Chapitre un peu plus que les précédents et nous commençons à introduire d'autres personnages. Merci à toutes et à tous pour vos reviews.
Maintenant, place à la suite!
Bonne lecture,
Enjoy ;)
Cdt13
POV Alice
Le temps passe vite quand on est amoureuse. Je ne me suis même pas rendue compte que nous sommes en 1940. A dire vrai, depuis que je suis avec Bella, le temps file comme du sable entre mes doigts. Elle m'envoûte. Elle me plait.
N'aie pas peur de ce que j'ai à t'offrir
Nous étions allongées dans le lit une place, Bella collée de tout son long contre moi, sa tête posée contre ma poitrine. Moi, je fumais une cigarette tout en songeant à la beauté brune qui était dans mes bras.
- Tu es bien silencieuse. Fit remarquer Bella en promenant une de ses mains sur mon ventre. Quelque chose te tracasse?
- Non. Je pensais à toi.
- En bien ou en mal?
- En bien, rassures toi. La réconfortai-je. Pourquoi cette question?
- Quelquefois, tu es là sans être là.
- C'est parce que je pense à beaucoup de choses. Et tu es l'une de ces choses.
Bella raffermit sa position contre moi et je murmurai:
- Qu'est ce qui te plaît tant chez moi?
- Attend un peu que je réfléchisse... Ton regard. Les nombreuses langues que tu parles. Ton écriture. Le fait que tu sois aussi mystérieuse avec moi... J'aime tout ce qui fait toi.
- Et moi, je t'aime. Murmurai-je, les yeux fermés.
- Tu m'aimes?
- Oui. (sourit) Je crois bien que je ne vais plus vous laisser mademoiselle Swan. Je t'ai trouvée, je te garde. Dis-je tout en promenant mes mains sur son corps.
Voilà comment j'ai commencé l'année 1940. Par un aveu de ma part disant que je suis amoureuse de la plus exquises des jeunes femmes. Rien de bien extraordinaire me direz vous mais pour quelqu'un comme moi, qui ne se laisse pas approcher; c'est déjà beaucoup.
A partir de ce moment là, la situation se dégrada. Pas entre Bella et moi mais les évènements extérieurs. Je suivait cette évolution avec inquiétude tandis que Bella tirait des plans sur la comète. Différence d'éducation. J'ai été élevée en ayant une grande ouverture sur le monde tandis que ma douce avait eue une éducation plus en adéquation avec les idées de son père qui, en vétéran de la grande guerre, ne voulait que la paix. Comme tout le monde.
De toute manière, on ne pouvait rien contrôler et ce qui devait arriver, arriva. Les Allemands nous envahirent. Nous avons bien essayé de résister mais, entre ordre et contre-ordre (et attendre la connerie!), au final, nous n'avons rien fait. Merci Gamelin et Weygand... Le personnel féminin ayant été « démobilisé » avant nos homologues masculins, nous avons put regagner nos foyers avant eux mais ce fut un long voyage. Pour vous donner une idée, pour faire le trajet Schoenenbourg/ Paris, j'ai mit un peu plus de deux semaines alors qu'en temps normal, il me fallait entre un jour ou deux...
J'avais retrouvé avec joie mon appartement mais j'ignorai ou habitait Bella. Tout s'était tellement passé vite...
Dans mon salon, ou trônait un superbe piano à queue, j'avais décroché une aquarelle pour accrocher une carte détaillée de l'Alsace/Lorraine et des Ardennes. J'écoutais régulièrement la radio pour suivre la progression de nos troupes que je reportait sur la carte. L'espace qu'un instant, j'ai pensé que nous avions encore un espoir grâce à un obscur colonel d'un régiment de cuirassiers qui avait repoussé une compagnie de Panzers. Son nom était de Gaulle et je pense sincèrement qu'on continuera à entre parler de lui. Après tout, n'avait t'il pas écrit plusieurs ouvrages sur l'armée?
Mis à part cette activité, je passait mon temps libre à écrire aux parents ou à jouer du piano. Ou, plus rarement, à me saouler.
Aujourd'hui fut une exception dans ma routine puisque Edward, mon frère cadet, vint me voir avec Jasper.
