Bonsoir chères lectrices !

Tout d'abord, un grand merci pour vos nombreuses reviews, mises en alerte et favoris. Les réponses aux anonymes se situent en bas de ce chapitre. Certaines lectrices m'ont dit ne plus recevoir les alertes pour la mise à jour, j'avoue franchement que je ne sais pas comment faire pour résorber ce problème. Si quelqu'un a la solution, je suis intéressée. Dans ce cas, laissez-moi un MP ou une review.

Ensuite, je pensais publier en milieu de semaine. Comme je vous l'ai dit, ce chapitre était déjà écrit quand j'ai publié le précédent. Or, j'ai eu un BIG problem : ma free box m'a lâchée ! Elle ne marche plus ! Et je vous avoue que vivre sans internet à l'heure actuelle est un véritable ENFER ! Depuis mardi, je n'ai plus de connection chez moi, et c'est l'HORREUR ! Je profite ce soir de la connection d'une amie pour répondre aux reviews et publier ce chapitre. J'ai aussi commandé une nouvelle box : elle doit arriver d'ici 7 à 10 jours...

Désormais : place à la lecture ! J'attends déjà avec impatience vos réactions !


Avertissement de l'auteur : ce chapitre peut heurter la susceptibilité de celles qui portent actuellement la vie.


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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre XVI – Drame

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Chaque nuit, Bella s'endormait dans les bras d'Edward, reposant sur son torse musclé, les mains posées délicatement sur son ventre.

Une douleur fulgurante réveilla Bella. Elle essaya de s'asseoir contre ses oreillers, ce qui provoqua un déchirement dans son bas-ventre. Elle gémit, se mordant les lèvres pour ne pas hurler sa souffrance.

Incapable de bouger par peur de souffrir davantage, elle décida de réveiller son époux.

-Edward ! L'appela-t-elle doucement. Edward !

Constatant l'inefficacité de sa parole, elle tendit le bras pour remuer l'épaule de son mari. Ce geste engendra une nouvelle douleur qui fit perler ses larmes et réveilla enfin son conjoint.

-Bella ? Que se passe-t-il ?

-J'ai mal ! Répondit-elle d'une voix chargée de sanglots.

En moins de deux secondes, Edward fut debout, réveillé et alerte, prêt à agir pour le mieux pour son épouse et leur enfant.

-Déjà ? Mais ce n'est pas...

-Edward, geint Bella. J'ai... peur...

Ce n'était pas dans les habitudes de Bella de se plaindre. Edward ne l'avait jamais entendu s'apitoyer sur elle-même. Elle soutenait d'ailleurs que son seuil de tolérance à la douleur physique était plutôt élevé.

Entendant la souffrance vocale de sa femme, le jeune homme surpris alluma la lampe de chevet pour constater l'étendue de la douleur qu'elle vivait et pour la soutenir moralement.

La tragédie se joua sous leurs yeux qui ne pouvaient croire cela.

L'horreur !

Une catastrophe !

Un véritable drame !

Constatant l'horreur sanglante et rougeoyante qui s'étalait sous leurs yeux dans leur lit, Bella paniqua et suffoqua.

Du sang !

Du sang tachait la chemise de nuit de son épouse et les draps blancs de leur lit.

Edward ne savait pas ce qu'il se passait, mais il se doutait déjà que ce n'était pas normal. À quatre mois de grossesse, sa femme ne devrait pas perdre de sang. Ni maintenant ! Ni jamais !

-Bella, calme-toi ! Respire ! Pense à l'enfant ! Respire !

Sa douce voix assagit la respiration délirante et saccadée de son épouse.

-Edward, j'ai mal, se plaignit-elle, luttant contre ses larmes.

-Je sais, je sais. Ne t'inquiète pas. Il embrassa sa tempe. Ne bouge pas. Je t'emmène immédiatement àl'hôpital.

Edward se précipita sur ses vêtements de la veille, les enfila en quatrième vitesse sans boutonner sa chemise. Il enveloppa doucement son épouse qui tremblait dans une couverture chaude et la prit tendrement dans ses bras s'efforçant de la brasser le moins possible pour qu'elle ne souffre pas d'avantage. Il descendit les escaliers et se rendit sur le parking où était garée leur voiture.

