Chapitre 3
Le début de la fin
Sorrente cacha son larcin aux yeux de son hôte. Il attendait son heure pour pouvoir l'utiliser à bon escient. Son impatience se faisait sentir, il avait dans les mains un précieux allié et il n'était pas en mesure de pouvoir l'utiliser. Pendant ce temps là, Kanon continuait de roucouler dans les bras de ce primate.
Bon, il était urgent d'activer un peu les choses sinon il y passerait le millénaire suivant, à attendre. Il profita de l'absence de son colocataire pour simuler un malaise provoqué par les roses démoniaques. Il gémit, intensifia son cosmos exprès, simulant des nausées, enfin tout ce qui peut rendre malade. Camus étant le plus proche voisin, vint s'enquérir de l'état de santé de la sirène. Il le vit allongé, le teint farineux, prit de spasmes, fiévreux – il avait chauffé le thermomètre coup classique. Il quémandait dans des râles surjoués son petit Kanonounet. De suite le verseau alla le chercher. Se sentant responsable plus ou moins, le grec veilla au chevet de Sorrente toute l'après-midi et le début de soirée. Comme par miracle il alla un peu mieux dans le milieu de celle-ci… Un peu, seulement… Assez pour que son captif reste vers lui.
Kanon apporta le plateau repas pour les deux. Sorrente tenta une diversion pour l'éloigner pendant qu'il verserait sa « potion » dans son verre. Il prétexta une envie de vomir et l'autre lui apporta une bassine. Pendant ce temps, le rosé eut tout le loisir d'agir. Kanon revint et bu son verre comme si de rien n'était. Et oh combien miraculeusement, Sorrente retrouva de l'appétit et des forces… Comme c'est pratique…
La sirène examinait son voisin avec attention pour essayer de détecter les premiers symptômes de la drogue qu'il venait de gober. « Rien… Pfff c'est long… Cinq minutes après, encore rien… Il s'est foutu de moi Aphrodite ou bien ? » Cinq de plus… Pareil… A ce rythme là il allait partir son beau dragon ! Et c'est encore ce lézard hideux qui allait en profiter !
Puis… Puis un signe survint, Kanon eut des bouffées de chaleurs d'un coup, il tentait de se ventiler en secouant sa tunique pour se faire de l'air. Des grosses perles de sueurs coulaient de son front, de sa nuque.
-« J'ai… J'ai la gorge sèche… ». Prononça-t-il d'une voix tremblante.
Ouh ça y était ! La drogue faisait effet ! Oui !
Il transpirait carrément. Se tenait la poitrine en expliquant que son cœur battait trop vite. Il avait chaud, mal au ventre. Il disait qu'il sentait une chaleur dans son bas ventre. Ce n'était pas normal ses mains tremblaient. Il se tordait sur le tapis… Il avait des fourmis partout dans ses membres, il commençait à paniquer :
-« Sorrente ! Aides-moi ! Je sais pas ce que j'ai ! Je fais un infarctus ! »
-« Non… Tu éprouverais une grande douleur au niveau de ton cœur… Ca ne doit pas être ça… Je suis là, t'inquiètes pas… »
Maintenant il se sentait impatient, frustré mais de quoi ? Il ne savait pas, il paniquait toujours sous le regard libidineux de son ex amant.
-« Sorrente ! Je… Je… Suis excité ! Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive ! »
-« Oh… Mais qu'est-ce qu'il se passe Kanon ? Comment ça se fait ? »
Il posa son regard sur l'attribut du faux malade, en effet la drogue avait bien fait son travail, il était dressé fièrement à travers le tissu du pantalon.
-« Il faut te soulager, tu ne peux pas rester comme ça ! »
-« Oui… Je vais aller aux toilettes »
Kanon essaya de se lever péniblement mais retomba comme une masse par terre. Ses jambes ne le soutenaient plus, ses pieds ne lui répondaient plus. Il n'avait plus de force, à par rester à terre c'est tout ce qu'il pouvait faire. Sorrente profita de l'occasion pour se faire désirer, il posa un doigt ingénu sur sa bouche et commençait de le mordiller feintant l'étonnement… Il se mordilla aussi les lèvres, passa innocemment sa langue dessus. Ce qui attisa malgré lui, les sens amoindris du bleuté.