Edward avait utilisé sa clé (il avait un double de mon appartement et moi du sien) et, avec Jasper, me trouvèrent dans le salon ou je noircissait les pages d'un carnet.
- Toujours cette satanée manie. Fit Edward d'un ton légèrement moqueur. Tu écrit aux parents?
- Non. Dis-je en rangeant le carnet. C'est personnel.
- Personnel dans quel sens? Continua mon frère tout en souriant à son compagnon.
- Est ce que je vais lire tout ce que tu écrit à Jasper?
- Tu viens de te trahir frangine. Souligna Edward avec un sourire malicieux. Tu n'as jamais su mentir.
Je venais de me faire avoir en beauté par Edward. Il étreignit avec tendresse la main de Jasper qui dit:
- Dis-moi chère belle-sœur, comment se nomme l'heureuse élue?
- Pourquoi vous voulez connaître son nom? Fis-je, soupçonneuse.
- Pour pouvoir la questionner. Répliqua t'il avec un sourire en coin.
- Je vous vois venir bande de pervers...
- Vicieux s'il te plaît. Répondit Edward avec une voix de fausset. Nous assumons parfaitement le fait d'être des vicieuses...
Tout en rigolant, je donnai une tape amicale sur la tête de mon frère et dit:
-Vous avez des nouvelles d'Emmett?
- Il est du côté de Dunkerque. Répondit Edward tout en ouvrant une bouteille de vodka qu'il avait prit dans le bar.
- Et Rosalie? (silence de Jasper) Ne me dit pas que...
- Si. Je l'ai accompagné chez un grand couturier. (soupire) Tu connaît Rose... Faut toujours que je sois avec elle... Remarque, pour une fois, elle s'est rabattue dur Poiret. Ça change de Fath ou Chanel...
- Pour moi, il n'y a aucune différence. Dis-je tout en allumant une cigarette. Tout ce que je voit, c'est que ta sœur est un vrai panier percé.
- Je sais. Fit Jasper en s'asseyant dans un fauteuil.
Là était tout le paradoxe concernant Jasper. Il adorait sa sœur mais ne supportait pas son côté « je dépense à tort et à travers » et il avait énormément de mal à comprendre comment Emmett arrivait à fermer les yeux sur les incartades de sa femme.
Le reste de la journée se passa rapidement. Les garçons avaient eu l'idée de ramener des disques de Charles Trenet, Maurice Chevalier et Suzy Solidor. Inutile de dire que l'après-midi fut très animé! Sans compter les bouteilles que nous avons bues... Heureusement qu'Edward et Jasper vivaient à l'étage du dessous! Une fois les garçons partis, je rangeai vaguement mon salon mais je fut surprise lorsqu'on frappa à ma porte. Je pensais que c'était Edward ou Jasper mais ce ne fut pas le cas quand j'ouvris. Devant ma porte se tenait Isabella Swan...
POV Bella
J'avais retrouvé ma chambre d'adolescente sans éprouver de bonheur particulier. A dire vrai, tout est allé trop vite.
Mon histoire avec Alice, la situation actuelle, ma « démobilisation » et le fait que je sois retournée chez mon père.
Papa a été ravi de mon retour et lui, d'habitude si peu expansif, avait fait l'effort de préparer un somptueux dîner ou mon ami Jacob était présent.
Jacob était arrivé en France en 1934. De confession juive, ses parents avaient fuit l'Allemagne mais Jake ne me parlait jamais de son pays d'origine ni de sa religion. Ce n'était pas un sujet tabou mais il n'éprouvait pas le besoin d'en parler.
Papa adore Jake qu'il considère comme son propre fils et moi, je l'adore. C'est comme mon frère et il sait tout de moi. Je corrige. Presque tout de moi. Comme papa, Jake n'a pas besoin de savoir mes préférences.
Papa s'était assis dans son fauteuil favori et lisait le journal. De temps en temps, il marmonnait dans sa barbe et cela me faisait sourire. Moi, j'étais en train de lire « le Blé en herbe » de Colette pour m'occuper l'esprit car je pensais à Alice dont je n'avais pas de nouvelles. En même temps, c'était normal vu que je n'avais jamais pensé à lui demander son adresse exacte.
Adresse-Alice. Alice-Papa. Papa-police.
- Papa, tu peux me rendre uns service? Demandai-je sans lever les yeux de mon livre.
- Tout ce que tu veux. (pose son journal et sourit) Qu'est ce que ton vieux père peux faire pour toi?
- J'aimerai que tu me trouve l'adresse de quelqu'un.
- Son nom.
- Alice Cullen. Dis-je en posant mon livre. C'était ma supérieure à la Ligne et j'aimerai beaucoup la revoir.
- C'est noté. Pourquoi tu veux la voir?
- Pour avoir de ses nouvelles, je te l'ai déjà dit. On s'entendait bien.
- D'accord. Répondit papa en allumant sa pipe. Au fait, tu as vu Jacob aujourd'hui?
- Non. Je n'ai pas de nouvelles de lui depuis une semaine. Ile st sûrement avec ses parents.
Papa opina de la tête et murmura:
- Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous courrons à notre perte.
- De quoi tu parles?
- De la guerre.
- Mais vous avez que ce mot là à la bouche! Dis-je en haussant le ton. On va la gagner.
- La gagner? Dit il, stupéfait. Tu crois qu'on va la gagner? Mais ça va faire comme en 14 ma petite fille.
- Nos forces ne sont pas les mêmes.
Papa haussa les épaules et regarda sa montre.
- Je vais aller prendre mon service. (se lève) Je passerai pour te donner l'adresse de ton amie.
- Merci.
La journée s'écoula avec lenteur. J'avais l'impression que les minutes étaient des heures. Pour tromper mon ennui, je lisais ou j'allais sur le balcon d'où j'avais une vue imprenable sur le Trocadéro. Je voyais des Parisiens qui se promenaient et quelques véhicules roulaient, chargés comme des mules. Bref, le quotidien sauf que je distinguait au loin des volutes de fumées noires mais cela ne m'inquiétait pas plus que ça. Papa revint en coup de vent me donner l'adresse d'Alice et il repartit.
Je me tenait devant la porte d'un immeuble de trois étages, de type Haussmanien, situé en plein cœur de Montmartre, n'osant pas franchir l'imposante porte en chêne massif.
- Vous attendez quelqu'un? Me demanda un jeune homme à la chevelure cuivrée qui sortait de l'immeuble, sentant un peu l'alcool.
- Je viens voir une amie. Répondis-je en le dévisageant. Je n'imaginais pas qu'elle habitait en plein cœur de Montmartre.
- Il y a de quoi surprendre. Confirma le jeune homme avec un sourire en coin. (me tends la main) Edward Cullen.
- Isabella Swan. Dis-je en lui serrant la main.
- Enchanté. Je suppose que vous venez voir Alice.
- Vous la connaissez? Fis-je, surprise.
- Forcément puisque c'est ma sœur
Je sourit et réalisait que j'avais devant moi l'un des frères d'Alice. Physiquement, ils ne se ressemblaient pas beaucoup mais ils avaient tout les deux le même regard ocre.
- Alice habite au troisième étage. Reprit Edward avec un chaleureux sourire, semblable à celui de sa sœur
Edward m'ouvrit la porte d'entrée et je grimpais les trois étages aussi vite que mes jambes le pouvaient. Je reprit mon souffle et je frappait à sa porte, le cœur battant. Je crus que mes jambes allaient lâcher lorsqu'Alice ouvrit la porte. Elle était habillée d'un pantalon et d'une chemise blanche et, à en juger par son expression, elle était stupéfaite de me voir ici. Sa main droite se posa sur mon avant-bras et elle m'entraîna à l'intérieur tout en fermant la porte avec son pied. Alice posa une main sur le bas de mon dos et la deuxième contre ma nuque.
- Je ne trouve pas mots assez forts pour te dire à quel point je suis heureuse de te voir. Dit Alice d'une voix rauque.
Je sourit et glissait mes mains sous sa chemise, retrouvant la douceur et la chaleur de sa peau.
- Alors embrasses moi...
Beaucoup plus tard, nous étions dans son lit. Alice était allongée sur le côté et me regardait comme si j'étais la chose la plus rare et précieuse qu'elle avait vue depuis des années.
- J'ai vraiment du mal à croire que tu es avec moi. Murmura Alice. Comment as tu su ou j'habitais?