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Jamais Edward n'avait conduit aussi vite que cette fois-ci.

Que n'aurait-il pas donné pour posséder une sirène de police comme celle de son beau-père.

Même si la circulation était peu dense au cœur de la nuit, il avait fait usage massivement de son klaxon et s'était garé de façon fort inédéquate sur le parking des ambulanciers devant l'entrée des Urgences.

-Hey ! Vous ne pouvez pas vous garer ici...

-Mon épouse ne va pas bien, expliqua durement Edward en sortant de la voiture. Il se précipita du côté passager pour porter à nouveau Bella et la mener à l'intérieur. Aidez-moi ! Cria-t-il

-Que se passe-t-il ? S'avança l'une des infirmières vers le jeune couple.

-Ma femme perd du sang !

-Déposez-là sur ce lit, lui désigna-t-elle. Madame, comment-vous sentez-vous ?

Edward ouvrait les pans de la couverture qui recouvrait sa femme : elle était blanche comme un linge, ses traits étaient marqués par la souffrance qu'elle ressentait.

-J'ai mal... Se plaignit-elle tout en essayant de rester attentive aux questions. Elle s'accrocha à la main de son mari.

-Où ? Questionna l'infirmière.

-Dans le bas-ventre... Comme si on me déchirait de l'intérieur...

L'infirmière souleva la chemise de nuit rougie de sa patiente pour la palper, ce qui la fit à nouveau hurler de douleur.

-Ma femme est enceinte de quatre mois, précisa Edward.

-Cours chercher le docteur Laurent, ordonna l'infirmière de garde vers l'une de ses subalternes. Depuis quand perdez-vous du sang ?

-Je ne sais pas... C'est la douleur qui m'a réveillée...

-Nous n'avons constaté la présence de sang qu'en allumant la lumière de notre chambre, rajouta son époux.

-Y avait-il des signes de sang hier soir avant votre coucher ? Les interrogea-t-elle de façon suspicieuse.

-Non, aucun ! Affirma Bella du ton le plus convaincant possible qu'elle était capable de prendre tout en supportant la douleur.

-Pourquoi ce genre de question ? Se tendit Edward. Ne pensez-vous pas que si nous avions remarqué le moindre indice hier soir, nous ne serions pas venus le plus rapidement possible ?

L'infirmière fut dispensée de répondre du fait de l'arrivée du médecin dans la pièce.

-Que se passe-t-il ici ?

L'infirmière de garde résuma la situation.

-Jeune femme d'une vingtaine d'années, enceinte de quatre mois, dit avoir été réveillée par des douleurs atroces lui déchirant le ventre, a constaté la présence de sang sur ses vêtements de nuit. L'examen de la palpation du ventre à main nue la fait souffrir intensément.

-Une FC ? Demanda le médecin dans son patois médical.

-Ça m'en a tout l'air, approuva l'infirmière.

-Est-elle spontanée ou aidée ?

-Je ne sais, je n'ai pas eu le temps de faire un examen plus approfondi...

-Bien, nous allons vérifier cela. Monsieur, je vous prierai de sortir, exigea le médecin d'Edward.

-Non ! Essaya de lutter faiblement la jeune fille, vers laquelle se tourna le médecin afin de lui expliquer l'examen qu'il allait pratiquer sur elle.

-Mademoiselle, je vais vous de...

-Madame ! Trancha Edward d'un ton froid et distant tout en reprenant la main de son épouse.

Il était déjà furieux des questions inquisitrices de l'infirmière qui n'avait qu'examiner superficiellement Bella. Il bouillait littéralement depuis l'entrée du médecin dans la salle des urgences, se gardant d'intervenir alors qu'il ne voulait que cela.

-Pardon ? Le médecin était interloqué.

-Votre infirmière ici présente n'a même pas pris la peine de demander l'identité et l'âge de mon épouse, reprit Edward glacialement. Elle s'appelle Isabelle Cullen et a dix-huit ans, pas vingt ans ! Et tant qu'elle me demandera de rester, je serai présent à ses côtés, insista-t-il. Enfin, pourriez-vous avoir la décence de vous exprimer clairement devant nous ? Et non dans votre jargon professionnel !

