Je fixai la porte de la chambre de Camille. Je n'étais pas très sûr de ce qui m'avait réveillé, mais j'avais l'impression qu'il m'avait touché. Ce devait être un rêve, hélas, mais j'essayai de rester encore quelques secondes dans ce demi-sommeil où l'on croit tout possible.

Malheureusement, j'étais bel et bien réveillé. Il était bien trop tôt pour se lever, mais je n'arrivai pas à me rendormir. Sans pouvoir m'en empêcher, je me surpris à penser à Camille. Malgré tous mes efforts pour évoquer d'autres questions -où allai-je habiter à l'avenir ? que ferais-je si jamais mes "agresseurs" n'étaient pas arrêtés ? est-ce que ça valait le coup de me pointer à la fac ?...-, c'était toujours l'image de Camille qui revenait. Je nageais en plein fantasme. Et s'il me laissait habiter vraiment ici ? Et s'il m'aimait ? Et s'il m'embrassait ? Et...

Je me secouai. Je n'avais aucune chance, et je le savais. Je ne pouvais que souffrir d'avantage, à m'illusionner ainsi, mais c'était plus fort que moi. J'avais envie de passer cette stupide porte, de m'approcher de Camille, de le toucher, me blottir dans ses bras… et plus si affinité.

Je me mordis la lèvre pour me ramener à la réalité. Je me sentais sale, indigne de Camille. J'avais envie de pleurer. Au lieu de ça je me levai, pris une douche rapide et quittai l'appartement. Je n'avais pas pris les clefs.

Je me retrouvai à traîner dans la cafétéria de la fac, déserte si tôt le matin. J'avais une sensation d'étrangeté, comme si le monde que je voyais n'était pas tout à fait comme d'habitude, ou comme si je n'aurais pas dû en faire partie. Je m'endormis.

Dans mon rêve, je rencontrai Camille. Il semblait un peu étourdi, mais il essayait de me parler. Je ne comprenais pas le sens de ses paroles. Il tendit les mains vers moi, caressa doucement ma joue. Je me jetai dans ses bras et il me serra contre lui, protecteur, tendre.

"Je t'aime." murmurai-je.

"Moi aussi..." souffla la voix de Camille à mon oreille.

Rassuré, je me laissai emporter par le sommeil profond.