Chapitre long qui à la base était prévu pour être divisé en 2 parties (pour le suspens ! ) mais comme je ne pourrai pas poster la suite avant un long moment du fait d'une surcharge importante de travail, je vous le livre d'une seule traite.
Bonne lecture !
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Chapitre XXV – Anxiété
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Printemps 1962
En cette mi-avril pluvieuse, Edward rentrait chez lui à la fin de sa journée de travail. Il ouvrit le portail afin de rentrer sa voiture dans la cour de la maison au moment où Sue ouvrait la porte d'entrée pour s'apprêter à rentrer chez elle.
-Bonsoir Sue, la salua-t-il.
-Monsieur Edward ! Lui répondit-elle vivement. C'est bien que vous ayez pu rentrer plus tôt.
-J'ai eu un report d'audience, lui expliqua-t-il rapidement. Que se passe-t-il ? Où est Bella ?
-Votre dîner est tout prêt, au chaud dans le four. Quant à votre épouse, je n'ai pas osé la réveiller pour la prévenir de mon départ.
-Bella dort déjà ? Edward était interloqué.
-Hum... Sue fit une moue dubitative. Elle vous dira certainement qu'elle prépare une fiche de lecture dans le bureau. Mais elle semble bien endormie, la tête sur ses notes, les cheveux épars sur ses livres.
-Ses études l'épuisent en ce moment, commenta Edward, un peu rêveur, imaginant déjà de quelle manière il allait la réveiller.
-Effectivement, commenta Sue décidée à confier ses soupçons à son employeur. Elle a aussi eu quelques nausées la semaine passée.
-Rien de grave, la rassura Edward. Bella a dit qu'elles étaient dues à un sandwich peu frais qu'elle avait acheté sur le campus.
-Êtes-vous sûr que c'est la seule raison ? Sue haussa de manière suggestive un sourcil.
-Qu'insinuez-vous ? Perplexe, Edward passa une main dans sa chevelure. Les questions de sa gouvernante commençaient à l'indisposer, il ne souhaitait qu'une chose : retrouver sa femme, la câliner, la chérir, la... Sue interrompit une nouvelle fois ses pensées.
-J'ai essayé d'en parler avec Madame Edward, mais elle ne m'écoute pas, refuse de voir les signes.
-Quels signes ?
-Monsieur, votre épouse a eu des nausées, elle est fatiguée...
Edward la coupa :
-Pour les nausées, c'était une intoxication alimentaire, je vous l'ai déjà dit. Quant à la fatigue, cette dernière année d'étude lui demande plus de travail. De plus, elle va régulièrement chez Angela qui approche de la fin de sa grossesse pour l'aider à s'occuper de Martine. Cela l'épuise, mais psychologiquement, cela lui fait du bien.
-Monsieur, sans vouloir vous offenser, ne vous voilez pas la face comme votre épouse. N'écoutez pas ses justifications qui n'en sont pas !
-Pourtant, chacune a une explication claire et précise, affirma le jeune avocat tel qu'il l'aurait fait dans un tribunal.
-Il n'y a que les hommes pour être si peu attentif ! Et croire tous les boniments que leur racontent leurs épouses !
-Sue, pourriez-vous être plus explicite ? Pesta Edward devant les soupirs de son employée.
-N'avez-vous pas observé la poitrine de votre épouse ces derniers temps ? N'a-t-elle pas changé ? Que signifient pour vous les vertiges qu'elle a parfois avant de partir à l'université ? Pourquoi a-t-elle si peu d'appétit le matin ? Quant à son cycle menstruel, il me semble qu'il est plutôt absent ces derniers temps...
-Oh ! Comprit soudainement Edward. Pensez-vous qu'elle soit … ? Il n'osait pas prononcer le fameux mot, par peur que tout se termine mal, comme la dernière fois.
-C'est bien possible, approuva Sue. Il faudrait qu'elle voit un médecin pour en être sûre. J'ai essayé d'en parler avec elle, mais elle refuse d'en entendre parler, me disant que je me trompe.
-Je vais essayer de la convaincre de prendre un rendez-vous. Merci Sue d'avoir éclairé ma lanterne.
-Pas de souci, Monsieur Edward. Bonne soirée !
Sue passa le portail qu'Edward referma derrière elle. Il récupéra sa sacoche dans le coffre de la voiture puis passa la porte d'entrée, prêt à affronter sa femme et ses angoisses.
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Edward découvrit sa femme dans la petite bibliothèque : elle était assise face à son bureau, la tête reposant sur ses fiches, une main dans un livre, l'autre sous son oreille : qu'elle était belle endormie sous l'auréole de la lampe !
Il examina attentivement sa silhouette, à la recherche de l'un des changements qu'avait évoqué Sue. C'était toutefois peine perdue : la position qu'elle avait adoptée contre le bureau l'empêchait de voir sa poitrine ou son ventre.
Il était heureux de cette probable bonne nouvelle que lui et Bella espéraient depuis plusieurs années. Néanmoins, il appréhendait la réaction de sa femme, ses angoisses, la peur d'une éventuelle fausse couche... Tout ce qui pourrait rendre tragique cet heureux événement.
-Bella, l'appela-t-il doucement, déposant sa main gauche sur son épaule, caressant sa joue de sa main droite. Ma mie !
Bella remua légèrement, geignant et papillonnant des paupières.
-Edward, soupira-t-elle, tu es déjà là !
Elle releva trop rapidement son buste et, quoique toujours assise, elle vacilla. Edward la réceptionna avec délicatesse contre son torse dans ses bras.
