Bonjour,

Comme je le disais, je suis très productive en ce moment. Cela ne va sans doute pas duré. Mais bon, j'adore ce recueil, j'adore écrire, j'adore venir partager mes petits textes ici, donc je ne boude pas mon plaisir.

Donc. Ginny. Écrite en quelques heures, très rapidement.


Comme d'habitude, un grand merci à vous : Lula's Lullaby, Capucine Maina, Anadyomède, Fractals, SphAlic et Nikita Lann

Un merci tout particulier à Ana qui m'a aidé - encore - à trouver le poème de cet OS.

Disclaimer : Tout est à JKR. Et aux Surréalistes. Le reste n'est que misère.

Titre: Cadavre Exquis.

Chapitre: Déjeuner du matin

Résumé : Dix OS. Dix tranches de vies. Parce que la guerre laisse des traces...Des failles.

Playlist: Nous dormirons ensemble, d'Aragon, chanté par Zizi Jeanmair et l'Adagio de la Symphonie Numéro 8 d'Anton Bruckner


Déjeuner du matin

OoO

Ginny Weasley


Elle avait attrapé des cernes. Elle se souvenait de sa mère qui venait la border dans le lit, quand elle avait cinq ans, qui se penchait sur elle et lui embrassait le front. « Dors, petite Ginny, ferme tes yeux tout rond. Tu serais fatiguée demain, sinon… », Elle lui avait répondu, qu'elle aussi, elle devrait aller se coucher, parce qu'elle avait des cernes sous les yeux, et que même si elle trouvait cela jolie, elle devrait se reposer. Molly avait souri tendrement. « Les cernes, ma chérie, ce sont aussi les soucis. Mais tu es trop jeune pour ces choses là... »

Alors, il fallait croire qu'elle avait vieilli.

Elle avait couché James et Albus une heure plus tôt, et Ginny scrutait son visage dans la glace de la chambre de Lily. La petite venait tout juste de s'endormir. C'était un bébé pénible, contrairement à ses deux frères. Elle refusait de dormir, faisait des caprices, hurlait tard le soir et dans la nuit. « Elle a le caractère de ses grands mère et de sa mère » répétait-elle à toute la famille, comme pour se rassurer. Mais elle n'était pas bien sur que ce soit cela.

Elle était si fatiguée, parfois. Elle s'approcha du berceau, remonta la couverture et ferma le couvercle de la potion de sommeil.

« Est-ce que ça fait de moi une mauvaise mère ? ». Elle avait longtemps serré les lèvres, entouré les bras autour du petit corps frêle et refusé, encore et encore, au milieu des crises, de larmes et des hurlements. Et puis un soir, elle s'était mise à pleurer. La petite hurlait, encore et encore, et la fatigue lui brisait les reins. Elle avait eu envie de hurler, tout à coup, de partir, de claquer la porte. Alors elle avait pris la potion dans ses mains. « Ce soir, rien qu'une fois, rien qu'un soir. Je suis si fatiguée. Tellement ». Et la petite s'était endormie. Elle avait entendu le calme, partout, dans la maison, elle avait marché dans le couloir et la respiration calme de ses deux fils l'avait rassuré. « Demain, elle sera sage toute seule, elle ne pleurera pas ».

Et elle avait pleuré. Encore et encore. Ginny avait attendu, elle s'était assise sur la chaise, les mains posées sur ses cuisses. « Peut être qu'elle la réclame ? Peut être qu'elle aussi, elle voudrait dormir, bien, confortablement, comme hier ? ». Alors elle avait ouvert la potion, encore. Et elle lui avait murmuré qu'elle ne devait pas s'habituer.

Et peu à peu, chaque soir, elle avait trouvé une bonne raison, une excuse, et c'était pour son bien, après tout. Car jamais, elle n'aurait drogué son bébé. Elle avait rangé la fiole et était retourné dans sa chambre. Harry était là ce soir, et il dormait déjà. Elle s'était allongée à côté de lui, et il n'avait pas bougé.


-Regade mon Bob ! Il est beau mon bob, ein m'man ?

-Magnifique, Chéri. James ! Non ! Pas la moitié du tube de dentifrice sur la brosse, voyons !