-Madame, le médecin se tourna vers sa patiente, souhaitez-vous que votre mari reste auprès de vous ? Bella montra son accord d'un signe de tête. Bien, je vais devoir examiner intimement, lui expliqua-t-il alors qu'il enfilait des gants en plastique. Cela ne va pas forcément être agréable pour vous mais je dois vérifier si le fœtus est toujours accroché. L'infirmière installa un drap blanc sur le ventre et les jambes de la patiente. Pouvez-vous plier les jambes, les relever et les écarter, s'il vous plaît ?

Dans un mouvement qui la fit souffrir et se mordre la lèvre pour éviter une plainte orale, Bella fit ce qu'on attendait d'elle. Elle était très gênée. Elle essayait de penser à autre chose, de se concentrer sur le beau visage de son époux, sur la chaleur de sa main dans la sienne pour oublier cet examen douloureux et humiliant.

Depuis que le médecin s'était assis et était dissimulé par le drap blanc qui recouvrait ses jambes pliées, la jeune fille pouvait presque faire abstraction de sa présence... Si ce n'était le toucher léger mais douloureux qu'elle ressentait sur cette partie si intime de son anatomie. Un geste un peu plus brusque du médecin la fit à nouveau gémir.

-L'examen est terminé, conclut le médecin. Madame, vous pouvez rallonger vos jambes sur le lit.

Il se leva, retira ses gants ensanglantés et se lava les mains pendant que l'infirmière s'était emparé d'un dossier médical qu'elle noircissait progressivement.

-Docteur ? L'appela Edward. Que se passe-t-il ? Le jeune homme était tendu, il avait instinctivement compris que la situation était dramatique. Et pouvez-vous donner un calmant à ma femme afin qu'elle ne souffre plus physiquement, ou souffre moins, s'il vous plaît ?

Le docteur Laurent revint vers eux, s'assit à leurs côtés, l'infirmière dans son dos.

-Madame, Monsieur, je n'ai pas une bonne nouvelle à vous annoncer.

-Non ! Gémit Bella comprenant où il voulait en venir. Non ! Tout mais pas ça ! Elle commença à se débattre dans le lit, souhaitant s'asseoir sans le pouvoir.

-Bella, calme-toi, écoute d'abord ce que le médecin doit nous dire, tenta Edward.

-Non ! Résista-t-elle. Mon bébé ! Où est-il ?

-Le fœtus n'a pas tenu. Votre corps a expulsé une partie du sac gestationnel.

-Mon bébé ? Bella poussa un cri strident angoissé tout en déposant ses mains sur son ventre presque plat. Les larmes affluaient dans ses yeux, coulaient le long de ses joues rosies par la souffrance.

-Je suis désolé, reprit le médecin, mais vous n'êtes plus enceinte.

-Non ! Je ne veux pas... Ce n'est pas possible ! Edward, est-ce qu'il ment ?

-Non, Bella. Le jeune homme passa nerveusement une main dans ses cheveux. Il voyait bien que son épouse perdait les pédales et ne savait pas comment enrayer cela. Elle était sous le choc.

-De plus, l'expulsion du placenta n'est que partielle... Nous devons pratiquer un curetage.

L'infirmière s'éclipsa puis revint quelques minutes plus tard.

-C'est une opération ? Demanda Edward.

-Oui, confirma le médecin. Une opération assez simple en règle générale. Elle dure à peine plus d'une heure. Votre épouse sera endormie sous anesthésie générale. J'ai besoin de connaître ses antécédents chirurgicaux si elle en a.

Constant que son épouse était totalement amorphe, comme si elle n'était plus dans leur monde, Edward remua négativement la tête.

-Non, elle n'a jamais été hospitaliseé. Pas à ma connaissance.

-Lorsque l'opération sera terminée, Madame Cullen ne restera hospitalisée que trois jours.

-J'ai réservé le bloc opératoire numéro 1, annonça l'infirmière qui revenait. Il est libre jusqu'à six heures du matin.

-Bien, allons-y le plus rapidement possible.

Edward et le docteur Laurent déposèrent Bella sur le brancard qu'avait ramené l'infirmière, qui le poussa vers l'ascenseur. Ils montèrent jusqu'à l'étage chirurgical.

