tu mal ici ? Questionna le jeune homme en massant les hanches de son épouse pour atténuer la douleur due à sa précédente poigne.

-Non, cela va aller, répondit doucement Bella. C'était tellement intense, tellement... Elle approcha ses lèvres de celles de son époux pour quémander un baiser dans le but de le détourner de ses hanches et ses potentielles ecchymoses. Je suis si heureuse avec toi.

Les deux jeunes époux se câlinèrent un long moment, caressant leurs corps tendrement, échangeant des baisers rapides et chastes, se serrant doucement l'un contre l'autre.

Bella bailla, le sommeil la gagnait progressivement. Mais avant de définitivement s'endormir, elle expliqua.

-Je dois aller à la salle de bains. Bella commença à se lever, mais d'un geste, son mari l'en empêcha en la collant contre son torse. Edward, laisse-moi me lever s'il te plaît...

-Bella, je veux que tu restes dans mes bras, la supplia-t-il, je veux que tu t'endormes ici, au chaud contre ma poitrine, avec mon odeur sur toi. Pense, que demain soir, nous ne dormirons pas l'un contre l'autre pour la première fois depuis notre mariage.

Bella renonça à se lever, elle se nettoierait demain, elle aussi tenait à s'endormir contre son mari, d'autant plus que Edward partait pour deux jours à Lyon en déplacement professionnel. Bella redoutait déjà le fait de passer une nuit seule, loin de lui. Elle voulait profiter de lui à cent pour cent avant son départ. Elle s'allongea contre lui, posant sa tête contre sa poitrine, alors qu'Edward passait un bras autour de sa taille si fine.

Le sommeil eut tôt fait de les envoyer au pays des songes.

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Bella s'était donc réveillée seule, avec ses merveilleux souvenirs de la nuit dernière.

Elle avait à peine entendu Edward se lever à l'aube. Elle se rappela la trace brûlante de ses lèvres sur sa clavicule, son cou et le coin de ses lèvres.

Il lui tardait tant de le revoir. Déjà ! Pourtant, cela faisait même pas trois heures qu'ils s'étaient séparés.

Pfff... Que cette journée et surtout la nuit prochaine allaient être dures sans lui.

Bella entendit la porte d'entrée s'ouvrir. C'était Sue qui arrivait. Dieu ! Qu'elle avait traînassé ce matin au lit. Ce n'était pas dans ses habitudes.

Elle se redressa puis poussa draps et couvertures d'un côté du lit, recherchant des yeux son déshabillé pour l'enfiler et se rendre vêtue dans la salle de bains. Elle se demandait encore une fois où est-ce qu'il avait voltigé lorsque Edward l'avait déshabillée la nuit dernière.

Soudain, alors qu'elle soulevait les draps et les couvertures à sa recherche se demandant s'il n'avait pas glissé au pied du lit, elle remarqua de fines traces de sang au cœur des draps.

Oh ! D'où venait ce sang ?

Bella se demandait si Edward s'était blessé avant de partir... Non, cela ne pouvait être lui vu là où étaient localisées les traces. C'était une idée ridicule.

La jeune fille se rappela qu'elle n'avait jamais reperdu de sang depuis la première fois plutôt dramatique qu'elle avait vécue avec Démétri. Elle se souvenait que l'absence de règles était le premier signe d'une grossesse.

Cela ne pouvait donc pas provenir d'elle puisque Edward et elle étaient actifs sexuellement chaque soir...

Ce n'était pas elle, cela ne pouvait pas être elle...

Sauf... Sauf si elle était indisposée.

Ses yeux bruns se posèrent immédiatement sur ses cuisses et son sexe encore dénudés.

Et elle vit : son sang qui coulait lentement, ce sang qu'elle perdait chaque mois, ce sang qui symbolisait qu'elle n'avait pas conçu.

Les larmes coulèrent abondamment sur les joues de Bella. Elle se recoucha sur le ventre sous le choc de l'affreuse nouvelle.

Oh ! Qu'allait dire sa mère ? Elle allait très certainement être furieuse contre elle.

Et surtout qu'allait dire Edward ? Elle ne portait pas son enfant. Ils n'allaient pas devenir immédiatement parents. Elle n'était même pas capable d'être enceinte.

Allait-il la rejeter ?

Allait-il la répudier et la renvoyer chez ses parents ?