J'avais réparé les dégâts d'un coup de baguette, tout en surveillant d'un œil distrait Albus qui – après avoir commencé par le chapeau, enfilait avec entrain ses chaussettes tire-bouchonné. James se frottait les gencives, et c'était frappant comme il ressemblait à son père, presque douloureux aussi. Albus avait pendant ce temps enfilé ses deux pieds dans la même jambe de pantalon et avait manqué de s'étaler de tout son long sur le carrelage.

-Tu est chro maladroit, Alby!

-Nan !

-Siii !

-Chut ! Les enfants ! Votre père et votre sœur dorment encore.

J'avais terminé de boutonner le gilet de Albus et essuyé la bouche de James alors même qu'on frappait à la porte.

-C'est oncle Ron !

Ron était rentré de mission la semaine passé et De Pierrebourg lui avait offert dix jours de vacance. Il avait proposé d'emmener les garçons pêcher pour la journée, et depuis que la sortie était fixée, c'est à peine s'ils arrivaient à en dormir encore la nuit.

-Oncle Ron, Oncle Ron !

J'avais esquissé un sourire en voyant James et Albus lui sauter dans les bras. Il avait passé la main dans leurs cheveux.

-Vous êtes prêts ?

-Tu es en avance, lui rappelai-je. Allez préparer vos affaires dans votre chambre, les enfants. Et en silence !

Je continuai d'observer Ronald sur le pas de la porte. Il s'était musclé, son teint s'était hâlé, ses cheveux avaient viré dans une teinte cuivrée. Il avait bonne mine.

-Quoi ?

Mon observation minutieuse ne lui avait pas échappé.

-Rien. 7h30, Ronald. C'est beaucoup trop tôt.

Il s'était mis à rire et était venu m'embrasser.

-Les poissons sont matinaux, Gin' ! Et ils n'attendent pas !

Il m'avait regardé avec plus d'attention, et avait continué, passant son pouce sur ma joue.

-Tu es sur que tu vas bien toi ? Tu es toute pâle.

J'avais esquivé d'un sourire.

-Je vais bien, merci. Lily à encore du mal à faire ses nuits…Tu veux un café ?

-Merci, oui. Harry est là ?

-A l'étage, il dort encore. C'est Jeudi, il ne commence qu'à dix heures. Tu avais besoin de le voir ?

Ron secoua la tête, et fit un geste lâche de la main.

-Aucune importance. J'irai le voir au bureau dans la semaine.

Je lui avais tendu sa tasse, et il continuait de m'observer à la dérobée.

-Tu as vraiment mauvaise mine, Ginny. Tu devrais sortir un peu, prendre du temps pour toi, allez rejouer…

-Ron !

-En amateur ! Depuis combien de temps tu n'es pas monté sur un balais ?

Une éternité. Depuis que j'avais pris ma retraite professionnelle, pour m'occuper de ma famille. Pour me rapprocher d'Harry. Mais ça, je n'allais pas lui avouer.

-Lily à tout juste six mois, c'est normal, Ron, c'est épuisant.

-Tu sais bien que Maman serait ravie de l'avoir un jour ou deux ! Ou même, tu pourrais proposer à Lavande, ou Luna, ou...

Son nom est resté en suspens. Je sais très bien à qui il pense. Même après toutes ces années, c'est encore si naturel, de penser à toi, d'accoler ton nom. C'est encore tout un travail, de t'effacer. Je n'arrive pas à retenir la question qui me brule les lèvres.

-Tu as lu, dans la Gazette du Sorcier ?

Je vois une ombre passer sur son visage. Comme s'il pouvait l'ignorer.

-Ginny, comment faire autrement ? Ils parlent du « mariage de l'année ». Rien que ça…

-Ron…Tu sais, malgré ce qu'elle à fait, pour eux, elle reste Hermione Granger.

-Je le sais bien, et tu peux me croire, elle épouse un sombre abruti.

Il tentait d'en rire, mais aucun de nous deux n'avait le cœur pour ça. J'entendis les enfants redescendre les escaliers.

-Ronald…Elle nous a envoyé une invitation.

Je me sentais incroyablement fragile, tout à coup. Et j'avais l'impression de le voir vieillir devant moi, des petites rides s'étaient creuser dans le coin de ses yeux.

