Histoire de bien débuter la semaine, nous mettons la suite!
Merci à toutes pour vos reviews. Comme vous pouvez le constater, le sujet nous inspire énormément.
Bonne lecture,
Enjoy ;)
Cdt13
POV Alice
C'est un cauchemar. Oui, c'est un putain de cauchemar...
C'est ce que je me dit depuis que je me suis levée. Bella dort encore.
Hier soir, après avoir entendu le discours et pleuré dans les bras de ma douce, j'ai picolé. Je n'était pas ivre morte mais suffisamment pintée pour pouvoir dormir d'une traite...
Assise sur une chaise sur mon balcon, je regardai le soleil se lever tout en fumant une cigarette. Je n'arrive pas à réaliser ce qu'il se passe. Ce n'est pas possible...
Une main se posa sur mon épaule et je la prit, reconnaissant celle de Bella.
- Tu devrai être couchée. Murmura ma douce en embrassant ma nuque.
- Plus envie de dormir. (soupire) Tu te rends compte que Paris n'est plus français mais allemand?
- Alice...
- Ça me désole et j'aimerai faire quelque chose.
- A moins que tu ne sois un super héros, tu ne peux pas faire grand chose. Les faits sont là. Qu'on le veuille ou non. Dit elle en venant s'asseoir sur mes genoux.
Je ne répondit pas et me contentai d'enfouir ma tête contre sa poitrine, mes mains posées sur sa taille fine.
- Qu'est ce qu'on peut y faire? C'est la loi du plus fort. Ils ont gagné.
- Tous ces morts, ces disparus, ces prisonniers... murmurai-je d'une voix blanche.
C'est comme ça. Dit doucement Bella.
Je ne sus quoi répondre et préférai respirer son odeur. La tête posée contre sa poitrine, j'entendais battre son cœur La soie de son peignoir me caressait la joue et je glissait une main en dessous. A ce simple attouchement, Bella frissonna et murmura:
- Tu as les mains froides mon amour.
- Pas de ma faute si tu ne portes rien en dessous. Dis-je, les yeux fermés.
Ma main traça des formes abstraites sur son ventre et je ne put que sourire en entendant la respiration saccadée de Bella.
- Tu es magnifique dans ce peignoir. Dis-je à voix basse. Et tu es mieux sans...
- Allons à l'intérieur. Murmura faiblement ma douce tandis que mes lèvres taquinaient la pointe de ses seins toujours cachés par le peignoir.
- Non. Dis-je en la faisant lentement tomber sur le sol.
Relevée sur mes mes avants bras, je contemplait le visage de ma douce. Je me penchait et murmurai, mes lèvres à quelques millimètres des siennes:
- Je veux te faire l'amour ici et maintenant. Voir ton corps magnifique à la lumière du soleil qui se lève...
Bella esquissa un sourire et je l'embrassai tandis que ma main droite défaisait le nœud de sa ceinture. Je m'apprêtait à défaire le mien quand j'entendis la porte de mon appartement s'ouvrir.
- Putain, fait chier... murmurai-je tout en me relevant et en aidant Bella à faire de même.
Ma douce referma son peignoir et Rosalie arriva sur le balcon, toute fringante et pimpante.
- Comment t'es rentrée? Dis-je sèchement.
- Mais par la porte. (à Bella) T'es la nouvelle conquête de mon irresponsable belle-sœur?
- Qu'est ce que tu fout chez moi?
- Pas le droit de boire un café en ta compagnie? Répondit Rosalie d'un ton ingénu.
- Excuse bidon, t'en bois jamais. Pourquoi t'es là? (sourit) Est ce que , par le plus grand des hasards, tu ne ferai pas chier chez toi? (silence de Rosalie) Donc, tu t'es dit « pourquoi ne pas aller faire chier Alice pour assouvir ma curiosité de ce qu'elle a bien pu faire de sa nuit »
- Alors, tu es la conquête de la semaine? Dit Rosalie à Bella.
Bella ne disait rien et je sentait la migraine pointer le bout de son nez.
- Rosalie, barre-toi. Va faire l'étoile de mer ou va claquer le fric d'Emmett comme tu sais si bien le faire. Dis-je, acerbe.
- Moi, faire l'étoile de mer?
- C'est pas Paris qui aurait du être déclaré ville ouverte mais toi.
- Tu sous-entends que je suis une traînée? Fit Rosalie en devenant écarlate.
- Oui. Il n'y a que le train qui ne t'es pas passée dessus. Dis-je sèchement. (elle ne répond pas) Et sache qu'elle n'est pas un numéro.
Rosalie tourna les talons et s'en alla. Bella alla s'assoir dans un fauteuil.
- C'est toujours comme ça entre toi et ta belle-sœur?
- Je crois qu'il est inutile de te dire que les réunions de famille sont mouvementées. Répondis-je avec un sourire amusé. Et encore, c'était plutôt gentil comme « discussion ».
- Ah bon?
- Oui. (m'assoit sur un accoudoir) En temps normal, les noms d'oiseaux fusent.
- Tu lui a carrément dit que c'était une traînée.
- Parce que c'est est une. Dis-je sèchement. A part écarter les jambes ou claquer le pognon de mon frère, elle ne sait rien faire.
- Et dire que c'est la sœur de Jasper... Je le plaint. Comment fait il pour supporter ce côté là de sa sœur?
- Je ne sais pas et je ne crois pas que Jasper ai une réponse satisfaisante à te donner. Et encore moins Emmett.
Bella sourit et se tourna vers moi. Je vis sa main jouer avec le nœud de ma ceinture et elle me dit, d'une voix rendue rauque par le désir:
- Et si nous terminions ce que ton insupportable belle-sœur a interrompu?
Bella était repartie chez son père en me promettant de revenir le plus rapidement possible. Une fois douchée et habillée, je fumais une cigarette tout en ayant la radio en fond sonore. Sur la BBC, ils passaient de la musique classique mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ce que j'avais entendu hier soir. Pétain disant qu'il faisait don de sa personne à la France. Du grand n'importe quoi. Proposer la paix aux Allemands, c'est comme si on emmenait un porc à l'abattoir...
La musique s'arrêta et j'entendis une voix grave et rocailleuse, comme brouillée:
"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit? L'espérance doit-elle disparaître? La défaite est-elle définitive? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."
Je ne suis pas la seule à vouloir que les Allemands se cassent de mon pays. Ce général a dit les mots que je voulais entendre. Cette voix française venue de Londres me rend espoir...
POV Bella
J'ai vraiment eu une journée de merde...
Hier soir, suite à l'allocution du Maréchal, Alice a bu. (« on va arroser cette déculottée »). Moi, je suis allée me coucher. Pas envie de voir Alice se saouler mais elle venue me rejoindre une heure plus tard. Elle sentait un peu la vodka mais était silencieuse. Elle posa sa tête contre ma poitrine et je la serrai contre moi. Je ne relâchai mon étreinte que quand sa respiration m'indiqua qu'elle dormait. Moi, je mit pas mal de temps à m'endormir. Je pensais à Jacob dont je n'avais toujours pas de nouvelles.
L'un des évènements les plus notables de la journée fut le moment ou la belle-sœur d'Alice, Rosalie, arriva à l'improviste. D'emblée, elle me fit une mauvaise impression. Rosalie était du genre je ne me prend pas pour une merde mais vous, vous en êtes une. Elle ne m'impressionnait pas mais me faisait pitié. Je crois que le moment le plus amusant a été l'échange entre ma douce et Rosalie. Je me retenais de ne pas éclater de rire. Je crois que ce qui a tué Rosalie, c'est le « Y'a que le train qui n'est pas passé sur toi ». Du grand art!
Après le départ de Rosalie, nous avons enfin pu faire l'amour mais ce n'était pas comme d'habitude. Alice était toujours aussi attentive et prévenante mais elle semblait ailleurs...
Chez papa, l'ambiance était plutôt à la fête, à en juger par les nombreuses bouteilles vides qui étaient éparpillées dans le salon ainsi que le phonographe qui passait un disque de Trenet. Papa chantonnait tout en buvant un verre de vin.
- C'est un grand homme le Maréchal!
- Hein? Fis-je, surprise de le voir comme ça.
- Un grand homme. Il nous a encore sauvé. Nos gars vont revenir!continua t'il, tout joyeux. Bois donc un verre avec moi!
Je haussai les épaules et il me servit un verre.
- Au Maréchal!
Je ne répondis pas, trinquai avec lui et reposai mon verre.
- Tu ne bois pas?
- Je ne trinque pas pour une déculottée.
- Une déculottée? Tu oses dire que c'est une déculottée?
- Parfaitement.
- Je vois. Je suppose que ton amie Alice t'a bourrée le crâne avec des propos défaitistes.
- Pourquoi tu me parles d'Alice? Dis-je, sur la défensive.
- Tu passes trop de temps avec elle et ça ne me plaît pas.
- Et je peux savoir pourquoi?
- Je ne veux pas que tu fréquentes des gens comme elle.
- C'est la meilleure... Tu me surveilles?
- Je n'ai pas dit ça. Se défendit il.
- Mais tu le sous-entends. Sache que je fréquente qui je veux. J'ai grandi, que tu le veuilles ou non.
- Bella, Alice n'est pas du même monde que toi. Ce n'est pas quelqu'un pour toi.
- Et alors?
- Elle risque de t'entraîner dans des choses que tu ne connaît pas.
- Papa, Alice est mon amie. Répliquai-je d'un ton neutre.
- Dans ce cas là, n'écoute pas ce qu'elle te dit. Conclut papa en finissant son verre. Je ne t'ai pas élevée comme ça.
Je haussai les épaules, soulagée que papa n'ai pas compris la véritable nature de ma relation avec Alice. Dans un sens, ce qu'il avait dit au sujet de ma douce ne faisait que confirmer ce que j'avais entendu de la bouche même d'Alice.
- Tout ce que je te demande, c'est de ne pas laisser mademoiselle Cullen t'influencer.
- D'accord. Mentis-je. Je peux partir?
Alice m'accueillit avec un grand sourire. Singulier contraste avec son attitude de la veille... Elle m'embrassa et je me demandait ce qui vaait bien pu se passer pendant mon absence.
- Que se passe t'il? Demandais-je tout en enlevant ma veste.
- C'est formidable!
- De?
T'a pas écouté la BBC?
- Non. Papa était en train de se saouler pour arroser l'armistice.
- Il y a eu un discours à la BBC. Dit Alice d'une voix fébrile.
- Le même que le Maréchal?
- Non. C'était celui du général de Gaulle. Il disait que la France n'est pas vaincue et que la flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre.
- C'est pour ça que tu es aussi joyeuse?
- Oui. J'ai entendu ce que je voulais entendre. Bella, notre pays vaut la peine qu'on se batte contre les Allemands. Ils n'ont rien à faire chez nous. (sourit) Aujourd'hui, nous ne sommes qu'une poignée mais demain, nous serons plus.
Alice alluma une cigarette et alla s'assoir sur le canapé. Je la rejoignit et posait ma tête sur ses genoux.
- Pourquoi veux tu te battre contre eux? Dis-je, inquiète.
- Parce que je ne supporte pas l'uniforme nazi et qu'il me donne de l'urticaire. Mis à part ça, c'est à cause d'un livre.
- Quel livre?
- Mein Kämpf d'Hitler. Papa me l'a fait lire quand nous sommes revenus des Olympiades de 1936. J'avais été fascinée par ce que j'avais vu. Imagine tout un peuple obéissant au doigt et à l'oeil de son chef... Des plus jeunes aux plus vieux... Enfin bref, une fois que nous sommes rentrés à la maison, papa m'a fait lire Mein Kämpf. C'est un livre édifiant. Je n'avais jamais lu un tel ramassis de conneries. Ce qu'il écrivait était tout bonnement impensable. Inconcevable mais j'ai prit conscience qu'Hitler ferait tout ce qu'il avait écrit noir sur blanc quand un ami allemand de papa est venu à la maison. Il nous a raconté les humiliations faites aux Juifs et les lois complètement tordues de Nuremberg...
- C'est pour ça que tu veux les combattre?
- Oui. Affirma Alice. Dieu seul sait ce qu'ils peuvent faire.
Je réfléchit à ses paroles et je savais qu'elle avait raison mais j'avais les paroles de papa en tête. Quel dilemme... Choisir entre subir ou résister. Choisir entre la vie et la mort... Faut pas se leurrer, notre monde n'est pas le Paradis. Alice ne disait rien,attendant que je parle.
- Quoique tu fasses, je serai avec toi. Murmurai-je. Je serais toujours à tes côtés... Je t'aime.
So schön wie eine Rose, bleiben Sie in meinen Händen ...
Prochaine suite dans la semaine!
A bientôt,
13&K
