Hi les gens !
Ayé, la suite du troisième chapitre !
C'est marrant, ça fait bizarre de poster du léger après les deux dernières que j'ai pondues... M'enfin !
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Quoi à qui : As usual : tous à Gundam Wing & co sauf Louise et Sacha la Boule (qui n'est pas évoqué ici, le pauvre).
Résumé : toujours le même.
Pour :Toutes celles qui me lisent !
Mici : A Poupinette la Vachette qui n'a pas le temps d'être une lectrice en ce moment, juste parce qu'elle existe :D
Parce que : beh, parce que j'aime pas ne pas finir ce que je commence, et pour finir une histoire, il faut commencer par la continuer... Wé, c'est philosophique.
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Enjoy, les gens !
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My mistake is your mistake - part 2
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Mercredi, Happy hour (mais qu'est-ce qu'ils bwaaaavent!)
Un café, peu importe lequel.
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Trowa regarde avec convoitise sa Chouffe tout juste posée devant lui. Il gratifie d'un sourire satisfait le beau serveur aux yeux noirs et au profil racé qui lui retourne un sourire amical.
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- Merci Wu.
- Marre de la bibine traditionnelle de Duo ?
- Plus que jamais. C'est un signe : je passe trop de temps chez lui.
- « Lui » est juste à côté, Tro', Wu, vous pourriez ne pas faire comme si j'existais pas.
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Duo affiche une moue faussement boudeuse. Trowa le boufferait quand il fait cette tête-là... Trowa le boufferait quelle que soit son expression, en fait. Vite, il faut qu'il se trouve un bouche-trou et se sèvre de son côté : il est en train de devenir fou de savoir le natté si souvent si proche de lui tout en sachant que c'est niet.
Il serait aussi tenté par un quatre heure nommé Wu Fei, mais malheureusement, leur ami de lycée n'est pas ouvert à la suggestion. Et s'il était sensible à la beauté d'un mec, le beau Chinois, ce serait plutôt à celle de Duo... et uniquement parce que le natté est le jumeau de sa jumelle.
Elle aussi est présente, savourant du bout des lèvres une lampée brûlante de café serrée et du bout des yeux les regards troublés de cet ancien camarade de son frère qu'elle n'a jamais eu le plaisir de rencontrer avant.
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Elle devait passer la fin d'après-midi chez Duo, Duo qui a fait venir Trowa à la même heure. Le roux a obtenu qu'ils sortent tous les trois ici d'une part pour boire quelque chose qui ne soit pas de la Leffe, d'autre part parce qu'il savait qu'il pourrait tailler la bavette avec Wu Fei si la paire Maxwell était trop étouffante. Encore que l'Happy Hour, c'est pas le meilleur moment pour tchatcher avec le serveur. M'enfin.
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Trowa guette. Il sait que Quatre doit venir aussi : sur le trajet vers le café, Duo a reçu un appel du blond qui lui demandait s'il était dispo pour la soirée – les pupilles de Trowa avaient tourné vert d'envie et de frustration. Le natté lui a proposé de les rejoindre ici, d'aviser pour la suite.
Trowa guette, et il ne sait pas bien pourquoi. Il ne sait pas pourquoi toute cette histoire lui tient à cœur. Peut-être parce qu'il a peur qu'à force d'enfoncer une porte ouverte au lieu d'essayer d'en entrouvrir une autre plus importante, son meilleur pote se fasse mal, entraîné dans son élan obstiné.
Le roux a décidé que faire de l'ingérence dans la vie du natté, c'est une connerie. Rien que parce que ce type a un sens de la contradiction plus affûté qu'un couteau de boucher. Mais il reste convaincu que Duo devrait aller voir du côté de Heero, rien que voir, entrouvrir la porte, regarder derrière, quitte à la refermer définitivement si ça lui convient mieux. Juste ne pas laisser les choses en suspens.
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Tout ça ne devrait pas le travailler autant. Mais son meilleur pote est un abruti, il faut bien qu'il en prenne soin, quand même.
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Ah, le blond apparaît, chemise bleu pâle qui met ses yeux vifs en valeur par contraste, sous le blouson en cuir marron rapidement posé sur le dossier d'une chaise. Pantalon seyant en jean noir. Cartable de prof en cuir sombre, il doit tout juste sortir de cours. Il doit en faire tourner des têtes de jeunes lycéennes pleines d'hormones, le jeune prof d'Arabe.
Des lunettes de la même couleur que la chemise donnent un air studieux à l'ange qu'il n'est pas et dont le regard parfois mutin ne dissimule qu'à peine le potentiel. Bordel, pourquoi c'est Duo qui l'a trouvé, il y a dix jours ? Monde cruel.
En tout cas, le blond ne perd pas le Nord : il interpelle direct le beau serveur Chinois pour un mojito, le gratifiant automatiquement et de manière tout à fait inconsciente d'une œillade appréciatrice au passage.
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- Salut les jeunes.
- Salut, le prof. Au passage, je te présente Wu Fei, un autre ancien élève de ton coloc'. Pour continuer la série, tu comprends...
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Le blond hoche la tête pour saluer le serveur qui s'en va avec sa commande.
Trowa arrive à lire sur son visage de la fatigue mâtinée d'une légère lassitude amère. Ou une amertume lasse ?
Une journée de cours face à des classes aux effectifs trop élevés et aux lycéens trop peu intéressés. D'habitude, ça passe, on se plaint entre profs et entre amis, on accolade, on rigole et c'est finit. Mais là, c'est compliqué.