-Je sais Ginny. Elle m'a invité aussi.

James et Albus avaient débarqué dans la cuisine, avec leurs caisses qui bringuebalaient. Ils s'accrochèrent à moi, et firent claquer une bise sonore sur ma joue. Je n'avais que ces foutus regrets au fond de la gorge, ce gâchis énorme, et Ron eut un sourire triste en fermant la porte.


Je me suis servie un café, j'ai étalé du beurre sur un morceau de pain. Je picore. Je n'ai pas faim. J'ai entendu Harry se lever à l'étage et ouvrir l'eau dans la salle de bain. Il va descendre, comme chaque matin. Et puis il va partir, et les aiguilles de la grande horloge vont sembler ralentir. Sans James et sans Albus, tout ce vide, tout ce silence. Juste Lily à l'étage, qu'il faudra nourrir, qu'il faudra changer, qu'il faudra faire dormir. Qu'est ce que c'est, une vie faite de vide ? Alors c'était ça, aimer Harry Potter, l'épouser, lui faire trois enfants ? Juste ça ? Ça n'en valait pas la peine.

Je me suis brulée les lèvres et j'ai reposé la tasse. Quand j'étais petite, tout le monde répétait que j'étais une sorte de miracle, « la première fille Weasley depuis des générations ». Des générations de garçons, et une petite fille au milieu d'eux. Et j'avais des ambitions, avant. J'étais douée, j'aurai pu être une très grande joueuse de Quidditch, j'en avais rêvé des années durant, en volant les balais de mes frères pour m'entrainer en cachette. Et puis, tu m'avais parlé de famille, un soir, au creux de l'oreille. Je t'aimais tellement, Harry.

Et j'étais si forte avant. « Tu ressembles au jumeau, petite insolente, tu en as même le caractère » me répétait Maman, et elle pensait m'offusquer. Elle ne savait pas qu'elle n'aurait pas pu me rendre plus fière. Ils étaient beaux, mes deux frères, ils étaient flamboyants et imprévisibles. Et même si souvent, j'entendais encore leur rire, c'était avant. Il y a longtemps. Fred est mort. Georges est parti. Et vous avez raillé Hermione de notre vie. J'étais trop faible pour te dire non, te demander d'attendre. Il y avait trop de vide autour de moi, et tu avais tellement rêvé d'avoir une famille, rien qu'a toi. Et j'étais fière, aussi, de pouvoir te l'offrir. Alors James est arrivé, et tu semblais heureux.

Tu descends les escaliers, ailleurs, comme toujours. Tu as passé le pas de la porte, décoiffé tes cheveux d'un geste nerveux. Et je te regarde en silence.


Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler


-Ron à dit qu'il passerait à ton bureau, dans la semaine.

Je n'ai pas pu m'empêcher. Tu gagnes toujours à ce jeu là. Tu as grandi seul, sous un escalier. Le silence est ton refuge. Moi j'avais six frères, il y avait toujours des éclats de voix, de rire, des conversations à rejoindre. Me taire, je n'ai jamais su. Ce silence me ronge, me bouffe. Et j'ai l'impression que tu le sais, que tu en joues.

-Ron ? Tu l'as vu ?

Je sers les lèvres. Quand es tu devenu cet étranger, Harry ? Cette famille, c'est la tienne, pourtant. Tu l'as voulais ! Alors pourquoi ?

-Il est venu chercher les garçons ce matin, pour pêcher. Je te l'ai dit hier, tu t'en souviens.

Tu ne peux pas ne pas entendre les reproches au fond de ma voix, tu fais comme si, pourtant. Je continue.

-Ron…Il a reçu une invitation, lui aussi.

Tu as relevé la tête, vivement, et j'ai un gouffre béant qui s'ouvre au creux du ventre.

-Ginny…Ne recommence pas avec ça.

Et tu as beau le dire, le répéter, il n'y a que son évocation qui fait briller tes yeux comme ça. Hermione, ta chère Hermione…Tu ne te pardonneras jamais, de lui avoir dit de partir, d'avoir choisi ma famille, n'est ce pas ? Tu as été lâche, Harry, et ça te fait horreur. Et elle est partie, elle n'est jamais revenue, parce qu'elle était trop fière, parce que tu lui as brisé le cœur en la désavouant.