- Par mon père. Dis-je en me collant de tout mon long contre ma douce qui en profita pour me caresser le dos. Il est dans la police.
- C'est vrai.
- J'ai vu un de tes frères.
- Edward.
- Il a l'air assez sympathique.
- Oui. (sourit) Maintenant il sait comment s'appelle la jeune femme qui occupe mes pensées. J'espère simplement qu'Ed saura se montrer discret. Je n'ai pas envie qu'il le dise aux parents avant moi.
- Pourquoi il ferait ça?
- Parce que c'est moi qui avait eu la brillante idée de dire qu'il était avec Jasper. (sourit) Après tout, je m'en fout. Ce qui compte c'est toi...
Les semaines passèrent et je faisais la navette entre l'appartement d'Alice et celui de papa. Je ne le vois pas beaucoup. On se croise en coup de vent et il n'est au courant de rien. J'avais également rencontré Jasper, le compagnon d'Edward et, pour le plus grand bonheur d'Alice, nous nous entendions bien. Il n'y avait que le second frère d'Alice que je n'avais pas rencontré. Par contre, je n'avais aucunes nouvelles de Jake. Mon meilleur ami s'était volatilisé dans la nature. J'en avait parlé à Alice mais elle ne m'avait pas répondu. Au contraire, elle s'était refermée sur elle-même mais je ne m'en formalisait pas tant que ça. J'étais dans ma bulle. Bulle qui commença à éclater quand notre belle capitale fut déclarer ville ouverte et que les Allemands défilèrent sur la plus belle avenue du monde. Nous les avons vus et jamais, je n'avais vu Alice aussi pâle et en colère. Je crois que si elle aurait eu une mitraillette entre les mains, elle aurait fait un carnage.
Mais tout ceci ne fut rien quand, le 17 Juin, nous entendîmes l'allocution du Maréchal Pétain...
Avec Alice, nous avions passé la journée à faire l'amour (nous étions en mode lapin... private joke for K) et nous avions fini par atterrir dans le salon ou Alice, vêtue d'un peignoir en soie, fumait une cigarette. Moi, je ne disais rien. J'avais la tête posée sur les genoux de ma douce qui me caressait les cheveux. Le poste de radio était juste à côté du canapé.
Dans cette heure grave, j'ai suivi l'appel du peuple français pour prendre sur moi la tâche de former un nouveau gouvernement. Je rends hommage à la résistance héroïque de l'armée française qui combattit vaillamment contre un ennemi supérieur en matériel et en nombre.
Dans cette heure ci, je me donne à la France. Mes pensées vont vers les réfugiés qui, sous la menace de la guerre, ont été plongés dans la plus grande détresse.
Aujourd'hui, je vous dis, il faut cesser de combattre. Je cherche un moyen pour délibérer avec l'ennemi d'une façon honorable en parlant de soldat en soldat. Je suis convaincu que tout le peuple français se réunira dans cette heure autour du nouveau gouvernement (….)
- Je me levais pour aller m'asseoir en face d'Alice. Celle-ci était silencieuse et je pouvais voir une larme couler sur sa joue.
- Pourquoi tu pleures? Fis-je, inquiète. La guerre est finie.
- Tu ne comprends pas. Murmura Alice.
- Comprendre quoi? Le maréchal a dit qu'il faisait don de sa personne à la France et que la guerre était terminée.
- Tu ne comprends toujours pas... C'est un vieillard qui va gouverner. Un putain de vieux vieillard qui se sert de son prestige de héros pour demander l'armistice... Il propose une paix illusoire face à notre ennemi héréditaire et je ne peux pas accepter l'idée de voir mon pays rendre les armes aussi facilement...
- Alice, calme toi. Dis-je d'une voix douce.
- Me calmer? Dit elle en se levant. Comment veux tu que je reste calme avec tout ça?
Alice se passa une main sur le visage et je l'enlaçais. Je sentais quelque chose d'humide sur mon épaule et c'est là que je sus qu'Alice pleurait... Non pas des larmes de joie mais des larmes de rage...
Qu'en pensez vous? Cela vous a plu? Vous en voulez encore? Et bien, vous connaissez la marche à suivre...
A bientôt,
K&13