-Monsieur, vous ne pouvez venir plus loin, lui apprit l'infirmière. La salle d'attente est là, sur votre gauche. Maggie, notre infirmière de bloc, viendra vous y retrouver dès que votre femme sortira du bloc.

-Je vous remercie ! Est-il possible de passer un appel ?

-Bien sûr ! Au bureau des admissions ! Il est au bout du couloir à droite.

-Bella, tout va bien se passer. Il se pencha sur sa femme éplorée et toujours absente bien qu'éveillée. Son regard vide l'emplit de détresse. Je t'attends là. Il embrassa affectueusement sa tempe, cherchant à la faire réagir. Sans succès.

-Elle ira mieux après l'opération, avança l'infirmière. Lorsqu'elle aura digéré le choc et qu'elle ressentira moins la douleur physique.

L'infirmière poussa le brancard dans la salle opératoire, où se préparaient le docteur Laurent, l'anesthésiste et l'infirmière de bloc.

-Maggie, voici Madame Cullen montée pour un curetage.

-Merci, je prends le relai, répondit l'infirmière de bloc à l'infirmière des urgences qui quitta le bloc rapidement. Bonjour Madame. Je me nomme Maggie et je vais assister le docteur Laurent dans votre opération.

Dans un état toujours proche de la catatonie, Bella ne réagit pas à ces gentilles paroles, ni à la douceur des gestes qu'elle effectuait avec légéreté pour déshabiller sa patiente et lui faire revêtir une chemise de bloc.

-Alors c'est parti pour la première opération du 22 avril ! Annonça l'anesthésiste en entrant dans le bloc alors que Bella sursauta. Nous commençons la journée de manière bien matinale. Qui est la patiente ?

-Madame Isabella Cullen, enceinte de quatre mois, venue aux urgences pour des crampes et des saignements aux Urgences, expliqua rapidement le docteur Laurent. Fausse couche spontanée, mais le placenta n'a pas été évacué totalement de manière naturelle. En état catatonique depuis l'annonce de la fin de grossesse.

-Elle a quand même réagi quand vous êtes entré dans le bloc, précisa Maggie à l'anesthésiste.

-Ah bon ? Je n'ai rien remarqué !

-C'était léger. À peine un sursaut.

-De toute façon, je vais l'endormir au masque, annonça l'anesthésiste. Nous nous préoccuperons de son état psychologique après l'opération, à son réveil. Êtes-vous prêts ?

-Oui, répondirent conjointement le docteur Laurent et Maggie, masqués, habillés de blouse et gantés.

-Début de l'opération le 22 avril à 5h24.

-22 avril..., murmura Bella d'une voix sourde.

-Elle a réagi ! S'enthousiasma Maggie, heureuse de voir la jeune fille sortir de la torpeur dans laquelle elle s'était enfoncée. Elle a parlé !

-Es-tu sûre de toi ? L'anesthésiste était sceptique.

-Oui, elle a répété la date que tu viens d'annoncer. Maggie se tourna vers sa patiente. Tout va bien se passer, Madame, nous allons bien nous occuper de vous. Votre époux vous attendra à la sortie du bloc. Elle faisait tout pour la rassurer.

-Bon, on ne va pas y passer la nuit quand même ! S'impatienta le docteur Laurent.

-22... avril..., chuchota à nouveau Bella.

-Oui, c'est la date d'aujourd'hui, confirma Maggie alors que l'anesthésiste avançait le masque sur le visage de sa patiente pour l'endormir.

-22 avril..., répéta une dernière fois cette dernière, sa voix s'affaiblissant progressivement. Je tue... Je tue tous mes bébés... le 22 avril..., murmura-t-elle avant de sombrer dans l'inconscient.

Cette dernière phrase sidéra les trois membres du personnel médical.

-Je croyais que c'était une fausse couche spontanée ! S'emporta l'anesthésiste contre le docteur Laurent.

-Je le croyais aussi ! Contra ce dernier.