Ravie de sentir la prise ferme de son mari sur elle, heureuse de palper les pectoraux délicieusement musclé de son homme sous sa chemise, Bella redressa son visage : elle regarda le somptueux regard vert-émeraude de son partenaire avant de fondre sur ses lèvres charnues dont elle appréciait tant le goût.
Edward accueillit avec plaisir les lèvres douces et fraîches de son aimée, il pénétra de sa langue ce sanctuaire chaud et humide qu'il connaissait si bien. Bella frissonna contre lui, ce qui lui permit de sentir le désir de son homme. Ses petites mains s'activèrent et palpèrent son torse, puis son fessier, et cherchèrent la boucle de sa ceinture.
Lorsque Edward s'écarta d'elle pour qu'ils respirent et avec l'intention de lancer le sujet de conversation qui lui tenait à coeur, elle gémit de frustration :
-Non ! Elle se rapprocha de lui, glissant ses doigts fins dans l'encolure de sa chemise. Je t'aime tant, murmura-t-elle au creux de son oreille.
Il ne put s'opposer à sa soudaine attaque, ne voulant ni la peiner, ni ne pouvant ignorer l'importance de son désir puisque sa charmante épouse se frottait contre son bassin.
-Tu es très demandeuse, ma mie, ces derniers temps, ne put s'empêcher de remarquer Edward, constatant que c'était un argument de plus à rajouter à la liste de Sue.
-Tu n'as pas l'air de t'en plaindre, riposta Bella tout en désignant la grosseur de sa queue encore dissimulée par des vêtements superflus.
Les boutons de la chemise d'Edward volèrent aux quatre coins de la pièce, révélant un torse digne d'une statue en marbre de Michel-Ange.
-Je suis toujours prêt pour toi, mon amour, sussurra Edward, passant sa main sous la jupe de sa femme, glissant ses doigts chauds le long de ses bas puis de ses cuisses, atteignant enfin le tissu humide de son sous-vêtement. Tu le veux ici... ou dois-je te porter dans notre chambre ? Quémanda-t-il tout en titillant de son pouce la petite crête sensible de son épouse.
-Ici et maintenant, prends-moi vite ! Souffla-t-elle alors que, sous le toucher habile de son époux, des étoiles commençaient déjà à apparaître derrière ses paupières closes.
Le pantalon d'Edward tomba à ses pieds, suivi de prêt par son caleçon, qui furent vite rejoints par la culotte trempée de Bella. Edward remonta la jupe de sa femme autour de sa taille. Il la fit s'asseoir sur le bureau et écarter les cuisses pour qu'elle l'accueille au plus profond d'elle.
Ce fut dans des soupirs d'extase qui fusèrent de l'un et l'autre qu'il enficha sa queue dans l'antre humide et chaude à souhait de son épouse.
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Encore sonnés et éblouis par la violence de l'orgasme qu'ils venaient de partager, le jeune couple cherchait à reprendre son souffle tout en profitant de la douceur post-coïtale qui s'installait progressivement entre eux : Bella s'accrochait au cou de son époux recherchant sa chaleur et ses battements de cœur tandis que ce dernier caressait ses cuisses, son ventre, son dos.
Doucement, Edward relâcha son étreinte, réajustant la tenue de son aimée et recherchant son regard afin d'aborder la question d'une probable grossesse.
-Bella...
-Oh ! Edward ! L'interrompit-elle amoureusement ! C'était si bon ! Si extraordinaire !
Elle partit à la recherche des lèvres de son mari, pour le remercier en bonne et due forme du plaisir qu'il venait de lui donner.
-Bella, je crois qu'il faut que nous parlions, relança Edward après ce baiser fougueux que lui avait offert sa femme.
Un gargouillement sonore se fit entendre.
-Pas tout de suite, le stoppa à nouveau Bella. Là ! Maintenant, j'ai faim ! Elle sauta sur ses pieds, rabattant définitivement sa jupe sur ses genoux, ignorant sa culotte qui traînait par terre. Je n'ai pas entendu Sue partir mais je suis sûre qu'elle nous a préparé un petit dîner bien appétissant. Elle quitta la pièce, puis se retourna vers son époux qui était toujours debout près du bureau, sa nudité glorieuse. Viens-tu ? Je suis affamée avec toutes ces petites activités que nous venons de faire... Ses joues rosirent subitement.
Décontenancé, Edward acquiesça. Après avoir remonté son pantalon sur ses hanches et enfilé sa chemise sans la boutonner, il suivit sa femme dans la cuisine.
Lorsqu'il entra dans la pièce où flottait une délicieuse odeur de ratatouille, il eut la surprise de voir Bella déjà attablée devant son assiette emplie qu'elle dévorait à pleine bouche.
-Et bien, dis donc ! Commenta Edward en remplissant son assiette. Tu n'as même pas eu la patience de m'attendre !
-Désolée ! Rougit Bella en se léchant les babines. Mais je n'ai pas pu résister : c'est délicieux !
Lorsque le repas fut avalé, la table desservie, la vaisselle lavée et essuyée, Edward essaya d'entraîner sa femme vers le salon pour discuter. Elle lui échappa encore une fois qu'elle n'avait pas terminé sa fiche de lecture.
-Bella, tu sais qu'il faudra que nous parlions... Lança Edward de la porte du bureau.
-De quoi veux-tu parler, Edward ? Bella était déjà installée, prête à reprendre sa lecture.
