Chapitre 1 :

« Serpentard ! C'est pas vrai... » Geignait Harry en maudissant le choixpeau.

« C'est génial, maintenant tu as une petite bonne raison de ne plus critiquer cette bande de serpents ! » Plaisantait son ami Ron qui, assit à ses côtés, se goinfrait de cuisses de poulet.

« Comme si ça me faisait plaisir ! » continua-t'il à grogner.

« Eh c'était ironique, hein ! Je n'ai pas l'intention de cesser de les traiter d'imbéciles ! Et tant pis pour ta sœur... J'ai toujours dit qu'elle avait un profil assez machiavélique... Maintenant tout s'explique... » Continua-t'il, songeur.

« Mouai, pas faux. Je me demande comment Malfoy va réagir... »

« Hum soit il sera fou de rage à l'idée qu'une Potter pénètre dans ses rangs et il va la persécuter, commença Ron avec un sourire illuminant son visage. Soit il va en profiter pour obtenir des informations sur toi et il va la transformer en fouine-girl ! »

Là, Ron sentit un violent coup s'abattre sur sa tête. Il n'avait même pas vu Harry esquisser de mouvement, par contre il avait bien sentie sa main.

« Comment tu l'as appelé ? Fouine-girl ? Alors ça, c'est HORS-DE-QUESTION ! Dit Harry, en articulant bien chaque syllabe. »

« En plus, ta sœur est assez mignonne, imagine qu'il la drague ? » Ricana Ron, tout en se massant la tête de mécontentement.

« Non mais ça va ? Tu as finit ou je vais encore entendre tes bêtises ? »

« Alors, comme ça elle est assez mignonne ? » Susurra une voix sur sa droite.

Ron se retourna et prit doucement une teinte rouge écarlate en voyant que c'était Hermione qui s'était exprimée. Elle avait enfin daigné relever la tête de son passionnant bouquin.

« Je croyais que tu la trouvais assez perfide depuis le dernier mauvais coup qu'elle t'a fait ! Attend c'était quoi déjà.. Ah oui ! Quand tu étais chez eux et qu'elle avait mis des yeux de poissons dans ta soupe... » Nasillait Hermione.

« Mais... Mais, bien sur que c'est une fourbe, désolée Harry, mais c'est vrai, ajouta-t'il devant son regard sourcilleux, mais je disais simplement qu'elle pourrait bien être le genre à Malfoy... » Se justifia-t'il.

Harry jeta à nouveau un coup d'oeil vers la table des Serpentards. Il fut surpris de croiser les yeux gris et froids de Malfoy qui le fixaient d'un regard mauvais. Il vit alors le blond tourner légèrement la tête en direction de sa sœur puis le regarder à nouveau. Une expression victorieuse se dessinait doucement sur son visage. C'était pas bon. Mais alors pas bon du tout. Qu'est-ce que le blond allait encore mijoter pour l'atteindre.

Après le tournoi des trois sorciers qui avaient eu lieu l'année dernière, la fouine n'avait eu de cesse de se moquer ouvertement de lui. À son grand malheur, Harry avait survécu à la résurrection de Voldemort et c'était l'enterrement de Cédric qui avait été commémoré. Harry avait été suffisamment blâmé depuis. Accusé de menteur par la plupart des journaux et par le ministère de la magie en personne, il se sentait des plus seuls. Heureusement qu'il avait passé un assez bon été entouré de personnes qui le soutenaient. Bien que les allez-retours entre le nouveau quartier de l'ordre du phénix et la maison aient été si fréquents qu'il avait fini par ne plus défaire sa valise du tout, il avait trouvé super enthousiasmant toutes ces réunions ayant pour projet la destruction du coté obscure de la force.

Lorsque le diner prit fin, Hermione tira de force Ron, qui tentait en vain de manger les dernières profiteroles du plat, pour lui rappeler son rôle tout frais de préfet.

« Nous sommes préfets, on doit amener les premiers années jusqu'à la salle commune je te rappelle ! » S'énerva-t'elle.

« Mais il ne sont pas bêtes, non ? Il leur suffit de suivre les autres ! » dit-il en faisant son malin.

« Ronald Weasley ! » Aboya Hermione en haussant le ton.

Ron se releva précipitamment, sous la menace des foudres d'Hermione.

« Bon les demi-portions là, suivez tous Hermione ! Et dépêchez-vous ! »

La préfète leva les yeux au ciel, mais un sourire naissait tranquillement sur ses lèvres sans qu'elle ne puisse le retenir, tandis qu'elle se dirigeait vers l'entrée de la grande salle.

Harry les suivit, Neville sur ses talons.

« Alors tes vacances Harry ? »

« Ça allait, plutôt mouvementées, mais j'ai pris du bon temps ! Et toi ? »

Neville ouvrit la bouche pour répondre mais il fut interrompu par la voix acerbe d'un serpentard en manque qui passait justement à ses côtés.

