Bonsoir !

Il est encore temps de vous souhaiter une belle et heureuse année 2013 ! avec santé, bonheur, amour et la réalisation de vos vœux les plus chers !

Me revoilà avec la suite des aventures de Bella et Edward ! C'est une reprise en douceur de l'écriture mais avec un chapitre assez sombre. J'espère que vous apprécierez malgré tout !

Un merci spécial à Idrill, Sand91 et Vinie65 pour m'avoir communiqué l'information sur le délai de rétractation. Il est donc depuis 2002 de deux mois mais à l'époque de la fiction, il était de 3 mois. Je vouspublie même l'article en question de 2002, que m'a transmis Idrill.

Article 348-3 du code civil : la femme accouchant sous X dispose d'un délai de deux mois pour revenir sur sa décision. Si elle ne le fait pas, l'enfant est alors considéré adoptable et peut être placé en vu de son adoption, le repentir n'est alors plus admis.

Bonne lecture !


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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre XXI – Dépression, Peine, Souffrance et Mélancolie

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Bella était allongée sur son lit dans sa chambre dont les stores à demi-tirés laissaient à peine pénétrer la lumière du jour.

Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues pâles, laissant un sillon salé et brillant dont elle ne se souciait pas.

Ses yeux mornes étaient ouverts mais semblaient sans vie, toute joie ayant disparu.

Un coup discret fut frappé à la porte. La jeune fille n'y répondit pas. Peut-être même ne l'entendit-elle pas puisqu'elle faisait abstraction de tout ce qui l'entourait depuis son retour de l'hôpital, depuis qu'elle avait appris la vérité de la bouche de son beau-père.

Elle avait une fille !

Une petite fille !

Une jolie petite fille pleine de vie !

Une jolie petite fille pleine de vie et si chère à son cœur !

Une jolie petite fille pleine de vie, si chère à son cœur et dont malheureusement elle ignorait tout !

À commencer par son prénom : quel était-il ?

La jeune fille brune songeait au vrai prénom de son enfant, et non celui dont l'avait affublé cette sage-femme rousse qu'elle avait détestée pendant toute la durée de son long accouchement.

Où vivait-elle actuellement ?

Elle ne pouvait pas le savoir puisque le délai de rétractation était terminé depuis si longtemps et que la procédure d'adoption avait été lancée, et surtout conclue entre les éducateurs de l'État et les parents adoptants.

Avait-elle été adoptée par une famille unie et aimante ?

Bella l'espérait réellement de tout son cœur, elle qui aurait tant aimé s'occuper de son enfant, sa chair et son sang !

Etait-elle heureuse avec ses nouveaux parents ?

La jeune fille savait qu'elle ne se le pardonnerait jamais si, un jour, elle apprenait que cela n'avait pas été le cas. Elle voulait le meilleur pour son bébé, elle souhaitait son bonheur, et pourtant elle ne pouvait rien entreprendre pour le retrouver. Elle n'avait pas l'ombre d'une piste, l'État protégeant l'enfant né sous X et ses nouveaux parents.

Grandissait-elle sainement ? Qu'aimait-elle manger ? À quoi aimait-elle jouer ?

Bella paniquait de ne rien savoir de son enfant. Rien !

Et surtout est-ce qu'elle lui ressemblait physiquement ?

Encore une fois, elle ne le savait pas. Etait-elle brune comme sa mère avec les traits plutôt carrés de son père ? Ou bien avait-elle un visage arrondi avec les fossettes maternelle mais la stature de son père ? Bella ne pouvait que l'imaginer puisqu'elle n'avait pas eu la chance de voir sa fille, de la tenir dans ses bras ne serait-ce qu'une minute après l'avoir mise au monde. Elle ne l'avait même pas entendu crié !

Bella ne savait rien de sa fille. Rien ! Rien ! Rien ! Le constater fit redoubler ses pleurs.

C'était surtout cela le plus dur à supporter : Bella n'avait rien de son enfant : ni une brassière pour lui rappeler son odeur de nouvelle-née, ni une photo prouvant que son enfant avait bel et bien vécu. Rien !

Elle n'avait pas un indice, même petit, lui confirmant qu'elle avait mis au monde une délicieuse petite fille, qu'elle n'avait pas rêvé ce drame horrible de perdre son enfant. Certes, elle pouvait en parler à Edward, à ses beaux-parents, à Sue... mais elle ne pouvait se confier à personne qui l'avait connue enceinte, sa mère refusant toute discussion à ce sujet, son père se faisant distant lorsqu'elle l'évoquait, les domestiques de ses parents ayant été renvoyés pour dissimuler l'horrible secret de la grossesse de Bella.