-Et bien ça m'a plutôt l'air d'être un avortement clandestin qui aurait mal tourné ! Clama l'anesthésiste. Tu sais que je n'aime pas cela ! Pas du tout ! Je suis contre ces briseurs de vie humaine ! Sans compter que je ne voudrais pas que le conseil de l'ordre croit que nous pratiquons illégalement des avortements ici et que nous ayons des problèmes avec la justice pénale par la suite ! Je ne veux pas perdre mon droit d'exercer pour ce type de connerie !

-Tu connais ma position sur ce sujet ! Nous avons la même ! J'étais convaincu qu'il s'agissait d'une fausse couche spontanée. Je vais aller interroger à nouveau le mari. Ça se trouve, ils ne sont même pas mariés et il s'est peut-être déjà barré !

-Messieurs ! Les interrompit vivement Maggie. Ne pourrions-nous pas nous occuper de notre patiente avant d'enquêter ? Elle se vide de son sang.

-Elle mériterait de mourir après ce qu'elle vient de faire subir à son enfant, grogna l'anesthésiste.

-J'ai peine à croire qu'elle ait fait cela volontairement, reprit Maggie. Elle semblait si choquée par ce malheur.

-Peut-être pour cet enfant-là, approuva le docteur Laurent, qui lança l'opération, installant la machine pour aspirer les résidus du placenta sur sa patiente. Mais, à mon avis, il y a anguille sous roche concernant la ou les premières grossesses. Opérons ! Nous enquêterons ensuite et préviendrons la police si nous avons le moindre doute !

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Sa femme ayant disparu dans le bloc opératoire, Edward se dirigea vers le bureau des admissions pour téléphoner.

Il était conscient qu'il avait besoin d'aide, que Bella avait besoin d'aide tant elle semblait choquée, et il savait que la seule personne en mesure de les aider était son père.

Il composa rapidement le numéro de Carlisle et d'Esmé. La sonnerie retentit plusieurs fois dans le combiné avant que le clic indiquant que quelqu'un décrochait ne se fisse entendre.

-Allo ?

-Papa ? C'est Edward !

-Qu'y a-t-il fils ? Quel problème... ?

-Comment sais-tu qu'il s'agit d'un... ?

-Edward, il est à peine plus de cinq heures ! Dis-moi ce qu'il se passe !

-C'est Bella ! Elle a eu des crampes et des saignements...

-Emmène-la à l'hôpital le plus rapidement possible,ordonna son père en le coupant brutalement.

-Nous y sommes déjà... Les nouvelles ne sont pas bonnes... Pas du tout..., soupira tristement le jeune homme en pensant à toute la souffrance physique que sa femme endurait, à toute la souffrance morale qu'elle allait devoir traverser, Le médecin qu'il la examinée a dit qu'elle avait perdu l'enfant. Elle est complétement choquée, et je crois... que moi aussi... En plus, elle est actuellement au bloc pour un curetage. J'attends des nouvelles du chirurgien... Papa, j'ai peur... pour elle...

-Ok, j'arrive immédiatement Edward. Je devrais être là vers six heures.

-Merci papa ! À tout de suite !

Le jeune homme raccrocha soulagé de savoir que son père sera là dans une demi-heure. Il rejoignit alors la salle d'attente, où l'infirmière de bloc devait venir le retrouver pour lui donner des nouvelles de son épouse.

Incapable de rester en place assis sur un siège, il faisait les cent pas dans cette petite pièce, tournant en rond comme un poisson rouge dans un bocal, se récapitulant les dernières heures passées en compagnie de sa femme à la recherche du moindre indice qu'ils auraient pu repérer pour éviter cette tragédie.

Pourquoi devaient-ils vivre ce drame alors qu'ils étaient si heureux ensemble depuis leur mariage ? Pourquoi eux ? Pourquoi ?

-Edward ! Il reconnut sans peine la voix fraiche d'Esmé.

-Esmé ! Tu es aussi venue avec papa.

-Oui, c'était une évidence ! Elle l'enlaça chaleureusement. Je pense que Bella va avoir besoin de tout le soutien que nous pouvons lui apporter.

-As-tu des nouvelles ? Demanda son père.

-Non, pas encore ! Il regarda sa montre. Pas avant un bon quart d'heure, je pense.

-Que s'est-il exactement passé ? Questionna Carlisle.

Edward raconta avec force de détails la terrible nuit qu'il venait de vivre avec Bella.

