Coucou !

Oui, encore un texte du point de vue de Sherlock, et encore sur la saison 3 ! Autant vous le dire tout de suite, il va falloir vous habituer à lire des points de vue du détective consultant, tout simplement parce qu'il est mon personnage préféré et qu'il n'existe pas assez de fics pour le décrire totalement.^^ Et puis comme je suis l'auteure, je fais ce qu'il me plaît ! *sors*

Sur ce, je m'éclipse !

Enjoy !

Sherlock savourait un moment rare : en cet instant, John le serrait de toutes ses forces dans ses bras, au point qu'il craignait pour ses côtes. Il s'en fichait : il pouvait bien avoir des bleus, le médecin pouvait bien le blesser, il n'aurait brisé cet instant magique pour rien au monde. Un imperceptible tremblement agitait ses mains, son cœur battait à une allure folle, au point qu'il en était presque essoufflé. Pourtant, il avait eu peur en voyant l'air abasourdi de l'ancien soldat, peur d'avoir gaffé, parce qu'il n'était vraiment pas doué pour avouer des sentiments qu'il ne comprenait pas toujours. Lui qui se disait si intelligent, était incapable de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Il n'en avait jamais éprouvé le besoin : mais, à ce moment-là, il avait su que John, qui avait tout accepté, même le plus terrible, méritait de savoir ce qu'il ressentait, méritait d'entendre ce merci toujours mimé mais jamais clairement exprimé.

« Il m'a sauvé la vie ». Intelligent, toxicomane, sociopathe. Voilà ce qu'il était avant de rencontrer John dans cette salle informatique à Saint-Barts, un être proche d'être brisé, qui luttait contre cette existence qui lui en voulait. Par ses gestes, par ses mots, par son humanité qui l'enveloppait comme une riche étoffe, il lui avait montré qu'il n'y avait pas que l'intelligence, pas que son implacable logique. Un jet de nouvelles couleurs, les unes brutes, les autres plus subtiles, sur la toile de vie de Sherlock. L'humanité n'était pas si méprisable, finalement, si des êtres comme John arpentaient encore ce monde. Plus de cocaïne. Plus de longues discussions avec le crâne. Juste John, sa chaleur, ses mots et son délicieux thé, juste Baker Street et les biscuits de Madame Hudson.

Et lui, assis dans son fauteuil, qui observait tout ça, qui s'étonnait toujours de faire partie de tout ça. Le petit médecin toujours là pour le protéger dans leur chasse aux criminels, même si Sherlock avait eu plus que son compte de blessures plus ou moins graves, pour le limiter dans cette addiction aux jeux de Jim Moriarty. Il n'était pas qu'un formidable cerveau qu'on sollicitait avec John, il devenait un être précieux. Lui, Sherlock Holmes, était cher aux yeux d'une personne. Incroyable. Extraordinaire. Tous les mots que son ancien colocataire employait pour qualifier ses talents, avec ce sourire et ces yeux qui chantaient son admiration et sa loyauté sans failles. Ce sourire et ces yeux qui réchauffaient ce cœur parfois glacé.

Il jeta un coup d'œil vers Mary, qui le regardait avec un sourire radieux inondé de larmes. Ses yeux criaient « merci », et il sut qu'il avait dit les mots que John avait besoin d'entendre au moins une fois. Dans son égoïsme, il ne s'en était pas rendu compte, en pensant que le médecin le savait, et qu'il n'avait pas besoin de plus. Les mots étaient son arme maîtresse : ils étaient devenus le moyen de prouver à John qu'il tenait à lui, le moyen d'avertir sa femme qu'il ne tolérerait pas qu'elle lui brise le cœur. Il détourna le regard, presque ému. Parce que Mary avait toujours été aux côtés de son ami, parce qu'elle n'avait jamais refusé la relation particulière qu'il entretenait avec Sherlock, parce qu'elle ressemblait tant à John, il la laissait l'emmener. Pour la première fois de sa vie, le cadet Holmes céda, sans jalousie ni regrets. Mary, elle, par son expression, lui assurait qu'elle ne l'accaparerait pas, qu'il aurait toujours sa place dans leurs vies. Il entendit des reniflements et quelques sanglots étouffés, en écho à la jeune épouse : pourquoi pleurer ? Il n'avait fait qu'énoncer l'évidence, qu'énoncer sa plus belle déduction.