Allait-il lui manifester son mécontentement et penser qu'elle n'était pas fertile ?

Oooohhhh ! Christ ! Enfer et damnation ! Elle ne voulait perdre Edward et tout l'amour qu'il lui vouait. Des larmes de rage et d'impuissance se manifestèrent bruyamment sur le visage de Bella.

Pourquoi n'était-elle pas enceinte ? Elle avait pris tant de plaisir à toutes les étreintes amoureuses qu'elle avait partagées avec Edward. Elle n'en avait refusé aucune, même pas les plus osées comme leur étreinte dans la voiture. Alors pourquoi cela n'avait-il pas marché ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Il n'avait suffi que deux rapports intimes avec Démétri pour qu'elle soit fécondée la dernière fois.

Pourquoi cette fois-ci son ventre demeurerait-il plat ? Vide de toute vie ?

Qu'avait-elle fait de mal ?

Est-ce parce que justement elle avait connu l'extase à chaque fois dans les bras d'Edward ?

Ses pleurs redoublèrent de puissance, accompagnés de cris de colère contre elle-même et son incompétence à concevoir. Elle martela de ses deux petits poings l'oreiller humide sur lequel elle reposait sagement et silencieusement il y a si peu de temps.

Alertée par des sanglots bruyants et des bruits sourds, comme étouffés, Sue se dirigea vers la chambre de ses employeurs. Elle était surprise de ne pas encore avoir vue Madame Edward. Ce n'était pas dans ses habitudes de faire la grasse matinée.

La gouvernante frappa à la porte de la chambre à coucher.

Ne recevant pas de réponse, mais entendant toujours des pleurs, elle s'autorisa à rentrer et découvrit sa jeune maîtresse en larmes, nue et allongée sur le ventre, maltraitant de toutes ses forces un pauvre oreiller.

-Madame Edward ?

La jeune fille n'entendit pas l'appel de sa gouvernante. En s'approchant, cette dernière aperçut une partie des traces de sang. Elle pensa alors, à juste titre, que sa maîtresse pleurait d'avoir taché ses draps.

Elle ramassa le peignoir qui traînait sur le sol de la chambre et en couvrit la jeune fille pour qu'elle ne fut pas mal à l'aise par rapport à sa nudité, puis elle s'assit auprès d'elle.

Lorsque Bella sentit un tissu de satin frôler son dos, elle se redressa et aperçut, entre ses pleurs, Sue. Elle enfila les manches, referma grossièrement le pan du devant pour dissimuler sa poitrine et se précipita dans les bras de celle qui lui proposait de la réconforter.

-Oh ! Sue ! Prononça-t-elle entre deux sanglots. C'est affreux !

-Calmez-vous, Madame. Il n'y a pas à avoir honte d'avoir taché vos draps. Cela arrive à toute femme réglée. Vous ne devriez pas vous mettre dans des états pareils pour si peu.

-Mais que va dire Edward ? Parla Bella d'un ton angoissé.

-Monsieur n'en saura rien. Je vais ôter vos draps et les nettoyer. Je peux vous assurer que votre époux ne remarquera même pas que la couleur de votre parure de lit a changé. Les hommes ne prêtent pas attention à ce genre de détails.

-Peut-être... Approuva Bella, ses pleurs un peu calmés. Toutefois, il va voir que j'ai mes règles.

-Oui, certes... Sue ne voyait pas où sa jeune maîtresse voulait en venir. Je pense que Monsieur sait que c'est le lot mensuel de toutes les femmes.

-Il va comprendre que je ne suis pas enceinte, il va être en colère, chuchota Bella en baissant la tête, comme si elle était honteuse d'avouer une telle chose, comme si ses paroles prouvaient qu'elle n'avait pas rempli son devoir d'épouse.

Sa respiration s'emballa à cette constatation.

-Madame Edward, je vous en prie, respirez doucement ! Lui demanda Sue. Votre époux est un homme sensé. Cela ne fait qu'un mois que vous êtes mariés. Il ne peut pas vous reprocher de ne pas être déjà enceinte.

-Comment le savez-vous ? L'invectiva Bella. Il n'y a rien qui vous prouve le contraire.

