Dans le chapitre précédent :
Hermione prisonnière de Bellatrix Lestrange, reçoit l'aide de Peter Petigrew pour s'échapper. Mais un faux mouvement de son « sauveur » dérègle son Retourneur de temps.
Chapitre 2 :
La première chose dont Hermione fut consciente, ce fut le support doux et ferme contre son dos, qui n'avait rien à voir avec le sol rugueux de pierre froide dont elle connaissait toutes les aspérités. La seconde fut la douleur qui se réveillait dans sa poitrine, une douleur bien connue car elle la réveillait souvent au petit matin et parfois même au cours de la nuit … et ce depuis la folle aventure au Département des Mystères.
La sorcière garda les yeux fermés, faisant confiance à son ouïe pour se repérer. Si elle était toujours dans le repère de Voldemort et de ses sbires, attirer leur attention en se réveillant n'était pas une bonne idée. La mémoire lui revint peu à peu, l'image du visage crispé d'angoisse du traitre, les yeux humides écarquillés dans une grimace de surprise paniquée et enfin le noir complet tandis que le sablier tournait, tournait et tournait encore sans espoir de s'arrêter.
Dans un mouvement lent, Hermione bougea les doigts de sa main droite, tâtant avec appréhension la matière sur laquelle elle était allongée. Un lit ? Voilà qui ne ressemblait pas à ses bourreaux ! Elle avait donc atteint un espace plus accueillant que les cachots.
La jeune femme ouvrit les yeux et les referma aussitôt, la lumière du jour aveuglante malgré les rideaux devant les croisées. Elle sentit sa tête pulser avec la douleur, et elle étouffa un grondement dans l'oreiller moelleux qui avait, jusqu'alors, soutenu sa tête.
Décidant de braver la clareté, Hermione rouvrit les yeux et laissa ses iris sensibles s'habituer à la luminosité ambiante. Elle était effectivement sur un lit, confortable, en fer gris. Autour d'elle plusieurs montants tenaient de lourds rideaux de tissu vert clair, formant comme un paravent autour d'elle. Elle repoussa doucement le drap qui la recouvrait et pu ainsi se rendre compte qu'elle ne portait qu'une blouse d'hôpital de tissu crème, portant un écusson. Un écusson portant la lettre H entouré de quatre figures animales, bien connues.
« Poudlard … » souffla Hermione, comme assommée par sa découverte.
Attrapant sa baguette qui se trouvait sur la petite table de chevet, elle resserra son poing autour, heureuse de sentir le poids rassurant du bois chaud. La sorcière sursauta et pointa sa baguette vers l'un des rideaux en entendant une voix tonitruer :
« C'est non monsieur le Directeur ! Je ne resterais pas une minute de plus dans ce château maudit ! »
« Grégorio mon Ami … » tenta d'apaiser la voix douce du dit Directeur.
Dumbledore … pensa Hermione avec émotion
« Je ne suis pas votre Ami, Dumbledore ! » siffla la voix, visiblement excédée. « J'ai accepté ce poste dans votre infirmerie en pensant que ce serait plus calme que Sainte Mangouste ! Mais j'ai eu droit à toutes les catastrophes possibles ! Polynectar, explosion de chaudrons, loups garous, accident de balais, traumatismes crâniens dus à des cognards, une chute de dos de licorne, chute dans les escaliers, friandises placés dans le mauvais orifice, une écharpe étouffante, une baguette enfoncée dans l'oreille, un vif d'or coincé dans une oreille ! Par Merlin Dumbledore, UN VIF D'OR ! Et maintenant alors que pendant les congés je devrais être tranquille auprès de ma famille, vous m'appelez d'urgence pour UNE SORCIERE TOMBEE DU CIEL ! J'en ai assez vu, assez entendu pour ma vie entière ! Je rentre auprès de ma femme, je démissionne ! Et débrouillez-vous ! »
La porte de l'infirmerie claqua derrière l'infirmier… ou plutôt l'ex infirmier, à en croire le discours qu'Hermione venait d'entendre. Un soupir suivi d'un petit rire échappa à Albus qui demanda d'une voix amusée.