Une main qui frotte rapidement les yeux sous les lunettes, un sourire avenant rapidement composé pour ne pas paraître trop lourd dès son arrivée.
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- Et la jeune demoiselle ici présente est aussi une ressortissante de ce cours d'écono... Attends. C'est la fatigue qui me fait voir les trop belles choses en double ou... ?
- Je te présente Louise. C'est ma jumelle.
- Je vois ça. La loterie génétique a sorti le grand jeu pour votre paire.
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La seule représentante du sexe féminin sourit, charmée. Trowa retient un ricanement en captant du coin de l'œil le regard peu amène du serveur, qui amène des boissons à la table d'à côté, à l'intention d'un Quatre un peu trop séduisant et presque innocemment séducteur.
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- Oui, mais je suis quand même plus beau qu'elle.
- Mais oui, Duo. Et plus grand que moi aussi, et plus fort, et plus intelligent. On sait. Et plus vieux. Même si je suis née la première et que tu as été le bébé surprise (si si, c'est possible), d'où le tendre nom de Duo parce que nos parents trèèès imaginatifs avaient déjà mis neuf mois à tomber d'accord sur mon nom à moi et qu'ils ne pouvaient pas attendre encore neuf mois pour te nommer.
- C'était toi le bébé surprise. Ils avaient choisi Louis, puis c'est une fille qu'est sortie du coup ils t'ont appelée Louise, et y'a plus rien eu pour moi qui suis arrivée après alors que deux bébés n'étaient pas prévus.
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Le roux est déjà blasé par le duo (avec un petit d) Maxwell, la force de l'habitude, mais Quatre a la chance de pouvoir encore s'amuser des performances fraternelles. En entendant les jumeaux continuer à se chamailler, son souffle se fait rire discret qui effleure l'avant-bras de Trowa. Brrrrr. Profiter d'une quatrième roue au tricycle ainsi transformé en carrosse pour contourner la conversation de la paire de jumeaux.
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- Dure journée ?
- Ca se voit tant que ça ? Oh, je suis désolé. Je veux pas être lourd.
- Connaissant Duo, ça lui est passé au-dessus. Et vu comme Louise est de tout temps captivée par son reflet masculin et que quand celui-ci n'assure pas le minimum conversationnel nécessaire ce soir, c'est vers Wu Fei qu'elle regarde, je pense que c'est passé plutôt inaperçu.
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Un sourire cobalt soulagé. Le prof ferme quelques instants les yeux, comme pour se reposer. Il tombe dans une forêt verte et sauvage, quand il les rouvre. Le regard de Trowa est captivant. Dans le sens qui rend captif.
Le sourire soulagé se fait contrit. Comme il l'a dit lui-même il y a quelques jours, il ne va pas récidiver avec un ancien élève de Heero. Même s'il n'avait jamais entendu parler de celui-ci jusqu'à il n'y a pas longtemps. Et même s'il a déjà récidivé et s'apprête à le faire de nouveau ce soir, avec Duo.
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- Alors ? Pourquoi une telle fatigue dans le regard et le corps ?
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Le blond lance un regard vers la paire Maxwell qui s'est lancée avec passion dans un de ses célèbres monologues à deux – rien à en tirer, quand les jumeaux sont dans une même pièce, songe Trowa. C'est vrai qu'ils ont à rattraper, ils n'étaient pas faits pour être séparés à dix-huit ans. C'est l'emménagement de Duo chez Trowa conséquent à leur situation familiale qui a obligé leur fusion à se déliter petit à petit... Alors quand ils ont la possibilité d'en retrouver des instants volés, ils en profitent. Et se rendent insupportables à la face du monde.
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- Cours difficiles. Période difficile... J'attends les vacances de Pâques avec impatience. Encore que...
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Le regard vert se veut compréhensif, dissimule la scrutation. « Encore que » quoi ? Les vacances, ça veut dire être dans le même appart' qu'un certain type pendant quinze jours même si on peut en sortir ? Qu'est-ce qu'il vaut mieux, se croiser dans des couloirs de lycée, boulot commun faisant, ou se battre froid du saut du lit à la fin de journée ?
Conjectures du roux, encore et toujours. Un Duo occupé ailleurs, un Quatre fatigué et que Trowa sent prêt à décharger son fardeau dans la première oreille amicale venue, un Quatre à disposition de la sympathie tout intéressée (dans beaucoup de sens du terme) du roux curieux et intrigué par l'histoire à venir autant que par son conteur. Autant en profiter, l'alignement des étoiles semble favorable pour poser The Question.
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- Difficile de composer avec Heero, aussi ?
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Un regard bleu vif qui semble demander « Quoi ? Je suis si transparent que ça ? »
Un rire rassurant du roux.
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- J'ai l'air d'un bourrin, surtout si t'as entendu parler de moi par ton nouveau joujou sexuel, mais en vrai je suis subtil. Et je lis les subtilités des autres, aussi. Donc, j'avais deviné juste : Heero est chiant par rapport à Duo.
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Le bleu sonde le vert. Ca va bien ensemble, comme couleurs. Le turquoise et l'émeraude, ça fait penser aux lacs paradisiaques entourés de forêt vierge.
Le regard vert plein de soutien couve le bleu cobalt.
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- Ouaip. J'ai décidé d'un peu trop assumer les conséquences de mes actes en retournant voir ton pote, j'ai agi sous la colère, et paf le chien. Heero pas content.