Bella ignorait tout de sa fille, sauf son âge. C'était la seule information qui ne pouvait lui être dissimulée.

La jeune fille eut une nouvelle crise de panique et de larmes.

Elle voulait savoir ! Où était sa fille ! Comment elle allait ! À quoi ressemblait-elle ! Elle voulait la voir ! Elle voulait la retrouver !

Son beau-père et surtout Edward avaient beau lui avoir expliqué que légalement c'était impossible, elle ne pouvait le comprendre. Elle n'en était absolument pas capable.

Elle voulait voir sa fille ! Son bébé ! Celui qu'elle avait porté neuf mois et qu'elle avait mis au monde ! Elle voulait la voir ! Maintenant ! Et non pas dans quinze ou vingt ans lorsque sa fille enfin adulte aurait l'envie de rencontrer celle qui l'avait mise au monde, après avoir lu la lettre laissée par Carlisle à la Clinique des Lilas !

Un nouveau coup fut frappé contre la porte. Toute à sa crise, Bella ne manifesta aucun signe prouvant qu'elle l'avait entendu.

Sue entra alors doucement dans la chambre de sa maîtresse. Elle la découvrit en pleurs, les yeux sombres, les habits froissés, les cheveux bruns emmêlés.

-Madame, êtes-vous sûre que vous ne voulez pas vous lever un moment ? Lui suggéra-t-elle. Devant l'absence de réaction de Madame Edward, elle reprit après un long silence. Madame, vous savez que Monsieur sera triste de constater que vous êtes restée allongée toute la journée. Pourquoi ne viendriez-vous pas au salon quelques minutes pour boire un thé ? Juste quelques minutes ! Cela ferait tant plaisir à votre mari !

-Edward... Murmura Bella.

-Oui, l'encouragea Sue. Venez donc au salon, il sera heureux de vous voir là lorsqu'il rentrera de sa plaidoirie.

Depuis la fausse couche de Bella et la révélation de son père suite à son voyage à Bordeaux, Edward quittait peu sa femme. Il avait bien conscience qu'elle allait mal, et que ce mal-être s'accentuait encore plus lorsqu'il était loin d'elle.

Toutefois, s'il avait pu mettre entre parenthèse les affaires du cabinet durant une quinzaine de jours, il lui devenait de plus en plus difficile de les reporter d'avantage. Ses clients, comme les juges et la partie adverse, s'impatientaient au tribunal. Grâce à son associé fort compréhensif, il ramenait donc chaque soir des dossiers à l'appartement pour les préparer, ce qui lui permettait de rester auprès de son épouse, et ne la quitter que pour plaider au tribunal.

Sue tendit un bras vers la jeune fille éplorée pour l'aider à se lever. Cette dernière manifesta son désaccord par un cri ferme :

-Non ! Puis elle se détourna de la gouvernante et enfonça sa tête dans l'oreiller, signe qu'elle ne voulait plus avoir de contact avec elle.

Sue souffla fortement et quitta la chambre, déçue de ne pas avoir mené à bien sa mission. Si elle n'avait pas insisté davantage, c'est parce qu'elle avait déjà réussi à habiller sa maîtresse ce matin, acte qui relevait du défi !

La jeune fille, totalement amorphe à son entourage à l'exception de son époux, se complaisait dans sa peine et dans ses pleurs depuis son retour de l'hôpital. Elle refusait de parler, se lever, de s'habiller, de se laver, de manger même ! Seul Edward arrivait quelques fois à capter son regard, à la serrer contre lui, à l'alimenter de quelques cuillerées de soupe.

Si, les premiers jours, ni Edward, encore sous le choc du double traumatisme vécu par son épouse, ni les proches du jeune couple n'avaient insisté pour que Bella sorte de son état apathique ils avaient à tour de rôle tenté de la faire réagir lorsqu'ils avaient compris qu'elle s'enfonçait dans une mélancolie qui se transformait progressivement en dépression.

Rien, ni personne n'avait réussir à la faire sortir de ce marasme, ni à la faire réagir.

Chaque jour était un combat acharné pour obliger la jeune fille éprouvée moralement et physiquement à réagir, à se nourrir, à vivre tout simplement.

Sue se battait avec sa maîtresse léthargique pour l'habiller de force après une toilette sommaire. Quant à Edward, il était le seul à réussir à alimenter quelque peu son épouse. Carlisle l'examinait quotidiennement tout en ayant bien conscience que des médicaments n'étaient pas nécessaires. Esmé s'inquiétait de plus en plus pour sa belle-fille qui maigrissait à vue d'oeil, qui n'avait plus un seul éclat de vie dans le regard.