Kanon ne contrôlait plus son propre corps. Il sentait des vagues de désirs déferler entre ses reins, pour descendre vers la partie charnelle de son anatomie. Il fut pris de soubresauts, de frissons. Ses muscles tendus prêt à craquer. Son cœur qui battait à tout rompre, sa poitrine se soulevait à un rythme saccadé. Il avait chaud, tellement chaud…
Sorrente cassa ce silence chargé d'appel :
-« Oh mon pauvre Kanon, tu ne peux pas rester comme ça, et tu n'as plus la force de faire quoi que se soit… Laisses-moi faire… Je vais t'aider… »
-« Mais… Que… Comment… »
Le bellâtre rosé se pencha sur son vis-à-vis et posa sa bouche sur la sienne. Aussitôt il fut accueilli par celle-ci qui l'avala littéralement. Les mains de Sorrente se posèrent sur les épaules et descendirent dans une course sirupeuse sur les bras, puis bifurquèrent sur les hanches, puis enfin dévalèrent entre les cuisses là où se trouvait l'objet du plaisir.
Il caressait cet objet avec avidité, procurant le soulagement de Kanon. Mais la drogue était corsée car rien n'y faisait, il restait dans cet état là. Alors l'intriguant reprit ses caresses pour apaiser cette ardeur. Il inonda l'autre de préliminaires débauchés. Kanon gémissait son prénom, il ne voulait pas… Il ne le voulait pas, mais avait besoin que ça s'arrête, que toutes ses sensations prennent fin. Il ne souhaitait pas que ça soit Sorrente qui le touche mais que pouvait-il faire dans son état ? Il était incapable de se lever et de marcher ! Il restait là, sur le tapis à subir les assauts d'une sirène lubrique.
L'effet de la substance dura bien longtemps, son créateur avait mit le paquet. Sorrente profita du corps de son bien aimé toute la nuit, et le chevaucha malgré lui de bien des manières. Kanon ne se débattait pas, il ne faisait rien que de répondre aux demandes de l'autre. Il voulait se débarrasser de ces ondes acides qui lui embrasaient le corps. Mais ça ne s'arrêtait pas. Au contraire, à plus il recevait de la luxure à plus son corps en réclamait. C'était quoi ce sortilège ? Est-ce que la déesse de l'amour le possédait comme Arès avait possédé son frère autrefois ?
Saga c'était perdu dans le complot et la violence, lui se perdait dans la dépravation et dans la luxure.
Il s'abandonna corps et âme et s'égosillait à présent dans les bras de son amant d'infortune. Il devint plus actif, et intima des mouvements de bassins pour atteindre plus de plaisir. Il attrapa les hanches de la sirène malfaisante pour l'amener plus vers son bas ventre. Les deux corps se cognaient sous la rudesse des coups de reins, Sorrente était en transe au même titre que son amant d'un soir.
Les corps recouverts de gouttelettes salées, prouvant l'effort auquel ils s'adonnaient. Kanon bascula son amant pour le mettre à genoux, il se positionna derrière, le pencha en avant et le prit sauvagement contre le canapé. Il l'attaquait comme si ce fusse un ennemi à abattre… A abattre de plaisir. D'ailleurs le pauvre n'en pouvait plus, il n'avait pas mesuré une seule seconde l'impact que la drogue provoquerait. Il l'avait voulu, et bien il fallait qu'il subisse.
Rien ne pouvait stopper le dragon enragé, ni les supplications de Sorrente, ni son repentir vis-à-vis de son actuel amoureux. Son cerveau était déconnecté, seul son corps dictait ses volontés. Ce ballet libertin dura jusqu'au petit matin.
Quand Aphrodite rentra chez lui, il fut sidéré par la vue qui s'offrait devant lui ! Sorrente et Kanon entièrement nus sur son tapis, à moitié avachis sur le canapé, l'un la tête posé sur le meuble, dormant contre et le deuxième étendu à ses pieds. Quelle orgie s'était donc déroulée chez lui ? Et apparemment avec une intensité mémorable !