« Si vous êtes décente, jeune fille, peut-être pourriez-vous tirer ce rideau que nous puissions échanger quelques mots ? »
« Oh … oui monsieur le Directeur. » répondit Hermione avec émotion, redoutant de fondre en larmes si elle voyait le visage âgé et buriné de son mentor. Elle inspira un grand coup, ramena ses cheveux derrière ses oreilles, lissa inutilement le tissu de sa blouse avant de tirer timidement la paroi de tissu.
Face à elle se trouvait son ancien directeur, bel et bien vivant, ses éternelles lunettes en demi-lune en équilibre sur son nez aquilin.
« Et bien mon enfant, je ne sais pas qui vous êtes mais vous nous avez fait une belle frayeur à Fumseck et moi-même. »
« Fum…Fumseck, monsieur ? » demanda Hermione, sans oser croire à ce qu'elle entendait.
« Le Phœnix de Poudlard ma chère. Ce dernier a d'ailleurs jugé bon de … verser quelques larmes pour vous. Votre état était très préoccupant je dois dire. »
« Larmes … les larmes de phœnix … pouvoir de guérison. » marmonna Hermione en caressant distraitement l'endroit où le couteau de Bellatrix avait tracé l'ignoble insulte. Mais sous ses doigts, la sorcière eu la surprise de ne pas sentir le relief habituel de l'écriture de chair. Hoquetant de surprise, elle baissa le regard vers son bras et fut abasourdie de n'y trouver qu'une faible trace blanchâtre, permettant de lire à peine l'inscription.
« La lame était sans doute ensorcelée ma chère, Fumseck n'a pas pu faire totalement disparaître la marque. » s'excusa le sorcier en caressant sa longue barbe blanche.
Hermione éclata d'un rire presque hystérique, le soulagement faisant couler ses larmes. « Oh monsieur le Directeur si vous saviez ! Combien de remèdes j'ai essayé pour atténuer ma cicatrice et tout ce temps … je n'ai … jamais pensé … aux larmes de ce putain d'oiseau ! »
« Mademoiselle, je doute que Fumseck soit très heureux de vous entendre parler ainsi. Allons ne pleurez plus. » Cajola le vieil homme en tapotant gentiment le dos de la main de la sorcière.
« Pardonnez-moi. Je … l'émotion… » Balbutia Hermione en essuyant ses pleurs.
« Ce n'est rien, vu l'état dans lequel vous êtes arrivée, je me doute que vous êtes un peu chamboulée. Cela étant dit, j'aimerai savoir qui vous êtes et surtout comment vous avez pu apparaître dans mon bureau. Je n'ai pas l'habitude de recevoir des jeunes filles à demi -nues et couvertes de sang tous les quatre matins. » Demanda gentiment, mais fermement, Albus.
« Avant de vous répondre monsieur … puis je vous demander la date d'aujourd'hui ? » demanda-t-elle en se mordant la lèvre, attendant avec appréhension la réponse.
Albus Dumbledore garda le silence un instant, fixant de ses yeux bleus la sorcière inconnue, avant de répondre lentement.
« Nous sommes le 31 juin mademoiselle … » il laissa sa phrase en suspens, attendant clairement une réponse à sa question précédente : qui était-elle.
« Granger … Hermione Granger, monsieur. Je vais vous paraître étrange mais … »
« Miss Granger, je dirige une école de Magie, plus rien ne me paraît étrange. » rit il en lui faisant signe de poursuivre.
« Pourriez-vous me dire la date complète ? »
« Nous sommes le 31 juin 1978. Maintenant pouvez-vous me dire d'où vous venez ? Ou plutôt de quelle époque ? »
Les yeux bleus électriques rencontrèrent les iris couleur noisette, et c'est par la pensée qu'Hermione lui transmit ces informations, gardant scellées les autres informations critiques sur la guerre et ses horreurs.
« Hum … je vois. Quel âge avez-vous ? » Questionna le sorcier en se levant et entamant les cents pas face au lit.
« J'ai 22 ans monsieur … enfin 23 si vous comptez un usage intensif du Retourneur de temps durant une année scolaire. » rajouta Hermione en passant toujours machinalement sa main sur la cicatrice qu'elle avait tant espéré voir disparaître.
« Que vous est-il arrivé, pour venir ici ? Ne me dites que l'essentiel, il ne faut pas chan…. »
« Changer le futur je sais. Disons que là d'où je viens la guerre fait rage et … j'ai été capturée par des Mangemorts et l'interrogatoire était musclé … »
« Oui vos blessures en témoignent je crois. Donc Tom est toujours là …» Opina tristement Ablus.