- Tu te doutais bien que ça se passerait comme ça, j'imagine...
- Oh que oui. Apparemment, savoir que ce qu'on va faire ressemble méchamment à une grosse connerie n'empêche pas d'y sauter à pieds joints. Même quand c'est pas la première fois.
- En même temps, dur de résister à une connerie qui s'appelle Duo Maxwell. Je ne peux que comprendre.
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Le sourire cobalt passe mutin. Complice aussi.
Tiens, on en est déjà à sous-entendre cul à propos d'une tierce personne, présente mais absorbée dans la contemplation et la discussion avec son miroir efféminé ?
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- J'avoue que si l'ex de mon coloc' avait pu être qui que ce soit d'autre, j'aurais fortement apprécié. J'aurais été en mesure de résister à la tentation et à la colère, disons.
- Que d'émotions pêcheresses.
- Ce ne sont pas les seuls péchés capitaux à mon actif.
- Mmh... J'ai cru comprendre que la gourmandise existait aussi, Duo m'a parlé d'un frigo vidé pour soutenir la luxure.
- Lalalaaaa... Tu viens de me dire que tu me comprenais. J'en déduis que tu connais bien le frigo en question et son propriétaire.
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Le sourire en coin de Trowa se fait séducteur pour ne pas dire prédateur. Rien de nouveau sous le Soleil, quoi. Malheureusement, le cobalt sait très bien mettre en place des lunettes anti-radiation virtuelles pour se protéger du rayonnement d'un étudiant en droit un peu trop entreprenant.
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- Je connais bien le propriétaire et il a suffisamment rempli mon frigo quand on vivait ensemble – sans jeu de mots lubrique, sale pervers, même si en effet vivre ensemble comportait des avantages de ce type – pour que je ne taxe pas trop quand je viens chez lui. Mais il m'a foutu hors de son lit depuis deux semaines et je suis en manque cruel de Maxwell – sachant qu'il me tuerait sans aucun scrupule si je touchais à un cheveu de sa sœur.
- Moh, j'ai presque envie de te plaindre. Mais ça paraîtrait condescendant venant du type qui a récupéré la perle.
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Le sourire aux yeux turquoises rieurs apprécie sa propre répartie. Le roux serait presque captivé par les dents blanches s'il ne s'apercevait pas que le prof d'Arabe ne fait qu'attiser des braises sans chercher à déclarer d'incendie.
Il enragerait presque de voir que le blond ne fait que jouer, tester, trop coincé dans sa situation pour se permettre moralement de taper encore une fois dans un ancien élève de son coloc', qui plus est le meilleur pote de son coup qui commence à devenir récurrent.
Mais bon, le roux a déjà la chance de pouvoir discuter avec l'ange depuis longtemps déchu et, pour le coup, il remercie la jumelle de son pote d'être elle-même et d'occuper suffisamment Duo pour que ce dernier ne montre pas les dents en voyant Trowa échanger un contact oculaire de plus de deux secondes avec le blond.
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- Et pourquoi est-ce qu'il t'a mis out si brutalement ?
- Parce que j'ai eu la mauvaise idée de lui dire que je voulais potentiellement me poser en couple.
- Et il a eu peur d'être l'heureux élu ?
- Non. 'Fin peut-être un soir où j'avais bu et où je le lui ai proposé avant de réaliser à quel point c'était une connerie. Mais en vrai, c'est surtout parce qu'il ne veut pas avoir à se sevrer de moi de manière subie. Il préfère prendre les devants et me « lâcher » avant que je ne le lâche.
- Stratégique.
- Visiblement, puisqu'il n'a pas tardé à se trouver un nouvel abonnement à durée indéterminée...
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Le rire du blond se fait cristallin.
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- J'imagine que c'est moi, l'abonnement auquel il a souscrit maintenant ?
- Qui d'autre ? Je savais que si je le laissais sans surveillance plus de dix minutes, quelqu'un lui sauterait dessus direct, le sale gosse. Encore à débaucher un prof.
- En même temps... Je ne sais pas si tu as vu, samedi soir dernier, comme il était...comment dire... Comme il respirait...
- … le sexe ? Il m'a viré de ses bras juste avant que tu le trouves. Je l'ai senti passer, j'te jure. Il est sadique. J'adore ça. Mais c'est frustrant quand même.
- Un peu maso sur les bords ?
- Pas assez pour ne pas me rendre compte que je le vois trop en ce moment, platoniquement, alors que je n'ai pas encore de remplaçant. Intéressé pour prendre la relève ?
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Quatre penche la tête sur le côté, lui offre son regard le plus provoquant, son sourire le plus taquin avant de secouer la tête dans un rire déroutant.
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- Tu cherches à me débaucher à ton tour ?
- Noooooon. Jamais de la vie. Ce n'est pas du tout ce que je me tue à sous-entendre depuis que t'es arrivé. Ni quand on s'est vu chez Jamie's. Je n'ajouterai d'ailleurs pas que j'adore les blonds alors que ce n'est pas le cas de Duo. Ni que je suis plus endurant que lui.
- Laisse tomber, Trowa. J'ai une règle : me mettre mon coloc' à dos pour un seul coup dans les chaussettes avec quelqu'un qu'il connaît à la fois. Mais je te préviens dès que je compte changer de « joujou sexuel », comme tu dis.
- Mouais. Si je suis toujours libre d'ici là.
- Je t'incite fortement à l'être.