Les crises de panique de Bella étaient plus importantes et plus fréquentes lorsque Edward n'était pas à ses côtés. La jeune fille s'infligeait alors sa terrible souffrance mentale sur les bras, allant jusqu'à abîmer de ses ongles sa chair si fine et si blanche et faire apparaître le sang qui coulait dans ses veines. Transformer cette douleur sourde et lancinante en souffrance physique permettait de la supporter plus facilement.

C'est ainsi que le jeune avocat découvrit son épouse en pleurs, les bras déchirés quelques dizaines de minutes plus tard.

-Bella, qu'as-tu encore fait ? Ses sanglots redoublèrent, ce qui poussa Edward à la serrer contre lui tout en appelant Sue pour qu'elle lui apporte de l'eau chaude, du savon et des bandes blanches pour désinfecter les plaies et les panser.

-Mon bébé...

-Je sais que c'est dur, ma mie, murmura Edward reprenant son épouse contre lui, une fois que ses blessures furent bandées.

-Ça fait si mal...

-Je sais, je sais, ma mie. Edward la berçait contre sa poitrine espérant ainsi calmer les pleurs de son aimée afin de l'endormir. Tout va bien se passer désormais, je te le promets, cela ira mieux dans quelques jours...

-Non... Jamais...

Edward resserra son étreinte sur sa femme, lui chuchotant des paroles rassurantes, la poussant ainsi progressivement vers un sommeil qu'il espérait réparateur pour elle.

La semaine la plus affreuse fut celle où Bella retrouva ses menstruations.

Ce fut dur pour la jeune fille qui, constatant qu'elle n'était pas à nouveau enceinte, s'enfermait dans son monde, dans son mutisme, ignorant ses proches, y compris son mari. Son esprit pernicieux se persuadait qu'elle ne serait plus jamais être enceinte, ce qui entraînerait le rejet de son époux, puis la honte d'un divorce.

Ce fut dur pour Edward, qui ne comprenait pas le silence de sa femme, ni le fait qu'elle se renferme sur elle, encore moins la terrible culpabilité qu'elle ressentait liée au simple constat qu'elle n'était pas enceinte. Il était tout bonnement impossible qu'elle le soit, le jeune couple n'ayant pas retrouvé une telle intimité depuis la fausse couche de Bella. Edward ne cessait de répéter à sa jeune femme qu'il ne lui imposait rien, qu'il n'était pas de ces époux qui exigeaient que leurs épouses soient enceintes rapidement, cela ne changeait rien : Bella ne l'entendait pas...

Ce fut dur pour Sue qui observait sa maîtresse sombrer dans la dépression, entraînant Monsieur Edward qui ne savait plus que faire pour qu'elle se sente mieux. Sue s'acharnait quotidiennement à préparer les plats que la jeune fille aimait, et pourtant cette dernière ne les dégustait plus, acceptant tout juste de les goûter du bout des lèvres.

Ce fut dur pour Carlisle et Esmé, qui voyaient leur belle-fille dans un état déplorable et surtout qui s'inquiétaient de l'avenir si ténébreux du jeune couple qu'ils appréciaient tant. Le docteur Cullen avait conseillé à sa belle-fille de rencontrer un médecin psychologue, proposition que à l'image de sa mère, la jeune fille avait refusée. Esmé avait évoqué sa stérilité, lui expliquant qu'elle ne l'avait pas empêché de construire un couple heureux avec Carlisle, une famille épanouie malgré des débuts certes difficiles avec Edward. La jeune fille ne l'écoutait pas plus...

Charlie Swan était désespéré de voir l'attitude indolente et maladive de sa fille. Il comprenait qu'elle avait souffert, que son épouse avait probablement mal agi en lui mentant sur le devenir de son enfant. Toutefois, étant un homme d'action, il n'admettait pas le fait que sa fille se laisse tant aller. Elle devait réagir ! Reprendre le dessus ! D'autant qu'il voyait bien qu'elle était bien entourée par sa nouvelle famille ! Lors de ses visites hebdomadaires, il s'acharnait à lui faire entendre raison pour qu'elle reprenne goût à la vie.

Renée Swan ne s'était pas présentée au domicile du jeune couple. Son gendre pensait de toute façon que c'était un mieux pour Bella. Sa belle-mère restait de toute manière convaincue qu'elle avait agi au mieux pour sa fille, que si elle l'avait laissée devenir fille-mère, elle n'aurait jamais rencontré Edward au Bal des Débutantes... Ce qui était probablement vrai, en convenait difficilement le jeune avocat. Renée continuait donc ses activités philanthropiques et ses multiples mondanités. Lorsqu'on lui demandait ce qu'il advenait de sa fille, elle répondait qu'elle était malade et que prochainement elle irait mieux. Jamais la fausse couche de Bella ne fut évoquée puisqu'elle n'avait été annoncée que dans l'entourage familial de la jeune fille, encore moins sa précédente grossesse qui avait été si habilement dissimulée par sa génitrice.