-Pauvre enfant ! Murmura Esmé, les larmes aux yeux, lorsqu'il eut achevé son récit.

Esmé n'avait jamais pu avoir d'enfant. Elle ignorait donc ce qu'était la terrible douleur de perdre celui qui poussait en son sein. Mais elle connaissait trop la souffrance qu'elle ressentait chaque mois au début de son mariage lorsqu'elle constatait qu'elle n'avait pas enfanté. Seul tout l'amour de Carlisle et le fait d'avoir pu se considérer comme une seconde mère pour Edward lui avait permis de surmonter cette peine. Elle ressentait donc une forte empathie pour sa jeune bru, qui souffrait actuellement la pire douleur que pouvait connaître une mère.

-Monsieur Cullen ? L'appela le docteur Laurent en entrant dans la salle d'attente, suivi de Maggie.

-Oui ! Se redressa vivement Edward. Comment va ma femme ? Puis-je la voir ?

-Pas maintenant, nous avons d'abord quelques questions à vous poser, le contra le médecin.

-Mais...

-Laisse-lui te poser ces questions, Edward, tu ne peux de toute façon pas la voir immédiatement, elle doit être encore endormie à cause de l'anesthésie, lui expliqua Carlisle.

-Dites-moi comment elle a supporté l'opération avant ! Et quelles sont ces fichues questions ? Edward rendit les armes.

-Votre épouse a-t-elle avorté clandestinement ?

-Pardon ? Edward était sidéré, il se demandait si son esprit avait bien entendu la bonne question.

-Au vue de votre réaction, vous ne deviez pas être au courant. Votre épouse a-t-elle volontairement provoqué l'interruption de grossesse ? Connaissez-vous son complice ? A-t-elle consulté une faiseuse d'ange ? J'imagine que lorsque vous avez constaté les saignements, vous avez pris peur et l'avez amené à l'hôpital...

-Comment osez-vous insinuer une telle horreur sur ma femme ?

Le jeune homme était furieux, prêt à exploser contre le médecin. Sa main passait nerveusement dans ses cheveux avant de venir se positionner sur son nez pour pincer ses narines afin de rechercher un semblant de lucidité.

Carlisle et Esmé ne pouvaient croire les propos accusateurs de ce médecin. Ils étaient prêts à intervenir au moindre signe de faiblesse de leur fils.

-Monsieur, votre épouse, si elle est réellement ce qu'elle prétend être, a commis un crime. Si vous la couvrez, vous devrez répondre de vos actes devant le tribunal pénal...

-Je sais, je connais la loi, docteur Laurent, je suis avocat, l'interrompit vivement Edward qui avait récupéré son sang froid ainsi que sa voix, claire et sûre, qu'il utilisait lorsqu'il plaidait au tribunal devant la cour de justice. Mais je vous défends de porter de telles accusations contre mon épouse. Elles sont totalement fausses et diffamatoires, et je n'hésiterai pas à porter plainte à votre encontre si vous persistez dans votre choix. Bella n'a pas tenté d'avorter de manière illégale.

-En êtes-vous sûr et certain ? Avez-vous passé la journée d'hier avec elle ?

-Elle n'aurait jamais fait cela ! Je le sais ! J''ai confiance en elle ! Nous nous sommes mariés en septembre dernier et nous souhaitons tous les deux avoir des enfants ! Vous n'imaginez pas sa joie lorsqu'elle a appris du docteur Banner qu'elle était enceinte !

-Je ne peux que confirmer les propos de mon fils, docteur Laurent, avança Carlisle. Je suis moi-même un confrère du docteur Banner et je peux vous garantir que ma belle-fille est venue régulièrement se faire examiner. Par expérience, vous savez comme moi qu'une femme qui souhaite avorter dans la clandestinité dissimule le plus souvent sa grossesse au corps médical, et à son entourage.

-Et Bella était si heureuse de porter leur enfant en son sein ! Rajouta Esmé. Elle était rayonnante ces derniers mois.

-Comment va ma femme ? Je veux la voir maintenant ! Je ne veux plus supporter ni cette attente, ni cette mascarade ! S'irrita Edward. Comme si l'épreuve qu'elle traverse actuellement n'était pas assez difficile, il faut encore que vous doutiez de sa moralité et ses actes.