Aucunement gêné de la situation, il alla prendre sa douche comme si de rien n'était en laissant les amants adultèrent là, gisant au sol.
Au passage il en profita pour se rincer l'œil, après tout, il n'y avait personne pour vérifier son indélicatesse.
Quand il revint au salon, ses invités dormaient toujours à point fermé. En temps normal il se serait jeté sur son appareil photo pour garder une trace de cette partie de jambe en l'air, et ainsi pouvoir en faire bonne usage. Mais cette fois-ci il s'agissait de son nouvel ami, Sorrente, il ne pouvait pas lui causer une telle mesquinerie. Non, pas à lui. Il le respectait bien trop pour ça. Et puis, il devinait bien la raison pour laquelle il avait replongé dans les bras de Kanon, il s'était confié à lui, il connaissait ses sentiments.
En buvant sa tasse de café Aphrodite dévisageait les deux tourtereaux, en espérant sincèrement que son ami puisse enfin retrouver son bonheur perdu.
Il retourna à ses occupations quotidiennes.
Kanon fut tiré de son sommeil par le bruit brutal d'un vrombissement qui lui perçait les tympans. Et d'un coup il sentit une pression aspirer sa somptueuse chevelure. « Aie ça fait mal ! » Quelque chose de dur lui cogna la tête. « Mais enfin c'est quoi ce bin's !? »
Ce n'était autre qu'Aphrodite qui passait l'aspirateur et qui malicieusement, en profita pour tenter une expérience à savoir de vérifier si les cheveux entiers de Kanon pouvaient passer dans le tube. Apparemment non ce n'était pas possible.
Kanon maugréât :
-« Mais enfin c'est quoi ton problème !? Ca va pas non, t'es dingue !? »
-« Ouh… Monsieur se lève enfin, pendant qu'il y a des gens qui bossent ici ! Et tu pourrais aller t'habiller s'il te plait ? Maintenant faut que j'enlève tous les poils que tu m'as foutu sur mon tapis ! »
Effectivement le grec ne se rendit pas compte qu'il était entièrement nu dans le salon de son confrère. Et quand il baissa la tête il vit dans une drôle de position, Sorrente dans le même appareil que lui, les fesses en l'air.
Mais que c'était-il donc passé ici ? Rien, le trou noir ! Il ne se souvenait de rien ! Il n'avait pas… Non ! Il n'avait pas fricoté avec son ex tout de même ? L'air ahuri il demanda à son ami :
-« Aphro… Est-ce que… J'ai fait… Qu'est-ce qu'il y a eu entre moi et Sorrente ? Je me souviens de rien ! »
-« Eh bien ça me semble évident nan ? Quand je suis rentré ce matin je vous ai trouvé comme ça, cul-nu… Sorrente euh… comme ça, et toi… Endormis sur mon tapis à poil ! Il faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour deviner que vous n'avez pas jouer au Monopoli hier soir »
-« Mais c'est pas possible ! Jamais je ne me serais laissé faire ! Je n'éprouve plus aucune attirance pour lui ! Et je ne me rappelle de rien ! »
-« Que veux-tu que je te dises moi ? Mon pauvre… Réveilles-le, tu sauras »
Et sans plus attendre le maître de ces lieux se pencha pour affubler d'une grosse fessée le postérieur de la sirène.
-« Oh eh ! Réveilles-toi Sorrente ! Il y a ton copain qui voudrait te parler. Sur ce, je vous laisse je vais m'occuper de la salle de bain… J'espère que je n'y trouverai rien de dégoûtant… Beurk ! ». Sur ce il quitta la pièce avec une moue mimant l'écœurement.