-Et pourquoi pensez-vous qu'il va se mettre en colère si vous n'êtes pas enceinte ? Sue retourna la question de Bella contre la jeune fille. Vous a-t-il mis une quelconque pression sur les épaules pour que vous enfantiez rapidement ?

-Non, nous n'avons encore jamais évoqué le fait d'avoir des enfants. Mais c'est ce que tout homme attend de son épouse, n'est-ce pas ?

-Pas systématiquement... Il est parfois bon pour un jeune couple de prendre du temps pour vivre à deux. Sue expliqua. Mon fils n'est né que la troisième année de mon mariage, cela nous a permis à mon époux et moi-même de profiter de ce temps sans enfant qui nous a été offert.

-Oh ! Bella était sidérée. Cela allait à l'encontre de tout ce qu'on lui avait appris.

-Pourquoi pensez-vous que Monsieur Edward va vous reprocher le fait que vous ne soyez pas enceinte si vous n'avez encore jamais parlé d'enfant ensemble ? Certes, concevoir un enfant est la suite logique et attendue d'une union, mais elle n'est pas forcément immédiate.

Bella haussa les épaules, tout en restant appuyée contre Sue qui la tenait toujours dans ses bras, même si ses pleurs s'étaient taris.

-Si ce n'est pas Edward qui me le reproche, ce sera ma mère, avoua la jeune fille.

Sue aurait mis sa main à couper au feu qu'il y avait une pression maternelle cachée sous les pleurs et les craintes de sa maîtresse.

-Madame Edward, excusez-moi si je vous parle de manière directe, mais Madame votre mère n'a pas à savoir que vous avez eu vos menstruations. Cela ne la concerne pas. En aucune façon. Le ton de la gouvernante était limpide et sans concession. Bella en était bluffée. Elle comprenait désormais pourquoi Renée la critiquait tant. Quant à la conception d'un futur enfant, c'est une discussion que vous devriez avoir avec votre époux à son retour de Lyon. Et non avec votre mère !

-Je n'oserai pas aborder ce sujet avec Edward... C'est trop...

-Trop quoi, Madame ? Trop intime ? Pourtant, vous allez devoir le mettre au courant de votre cycle.

-Mais... Grimaça-t-elle. Ce ne sont que des affaires de femmes...

-Oui, c'est ce que vous avez appris lorsque vous étiez une jeune fille. C'était un sujet que vous ne deviez évoquer avec personne, sauf avec la domestique qui nettoyait vos draps et vos sous-vêtements...

Et ma mère, rajouta Bella en pensée..., ma mère qui contrôlait que chaque mois, j'étais réglée, signe symbolique de l'absence de grossesse.

-Désormais, vous êtes mariée. Votre époux vous aime, Madame. Cela se voit tant, lui assura Sue en souriant. Il attend de vous que vous lui parliez de votre indisponibilité pour... Pour être totalement à lui, compléta simplement Sue en observant les rougeurs sur les joues de sa jeune maîtresse. Je suis presque sûre que Monsieur Edward ne vous reprochera pas vos menstruations, et qu'il sera heureux si vous évoquiez avec lui votre envie d'une future grossesse.

-Comment pouvez-vous être aussi sûre de vous et de sa réaction ?

-Je ne sais pas, Madame. J'ai toujours saisi et lu facilement les personnalités de ceux qui m'entouraient.

-Oh ! Sue ! Que j'aimerai pouvoir dialoguer avec ma mère comme je le fais avec vous. Vous trouvez toujours les mots pour me rassurer.

-Je vous en prie, Madame. Sue était ravie du compliment de sa jeune maîtresse mais ne préférait pas réellement rebondir dessus pour ne pas être accusée de prendre la place de Madame Swan. Avez-vous besoin d'aide pour votre toilette ?

-Oh ! Non ! Je vous remercie. Je vais y aller de suite, déclara Bella en se levant.

-Je vais m'occuper de nettoyer et changer vos draps.

-Merci beaucoup.

Bella prit des vêtements propres dans sa penderie et se dirigea, le cœur plus léger, vers la salle de bain.

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Chapitre publié le 22 juin 2012

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Prochain chapitre : Règles et Stress (partie 2).

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Pour la publication du prochain chapitre, comptez environ une dizaine de jours d'attente (hum... peut-être même moins ! Je vais tout faire pour être plus rapide que cette fois-là).

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Portez-vous bien !

À bientôt ! AliLouane

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