Bonsoir !

Merci à toutes pour vos reviews, pour vos MP, pour votre présence.

Ce chapitre est plutôt long si je le compare à ceux que j'ai écrit dans cette fiction-là. Au départ, je pensais le diviser en deux parties, mais finalement je le publie d'une seule traite. J'espère qu'il vous plaira quand même.

Bonne lecture !


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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre XX – Enquête

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Edward remercia d'un regard chaleureux son père tout en se promettant d'aborder l'idée d'une thérapie avec son épouse lorsqu'elle serait réveillée. Puis, il reprit doucement la parole pour faire le bilan de tout ce qui avait été dit dans cette pièce.

-Pour l'instant, si nous voulons que ma femme aille mieux, l'essentiel est que nous découvrions rapidement la vérité au sujet du séjour de Bella dans cette fameuse clinique.

Tous approuvèrent les dires d'Edward.

-C'est pour cela que je compte prendre le premier train pour Bordeaux, demain matin, rajouta Carlisle. Nous obtiendrons des résultats plus rapides et plus sûrs si je vais mener mon enquête là-bas.

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-Mais ne serait-il pas mieux et plus rapide de faire transférer le dossier médical de Bella par la Poste ? Suggéra Charlie.

-Je ne pense pas, répondit le docteur Cullen. Si l'accouchement s'est déroulé de manière habituelle et que l'enfant est véritablement mort à la naissance, alors ce déplacement serait effectivement inutile. Cependant, nous en doutons tous et si des pots de vin ont été perçus par certains membres du personnel médical, ils ne seront pas inscrits dans le dossier de Bella, si ce dernier existe encore.

-Merci Père de faire le déplacement, de faire tout cela pour Bella. La voix d'Edward était émue devant tant d'attentions et de soutien.

-Carlisle, il est certainement plus facile pour moi de poser des jours de congés que pour vous de reporter les rendez-vous de vos patients. Même si j'ai guère envie de laisser Renée livrée à elle-même surtout en ce moment, Charlie soupira en pensant à la conduite de son épouse, je peux faire le déplacement à Bordeaux. D'une part, il s'agit de ma fille et, d'autre part, avec mon métier, j'ai l'habitude de questionner les gens et de percevoir leurs hypothétiques mensonges et...

-Charlie, je vous remercie de votre proposition, mais je pense que les langues se délieront plus en face d'un médecin que d'un commissaire de police.

-Vu sous cet angle, je ne peux qu'agréer votre suggestion, capitula rapidement Charlie. Je vous conseille d'ailleurs de prendre une somme d'argent conséquente en espèces. Je pense qu'elle vous sera utile pour obtenir des renseignements auprès de ces personnes peu scrupuleuses.

-Je n'y avais pas pensé, admit Carlisle. Je passerai à la banque dans l'après-midi.

-L'union fait laforce, murmura Esmé. Entre le point de vue du médecin et celui du commissaire, te voilà paré pour réussir ta mission.

-Je rajouterai également celui de l'avocat, intervint Edward. Père, je pense qu'il vous serait profitable si vous aviez l'accord des responsables légaux de Bella pour enquêter sur son passé.

-À quoi penses-tu, Edward ?

-Au fait que le commissaire Swan et moi-même devrions rédiger une autorisation te permettant d'enquêter sur elle, lui en tant qu'ancien responsable légal de sa fille au moment où elle a accouché, moi en tant que son époux à l'heure actuelle. Il précisa d'un ton qu'il utilisait lorsqu'il plaidait devant la cour. J'imagine qui si les personnes qui ont touché les pots de vin apprennent qu'elles ne seront pas menacées d'une enquête policière, notre but étant simplement de mettre à jour le passé de Bella pour qu'elle sente mieux, elles parleront plus volontiers que si elles craignent une quelconque sanction pénale.

-C'est une bonne idée, approuva Charlie. Maggie, auriez-vous du papier blanc et des stylos s'il vous plaît ?

-Oui, au bureau des admissions. Je vais vous en chercher de suite, répondit-elle en se levant d'un pas vif puis quittant la pièce.

-Esmé, demanda Carlisle à son épouse, pourras-tu appeler ma secrétaire pour qu'elle décale tous mes rendez-vous des trois prochains jours au cabinet. S'il y avait des urgences, dis-lui de les envoyer chez un confrère.

-Je le ferai dès que je serai rentrée à la maison. De plus, pendant que tu seras à la banque, je m'occuperai de préparer ta valise.

Carlisle remercia d'un tendre regard son épouse. Puis Maggie revint avec des feuilles et des stylos. Edward et le commissaire Swan rédigèrent rapidement le papier qu'ils avaient évoqué il y a quelques minutes.

Enfin, Edward salua son père et Esmé, et regagna la chambre de sa jeune épouse encore endormie.

Carlisle se leva, prêt à partir, suivie d'Esmé.

-Charlie, je vous remercie pour votre aide pour votre fille.

-Cela me semble bien logique, elle a déjà tant enduré d'épreuve.

-Par contre, je ne peux que vous suggérer que votre épouse voit un psychologue rapidement. Je sais que vous n'y êtes pas favorable, vous nous avez confié vos doutes et vos peurs tout à l'heure, mais je pense sincérement que cela lui serait bénéfique. Son attitude de déni n'est pas saine pour elle, ni pour votre fille.

-Je verrai, se tendit subitement le commissaire. Je vais d'abord parler avec mon épouse, je suis de toute manière intimement convaincu qu'elle ne nous a pas menti. Elle n'aurai jamais été capable de créer un tel scénario. Puis, il changea de sujet. Pensez-vous qu'il soit possible de voir Bella ?

-Je ne sais pas, répondit le docteur Cullen d'un ton professionnel, il faut demander à Edward. Elle est chambre 208.

-Je crois qu'elle dort encore, rajouta Esmé.