Kanon secoua vivement l'épaule de son vis-à-vis pour tenter d'avoir une explication. Il le secouait comme un prunier à présent. Le rosé ouvrit ses paupières pour apercevoir la plus merveilleuses des images : son cher et tendre devant son visage… Il n'entendit aucun son en premier, prit dans ses rêveries. Puis sa voix de plus en plus pressée, puissante :
-« Sorrente bon dieu tu vas te réveiller où je te claque une tartine ! ! ! »
-« Mum… Quoi ? Tu veux me préparer une tartine ? »
-« Non! J'ai dit que j'allais te coller une tartine si tu continues à roupiller ! »
-« Ah… Quel accueil… Merci mon amour ! »
-« Hiiii ! Ne m'appelle pas comme ça ! Tu peux me dire ce qu'on fait nus dans le temple d'Aphrodite ? »
-« Tu ne t'en souviens pas ? Tu es venu me voir hier parce que tu t'inquiétais pour moi, j'étais malade… Puis tu m'as avoué que tu avais toujours des sentiments pour moi, et tu t'es jeté sur moi… On a fait l'amour toute la nuit… Tu as été incroyable mon cœur… »
-« C'est pas possible je m'en rappellerais ! Qu'est-ce que tu m'as fais hein ? Qu'est-ce que tu m'as fait ? Tu m'as forcé à boire ? ». En prononçant son accusation Kanon reprit ses secousses sur son voisin.
-« Maintenant… Tu vas aller parler à ton homme de Cro-Magnon pour lui dire que tu le quittes ? »
Rhadamanthe ! Ce prénom retentit comme un effondrement de gravas dans la tête du grec.
Rhadamanthe ! Il n'acceptera jamais des excuses, il ne pardonnera pas la trahison.
La fureur transperça dans les yeux de l'amant adultérin, une lueur sordide y émergea, cette lueur incendiaient ceux de Sorrente. Le bleu de l'iris se transforma en noir comme incrusté d'infimes particules de rouge à l'intérieur… Le démon avait été réveillé. Dans un accès de colère incontrôlable il plaqua son comploteur contre le meuble, l'acculant ainsi de tout son poids. Il serra les épaules tellement fortement qu'on entendit les os des clavicules craquées sous la pression. Ses doigts s'enfoncèrent dans la peau tendre, comme pour la lui arracher. Sorrente fut prisonnier d'un étau d'acier. Le regard de Kanon était impressionnant à ce stade du face à face… Même quand il en a voulu à Saga pour l'avoir emprisonné malgré lui, jamais auparavant il n'avait eu cette expression…
Sorrente prit peur, vraiment peur. Il voulait crier à l'aide mais sa bouche n'arrêtait pas de trembler toute seule, et sa gorge était serrée comme si ses cordes vocales avaient été broyé par l'effroi. Cet homme devant lui semblait si dangereux. Il avait été trop loin, mais c'était trop tard…
Les mains du gémeau remontèrent jusqu'à la gorge du captif, et l'enserrèrent de plus en plus fort. Il articula mot par mot avec une intonation qui semblait provenir des profondeurs des ténèbres :
-« Maintenant, tu vas me dire exactement ce que tu m'as fait »
L'autre ne pouvait répliquer, parce que des mains lui écrasaient la trachée, on entendit juste des espèces de gémissements étouffés. C'est Aphrodite qui mit fin à cette tentative d'assassinat par son arrivée tonitruante. Il les sépara tous deux, et jeta l'intrus de chez lui sans ménagement.
Sorrente s'effondra en larmes conte le torse de son ami.
Kanon une fois sorti, prit conscience de la gravité de la situation. Il devait l'annoncer immédiatement à son amour qui l'attendait bien sagement chez lui. Parce que tôt ou tard il l'apprendrait, et parce qu'il ne voulait rien lui cacher. Il descendit marche par marche le chemin de son jugement. Car dans quelques minutes, il serait à la place de l'accusé, jugé par l'autorité de son magistrat privé… Lentement, comme pour retarder la condamnation il prit son temps. Il savait. Il savait qu'une fois arriver à destination il le perdrait. Il voulait garder son statut de « petit ami officiel » encore quelques minutes. Minutes savoureuses, minutes dramatiques.
L'horripilant démon avait encore sévit ! Il se tritura le cerveau en s'insultant de tous les noms. Encore une fois de plus il avait tout gâché ! Dès qu'il possédait quelque chose de bien il détruisait tout. Aimait-il à ce point l'autodestruction pour se lapider tout seul ainsi ? Certainement, car dès qu'un morceau de bonheur lui était accordé, il fichait tout en l'air. Il resterait seul ainsi était sa peine.