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À chaque fois que revenaient les règles de Bella, c'était le drame ! La jeune femme sombrait encore plus dans sa dépression, s'accusant de tous les maux, dont le principal : celui d'être incapable de porter l'enfant de son époux bien-aimé.

Bella n'avait pas quitté une seule fois l'appartement depuis son retour de l'hôpital. Elle sortait à peine de sa chambre, juste parce qu'elle était forcée d'aller dans la salle de bain chaque jour pour sa toilette. Elle s'alimentait peu, maigrissait à vue d'oeil, et semblait inaccessible pour son entourage.

Edward ne savait plus que faire. Qu'il soit présent avec elle ou qu'il travaille au cabinet, il avait l'impression qu'elle ne se souvenait plus de lui, qu'elle le fuyait, qu'elle ne l'aimait plus. Lui ne reconnaissait plus la jeune fille brune si jolie et si enjouée, malgré ses prunelles chocolat tristes et mystérieuses, qu'il avait tant aimée l'été dernier, qu'il avait épousé l'automne dernier.

En ce début de l'été, les journées de la fin juin se rallongeaient, se réchauffaient. Edward avait une décision à prendre. Et pour la première fois, il ne savait pas faire son choix. Il ne savait pas quelle solution serait le plus bénéfique pour lui et laquelle le serait pour sa femme. Il avait l'impression que cette fois-ci, ce qui lui serait bénéfique et salutaire ne le serait pas forcément pour Bella.

Souhaitant discuter de cette décision, il quitta plutôt son cabinet d'avocat et se dirigea vers la maison de son père, qui terminait toujours plus tôt le mercredi.

-Edward ! Carlisle était surpris de voir son fils sur le pas de sa porte. Ces derniers temps, c'était toujours lui et Esmé qui se déplaçaient chez le jeune couple. Que se passe-t-il ? S'inquiéta-t-il. Est-ce Bella qui... ?

-Non, non, le rassura son fils. Etat stationnaire, rajouta-t-il laconiquement. Elle sort d'une « semaine rouge », précisa-t-il en mimant des guillemets avec ses doigts.

-Oh ! Comprit Carlisle, la semaine avait due être encore plus éprouvante pour les deux jeunes gens. Entre donc, ce sera plus confortable pour discuter. Une fois que son fils fut installé dans le salon, il lui demanda. Veux-tu boire quelque chose ?

-Non, merci, répondit Edward. Ne sachant comment questionner son père pour avoir son avis sur son dilemme, Edward relança la conversation sur un thème neutre. Où est Esmé ?

-Sortie pour des courses ou soutenir une quelconque association venant en aide aux plus démunis, rétorqua Carlisle. Mais je suppose que tu n'es pas venu ici pour savoir cela.

-Pas vraiment, reconnut Edward.

-Alors ? Le relança-t-il. Devant le silence de son fils, il reprit : Edward, tu sais que tu n'as pas à t'inquiéter concernant les règles de Bella. Elle finira par être à nouveau enceinte un prochain jour. Il faut que vous dépassiez cette inquiétude mensuelle, sinon elle va vous détruire !

-Cela m'étonnerait !

-Quoi ? Carlisle ne comprenait pas de quoi parlait son fils.

-Cela m'étonnerait que Bella soit prochainement à nouveau enceinte !

-Pourquoi donc ? Rien ne l'en empêche ! Sa fausse couche n'a pas remis en cause le fait qu'elle puisse être mère.

-Non, cela n'a aucun rapport avec cela, mais juste que depuis son retour de l'hôpital, elle ne me laisse plus l'étreindre de manière intime. Donc cela ne risque pas d'arriver, souffla Edward totalement abattu. Et pourtant, cela ne l'empêche pas de pleurer toutes les larmes de son corps et de culpabiliser lorsque son cycle a lieu. Je ne sais plus que faire. Elle ne comprend aucune de mes explications... Je n'arrive pas à lui faire entendre raison...

-Sans compter que toi, tu éprouves sûrement une certaine frustration sexuelle... avança doucement Carlisle.

-Là n'est pas le propos ! S'emporta Edward un peu mal à l'aise de parler de sexe avec son père. C'est surtout que je ne la reconnais plus ! Elle n'est plus celle que j'ai aimée et épousée ! Elle n'est plus elle-même ! Elle semble imperméable à tout ! Je ne sais plus quoi faire ! Elle me fait peur ! Peur ! Chaque jour, quand je rentre, je crains de la retrouver les poignets en sang ou pire encore ! Si Sue n'était pas constamment à la veiller, je suis sûr que...

