Bonsoir chères lectrices !
Argghhhh ! Je suis énervée contre FF ! J'ai cru que je n'arriverai jamais à me connecter. À midi, aucun souci lorsque j'ai voulu répondre aux reviews, et ce soir cela fait déjà 30 minutes que j'essaie. J'ai bien failli laisser tomber et ne pas publier ce soir. Enfin, j'y suis ! J'y reste !
Bref, je pensais publier il y a quelques jours car j'ai dépassé le délai promis de 15 jours, mais ce n'est pas la grande forme en ce moment. Des microbes sont venus m'embêter la semaine dernière et les flocons de lundi dernier m'ont bien démoralisée... À quand la venue du printemps ? Je l'espère tant !
Bonne lecture ! On se retrouve en bas comme d'habitude !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre XXIV – Retrouvailles
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Printemps et Été 1960
Bella avait brillamment réussi sa première année de DEUG de Lettres Classiques.
Entre doutes et incertitudes liés à son manque de confiance en elle mais aussi du fait qu'elle se sentait différente des autres étudiants (et par là même inférieure à eux), elle avait travaillé sérieusement, elle avait beaucoup lu, elle avait pris en notes ses lectures de manière rigoureuse, elle avait appris très régulièrement les nouvelles notions qu'elle découvrait ainsi que le vocabulaire lié à l'apprentissage des langues anciennes.
Edward l'avait toujours encouragée et soutenue. Parfois même, il lui avait conseillé des méthodes de travail lorsqu'elle était en demande, même si le cursus de Droit que Edward avait suivi était fort différent des études littéraires de Bella. Il l'avait également rassurée à plusieurs reprises au fur et à mesure que se rapprochaient les premiers partiels, lui répétant inlassablement que le travail était la clé de la réussite avec une pincée de chance le jour de l'examen.
Bella avait néanmoins du mal à se lier au groupe d'étudiants qui lui semblait bien plus insouciant qu'elle, à mille lieues de ce qu'elle avait pu vivre ces deux dernières années. Elle s'était quand même rapprochée de l'une d'entre elle, Siobban, avec laquelle elle travaillait ses versions, ses thèmes d'exposé, ses révisions... Elles se partageaient également les recherches à faire à Bibliothèque Universitaire.
Siobban était plus jeune que Bella et aussi timide qu'elle. Toutefois, elle n'était pas mariée et surtout elle était issue d'un milieu populaire : ses parents étaient ouvriers à Saint-Étienne, elle était donc une étudiante boursière. Pour compléter sa bourse, la jeune fille travaillait le week-end dans une boulangerie. Bella l'admirait de réussir à tout mener de front : ses études en semaine et un travail le week-end.
Siobban était persévérante : elle ne voulait pas travailler à l'usine comme ses parents et comme ses frères. Elle voulait devenir enseignante de Lettres Classiques en Lycée. Dès sa première année, elle visait déjà avec acharnement le difficile concours de l'agrégation et, pour mettre toutes ses chances de son côté, elle passait la grande partie de son temps libre à la Bibliothèque à lire des œuvres qui n'étaient pas encore imposées au programme de première année.
Son sérieux, sa modestie et sa gentillesse avaient immédiatement plu à Bella. Depuis lors, elles s'épaulaient et collaboraient ensemble lorsqu'il était demandé de rendre des travaux de groupe.
Bella l'avait parfois invité chez elle pour changer leur cadre de travail de la bibliothèque en un sympathique et agréable salon mais aussi pour qu'elle rencontre Edward et qu'ils dînent tous les trois ensemble.
Cependant, même si elle avait fait son possible pour que la jeune fille stéphanoise se sente à l'aise, Siobban était impressionnée par ce couple bourgeois qui n'était pas de son monde et qui employait une gouvernante. Elle avait bien conscience que Bella achetait systématiquement les œuvres littéraires à étudier et commenter alors qu'elle se contentait de les emprunter à la BU et de les prendre en notes sur des feuilles volantes qu'elle agrafait entre elles.