-De toi, de moi, de nous...
-Ne ne l'avons-nous pas suffisamment fait pendant le dîner ? Répliqua implacablement Bella.
-Pas vraiment ! Tu m'as semblé plus attentive au contenu de ton assiette qu'à moi !
-Edward, soupira Bella, son livre ouvert devant elle, sa plume tapotant son buvard d'un geste répétitif qui marquait son agacement. Qu'avons-nous à discuter sur notre couple ? La maison est agréable, mais souhaiterais-tu faire des travaux ? Le jeune époux remua négativement la tête. Nous nous aimons toujours, n'est-ce pas ? Elle avait prononcé la dernière partie de sa phrase d'une voix craintive.
Edward savait qu'il devait avant tout la rassurer s'il voulait qu'elle se confie. Finalement peut-être n'avait-elle pas du tout conscience des soupçons que Sue et lui avaient à son sujet ?
-Bien sûr, mon amour ! Ce que nous avons fait dans cette même pièce tout à l'heure ne te le prouve-t-il pas ? Pourquoi as-tu de tels doutes ?
Une Bella aux joues roses se leva et se réfugia dans les bras de son époux.
-Je n'en ai pas, murmura-t-elle, nichant sa tête au creux du cou d'Edward, mais toutes tes questions me perturbent...
-Bella, il faudra bien que nous parlions de toi et de tes émotions à fleur de peau, de toi et de ta facilité à t'endormir ces derniers jours, de toi et de... Edward n'acheva pas sa phrase, se contentant simplement de faire glisser sa main doucement sur le ventre de son épouse.
-Crois-tu que... ? Elle-même n'osa pas poursuivre.
-Il y a des signes, il faudrait prendre rendez-v...
-Non, ne prononce pas ces mots ! L'interrompit-elle brutalement haletante.
-Bella, cesse de faire l'autruche, il serait si simple de savoir...
-S'il te plaît, pas aujourd'hui ! Pas cette semaine ! Supplia-t-elle anxieuse. Il faut que je finisse... Essaya-t-elle de se justifier.
-Pas ce soir, la calma Edward. Nous en reparlons demain. Pas ce soir, c'est promis. Elle l'embrassa rapidement sur ses lèvres avant de retourner à sa lecture. Bella !
-Oui ?
-Ne veille pas trop tard, s'il te plaît.
-Promis ! Je t'aime Edward !
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En fin de matinée, Edward revenait du tribunal où il avait plaidé la cause de l'un de ses clients. Il était ravi : tout s'était passé selon ses prévisions, le jugement avait été rendu en sa faveur. Il entra dans son cabinet où il devait rejoindre pour le déjeuner son associé afin de faire le point sur les affaires en cours. Il déposa ses dossiers dans son bureau, attendant que le rendez-vous de son associé se termine.
L'une des secrétaires vint alors toquer à la porte entrouverte de son bureau :
-Maître Cullen !
-Oui ? Entrez !
-Votre employée Sue a appelé vers 11 heures, pendant que vous étiez au tribunal. Elle a demandé que vous lui téléphoniez lorsque vous serez disponible, je crois que c'est à propos de votre femme.
-Merci, je l'appelle de suite.
Inquiet, Edward composa rapidement le numéro de son domicile sur le clavier à cadran rotatif du poste téléphonique S63.
Première sonnerie, deuxième sonnerie... L'avocat en lui commençait par s'impatienter. Troisième sonner...
-Allo ! Maison Cullen.
-Sue, c'est moi. Il paraît que vous avez essayé de me joindre. Comment va Bella ? Le débit d'Edward était si rapide que Sue ne pouvait en placer une.
-Bonjour Monsieur. Madame Edward a fait un malaise ce matin à l'université...
-Où est-elle maintenant ? Comment va-t-elle ? La coupa brutalement Edward.
-Elle est ici, elle se repose. Siobban l'a ramenée en taxi en fin de matinée.
-Dieu soit loué, remercia Edward, se faisant une note mentale de rembourser le taxi à la jeune étudiante boursière. Que dit Bella de ce malaise ?
-Rien, monsieur, c'est pour cela aussi que je vous ai appelé. Elle a refusé d'être examinée par le médecin que j'ai fait venir tout à l'heure. Elle...
-Elle... quoi ? La relança Edward.
-Elle était si furieuse de mon initiative qu'elle m'a même renvoyée.
-Hum... Marmonnai-je gêné. Sue, je pense qu'il y a erreur ! Il faut lui pardonner de tels propos. J'arrive de suite.
Edward quitta son bureau en coup de vent, demanda à la secrétaire de prévenir son associé de son absence et de reporter ses rendez-vous de l'après-midi. Il récupéra sa voiture et fonça à toute allure chez lui.
Sue l'accueillit avec bienveillance.
-Se repose-t-elle toujours dans notre chambre ? Questionna Edward.
-Non, elle s'est réveillée et se prépare dans le bureau pour aller en cours cet après-midi.
-Quelle tête de mule ! Soupira-t-il. Excusez-lui les mots malheureux qu'elle a eu à votre encontre tout à l'heure. Je vais régler cela.
-Elle est déjà pardonnée, répondit Sue avec son grand cœur. Si vous me cherchez, je suis dans la cuisine.
Edward se dirigea vers la bibliothèque que servait également de bureau.
-Bella ! L'appela-t-il.
-Oh ! Edward ! Le salua-t-elle. As-tu eu un rendez-vous annulé ? C'est rare que tu rentres pour déjeuner, commenta-t-elle en remplissant son sac de livres, cours et stylos.