Edward frissonna, refusant d'envisager le pire.

Constatant le déchaînement de son fils mais aussi sa frayeur et son appréhension, le docteur Cullen intervint de manière méthodique :

-Est-ce qu'elle a essayé de se faire du mal à nouveau depuis ses tentatives de scarification de la fin avril ?

-Non, pas spécialement, mais elle ne parle pas, elle ne mange pas ou à peine... Je redoute toujours le pire ! Sue également !

-Son corps a changé avec cette grossesse qui s'est mal terminée. Il faut qu'elle se le ré-approprie personnellement avant de pouvoir le mettre à nouveau à nu devant toi. C'est d'autant plus lent qu'elle a appris que son premier enfant lui avait été enlevé de force, qu'il n'était pas mort. Elle culpabilise certainement de cet abandon.

-Je sais bien qu'elle a traversé deux drames, soupira Edward en passant une main dans ses cheveux indisciplinés. J'en ai bien conscience. Toutefois, ce n'est pas facile pour moi non plus, père. J'étais heureux de cette grossesse. Même si je n'étais pas autant attaché qu'elle à ce bébé, puisque je ne l'ai jamais senti bouger dans son ventre, je m'étais fait une joie de devenir père. Ce drame qu'elle vit, elle n'est pas seule à le traverser, même si elle en vit la double peine puisque c'était elle qui portait notre enfant et qu'elle a découvert les horribles circonstances de son premier accouchement...

-Et vous n'arrivez pas à communiquer sur ce sujet-là, n'est-ce pas ?

-Oui, acquiesça Edward. Nous n'avions jamais eu de tels événements à traverser ces précédents mois, mais lorsqu'il y avait incompréhension de la part de l'un ou de l'autre, nous avions toujours pu en discuter, se souvenait Edward qui repensait aux confidences de Bella lors de leur première nuit à Giverny ou à l'inquiétude de sa jeune femme lorsqu'elle avait été réglée pour la première fois après leur union. Et là, rien ! Elle me fuit ! Que cela soit pour discuter ou simplement pour que je la serre dans mes bras !

-Tu te sens en manque ? Questionna prudemment Carlisle. D'un point de vue sexuel ?

-Je... Rougit son fils.

-Edward ! C'est important les rapports intimes dans un couple ! Le gourmanda le docteur Cullen. Tu as le droit de reconnaître, et sans honte, être en manque de ces étreintes tout comme du plaisir que tu peux en ressentir ! C'est humain ! Et ce d'autant plus que votre couple était plutôt actif de ce point de vue là, si je me base sur les confidences qu'Esmé a recueilli auprès de ta femme.

-Oui, nos moments passés me manquent ! Affirma Edward de manière réticente. Nos étreintes fougueuses me manquent ! Elles m'obsèdent d'autant plus que j'ai l'impression de ne plus avoir de désir pour elle actuellement. Bella est dans un tel état physique et psychologique que...

Il ne put finir sa phrase, trop honteux de penser et surtout de ressentir cette aversion pour son épouse.

-Que tu as l'impression que ressentir ne serait-ce qu'un peu de désir pour elle serait l'équivalent d'un viol, compléta le docteur Cullen. Surpris d'être si bien compris, Edward releva son visage qu'il avait dissimulé entre ses mains. Certes, Bella n'est actuellement pas en état de partager ou ressentir le moindre désir physique et amoureux, mais tu n'as pas à brider tes instincts par peur d'un débordement. Ce dégoût de toi-même peut être ressenti par ta femme, qui l'interprétera pour une répulsion à son égard. Ce serait encore plus dramatique...

-Que puis-je donc faire pour qu'elle aille mieux ? Souffla Edward totalement découragé.

-Il faut d'abord que vous fassiez le deuil de cet enfant ensemble !

-Comment voulez-vous que... ? Se lamenta Edward. Elle refuse toute discussion !

-Lors des veuvages, les médecins que nous sommes ont l'habitude de proposer un changement d'air radical pour reprendre le dessus sur la peine.

-Nous ne sommes pas veufs !

-C'est sûr, mais vous avez perdu un enfant. Profite de l'été pour partir loin de Paris ! Peut-être que ce changement de région la fera réagir !

-Père, j'ai... Commença Edward. C'est pour cette raison que je venais te voir...

-Oui ?

-Vous savez qu'au cabinet, il m'arrive ponctuellement d'aller à Lyon où nous avons des associés.

-Oui, tout à fait. Il me semble que Bella t'avait accompagné les dernières fois.