Et moi aussi Hermione, je t'ai aimé. Avant. Mais plus maintenant. Tu étais ma meilleure amie, et je t'ai défendu, tu sais. J'ai plaidé ta cause auprès d'Harry, et il avait ce regard que je n'avais pas compris. « Hermione était seule, Harry. Elle ne lui a jamais rien dit, elle l'a juste un peu aimé. Je déteste les Malefoy autant que toi, mais tu ne peux pas jeter de ta vie une sœur, rien que pour ça. » J'étais si stupide, Hermione. Moi je n'aimais que lui, tellement fort, toute entière. Je n'avais pas compris, que quoi que vous puissiez dire, il n'était pas ton frère.

-Il le faut bien. J'ai besoin d'en parler, moi, Harry ! Pourquoi après tant d'année, tout ça est encore si grave ? Ce n'était rien !

-Tu ne sais pas de quoi tu parles, tais toi !

Et c'est comme si tu m'avais giflé. Tu me fixe, le regard dur, et tu siffles.

-Tu ne peux pas comprendre, Ginny. Jamais. C'était entre Ron, elle et moi.

Je ne pleurerai pas Harry. Je ne te ferai pas ce plaisir. Bien sur que j'ai compris.

-C'est toi qui ne comprends pas. C'était beau, ce que vous aviez. Mais tu aurais pu créer quelque chose d'autre, c'était possible

Et tu as ce regard, encore. Je déteste ce qu'il me fait ressentir.

-Tu l'aimais, c'est ça, ein ?

Tu ris. Et je me sens si sale.

-Tu racontes n'importe quoi, Ginny.

-Alors quoi ?

-Je me suis levée ce matin, Ginevra, et je voulais simplement venir prendre un café, partir travailler et…

-Arrête, Harry ! Cette vie, c'est celle que tu mènes depuis des années. Des années où j'ai fermé les yeux, où je n'ai rien dit. Tu es devenu un étranger. Je ne te connais pas. Je ne te connais plus. Et j'ai besoin de parler, moi. Tout ça, je ne le supporte plus. Alors réponds-moi.

Et tu semblais las, alors.

-Bien sur que j'aimais Hermione. Elle était ma meilleure amie.

-Tu sais bien que je ne parle pas de ça.

Alors tu t'es levé. Tu t'es approché de moi, et tu n'as pas cillé.

-Je ne sais pas, ce que c'était, cet amour, Ginny. Elle a cru en moi avant tout le monde, je l'ai repoussé, et elle est resté. Elle était là, toujours. Elle était la main qui venait se glisser dans la mienne, le regard qui me soutenait. Nous étions deux orphelins dans un monde qui avait ses propres codes. Une sœur, un frère, c'est tout ce qu'on avait toujours demandé. Mais quand je l'ai surprise, à Annecy, dans les bras de Ron, j'ai compris que je ce n'était pas ça. C'était quelque chose d'autre, peut être plus fort encore. Et son aventure avec Malefoy m'a rendu malade, Ginny. Malade. J'ai cru qu'elle s'amusait à me faire souffrir, à me tester. Et puis je l'ai repoussé, une nouvelle fois, et elle est partie. Elle m'a quitté.

Et j'ai les lèvres qui tremblent.

-Et, moi, alors ? C'était quoi ?

Tu as fermé les yeux, et tu t'es assis.

-Toi Ginny, j'ai cru que tu étais la femme de ma vie. J'avais l'impression de crever sans toi. C'était un amour d'adolescent. J'étais amoureux d'un souvenir…

Il n'a pas le droit. Je ne sens plus mes jambes, et je me retiens au bord de l'évier.

-…J'y ai cru, vraiment. J'étais persuadée, Ginny. Et puis James est né, et Albus…Et j'ai réalisé que je faisais semblant. Que je m'étais trompé.