Siobban préférait donc rencontrer et travailler avec Bella à la Bibliothèque, un lieu neutre où elles pouvaient oublier leurs différences sociales et où elle était sûre de ne pas croiser l'époux fort intimidant de son amie. Un avocat ! Pensez-donc ! Elle n'en avait jamais croisé jusqu'à présent ! Et lorsqu'il se mettait à jouer du piano, Siobban était encore plus tétanisée, elle qui n'avait jamais vu auparavant de piano à queue noir, elle n'en avait aperçu qu'un seul une fois dans un film qu'elle était allée voir au cinéma lorsqu'elle était encore lycéenne.
Cette amitié sincère et sans faux semblant avait tout de même permis à Bella de s'épanouir mais aussi de réussir sa première année, à l'image de son amie.
Heureuse de ses résultats et plus confiante en elle, sur demande de son époux, Bella avait accepté de se rendre à Paris pour deux semaines au début du mois de juillet. Ils avaient été logés chez Carlisle et Esmé.
Edward avait vaqué à ses rendez-vous professionnels pendant que Bella et sa belle-mère avaient repris leurs anciennes habitudes de visites des musées de Paris. Les deux femmes s'entendaient toujours aussi bien.
Bella et Edward avaient même accepté l'invitation à dîner de Monsieur et Madame Swan.
La jeune fille avait pris sur elle avant de se rendre à ce repas. Durant le trajet en voiture, elle tremblait d'anxiété : malgré la thérapie et le fait qu'elle ait plus confiance en elle, sa mère continuait de l'impressionner et elle redoutait déjà les critiques tenaces que sa génitrice risquait de lancer contre elle et son couple.
Avant de descendre de la voiture, Edward prit le temps nécessaire pour calmer son épouse, lui assurant qu'ils partiraient à la moindre contrariété. Sereine et réconfortée, Bella se sentit capable de faire face à ce dîner familial.
À la surprise du jeune couple, Madame Swan n'adopta pas un comportement odieux avec sa fille. Elle n'aborda jamais la thérapie menée par je jeune couple, ni le sujet d'une éventuelle grossesse. Par contre, elle félicita à la stupeur générale sa fille pour sa réussite en première année. Elle avait dû l'apprendre par son époux puisque Bella s'était fait une joie de téléphoner à son père pour lui annoncer son passage en seconde année.
Le dîner se déroula donc dans une ambiance relativement agréable, même si les quatre participants ressentaient une certaine tension, qui n'existait pas lorsque le jeune couple déjeunait chez Carlisle et Esmé. Si Renée restait ultra polie, se réfugiant dans le maintien des convenances sociales pour dissimuler son malaise en leur présence, Charlie Swan multipliait les efforts pour atténuer la froideur régnant dans la salle à manger : il était ravi de recevoir sa fille et son gendre.
Edward était convaincu que son beau-père avait suffisamment chapitré son épouse pour qu'elle se comporte correctement avec eux, sans évoquer le moindre sujet sensible. S'il était déçu du fait que jamais Bella ne pourrait aborder avec sa mère le sujet difficile de sa première grossesse, chose que recommandait Jasper Withlock pour que la jeune fille puisse définitivement tourner la page sur ce terrible malheur sans pour autant l'oublier, il était heureux que sa femme ne subisse pas à nouveau les piques acerbes de sa mère contre lesquelles elle savait si peu se défendre.
Lorsque les jeunes gens donnèrent leur congé, Charlie Swan serra chaleureusement sa fille contre lui pour l'embrasser alors que Renée se contenta d'un simple geste de la main.
Bella ne savait que penser de cette rencontre. La seule chose dont elle était sûre, c'est qu'elle avait envie de revoir son père prochainement. Peut-être même l'inviterait-elle à nouveau à Lyon. Concernant sa mère, elle restait dubitative et perplexe.
La main d'Edward, qui vint se poser sur la sienne une fois que l'avocat eut passé la vitesse supérieure, la rendit plus sereine. Elle lui sourit grandement pour le remercier encore une fois de sa présence et de son amour. Ses yeux chocolat pétillaient de mille lueurs et promettaient à son époux une nuit de tendresse et de plaisirs partagés.