« Et sur votre droite, voici le célèbre sorcier dont Vous-savez-qui à voulu se débarrasser alors qu'il n'avait qu'un an à peine. Vous comprenez maintenant pourquoi il a malheureusement disparu, après avoir vu sa tête, il est tout simplement mort de peur. Mais n'ayez crainte, Potter est une espèce en voie de disparition, en raison de sa totale imbécillité. Vous ne risquez donc rien ! »

« Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? » Grinça Neville.

« Oh ! Et j'avais oublié de vous présenter son fidèle chien-chien, sans lequel notre héro légendaire ne peut se défendre. »

Neville devint plus rouge qu'un rapeltout en fonction. Et je sentis la température de son visage augmenter à distance.

« Ne fais pas attention à lui Neville, cette fouine n'en vaut pas le coup, elle a besoin des autres pour se rendre intéressante ! » Ripostait Harry.

« Hum, je n'ai nul besoin d'agir ainsi, réfuta Malfoy en prenant un air outré. Je prend simplement mon rôle de préfet très au sérieux, il est de mon devoir de les mettre en garde vis-à-vis de la racaille de ton genre. Ajouta-t'il suspicieux. D'ailleurs, je te conseille de faire attention Potter, je t'aurais à l'oeil. »

Harry haussa les sourcils avec méfiance tandis que le blond le défiait du regard avec provocation. Puis il attrapa son ami gryffondor par la manche et le tira à sa suite. Ils se hâtèrent de rejoindre leur salle commune tout en fulminant contre le serpentard qui l'avait encore une fois ridiculisé. Mais il avait tenu bon cette fois. Il n'avait pas répliqué. En même temps il savait que s'il disait encore quelque chose, ça dégénèrerait. Et sa mère ne supporterait pas de recevoir un hibou dès le premier jour, il prendrait trop cher.


« Draco, susurra une voix à son oreille. »

Il se retourna surpris. Ce n'était que Pansy Parkinson sui lui faisait face avec son air hautain et mielleux à la fois. Il replongea sa tête dans son livre. Cela faisait cinq minutes qu'il avait l'impression de relire les mêmes phrases sans en comprendre le sens.

« Tu ne trouves pas ça génial qu'on soit préfets tous les deux ? On pourra passer plus de temps ensembles ! » Disait-elle avec une expression rêveuse.

Mais pourquoi se fichu Potter ne lui avait-il rien répliquer ! On lui a ramollit le cerveau pendant les vacances ou quoi ?

« Draco ? Tu m'écoutes ou pas ? »

Pfff ce devait encore être ce Weasmoche. Ses fréquentations finiront par le perdre définitivement. Sa répartie était peut-être sa seule aptitude notable.

Il vit alors une main claquer des doigts devant ses yeux et releva alors la tête vers ce visage obstiné qui le fixait avec intérêt.

« Ton livre est si bien que ça ? » Se moquait-elle.

« Non, il ne l'est pas. » Fit-il, d'une voix froide.

Elle sembla perdre un peu de son assurance suite au ton qu'il avait employé, puisque c'est avec hésitation qu'elle ajouta :

« Ah... Tu... Tu semblais assez absorbé. »

« Que voulais-tu ? »

« Rien. Je me disais juste que c'était vraiment incroyable qu'on soit tous les deux préfets ! On... On pourra passer plus de temps ensemble ! Dit-elle, en le jaugeant du coin de l'oeil.

« Oui, c'est vrai. C'est une bonne chose. »

Elle rencontra ses yeux gris d'acier et sourit d'allégresse en réalisant ce qu'il venait de dire. Elle s'apprêtait à lui raconter quelques ragots sur Millicent lorsqu'elle constata que le blond avait déjà replongé ses yeux dans son livre. Déçue, elle regarda autour d'elle à la recherche d'une victime. Zabini Blaise était assis près de la fenêtre, observant le parc de Poudlard, elle n'hésita pas une seconde et se jeta sur lui pour commérer un peu.


Lucy s'était attendu à ce que cette maison soit synonyme d'égoïsme et d'austérité, mais elle espérait quand même un meilleur accueil des anciens. Elle était fière d'avoir été envoyée ici par le choixpeau. Pour elle les Poufsouffles étaient des simplets, les Serdaigles trop érudits et les amis de son frères trop écervelés ou alors trop Je-me-prend-pour-la-meilleure-parce-que-je-sais-to ut. Bref, mon frère est cool mais si je pouvais éviter de l'avoir près de moi pour qu'il me surveille, je m'en porterai d'autant mieux.

Le couvre-feu serait pour dans quelques minutes et pourtant la salle commune était encore bondée. La plupart des premières années s'étaient déjà réfugiées dans les dortoirs, trop intimidées par les plus vieux. Mais j'avais bien envie de voir de plus près ceux qui jusqu'à présent étaient source des malheurs de mon frangin.

Je reconnue de suite le fils Malfoy et l'observa de loin. Il était assis sur l'un des sofas en cuir qui trainaient au milieux de la pièce. Étrangement, tous les autres divans étaient pleins et certains devaient s'y serrer. En revanche, il avait le privilège de profiter du sien en solitaire, personne n'avait osé le déranger. Un groupe de filles non loin avait leurs yeux rivés sur lui et gloussaient toutes les deux minutes, s'en était terriblement agaçant. Mais il paraissait totalement hermétique à ce qui l'entourait. Une fille au teint pâle et aux cheveux coupés en un carré droit lui tournait autour tout en minaudant des paroles dont le blond semblait en avoir apparemment strictement rien à faire. Au bout de quelques minutes, il finit tout de même par lever la tête et je pu enfin voir son visage avec précision. Il avait un visage dur et inexpressif comme si rien ne pouvait jamais l'atteindre. Il marmonna quelques mots à cette fille puis elle finit par partir, et avec une contenance toujours aussi frigide, il se laissa absorber à nouveau par son volume.

Je pris mon courage à deux mains et m'avança vers lui d'un pas décidé. Après tout, n'est pas Potter qui veut ! Je posais ma main sur son bras et il redressa brusquement la tête.

« Qu'est-ce que tu veux encore Pansy ? »

Alors comme ça c'était elle Pansy. J'en avais aussi déjà entendu mainte fois parler. Pour une fois je pensais m'accorder avec ce que Harry disait, elle avait vraiment l'air d'une sacrée pimbêche !

« En fait, moi c'est Lucy, et pas Pansy-chose-je-ne-sais-pas-quoi. Et j'aimerai juste m'asseoir, donc si tu pouvais te décaler, ce serait sympa. »

Il perdu de sa superbe durant quelques secondes et affichait un air des plus surpris. Mais il reprit très vite un faciès stoïque et dit :

« Ah ! Potter c'est ça ? » Demanda-t'il avec un petit sourire cynique, tout en se décalant lentement vers la droite.

Je tachais de garder une posture confiante bien que son air me déstabilisait.

« Tu sembles déjà être bien au courant, inutile alors de poser des questions inutiles. Et puis moi c'est Rogue, pas Potter. » fis-je sournoisement.

« Tu as dit deux fois inutile » Dit-il avec malice.

Je me mis à balbutier, ne sachant que trop quoi répondre à ses piques.

« Si c'est pour baver ou parler un langage que je qualifierais d'extraterrestre, je te prierai de t'éloigner de moi la naine. »

Je me sentis virer au cramoisi. Quelle arrogance !

« En fait je... »

« Tu ? »

« Je voulais te dire que ce n'étais pas la peine de me prendre pour ton souffre-douleur et que Harry c'est Harry et moi c'est moi ! » Débitais-je, rapidement.

« Mince... »

Je le regardais, étonnée.

« Quoi ? »

« Je ne pensais pas que... Que toi, c'était toi ! Vraiment, je pensais que tu étais Harry ! Se moqua-t'il. Allez ne rougit pas davantage ! Tu vas finir par prendre feu ! Je te charriais. Tu as du culot d'être venu me voir comme ça aussi facilement. Une vraie Serpentard si tu veux mon avis. Et je n'ai pas pour habitude de persécuter les élèves de ma maison... À moins qu'il ne me manque de respect. »

Une expression sombre naissait sur son visage. Ce qu'il avait dit avait beau regorger de gentillesse pour quelqu'un comme lui, son visage n'avait fait que gagner en flegme antipathique au fur et à mesure qu'il avait conversé. De toute évidence, il n'avait pas l'intention de m'apprécier, en dépit de mon audace.


Abasourdi, voilà comment elle avait rendu le ténébreux Draco Malfoy. Le fait qu'elle soit venu me parler aussi naturellement que ça m'avait tant déconcerté que j'étais assez rapidement allé me réfugier dans mon dortoir, pour réfléchir. L'aplomb de Potter, ça elle l'avait, en dose plus élevée même je dirai. Bien qu'elle ne lui ressemble en aucun cas, j'avais toute fois retrouvé cette pareille manière d'hausser les sourcils que son maudit frère lorsqu'il est contrarié. Comment allais-je la supporter ? Par chance, elle n'avait pas les semblables yeux déroutants du Potter. Sinon je ne pourrais sans doute pas la regarder sans l'invectiver. Oh et puis, tant pis si je la contrarie un peu ! Je ne vais tout de même pas lui obéir à celle là ! Pour qui se prend-t'elle ? En plus, je suis persuadé que ça emmerderait énormément Potter que j'enquiquine sa sœur... Je vais bien m'amuser !


À suivre...