Et tu n'as pas besoin de continuer, Harry. Je me souviens de ces cheveux blond, puis brun, puis noir, sur ta cape. Je me souviens de tes excuses, de tes lâchetés, du parfum sur ta peau. Au début, je n'ai rien dit, j'ai cru que j'étais folle, que je me faisais des histoires. Je t'aime tellement, Harry. Nous n'étions pas ce genre de couple, nous, nous nous aimions, c'était différent. Toutes ces bassesses, cette jalousie, ce n'était pas pour nous. Les regards de ces femmes dans les cocktails, pas pour toi. Et puis, la Gazette à commencé à en parler : ce n'était que des rumeurs, des soupçons. Et puis ensuite, des témoignages sordides, des investigations à m'en donner la nausée. Il fallait savoir ce que tu faisais avec elles, ce que la petite Ginny Weasley ne te donnait pas, de toute évidence. Alors je n'avais plus le choix, j'avais engagé un avocat, j'avais ouvert des procès, je m'étais rendue aux audiences, les petits sur les bras. Et je les avais tous gagnés, un par un.

Mais ça ne t'avais pas fait revenir à moi. Tu étais plus prudent, simplement. Alors j'avais pensé qu'un enfant, ce serait une bonne idée. Et puis, peut être une fille, peut être une petite Lily. Pour que tu réalises que moi, je n'étais pas ta mère, que je n'étais pas elle, et que moi, tu pouvais me toucher, et me prendre, comme toutes les autres.

Mais ça n'avait rien changé. On ne recolle pas l'amour qui s'émiette avec des enfants. Et cette petite, dans son berceau, elle est restée, et c'est toutes mes erreurs qui hurlent, qui crient, qui me tiennent éveillés. Alors j'ai besoin qu'elle se taise, que la boule des remords s'apaise, et que je puisse enfin dormir.

Je ne te regarde plus et c'est toi qui continue.

-C'est toi qui a voulu parler, Ginny.

Est-ce qu'il tu n'as pas honte, un peu, rien qu'un peu, d'oser me dire ça ?

-Alors voila. C'est tout ? Tu ne m'aimes plus. Tu vas continuer à voir tes maitresses, et moi je vais continuer à attendre, gentiment ?

-Je ne t'empêche pas de prendre un amant.

J'ai une pierre qui me tombe au fond de l'estomac. L'espace d'une demi-seconde, c'est de la haine, que je ressens. Tu sembles le voir, et tu te reprends, tout doucement.

- J'ai toujours de l'affection pour toi, tu es la mère de mes enfants, Ginny. Tu as tout traversé, toi aussi. Voldemort, la Guerre. Et...

Je suis la mère de ses enfants. Tu l''as dit. Et pour toujours, dans les livres d'histoire, je serai la femme et la mère des enfants du grand Harry Potter. Et moi aussi, je n'ai jamais voulu ça.


Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder


Tu fumes à la fenêtre, et je me déteste de te trouver beau, peut être davantage encore. Tu ne m'appartiens pas, tu ne m'appartiendras jamais. Cette alliance, ces trois enfants, ce lit commun n'y changeront rien. Et j'ai la bile au fond de la gorge, et j'ai mon ventre qui se noue. Je t'aime Harry.

-Tu vas me quitter ?

Tu tournes la tête vers moi, et tu sembles presque surpris. Comme si l'idée ne t'avait pas effleuré.

-Non. Sauf si tu me le demande.

Je ne dis rien. Et George avait raison. Tu es un salaud. Toi, comme les autres. Mais tu es le mien. Et si tu ne m'aimes plus, et si tu ne m'appartiens pas, alors personne d'autre que moi n'a à le savoir, cela ne les regarde pas. J'ai ton alliance, j'ai tes enfants, j'ai ton corps contre moi dans le lit, la nuit, j'ai tout.

-Non. Reste. Tu seras discret ?

Tu recraches la fumée, tu m'observe.

-Tu n'as rien à craindre.

Je repense à la femme qui a écrit tout ces articles et à qui j'ai si souvent fait face, au Ministère. Une grande brune, belle. Bien sur…Ca ruinerait sa carrière, si on savait. Elle ne laissera pas faire. Je ferme les yeux à m'en bruler les paupières, je dois tenir. Je regarde par la fenêtre, et il pleut dehors. Les enfants doivent être ravis, Ron doit être en train de leur montrer les grenouilles qui profitent de l'humidité pour sortir. J'arrive à mimer un sourire.

Tu t'es relevé. Et tu m'as embrassé au coin des lèvres.


Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré