Bonsoir chères lectrices !

Chouette nouvelle ! Ma fiction vient d'être répertoriée sur Repert0ire-Twilight (lien sur mon profil). Merci à Johanna pour l'article qu'elle a rédigé ! N'hésitez pas à prendre le temps de parcourir ce site si vous êtes à la recherche d'une nouvelle fiction !

Bonne lecture !

PS/ Dans mes réponses à vos reviews, je vous annonçais une publication mercredi soir. Mais finalement je publie avec un jour d'avance ! waouou ! je m'épate moi-même sur ce coup-là !


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Titre de la fiction : Sous X

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Enjoy !

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Chapitre XXIII – Thérapie

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Le retour en voiture vers leur nouvelle maison s'était déroulé dans le plus grand des silences.

Bella réfléchissait à ce qui avait été dit pendant la séance avec le docteur Withock. Elle était pleinement consciente de tout l'amour que son époux éprouvait pour elle et que, s'il avait autant insisté pour qu'ils voient ensemble un spécialiste, c'était pour qu'elle aille mieux.

Elle avait surtout compris que son époux souffrait de la voir en pleurs lorsque son cycle menstruel débarquait, qu'il se sentait impuissant à la consoler face à cette détresse extrême. Ces semaines-là n'étaient jamais faciles, d'autant plus qu'elle s'accusait de ne pas pouvoir offrir d'enfant à Edward alors que, pour Démétri, cela avait fonctionné immédiatement, sans qu'elle en eusse conscience. Elle culpabilisait d'avoir abandonné sa fille, même si elle y avait été forcée par sa génitrice. Son bébé grandissait loin d'elle et c'était encore plus douloureux de le savoir lorsqu'elle constatait qu'elle n'arrivait plus à enfanter.

Dès qu'elle avait quelques jours de retard, elle se prenait à espérer une bonne nouvelle tout en s'inquiétant d'une potentielle fausse couche. Elle n'avait pas eu de telles appréhensions pour sa première grossesse qu'elle avait découverte tardivement grâce à une femme de chambre. Elle redoutait plus que tout de perdre encore une fois un nouvel enfant. Elle ne le supporterait pas. Même avec l'appui constant et la sollicitude bienveillante de son époux, elle savait qu'elle ne pourrait pas survivre à une nouvelle tragédie.

Elle avait bien conscience que le docteur Withlock avait tout fait pour dédramatiser la tension qui existait dans leur couple autour de ses menstruations. Si elle devait lui conter, lors du prochain rendez-vous, la manière dont elle réagissait au retour de ses règles, c'est parce qu'elle ne devait pas pleurer, être triste et désespérée de ne pas avoir conçu un enfant. « Il y avait un temps pour tout » était la maxime qu'elle se devait de retenir de leur première rencontre.

Oh ! Il lui avait donné matière à réfléchir pour l'occuper et la distraire de la comptabilité des journées de son cycle : le plaisir de la femme pendant l'acte sexuel et une inscription à l'Université ! De quoi faire tourner ses méninges dans tous les sens et à toute allure !

Le plaisir féminin !

Bella rougissait jusqu'aux oreilles rien que d'y penser ! Elle n'en avait jamais entendu parler ! On lui avait toujours dit que la femme devait se soumettre au désir de son époux, faire ce qu'il attendait d'elle pour concevoir un bébé et devenir mère. Toutefois, la jeune fille avait bien conscience que Edward ne l'avait jamais obligée à faire la moindre chose qui ne lui plaisait pas, contrairement à Démétri qui l'avait forcé à lécher et sucer sa verge énorme et écoeurante, qui l'avait pénétrée violemment à deux reprises. De plus, Edward avait toujours veillé à ce qu'elle se sente bien dans ses bras, à ce qu'elle s'abandonne pleinement contre lui et qu'elle ressente un orgasme. Elle en avait été étonnée la première nuit, elle avait même pensé qu'il avait été plus doux que Démétri, ce qui avait entraîné ce plaisir ressenti et qu'il demeurerait exceptionnel. Mais son mari lui avait appris ce qu'était la jouissance, qu'elle était en droit de la vivre au même titre que lui lorsqu'ils partageaient une étreinte intime.

Une inscription à l'Université en Lettres Classiques !

Si Bella n'avait pas été fermement convaincue que c'était la première fois que son époux rencontrait le docteur Withlock, elle aurait pu penser qu'ils étaient de mèche tous les deux. Elle savait combien Edward redoutait qu'elle ne s'ennuie dans leur nouvelle maison. Elle savait aussi qu'elle aimait lire et que c'était le cursus universitaire qu'elle envisageait de poursuivre, malgré l'opposition de sa mère et avec l'accord de son père, avant qu'elle n'apprenne qu'elle était enceinte de Démétri. Edward avait une telle confiance en elle qu'elle redoutait de la trahir en échouant. Mais, comme l'avait dit et répété le docteur Withlock, elle ne devait que prendre du plaisir à étudier, sans se mettre de pression supplémentaire sur les épaules puisqu'elle n'avait pas besoin de ces études pour vivre décemment. Malgré ses peurs et ses appréhensions, elle allait essayer un semestre, découvrir la fac et les études qu'elle aurait dû faire initialement.

De son côté, Edward constatait que sa femme était dans une réflexion intense. Il n'arrivait toutefois pas à lire en elle pour savoir si elle était encore furieuse contre lui de ce rendez-vous pris sans l'avoir prévenue chez ce médecin psychologue. Il n'avait de toute manière aucune envie de s'excuser tant il était convaincu que cet entretien avait fait du bien à son épouse. Elle semblait plus calme, plus sûre d'elle.

Lorsqu'il se gara dans la cour devant leur maison et qu'il vint lui ouvrir la portière avant pour lui donner son bras, elle lui sourit enthousiaste :

-Edward ! Je vais essayer ! L'Université ! Je vais suivre le premier semestre ! Pour voir ! Juste pour voir !

-Pour voir ? Je suis sûr que tu vas nous épater ! Lui répondit son époux en l'enveloppant de ses bras pour la serrer contre lui.

-Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Rougit Bella qui doutait toujours autant d'elle-même bien qu'elle se sentit prête à suivre les conseils de son époux et du docteur Withlock.

-J'ai confiance en toi ! Rétorqua doucement Edward. Tu n'épateras peut-être pas les autres, mais moi tu m'éblouiras toujours !

-Si tu savais comme je t'aime ! Lui murmura-t-elle à l'oreille.

-Et moi donc !

Il fondit alors sur les lèvres de sa dulcinée qu'il attaqua vivement et pénétra de sa langue pour trouver la sienne. Leur baiser fut intense, glorieux et voluptueux, les laissant tous deux à bout de souffle, le regard chaud comme de la braise, dans l'attente d'une étreinte plus approfondie. C'est en courant qu'ils gagnèrent leur maison, puis leur chambre où leurs corps se rapprochèrent et fondirent l'un dans l'autre leur faisant miroiter mille merveilles, vivre une infinité de sensations fulgurantes et partager de multiples plaisirs.

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C'est main dans la main et marchant d'un même pas que Edward et Bella se rendaient au second rendez-vous chez Jasper Withlock.

Dire que Bella n'appréhendait en rien le rendez-vous serait faux. Toutefois, elle le redoutait moins que la dernière fois lorsqu'elle avait failli fuir devant la porte lorsqu'elle avait compris où Edward l'emmenait.

-Monsieur et Madame Cullen ! Les appela le docteur Withlock dans la salle d'attente.

À l'entente de leur nom de famille, ils se levèrent et le rejoignirent dans son bureau. Ils étaient surpris puisque, la dernière fois, le psychologue les nommait de leurs prénoms.

-Êtes-vous prêts pour débuter la séance ? La phrase était désormais connue, le jeune couple acquiesça d'un commun accord. M'autorisez-vous à utiliser vos prénoms dans le cadre de cet entretien ?

-Bien entendu ! Approuva Edward.

-Vous l'avez déjà fait la dernière fois ! Rajouta Bella.

-Certes, mais il est nécessaire de vous le redemander, expliqua Jasper en souriant. Alors, qu'avez-vous à m'apprendre concernant ce dernier mois ?

Edward et Bella se regardèrent pour savoir qui allait prendre la parole en premier. Edward fit un signe discret à son épouse pour qu'elle se lance. Pour l'encourager, comme la dernière fois, il reprit sa main dans la sienne.

-J'ai eu... Bella mordilla sa lèvre encore un peu gênée par ce qu'elle allait dire, puis elle osa reprendre la parole. Après tout, son époux connaissait déjà le sujet qu'elle allait évoquer, et le docteur Withlock lui avait clairement signifié la dernière fois qu'elle ne devait pas éprouver de malaise à en parler devant lui dans son cabinet. J'ai eu mes règles la semaine dernière.

Jasper Withlock, qui avait bien compris les différentes phases de réflexion de la jeune fille pendant ces quelques minutes de silence, était satisfait qu'elle en parle d'elle-même. Un petit pas en avant avait été franchi. Il restait à connaître sa réaction, même s'il ne pouvait se baser que sur un seul mois.

-Et comment avez-vous vécu cette nouvelle étape ?

-J'ai... J'ai été déçue... Répondit honnêtement la jeune fille en baissant les épaules. Mais pas désespérée... Je n'ai pas eu le temps d'espérer quoique ce soit, elles ont été régulières ce mois-ci. Et... Edward a toujours été là, à me rassurer, à me dire que ce n'était pas grave...

-Bien, bien, notifia Jasper faisant courir son stylo sur son bloc notes. Il avait compris que la jeune fille, qui faisait des efforts pour s'éloigner de l'éducation reçue qui la poussait à enfanter immédiatement, était totalement dépendante de l'attitude que son époux aurait face à son cycle menstruel. Et vous, Edward, comment avez-vous vécu cette semaine ?

-Plus sereinement, témoigna à son tour le jeune avocat. En grande partie parce que Bella l'a été également. Je n'ai pas revu de détresse dans ses yeux, pas autant que les fois précédentes du moins, et c'est vraiment un soulagement pour moi.

-Bella, vous avez pu prendre du recul, est-ce que vous l'avez constaté ?

-Je pense... Mais si j'ai pu réagir ainsi, c'est parce que nous en avons parlé ensemble la dernière fois que nous sommes venus et surtout Edward a toujours été présent pour moi, insista-t-elle, il a toujours été là quand j'ai eu besoin de lui ou quand j'ai douté...

-C'est tout à son honneur d'avoir réussi à vous faire relativiser la situation, admit Jasper. Isabella, il faudra continuer dans cette voie, continuer à relativiser les prochains mois. En avez-vous conscience ? Bella acquiesça doucement comme si elle doutait d'elle-même. Vous ne devez aucunement considérer le fait d'avoir vos règles comme un échec, ni donner comme but ultime de l'acte sexuel avec votre époux le seul fait de procréer. Souvenez-vous que la dernière fois nous avions parlé du plaisir ressenti lors d'une étreinte partagée par des époux ! C'est une chose tout aussi essentielle dans un couple que le fait d'enfanter.

Aux propos clairs et directs du psychologue, Bella s'empourpra d'autant plus que le regard vert de son époux s'enflamma. Ils en avaient testé des façons de ressentir davantage de plaisir ce dernier mois !

-C'est une chose que nous avons parfaitement bien saisi, rétorqua Edward de manière décontractée, un sourire aux lèvres, souhaitant simplement mettre à l'aise son épouse.

-Hum... Marmonna le docteur Withlock ravi de constater que les deux époux étaient fort proches l'un de l'autre, amoureux comme au premier jour. Au moins, tout allait bien de ce côté-là pour eux, et c'était nécessaire pour qu'ils affrontent chacun leurs démons, surtout Madame Cullen. Isabella, pouvez-vous me dire ce que vous avez ressenti lors de votre fausse couche ?

La jeune fille hésita, se tordit les mains sur son cœur, puis reprit celle de son mari pour se donner du courage.

-J'ai eu mal... Très mal... Dans le bas-ventre, comme si cela me déchirait de l'intérieur, mais surtout au cœur, comme si c'était un signe pour me faire comprendre que j'étais incapable de donner la vie.

Le docteur Withlock écrivit quelques lignes, puis relit rapidement quelques notes sur une page précédente avant de reprendre doucement mais sûrement.

-Lors de notre dernier entretien, quand Edward a évoqué le fait que vous aviez tous deux perdu un enfant au printemps dernier, vous aviez voulu intervenir, Isabella. Est-ce que vous vous en souvenez ?

-Oui, affirma Bella d'un ton anxieux après avoir réfléchi un court instant pour se remémorer la scène.

-Pouvez-vous nous faire part de ce que vous vouliez dire ? Bella remua négativement la tête, sa main libre tressautant de manière régulière sur son genou. Est-ce que vous pouvez au moins me dire ce que vous avez ressenti lors des propos de votre époux ?

-Il s'est accusé... Mais je suis la seule coupable... Bella fondit subitement en larmes.

Edward voulut se lever pour la réconforter, mais un geste du docteur Withlock le fit s'arrêter. La jeune femme devait aller jusqu'au bout de sa peine et de ses émotions si elle souhaitait pouvoir les surmonter.

-Coupable de quoi ? Jasper insista vigoureusement. Isabella, répondez à ma question !

-C'est de ma faute si j'ai perdu notre enfant, susurra-t-elle d'une voix rauque, chargée de pleurs.

D'un simple regard, le docteur Withlock autorisa son patient à rejoindre son épouse pour la consoler. Edward tint un long moment sa femme debout contre son torse, avant de s'asseoir lorsqu'il la sentit défaillir. Contre toutes les convenances, il l'installa posément sur ses genoux afin de la garder enserrée dans son étreinte, qu'elle ait conscience constamment qu'il était présent pour elle.

Jasper fit alors le tour de son bureau et s'installa sur le siège préalablement occupée par sa patiente. Tout en lui tendant des mouchoirs, il la questionna doucement :

-Pourquoi pensez-vous cela ?

-Parce que c'est de ma faute si j'ai tué notre enfant. La jeune fille perdue dans sa douleur ne cessait de se répéter, inlassablement.

-Non, non, non, tu n'y es pour rien, murmurait doucement Edward au creux de son oreille, cherchant ainsi à l'apaiser.

-Les médecins ont-ils donné une quelconque raison ayant provoqué la fausse couche ? Questionna à nouveau le psychologue.

-Ils n'ont rien expliqué, rien du tout ! Hoqueta Bella. Ils ont même pensé que j'avais volontairement provoqué cette fausse couche pour avorter. C'est de ma faute... ! Encore et toujours ! Toujours ma faute...

-Non ! Intervint Edward la coupant volontairement. Ce n'est pas de ta faute. Mon père, docteur en médecine, précisa-t-il à l'intention du docteur Withlock, nous a expliqué que cela aurait pu arriver à tout couple. C'était une fausse couche naturelle, et tu n'en es pas responsable, quoi qu'aient pu dire certains médecins de l'hôpital.

-Cela ne présage en rien de vos chances d'avoir un autre enfant ? Demanda Jasper d'un ton calme.

-Non, aucunement ! Confirma Edward.

-S'il n'y a aucune contrainte physiologique, il nous faut donc travailler sur le mental et le psychologique qui doivent bloquer la procréation, reprit Jasper très sereinement. Quelques mots de sa patiente l'avait laissé sur sa faim, il y avait comme qui dirait « anguille sous roche ». Isabella, pourquoi pensez-vous être responsable de votre fausse couche ? Pourquoi avez-vous employé les mots « encore et toujours » ?

-C'est pour me punir...

-Vous punir de quoi ?

-Mère l'a toujours dit que je payerai mes fautes passées, que je serai à jamais coupable devant Dieu.

-Isabella, la dernière fois, nous avons parlé des principes que vous avez reçu lors de votre éducation. Vous êtes adulte aujourd'hui, vous êtes en droit de mettre de la distance avec les propos que votre mère a pu répéter durant toute votre enfance. Il en est de même avec votre éducation religieuse. Constatant que sa patiente ne l'avait pas réellement compris, Jasper Withlock précisa ses propos. Personne, ni votre mère, ni votre confesseur, ne peut vous punir d'avoir commis une action à l'exception de la Justice. Or, je ne pense pas que vous vous soyez mise en porte-à-faux avec la Justice, n'est-ce pas ?

Isabella remua faiblement et négativement la tête. Elle était incapable de répondre, épuisée par les émotions qui la traversaient. La seule chose qui lui permettait de tenir encore était la présence d'Edward qui avait resserrer son étreinte sur son frêle corps.

Le docteur Withlock lui laissa du temps pour se reprendre. Il lui apporta un verre d'eau et de nouveaux mouchoirs, les précédents ayant été utilisés à outrance et s'éparpillant désormais sur le plancher du cabinet.

Lorsqu'il estima lui avoir laissé assez de temps, il relança la conversation sur le même et douloureux sujet qui semblait tant faire souffrir sa patiente. Il était temps de crever l'abcès si le jeune couple voulait avancer. La jeune fille était enlisée dans sa douleur tout comme dans l'éducation morale et religieuse sévère et rigoureuse qu'elle avait reçue et qui l'avait étouffée, même si elle n'en avait pas conscience.

-Quelle est cette faute que vous vous accusez d'avoir commise et qui aurait, selon vous pour vous punir, provoquer votre fausse couche ? Le ton du psychologue était dégagé, exactement ce qu'il fallait pour ôter le maximum de pression que la jeune fille mettait sur cette tragédie.

Troublée, la jeune fille le regarda ébahie avant de tourner sa tête vers son mari et de lui murmurer :

-Ne sait-il donc pas ? Tu ne lui as rien dit ?

-Non, Bella, tout ce que j'ai pu lui dire, tu l'as entendu aujourd'hui ou la dernière fois. Tu n'as manqué aucune de nos conversations. Ce n'est pas un sujet que nous avons abordé pour le moment.

-Mais quand tu as pris un rendez-vous par téléphone, tu as dû le lui expliquer...

-Non, je n'en ai jamais parlé avec le docteur Withlock, lui assura son époux.

-Oh ! La jeune fille était sidérée. De toute façon, je n'ai pas le droit d'en parler...

-Bella, cette promesse que tu as faite à ta mère n'en est pas une, puisqu'elle te l'a extorquée, souviens-toi de ce que je t'ai déjà dit ! De plus, le docteur Withlock est soumis au secret médical : rien de ce qui sera dit ou échangé ne sortira du cabinet, et il n'ira pas raconter à ta mère ce que tu vas lui confier. Edward plaisanta histoire de détendre l'atmosphère lourde de tensions. Je te jure, ma mie, que s'il le fait, je lui colle un procès aux fesses et nous le gagnerons sans aucun problème !

Un sourire léger s'esquissa sur les lèvres de sa femme tandis que Jasper Withlock patientait tranquillement, attendant la confession de sa patiente.

-Est-ce que tu peux le lui raconter ? Je ne sais pas si j'en suis capable... Chuchota la jeune fille, terrorisée à l'idée de révéler encore une fois ce lourd secret qu'elle avait porté de si longs mois sans pouvoir en parler à personne.

Edward, comme le médecin en face de lui, comprit qu'il s'agissait d'une dernière dérobade, dont Bella n'avait encore une fois pas pleine conscience.

-Je pourrais le faire, mais je pense sincèrement que c'est à toi de raconter ton histoire. Edward rajouta doucement. Je t'aiderai s'il le faut, je reste là, à tes côtés. N'oublie pas que le docteur Withlock ne te jugera pas, il est simplement là pour t'écouter.

Soutenue par son mari, Bella osa enfin conter au docteur Withlock les événements tragiques qui avaient jalonné sa vie ces deux dernières années.

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Depuis que leur médecin psychologue avait brisé le sceau du secret, Bella se portait bien mieux.

Il l'avait autorisée à parler de sa première grossesse balayant sans complexe la promesse que sa mère lui avait arrachée, à évoquer les sensations qu'elle avait ressenties lorsqu'elle était enceinte, à raconter sa relation amicale avec Angela qui lui avait appris à cuisiner, à décrire sa douleur lors de son accouchement et surtout lorsqu'elle avait appris la fausse vérité concernant son enfant mort-né, à révéler qu'elle avait une fille même si elle n'avait pas la chance de la connaître et de la voir grandir, à exprimer son envie d'avoir un nouvel enfant avec Edward tout comme ses peurs et ses angoisses liées à une nouvelle grossesse qui pourrait encore une fois se terminer dans la souffrance.

Bella avait le droit de tout dire à son mari qui savait déjà tout mais qui ne l'en aimait que davantage maintenant qu'elle se confiait sans secret et sans complexe, à son psychologue qui l'avait aidé à dépasser ses peurs et à les atténuer, à Sue qui était toujours une oreille fidèle et attentive à ses besoins, à ses beaux-parents qui étaient venus les visiter le week-end ayant suivi sa première semaine de cours à l'Université.

Aucun d'entre eux ne l'avait jugée pour sa conduite passée, chose qui avait surpris la jeune fille mais qui l'avait définitivement soulagée, lui faisant comprendre que sa mère ne détenait pas le monopole de toute puissance sur sa propre vie.

L'interdiction formelle que sa génitrice lui avait imposée, qui avait déjà été fissurée par l'amour que lui portait Edward, avait donc irrémédiablement volé en éclats sous les conseils de Jasper Withlock. Bella s'était libérée du poids morbide de ce secret qui l'étouffait progressivement. Elle pouvait raconter à son entourage, et sans en avoir honte, les difficiles moments qu'elle avait vécus.

Esmé et Carlisle avaient ainsi pu constater avec grand plaisir que le jeune couple était fort épanoui dans leur nouvelle vie, que leur demeure était tout à fait charmante et aménagée avec goût et soin. Il était clair comme de l'eau de roche qu'ils avaient tous deux retrouvé leur intimité, ils étaient si tactiles lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce. De plus, ils commençaient également à s'intégrer dans la société lyonnaise. Si il était logique qu'Edward ait rapidement pris ses marques dans sa nouvelle étude d'avocat avec ses confrères, le docteur Cullen et son épouse étaient heureux de voir que Bella était enchantée par sa première semaine d'étude.

Tout le long du week-end, elle n'avait cessé d'évoquer les cours qu'elle avait suivis et appréciés, les œuvres qu'elle devrait étudier (Esmé et elle étaient allées les acheter ensemble, à vélo, dans une belle et grande librairie au centre de Lyon), la version latine d'un texte de Ciceron qu'elle devait rendre prochainement... Pour l'instant, elle ne parlait pas encore de potentielle amitié avec des étudiants de son cursus, mais Esmé restait persuadée que cela viendrait progressivement.

Le travail commencé avec Jasper Withlock continuait de manière hebdomadaire désormais. Cette régularité permettait de prévoir des séances plus courtes. Bella acceptait même d'y aller seule : encore une fois, un grand pas en avant avait été franchi. Elle avait conscience que cette thérapie n'avait qu'un seul et ultime but : l'aider à aller mieux, à pouvoir aborder son passé sans peur et à sortir de cette relation malsaine qu'elle entretenait sans en avoir conscience avec sa mère.

Au début du mois de décembre, un appel téléphonique de Paris surprit le jeune couple. Comme Edward travaillait et que Bella était à l'Université, Sue avait pris le message : Charlie Swan, en déplacement professionnel exceptionnel à Lyon le vendredi suivant, se proposait de les inviter le soir au restaurant pour dîner ensemble.

Le jeune couple n'avait pas totalement rompu les ponts avec les parents de Bella. Leurs communications se résumaient simplement en un échange épistolaire mensuel, parfois bi-mensuel, dans lequel Bella racontait à ses parents leur installation à Lyon et sa découverte de la ville. Parfois, elle leur donnait des nouvelles de leurs rares connaissances communes. Elle n'avait jamais évoqué sa reprise d'études.

Jasper Withlock avait encouragé la jeune fille à mettre de la distance avec sa mère, sans pour autant briser le lien mère-fille qui demeurerait à jamais. Il avait d'ailleurs vivement conseillé de communiquer par lettres plutôt que par téléphone : il était en effet nécessaire que Bella grandisse et mûrisse, qu'elle devienne adulte. Et il n'était pas possible pour elle de le faire si sa mère était à proximité car elle se comportait systématiquement en « petite fille » face à sa génitrice, qui pouvait alors abuser d'elle sans qu'elle en ait conscience, un enfant faisant toujours naturellement confiance à ses parents.

Le mot « abus » était un mot lourd de sens. Il avait été l'objet unique d'une difficile séance de thérapie. Bella ne concevait l'abus que physiquement. Pour elle, sa mère ne l'avait pas abusée, sauf les rares fois où elle l'avait battue ou giflée. Jasper Withlock avait dû redéfinir, non sans mal, ce mot si grave. L'abus d'un parent envers son enfant pouvait être également sexuel, moral ou psychologique. Dans le cas de la mère de Bella, elle avait clairement abusée sa fille en la contraignant au silence sur le drame qu'elle avait vécu, lui faisant miroiter ses peurs les plus profondes si elle le révélait à quiconque.

Edward et Bella avaient longuement parlé, le soir venu, de cet appel de Charlie, qui n'évoquait nullement la venue de Renée, venue qui aurait pu bouleverser la jeune fille rendue à la fois plus forte par sa thérapie mais aussi plus fragile puisqu'elle avait fait tomber toutes ses barrières.

Le jeune avocat avait alors rappelé son beau-père pour en savoir plus. Lorsqu'il avait eu la confirmation qu'il venait bien seul à Lyon, il lui avait proposé non seulement de venir dîner à la maison au lieu d'aller dans un restaurant informel où ils n'auraient pas forcément pu discuter en toute sérénité, mais aussi de dormir chez eux au lieu de se retrouver dans une chambre d'hôtel dépersonnalisée et froide.

C'est avec grand plaisir que Charlie Swan avait accepté et qu'il s'était fait déposer quelques jours plus tard par un taxi devant la maison de sa fille et de son gendre. L'anxiété de Bella s'était envolée en un clin d'oeil lorsqu'elle avait reconnu le sourire de son paternel et qu'il lui avait offert un petit bouquet de violettes, ses fleurs préférées. Ils étaient aussi heureux de se retrouver l'un l'autre.

Le commissaire Swan était ravi de voir de lui-même le bonheur de sa fille : elle allait mieux qu'à Paris, son gendre faisait tout pour faire son bonheur. Il était satisfait. Ce déplacement professionnel n'avait été en fait qu'un prétexte pour constater de ses propres yeux que sa fille était heureuse.

Il eut toutefois la surprise de découvrir que sa fille était plus sûre d'elle. Assise sur le sofa aux côtés de son époux qui lui tenait la main, elle ne lui cacha rien des activités qui l'avaient occupée ces derniers mois.

Oui, elle avait aménagé et décoré leur nouvelle maison, Edward lui avait laissé carte blanche.

Oui, c'était elle qui avait préparé l'ensemble du dîner de ce soir. Sue l'avait un peu aidé pour faire les courses, ranger la maison et dresser la table, mais elle avait elle-même tout cuisiné de l'entrée au dessert.

Oui, elle suivait une thérapie avec Edward. Elle précisa même que en fait c'était surtout elle qui en avait besoin pour chasser les horreurs de son passé. Cela ne signifiait pas qu'elle était folle et cette thérapie lui faisait beaucoup de bien. Elle évoqua sans complexe devant son père sa première grossesse et l'absence de sa fille jamais vue mais tant chérie.

Oui, elle s'était inscrite à l'Université en Lettres Classiques avec l'accord très favorable d'Edward et elle était ravie d'étudier. Elle était d'autant plus fière qu'elle avait obtenu ses premiers résultats de version, et qu'ils étaient excellents.

Oui, Carlisle et Esmé venaient fêter Noël ici à Lyon chez eux. Donc le jeune couple ne pourrait pas venir à Paris. Ils s'étaient déjà engagés à les recevoir.

Non, Bella refusa d'un ton tranchant de venir à la grande sauterie que sa mère organisait chaque réveillon de la Saint-Sylvestre. Elle prétexta le fait que ses premiers partiels approcheraient (ils avaient lieu fin janvier) et qu'elle aurait besoin de temps pour réviser et être sûre d'elle.

Non, elle n'était pas enceinte (et pourtant Charlie n'avait pas poser la question ! Il rougit même de l'audace de sa fille qui l'évoquait sans complexe) mais elle ne désespérait pas de l'être un jour. Edward et elle faisaient tout pour y remédier. Toutefois, elle ne culpabilisait pas -ou en tout cas, beaucoup moins qu'avant- si cela n'arrivait pas immédiatement, elle avait tant de choses à faire que cela viendrait bien en temps et en heure, quand elle serait prête et sereine.

Et oui, elle était ravie de revoir son père, même si pour l'instant elle redoutait une rencontre avec sa mère. Elle conclut sa tirade en une seule phrase :

-Père, vous êtes le bienvenu chez nous quand vous le voulez ! Il y aura toujours une chambre prête pour vous. Mais, pour Mère, il faut me laisser encore du temps...

Charlie Swan tirailla un peu sa moustache avant de répondre la seule chose qui lui venait à l'esprit :

-Je le comprends mon enfant. Ta mère attendra le temps qu'il faudra. Je la ferai patienter. Je vois bien combien tu es heureuse maintenant avec ton époux. Nous n'avons pas forcément toujours bien agi avec toi -Bella était surprise d'entendre son père s'inclure dans les faits et gestes de sa mère, mais elle ne releva pas- mais nous avons toujours pensé le faire dans ton intérêt. Je t'aime ma fille et je suis fier de toi, alors j'attendrais que tu me dises quand tu seras prête pour revoir ta mère ou pour revenir à Paris.

-Je vous aime aussi, Père, répondit Bella les larmes aux yeux avant de se précipiter sur son père pour l'étreindre.

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Les partiels de Bella s'étaient déroulés fin janvier. Même si elle n'avait pas l'impression d'avoir échoué, la jeune fille doutait d'elle et de ses performances.

Pour l'empêcher de broyer du noir, Edward posa une semaine de congés payés, l'université était en pause suite aux examens, et emmena sa femme à la neige. La station de ski huppée de Megève les accueillit à bras ouverts pour apprendre à skier.

L'apprentissage de ce nouveau sport, bien que fort chaotique pour la jeune fille qui tombait très souvent, plut énormément au couple amoureux. Une fois que l'on maîtrisait la glisse, le parallélisme des skis, le plantage de bâton et le chasse-neige pour s'arrêter, c'était si amusant de dévaler les pistes à toute allure pour Edward, à allure plus modérée pour Bella.

Pour la première fois, la jeune fille fut ravie d'avoir ses règles. Si elle avait été enceinte, elle n'aurait pas pu skier : cela se serait révélé bien trop dangereux ! Les nuits qui suivirent la fin de sa période furent explosives de passion, le jeune couple bien que fatigué par le ski et le grand air de la montagne gardant toujours suffisamment d'énergie pour des étreintes fougueuses, voluptueuses et sensuelles.

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Chapitre publié le 5 mars 2013

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Prochain chapitre : Retrouvailles

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Pour la publication du prochain chapitre : environ une quinzaine de jours.

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Petites annonces à mes fidèles lectrices :

1) J'ai longtemps hésité avant de vous donner le titre du prochain chapitre car je crains que vous n'évoquiez que vos pronostics et vos idées concernant le prochain chapitre (comme vous l'aviez fait quand j'avais annoncé le chapitre « la faute ») sans noter vos commentaires sur ce chapitre-là. Mais tant pis ! Je prends le risque ! Et croise les doigts pour que vous n'oubliez pas de commenter le chapitre que vous venez de lire !

2) Notre couple circule dans toute la France : accouchement sous X à Bordeaux, Lune de Miel en Normandie, appartement à Paris, maison à Lyon, vacances à Annecy... Bref, certaines d'entre vous ont évoqué le fait qu'elles habitaient à ces endroits-là (me donnant tout plein de conseils parfois dans des lieux que je connais peu -merci beaucoup !) et ça c'est super plaisant de vous localiser au fil des pérégrinations d'Edward et Bella. ira notre couple dans les prochains chapitres ? Il restera à Lyon pour travailler et étudier. Par contre, pour les vacances, je ne sais pas encore...

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Réponses aux anonymes :

Ange0112 : Merci pour ta review. Je suis contente que ce chapitre sur leur nouvelle vie t'ait plu. J'espère qu'il en sera de même pour le prochain (celui que tu viens de lire ci-dessus)... à bientôt !

Missgaelle89hot : Merci à toi aussi pour ta review. J'espère que la suite te plaît toujours autant ! Bye !

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Portez-vous bien et à très bientôt !

AliLouane

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