-Hum... pas exactement ! Edward ne savait pas comment la prendre, il la sentait sur ses gardes et il ne voulait pas se heurter de front avec elle. Comment te sens-tu ? Demanda-t-il malgré lui.
-Dis moi que ce n'est pas vrai ! Pesta son épouse. Elle ne t'a pas appelé pour cela ! Elle ne t'as quand même pas dérangé au milieu de ta journée de travail pour trois fois rien ! J'ai bien fait de la licencier ! Cela ne pouvait pas continuer ainsi !
-Bella, s'approcha doucement Edward. Il est normal que Sue me prévienne quand tu ne sens pas bien. De la même manière, en tant que ton époux, il est logique que je m'inquiète de ta santé.
Il la prit par les épaules pour l'obliger à le regarder.
-Mais Edward, il n'y a rien de grave, j'ai eu un simple malaise, ce n'est pas pas la fin du monde !
-Bella, ce n'est pas la première fois que tu en fais un ces dernières semaines, s'inquiéta Edward. Pourquoi n'as-tu pas voulu te faire examiner par le médecin qui est venu tout à l'heure ?
-Oh ! Edward ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Je t'ai dit qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat !
Bella sortit de la poigne de son mari et boucla son sac.
-Où vas-tu ? La questionna Edward, tendu.
-À la fac, répondit Bella avec aplomb. Mon prochain cours débute à 13h30.
-Non, Bella, tu n'es pas suffisamment en forme...
-Oh ! Edward ! Tu m'énerves ! Cria-t-elle. C'était une première dans leur couple ! Jusqu'à présent jamais ils ne s'étaient disputés. Il y a trois ans, il fallait absolument que je commence des études alors que je doutais de moi ! Et maintenant que j'adore ce que j'apprends, que je me sens à l'aise sur le campus, il faudrait que j'arrête tout ? La réponse est NON !
-Bella ! Laisse-moi prendre soin de toi ! La bloqua Edward. Tu es fatiguée en ce moment, tu es nauséeuse, tu as parfois des vertiges, tu es constamment à fleur de peau...
-Arrête ! L'interrompit-elle. Edward, ne te mets pas de mauvaises idées en tête !
-De quand datent tes dernières règles ? La provoqua-t-il pour la faire réagir. Ne vois-tu donc pas tous ces signes ?
-Edward, non ! Le coupa Bella anxieuse. Tais-toi, je t'en prie !
-Bella, ne comprends-tu pas qu'il faut qu'un médecin t'ausculte pour que nous sachions si tu es...
-Non ! Non ! NON ! Bella tapa du pied plusieurs fois sur le plancher, ce qui décontenança Edward. Je ne suis pas ce que tu penses !
Le jeune homme était stupéfait de l'attitude de son épouse, qui put ainsi le contourner et sortir de la pièce, traçant rapidement en direction de la porte d'entrée.
-Bella ! La rattrapa Edward pour l'arrêter.
-Edward ! Arrête ! Gronda Bella. Si tu tiens tant que cela à avoir une épouse enceinte, tu n'as qu'à divorcer et en choisir une sans fausse couche ou sans passé bizarre ! Une qui soit sans problème psy et compagnie !
Bella claqua la porte et courut dans le jardin en direction du portail qu'elle ouvrit et referma à clé.
-Bella ! Comment peux-tu proférer de telles bêtises ? Lui courut après Edward une fois la porte réouverte.
Il resta toutefois bloqué par le portail dont il n'avait pas les clés sur lui, puisqu'elles étaient restées dans sa voiture.
-Edward ! Pleura Bella de l'autre côté du portail. Je suis maintenant convaincue d'une chose : c'est que je ne pourrai plus jamais être enceinte. Alors arrête de te comporter comme cela, d'être aux petits soins pour moi parce que tu penses que je le suis.
-Bell...
-Ce n'est pas le cas !
-Tu ne peux en être sûre, il faut que tu voies un médecin...
-Edward ! Pesta une dernière fois Bella qui voyait son bus s'arrêter pour la prendre. Va au diable avec ton foutu toubib !
Edward resta coi en voyant son épouse monter dans le bus. Jamais elle ne lui avait parlé ainsi ! Jamais elle n'avait eu une telle attitude !
Le dialogue est totalement rompu entre eux. Aussi loin que sa mémoire s'en souvienne, cela n'était jamais arrivé auparavant, eux qui avaient jusqu'à présent pu toujours parler de tout, de leur passé, de leurs doutes, de leurs incertitudes, des non-dits qui les angoissaient...
Stupéfait et ahuri, il resta figé de longues minutes, ne faisant aucunement attention à la pluie qui arrivait.
Ce fut Sue qui le fit réagir et le fit rentrer dans la maison pour s'abriter.
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Edward était un peu plus serein : il avait appelé son père qui avait pu lui expliquer le comportement de son épouse, les poussées hormonales de début de grossesse qui rendait toute femme émotive, passant facilement du rires aux larmes, des larmes à la colère...
Son père lui avait rappelé les angoisses de Bella concernant ses précédentes maternités, le fait qu'il lui avait fallu attendre plus de trois ans pour être à nouveau enceinte, ce qui ne pouvait que la faire douter de cette grossesse que son esprit pouvait penser imaginaire malgré les signaux envoyés par son corps.
Carlisle avait même évoqué le fait que sa belle-fille se protégeait de la peur d'une éventuelle fausse couche en retardant l'annonce de sa grossesse, le premier trimestre étant considéré comme le plus dangereux. S'il était déjà terminé, elle aurait moins de craintes.
Toutefois, Edward ne comprenait vraiment pas en quoi il avait mal agi de s'inquiéter de la santé de sa femme, de vouloir l'emmener consulter un médecin. Carlisle n'avait fait que mettre les réactions de Bella sur les humeurs changeantes des femmes en début de grossesse.
Cela ne satisfaisait pas Edward.
Il y avait autre chose.
Et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Souhaitant se réconcilier avec son épouse afin de lui faire prendre conscience de la juste mesure de ses intentions, Edward prit sa voiture, s'arrêta chez le fleuriste où il acheta des magnolias. Puis il se dirigea vers l'université où Bella devait finir ses cours vers 16 heures.
Il attendit, le sourire aux lèvres, le dos collé contre la porte du conducteur, ses fleurs à la main, près de l'arrêt de bus que sa femme devait prendre.
Il attendit en vain.
Il ne la vit pas sortir.
Il aperçut Siobban sortir seule et se diriger vers un autre arrêt de bus.
Il lui courut après, l'appelant vivement pour qu'elle s'arrête :
-Siobban ! Attendez !
La jeune fille se retourna :
-Oh ! Bonsoir Monsieur Cullen. Elle était intimidée. Elle ne l'avait jamais vu seul. Bella était toujours là habituellement lorsque son époux était dans les parages.
-Siobban, où est Bella ? Je ne l'ai pas vue sortir.
-Hum... Elle m'a demandé de prendre des notes pour elle. Elle est déjà partie.
-Quand ? Et où ? La questionna Edward en essayant d'être diplomate pour en savoir le plus possible.
-Quand ? C'était vers 15 heures, répondit clairement Siobban. Par contre, elle ne m'a pas dit où elle allait. Je pensais même qu'elle rentrait chez elle, puisque ce matin, elle s'était sentie mal.
-Non, elle n'est pas à la maison, objecta Edward.
Siobban haussa les épaules, n'en sachant pas davantage.
-Je dois y aller, sinon je vais être en retard pour prendre mon service.
-Oui, bien sûr, je ne vous retiens pas davantage. La jeune fille lui tourna le dos ce qui rappela à Edward qu'il lui devait de l'argent. Attendez ! Voici pour le taxi de ce matin, reprit-il en lui tendant un billet qu'il avait sorti de son portefeuille. Voyant l'étudiante hésiter à le prendre, il insista. Vous en avez besoin, et puis c'est la moindre des choses pour avoir pris soin de Bella ce matin lorsqu'elle ne se sentait pas bien... Je sais qu'elle n'est pas facile à vivre en ce moment.
La jeune fille accepta le billet offert.
-Elle semble soit angoissée, alors qu'il n'y a pas de partiels ce mois-là, soit « ailleurs »... approuva-t-elle.
-Angoissée ? Répéta Edward. Ailleurs ?
-Elle est plutôt lunatique en ce moment, comme si son esprit n'était pas sur Terre, essaya d'expliquer Siobban. Est-ce... Est-ce que... Elle n'osa pas continuer.
-Est-ce que... L'encouragea Edward d'un mouvement du menton.
-Vous êtes-vous disputés ? Siobban rougit. Elle se préoccupait de problèmes de couple, qui ne la regardaient absolument pas.
-C'est compliqué en ce moment, approuva l'avocat, ne voulant pas nier les faits. Je souhaiterai qu'elle voit un médecin, elle n'est pas du même avis...
-Je ne peux guère vous aider, je n'ai pas d'expérience dans la vie de couple, je souhaiterai juste que mon amie aille mieux.
-J'ai la même intention, confirma Edward.
-Je dois y aller, sinon je...
-Oui, bien sûr. Je comprends. La jeune fille se dirigea vers son bus. Si vous la voyez ou qu'elle vous appelle, pouvez-vous lui dire que je la cherche ? Et que je m'inquiète.
-Oui, c'est promis. Au revoir Monsieur.
Siobban monta dans son bus, faisant un petit signe de salut en direction d'Edward.
Edward se dirigea en courant vers sa voiture. Il jeta ses fleurs sur le siège passager et démarra au quart de tour en direction de sa maison, où il espérait que Bella serait rentrée.
-Sue ! Est-ce que Bella est là ? Cria-t-il dans le hall d'entrée de la maison.
La gouvernante arriva en courant de la cuisine.
-Non, elle n'est toujours pas rentrée. J'avais cru comprendre que vous alliez la chercher à l'université.
-Elle n'y était pas, répondit Edward, frustré de ne pas savoir où était son épouse. Son amie Siobban m'a dit qu'elle était partie plus tôt, mais elle ne savait pas où. Edward frappa sa main sur son front. Quel imbécile je suis !
-Que se passe-t-il, Monsieur Edward ? Sue était interloquée.
-Je lui ai dit de m'appeler ici si elle avait des nouvelles de Bella, mais je parie qu'elle n'a pas le téléphone.
-C'est fort probable, approuva Sue. Mais si Bella n'est pas avec elle, elle ne peut être qu'av...
-Avec Angela ! Terminèrent-ils de concert.
-Et cette dernière n'a pas non plus le téléphone, rajouta Edward. Je vais chez elle immédiatement. Pouvez-vous rester ici au cas où Bella appellerait ?
-Bien sûr. Je ne boug...
Edward n'entendit pas la fin de la phrase de son employée, il était déjà dans la cour où se trouvait sa voiture, qu'il démarra une nouvelle fois sur les chapeaux de roue.
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…
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Angela terminait de faire goûter Martine lorsqu'elle entendit des coups frappés contre la porte, la sonnette ne marchant plus depuis quelques semaines.
Elle se déplaça lentement vers l'entrée. Elle entamait son dernier mois de grossesse et sa démarche se ralentissait au fur et à mesure que poussait son ventre.
Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle eut la surprise de découvrir un Edward anxieux qui quémanda de suite :
-Est-ce que Bella est là ?
-Non, il n'était pas prévu qu'elle vienne.
-Bon sang ! Pesta Edward en donnant un coup de poing dans la porte. Mais où est-elle ?
-Hum...
-Excusez-moi, Angela, je n'aurai pas dû m'emporter.
-Entrez donc un moment...
-Non, je n'ai pas le temps, je dois la trouv...
-Edward, venez cinq minutes, vous devez vous calmer.
-Maman ! S'exclama Martine en accourant vers la porte. Qui est-ce ? Oh ! Bonjour Edar ! Sourit-elle lorsqu'elle le reconnut. Est-ce que Bella est là ?
Ne sachant que répondre, Edward blanchit : son anxiété ne cessait de s'accroître.
-Non, répondit sa mère, elle n'a pas pu venir.
-J'ai fait un dessin pour elle, est-ce que tu pourras lui donner ?
Edward ne bougeait toujours pas, son esprit réfléchissait à vive allure, il pensait prévenir la police pour qu'elle recherche sa femme. Constatant l'absence réaction du mari de son amie, Angela répondit à sa place :
-Oui bien sûr qu'Edward va lui transmettre. Va le chercher. Puis elle se tourna vers lui. Entrez donc quelques minutes et racontez moi ce qui se passe. Edward secoua négativement la tête se détournant pour repartir. S'il vous plaît, insista-t-elle, je vais m'inquiéter également et je n'ai pas besoin de stress en ce moment, rajouta-t-elle en désignant son ventre.
À contre-coeur, Edward entra dans l'appartement, mais resta dans le couloir, refusant de s'installer au salon.
-Dites-moi vite avant que Martine ne revienne. Pourquoi vous inquiétez-vous pour Bella ? Que s'est-il passé entre vous ? Où est-elle ?
-Où est-elle ? Je serai heureux de le savoir, souffla Edward avant de se pincer le nez pour se calmer.
-Que s'est-il donc passé entre vous ? Répéta l'amie de Bella. Lui avez-vous fait du mal ?
-Non ! Pourquoi pensez-vous de telles horreurs ? Edward était révulsé par les propos tenus. Vous a-t-elle laissé entendre une fois que je l'aurai maltraitée ?
-Non, jamais, répondit franchement Angela, mais vous semblez tant culpabilisé que... Elle laissa sa phrase en suspens, ne sachant pas comment l'achever.
-Nous nous sommes disputés parce que j'ai essayé de la convaincre de prendre un rendez-vous chez un médecin.
-Serait-elle souffrante ?
-Temporairement... Jusque quelques mois, si les signes ne trompent pas, neuf pour être précis.
-Oh ! Mais c'est fantastique, Edward ! S'écria-t-elle. Toutes mes félicitations ! Depuis le temps que vous attendez cela ! Bella doit être si heureuse !
-Et bien, c'est là le problème : cela ne semble pas être le cas, elle refuse de voir un médecin qui confirmerai ou infirmerai la grossesse, je ne sais même pas où elle s'est réfugiée pour me dissimuler son anxiété. Edward se pinça à nouveau le nez pour contenir sa colère. Comment puis-je l'aider si elle refuse de me confier ses peurs ? Arrrggghhh !
-Edward, tenta de le calmer la jeune fille au ventre rond. Elle déposa sa main sur le bras du mari de son ami. Bella n'a jamais eu d'expériences agréables lors de ses précédentes grossesses. Cela a sûrement dû développer un traumatisme, d'où les angoisses qu'elle éprouve en ce moment et le fait qu'elle essaie de vous dissimuler par tous les moyens sa grossesse.
-Croyez-vous que je ne le sache pas ? L'incendia Edward de son regard vert qui noircissait. J'étais là pour sa dernière grossesse, je l'ai vu se vider de son sang, souffrir atrocement, pleurer toutes les larmes de son corps, craindre que je ne la répudie du fait de son incapacité à mettre au monde un enfant en vie... J'étais là pour sa fausse couche, j'étais là lors de sa thérapie, je connais ses angoisses...
-Mais c'est bientôt le 22 avril, le coupa doucement l'amie de Bella.
-Et alors ? S'enflamma une nouvelle fois le jeune homme aux cheveux auburn.
Angela resta silencieuse, lui laissant le temps de réfléchir et de comprendre ce qui faisait si peur à Bella. Martine se précipita vers eux pour donner le dessin qu'elle avait fait pour Bella. Edward le prit et remercia la petite fille souriante. Alors qu'il s'apprêtait à quitter l'appartement sans avoir compris où Madame Cheney voulait en venir, cette dernière le stoppa une dernière fois.
-Pour un homme qui n'oublie jamais sa date anniversaire de mariage et qui surprend son épouse à chaque fois en lui offrant un cadeau ou en l'emmenant au restaurant ou en organisant une soirée romantique, je pensais que vous aviez davantage le sens des dates.