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Janvier 1962
Edward avait enfin convaincu Bella de sortir.
Comme toujours à la veille de ses examens, la jeune fille était fébrile.
Pour être certain qu'elle fasse une sérieuse pause, Edward avait pris l'habitude de sortir son épouse en milieu d'après-midi le week-end précédent son premier partiel du lundi. Cette année, il avait eu plus de difficultés à persuader Bella de prendre l'air, car la jeune fille était obnubilée par son année de Licence de Lettres, plus conséquente d'une point de vue du travail personnel que les deux premières années de DEUG.
Malgré les yeux suppliants de son épouse qui voulait désespérement demeurée accrochée à ses livres et ses notes, Edward n'avait pas dévié de son objectif et avait finalement atteint son but. Le jeune couple se baladait main dans la main dans la nouvelle zone commerciale qui venait d'être construite récemment au centre de Lyon.
Faire du lèche-vitrine n'était pas spécialement l'activité préférée du jeune couple, mais cela avait au moins le mérite d'une part de changer les idées de Bella, d'autre part de ne pas déambuler au cœur du froid hivernal puisqu'ils étaient abrités dans le centre commercial chauffé.
Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls à avoir eu cette idée : en ce froid samedi de cette fin janvier, le centre commercial était bondé et bruyant d'autant que les soldes s'achevaient ce même week-end.
Ils s'étaient donc réfugiés momentanément dans un petit magasin de musique. Edward en avait profité pour renouveler son stock de partitions musicales vierges et avait également acheté le dernier disque 33 tours du Philharmonique de Berlin.
Lorsqu'ils sortirent de la boutique, ils furent assaillis par les bruits métalliques des chariots, par les cris stridents des enfants, par le brouhaha permanent de la foule, par les multiples bruits de chaussures qui frappaient régulièrement le carrelage...
Des pleurs de bébé attirèrent l'attention de Bella. Une jeune mère essayait de calmer son nourrisson de huit ou dix mois tout en courant après ses trois autres enfants qui s'amusaient à slalomer parmi la foule. Elle semblait dépassée, désespérée, exsangue et totalement à bout de souffle, ne sachant plus que faire pour gérer ses enfants. D'un côté, Bella la plaignait réellement et d'un autre, elle ne pouvait s'empêcher de l'envier et de la jalouser.
Malgré le fait que Edward et elle s'aimaient chaque soir -ou presque-, partageant des étreintes enflammées et passionnées, son ventre demeurait continuellement vide de toute vie, son cycle ultra régulier ne lui apportant aucune espérance. La thérapie l'avait aidée à l'accepter, à ne plus le maudire, à ne plus se mettre dans des états de panique extrême à la limite de la dépression ou de la folie.
Mais pas à enfanter.
Edward qui avait remarqué sur qui Bella avait focalisé son attention la rapprocha de lui en ceinturant sa fine taille de son bras. Il lui murmura doucement à l'oreille
-Un jour, nous aurons nos enfants nous aussi...
-Et si cela n'arrive jamais ? Gémit douloureusement Bella en posant une main sur son ventre plat.
-Alors nous adopterons comme je te l'ai promis ! Te souviens-tu que nous nous sommes donnés jusqu'à tes 25 ans pour essayer de concevoir avant de lancer une procédure d'adoption ?
-Oui, répondit-elle dans un sanglot. Cela me semble si loin...
-Certes, approuva Edward, mais cela te laisse ainsi le temps de terminer tes études...
Il entraîna sa femme vers une autre allée du centre commercial pour qu'elle s'éloigne de ce spectacle attendrissant puisque la jeune mère avait réussi à calmer ses enfants en ouvrant la fameuse boîte du goûter et en mettant au sein le dernier.
-Oui, je n'aurai jamais pensé qu'elles me plairaient autant ! Avoua Bella les joues rosissantes. Merci de m'avoir inscrite et toujours encouragée durant ces trois années ! Elle se rapprocha de son époux pour lui offrir un rapide baiser. Dis, tu ne penses pas que nous pourrons maintenant rentrer...
