Bonjour, mon cher lecteur !

Alors dans ce troisième chapitre, un peu plus de stress que d'habitude, mais un peu de fluff quand même à la fin, parce que je ne peux pas m'en empêcher...

J'espère que la combinaison te plaira!

...

John ne réfléchit même pas une seule seconde.

Il plongea à son tour.

Les eaux noires et froides l'engloutirent aussitôt, et il se trouva désorienté par l'obscurité aquatique et l'étrange silence qui régnait sous la surface de l'eau. Il réussit finalement à émerger, battant des bras et des jambes, crachant de l'eau et presque aveugle.

-Sherlock ! beugla-t-il à la cantonnade.

Il ne voyait rien, aucun visage à la surface de l'eau, aucun bras s'agitant pour demander du secours…

-Sherlock ! cria-t-il, commençant à paniquer.

Bon sang, cet homme était le pire imbécile égoïste que la terre ait jamais porté. Comment avait-il pu…

C'est alors que John le vit émerger, un peu plus loin sur sa gauche, toussant et dégoulinant et peinant à se maintenir à la surface, un bras sous l'eau et l'autre ramant faiblement pour garder sa trajectoire. John nagea de toutes ses forces vers Sherlock, cognant à chaque brasse sa peau contre l'eau dure et froide. Quand il arriva enfin vers Sherlock, qui à ce moment était quasiment inconscient, il passa un bras autour de la taille de son compagnon et dut retenir un soupir de soulagement en sentant le corps ferme contre le sien.

John nagea régulièrement, calmement, jusqu'à la rive, traînant contre son flanc la masse presque inerte de Sherlock, et il était sur le point d'abandonner lorsqu'il sentit confusément le sol sableux sous ses pieds. Il tira encore, épuisé, et tous deux s'écroulèrent finalement sur la plage humide ; jamais les galets fermes et durs n'avaient paru aussi accueillants à John.

Il secoua violemment Sherlock, qui se redressa soudain, la tête dodelinante et les yeux écarquillés, pour cracher une quantité d'eau considérable qui atterrit pour la plus grande partie sur John.

-Navré, s'excusa-t-il, la voix encore rauque.

-Navré ? Navré ? s'emporta John. Et à propos de ton grand saut de la mort, tu es navré aussi ? Tu aurais pu mourir, Sherlock !

-Il fallait que je récupère sa mallette, John, fit Sherlock.

Il fit un geste vers l'attaché-case trempé qu'il avait tiré de l'eau – la raison pour laquelle il avait sauté pour commencer. John écarquilla les yeux.

-Et puis, je savais que tu viendrais me sauver, ajouta-t-il en haussant les épaules.

-Non, Sherlock. Tu aurais pu te tuer, répéta John d'un ton accusateur. Et tout ça pour une mallette ?

-Pas une simple mallette, John ! s'écria Sherlock d'un ton offensé. Sa mallette, la mallette du tueur, les derniers indices ! Il était capital que j'obtienne ces informations !

-EN SACRIFIANT TA VIE ? ET QU'EST-CE QUE J'AURAIS FAIT, MOI ?

John n'avait pas réalisé qu'il allait crier si fort ; il n'avait pas réalisé qu'il était tellement en colère. Le choc et la surprise se peignirent sur le beau visage de Sherlock. John prit ses mains et les pressa entre les siennes, la gorge encore serrée de peur.

-Qu'est-ce que j'aurais fait sans toi ? dit-il à nouveau d'une voix brisée.

Les traits si particuliers de Sherlock se tordirent douloureusement, semblant enfin réaliser ce qu'il avait infligé à John en sautant sans crier gare.

-Je...

Mais John, soudain envahi d'un élan indescriptible, l'attrapa par le col de sa chemise et l'attira contre lui avec force ; ses lèvres froides et mouillées s'écrasèrent sur la bouche de John, et Sherlock laissa échapper un minuscule gémissement avant de répondre faiblement au baiser de son compagnon, un baiser furieux et soulagé à la fois, un baiser qui semblait à John être le seul moyen de s'assurer que Sherlock était bien là, dans ses bras, et pas noyé au fond d'une eau sombre et limoneuse.

-Pardon, chuchota faiblement Sherlock quand John se retira soudain, haletant, satisfait de voir les lèvres rougies de son imbécile d'amant. Je suis… je suis désolé. Je n'avais pas…

-Réalisé que tu n'étais pas le seul concerné ? termina John d'un ton amer. Tu n'es plus tout seul, Sherlock. Tu ne peux plus décider de jeter ta vie comme ça aux orties sans penser aux autres, comme avant. Il y a des gens qui en souffriraient, des gens qui t'aiment. Je t'aime.

-Je sais, fit Sherlock dans un murmure contrit. J'avais oublié. Pardon.

La main de John se glissa entre deux boucles, caressant tendrement les cheveux de Sherlock, et d'un seul coup tout le soulagement d'avoir réussi à le tirer de l'eau et de le savoir vivant et en bonne santé vint le submerger ; il attira Sherlock contre lui, calant sa tête contre son cou dans une étreinte aux accents désespérés.

-Ne refais jamais ça, dit-il tout bas.

Sherlock se redressa et déposa un baiser chaste sur les lèvres de John, s'attardant quelques secondes, leurs bouches simplement pressées l'une contre l'autre.

-Promis, dit-il en s'éloignant finalement.

John sourit sans conviction et se laissa aller dans les bras de Sherlock ; si seulement il s'était agi d'un problème qu'une simple promesse pouvait régler…

...

Voilà, c'était le thème du fleuve (et d'ailleurs un grand bravo à sakka-kun qui avait pressenti le saut dans la Tamise alors que je l'avais même déjà écrit ! ^^) et si ça t'a plu, n'hésite surtout pas à prendre trente secondes pour écrire une review, ça me ferait vraiment plaisir ! En attendant, cher lecteur, passe une excellente journée !