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Trowa plisse son regard avec un sourire amusé alors qu'en vrai, à l'intérieur, il a plus envie d'ouvrir de grands yeux ronds : le blond ne se fait vraiment pas chier. Il est franchement loin de l'image première qu'il peut inspirer. Trowa aime bien découvrir des personnes qui trompent leur monde sous leur allure innocente. Ca lui plaît fichtrement. Mais... Parce qu'il y a un mais, hein, toujours...
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- Ca marcherait pas.
- Ah ?
- Je veux le all package.
- Ca peut s'arranger. Je suis le all package.
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Une négation verte toute calculatrice face au clin d'œil bien trop allumeur du blond.
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- Non, ce que je veux dire, c'est que je veux me poser. Trouver un copain, quoi. Ou une copine d'ailleurs... Mais j'ai du mal à m'imager réussir à bien m'accorder à long terme avec une nana.
- Ah. Je ne peux pas t'aider, sur ce terrain-là. C'est pas un truc que je pratique, les copains, les relations, tout ça...
- Moi non plus, normalement. J'ai envie de m'y mettre, c'est bien la première fois.
- T'es un relationship virgin ?
- Ouaip, de sérieuse qui dure plus de deux semaines, j'en ai connu aucune... Cherché aucune en fait. Sauf si tu comptes le moment où Duo habitait chez moi, mais on était pas exclusifs, il était pas censé y'avoir de sentiments... Il me virait régulièrement de son lit après le sexe parce qu'il voulait dormir tout seul et avoir tout son espace personnel. Pas amants, quoi. On peut se dévirginiser des relations amoureuses ensemble, si tu veux.
- Oulah. Descends de ton char Ben Hur. Pour commencer : non, je ne veux pas. Ensuite : j'ai déjà testé les relations, moi. Je ne tournais qu'à ça à un moment. Et je suis très bien sans ça en ce moment, les copains, c'est visiblement pas mon truc.
- T'es pas tombé sur les bons...
- Clairement pas, non. J'ai goûté plusieurs relations, à corps perdu dans toutes parce que je marche comme ça et que je n'écoute plus personne quand je fais la connerie de m'enticher de quelqu'un. J'ai avalé moult arrêtes entre-temps... J'ai arrêté les frais depuis.
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Une moue contrariée du roux qui sait bien, de toute façon, que le blond ne lui sera pas accessible. Mais il aime bien quand il lui en dit un peu plus sur lui, comme ça, en passant. C'est agréable.
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- Depuis combien de temps t'es un traumatisé des copains?
- Mmh... Attends, je réfléchis... C'était déjà le cas quand je me suis installé avec Heero... Ca devait faire quelques mois que j'avais survécu à ma toute dernière rupture. Je dirais donc que j'ai arrêté le truc de sortir avec quelqu'un et de tomber amoureux depuis... eh beh depuis déjà quatre ans, dis donc. Qu'est-ce que le temps passe...
- Et ça te manque pas ?
- Ca t'a manqué à toi qui n'en a jamais connu en... quoi... vingt-cinq ans ?
- Vingt-quatre. Ben... Depuis peu, ouais, j'ai envie de voir ce que ça fait. D'être avec quelqu'un parce que tu veux le voir en dehors de ton pieu, parce qu'il t'apporte plus que simplement du sexe... Différemment de ce que j'avais avec Duo bien sûr. Avec le petit truc en plus qui fait que tu peux passer du temps avec l'autre même si c'est en faisant deux choses différentes, et que tu prends du plaisir rien qu'à être dans la même pièce.
- T'as lu trop de bouquins et vu trop de films, toi.
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Le roux sourit. D'un vrai sourire mélancolique et non plus d'un sourire composé de prédateur. Plus non plus d'un sourire qui cherche à impressionner.
Il regarde la Chouffe qu'il a déjà descendue de moitié, regarde ses doigts jouer avec le pied du verre à bière.
Ses yeux sont toujours perdus dans une contemplation qui traverse le verre et les bulles pour se projeter dans ses pensées.
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- Non, je crois pas que ce soit de la fiction, même si c'est ce que j'ai longtemps pensé. Duo, même s'il n'en a pas vécu des masses, quand il me parle des relations qui n'ont pas trop mal fonctionné pour lui, ça ressemble à ça. Le fameux « apprécier les silences avec l'autre, quand vous n'avez plus rien à vous dire ».
- C'est adorable de voir le fauve qui rêve comme le chaton.
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Le regard vert capte le sourire ironique et un poil narquois du blond. Sourire peut-être un peu étonné aussi.
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- Tu te moques ?
- Un peu. Vous êtes attendrissants, vous les jeunes.
- On n'a pas plus de quatre ans de différence. Sérieusement, Quatre, tes ex, t'as jamais ressenti ça avec aucun ?
- Tu m'as bien écouté quand je t'ai dit que j'étais un traumatisé des relations ? Un rescapé du non-amour ? Un survivant de ma dernière rupture ?
- Mais avant ça ? Avant que ça parte en cacahuète, je veux dire... Pour que tu te jettes corps et âme, que tu les aimes au point de ne plus écouter les autres qui voient avant toi quand ça commence à devenir mauvais, tes amis, ta famille...
- Ma famille ? T'es sérieux, là ? J'ai eu de toute façon peu de soutien de mes parents dans toutes mes relations, à commencer parce qu'elles étaient avec des mecs. Ils étaient bien heureux à chaque fois que je cassais avec un, quel qu'il soit, quoi qui se soit passé. Que j'en sois détruit ou pas.