-Non ! Non ! Non ! Rigola Edward à la tentative désastreuse de son épouse qui avait encore la tête dans ses cours de Lettres et ses traductions. Tu ne m'auras pas ainsi ! Cela fait moins d'une heure que nous sommes sortis, tu n'es pas en retard dans tes révisions quoique tu en penses ! Allons donc voir ce nouveau magasin de meubles au bout de l'allée.
-Pfff... Edwvard ! Ronchonna Bella tout en suivant malgré tout son mari dans l'allée.
Les pleurs et les cris d'une petite fille brune attirèrent soudainement leur attention lorsqu'ils tournèrent sur la droite.
-Maman ! Maman ! Les larmes dévalaient sur ses joues rougies de chagrin. Maman ! Où es-tu ?
Le cœur de Bella se serra, elle ne put s'empêcher de s'approcher de l'enfant.
-Bella, que fais-tu ? Questionna Edward qui craignait de mal interpréter son intention.
-Edward, il faut l'aider... S'il te plaît ! On peut pas la laisser toute seule perdue au milieu de la foule ! Supplia son épouse.
-D'accord, accepta l'avocat, mais nous l'emmenons immédiatement à l'accueil central pour ne pas être accusés d'enlèvement d'enfant.
-Tu ne crois pas que tu exagères un peu... !
-Pas vraiment, marmonna-t-il dans sa barbe puisqu'ils étaient désormais juste à côté de l'enfant et qu'il ne souhaitait pas l'effrayer.
Bella s'agenouilla de suite près de la petite fille brune. Elle sortit son mouchoir pour lui essuyer les joues et la faire se moucher.
-Bonjour jolie petite fille.
-J'ai pas le droit de parler aux inconnus, hoqueta la fillette en baissant la tête. Mais j'ai perdu maman... Pleura-t-elle de nouveau.
-Je m'appelle Bella, sourit la jeune fille pour la mettre en confiance. Et voici mon mari Edward. Et toi, comment te nommes-tu ?
-Je m'appelle Martine et j'ai cinq ans et demi ! S'exclama-t-elle en montrant ses cinq doigts de la main gauche plus un demi doigt de la main droite.
-Ravie de te connaître Martine ! Dis-moi, tu es une vrai grande fille ! S'enthousiasma Bella.
-Bella, intervint Edward, il faut que nous la ramenions...
-Edward, se leva-t-elle pour se mettre au même niveau que son époux, j'ai l'impression de la connaître...
-Bella, ramenons-la à l'accueil central, on parlera de cela plus tard, insista Edward d'un ton convaincant.
-Tu as raison... Répondit la jeune fille contrite tout en penchant la tête vers Martine qui tirait sur sa jupe pour attirer son attention.
-Dis Bella, tu vas me ramener près de ma maman ?
-Oui, tout à fait, affirma Edward, nous y allions de suite !
Il commença à faire quelques pas alors que Bella restait encore statique : elle semblait réfléchir intensément et fouiller sa mémoire.
-Je ne viens que si Bella vient, reprit Martine en s'accrochant à la main de Bella.
Edward avait clairement compris qu'il impressionnait l'enfant. Il se pencha vers elle en souriant comme s'il allait lui murmurer un secret :
-Et moi, je ne me sépare pas de ma femme ! Il cligna de l'oeil vers Martine. Tu comprends, elle pourrait se perdre elle aussi dans ce grand centre commercial !
Martine pouffa de rire, ce qui fait réagir Bella.
-Je vous remercie de vous amuser à mes dépends !
Elle fit semblant de bouder et s'éloigna d'eux en ronchonnant : elle fut rejointe rapidement, Martine attrapant gentiment sa main droite alors qu'Edward lui proposait de manière fort galante son bras droit pour qu'elle y dépose sa main gauche.
Ils tournèrent au bout du couloir pour regagner l'allée principale où se trouvait l'accueil central de la grande surface. Ils avaient à peine fait quelques pas qu'une femme affolée et en pleurs se précipita sur la fillette et s'agenouilla devant elle.