-Votre épouse a bien supporté l'opération, Maggie va vous conduire en salle de réveil d'ici quelques minutes. Le docteur Laurent se tut un moment puis reprit lentement. Maître, je m'excuse de m'être autant emporté, mais vous n'imaginez pas le nombre de femmes qui arrivent aux Urgences ensanglantées, voir entre la vie et la mort, suite à une pratique illégale. Il est de mon devoir de mener l'enquête.

-J'accepte vos excuses en mon nom. Vous devrez les formuler devant ma femme lorsqu'elle ira mieux. J'ose espérer que vous ne l'avez pas importunée avec de telles médisances.

-Docteur Laurent, puis-je savoir comment avez-vous pu conclure une telle insinuation sur ma belle-fille ? Interrogea Carlisle. Il est pourtant aisé de différencier les signes d'une fausse couche spontanée de ceux d'un avortement clandestin, sans compter que ma belle-fille est arrivée choquée dans les bras de son époux, et non pas seule ou en compagnie d'une soit-disant amie qui aurait pu être la faiseuse d'ange que vous évoquiez tout à l'heure.

-Effectivement ! Mes premières conclusions étaient une fausse couche spontanée, lui apprit le docteur Laurent. Mais une phrase que votre belle-fille a prononcé juste avant d'être anesthésiée a éveillé nos soupçons au bloc.

-Comment aurait-elle pu parler dans l'état catatonique dans lequel elle se trouvait ? Edward était sur ses gardes, se demandant quel argument le docteur Laurent allait encore sortir contre son épouse.

-Docteur Laurent ! Les interrompit une nouvelle infirmière en ouvrant violemment la porte de la salle d'attente. Vous êtes attendus immédiatement aux Urgences pour une césarienne.

-J'arrive, répondit-il. Maggie, je compte sur vous pour mener Monsieur Cullen et ses parents auprès de notre patiente.

-Bien sûr docteur Laurent. Venez ! Suivez-moi !

Alors qu'ils longeaient tous les quatre le couloir blanc de l'étage chirurgical, Edward demanda à l'infirmière de bloc :

-Qu'a donc dit ma femme avant de sombrer dans l'inconscience ?

-Êtes-vous sûr de vouloir le savoir, monsieur ? Il ne s'agissait probablement que d'un délire dû à la souffrance.

-Dites-moi, insista Edward.

Maggie s'arrêta devant une porte fermée, cloisonnant très certainement la chambre où reposait Bella.

-Elle a émergé de son état de choc lorsque l'anesthésiste a annoncé la date de ce jour. Textuellement, elle a prononcé ces mots : « Je tue tous mes bébés le 22 avril ». Ce qui n'a auccun sens puisque vous avez dit que vous étiez mariés depuis septembre dernier. Elle ne pouvait pas être enceinte en avril dernier, conclut logiquement Maggie. Sauf si elle avait un passé avant son mariage, ce qui, au vue de sa condition de jeune fille bourgeoise, me semble néanmoins peu probable...

Maggie entrouvrit la porte. Edward put ainsi voir sa Bella endormie, presque sereine, reposant sur un des lits blancs de l'hôpital. Il en oublia la dernière petite phrase que Maggie venait de prononcer et qui l'avait interloqué.

-Va-t-elle dormir encore longtemps ?

-Certainement jusqu'en début de matinée, répondit Maggie. Elle en a besoin. Son corps a été rudement éprouvé la nuit dernière. Et il va lui falloir beaucoup de forces lorsqu'elle se réveillera pour surmonter ce terrible choc psychologique.

-Puis-je entrer et rester à ses côtés ?

-Bien sûr, vous êtes son époux, approuva Maggie. Elle va avoir besoin de vous, du soutien de toute sa famille, rajouta-t-elle en regardant les parents d'Edward derrière lui. Mais n'oubliez pas qu'elle a besoin de repos, donc je vous conseille de n'entrer dans la chambre que un par un.

-Je vous remercie pour votre sollicitude, Maggie.

-Je vous en prie, Monsieur Cullen. C'est naturell. Je repasserai vers huit heures pour voir si votre épouse est réveillée, précisa-t-elle. N'en voulez pas au docteur Laurent, c'est un bon praticien, qui prend simplement à cœur la loi comme la santé de ses malades.

