Bonsoir chères lectrices !
Me revoilà enfin !
J'ai cru devenir folle !
J'ai bien reçu ma free box en temps et en heure, Madame La Poste ayant été gentille avec moi et me l'ayant livrée dans les délais impartis. MAIS après avoir réalisé tous les branchements, j'ai constaté qu'elle ne marchait pas ! Comme je suis une quiche en informatique, je me suis automatiquement imputée le problème, me disant que j'avais mal fait un branchement ou un truc de ce genre. Sauf qu'après avoir retourné le souci dans tous les sens, fait intervenir un pote (et même embêté mon voisin pro en info), rien ne marchait. Et oui, la free box que j'ai reçue était défectueuse !
D'où retour à l'envoyeur, demande d'échange, attente de la nouvelle box... Bref, tout ce bazar m'a privé d'Internet chez moi, et vous de la suite ! La voilà donc ! J'espère qu'elle vous plaira, même si elle est plutôt sombre... J'appréhende d'ailleurs un peu vos réactions... et les attends déjà avec impatience...
J'en profite également pour vous remercier pour vos nombreuses reviews, mises en alerte et favoris. Sans oublier vos encouragements ! Merci beaucoup !
Assez de blabla : maintenant, place à la lecture !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre XVII – Dépression
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Edward veillait sa femme, qui dormait encore suite à l'anesthésie.
Carlisle lui avait conseillé de dormir en attendant le réveil de Bella. Il devait lui aussi récupérer des forces. Mais Edward avait refusé. Il ne pouvait pas dormir. C'était impossible.
L'aube se levait. La lumière solaire pénétrait petit à petit au travers des persiennes blanches qui n'étaient pas complétement fermées.
Maggie était déjà passée à deux reprises pour voir si sa patiente était réveillée. Elle avait également vérifié ses constantes, qui étaient tout à fait satisfaisantes.
Esmé avait ramené des vêtements propres et des serviettes de toilette pour qu'Edward et Bella puissent se rafraîchir. Elle avait proposé son beauf-fils de veiller sa femme pendant qu'il ferait une rapide toilette. Edward avait encore une fois refusé.
Il voulait rester auprès de son épouse. Il voulait être là lorsque ses paupières s'ouvriraient sur son si beau regard chocolat.
Il voulait être auprès d'elle quand elle comprendrait toute l'ampleur du drame qu'ils allaient devoir traverser ensemble.
Edward était accablé par cette terrible tragédie. Toutefois il avait bien conscience que la peine qu'il ressentait serait encore plus exacerbée chez son épouse, qui avait porté leur enfant, qui avait souffert physiquement et douloureusement de ce drame.
Edward craignait qu'elle ne sombre totalement dans une profonde affliction et un désespoir dont elle se relèverait difficilement. Le jeune homme savait par avance que ce combat pour aller de l'avant serait difficile, d'autant plus qu'il supportait mal de voir son épouse souffrir. Il redoutait même que le mal être et la souffrance de son épouse suite à cet abominable coup du sort soient encore plus durs à vivre pour lui que la cruelle perte de leur enfant.
Bella bougea légèrement dans son sommeil. Sa respiration se modifiait progressivement. Son réveil ne tarderait pas.
Le jeune homme se rapprocha de son épouse encore endormie, caressant lentement ses beaux cheveux bruns éparpillés sur l'oreiller d'une blancheur immaculée du lit où elle était étendue. Elle se mit à sourire dans son demi-sommeil, comme si elle ressentait le doux toucher de son aimé.
Les traits de son visage semblaient apaisés, presque heureux. S'il avait eu le pouvoir de le faire, Edward aurait tout fait pour que le repos de Bella dure encore et encore pour qu'elle n'ait pas à affronter l'inexorable réalité qui les avait frappés la nuit dernière.
-Hum... Hum... Murmura Bella dans un état encore comateux, ses paupières fermées sur son délicieux regard chocolat.
La main d'Edward glissa alors, tout en douceur, de ses cheveux jusqu'à sa joue puis ses épaules pour remonter vers son visage.
-Edward, marmonna-t-elle tout en attrapant sa main dans l'une des siennes et les collant ensemble contre sa joue. Edward, j'ai eu... J'ai eu si peur...
-Peur ? Répondit-il interloqué, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
-J'ai fait un horrible cauchemar, frissonna-t-elle. Horrible ! Affreux ! Brrrr !
Elle fit glisser leurs mains jointes de sa joue à son ventre, le câlinant comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'elle était enceinte.