-Oh ! Mon bébé ! Tu m'as fait tellement peur ! Où étais-tu passée ? Tu le sais bien que tu ne dois pas lâcher ma main lorsqu'il y a tant de monde...
-Maman... Je voulais juste regarder la grande poupée rose dans la vitrine... et j'ai tourné autour... Après, je ne savais plus où j'étais... Je voulais pas te perdre...
Devant la détresse de sa mère, Martine se remit à pleurer.
-Ce n'est pas grave, Martine, je suis tellement contente de te retrouver sans qu'il ne te soit rien arrivé... Personne ne t'a fait de mal, dis-moi...
L'homme qui se trouvait derrière Martine et sa mère questionna alors Edward et Bella de manière suspicieuse :
-Où l'emmeniez-vous donc ?
-A l'accueil central pour faire passer une annonce au micro, répondit rapidement Edward afin d'éclaircir immédiatement la situation.
Il comprenait l'angoisse des parents d'avoir égaré temporairement leur enfant et la peur qu'ils avaient pu ressentir s'il lui était arrivé un malheur, mais il ne voulait pas que Bella et lui soient accusés d'avoir commis un geste mal-intentionné.
L'homme qui avait interrogé Edward regarda le jeune couple puis la fillette qui était dans les bras de sa mère. Elle ne semblait pas avoir souffert et le couple semblait honnête. Il tendit alors sa main vers l'homme aux cheveux roux qui serrait son épouse sur son flanc.
-Je vous remercie beaucoup de vous êtes occupés de Martine et d'avoir voulu la ramener à l'accueil. Je me présente Ben Cheney, mon épouse, désigna-t-il la jeune femme brune qui avait toujours le visage dissimulé dans la coiffure de sa fille, palpant tout son petit corps de ses mains pour vérifier qu'elle allait bien, et la serrant contre son cœur pour se persuader qu'elle l'avait bien retrouvée, et Martine que vous connaissez déjà.
-Edward Cullen, répondit l'avocat en tendant sa main à Ben, et ma femme Isabella.
-Un moment d'inattention en regardant une vitrine et la petite avait disparu, continua Ben, et avec tout ce monde... Nous nous sommes certainement affolés de manière exagérée.
-C'est compréhensible, approuva Edward.
Son épouse restait toujours silencieuse regardant attentivement la mère et la fillette se retrouver et se câliner. Lorsque la jeune femme se redressa, collant contre elle sa fille pour s'assurer de sa présence, Bella comprit en regardant sa silhouette des pieds jusqu'à son ventre qu'elle était enceinte de quelques mois. Elle sentit son cœur se serrer davantage comprenant que certaines avaient tout, et elle rien.
Lorsqu'elle entendit Martine chuchoter à sa mère que la jolie dame brune avait été gentille avec elle, elle redressa sa tête pour dévisager la mère de l'enfant. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu'elle la connaissait déjà !
-Angela ?! Oh ! Que je suis heureuse de te retrouver ! Elle se précipita sur la jeune femme enceinte pour l'étreindre alors que des larmes affluèrent à ses yeux.
-Mademoiselle Isabella ? Chuchota la jeune fille hésitante à reconnaître la fille de son ancienne patronne.
-Je suis si désolée ! C'est de ma faute si tu as été licenciée, continua Bella en reculant vers Edward, surprise par la froideur d'Angela qui ne lui avait pas rendu son étreinte. Je n'aurais jamais dû te demander de m'apprendre à cuisiner... La fin de la phrase de Bella avait été plus que murmurée.
Les deux hommes observaient avec étonnement cette scène de retrouvailles.
Edward avait compris qui était la jeune fille que venait de retrouver Bella : il était donc surpris qu'elle ne soit pas plus chaleureuse avec sa femme, après tout ce que cette dernière lui avait conté sur elle. Il craignait que son épouse ne soit à nouveau déçue, qu'elle ait placé de grands espoirs dans une amitié qui n'en était peut-être pas une. Il passa donc un bras autour de la taille de sa femme afin qu'elle ressente sa présence, qu'elle sache que lui ne l'abandonnerait jamais.