Edward haussa les épaules alors que Maggie tourna les talons et se dirigea vers le bureau des infirmières. Il allait pénétrer dans la chambre où reposait Bella lorsqu'Esmé l'appela.

-Edward ! Donne-moi les clefs de votre appartement ! Je vais aller vous chercher des vêtements propres, et puis il faut laisser un mot à Sue pour l'informer des événements de cette nuit.

-Je te remercie Esmé, je n'avais pas pensé à cela, répondit Edward en lui tendant ses clefs.

-Veux-tu que je t'accompagne, Esmé ? Proposa Carlisle.

-Non, reste avec Edward, il a besoin de toi. Je vais prendre un taxi. Elle rajouta. Edward, veux-tu que je fasses prévenir de ton absence au cabinet ?

-Non, merci, Esmé, je prendrai quelques minutes vers neuf heures pour appeler moi-même Paul et lui expliquer mon absence.

-Et... ?

-Oui ?

-Pour les parents de Bella ?

-Je ne sais pas. Edward, pensif, passa à nouveau une main dans ses cheveux désordonnés, comme si cela allait l'aider à réfléchir plus vite. Je devrai les appeler. Son père mériterait d'être prévenu. Mais j'ai peur que sa mère culpabilise Bella pour cette fausse couche, lui répétant inlassablement que c'est de sa faute. Je le crains vraiment. Il suffit de voir la pression qu'elle a mise sur les frêles épaules de mon épouse, lui reprochant de ne pas être enceinte dans le mois qui a suivi notre mariage.

-Attends donc que Bella soit réveillée, suggéra Carlisle. Elle te dira si elle souhaite que ses parents soient prévenus ou non.

-Bonne idée ! Merci papa ! À toute à l'heure Esmé !

Edward entra dans la chambre de Bella et s'installa au chevet de sa bien-aimée.

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Note de l'auteur : lorsque la fiction rejoint l'Histoire...

Aujourd'hui, pour confirmer une fausse couche spontanée, les gynécologues et obstréticiens utilisent l'échographe et vérifient l'activité cardiaque du fœtus. Parfois même, cette échographie est complétée par un bilan sanguin de la mère pour détecter le dosage des ß-HCG.

A l'époque, il n'y a pas d'échographe en France et je n'ai pas trouvé de quand datent les premières prises de sang pour doser les ß-HCG. Pour information, les premières échographies datent des années cinquante aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Et elles sont loin d'être aussi précises que celles d'aujourd'hui, surtout durant le premier trimestre.

Je ne travaille pas dans le domaine médical, donc il est possible que, malgré mes recherches, j'ai fait des erreurs dans les examens et l'opération que subit Bella au cours de ce chapitre (d'autant que nous sommes dans les années cinquante). Si tel est le cas, dites-le moi que je puisse modifier en conséquence la suite.

Enfin, je rappelle que l'IVG (=Interruption Volontaire de Grossesse) est légalisée en France par la loi Veil de 1975. La fiction se déroule à la fin des années cinquante.

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Chapitre publié le 7 septembre 2012

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Prochain chapitre : Dépression.

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Pour la publication du prochain chapitre (il est écrit à moitié), comme je l'ai dit en tête de ce chapitre, ma free box est cassée, je dois attendre la livraison de la nouvelle, soit 7 à 10 jours. Il faut donc espérer que la Poste soit rapide !

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Réponses aux anonymes (merci de vous être identifiées):

La fille : Oui, tu as eu malheureusement raison, Bella a fait une fausse couche. Elle va pouvoir bientôt parler à Edward... La révélation tant attendue s'approche... Désormais, le décor est posé, le déclic vient d'avoir lieu... à bientôt.

Ange0112 : Je suis ravie que tu aimes cette fiction. Tu nous rejoins à un moment clé de l'histoire, et difficile pour nos héros. Et malheureusement, tu as tout compris, Bella va vivre de nouvelles heures sombres... Mais elles seront le déclic pour qu'elle ose enfin se confier à son époux. À bientôt !

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À vos claviers !

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À bientôt ! AliLouane

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