- Au moins, ils s'intéressaient encore un peu à ta vie et ils pouvaient encore être contents de tes ruptures. T'as pas les parents de Duo non plus.
- … Quoi, les parents de Duo ?
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Le regard vert sonde le bleu, observe que le sujet de conversation initial a été quelque peu détourné. Le sourire de Quatre n'est plus là, laisse place à l'expression naturelle, fatiguée ce soir, intéressée par le début d'information que Trowa a commencé à lâcher. Les sourcils sont un peu froncés aussi, assombrissent les yeux dans l'appréhension de ce qui peut venir à être dit.
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- Ah, il t'en a pas parlé.
- On n'a pas parlé de sa famille non... Pas eu trop le temps, en fait, on ne se connaît pas depuis longtemps. Et Heero ne m'a rien dit de particulier à ce propos.
- Heero n'en a aucune idée. Ca allait bien pour Duo avec sa famille quand il était encore au lycée. Mais c'est pas à moi de te parler de tout ça. C'est pas très agréable comme histoire, c'est à lui de décider s'il veut le raconter.
- C'est parce qu'il est gay ?
- Je le laisse t'en parler, Quatre. Me force pas la main. C'est pas un sujet tabou non plus, mais c'est pas à moi de te raconter tout ça.
- Tu peux bien répondre à cette question quand même.
- … Oui. C'est par rapport à ça.
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Quatre laisse son regard cobalt glisser vers le natté, sonder son regard absorbé par sa jumelle, son grand sourire, ses fossettes, son air décontracté et apparemment sans souci.
Les yeux améthystes du châtain croisent brièvement ceux du prof d'Arabe, se ferment quand il lui adresse un grand sourire amical et décontracté avant de reprendre sa conversation avec Louise.
Le blond se dit qu'il n'aurait jamais pu se douter que Duo traversait ce qui semblait être une période difficile avec ses parents. Très difficile, de ce que sous-entendait Trowa.
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- Mais ne le plains pas trop, hein. Il va bien.
- Mouais. Je sais pas. Même si je ne le montrais pas, même si je saurais finir par composer avec, je pense que ça serait vraiment difficile pour moi de devoir supporter des parents complètement homophobes. Pourtant je ne suis pas spécialement proche de mon père, même si j'ai de meilleurs rapports avec ma mère.
- On a tous nos petits secrets qu'on cache sous une bonne dose de sourires et de joie, qu'on finit par oublier nous-mêmes jusqu'à ce qu'on soit seul et inactif, qu'on ne puisse pas ne pas y penser. Si Duo montrait à quel point ça le touche alors que, justement, c'est quand il est avec des gens pour le voir qu'il réussit à mettre tout ça de côté et ne plus y penser pendant quelques heures, ça ne servirait à rien.
- … De la philosophie/psychologie de comptoir, Trowa ?
- Dis-moi que ce que je viens de dire est faux.
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Le regard bleu cobalt est doux. La chasse, le jeu, la proie et le prédateur ont disparu. Il n'y a plus que deux types qui se rapprochent en parlant d'une connaissance commune. Qui sont renvoyés à leurs propres passifs et ce qu'eux-mêmes se dissimulent et dissimulent aux autres en évoquant les démons d'une tierce personne.
Le regard bleu, perdu quelques instants dans l'observation de ses pensées, fait de nouveau le point sur le vert qui revient lui aussi de loin dans sa propre tête.
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- Et toi, Trowa ? Quand tu penses à la famille de Duo, ça te renvoie à quoi qui te travaille dans ta vie, ton passé, tes problèmes cachés ?
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Le sourire de Trowa s'étire d'un côté, ses yeux sont mystérieux.
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- C'est pas le genre de choses que j'évoque comme ça, avec un presque inconnu, qu'est-ce que tu crois ? Bien tenté blondinet, mais ça marche pas comme ça. Et toi ?
- Quoi, moi ?
- Beh je te retourne la question : ça te renvoie à quoi ?
- Non mais tu l'as rêvée celle-là ? Echange d'info en règle, coco. Tu me dis rien, crois surtout pas que je te le dise.
- T'inquiète, je sais déjà.
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Quatre affiche un air intéressé, sceptique aussi... Et un peu sur la défensive. On n'évente pas un tabou facilement sans risquer de faire du mal, on n'évoque pas quelque chose qu'on voudrait cacher autant à soi-même qu'aux autres sans risquer de toucher un point sensible.
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- Ah ? Monsieur le bourrin plein de subtilités pense m'avoir cerné en si peu de temps ?
- Cerné ? Non. Depuis qu'on a commencé cette discussion, tu n'as pas cessé de me surprendre. Mais tu parles plus que ce que tu te rends compte, quand tu ne sais pas que la personne en face sait écouter.
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Le blond rit. Il se compose de nouveau son air joueur, dissimule de nouveau sa fatigue et sa lassitude, sa douceur mélancolique aussi, sous une chape d'assurance et de provocation, le menton qui avance de quelques centimètres, posé dans la main, le coude sur la table.
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- Alors, rouquin, c'est quoi mon petit secret ?
- Tu ne veux pas que je te le dise. Tu ne l'admets pas toi-même.
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Quatre plisse des yeux un instant.
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- Je sais très bien ce qui peut me travailler et m'empêcher de dormir tard la nuit, merci pour moi. N'essaie pas de m'épargner.
- Ca concerne ta résolution de ne plus pratiquer les copains.