-Je vais voir si c'est encore le cas, conclut Charlie. Bon voyage Carlisle ! Tenez-nous au courant de vos démarches... et de vos éventuelles découvertes.

-J'y compte bien.

Ils sortirent tous les trois de la pièce, l'un en direction des chambres, les deux autres se dirigeant vers la sortie de l'hôpital.

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Dans le train, assis en première classe, le docteur Cullen songeait à la manière dont il allait procéder pour mener son enquête.

Même si le commissaire Swan semblait convaincu que l'enfant de sa fille était mort-né et que son épouse n'aurait pas agi d'une si horrible manière, Carlisle était persuadé du contraire. Il était sûr que Bella avait accouché d'un enfant en bonne santé et que sa mère lui avait dissimulé la vérité pour le donner à l'adoption afin de sauvegarder l'honneur de sa fille.

Même s'il en voulait à Renée Swan pour de tels agissements envers sa fille, même s'il avait conscience que Renée Swan était convaincu d'avoir agi au mieux pour sa fille, le docteur Cullen la savait malade. Une mère n'aurait jamais agi ainsi. Ce n'était pas possible ! Ce n'était pas un comportement humain ! Il s'était forcément passé un événement d'une rare violence psychologique dans son enfance ou adolescence pour la pousser à agir ainsi avec sa prore fille, sa chair et son sang, celle qu'elle avait mise au monde.

C'est pour cette raison qu'il avait insisté pour que Charlie emmène sa femme consulter un psychologue. Mais ce dernier ne l'avait pas entendu. Il ne croyait pas aux méthodes des médecins de l'âme.

Le train ralentissait. Il allait bientôt entrer dans la gare de Bordeaux-Saint-Jean.

Carlisle se leva, attrapa sa petite valise dans le porte-bagage, puis il enfila sa veste. Malgré cette fin d'avril, il faisait encore frais.

Lorsqu'il descendit du train, il ignora les appels des porteurs qui s'étaient amassés devant les voitures de première classe pour décharger les clients qui pouvaient leur remettre potentiellement un bon pourboire.

Puis il se dirigea d'un pas rapide vers l'aire des taxis et se mit en quête d'un hôtel. Le trajet en train avait été long, il avait besoin de se rafraîchir et de déjeuner avant de se focaliser sur son enquête.

Il ne pouvait pas se permettre d'être distrait. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Cette enquête était capitale pour sa bru, pour l'avenir du couple qu'elle formait avec son fils, pour la famille qu'ils fonderaient un jour prochain.

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Le taxi se gara devant la porte d'entrée principale de la clinique des Lilas.

Carlisle paya le prix de la course au chauffeur, puis ouvrit la porte arrière de la voiture pour en sortir.

C'était une jolie clinique blanche aux balcons fleuris. Le bâtiment semblait avoir été repeint récemment. Sur le côté droit s'étendait un vaste jardin dans lequel les toutes jeunes mamans pouvaient se promener avec leurs nourrissons sans être incommodées par les bruits de la ville.

Le docteur Cullen passa la double porte vitrée et se retrouva dans un grand hall d'entrée aux couleurs claires et chatoyantes.

Le mobilier de la salle d'attente était moderne et confortable, le comptoir des inscriptions semblait lui aussi récent. Le bureau était d'ailleurs équipé d'une machine à écrire et d'un téléphone, ce qui était encore rare dans la majorité des établissements parisiens.

L'impression qui dominait était la modernité, la propreté et la nouveauté. Tout était prévu pour donner les meilleurs soins possibles aux patientes ainsi qu'accueillir d'une manière agréable sa famille.

Carlisle avait bien conscience que l'argent public ne suffisait pas à parvenir à une telle qualité de présentation. Il savait qu'il n'était possible d'obtenir tout cela qu'avec de l'argent issu de fonds privés, très certainement celui des patients ou de leurs familles en échange du silence le plus total du personnel médical.

Sa première pensée fut que que son enquête ne serait pas facile à mener, qu'il allait se heurter à plusieurs « murs » qu'il lui faudrait convaincre de parler.

Carlisle s'assit dans la salle d'attente, attendant patiemment son tour que quelqu'un vienne le chercher.

-Monsieur ? Lui demanda quelques minutes plus tard une infirmière. Carlisle ne put que reconnaître l'efficacité du personnel et sa rapidité. En quoi puis-je vous aider ?

-Madame, la salua le docteur Cullen. Je souhaiterai pouvoir consulter le dossier de l'une de vos patientes...

-Monsieur, tous nos dossiers sont sous le sceau du secret médical, le coupa-t-elle brutalement d'un ton cassant et hautain, et ne peuvent être consultés sauf en cas d'urgence par du personnel médical dûment agrémenté...

-Je connais la loi, Madame. Vous ne m'avez même pas laissé le temps de me présenter, l'interrompit Carlisle d'un ton qui se voulait très courtois et opposé à son attitude féroce de l'infirmière. Je me nomme Carlisle Cullen, docteur en médecine à Paris. Je viens pour une patiente qui a été admise il y a deux jours en Urgences dans un hôpital parisien. Nous souhaiterions avoir connaissance de ses antécédents médicaux.

-Ah ! Excusez-moi d'avoir tiré des conclusions hâtives, reprit l'infirmière. Je vais vous mener auprès de Madame Makenna. Elle s'occupe de la partie administrative et du suivi des dossiers.

-Je vous en remercie, acquiesça Carlisle en suivant l'infirmière dans un dédale de couloirs.

L'infirmière s'arrêta enfin devant une porte, sur laquelle elle frappa un coup sec.

-Entrez ! Entendirent-ils d'une voix étouffée.

L'infirmière poussa la porte et présenta la personne qui l'accompagnait.

-Madame Makenna, voici le docteur Cullen. Il vient de Paris pour le suivi du dossiers d'une patiente.