-Que voulez-vous dire ? Grogna Edward mécontent d'être retardé, ne voyant pas le rapport entre la date de son mariage en septembre et la date évoquée le 22 avril.
-C'est ce jour là que Bella a accouché de la petite fille qu'on lui a prise, rappela Angela. C'est aussi ce jour là qu'elle a fait sa fausse couche, me semble-t-il...
-Bon sang ! Cré nom de Dieu ! Jura Edward. Comment n'ai-je pas pu faire le rapprochement plus tôt ?
-Pas de mémoire des dates ?! Plaisanta la jeune fille brune.
-Pas vraiment pour ce genre d'événement ! Sourit Edward. Pourquoi ne me l'a-t-elle pas dit au lieu de s'enfuir Dieu sait où ?
-Probablement parce qu'elle craignait que ses peurs soient puériles ou infondées, souligna-t-elle. Les hormones ne nous donnent plus aucun sens des réalités en début de grossesse.
-Il faut que j'y aille, que je la retrouve... Merci Angela !
Edward dévala l'escalier en courant et se réfugia dans sa voiture qu'il démarra rapidement, roulant trop vite alors que se déversaient des flots de pluie sur le pare-brise.
Lorsqu'il arriva chez lui, il espérait qu'elle soit là, au chaud et en sécurité. Loin de cette eau glaciale qui semblait à l'image du chagrin vécu lors de ces précédentes grossesses.
Il n'eut pas le temps de descendre que Sue se précipitait déjà vers lui.
-Monsieur Edward !
-Est-elle rentrée ?
-Non, mais j'ai de ses nouvelles : le docteur Withlock a appelé, elle s'est réfugiée à son cabinet, il vous y attend.
Soulagé, Edward fit virer sa voiture pour faire demi-tour et appuya sur l'accélérateur pour rejoindre son aimée le plus rapidement possible.
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En arrivant devant la porte du cabinet, Edward ne prit même pas la peine de sonner et pénétra dans l'appartement du docteur Withlock. Il ignora la salle d'attente, qui devait être déserte à cette heure si tardive et s'approcha de la salle de consultation du médecin.
Il allait passer la porte, pressé de voir sa femme, de la serrer dans ses bras, lorsqu'il l'entendit pleurer.
-J'ai été odieuse avec lui ! J'ai été horrible !
-Bella, l'interrompit le docteur mais elle ne sembla pas l'entendre.
-Je suis affreuse. Il ne me pardonnera jamais. Il va vouloir divorcer, me renvoyer chez ma mère... Oh mon Dieu ! Les sanglots de la jeune fille s'accrurent.
Edward poussa doucement la porte et put voir sa femme assise en face du bureau de Jasper. Ce dernier se leva de sa place habituelle, contourna sa grande taille de travail et vint s'asseoir aux côtés de sa patiente pour tenter de la faire réagir.
-Bella, il posa doucement sa main sur son épaule pour qu'elle se rende compte de sa présence et qu'elle l'écoute. Votre époux vous a toujours soutenue. Il faut que vous lui confiez vos plus grandes peurs.
-Mais...
-Pas de « mais ». Vous devez lui parler, lui expliquez ce que vous ressentez. Il comprendra...
-Non, elle prit son mouchoir, pas après ce que je lui ai dit toute à l'heure.
-Bella, ne soyez pas si têtue ! Et ne répondez pas à sa place ! L'interrompit une nouvelle fois Jasper.
-Vous ne vous rendez pas compte ! S'énerva Bella. Je lui ai dit de choisir une autre femme ! Comment pourrait-il accepter de rester avec moi ?
-Tout simplement parce que je t'aime toi et pas une autre, choisit d'intervenir Edward.
-Oh mon Dieu ! Pâlit la jeune fille. Suis-je en train de rêver ?
-Je ne pense pas, la contra le psychiatre. Bonsoir Maître, venez nous rejoindre.
-Docteur, le salua l'avocat en s'approchant.
Jasper Withlock reprit sa place derrière son bureau alors qu'Edward prit sa place, n'osant prendre son épouse dans ses bras. Bella le regardait du coin de l'oeil, ne sachant comment agir.
-Qui veut commencer ? Questionna Jasper.
Bella pleurait silencieusement, la tête baissée, presque rentrée dans les épaules. Elle avait entendu la déclaration de son mari mais se sentait coupable des propos qu'elle avait tenus tout à l'heure sous la colère et les émotions contradictoires qu'elle ressentait.
La sentant incapable de prendre la parole, Edward se lança :
-Enfant ou pas, je n'irai pas voir ailleurs, car c'est toi que j'aime, Bella ! Sauf si tu me dis que tu ne m'aim...
-Oh ! Non ! Non ! S'écria Bella en remuant la tête. Je t'...
-Vous parlerez ensuite, l'interrompit Jasper. Laissez terminer votre mari.
-Enfant ou pas, je disais donc, je n'irai ni voir ailleurs, ni ne divorcerai, ni te renverrai chez ta mère. Tu es la seule qui compte à mes yeux, la seule que j'aime. Edward réaffirmait son amour pour elle, il sentait qu'elle doutait et qu'elle avait besoin de l'entendre. Par contre, je souhaiterai que tu acceptes de consulter un médecin. Peut-être pas tout de suite, ajouta-t-il lentement se rappelant des propos d'Angela, mais d'ici une dizaine ou une quinzaine de jours.
-Pourquoi souhaitez-vous que Bella consulte une médecin ? Interrogea Jasper.