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Trowa serait certain d'avoir vu tressaillir le blond, même s'il s'est vite repris et que la distance joueuse est toujours là.
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- Tiens donc.
- Oui. Des questions existentielles sur tes relations passées. Ce qui a fait qu'elles ont merdé. Merdé à ce point, surtout. Au point où il y a un point de non retour dans la décision de se laisser tomber de nouveau amoureux ou pas. Des questions existentielles sur tes relations futures. Est-ce que tu leur permettras d'exister, déjà. Est-ce que tu es prêt à risquer de revivre les violences psychologiques – physiques ? – que tu as eu à essuyer plus tôt. Est-ce que...
- C'est bon, j'ai compris. Ta gueule maintenant.
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Le blond qui se renferme comme une huître. Le blond qui croise les bras sur sa poitrine. Ses yeux plissés, cobalt qui foncent et se grisent tout à la fois. Son expression qui se fait dure.
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- T'es peut-être suffisamment subtil pour deviner beaucoup de choses sous tes airs de bourrin, Trowa. Mais tu ne l'es pas assez pour savoir ce qu'il faut dire ou non. Le moment où il faut s'arrêter, à partir d'où on s'est fait comprendre et où continuer ne sert qu'à enfoncer le clou, retourner le couteau dans la plaie.
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Trowa ne répond pas. Peut-être qu'il a en effet manqué de délicatesse. Peut-être qu'il aurait pu rester plus évasif. Ou alors garder ses impressions pour lui.
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- Désolé.
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Le blond ferme les yeux quelques secondes, la mâchoire un peu crispée. Puis son visage se relâche, son regard percute de nouveau le vert. Trowa voit toute la dureté et l'amertume de l'expression naturelle, à cet instant précis, de souvenirs désagréables et de doutes jamais confiés. De conflits qui, s'ils ont été réglés avec les personnes concernées, n'en sont pas moins toujours présents dans l'esprit. Il a l'impression de voir le blond pour la première fois, de voir son vrai visage. Il arrive à lui donner véritablement son âge, cette fois-ci : il ne lui paraît pas plus jeune que lui-même, contrairement à l'impression que le prof lui donnait, il a encore quelques minutes.
Trowa se sent bousculé par cette facette de Quatre qui n'a rien de l'innocence blonde qui le caractérisait jusque là (du moins physiquement, puisqu'en creusant un peu, c'était déjà quelqu'un de tout à fait différent qui apparaissait). Qui ne ressemble pas non plus au Quatre joueur et séducteur.
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- Ne t'en fais pas pour moi. Je suis un grand garçon. Un pseudo-ange qui cache bien son jeu, et ça ne plaît pas à tout le monde. Ca n'a pas plu aux types successifs qui m'ont méchamment attirés à une époque. Ils pensaient tomber sur quelqu'un de malléable, ils se sont cassé les dents. On s'est usés jusqu'à la corde.
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Trowa use des trésors de précaution pour formuler ses phrases. Le prof d'Arabe lui semble à la fois bien plus fort que ce qu'il lui était apparu jusque là, tout en étant entraîné sur un terrain glissant qui lui donne une fragilité dans le regard.
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- Et... comment, en vous rendant compte des différences de ce que vous recherchiez et de ce que vous aviez cru percevoir chez l'autre, à tort, tu as continué dans ces relations jusqu'à ce qu'à ce qu'elles aillent trop loin dans l'insupportable pour mettre un terme à... tout le jeu de la recherche de l'être aimé ?
- Ah, la recherche de l'être aimé... Tout à l'heure tu parlais d'amour, d'être avec quelqu'un autant pour vos silences que vos discussions, pour une autre chose, pour une passion qui dépasse le corps et qui touche à une autre dimension... Le fameux « truc en plus »...
- Je n'ai pas été jusqu'à parler de tout ça, en tant que spectateur du phénomène jusqu'à maintenant mais...
- Moi, je peux t'en parler. Je les ai ressenties, toutes ces choses, tous ces trucs qui te font penser que ça serait cool une relation, quand même. J'excelle dans la connerie de tomber amoureux tout de suite, et d'investir toute ma vie à ça. J'excelle pour voir tous les aspects positifs dès le début, occulter les négatifs même quand ils sont inratables... Le problème c'est que j'ai aussi le chic pour choisir des types qui se révèlent être des murs dans lesquels foncer. Et pour y aller avec panache et entrain, même si je vois bien que la rupture va être inéluctable, brutale et précédée d'épisodes pas glop. Je m'accrochais trop vite pour ne plus vouloir aller jusqu'au bout par la suite. Je ne voulais pas voir, aussi. L'amour rend aveugle... Perso, ça me coupe de tous les sens... du sens commun, en fait. Quand je vois que je vais droit dans le mur, j'accélère. Je suis un peu extrémiste, j'imagine. Autodestructeur, sûrement. Du coup, maintenant, c'est niet pour les relations. Y'a un moment où il faut savoir prendre le problème à la source plutôt qu'essayer de mettre des pansements ridicules sur les fêlures du terrain de base sur lequel est bâti tout le reste. Ca marche pas comme ça.
- ...
- Alors, Monsieur Je-te-cerne-quand-tu-parles, tu l'avais pas vu, tout ça, hein ? Ca va, je te fais pas trop peur ?
- Si. Carrément. Je ne veux plus me trouver un copain, c'est clair.