-Bella, l'appela-t-il d'une voix tendre, comprenant qu'elle n'avait pas saisi que son cauchemar était bien la réalité, l'horrible réalité à laquelle ils se devaient tous les deux de faire face. Ce n'était pas... Il s'interrompit subitement. Comment pouvait-il lui révéler le drame ? Quelle était la meilleure solution pour lui faire perdre toutes ses illusions ? En existait-il seulement une ? Je...
-Edward, viens près de moi, quémanda-elle.
Elle ouvrit légèrement les yeux et l'attira dans une étreinte, l'embrassant lentement sur les lèvres. Edward, penchée sur son épouse dans une position instable, faillit perdre l'équilibre. Ce n'est qu'à ce moment-là que Bella remarqua que le décor était différent.
-Mais... Ce n'est pas notre chambre... Où sommes-nous ? Elle était apeurée comme si elle commençait à comprendre en observant le cadre de l'endroit où elle était ce qui lui arrivait, ou plutôt ce qu'il lui était arrivé la nuit dernière. Non...
-Bella, nous sommes... Elle secoua négativement la tête comme si elle refusait de comprendre la vérité... Nous sommes à l'hôpital, avança Edward d'un ton prudent, craignant une explosion de douleur chez son épouse.
-Ce... Ce n'était donc pas un cauchemar, souffla-t-elle.
-Non, répondit laconiquement Edward en passant un bras autour de ses épaules pour la réconforter et en s'asseyant à ses côtés sur le petit lit de l'hôpital pour être le plus proche d'elle possible.
Des larmes perlèrent au coin des yeux de la jeune fille. Edward ne fit rien pour les arrêter, sachant qu'elles étaient une étape nécessaire pour débuter son deuil.
-Je suis vide ? Murmura-t-elle en déposant une main sur son ventre. Ne trouvant pas les mots, Edward se contenta d'acquiescer lentement. Je l'ai tué...Encore ! Je l'ai t...
-Non ! Intervint rapidement Edward pour interrompre son délire. Tu ne l'as pas tué ! C'est une fausse couche ! Ce n'est pas de ta faute, Bella ! Tu n'as rien fait pour cela. Tu n'y pouvais rien !
-Si, c'est moi qui suis une incapable... Sanglota-t-elle de plus en plus fortement. J'étais responsable de lui et je l'ai tué !
-Non, je t'interdis de tenir de tels propos, s'insurgea Edward. Bella, tu n'es pas fautive.
-Tu vas me détester, j'ai tué ton enfant...
-Non, Bella, non ! Écoute-moi !
Mais la jeune fille faisait abstraction de tout ce qui l'entourait. Plongée dans son malheur, sa tristesse, sa culpabilité, elle ignorait la présence de son mari et ses propos qui auraient pu la réconforter.
Ses pleurs s'accroissaient avec sa peine, sa culpabilité amplifiait avec sa honte. Elle s'imputait tous les torts, s'accusait de tous les maux, se dévalorisait en paroles et en gestes. Sa rage terrible se manifestait alors qu'elle essayait de s'arracher les cheveux, de se griffer, de taper l'oreiller de ses poings...
Elle ignorait la douleur qu'elle ressentait dans son bas ventre du fait de la perte du fœtus et de l'intervention chirurgicale. Elle poussait des cris terrifiants, pensant ainsi exorciser le mal-être qu'elle ressentait. Elle luttait contre ses démons, ceux du passé comme ceux du présent...
Ses propos devenaient du plus en plus incohérents. Edward n'arrivait plus à la suivre, ni à la calmer, encore moins à l'apaiser. Il ne réussissait pas à l'empêcher de se faire du mal. Avec ses ongles, elle avait déjà entamé les paumes des mains.
-Je les tue tous... Je suis une mauvaise personne ! … 22 avril... Tous morts... Tu vas me détester, me quitter, divorcer... J'ai menti... Morts à cause de moi... Edw... Elle hoquetait. Sa respiration semblait parfois s'arrêter et le jeune homme craignait qu'elle ne s'étouffe. Morts ! … Tous ! 22 avril... Mensonges... Je ne voulais pas ça... Je ne savais pas... Haine... Tu ne vas plus m'aimer... Tué ! Encore tué ! Toujours moi... Je ne vaux rien... Edward... Elle frappait contre le torse de son époux qui essayait de maintenir ses poignets pour retenir toute cette violence. Morts ! À cause de moi ! … Moi seule les tue... Moi...
Alertés par les cris, Carlisle et Maggie entrèrent précipitamment dans la chambre. Ils constatèrent en quelques secondes que Bella s'enfonçait dans un état proche de la folie, refusant la réalité qui était trop dure à supporter pour elle en ce moment. Son esprit semblait inaccessible comme si elle cherchait à se protéger.
-Depuis quand est-elle comme cela ? Questionna Maggie.