-Elle est... Je pense qu'elle est peut-être... Edward n'osait continuer, jetant de légers coups d'oeil vers sa femme, il ne voulait ni la heurter, ni la blesser.
-Continuez ! Encouragea Jasper. Votre épouse a besoin d'entendre vos soupçons. Mais adressez-vous à moi afin qu'elle ne se sente pas visée directement.
-Elle éprouve certains signes, qui me font penser qu'elle est peut-être enceinte.
-Merci Edward, approuva Jasper signifiant qu'il avait terminé de parler. Bella, vous sentez-vous désormais capable de vous exprimer ?
-Je ne sais pas, souffla-t-elle.
-Prenez votre temps, lui proposa Jasper. Souhaitez-vous un verre d'eau ?
Avant même qu'elle ne réponde, le psychologue-psychiatre s'était levé et était allé chercher trois verres et une bouteille d'eau minérale. C'était une manière détournée de lui faire comprendre que les regards n'étaient pas fixés sur elle.
-Je suis désolée pour ce que j'ai dit tout à l'heure, s'excusa Bella lorsqu'elle prit la parole. Mes mots dépassent constamment ma pensée en ce moment. Je t'aime aussi, Edward, et je ne veux pas te quitter.
-Poursuivez, l'encouragea Jasper.
-Je... Hésita-t-elle. C'est tellement puérile.
-Faites comme votre époux tout à l'heure, adressez-vous à moi si vous n'osez pas lui dire certaines choses.
Bella ancra son regard dans celui du psychologue.
-J'ai peur de le décevoir si je ne suis pas enceinte. Elle se tut. Une nouvelle larme roula sur sa joue alors qu'elle triturait ses doigts dans tous les sens. J'ai peur... Je ne veux pas être enceinte le 22 avril. Je ne veux pas. Cela fait trop peur...
-Bella ! L'appela Jasper d'un ton tranchant pour qu'elle le regarde et l'écoute. Ce n'est pas parce que cette date vous a marqué à deux reprises de manière très difficile qu'elle est maudite à jamais.
-Peu m'importe. Je ne veux pas être...
-Oui, l'interrompit le psychiatre qui ne souhaitait pas qu'elle répète une phrase fausse. Si sa patiente était déjà enceinte, elle le resterait le 22 avril. Le psychologue comprenait bien qu'elle ne voulait pas en avoir conscience, mais ce n'était pas les mots que la jeune femme employait. J'ai entendu votre réponse, et votre époux aussi. Edward acquiesça à ce propos. Pour autant, il est nécessaire que vous surmontiez la peur de cette journée fatidique d'une part, et que vous acceptiez de rencontrer un médecin début mai d'autre part.
-Pour le médecin, j'accepte, se rendit Bella, mais pas avant le mois de mai, posa-t-elle comme condition.
-Et pour votre peur ? Questionna Jasper.
-Je ne sais pas comment la vaincre, avoua Bella à demi-mots.
-Je vais nous organiser une petite journée rien que pour nous deux, suggéra Edward.
-C'est une bonne idée, approuva Jasper.
-Mais c'est le jour de Pâques, contra Bella. Nous devions accueillir tes parents.
-Ils comprendront le fait que nous annulions, ne t'inquiète pas pour cela. Cela nous permettra de quitter Lyon pour ce week-end et d'aller nous balader.
-Merci Edward, murmura Bella en lui tendant sa main.
Le jeune homme prit la petite main de sa femme dans sa large paume, puis il tira doucement sur son bras pour attirer son épouse progressivement dans une étreinte pour la réconforter et la rassurer.
-Promet-moi de me parler de tes peurs et tes angoisses la prochaine fois, chuchota Edward.
-J'essayerai, souffla-t-elle, j'essayerai.
Lorsqu'ils s'écartèrent l'un de l'autre, ils remercièrent le docteur Withlock de les avoir écoutés et soutenus. Ce dernier leur demanda de le tenir au courant des prochains événements, et surtout il insista auprès de Bella pour qu'elle n'hésite pas à venir lorsqu'elle se sentait fragile.
Mains dans la main, ils saluèrent leur psychologue après l'avoir réglé par chèque, puis rentrèrent chez eux.
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Chapitre publié le 19 décembre 2013
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Prochain chapitre : Bonheur (pas avant mars / avril 2014, sauf si je deviens insomniaque !)
Belles fêtes de fin d'année à toutes et à tous !
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Quelques nouvelles pour les fidèles qui me suivent :
-Tout d'abord, je m'excuse de n'avoir pas pu répondre à vos sympathiques et motivantes reviews, ni au MP que j'ai reçus ces derniers mois (je vais essayer de le faire prochainement).
-Ensuite, du côté de mes fictions : le prochain chapitre de Sous X arrivera au printemps 2014, j'espère qu'il en sera de même pour Nos Coeurs dans la Guerre. Je sais que les délais sont longs et j'ai bien conscience que vous allez pester ou abandonner la lecture de ces fictions, mais je ne peux faire autrement. Par ailleurs, compte tenu d'événements difficiles survenus dans ma famille cette année, je me sens pour le moment absolument incapable de continuer Lettre d'une inconnue à... J'avais commencé cette fiction comme un hymne pour lutter contre cette horrible maladie, ce qui n'a malheureusement pas marché. Si cela pose problème de laisser encore une fiction inachevée sur FF, je la retirerai du site.
-Enfin, je vous souhaite à toutes (et à tous) de belles fêtes de Noël : profitez de vos proches et de ceux qui vous sont chers.
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À bientôt ! Amicalement ! AliLouane
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