« J'avais un Retourneur de Temps autour du cou et … une aide extérieure s'est trompée. Au lieu de le tourner que trois fois, pour me permettre de m'échapper, il l'a tourné … tellement de fois que j'en ai perdu le compte. » Souffla Hermione en frissonnant, revoyant son calvaire.
« Hum … J'avoue ne pas savoir comment vous renvoyer chez vous jeune fille. En attendant, personne ne doit savoir d'où vous venez ! Le temps est une chose mystérieuse et il est trop dangereux de s'en amuser. Nous trouverons, ici à Poudlard, assez de livres dans la réserve pour vous aider je pense. Dans le doute je peux contacter quelques amis qui auront peut-être des idées plus convaincantes que les miennes. »
« Mais … » s'alarma Hermione. « Je ne peux pas rester ici ! Je suis trop âgée pour me faire passer comme une étudiante, cacher ma présence limiterait mon temps de recherche et je suis trop jeune pour être professeur ! »
« Effectivement … mais comme vous avez pu l'entendre, je manque de personnel dans mon infirmerie. » s'amusa le directeur en redressant ses lunettes, ses yeux étincelant de malice. « Que diriez-vous de prendre le poste d'infirmière jusqu'à ce que l'on trouve comment vous renvoyer dans votre époque ? » proposa le sorcier, tout sourire.
« Mais c'est impossible ! Je n'y connais pas grand-chose en sort de soin ! » S'inquiéta Hermione.
« Bha vous avez des livres à votre disposition pour apprendre avant la rentrée, de plus une vieille amie pourra sans doute vous donner quelques cours pour vous préparer. Et puis je vous assure que vu tous les cas étranges rencontrés dans cette école, rien ne peut vous préparer à ce genre d'expérience. » Pouffa l'homme âgé, un doux sourire confiant aux lèvres.
« C'est vraiment la seule solution ? » rechigna Hermione.
« Malheureusement je le crois bien ma chère. Simplement, rassurez-moi, avez-vous des problèmes quelconques avec les loups garous ? »
« Les … Heu non pas du tout, pourquoi ? » demanda la jeune femme.
« Un élève est infecté et il aura besoin de vos soins chaque mois. C'est un jeune garçon charmant je vous assure, il ne vous posera aucun problème. » se justifia le doyen.
« Oh ce n'est pas un problème, je vous assure… j'ai connu un loup garou … tellement gentil … » soupira tristement Hermione en repensant à ce brave Remus, tombé au combat.
« Et bien tout est parfait ! Je vous laisse vous reposer, je viendrai vous voir plus tard, j'ai quelques coups de Cheminette à passer. Nous discuterons des arrangements plus tard. » Sur un clin d'œil bon enfant, le directeur disparut en refermant la porte derrière lui.
Toujours assise au bord du lit, la sorcière plongea sa tête dans ses mains et grogna. 1978 … la huitième année des Maraudeurs ! Peu de monde se souvenait qu'avant 1981 Poudlard proposaient 8 années d'enseignement et non 7. Cette huitième année, optionnelle, était proposée aux étudiants dont le cursus universitaire n'acceptait que les élèves ayant suivis des cours spécialisés ou ceux souhaitant se préparer à divers concours.
Hermione se passa les mains dans les cheveux et gronda de frustration en se rendant compte qu'elle allait devoir être en contact avec les fameux Maraudeurs … et peut-être Lily Evans si cette dernière avait choisi de rester un an de plus.
« Je vais devoir faire attention … et ne tuer personne. » gémit Hermione en se levant, rejoignant, sur ses jambes tremblantes, la bibliothèque de l'infirmerie.
Empoignant un livre usé, dont la tranche n'indiquait pas le titre, elle le retourna.
« Sorts de santé et bien-être niveau 1 ? Et bien autant commencer par là. » Soupira-t-elle en retournant jusqu'à son lit. Hermione ouvrit l'ouvrage et entama ce qu'elle savait faire de mieux : étudier et apprendre.
Merci pour vos commentaires, ça fait plaisir de voir que mon premier chapitre a été apprécié. J'espère que ce second vous a plu tout autant, patience les Maraudeurs ne tarderont plus : )
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