-C'est exact. C'est là-bas qu'elle a ressenti les premiers signes de sa grossesse, malaises, nausées... Se souvint Edward rêveur et envieux d'un temps passé où il était heureux. On m'a proposé de demander mon changement du barreau de Paris pour celui de Lyon car le cabinet lyonnais gagne en importance.

-As-tu accepté ?

-Pas encore, mais soit c'est Paul qui y va, soit c'est moi. Et Paul est très réticent à l'idée de quitter Paris.

-C'est peut-être le changement dont vous avez besoin toi et Bella pour faire face à ce terrible drame et repartir dans un nouvel endroit d'un bon pied, suggéra Carlisle. En as-tu parlé avec elle ?

-Et comment voulez-vous que... ,

-Oui, c'est vrai, pardonne-moi, fils, mes mots ont dépassé ma pensée !

-Justement j'aurai apprécié en discuter avec elle, avoir son avis. Mais elle est présente physiquement sans que son esprit le soit.

-Prends la décision pour vous deux, fils ! Elle sera la bonne !

-Vous partiriez ?

-Oui, sans hésiter ! Qu'est-ce qui vous retient à Paris à part de mauvais souvenirs ?

-Mais si Bella n'est pas d'accord...

-Tu restes le seul décisionnaire de ton couple, Edward. C'est bien de décider à deux, j'en sais quelque chose, mais lorsque ton épouse est incapable de prendre une décision bénéfique pour votre couple, tu dois le faire. Bella te suivra, qu'elle soit enthousiaste ou pas.

-Nos amis...

-Bêtises ! Bella ne voit plus ses amies depuis qu'elle est mariée, d'après ce qu'Esmé me raconte ! Quant aux tiens, ils viendront te voir à Lyon ! C'est bien plus près que lorsqu'ils étaient allés te voir aux Etats-Unis.

-Monsieur et Madame Swan...

-J'ai plaisir à penser que moins Bella voit sa mère, mieux elle se porte. Quant au commissaire, il ne posera aucune objection, il sait que sa fille doit suivre son époux.

-Esmé et vous ! Bella a plaisir à prendre du temps avec elle !

-Balivernes ! Nous viendrons vous voir ! Et tu sais que la maison familiale vous accueillera toujours à Paris ! Fils, arrête de chercher des excuses superflues ! Saute sur l'occasion !

-Bien, je vais procéder à mon transfert pour être inscrit au barreau de Lyon. Je parlerai de notre déménagement à Bella ce week-end.

-Edward, si tu veux un dernier conseil, pour que vous repartiez d'un bon pied...

-Oui ?

-Lorsque vous serez à Lyon, prends rendez-vous avec un psychologue.

-Mais Bella refuse de...

-Peu importe l'avis de Bella ! Elle a besoin d'une thérapie, et toi aussi. Surpris, Edward ouvrit grand les yeux. Ne sois pas étonné ! Vous avez vécu un drame ces derniers mois. Vous en avez tous deux besoin. Faites une thérapie de couple ! Ce sera peut-être plus simple à envisager pour Bella... comme pour toi !

-Peut-être... Je vais y réfléchir, promit Edward.

-Je vais téléphoner à un confrère lyonnais pour obtenir une bonne adresse, reprit Carlisle, soulagé que Edward entende ses arguments. Et, tu ferais bien d'inscrire Bella à la faculté de Lettres.

-Quoi ? Sursauta le jeune avocat. Mais elle ne veut pas ! Je lui ai promis de ne rien lui imposer, qu'elle choisirait elle-même le moment où elle se sentirait prête.

-Le sera-t-elle vraiment un jour ? Demanda Carlisle sceptique. Edward, soit réaliste ! Ses parents n'ont eu de cesse de lui répéter qu'une femme ne devait pas faire d'étude. Inscris-la ! Ce sera un coup de pouce forcé pour repartir d'un bon pied. Je pense sincèrement que Bella est capable de suivre un cycle universitaire, et qu'elle s'épanouira même.

-Je le pense aussi, confirma Edward. Si vous voyez tous les livres qu'elle a lu cette année !

-Et bien inscris-là ! En plus, ce sera l'occasion pour elle de découvrir Lyon d'un autre point de vue. Peut-être se fera-t-elle des amies à l'université ! Elle sera moins isolée... Et puis elle sera moins focalisée sur son cycle menstruel si elle n'arrive pas à être enceinte. Cela lui changera les idées.

-Vous avez raison, père. Je vais l'inscrire ! De toute façon, si ces études ne lui plaisent pas, je ne la forcerai pas à terminer son année.

-Tout à fait ! Surenchérit Carlisle.

-Je vous remercie pour ces précieux conseils, père. Entendant l'heure sonner sur la pendule du salon, Edward se leva. Il est temps que j'y aille, sinon Sue risque de s'inquiéter.

-Et si Esmé rentre avant que tu ne sois parti...

-Cela risque de me retarder encore plus ! Compléta Edward rieur. À bientôt, père ! Embrassez Esmé pour moi !

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Lorsque Edward arriva chez lui, il se dirigea par habitude vers la chambre qu'il partageait avec son épouse. Il s'attendait à la trouver en pleurs ou endormie sur leur lit.

Or, quelle ne fut pas sa surprise de constater que leur chambre était vide !

L'inquiétude submergea le cœur d'Edward : où était-elle passée ?

Il se précipita dans la cuisine, où Sue oeuvrait devant les fourneaux.

-Où est Bel...

-Madame est dans le salon, le coupa-t-elle rapidement voyant l'affolement de son patron.

-Dans le salon ? S'étonna Edward.

Cela faisait si longtemps que Bella ne s'était pas levée qu'il peinait à le croire.

-Oui, confirma Sue. Madame Swan est passée dans l'après-midi.

-Et... ? Questionna Edward devant l'air confus de Sue.

-Je... Sue hésita puis se lança franchement. Elle savait son employeur suffisamment posé pour ne pas s'emporter contre elle. Monsieur, j'en prends toute la responsabilité ! Si vous me demandez de démissionner, je le ferai... Mais je pense que...

-Que s'est-il passé ? Sue, dites-moi ! Exigea Edward.

-J'ai dû la mettre dehors.

-Pardon ? Edward était interloqué.

Il avait bien conscience que Madame Swan pouvait être pénible face aux employés de maison mais Sue était la douceur même.

-Je sais que je n'aurai pas dû agir ainsi. Toutefois... Sue réfléchissait aux prochains mots qu'elle allait employés. Madame Swan s'est emportée contre sa fille... Emportée violemment, précisa Sue. J'ai considéré son attitude inappropriée... et aussi dangereuse pour Madame.

-Violemment ? Questionna Edward. Sue approuva d'un signe de la tête. A-t-elle porté la main contre ma femme ?

-Monsieur, je pense que c'est à elle de vous le raconter...

-Vous savez bien qu'elle n'est pas très disserte en ce moment.

-Allez-la voir ! Proposa Sue. S'il vous faut plus de détails, je répondrai ensuite à vos questions.

-Bien ! Merci Sue pour cette après-midi. Je pense sincèrement que vous avez bien agi.

Alors que sa cuisinière retournait à ses préparations culinaires, Edward se dirigea vers le salon, où il trouva son épouse debout regardant par la fenêtre. Elle ne le vit pas entrer car elle lui tournait le dos. Cependant, Edward ne put s'empêcher que quelque chose avait changé dans son attitude.

-Bella ! L'appela-t-il doucement pour ne pas la surprendre.

-Oh ! Edward ! Se retourna-t-elle immédiatement. Si tu savais...

Elle se précipita à la rencontre de son époux qui la reçut contre sa poitrine. Un geste qu'elle n'avait pas effectué depuis … très longtemps...

-Bella ! Comment vas-tu ? Comment te sens-tu ?

Edward l'observait attentivement à la recherche du moindre signe de maltraitance. Si son épouse était encore pâle, les joues rouges et émaciées, vêtue d'une robe de chambre, pieds nus, les cheveux totalement emmêlés, son regard offrait une lueur de détermination que Edward n'avait pas vu depuis bien longtemps. Il ne pouvait s'empêcher de croire qu'il s'agissait d'une lueur d'espoir.

-Ma mère est venue, avoua la jeune fille en se blottissant contre son époux tant aimé.

Entendre ce cœur qui ne battait rien que pour elle la réconfortait tout en lui faisant prendre conscience que son attitude de fuite des derniers mois avait été très puérile. Mais elle s'était noyée dans le chagrin et la perte de ses deux enfants, incapable de faire face à de tels drames.

-Que s'est-il passé ?

-Je ne veux PLUS la voir ! Chuchota-t-elle dans la chemise de son époux, honteuse de proférer une telle affirmation.

-Bella, que s'est-il passé ? Edward était surpris de l'attitude de sa femme.

Jamais auparavant elle n'avait osé suggérer une telle chose même si elle avait toujours reconnu ne pas vraiment s'entendre avec sa génitrice.

-Je ne veux plus la voir, Edward ! Je t'en prie, ne m'y force pas !

-Jamais je ne ferai une telle chose, mon cœur ! Nous déclinerons les invitations chez tes parents désormais.

-Oui, mais elle risque de revenir à la charge !

-Je demanderai à Sue de lui interdire notre porte !

