Un nouveau commencement.

En arrivant à l'orphelinat, Beyond était un enfant taciturne, renfermé sur lui même.

Ce changement d'environnement lui fit perdre tout ses repères. Tout était tellement insolite ici. Les décors victoriens, l'immensité de la bâtisse, l'odeur de vieux parchemins et de confiseries, tellement différente de celle de désinfectant de l'hôpital et de synthétique du centre de réadaptation. Même les enfants qui vivaient ici étaient hétéroclites. Déjà, ils étaient bruyants. Beyond détestait le bruit. Il préférait le calme sécuritaire de la solitude plutôt que le brouhaha d'une foule bondé. Mais ces enfants n'étaient pas une foule. En fait, cet endroit était étrangement peu habité pour un orphelinat. Néanmoins, la cacophonie qui y régnait était comparable à celle d'un petit stade de foot.

Ensuite, presque tous avaient des sortes de manies ou alors ils étaient dépendants à une quelconque substance sucré.

Et enfin, ils étaient tous qualifiés d'une lettre à la place de leurs vrais noms.

Personne n'utilisait autre chose que cet alias pour désigner ou appeler une personne. D'ailleurs aucuns enfant ne connaissait le nom d'une autre personne à part eux même. Tout le monde sauf Beyond bien sur.

Le vielle homme qui l'avait amené ici, lui a dit qu'il s'appelait Watari. Mais les lettres flottantes au-dessus de lui racontaient une toute autre histoire.

Il lui a aussi révélé que dorénavant son nouveau nom serait B. Lui aussi apparemment n'était devenu qu'une simple lettre de l'alphabet...

Sa chambre disposait d'un lit, d'une armoire, d'une table de nuit, d'un bureau ainsi que d'une bibliothèque personnelle et d'un ordinateur portable pour l'aider dans ses études.

En face de sa chambre, il y avait une porte avec l'inscription «A» écrit dessus en lettres de police "Old London". Beyond apprit plus tard dans la journée que ce «A» était en fait un garçon de deux ans son ainé. Ils étaient voisins de chambre.

Les cours ici étaient également différents de tout ce qu'il avait connu, mais dans le bon sens cette fois. Ils étaient bien plus poussés et les élèves pouvaient se spécialiser dans une ou plusieurs disciplines.

Avant cela, Beyond dû passer un test d'aptitudes pour découvrir quelles étaient ses prédispositions. D'après les résultats il avait des facilités dans le décryptage des codes, en analyse comportemental, en sciences humaines et en criminologie. Il avait une capacité de déduction à toute épreuve.

Les professeurs les poussaient beaucoup dans leurs études. D'après eux, être surdoué n'avait aucune utilité sans les connaissances qui allaient avec.

Malgré le niveau scolaire très ardus, les notes de B frôlait, ici encore, la perfection.

Lorsqu'il n'étudiait pas, il fabriquait des poupées de paille. Cette fois au lieu de seulement les décapiter, il testait différentes techniques de «meurtres».

Une, avait finit démembrés, une autre, écrasé sous une pile de livres. Une a finit noyée dans les toilettes, l'autre brulé par de l'acide sulfurique trouvé dans le laboratoire de science…Pendues, broyées, empalées, lacérées… Il y en avait pour tout les goûts.

C'était son passe temps mais plus que cela, c'était sa manière d'extérioriser sa profonde douleur intérieur...

Les autres enfants le fuyait comme la peste.

Au début, la curiosité les avaient poussés à essayer de parler avec l'étrange garçon aux yeux écarlates et à la démarche légèrement courbé. Mais malgré toutes leurs tentatives d'amitiés, B restait de marbres. Il se contentait de fixer un point au dessus de chacune de leurs têtes avec un air circonspect. Ils ont vite commencé à être mal à l'aise en sa présence et lorsqu'ils apprirent son passe temps avec les poupées de pailles ils eurent tous peur de lui et l'évitèrent.

Cela arrangeait singulièrement B. Mieux valait être seul que mal accompagné, se disait-il.

Wammy (ou Watari) n'étant jamais là, c'était Roger Ruvis qui dirigeait l'orphelinat. Il n'aimait pas les enfants ce qui était un comble étant donné son travail. Malgré cela, il était un sous-directeur exemplaire. Lui et Watari étaient les seuls à connaitre le passé du jeune B. Roger venait le voir une fois par semaine pour lui demander si il n'avait besoin de rien. Il faisait cela avec tout les autres orphelins mais contrairement à eux qui en profitait pour s'acquérir jouets et friandises, Beyond, lui ne demandait qu'un peu de paille et quelques livres de temps à autre.

Les heures de douche étaient les plus stressantes pour B. Les douches étaient collectives et la dernière chose qu'il voulait était que quelqu'un s'aperçoive des horribles cicatrices parsemants son corps. Beyond préférait attendre que l'heure de la nuit soit bien avancé avant de sortir discrètement de sa chambre pour aller se laver.