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Le blond secoue la tête, dans un sourire qui illumine de nouveau toute sa face. Son visage a perdu de son amertume. L'ange-qui-cache-son-jeu est de retour, sans composition, cependant. Un peu comme si Trowa réussissait à voir le type plus profond en même temps que celui qui est décontracté, pas superficiel mais presque. Un peu comme quand il regarde Duo, le voit de très bonne humeur, complètement à sa joie du moment, tout en étant capable d'apercevoir la petite ombre de ses parents qui plane dans la profondeur de ses yeux, pas présente à son esprit sur le coup mais pas totalement absente non plus.
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- C'est con de t'arrêter sur ce que je viens de te déballer. Tu parles avec un type amer et désillusionné. Faut pas que tu m'écoutes. Je refuse l'aide de quiconque, je refuse qu'on entre dans ma vie privée, je refuse qu'on me fasse faire quelque chose même si je sais que ce n'est pas une connerie – ou que ça m'éviterait de faire une connerie. Surtout quand on ne me dit pas clairement ce qu'on veut et que je suis censé comprendre des choses trop subtiles pour moi... Je dis beaucoup de conneries en vrai.
- Euh... Non, ça a l'air sensé de ne pas donner à quelqu'un toute sa confiance pour ne pas risquer d'être démoli derrière. Ca me parle en tout cas. Ne pas indiquer tes faiblesses à la personne la mieux placée pour les utiliser contre toi et te foutre à terre, tout ça...
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Le rire tout en souffle est de retour.
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- Finalement t'es rafraîchissant comme type.
- Euh... Ah ? Tu changes vite d'avis, toi.
- Les quelques personnes à qui j'ai eu l'occasion de parler de ça, ça les a transformées en bisounours qui étaient trop serviables, trop prévenants... Des mecs que je prenais pour des bons potes réglos et qui se transformaient en courtisans qui voulaient absolument que je sorte avec eux pour me montrer à quel point, eux, ils étaient bien.
- Et... Eux aussi tu les as changés en sales cons violents et manipulateurs ?
- Non, je t'ai dit. Couper le mal à la racine. Plus de relation. Mais merci de sous-entendre que les précédentes qui se sont mal passées ont ma personnalité pour seules cause et origine.
- Ouais, nan, c'est pas tout à fait ce que je voulais dire.
- Bref. T'es rafraîchissant de ne pas vouloir me montrer à quel point tu pourrais me faire aimer être de nouveau dans une relation de couple.
- Ne m'approche pas, Quatre Winner. Tu me fais peur, je ne veux pas sortir avec toi, finalement.
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Le sourire en coin du blond réapparaît, s'étire. Le regard cobalt serait presque... reconnaissant ? Ah, mais si le blond avait peur que son petit laïus puisse pousser Trowa dans ses bras, il peut être rassuré, clairement. Le roux n'est pas suicidaire, en vrai. Jouer avec le feu, pourquoi pas, mais parler sérieusement de se maquer avec une bombe à retardement, très peu pour lui – et ce prof d'Arabe a tout du bel incendie en devenir, du mégot de cigarette très exactement, celui qui paraît inoffensif mais qui te réduit des hectares de forêt en cendres si tu le jettes n'importe où, jusqu'à se priver de combustible et s'étouffer lui-même.
La bombe s'étire sur sa chaise.
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- Parfait. Ou pas. C'est peut-être dommage, finalement. T'es p't-être un peu différent des autres types que j'ai connus.
- Des connards avec qui t'es sorti ? Euh, ouais, carrément. De ceux que t'as rencontrés par la suite et qui ont voulu, en connaissance de cause, te rendre la foi en l'espèce masculine en sortant avec toi ? Beh... je suis normal, quoi. Quand y'a un panneau « alerte », je fuis. C'est un peu la même ineptie que la nenette qui pense être celle qui pourra faire revenir le bel homo dans le droit chemin des hétéros. Ca marche pas tout à fait comme ça.
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Quatre acquiesce. Observe. Trowa a l'impression que si les yeux appréciateurs du blond balayaient sa stature, son visage, ses biceps jusqu'à maintenant, c'est sur son regard vert qu'ils s'attardent maintenant. Le miroir de l'âme, il paraît.
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- C'est injuste, Trowa.
- Quoi exactement ? Que je ne veuille plus de toi comme CDI ? Fallait réfléchir avant de me raconter tout ça, profiter de mon intérêt initial et me mentir – encore que c'est pas une très bonne base de début quand même.
- Non, ce qui est injuste c'est que j'ai tout déballé pendant dix minutes, et qu'au final je me rends compte que soit ton écoute aiguisée t'as rendu attentif à la moindre parole que tu prononces, soit mon attention et ma propre subtilité sont défaillantes.
- C'est-à-dire ?
- Que j'ai beau repasser notre conversation en boucle depuis le début dans ma tête, et je ne crois pas que tu m'aies donné un seul indice sur les doutes et les questionnements qui te pourrissent la vie, quand tu n'as rien à faire d'autre que d'y penser.
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L'émeraude se teinte d'une lueur amusée. Pensive.
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- J'imagine que ce serait plus juste que je te le dise.
- Moui.
- Et pourtant... On verra plus tard. Comme ça, si tu veux vraiment savoir, si tu veux que je te rende la monnaie de ta pièce, tu seras obligé de chercher à me revoir.
- Je peux vivre sans savoir.
- Je peux vivre sans t'en parler. A toi de voir.
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Le visage du blond s'enlumine de son sourire joliment calculateur. Analyse la situation.
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- Je me trompe ou, malgré la trouille que je viens de te fiche, tu veux qu'on se revoie ?