-Elle recommencera tant que nous n'aurons pas accepté. Elle veut être sûre que nous soyons présent pour le Bal du 14 Juillet. Elle l'organise chez elle. Toute la grande bourgeoisie sera présente.

-Tu es sensée être alitée, mon cœur, suggéra Edward, ravi de voir sa femme se lancer dans une telle tirade.

-Elle viendra me chercher et me traînera par les cheveux s'il le faut ! Elle l'a dit tout à l'heure ! Souffla Bella en se frottant sa joue rougie. Donc, je t'en prie, emmène-moi sur Mars ou Jupiter ! Je ne veux pas être à Paris cette semaine-là.

-Mars ou Jupiter ? Rigola Edward. C'est un peu loin, n'est-ce pas ? Bella haussa les épaules, signifiant ainsi que peu lui importait le lieu, elle le suivrait jusqu'au bout du monde. Que dirais-tu de Lyon ?

-Lyon ? As-tu un déplacement professionnel de prévu à cette date-là ?

-Non, pas un déplacement professionnel... Le cabinet me propose de m'y installer définitivement.

-Oh !

-Qu'en dis-tu ?

-Que cela m'éloigne suffisamment de ma mère ! Cela me plaît bien !

-Es-tu sûre de toi ? Tu as le temps d'y réfléchir, si tu veux...

-Non ! Je le sais ! Je le sens ! C'est une bonne chose de déménager ! Edward, je crois que cela va être un nouveau départ pour nous.

-C'est exactement ce que m'a dit mon père tout à l'heure.

-Edward, je... Je n'ai pas eu une attitude agréable ces dernières semaines. Bella était peinée et honteuse. Ses joues rosissaient doucement. Je suis désolée...

-Tu n'as pas à l'être, chérie. Je sais que cette situation n'a pas été facile pour toi.

-Oui, mais quand même... Je...

-Chut... C'est fini désormais...

-Je l'espère... Je ne suis pas sûre... Parfois cela va encore être dur... C'était si difficile de...

-Je sais, mais promets-moi que la prochaine fois, tu me parleras, tu te confieras... C'était surtout difficile de te sentir loin de moi, de voir tant souffrir, de voir que tu refusais de partager ta peine avec la mienne...

-Je suis si désolée, Edward.

Des larmes salutaires coulèrent sur ses joues. Edward les essuyait progressivement sans pour autant chercher à les stopper. Il savait que sa femme avait besoin d'évacuer les tensions, sa souffrance d'avoir perdu un enfant, sa peine d'avoir mis à l'écart son époux.

-Alors, nous allons à Lyon ? L'interrogea Edward une fois que les larmes furent taries.

-Oui ! À Lyon ! Approuva Bella. Même si je sais déjà que Esmé, nos visites et nos déjeuners vont me manquer !

-Esmé et mon père viendront nous voir, je te le promets.

-Et Sue ? Viendra-t-elle avec nous ?

-J'ai bien peur que cela ne soit pas possible, admit Edward.

-Oh ! Elle a tellement fait pour moi que...

-Je sais, j'en ai conscience. Pour moi aussi, elle compte. Allons donc voir ce qu'elle nous a préparé pour le dîner ! Lança Edward pour changer de sujet. Il ne voulait pas que sa femme retombe dans de sombres pensées.

Pour la première fois depuis plus de deux mois, Bella fit honneur au repas. Certes, elle n'avait pas un appétit d'ogre, mais elle mangeait de bon cœur.

Pour la première fois depuis plus de deux mois, Edward s'endormit tenant sa femme contre son cœur. Certes, ils n'avaient pas partagé une folle nuit d'amour dont eux seuls avaient le secret, mais il avait l'impression d'avoir retrouvé sa femme, son épouse, sa confidente, son aimée, sa moitié !

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Chapitre publié le 29 janvier 2013

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Prochain chapitre : Installation lyonnaise

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Pour la publication du prochain chapitre : environ une quinzaine de jours.

Et je vous promets surtout qu'il sera plus joyeux !

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Réponses aux anonymes :

Guest du 26 novembre 2012 : Merci pour ta review. J'espère que ce chapitre t'aura plu, même si la vérité révélée à Bella n'est pas décrite très précisément. À bientôt

Anges0112 : Merci pour ta gentille review. J'espère que cette suite t'a plu, même si la réaction de Charlie n'est pas décrite aussi précisément que tu l'aurais souhaité. À bientôt !

Cilcee974 : Merci pour ta super review ! Oui, je me documente pas mal, et parfois ce sont les lectrices qui m'apportent des infos (merci à celles qui se reconnaîtront). J'espère que la suite te plait tout autant ! À bientôt !

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Portez-vous bien et à très bientôt !

AliLouane

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