De son côté, Ben avait également saisi qui était « Mademoiselle Isabella ». Il comprenait le malaise de son épouse, d'autant qu'elle était loin de s'attendre à ce que la fille de son ancienne patronne soit mariée et habite Lyon.
Les deux jeunes femmes s'observaient attentivement, craignant toutes les deux de prendre la parole et de rompre ce silence qui commençait à devenir embarrassant.
-Dis, maman, tu la connais Bella ? Demanda la petite fille que presque tous avaient oublié durant ces retrouvailles. Elle est gentille, n'est-ce pas ?
-Oui, oui, répondit distraitement Angela, elle est très gentille. Je l'ai connu il y a très longtemps, et toi aussi, rajouta-t-elle en caressant la chevelure de sa fillette.
-Ah bon ? Je ne m'en souviens pas !
-Tu étais petite, ma puce, et...
Angela pâlit subitement et tangua sur ses jambes n'achevant pas sa phrase. Aussitôt Ben avait passé un bras dans son dos pour la soutenir.
-Angela ! S'écria Bella, se rapprochant d'elle à nouveau.
-Angie ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Comment te sens-tu ? Questionna Ben anxieux.
-Maman ! Maman ! Paniqua Martine.
-L'émotion... Cela fait beaucoup d'émotions, répondit-elle d'une toute petite voix, entre Martine qui s'est égarée et revoir Mademoiselle Isabella... Je me...
-Est-ce que vous voulez vous asseoir quelque part ? Offrit Edward cherchant des yeux une chaise libre à proposer à la jeune femme enceinte. Souhaitez-vous que j'aille vous chercher un verre d'eau ?
-Nous allons peut-être rentrer, suggéra Ben. Dans ton état, tu dois prendre soin de toi. Tu dois te reposer.
Bella se tendit. Elle avait déjà l'impression que son amie retrouvée allait à nouveau disparaître de sa vie alors qu'elle avait tant de questions à lui poser, alors qu'elle voulait tant s'excuser de l'attitude horrible de sa mère qui l'avait licenciée sans avoir d'égard pour sa situation de mère célibataire. Elle devait cependant se raisonner : contrairement à elle, Angela ne devait pas se considérer comme son amie, elle devait penser qu'elle n'avait été que la cuisinière employée par sa mère et congédiée de manière abusive.
Edward avait perçu l'appréhension de sa femme. Il avait conscience qu'elle avait besoin de renouer avec la jeune cordon-bleu pour comprendre tout ce qui avait pu se passer lors de sa première grossesse dissimulée aux yeux de tous. Edward imaginait facilement que la cuisinière avait pu être témoin d'une conversation qu'elle n'aurait jamais dû entendre, ce qui avait provoqué son licenciement immédiat. C'était une raison certainement plus valable que celle de Bella qui restait convaincue que Angela avait été renvoyée parce qu'elle lui avait appris à cuisiner en cachette de sa mère.
L'avocat proposa donc diplomatiquement de les inviter prendre une boisson chaude et un encas dans un salon de thé voisin. Si Ben hésitait du fait du malaise de sa femme, cette dernière accepta bien volontiers, précisant que Martine devait en profiter pour goûter.
C'est ainsi que les deux couples et la fillette se retrouvèrent attablés dans un salon de thé cossu du centre commercial.
La serveuse, qui avait pris leur commande rapidement, revenait déjà avec leurs boissons chaudes : un thé à la menthe pour Bella, une infusion au tilleul pour Angela, un lait chocolaté et un croissant pour Martine, deux cafés pour ces messieurs. Edward avait également commandé une assiette de friandises, estimant que les sucres rapides de ces dernières permettraient à Madame Cheney de reprendre des forces et de l'énergie.
Jusqu'à présent, les seuls sujets abordés avaient été la décoration du salon de thé et la carte des thés, des sujets en aucun cas sensibles.
Une fois que Martine eut commencé son goûter et que chacun d'entre eux aient entamé leur boisson chaude, Angela se lança dans une conversation bien plus sérieuse.