-Je vous remercie de l'avoir amené dans mon bureau, répondit Madame Makenna d'une voix sûre d'elle. Vous pouvez disposer et retourner à l'accueil, rajouta-t-elle en direction de l'infirmière.

Cette dernière sortit rapidement de la pièce alors que Madame Makenna proposait une chaise à Carlisle. Une fois qu'il fut assis, elle se rassit sur son grand fauteuil de directrice de clinique et se plaça bien face à son bureau pour en imposer face au docteur Cullen.

Elle prit le temps de classer des papiers qu'elle rangea de manière ordonnée dans un coin de son bureau. Carlisle avait bien conscience qu'elle le faisait volontairement attendre pour lui montrer qu'elle dominait et maitrisait totalement la situation. Son enquête s'annonçait sous de mauvais augures.

-Je vous écoute, finit par lancer Madame Makenna d'un ton sûr, froid et distant. Que vouliez-vous savoir ?

-Il y a deux nuits, la patiente Isabella Cullen, enceinte de presque trois mois, a été admise aux Urgences d'un hôpital parisien suite à des pertes de sang importantes, qui finalement ont conduit à une fausse couche, expliqua Carlisle d'un ton professionnel sans se laisser déstabiliser par l'attitude stricte de la directrice. Comme elle a déjà été hospitalisée dans votre établissement, nous nous demandions s'il...

-Isabella Cullen ? Ce nom ne me dit rien du tout. Or, sachez que je mets un point d'honneur à connaître tous les noms des patientes de cet établissement, même celles qui sont venues il y a quelques semaines ou mois.

-Elle n'est pas venue ici il y a quelques mois, répliqua Carlisle. Pour cette seconde grossesse, elle a été entièrement suivie à Paris. Par contre, elle était venue dans votre établissement pour accoucher il y a un an tout juste. Mes collègues parisiens et moi-même aimerions avoir connaissance de son dossier pour découvrir s'il y a une explication médicale à cette fausse couche.

-Pourtant, je vous assure, Docteur, que vous devez faire erreur, le contrecarra encore une fois Madame Makenna. Le nom d'Isabella Cullen ne me dit rien.

-À l'époque, elle n'était pas encore mariée. Son nom de jeune fille sous lequel elle a dû être hospitalisé était Isabella Swan, elle préfère d'ailleurs être appelée Bella Swan. À l'entente de ce nouveau nom, la directrice tressaillit. Ce tremblement, pourtant infine, fut saisi par Carlisle, qui guettait d'un œil avisé le moindre mouvement de la directrice. Ce nom semble vous rappeler des souvenirs... Avança-t-il d'un ton prudent.

-Effectivement, approuva Madame Makenna. C'était une jeune fille un peu perdue par tout ce qu'elle était en train de vivre. Elle est venue accoucher ici en compagnie de sa mère, une femme formidable. Carlisle ne put s'empêcher de penser que si Renée Swan était si admirable que cela, c'est qu'elle avait dû offrir un pot de vin important à cette clinique qui semblait si bien sous tous rapports. Mais malheureusement pour elle, si mes souvenirs sont exacts, l'enfant était mort-né.

-C'est la raison de ma présence ici, reprit Carlisle d'un ton toujours aussi professionnel, essayant de ne laisser transparaître aucune émotion. Mes collègues et moi-même aimerions consulter le dossier de cette patiente. Deux grossesses qui ne se finissent pas sur un heureux événement méritent une attention plus particulière si nous voulons que notre patiente reprenne le dessus moralement parlant afin de pouvoir mener une nouvelle grossesse à terme, avec à la clef la naissance d'un bébé en bonne santé.

-Je comprends tout à fait votre démarche, docteur Cullen, répondit la directrice en se levant. Donnez-moi quelques minutes pour que je puisse aller chercher son dossier aux archives. Rappelez-moi sa date d'accouchement exacte, s'il vous plaît, que je gagne ainsi du temps...

-Elle est entrée le 21 avril en fin d'après-midi suite à la perte des eaux, et l'enfant est né le 22 avril au matin.

-Bien, je reviens de suite.

Madame Makenna se leva et quitta la pièce.

Carlisle attendit une dizaine de minutes son retour.

Il était plus qu'étonné de la rapidité avec laquelle il avait pu obtenir ce fameux dossier. Il n'avait pas eu besoin de se battre contre cette directrice si distante et si sûre d'elle, ni même d'insister, encore moins de la corrompre en lui proposant un pot de vin. Il était réellement surpris de la tournure des événements.

Madame Makenne revint, le bruit de ses talons claquant contre le carrelage parfaitement propre de la clinique annonçant son retour avant même qu'elle n'apparaisse sur le seuil de la porte.

-Voilà pour vous, docteur Cullen, lui tendit-elle le dossier d'une maigreur effarante. Cependant, je doute que vous appreniez quoique soit d'intéressant puisque la grossesse de Mademoiselle Swan n'a pas été suivie dans cette clinique.

-Oui, mais son enfant est décédé lors de l'accouchement, pas avant, reprit Carlisle en feuilletant le dossier de Bella.

Il était ébahi devant les quelques feuillets qui le composait.

En cas de drame tel celui que sa belle-fille avait vécu, habituellement, était pratiquée une autopsie de l'enfant, des prises de sang sur la mère, des examens complémentaires afin de justifier ou du moins expliquer pourquoi le nourrisson était décédé. Parfois même était menée une enquête pour savoir s'il y avait eu faute professionnelle du personnel médical ou si il y avait eu un souci médical atypique lié à une pathologie de la mère ou du nouveau-né.

Or, il n'y avait rien de tout cela. Rien ! Le dossier demeurait désespéremment vide.

Il contenait davantage d'information sur l'état civil de Bella ou de ses parents que sur la grossesse ou l'accouchement de sa bru. Ce n'était pas normal. Pas du tout normal.

La seule chose qui confirmait qu'il y avait eu une grossesse était l'acte de décès de l'enfant.