Une fois arrivé devant la porte de son temple il resta figé au moins dix bonnes minutes. Rhadamanthe qui lisait son journal avec une bonne tasse de thé, ressentit son arrivée, son cosmos dévasté, perturbé… Que lui était-il arrivé ?
Il l'appela, sans réponse. Il attendit au coin de la porte de la cuisine de voir une chevelure bleue se pointer mais rien. Il commençait de s'impatienter, le bel anglais… Ah, le flegme britannique, il n'était pas de mise avec Rhadamanthe. Celui-ci n'était pas réputé pour sa patience. Il commençait à trépigner, tapotant ses doigts sur la table de la cuisine.
« Foutu dragon, pfff, faut que j'aille le chercher comme un gosse »
Il se leva d'un coup pour se diriger d'un pas vif vers la porte, il commença de sortir un juron à l'encontre de son petit ami quand voyant le visage défait il s'interrompit. Kanon, blanc comme un linge, les bras ballants, le dos vouté, attendait… Il attendait quoi… La fonte des neiges ? Les yeux dirigés au sol, n'osant pas soutenir ceux de son juge.
-« Tu fais quoi à la fin ? Viens, rentre… »
Il n'attendit pas la réaction de son amant, d'un geste ferme mais doux il prit le bras de Kanon pour l'entrainer à l'intérieur. Comme une marionnette il se laissa faire, se laissa diriger par son amant. Il savait toujours quoi faire lui.
Il émanait de sa personne quelque chose de réconfortant, une stabilité face aux tourments du monde extérieur. Malgré son caractère impulsif et coléreux, le britannique trouvait toujours une solution à tout. Il savait prendre du recul sur les problèmes pour leurs faires face, jamais il ne se démontait. Il affrontait les soucis les uns après les autres. Il réussit là où tous les autres échouèrent avant lui : insuffler à l'impétueux dragon des mers un peu de quiétude et de sécurité.
Rhadamanthe l'assit sur le canapé, le fixant de ses yeux inquisiteurs. Il prit la parole d'un ton qu'il voulait neutre mais qui transparaissait la contrariété :
-« Bon, tu vas m'expliquer ce qu'il t'arrive… Pourquoi tu fais cette tête ? Et qu'est-ce que tu as fait cette nuit… Je t'ai attendu moi, je m'inquiétais de ne pas te revoir… »
A cette évocation, le fautif repensa net à son acte de dépravation. Les larmes lui montèrent de suite aux coins des yeux. Il fut pris de soubresauts causés par les sanglots. On aurait dit un petit enfant qui avait peur de se faire gronder par ses parents… Ses spasmes ne se calmaient pas, au contraire. En voyant son amant dans un tel état, le blond se rapprocha de lui, déploya ses bras autour de ses épaules et cacha la tête de son bleuté au creux de son épaule. Il le réconfortait comme il le pouvait. Il l'embrassa sur son front, tendrement pour tenter de le rassurer encore plus. Lui montrer qu'il était là.
Kanon ne voulait pas le perdre, son prince des ténèbres. Son dragon de malheur. Il pleura de plus belle, lui aussi passa ses bras autour du torse solide pour se raccrocher à son être. Le capturer pour qu'il ne puisse s'échapper loin de lui. Le forcer à rester ici pour l'éternité. Il sanglota :
-« Rha… Rha… T'en vas pas… Pars pas loin de moi… »
-« Mais enfin, pourquoi tu voudrais que je partes loin de toi stupide dragon pleurnicheur ? »
Il passa sa main délicatement dans les boucles bleues.
-« Parc… que… Je… Te mérite pas… »
Rhadamanthe ne captait rien à la situation ne se doutant pas une seule seconde de ce qu'avait fait son petit ami cette nuit. Il le trouvait touchant à pleurer ainsi, de peur de le perdre, il lui prouvait ainsi tout son amour… Ce dernier de son côté enfouit son visage au creux du cou de son blondin, continuant de déverser son flot de larmes.