-Depuis qu'elle s'est réveillée... sauf les cinq premières minutes durant lesquelles elle a pensé que la nuit précédente n'avait été qu'un simple cauchemar. Je n'arrive pas à la calmer, ni à lui faire entendre raison.
-Morts à cause de moi... Tous morts... Edward parti... Je les tue tous...
-Chérie, chut, calme-toi...
-Il faudrait lui donner un calmant pour l'apaiser, suggérera Carlisle. Elle ne peut rester dans un tel état.
-Je préviens le médecin, répliqua immédiatement Maggie avant de sortir en courant de la chambre.
-Morts... 22 avril... Edward ne va pas aimer... Tous tués... Par ma faute... Mensonge... Je mens sans cesse... Ne veux pas qu'il parte...
-Chérie, calme-toi... Tout va bien se finir... Edward répétait inlassablement la même chose. Bella était toujours aussi incohérente dans ses propos, mais avait cessé de crier. Elle enfonçait ses ongles de plus en plus profondément dans ses paumes, ouvrant sa chair et créant ainsi de petits saignements.
-Sais-tu de quoi elle parle ? Interrogea son père.
Edward haussa les épaules.
-Pas vraiment... De moi, de sa peur que je parte à cause de la fausse couche, du bébé qu'elle vient de perdre...
-C'est vraiment curieux... On aurait presque l'impression qu'elle parle de deux enfants... Crois-tu qu'elle attendait des jumeaux ?
-Et comment pourrais-je le savoir ? S'agita le jeune s'inquiétait davantage pour la santé mentale de son épouse que de savoir ce qu'elle racontait. Le médecin qui a pratiqué l'intervention nous en aurait fait part, non ?
-Certainement, mon fils... Ne t'énerve pas. Je n'aurai pas dû poser ce genre de question... Elle ressent tout, elle va avoir besoin que tu sois là pour elle, fort, calme et sûr de toi.
-Edward... Reste...
-Je suis là, Bella, je suis là, se manifesta le jeune homme en serrant la main de son épouse pour qu'elle ressente sa présence.
La porte de la chambre s'ouvrit sur le docteur Laurent et l'infirmière Maggie.
-Morts... Je tue tous mes enfants... Ma faute...
-Est-elle ainsi depuis son réveil ? Questionna le docteur en préparant une intraveineuse sur le bras de sa patiente. A-t-elle été lucide ?
-À peine cinq minutes, avant qu'elle ne réalise qu'elle avait perdu l'enfant et que ce n'était pas un cauchemar, expliqua Edward d'un ton morne.
-Tous morts... ma faute. La voix de Bella s'éteignit dans un murmure lorsqu'elle fut plongée dans un état comateux.
-Elle va dormir quelques heures, expliqua le docteur Laurent, le temps pour elle que son esprit s'apaise. Lorsqu'elle se réveillera à nouveau, il faudra absolument qu'elle prenne conscience des événements récents mais aussi la rassurer. Elle sera en mesure d'avoir de nouveaux des enfants lorsque son corps sera remis de cette épreuve.
-Je vous remercie, Docteur, marmonna Edward le regard fixé sur Bella. Il était soulagé de voir sa femme enfin calme mais inquiet à l'idée de son prochain réveil.
Le médecin se dirigea vers la porte, suivi par son infirmière de bloc. Avant de sortir, il se retourna et osa interpeller le conjoint de sa patiente.
-Maître Cullen ?
-Oui ? Répondit Edward sans se retourner vers le docteur Laurent. Il était toujours concentré sur le sommeil de son épouse.
-Vous avez comme moi entendu les propos de Madame Cullen. Edward se retourna lentement vers le médecin pour lui faire face. Même si elle était en grande partie incohérente, il y a toujours une part de vérité dans les paroles des malades. Toujours, répéta-t-il d'un ton sans appel en regardant droit dans les yeux l'avocat aux yeux vert-émeraude. Et même s'il n'y a lieu d'avoir aucune suspicion concernant cette fausse couche, vous comprenez aisément que le doute soit permis pour les précédentes grossesses.
Le docteur Laurent salua poliment Maître Cullen et le docteur Cullen, leur promettant de revenir dans quelques heures voir l'évolution de sa patiente, puis il sortit de la chambrée, laissant derrière lui un silence pesant.
Maggie seule fut assez audacieuse pour rompre ce calme et s'adresser au jeune marié.
-Monsieur, je ne sais pas ce que vous connaissez du passé de votre épouse, mais ne la rejetez pas sans savoir. Écoutez-la, comprenez-la. Elle tient à vous et ne se relèvera pas sans votre présence, votre aide, votre amour. Devant l'absence de réaction d'Edward, elle précisa. Cette fausse couche n'est peut-être qu'une tragique conséquence d'un événement dramatique et traumatisant-Maggie insista sur ce dernier mot- qu'elle a vécu précédemment. Elle aurait peut-être aimé vous le confier mais il est possible qu'elle ait manqué de courage, à moins que quelqu'un n'ait fait pression sur elle pour qu'elle se taise...
Puis, à son tour, elle quitta la chambre, laissant le jeune homme seul avec son père et son épouse endormie.
Edward s'effondra sur le fauteuil à côté du lit. Ne sachant plus quoi penser, il passait et repassait nerveusement une main dans ses cheveux, se pinçant de temps à autre les narines pour retrouver son calme.
Il avait d'abord failli sauter à la gorge du docteur Laurent lorsque ce dernier avait relancé la polémique sur les précédents avortements de Bella. Mais, force avait été de constater que le médecin n'avait peut-être pas tort. Bella lui avait raconté son douloureux passé avec Démétri. Cette relation, aussi courte que tumultueuse fut-elle, avait peut-être engendré une grossesse non désirée, qui s'était soldée par un avortement.
Cependant, Edward ne comprenait pas pourquoi elle ne le lui avait pas révélé. Il aurait compris son action, le fait qu'elle soit perdue, si jeune et déjà enceinte, sans soutien marital. Il aurait pu le comprendre. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Pourquoi ?
Encore une fois ce fut le discours de l'infirmière qui lui avait ouvert les yeux : quelqu'un, et Edward savait immédiatement de qui il s'agissait, avait dû faire pression sur son épouse pour qu'elle se taise, pour qu'elle garde le silence total sur ce crime abject.
Edward bouillait de rage à l'égard de cette personne horrible qu'était Madame Swan qui, au lieu de soutenir sa fille en l'encourageant à se confier à son époux, l'avait contrainte au silence, poussant ainsi son corps à provoquer une fausse couche. Cette dernière ne pouvait que lui rappeler l'avortement qu'elle avait alors subi et la faire culpabiliser sur cette grossesse qu'elle n'avait pas menée à terme.
Edward frissonna de dégoût, revenant alors à la réalité, lorsqu'il perçut la voix de son père l'appeler.
-Edward ?
-Oui, père ?
-Il ne faut pas accorder du crédit à tout ce qu'ils viennent de te raconter... Ils doutent de toi et de ton épouse, mais ils voient de telles horreurs arriver aux Urgences que leur défiance est compréhensive. Toi seul connaît Bella, toi seul sait que tout cela n'est que mensonges...
Edward releva douloureusement la tête. Il comprenait qu'il était temps pour lui de révéler le passé de Bella à son père. Il ne pouvait pas lui mentir, il s'y refusait depuis qu'il avait compris que son père avait été si clairvoyant concernant la relation qu'il vivait avec Irina. De plus, il savait que son père pourrait leur être d'une grande aide, ne serait-ce que du point de vue médical.
-Papa... Je... Bella... Comment aborder ce sujet ? Comment le lui dire sans pour autant le décevoir ? Il se pinça à nouveau l'arête du nez. Je...
Un petit tapotement contre la porte l'interrompit subitement.
-Oui ? Entrez ! Informa Carlisle le visiteur opportun.
Esmé apparut chargée d'un plateau repas suffisant pour nourrir une demie douzaine de convives.
-Comment va Bella ? Demanda-t-elle gentiment en lançant un coup d'oeil attendrissant vers sa bru endormie. Je me disais que vous auriez peut-être de l'appétit, continua-t-elle devant le mutisme des deux hommes en déposant le plateau sur la table roulante.
-Je vous remercie Esmé, rétorqua agréablement Edward, mais je n'ai pas...
-Et même si ce n'est pas le cas, il faut que tu déjeunes, le coupa-t-elle délicatement. Pense à ton épouse ! Elle aura besoin de ta présence et que tu sois en forme pour l'aider ! Constatant l'air hagard de son beau-fils et celui interrogatif de son époux, elle questionna. Que se passe-t-il ici ? Vous ressemblez à deux individus qui auraient pu voir des fantômes ! Risqua-t-elle dans une tentative désespérée de faire de l'humour pour leur rendre le sourire qu'elle aimait tant voir sur leurs visages.
Edward prit son courage à deux mains pour affronter son père et sa belle-mère. Il se leva diligemment, proposa son fauteuil à Esmé et se lança tout en faisant les cent pas dans la chambrée, où reposait son aimée.
-Esmée, papa, je vais vous raconter quelque chose, mais il faut que vous me promettiez que vous n'allez pas juger Bella, ni la sermonner.
-Fils, que se passe-t-il ? L'interrogea Carlisle, qui prit immédiatement un air tendu sentant l'anxiété de sa progéniture.
-Bien sûr, nous te le promettons ! Déclara Esmé telle une évidence. Qui sommes-nous pour la juger ? Elle est ma bru et le restera, quoique tu nous dises à son sujet.
Edward sourit à sa belle-mère pour la remercier de son soutien inébranlable.
-Hum... Ce n'est pas facile à dire... Marmonna-t-il se demandant comment présenter les choses à ses parents sans les choquer et sans étaler la vie de son épouse sous leurs yeux. C'est juste que... Bella n'était pas totalement innocente le jour de notre mariage.
-Quoi ? S'emporta Carlisle. Je n'aurai jamais pensé cela d'elle !
-Carlisle ! Le gourmanda Esmé. Calme-toi ! Je t'en prie.
-Jamais je n'aurai cru qu'elle se jouerait de mon fils !
-Qui te dit qu'elle l'a fait ?
-Mais Esmé, as-tu entendu ce que vient de nous confier Edward ?
-Esmé a raison, les interrompit Edward avec rudesse. Bella ne m'a jamais menti. Elle me l'a avoué quelques jours avant notre mariage, profitant du seul moment où nous avons été seuls durant nos fiançailles, sa mère ayant été appelée au loin. Se souvenant de leur conversation sur la balancelle et de la culpabilité qu'éprouvait la jeune fille, Edward précisa. Elle pensait que je la quitterai lorsque je saurai qu'elle n'était plus pure. Sa mère lui avait défendu de me le dire, elle lui avait même expliqué comment me tromper pendant notre nuit de noces...
-Que cela ne m'étonne pas de Madame Swan ! Lança Esmé. J'ai toujours trouvé surprenant qu'elle contrôle autant les faits et gestes de sa fille.
-Je n'en reviens toujours pas ! Avoua Carlisle encore sidéré par cette nouvelle. Elle est si jeune, elle avait l'air d'un ange...
-Carlisle, le reprit Esmé pour le faire sortir de sa torpeur, je t'en prie, ressaisis-toi ! Ce n'est pas la virginité d'une femme qui fera qu'elle sera définitivement attachée à son époux. Tu es bien placé pour le savoir ! D'un signe habile, elle se désigna d'abord de son index puis le lança dans sa direction. Sans compter que Edward n'était pas lui non plus blanc comme neige ! Et puis, de toute façon, quel que soit leur passé respectif, leur couple était plus qu'heureux ces six derniers mois ! Ils s'aiment, c'était flagrant, nous en convenions tous !
-Oui bien sûr, admit enfin le docteur Cullen. Votre bonheur faisait plaisir à voir, j'espère que vous le retrouverez.
-Je l'espère aussi, continua Edward en regardant sa jolie jeune femme toujours endormie. Tu sais, papa, rajouta-t-il pour lui expliquer la conduite passée de cette dernière, elle n'a eu qu'un seul et unique amant, un homme sans scrupule qui l'a charmée et qui a surtout profité de sa crédulité et naïveté de jeune fille. Tout est allé si vite pour elle, qu'elle n'a pas vraiment compris ce qu'il se passait. Elle aurait même pu être plus traumatisée que cela. Je peux te dire qu'elle était anxieuse lors de notre nuit de noces, d'autant plus que sa mère lui avait mis une terrible pression sur les épaules en insistant pour qu'elle satisfasse le moindre de mes désirs.
-Quelle garce cette Renée ! S'emporta une nouvelle fois Esmé.
-Esmé ! La tança Carlisle.
-Oh non ! Je ne m'excuserai pas ! Lui rétorqua son épouse. Elle a la chance d'avoir une magnifique et adorable fille, et elle se comporte comme un tyran avec elle au lieu de l'aimer ! Je crois même que je vais encore plus la haïr quand Edward va nous raconter que c'est elle qui a forcé Bella à avorter, pour que personne ne sache que l'honneur de sa fille était entachée, pour que personne ne vienne ruiner la réputation de cette honorable famille que sont les Swan !
-Est-ce qui c'est passé ? Questionna rapidement Carlisle qui trouvait la théorie de son épouse trop mélo-dramatique, trop extrême.
-Je ne sais pas, souffla un Edward décontenancé qui passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux soyeux entièrement désordonnés maintenant. Je ne sais vraiment pas. Bella n'a jamais parlé de grossesse, encore moins d'avortement...
-Ce qui est logique ! Devant les regards ahuris des deux hommes, Esmé expliqua sa pensée. D'une part, Renée avait interdit à sa fille de parler à quiconque, pas même à Edward qui est pourtant son époux, du fait qu'elle a eu une relation hors-mariage. Elle poursuivit lentement avançant ses arguments un par un. D'autre part, si avortement il y a eu lieu, elle a dû certainement faire pression pour que sa fille se taise définitivement, quitte à la culpabiliser au maximum. Pensez donc ! L'avortement est interdit par la loi qui le sanctionne pénalement. Cela peut même aller jusqu'à la peine de mort ! Et Bella a épousé un avocat, qui connaît parfaitement la loi ! Elle conclut avec de l'amertume dans la voix. Bella ne peut que se sentir doublement coupable de ce crime.
-C'est parfaitement horrible ! Frissonna de dégoût Edward.
-J'ai toujours trouvé Madame Swan trop imbue d'elle même et surtout trop peu maternelle envers sa fille. Cela m'a toujours choquée ! Mais si vraiment, elle a poussé sa fille à avorter, peut-être même l'a-t-elle contraint pour sauvegarder les apparences, je ne supporterai plus de la voir sans lui avoir dit le fond de ma pensée ! S'irrita Esmé.
-Avant de s'emporter ainsi, il faudrait d'abord que nous ayons la version de Bella, avança Carlisle de manière logique. Pour l'instant, tout cela n'est que suppositions de notre part.
-Je te l'accorde, cher mari. Toutefois, en attendant le réveil de Bella, il serait bon que vous déjeuniez avant que votre repas ne soit totalement froid. Devinant le geste de refus qu'Edward s'apprêtait à faire, Esmé le devança. Et je n'apprécierai aucune opposition ! Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour ton épouse ! Je suis sûre qu'elle préférerait manger plutôt qu'être nourrie par une perfusion et abrutie de calmants.
Edward ronchonna mais s'avança vers le plateau repas pour se servir de toutes petites portions, histoire de ne pas avoir sa belle-mère sur le dos comme s'il avait dix ans et d'être en forme lorsque Bella se réveillerait.
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Lorsque Bella émergea de l'état comateux dans lequel elle avait été plongée, la première chose qu'elle sentit fut les doigts d'Edward caressant alternativement sa chevelure, puis sa joue. Ensuite, elle sentit son odeur musquée qui l'envoûtait tant. Enfin, elle ouvrit les yeux et put plonger dans l'océan vert-émeraude de ses yeux tant chéris.
-Edward...
-Oui, mon amour ? D'une voix claire et tendre, il essayait de lui faire comprendre qu'il serait toujours là, à ses côtés, qu'il l'aimant toujours, quelles que soient les circonstances que leur couple devrait traverser.
-Je ne suis plus enceinte, c'est pour cela que je suis à l'hôpital ?
-Oui. Te souviens-tu de... ? Elle acquiesça vivement, comme si elle ne voulait pas qu'il reparle de la crise de nerfs qu'elle avait fait quelques heures plutôt. Comment te sens-tu ?
Bella s'appuya sur le coude du bras qui ne portait pas la perfusion et tenta de s'asseoir. Edward vint l'aider à se redresser contre ses oreillers.
Enfin à son aise, la jeune fille haussa les épaules. Comment répondre à une telle question ?
-Pfff... Je ne sais pas... Fatiguée ! … Endolorie ! ... Perdue ! … Coupable !
-Pourquoi coupable ? Devant son silence, Edward la relança tout en s'asseyant à ses côtés. Tu n'as pas à te sentir coupable de cette fausse couche...
-J'ai forcément mal agi à un moment ou un autre... Mère dit toujours que le décès d'un enfant surgit lorsque la mère a fauté.
-Non, Bella, cela n'a rien à voir, intervint doucement Carlisle, se manifestant auprès de sa belle-fille. Les fausses couches sont bien plus fréquentes qu'on ne pourrait le croire, et elles ne sont en rien la conséquence d'un mauvais comportement de la mère. Sauf si cette dernière a ingéré des substances illicites comme les drogues ou a eu un comportement à risque en pratiquant des sports extrêmes... Ce qui n'est pas ton cas, n'est-ce pas ?
Bella remua négativement la tête. Elle semblait encore plus perdue. Elle n'avait jamais agi de manière inconsidérée, telle que le décrivait le docteur Cullen. De plus, cette fois-ci, elle était mariée, elle n'avait pas péché. Elle ne comprenait pas pourquoi Dieu s'acharnait à lui ôter ses enfants et à les faire mourir.
-Bella, est-ce que tu as faim ? Esmé tenta de lui changer les idées en lui proposant une compote de fruits.
-Je vous remercie, Esmé, mais juste l'odeur des aliments me soulève le cœur. Elle se tourna vers son mari. J'aimerai rentrer à la maison, être loin de cet hôpital de malheur...
-Tu pourras sortir demain midi si tous tes résultats sont bons, d'après le docteur Laurent, lui expliqua Edward.
-Demain, cela semble loin... Murmura la jeune fille dont l'esprit voguait déjà loin de l'hôpital. Oh ! Sue doit s'inquiéter de ne pas me voir à l'appartement ?
-Ne te tracasse pas, Bella. Je suis passée chez vous ce matin pour vous ramener des vêtements propres, lui raconta Esmé. Je l'ai prévenue. Elle te souhaite un prompt rétablissement. Je ne serai d'ailleurs pas étonnée de la voir venir te rendre visite cet après-midi.
-Elle est si gentille avec moi, je serai heureuse de la voir...
-Bella, en parlant de personnes à prévenir, souhaites-tu que j'avertisse tes parents que tu as été hospitalisée et que je leur en explique la raison ? Lui demanda Edward.
À la pensée de sa mère et de la façon dont elle réagirait lorsqu'elle apprendrait qu'elle avait perdu le bébé, Bella frissonna.
-As-tu froid ma chérie ? Esmé se levait et sortait déjà une couverture de l'armoire. De façon très maternelle, elle l'étalait déjà sur les jambes de Bella tout en en positionnant un morceau sur ses épaules.
-Merci Esmé, lui sourit Bella. Edward, oui, il faut les prévenir. Est-ce que tu pourras les appeler ? Je suis trop fatiguée pour le faire moi-même. Dis à Mère qu'il est inutile qu'elle se déplace à l'hôpital, je sais oh combien elle les déteste.
Sans explication supplémentaire, Edward, Carlisle et Esmé comprirent tous que Bella n'avait pas envie d'affronter sa mère et que, sous prétexte de faciliter la vie de sa mère, elle retardait le plus possible cette échéance.
-Bien sûr, je le lui dirai, ma chérie.
-Edward ?
-Oui ?
-Elle va... Je... Un sanglot glissa dans la gorge de Bella.
-Bella ? La jeune fille secouait nerveusement la tête, elle avait fermé ses paupières comme si elle cherchait à fuir tout ce qui l'entourait. Bella ? Est-ce que tu as mal quelque part ?
-Oui... Son époux lui tendait une perche qu'elle saisit immédiatement avant de se reprendre. Non... Je ne sais pas...
-Pourquoi paniques-tu ? La questionna gentiment Carlisle qui avait repéré une crise d'angoisse. Décidément la relation fille-mère chez les Swan était loin d'être le paradis !
-Je... Elle ne savait pas quoi répondre à son beau-père. Il l'effrayait même avec sa voix inquisitrice. Edward ! Appela-t-elle ce dernier à la rescousse en saisissant sa main pour être sûre qu'il reste proche d'elle.
-Bella ! Je suis là, je reste à tes côtés, lui répondit-il vivement en glissant un bras par dessus ses épaules. Il la déplaça légèrement pour qu'elle puisse s'appuyer contre son torse afin qu'elle puisse sentir sa présence, sa chaleur, son soutien. Ce geste eut pour effet d'apaiser rapidement son aimée. Bella ? Elle leva son visage doucement vers la voix qui l'appelait si tendrement. Est-ce que tu te souviens des paroles que tu as prononcées lors de ta crise de nerfs ?
Honteuse de cette perte de contrôle, elle baissa son regard et dissimula son visage contre le torse viril de son époux. Le fait d'entendre son cœur battre de manière régulière dans sa cage thoracique la calma et lui donna confiance en elle, suffisamment pour qu'elle réponde de manière évasive.
-Plus ou moins...
Elle jeta un regard angoissé en direction de ses beaux-parents, comme si elle craignait leur réaction face aux propos incohérents qu'elle avait tenus tout à l'heure. Carlisle se leva, entraînant Esmé dans son sillage, pour laisser le jeune couple seul, leur promettant de revenir plus tard.
-Bella, reprit doucement Edward afin qu'elle ne se braque pas, lorsque ses parents furent sortis de la chambrée blanche. Il en profita pour resserrer son étreinte autour de son frêle corps, afin qu'elle comprenne qu'il serait toujours là pour elle, quoiqu'elle lui révèle. Pourquoi as-tu dit... que « tu tuais tous tes enfants » ?
La jeune fille se tendit immédiatement dans les bras de son époux. Sa respiration s'arrêta une longue minute, avant de reprendre de manière saccadée et affolée. Ses joues s'étaient enflammées tellement elle avait honte d'elle et de ce qu'elle avait fait. Le seul soulagement qu'elle éprouvait fut que son visage était dissimulé aux yeux de son mari dans son cou.
-C'est ma faute, murmura-t-elle d'un ton si bas qu'Edward douta de l'avoir entendue.
-Non, chérie, rien n'est ta faute, la contredit son époux d'une voix tendre. Mais pourquoi avoir parlé de « tes enfants » ?
-Je... Edward... Je ne sais... Elle était confuse et se mordillait la lèvre inférieure regrettant d'en avoir trop dit durant sa crise de nerfs, qui lui avait ôté une partie du contrôle qu'elle avait toujours sur cet aspect de sa vie. Je ne sais pas. Je me suis trompée...
-Bella, je t'en prie, dis-moi ce qu'il s'est passé... Tu ne peux pas t'être trompée aussi souvent... Tu as répété cette phrase plusieurs fois...
-Edward, je suis fatiguée, pleurnicha-t-elle.
Le jeune homme voyait bien que son épouse était épuisée, vidée, laminée.
Mais, en tant qu'avocat, il savait que c'était aussi dans ses moments-là de lassitude totale qu'on pouvait obtenir tous les aveux d'un coupable, toute la vérité qu'une personne s'efforçait de dissimuler par tous les moyens. Il s'en voulait un peu d'utiliser une astuce professionnelle pour contraindre son épouse à se confier, mais il savait que ce serait pour son bien, qu'elle se sentirait mieux ensuite, même si sa confession était douloureuse et difficile.
-Bella, je sais que tu es éreintée, mais je t'en prie, parle-moi ! Ne me laisse pas à l'écart de ta peine. Des larmes roulèrent sur les joues de son épouse, puis elles humidifièrent sa chemise défraîchie. Edward savait qu'elle était psychologiquement éprouvée, et que sa souffrance s'était accrue quand elle avait compris que lui aussi pâtissait de son attitude silencieuse. Bella, dis-moi... Il hésitait ne sachant pas comment elle allait réagir, mais il éprouvait le besoin de percer l'abcès pour qu'elle se sente mieux, et par contre coup lui aussi. Est-ce que tu as découvert que tu étais enceinte suite à ta relation avec Démétri ?
-Non ! Sa réponse fusa sans aucune hésitation comme si elle cherchait à dissimuler un gros mensonge.
Les gestes qu'elle eut ensuite la contredirent d'ailleurs immédiatement : elle piqua un fard et baissa son doux visage endolori. Elle avait honte.
-Bella, insista-t-il en la prenant à nouveau dans ses bras pour qu'elle dissimule son visage rougi à son regard scrutateur.
Il percevait qu'elle était proche de la rupture d'un point de émotionnel, il souhaitait donc qu'elle se sente en sécurité, en confiance.
-Je ne peux rien dire, Edward, marmonna-t-elle contre son torse, j'ai promis.
-Si cette promesse t'a été extorquée, c'est comme si elle ne signifiait rien, reprit le jeune homme tendrement. Donne-moi ta version, ta vérité, la relança-t-il.
Ne pouvant plus supporter de garder cet affreux secret pour elle seule, Bella rendit les armes et avoua tout à son époux en frissonnant :
-Comment... ? Comment as-tu su ?
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…
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Chapitre publié le 4 octobre 2012
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Prochain chapitre : Dépression (partie 2).
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Pour la publication du prochain chapitre : il n'est pas encore entièrement écrit (presque la moitié) et je préfère ne pas vous donner de date de publication car l'une de mes collègues enceinte est partie en congé maternité lundi dernier, et elle n'a pas été remplacée. Du coup, c'est un peu le rush au taf... et j'ai plutôt quitté tard le boulot cette semaine. J'espère que cela ira mieux la semaine prochaine. Croisons les doigts !
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Annonce : pour celles qui suivent mon autre fiction Nos Coeurs dans la Guerre, je publie un chapitre dans la foulée...
Donnez-moi environ une heure, et il sera à vous !
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Réponses aux anonymes pour le précédent chapitre de Sous X
La fille : Merci pour ton compliment. Je te sens sur la bonne voie concernant le premier enfant et l'attitude de Renée... J'espère que la suite t'a plu. À bientôt.
Ange0112 : Merci pour ton message. Je suis heureuse de voir que tu aimes toujours cette fiction, malgré la tristesse du dernier chapitre. Concernant l'attitude de Renée envers Bella, il faudra encore attendre un petit peu. Et comme tu as pu le constater, Edward est présent pour Bella. Heureusement car elle a vraiment besoin d'être soutenue, pas culpabilisée. À bientôt !
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À vous la plume maintenant : à vos claviers !
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Portez-vous bien !
À bientôt ! AliLouane
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