Un enfant qui n'était pas sexué, ni nommé.

Or c'était normalement obligatoire puisque la grossesse avait été menée à terme. L'enfant devait apparaître sur les registres de l'État civil français.

Il y avait trop de failles, trop d'incertitudes dans ce dossier qui semblait pourtant au premier abord complet.

Alors que le docteur Cullen lisait et étudiait avec attention le dossier de sa bru, la directrice reprit la parole.

-Vous savez, Docteur, parfois on pense que le nourrisson est mort pendant l'accouchement mais parfois il est déjà mort dans l'utérus de sa mère depuis bien longtemps. La mère ne ressent pas toujours le fait que son bébé ne bouge plus depuis plusieurs jours.

-C'est quand même un fait plutôt rare, la contredit gentiment Carlisle. Il essayait de se rappeler les dires d'Edward au sujet de la première grossesse de sa femme. Jamais il n'avait évoqué le fait que Bella n'avait plus ressenti les mouvements de son bébé. Il avait même évoqué le fait que la cuisinière des Swan lui avait enseigné les respirations permettant de faciliter l'accouchement. Il est plus fréquent que l'enfant meurt lors de la délivrance, car son cordon ombilical s'est enroulé autour de son cou. Or, ce fait n'est même pas noté dans le dossier de Isabella. Rien n'est indiqué sur la façon dont l'enfant est mort. Pourquoi est-il si incomplet ?

-Victoria Caiüs, la sage-femme qui a mené l'accouchement de Mademoiselle Swan, détaille fort rarement ses rapports, expliqua Madame Makenna. Elle n'en reste pas moins l'une de nos meilleures sages-femmes, si ce n'est la meilleure. Elle a toute ma confiance, et si elle a peu détaillé ce dossier, c'est qu'il n'y en avait rien à en dire.

-Il y a pourtant une procédure à respecter lorsqu'une femme accouche, ainsi qu'un dossier à remplir précisément, notamment lorsque cela se termine par un tel drame.

-Si l'enfant est mort, ce n'est pas de la faute de ma sage-femme. Elle est compétente, et comme je vous l'ai dit, c'est l'une des meilleures, répliqua durement Madame Makenna, qui protégeait son personnel.

-Je ne lui reproche pas d'avoir commis une erreur, précisa Carlisle, je lui reproche de ne pas avoir rempli correctement le dossier médical de sa patiente. Par exemple, comment se fait-il que l'enfant ne soit pas sexué ? Ni nommé ? La loi française l'oblige puisqu'il était viable. Il aurait dû être déclaré à l'Etat-civil.

-Cela a été fait, rétorqua la directrice sûre d'elle.

-Pourtant, cela n'apparait nulle part dans le dossier. Sans compter que Bella n'a jamais choisi de prénom pour l'enfant, elle en ignore même le sexe ! Elle n'a même pas eu le droit de voir le corps de son bébé.

-Oui, c'est exact, confirma Madame Makenna. Madame Swan nous a demandé d'épargner cette terrible épreuve à sa fille. L'enfant a donc été nommé par Victoria. En général, si c'est une fille, elle la nomme de son propre prénom si c'est un garçon, il s'appelle Victor.

-Pourquoi l'acte de décès est-il si flou ?

-C'est bien souvent le cas pour des nourrissons qui meurent avant même d'avoir pu utiliser leurs poumons et leurs cordes vocales, docteur Cullen, répliqua la directrice d'un ton acerbe. Puis, devant l'insistance de Carlisle qui s'acharnait à vouloir obtenir un maximum de détails sur l'accouchement de sa patiente, elle reprit de manière très suspicieuse. Dites-moi, Docteur, vous semblez bien connaître cette jeune fille, que vous nommez de son surnom et qui porte même votre nom de famille, si je ne m'abuse.

-C'est exact, confirma Carlisle qui n'avait rien à cacher. Elle a épousé mon fils à l'automne dernier.

-Dans ce cas, se leva la directrice en tendant la main au docteur Cullen pour lui faire comprendre que l'entretien était terminé, vous n'avez pas à être présent ici, ni à lire ce dossier. Vous n'agissez pas à titre médical, mais à titre personnel.

-Je ne suis pas là pour enquêter sur les pratiques douteuses de votre établissement...

-Comment osez-vous ? S'insurgea Madame Makenna.

-Non seulement aucun établissement hospitalier ne tolererait que des dossiers médicaux soient si mal remplis, si incomplets, mais en plus nous connaissons tous les rumeurs qui courent sur la clinique des Lilas dans le milieu médical, la remit en place Carlisle d'un ton ferme qui n'acceptait aucune interruption. Sachez Madame que je ne suis pas là pour enquêter ni sur vos malversations financières, ni sur celles qui sont contraire à l'éthique ! Je suis présent ici uniquement afin de découvrir la vérité sur le premier enfant de ma belle-fille. Elle a besoin de connaître la vérité pour se remettre de cette nouvelle épreuve qu'elle traverse.

-Et bien, vous l'avez devant vous la vérité que vous cherchez tant ! Son enfant est mort à la naissance.

-N'aurait-il pas plutôt été placé en vue d'une adoption suite à un accouchement né sous X ? rétorqua immédiatement le docteur Cullen.

-Vous savez comme moi que si tel était le cas, il y aurait une trace d'abandon dans le dossier, à savoir la signature de la mère ou de son responsable légal si cette dernière était encore mineure.

-Je le sais bien ! Approuva Carilsie. Mais le dossier est tellement incomplet, notamment l'acte de décès du nourrisson qui semble plus être un faux qu'un original, que je suis en droit de m'interroger sur ce type de pratique de votre établissement...

-Docteur Cullen, l'interrompit la directrice agacée, si votre belle-fille avait accouché sous X, elle s'en souviendrait, ne le croyez-vous pas ? Arrêtez de ressasser le passé ! Il est bien trop douloureux pour elle. Ce n'est pas ainsi qu'elle avancera dans sa vie !

-Je ne suis pas d'accord avec vous, répondit Carlisle. Si vous avez lu les dernières thèses des psychologues, vous sauriez que c'est en connaissant la vérité, quand les patients osent affronter leur passé que les meilleures thérapies portent leurs fruits.

-Si vous le dites, lui accorda Madame Makenna de manière évasive. Je vais devoir mettre un terme à cet entretien, Docteur Cullen. J'ai d'autres rendez-vous qui m'attendent et de toute façon, je pense avoir répondu à toutes vos réponses.

-J'ai une dernière question, l'interpela Carlisle. Serait-il possible de rencontrer Victoria Caiüs qui a assisté ma bru dans son premier accouchement ?

-Non, je regrette, ce n'est pas du tout possible. Madame Makenna lui opposa un refus catégorique. Mes sages-femmes sont suffisamment débordées pour ne pas perdre leur temps en interrogatoires inutiles. Vous avez lu le dossier : l'enfant est mort, point final, chapitre clos. Je ne vous reconduis pas, Docteur Cullen, j'imagine que vous trouverez aisément le chemin de la sortie.

Madame Makenna ouvrit la porte de son bureau signifiant à Carlisle que l'entretien était désormais clos.

Avec une aisance qui dissimulait complétement le malaise que Carlisle éprouvait face à cette dame qui pratiquait la médecine pour obtenir comme dans une entreprise les gains les plus importants, le docteur Cullen se leva et quitta le bureau après avoir salué poliment Madame Makenna.

Elle lui indiqua le chemin du retour en direction de la sortie puis referma la porte de son bureau derrière lui, le laissant ainsi seul dans le couloir. Seuls vaquaient à leurs occupations des agents d'entretien, des secrétaires et du personnel médical qui ne faisaient absolument pas attention à la présence du docteur Cullen.

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Carlisle décida de profiter de cette liberté pour se faufiler en direction du service prénatal et d'accouchement. Il espérait ainsi pouvoir croiser la sage-femme qui avait assisté Bella lors de son premier accouchement, Victoria Caiüs.

Une part de lui se réjouissait d'avoir pu obtenir son nom dans le dossier de sa bru. Etant donné que le dossier était si mal rempli, il était surpris d'avoir pu lire ce nom. En tant que médecin consciencieux, il n'aurait jamais voulu consigner son nom sur un dossier si peu fourni.

Il avait toutefois bien conscience qu'il allait devoir la jouer finement, s'il ne voulait pas se la mettre à dos comme Madame la Directrice. Carlisle regrettait d'avoir utilisé les mots « malversations financières » ou « les questions liées à l'éthique ». Il savait bien que ce n'était pas en procédant ainsi qu'il allait découvrir la vérité sur le premier accouchement de sa bru.

Le docteur Cullen sut qu'il était arrivé dans le bon service lorsqu'il entendit des hurlements de femmes qui subissaient les douleurs de l'accouchement mais aussi le cri libérateur du nouveau-né lorsqu'il respirait la première fois.

-Lucie ! Viens vite ! Cria une infirmière. Le travail de Madame Dupont s'accélère. Je vais avoir besoin de ton aide.

-Laetitia, c'est pour quelle salle les couvertures bleues ? Demanda une aide-soignante à l'accueil.

-La salle de naissance n°2, répondit Laetitia, l'une des secrétaires en cochant méthodiquement son rapport. Le petit Rémi est né il y a 15 minutes. Justine, lorsque vous les aurez déposées, allez donc chercher le père dans la salle des familles.

Le téléphone sonna. Diligente, la secrétaire y répondit, donnant les indications demandées par son interlocuteur.

Carlisle sourit en constatant qu'aucun futur père ne restait aux côtés de leurs épouses dans de tels moments. Il se souvenait que lui aussi, lors de la naissance d'Edward, il avait essuyé maints quolibets lorsqu'il était resté auprès d'Elisabeth pendant tout le long travail qu'elle avait enduré pour mettre au monde leur fils.

Il ne pouvait s'empêcher de penser que mettre à l'écart de manière systèmatique les pères lors de la naissane de leur enfant était une mauvaise chose. Ce choix devait revenir au couple, et non pas à l'hôpital ou à la clinique.

Alors que le docteur Cullen s'approchait du secrétariat pour demander à parler avec la sage-femme Victoria Caiüs, il entendit une infirmière demander à la secrétaire :

-Laetitia, sais-tu où est passée Victoria ?

-Victoria ? Il me semble que c'est sa pause ! Répondit vivement la secrétaire sans pour autant lever les yeux de son dossier. Et, tu sais bien qu'il ne faut pas la déranger lorsqu'elle...

-Je crois qu'il y a une jeune fille pour elle, rajouta alors l'infirmière en désignant d'un regard une adolescente assise en salle d'attente.

Carlisle suivit le regard commun de l'infirmière et de la secrétaire et découvrit une toute jeune fille à la taille arrondie et aux traits grimaçants. Elle était accompagnée d'une gouvernante en tenue, robe noire et tablier blanc. Il ne lui manquait que la coiffe. Cette dernière tenait la main de l'adolescente en souffrance, lui murmurant que tout allait bien se passer.

-Ok, reprit Laetitia d'un ton professionnel. Installe-la en salle de naissance n°3, je vais chercher Victoria.

-Mais, elle est peut-être à peine au début du travail, contesta l'infirmière... Pourquoi est-ce que je ne l'installe pas plutôt en …

-Fais ce que je te dis ! Insista Laetitia. Avec les patientes de Victoria, il faut toujours faire preuve de discrétion, si tu ne veux pas te la mettre à dos ! Et crois-moi quand je te dis que tu ne le veux pas ! N'oublies pas que c'est elle qui régit le service et qu'elle a toute la confiance de Madame Makenna.

L'infirmière se dirigea alors vers la jeune fille et sa gouvernante, alors que la secrétaire Laetitia abandonnait temporairement son poste, se dirigeant vers un couloir à l'arrière de la grande salle d'accueil. Carlisle la suivit doucement, sans un bruit. Laetitia le mena jusqu'à un balcon ensoleillé, où une jeune femme rousse d'une quarantaine d'année se détendait en fumant une cigarette.

-Victoria ? Lança Laetitia en ouvrant la porte en verre qui laissait le passage sur le balcon. Excusez-moi de vous déranger mais l'une de vos patientes est arrivée. J'ai demandé à Bérangère de l'installer en salle des naissances n°3.

-Merci Laetitia, répondit-elle d'un ton agréable ce qui surpris la jeune secrétaire, je serai là dans trois minutes.

Ayant accompli sa mission, Laetitia se retourna et tomba nez à nez avec Carlisle.

-Monsieur ? Que faites-vous ici ?

-Excusez-moi de vous déranger, Mesdames, l'interrompit Carlisle d'une voix ferme, mais pourrai-je m'entretenir trois minutes avec Victoria Caiüs ?

-Euh... Hésita Laetitia en se retournant vers Victoria.

-Tout dépend du sujet, lui répondit Victoria, qui appréciait la stature imposante de cet homme sûr de lui.

D'un geste impatient et directif, elle l'incita à continuer son récit, curieuse de savoir ce qu'il attendait d'elle.

-Madame, je me présente Carlisle Cullen. Je souhaiterai m'entretenir au sujet de l'une de vos anciennes patientes...

-C'est un sujet que je n'aborde jamais, le coupa-t-elle brusquement en écrasant sa cigarette dans le cendrier qui était posé sur le rebord du balcon.

-Il s'agit d'un suivi médical suite à une hospitali...

-Seriez-vous médecin ou chirurgien, la réponse serait la même, s'impatienta Victoria. Je ne parle jamais de mes anciennes patientes. Jamais ! Son ton était sans appel. Ma pause est terminée.

Elle passa alors rapidement devant le docteur Cullen et Laetitia puis regagna le couloir afin de se diriger vers les salles de naissance.

Dépité ne pas avoir réussi sa mission, Carlisle soupira bruyamment et passa l'une de ses mains dans ses cheveux, geste qui trahissait son émotion et sa confusion.

Laetitia, discrète, reprit doucement la parole.

-Je ne sais pas pour quelles sont vos raisons vous devez vous entretenir avec Victoria, et -d'un regard, elle empêcha Carlisle de reprendre la parole- croyez-moi lorsque je vous dis que je ne veux pas le savoir. Je travaille dans cette clinique depuis trois ans, et j'ai bien conscience que Victoria « dépanne » -elle mima des guillemets- celles qui sont parfois dans le besoin. Laetitia marqua un temps d'arrêt, hésitant à poursuivre, mais elle reprit son courage à deux mains, faisant accordant ainsi sa confiance à un homme qu'elle ne connaissait pas, mais qui respirait la bonté. Je ne la trahirai pas car, même si je ne suis pas en accord avec ses pratiques, elle fait pour les femmes ce que la loi leur refuse. Sachez toutefois que si vous voulez obtenir une quelconque information de Victoria, je ne l'ai jamais vu refuser une enveloppe de billets.

Carlisle était sidéré par l'aplomb de cette secrétaire, consciencieuse et efficace. Elle lui en révélait tant sans pour autant se confier.

-Je vous remercie beaucoup, Mademoiselle Laetitia...

-Ne me remerciez pas ! Je n'ai rien fait, je ne vous ai rien dit. Je dois regagner mon poste et vous quitter ces lieux, sinon vous pourriez avoir des ennuis.

Laetitia quitta le balcon, suivie de près par Carlisle. Ils refirent en sens inverse le chemin et regagnèrent le hall d'entrée. Alors que le docteur Cullen allait quitter le service, il fut rattrapé par cette jeune secrétaire qui lui murmura rapidement :

-Victoria termine son service à 21h ce soir. Sauf s'il y a des complications dans l'accouchement qu'elle gère actuellement et que ce dernier se prolonge et dure toute la nuit.

-Merci beaucoup ! Répliqua Carlisle, mais il douta que la jeune fille l'ait entendu, puisqu'elle s'était déjà éclipsée pour regagner son poste, où le téléphone ne cessait de sonner.

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-Victoria Caiüs !

-Quoi encore ? Ronchonna la sage-femme aux cheveux roux en reconnaissant l'homme qui l'avait importunée sur le balcon lors de sa pause.

Elle était fatiguée et sortait de la clinique d'un pas pressé. Elle n'avait aucune envie de se prendre la tête avec cet homme aussi séduisant et charismatique était-il. En effet, il était déjà 21h45, l'accouchement avait duré plus longtemps et elle n'avait pas voulu laisser sa patiente aux mains de l'équipe de nuit.

L'homme blond et imposant brandit une enveloppe brune sous son nez :

-Il y a trois mille francs dans cette enveloppe ! Ils sont à vous si vous me suivez dans le bar à côté de la clinique pour discuter, lui déclara-t-il. Et je vous en offrirai le double si vous répondez à toutes mes questions.

Victoria soupira, réfléchit longuement, hésitant entre rentrer chez elle pour prendre un bon bain chaud et profiter d'une nuit reposante, et cette fameuse enveloppe.

L'appât du gain fut finalement la plus forte.

Elle saisit l'enveloppe brune, l'ouvrit et compta les billets, puis acquiesça aux propos de cet homme si magnétique.

-J'accepte, mais allons plutôt dans un bar du centre-ville. Celui-ci est bien trop près de la clinique, et les murs ont parfois des oreilles...

Elle s'orienta vers le centre-ville, suivi par celui qui voulait l'interroger. Elle se demandait ce qu'il attendait comme réponse pour être aussi généreux.

Lorsqu'elle arriva dans le quartier de la cathédrale Saint-Jean, elle désigna une brasserie-bar, indiquant silencieusement l'endroit où aurait lieu cette fameuse discussion.

L'homme qui la suivait ouvrit la porte, mais la laissa passer en premier, ce qui en disait beaucoup sur son éducation. Victoria alla s'installer dans un box situé sur le côté du bar afin de s'octroyer une certaine discrètion.

À peine furent-ils installés qu'un serveur dynamique vint prendre leurs commandes. Victoria demanda un thé, alors que son interlocuteur souhaita un café. De manière toute aussi diligente, il revint rapidement et les servit posément. Aucun des deux n'avaient prononcé une parole.

Victoria décida alors de se lancer alors qu'elle versait l'eau chaude sur son sachet de thé pour l'infuser.

-Avant de commencer toute discussion, j'aimerai savoir deux choses : votre nom puisque vous connaissez le mien, et être sûre que vous disposez de la somme que vous m'avez promise à la fin de la discussion.

Carlisle tournait lentement son café pour le mélanger avec le lait qu'il venait de verser. Il put se rendre compte que Victoria ne perdait pas le Nord, mais quelque part, cela ne l'étonnait pas. Elle était avide d'argent et ne s'en cachait pas.

-Cela me semble correct, approuva-t-il. Je suis le docteur Carlisle Cullen et voici votre deuxième enveloppe, rajouta-t-il en la déposant sur la table entre les deux protagonistes. Alors que Victoria tendait la main vers elle, il précisa : elle restera sur la table tant que je n'aurai pas eu mes réponses.

-Je vous écoute, Docteur, soupira alors Victoria, qui comprenait qu'elle ne pourrait pas manipuler Carlisle Cullen aussi aisément qu'elle l'avait pensé initialement.

-Sachez que je suis là uniquement pour découvrir la vérité autour de la première grossesse de l'une de vos patientes. En aucun cas, je ne fais une enquête dans le but de porter plainte contre la Clinique des Lilas ou vous-même.

-Je l'espère bien, se raidit Victoria. De toute façon, rajouta-t-elle d'un sourire machiavélique en désignant l'enveloppe brune qui reposait sur la table, vous auriez bien du mal à expliquer l'origine de mes « aveux » -elle mima des guillemets sur ce dernier mot- sans parler des pots de vin que vous m'avez versé.

Carlisle frissonna au mot « pots de vin ». Cela ne lui ressemblait tellement pas se conduire de cette manière, même si la personne qu'il avait en face de lui était déjà plus que corrompue. Il ne cessait de se répéter qu'il agissait ainsi pour Bella et pour Edward, que la vérité leur permettrait de surmonter plus facilement le deuil de leur enfant.

-Maintenant que tout est clair entre nous, je pense qu'il est temps d'entrer dans le vif du sujet.

-Bien sûr ! De quelle patiente souhaiteriez-vous parler ? Demanda Victoria.

-Isabella Swan.

-Que voulez-vous savoir à son sujet ? Victoria demeurait impassible, à un point que Carlisle douta un moment qu'elle se rappelle de l'avoir assistée.

-Comment s'est déroulé son accouchement ?

-Elle a accouché l'an passé, au mois d'avril, précisa Victoria d'une voix sûre d'elle. La grossesse était à terme. Le travail a été long, difficile, éprouvant pour la jeune fille. Une bonne vingtaine d'heures, peut-être même un peu plus.

-Et la délivrance ? Demanda à nouveau Carlisle. C'était ce qui l'intéressait le plus. Savoir ce qu'il était advenu de l'enfant.

-L'enfant est né avec le cordon enroulé autou...

-La vérité, Victoria ! Je veux la vérité ! La coupa violemment Carlisle.

Simultanément, il déposa sa main sur l'enveloppe brune qu'il fit glisser dans sa direction, ce qui déplut fortement à la sage-femme rousse qui durcit son visage.

-Mais je vous la dis...

-Non ! Victoria, vous mentez ! Riposta à nouveau le docteur Cullen en rapprochant encore plus l'enveloppe vers lui. Grâce à Madame Makenna, j'ai vu le dossier aux archives. Il est plus qu'incomplet. Je veux donc la vérité ! Sinon, il n'y aura pas de récompense !

Victoria leva les yeux au ciel tout en soufflant sa lassitude fortement.

Elle était bien consciente qu'avec les activités qu'elle pratiquait, un jour elle finirait par se faire prendre. Elle ne pouvait même pas pester contre sa directrice, puisque cette dernière la couvrait bien volontiers en échange d'argent pour la clinique. Madame Makenna n'avait sûrement pas pu s'opposer à la demande de consultation d'un dossier de la part d'un médecin.

Et encore, là, Victoria mesurait sa chance puisqu'elle savait que le docteur Cullen ne déposerait pas de plainte contre elle. Elle ne risquait rien d'un point de vue pénal. Elle allait juste trahir la promesse faite à Madame Swan en échange d'une somme conséquente.

-Je n'ai pas agi dans l'illégalité, puisque j'avais la signature de Madame Renée Swan, sa mère, pour procéder à l'abandon de l'enfant, déclara Victoria d'une voix ferme. La seule chose que vous pouvez me reprocher, c'est d'avoir menti à Isabella, mais je n'ai fait que suivre les ordres de sa mère.

-Je ne vous reproche rien, la contra Carlisle. Je veux juste connaître le déroulement de l'accouchement d'Isabella et savoir ce qu'il est advenu de l'enfant.

-L'accouchement d'Isabella a été long pour plusieurs raisons. En tant que médecin, vous savez que le premier accouchement est bien souvent le plus long. Carlisle acquiesça à ce propos. De plus, cette jeune fille n'y était absolument pas préparée. Personne ne lui avait expliqué comment cela allait se dérouler et sa mère m'avait interdit de le faire. Comme elle considérait que sa fille avait gravement fauté, elle ne voulait pas qu'elle ait le moindre soulagement possible pour qu'elle se rappelle le péché commis. Le visage de Carlisle était horrifié. Il avait beau connaître Madame Swan et sa cruauté, il n'en revenait toujours pas. Vous savez, Docteur, c'est une demande courante des familles choquées par l'attitude de leurs filles inconvenantes. Madame Swan n'est pas la seule à l'avoir exigé, et d'autres le feront après elle.

-Etiez-vous obligée de procéder ainsi ? Madame Swan n'a pas assisté à l'accouchement de sa fille ! Vous auriez pu tout faire pour la soulager ! Vous avez une conscience tout de même !

-Non, Docteur, répondit froidement Victoria. Que cela vous choque ou non, j'agis pour celui ou celle qui me paye. Pas dans l'intérêt de ma patiente. Sauf si elle est en danger de mort. Elle précisa alors quelque chose qui l'avait étonnée à l'époque. Je vous avouerai que j'ai quand même été surprise qu'Isabella connaisse quelques respirations pour alléger la douleur des contractions.

-Elle les a apprises en cachette grâce à la cuisinière qui était au service de sa mère, expliqua Carlisle, agacé par le comportement avide de Victoria, préférant se souvenir de la bonté et de la gentillesse de Angela. Racontez-moi la délivrance ! Insista-t-il encore une fois.

-Lorsque Isabella fut suffisamment dilatée et que je vis apparaître la tête, je l'ai endormie, comme si j'allais lui pratiquer une césarienne, lui expliquant rapidement qu'il y avait un problème. Sa mère m'avait demandé à ce qu'elle n'entende pas crier l'enfant pour qu'elle croit facilement qu'il soit mort.

-Comment était l'enfant à la naissance ?

-Pleine de vie ! Sourit Victoria pour la première fois.

-Une fille ?

-Oui, une jolie petite fille, plus de 3 kg, peut-être même 3,5 kg, je ne me souviens plus. Elle a joliment crié et testé la puissance de ses cordes vocales.

-Qu'est-elle devenue ? Demanda Carlisle appréhendant la réponse qu'allait lui donner Victoria.

-Comme Isabella a accouché sous X sur demande de sa mère qui était son responsable léga, sa fille a été placée en foyer en vue d'une prochaine adoption.

-Vous ne savez donc pas ce qu'elle est devenue...

-Je l'ai revue pour l'examen du premier mois : elle se portait comme un charme et souriait à tout le monde. Victoria s'interrompit pour observer le médecin blond avant de reprendre. Vous connaissez la loi, Docteur : une femme qui accouche sous X a deuxmois pour se retracter avant que la procédure de l'adoption ne soit lancée.

-Je le sais bien, soupira Carlisle en passant sa main dans ses cheveux blonds. Il n'y a donc aucun moyen de savoir quelle famille l'a adoptée...

-Non ! Aucun ! Mais... Suggéra Victoria, vous êtes en droit de laisser une lettre dans le dossier d'Isabella à la clinique, avec un contact, si un jour prochain, sa fille part à la recherche de ses origines...

-Je le ferai demain, je repasserai voir Madame Makenna, accepta Carlisle. Je vous remercie d'avoir accepté de me parler, de me conter toute la vérité, rajouta-t-il en faisant glisser vers Victoria la seconde enveloppe brune.

-Ce fut un plaisir de traiter avec vous, Docteur Cullen, répondit la sage-femme en empochant l'enveloppe.

Puis elle se leva et quitta rapidement le bar pendant que Carlisle prenait une feuille blanche et un stylo afin de rédiger la lettre qu'il confierait le lendemain à Madame Makenna pour qu'elle la joigne au dossier de Bella.

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Note : concernant le délai de rétractation d'une femme qui accouche sous X, je n'ai pas trouvé s'il était de un mois, deux mois ou trois mois. J'ai donc tranché à deux mois dans la fiction. De toute façon, ce n'est pas un mois de plus qui aurait bouleversé la suite. Si quelqu'un connaît ce délai, je suis intéressée de le savoir !

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Chapitre publié le 25 novembre 2012

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Prochain chapitre : Titre non établi pour le moment.

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Pour la publication du prochain chapitre : voir explication ci-dessous.

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Réponses aux anonymes :

Anges0112 : Merci pour ta review. Oui, Renée reste ancrée dans le déni puisqu'elle s'est elle-même conditionnée une vérité. Quant à l'enquête, tu viens de la lire. J'espère qu'elle t'a plu ! À bientôt.

Guest du 24 octobre 2012 : Merci pour ta gentille review. Pourras-tu t'identifier par un pseudo pour que je puisse personnaliser ma réponse la prochaine fois ? Merci !

Guest du 17 novembre 2012 : à bientôt ! (est-ce ton pseudo ? lol!)

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Chères lectrices,

Le prochain chapitre ne pourra pas être écrit, ni publié avant début janvier. J'en ai expliqué la raison personnellement à chaque lectrice m'ayant laissé une review. Je ne le ferai par contre pas ici au vu et au su de tous. Pour les autres, sachez que je ne peux faire autrement de reporter la prochaine publication. Je suis contrainte à ce retard de publication également sur mes autres fictions (je pense notamment à Nos Coeurs dans la Guerre, fiction sur laquelle j'espérai publier avant Noël).

J'espère vous retrouver en pleine forme (et moi aussi) début janvier.

Vos encouragements et vos commentaires sur ce chapitre sont les bienvenus (mêmesi je ne pourrai y répondre rapidement).

Pour celles qui m'ont envoyé un MP pour prendre de mes nouvelles, je vous y répondrai dans le cours de la semaine. Merci encore de penser à moi.

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Portez-vous bien et à très bientôt !

AliLouane

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