La scène dura bien fort longtemps, Kanon n'arrivait pas à se calmer, à s'expliquer. Et son amant, bien qu'il fut touché au début recommençait à s'agacer parce que l'attente devenait insupportable.
Au bout d'une demi-heure bien tassée, il put enfin ré-ouvrir la bouche et articuler quelques mots confus.
-« C'est pas de ma faute… Il a du me forcer… Je ne me rappelle de rien… Je te jure ! Je sais pas ce qui c'est passé en vrai ! Ce matin j'étais tout nu avec lui… On dormait… Ca se trouve on à rien fait… C'est sa faute… »
Les mots s'entrechoquèrent dans l'esprit du spectre. Trop brusquement. Trop vite. Trop durement. Une vérité crue balancée comme ça. Une vérité banale qui fait mal. Une chose commune que le commun des mortels faisait tous les jours : se tromper, céder à la tentation.
Mais il croyait bêtement que son dragon à lui ne ferait jamais une chose aussi minable. Ce n'était tellement pas lui… Parce que lui quand il aimait, il le prouvait, il quittait tout pour sa nouvelle vie. Parce que lui c'était l'homme le plus franc qu'il n'est jamais connu, cash, honnête. Kanon n'y allait pas par quatre chemins pour dire ses vérités. Alors s'il aurait dû quitter son juge, c'est certain, il le lui aurait avoué avant d'aller batifoler ailleurs.
Et puis d'abord pourquoi quitter un puissant juge des Enfers, que dis-je LE plus puissant, le numéro un, pour une mauviette violette qui pue la sensiblerie ? Trop de chouinerie autour de lui, trop de minauderie.
Il resta stoïque au premier abord… Pas longtemps. D'un geste brusque, comme si Kanon le brûlait il le repoussa sans ménagement à l'autre bout du canapé. Ses prunelles dorées trahissaient un sentiment de colère, d'incompréhension, de rage. Et de dégoût aussi. Kanon le dégoutait à cet instant, lui qui lui inspirait de l'admiration. Son regard pétrifia sur place son amour déchu, il lui jetait des milliers d'éclairs acides qu'ils lui transpercèrent le corps de part en part.
Rhadamanthe se prit la tête entre ses mains pour contenir sa rage qui l'envahissait de plus en plus. Il ne voulait pas exploser ici. Il ne pouvait pas exploser ici, sinon il aurait tout ravagé ! Le Sanctuaire, la Grèce, la Terre entière ! Il aurait saccagé la planète par sa faute. Il se leva précipitamment et quitta la pièce à grands pas en renversant tout ce qu'il trouva sur sa route la table basse, les tasses posées dessus, la vitrine de Saga, le vase en cristal, tout. Il lui fallait un exutoire, ne serait-ce qu'infime comparé à sa douleur. Il était entrain de saccager la moitié du troisième temple et Kanon lui, continuait de pleurer sur le canapé en hurlant le nom de son amour perdu.
Le blond partit dans la chambre conjugale pour faire ses valises sur le champ. Cela n'aurait servi à rien de s'interposer et d'essayer de le retenir, il était comme fou, en furie, il l'aurait probablement assommé. Alors le dragon échoué contempla la scène sans rien pouvoir faire. Dans des cris et des sanglots, Rhadamanthe partit de cette infecte maison laissant derrière lui un homme détruit, une fois de plus.
Quand Saga rentra chez lui, il trouva un temple dévasté par une tornade. Une tornade blonde qui c'était enfuit, laissant sur le canapé son frère adoré bouleversé.
(suite…)
Bonjour, bonsoir à toutes et à tous,
Kanon se fait lâchement manipuler par la sirène maléfique pour qu'il abuse de son corps. Cette idée m'est venue après avoir visionné un OAV qui s'intitule Koisuru Boukun où il arrive approximativement la même chose à l'un des personnages principaux : )
Je voulais donner la possibilité à Sorrente de bénéficier une dernière fois du corps du dragon des mers. Et aussi provoquer une séparation d'avec Rhadamanthe. C'est pas très gentil mais c'est la vie.
Bises,
Peri