-Je n'ai pas été licenciée par votre faute, votre mère n'a jamais su que je vous avais appris à cuisiner dans son dos. Mademoiselle Isabella, vous ne devez pas culpabiliser, ce n'est pas votre faute.
Toujours aussi surprise par la froideur qu'imposaient le vouvoiement et le « Mademoiselle Isabella », la jeune fille brune sentit des larmes perler au coin de ses yeux. Elle sortit son mouchoir pour dissimuler son émotion et son chagrin de constater qu'elle ne pourrait plus être aussi proche de la cuisinière qui l'avait tant aidée et soutenue lors de sa grossesse.
-Bella, est-ce que tu vas bien ? Questionna doucement Edward qui voyait au combien son épouse était bouleversée.
-Oui, oui, murmura-t-elle avant de se tourner vers l'ancienne employée de sa mère. Angela, peux-tu... Elle se mordit la lèvre et se reprit. Si son ancienne amie voulait garder ses distances, elle allait elle aussi la vouvoyer. Pouvez-vous me dire pourquoi vous avez été licenciée si ce n'est pas ma faute ? Pouvez-vous me raconter ce qu'il s'est passé ensuite pour vous et Martine ?
-Vous me tutoyez à l'époque, sourit Angela qui avait remarqué le changement d'attitude de la fille de son ancienne patronne.
-Vous aussi ! Rétorqua immédiatement Bella. Et vous m'appeliez par mon prénom, sans respecter les convenances sociales que ma mère exigeait.
-Votre mère n'apprécierez pas que je vous tutoie et vous nomme de votre surnom.
-Madame Swan n'est pas présente, intervint Edward quand il vit pâlir son épouse, signe qu'elle était tellement émue que son éducation stricte revenait au grand galop. Bella ne voit aucun inconvénient à ce que vous l'appeliez de son prénom. De toute façon, le « Mademoiselle » n'a plus lieu d'être.
-Es-tu d'accord avec cela ? Demanda Angela à Bella.
-Oui, j'en serai honorée ! Lorsque ma mère n'était pas avec nous, tu outrepassais bien ses consignes et ses exigences.
-Certes, mais les temps ont changé, répondit rapidement Angela en désignant d'un petit geste de la tête le mari de Bella. Tu t'es donc mariée. C'était plus une affirmation qu'une interrogation.
-Oui, sourit Bella en prenant la main de son époux, un geste tendre et affectueux pour démontrer l'amour qu'elle éprouvait à son égard devant Angela. J'ai rencontré Edward à Paris au cours de l'été suivant ton ... ton licenciement, et nous nous sommes mariés en septembre.
-Quelle rapidité ! S'étonna son interlocutrice.
-Tu connais ma mère et son efficacité lorsqu'il s'agit d'organiser des événements mondains. Dès qu'elle a pris une décision, diligence et efficacité sont ses maîtres-mots.
-Je m'en souviens ! Murmura Angela. Avez-vous... Elle hésita avant de poursuivre. Avez-vous des enfants ?
Les yeux de Bella brillèrent et se voilèrent. Lorsqu'elle voulut répondre, l'émotion l'emplit tant qu'elle bloqua sa voix.
-Non, pas encore, reprit Edward voyant la souffrance de son épouse qui s'essuyait à nouveau les yeux.
-Et toi, qu'es-tu devenue après que ma mère t'aies licenciée ? Demanda Bella souhaitant changer de sujet.
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Chapitre publié le 24 mars 2013
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Prochain chapitre : Retrouvailles (partie 2) avec les révélations d'Angela et les raisons précises de son licenciement !
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Pour la publication du prochain chapitre : environ une dizaine de jours.
Cette deuxième partie est déjà en grande partie écrite : j'espère donc l'achever fort prochainement. Tout encouragement de votre part est le bienvenu !
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Réponses aux anonymes :
Ange0112 : Oui, Bella progresse et avance : elle est de plus en plus heureuse avec Edward mais aussi dans sa vie. Pour les retrouvailles, tu viens de lire une partie du chapitre et tu as pu constater que parmi tes propositions tu avais la bonne. À bientôt !
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Portez-vous bien et à très bientôt !
AliLouane
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