- Eh, je suis pas cruel. C'est pas parce que tu es sorti de la liste de mes potentiels « futurs » que je coupe tous les ponts. Tu viens de me confier des trucs de ouf, mine de rien, à demi-mots. J'en suis conscient. Je sais pas si ça t'a fait du bien ou si tu parles de ça avec n'importe quel péquenot que tu rencontres, mais si tu veux en discuter encore, j'y suis ouvert.
- … Mmh. Et bien on se reverra, alors, Trowa. Compte sur moi.
- Parfait. Je vais me rentrer, moi. L'Happy Hour est fini et je reste un pauvre petit étudiant, faut pas que j'abuse. Puis j'imagine que tu vas bientôt emmener Duo chez toi ou chez lui...
- Moui. Je ne devrais peut-être pas, vu la situation avec Heero...
- Tu vas dans le mur, Quatre, avec Duo. Tu le sais, et c'est pour ça que tu continues. Que tu accélères. Tu me l'as dit toi-même.
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La tête penchée sur la gauche, interrogative. Les yeux plissés, qui semblent tester quand la question suivante est posée.
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- Tu me conseilles de ne pas le faire ?
- T'es un grand garçon, ça aussi tu me l'as dit. Tu gères. Tu as tes raisons d'agir comme tu le fais. A ta place je ne le ferais carrément pas. Mais moi, mes vieux démons, c'est ailleurs qu'ils se situent.
- Tu me nargues en en reparlant sans vouloir m'en dire plus.
- Un peu.
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Clin d'œil du roux qui se lève et commence à s'habiller.
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Le natté, à côté, se réveille d'une longue, looooongue conversation avec Louise. Il n'a absolument rien capté de ce qui s'est dit, de ce qui s'est échangé. Il n'a même pas conscience d'être là depuis une heure.
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- Bah Trowa, tu pars déjà ?
- Et ouais gamin. Ma M2 ne s'obtiendra pas toute seule et je suis pas le seul à être sur le coup, alors faut que je bosse. Puis je te laisse avec ton quatre-heure... ton dîner, plutôt, vu l'heure. Salut Louise, contente de t'avoir croisée ! Wu Fei, j'arrive dans une minute, tu m'encaisseras ? Bon, je me grouille, j'ai un bus dans trois minutes, ça serait con de le rater.
- Bon, bah à plus tard alors. T'es libre ce week-end ?
- Si tu ne privilégie pas le sexe avec Blondie plutôt que me voir au final, pas de souci.
- Trowa, s'il te plaît, je suis proche de mon jumeau mais je ne veux pas spécialement entendre parler de sa vie sexuelle en long, en large...
- Hé, hé.
- … ET en travers, sale pervers.
- Désolée Puce. Mais la bave du crapaud a déjà atteint la blanche colombe que ton frère n'est plus depuis bien longtemps, tu le sais ça. Rah, j'ai pas le temps de parler de conneries ! Faut que je me barre. Juste... Eh Quatre !
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Le blond qui interroge du regard doux que Trowa a découvert aujourd'hui, en penchant légèrement la tête.
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- Tombe pas amoureux de moi, s'teu plaît. Ca risquerait de compliquer les choses.
- … P'tit con.
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Le prof d'Arabe ne peut s'empêcher de sourire en coin avec un regard mi-consterné mi-amusé, une moue qui lui vaut un clin d'œil et une bouche souriante pleine de dents, de la part de Trowa qui file payer sa Chouffe avant que son bus ne s'en aille sans lui.
Quand Quatre quitte du regard la porte par laquelle le roux vient de disparaître, il voit les yeux de Duo le scruter avec suspicion.
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- Vous avez parlé de quoi exactement, en profitant de mon inattention momentanée ?
- Rien d'important, Duo. Par contre je me rentrerais bien, moi.
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Le natté lui adresse un regard attristé et offusqué.
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- Quoi ? Tu veux déjà partir ? Et puis... sans moi ?
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Quatre se laisse une seconde de réflexion. Il repense rapidement à sa conversation avec Trowa. Au mur. A l'accélération. A Heero, là-bas, qui lui en veut. A Duo qui peut comprendre tout ça, bien sûr, il n'est pas con.
Il croise le regard améthyste, puis répond.
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- Non mais tu rigoles ou quoi ? Je t'embarque, moi. Et on se rentre chez toi, par contre. A la coloc' ça va pas le faire.
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Même quand on sait qu'on fait une connerie, des fois, on n'arrive pas à se retenir. Même si on sait qu'on fait du mal à d'autre, qu'on va peut-être finir par se faire mal à soi... des fois c'est juste trop dur d'être rationnel. De réussir à gérer le relationnel.
Quatre décide qu'il peut bien poursuivre sa connerie sur sa lancée. Après tout, il a déjà pris une bonne vitesse pour s'enfoncer dans un mur nommé Heero, en embarquant Duo dans le choc avec lui. Peu importe, en vérité.
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To be continued !
(en nuancé rouge et jaune cerclé de bleu, façon Retour vers le futur entre le 1 et le 2 et entre le 2 et le 3 ;D )
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Wala !
J'espère que ça vous intéresse toujours parce que la suite est en cours...
Malheureusement, je me rapproche pour de vrai de l'échéance du "je n'ai vraiment plus le temps d'écrire"...
En vrai, je l'ai déjà dépassée cette échéance. M'enfin !
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Bises à tous, et à bientôt (je ne sais pas quand ^^ )
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NausS
