Entre deux bib et les couches, voici la suite. Comme vous allez le voir, Alice prend une direction qui ne va forcément vous plaire mais, nous vous rassurons, nous n'allons pas en faire une vilaine.

Bonne lecture et on se retrouve en bas,

njoy ;)

dt13


POV Alice

On s'occupe comme on peux dans ce Paris allemand. Fini les soirées dans les cabarets de Montmartre. Le vert de gris a remplacé la mode française. Il est également impossible de trouver certains produits et l'essence est devenu un luxe. Sans compter le gaz et l'électricité mais on s'arrange. Mais je crois qui ce qui me fait le plus pitié, ce sont les Juifs. Peuple qui n'a pas de pays et qui, à chaque siècle,e st victime de sa réputation.

Pour tromper mon ennui, quand Bella est absente, je joue du piano. Pas du Beethoven (même si j'apprécie sa musique, il est allemand) mais du Chopin ou du Debussy. En jouant, j'oublie le monde. J'oublie que je n'ai aucune nouvelle d'Emmett et qu'Edward est parti rejoindre le général de Gaulle. Jasper erre, telle une âme en peine, dans leur appartement. Les seuls moments ou il est heureux, c'est quand il passe une soirée avec nous. Quand à Rosalie... C'est encore autre chose... Elle s'obstine à appeler Bella « le numéro » et continue à dilapider le pognon d'Emmett. Sans oublier qu'elle fréquente des Allemands. Jasper l'a vue à la terrasse du café du Flore avec un boche...

Bella est allongée dans mes bras et dort profondément. Je sais qu'elle s'inquiète énormément pour son ami Jacob. Moi, j'espère seulement que son ami a foutu le camp car les évènements ne jouent pas en sa faveur avec les lois raciales imposées par les Nazis. J'essaie de l'occuper le plus possible pour éviter qu'elle pense à ce qu'il se passe. Je crois que ce qui m'a vraiment fait réaliser que nous étions occupés, ce fut quand il fallu que j'aille à la mairie pour retirer mes cartes de ravitaillement. Et des cartes, il y en a pour tout. Textile, viande, pain, tabac... Une horreur...

N'arrivant plus à trouver le sommeil, je me levai en prenant soin de ne pas réveiller ma belle endormie. Enfilant à la hâte mon peignoir, j'allai dans la cuisine pour me faire chauffer un café. Du vrai que Jasper avait trouvé je ne sais ou. Une fois ma tasse prête, j'allais dans mon salon et m'asseyait dans le canapé. Alors que je jouissais d'un calme relatif, seulement troublé par le phonographe qui passait un disque de Chopin, ma porte d'entrée s'ouvrit.

- J'peux vraiment pas être tranquille... (Rosalie arrive) C'est toi qui vient me faire chier?

- Le numéro est là? Répondit Rosalie avec un léger sourire.

- Qu'est ce que ça peut te foutre?

- Je m'informe. Et, à titre d'info, mon mari est rentré dans la nuit. Mais je suppose que tu n'a rien entendu. Tu devais être trop occupée à t'envoyer en l'air.

- Et toi, tu vas enfin arrêter d'écarter les jambes dès qu'un poilu te plaît?

- Je ne suis pas anormale. Moi, j'aime la bite. Répliqua ma belle-sœur, écarlate.

- La bite allemande ouais... Rose, tire toi et va faire le trottoir. Dis-je, sèchement.

Rosalie me fit un geste assez éloquent du majeur et s'en alla. Je lâchait un soupir de soulagement, allumait une cigarette et sourit en sentant des mains chaudes se poser sur mes épaules.

- Tu aurai du rester couchée. Murmurai-je. Je t'aurai rejointe.

- Et louper ta réplique sur « tu vas enfin arrêter d'écarter les jambes dès qu'un poilu te plaît? »? Je me retenait de ne pas exploser de rire.

- Emmett est revenu. Dis-je en fermant les yeux car Bella me massait le cou.

- Tu dois être contente. Répondit ma douce sans cesser son massage.

- Oui. Tu vas faire connaissance avec ma réplique masculine.

- Toi avec des poils? Plaisanta Bella.

- C'est niveau humour. Physiquement, Emmett est tout mon contraire. C'est un géant au cœur d'or.

- Tu me rassures.

J'opinai de la tête, écrasai ma cigarette et, me saisissant des mains de Bella, la fit basculer sur mes genoux. Je ne put réprimer un sourire prédateur en constatant qu'elle était nue.

- Alice, tu vas bien? Me demanda Bella en me regardant avec inquiétude.

- Hein? Oui, oui. Je suis juste surprise de te voir ainsi, telle Vénus sortant de l'onde...

- Je vois que tu as noté l'absence de vêtements. Dit elle d'un ton coquin. Je me suis dit que c'était la meilleure manière pour te ramener au lit... (sourit) Le lit est une façon de parler bien sûr...

Je l'embrassai pour la faire taire et mes mains commencèrent à explorer son corps nu. Je crois que je ne m'en lasserai jamais. Toute en courbes et en volupté... Mes mains caressent négligemment son dos tandis que mes lèvres taquinent les tétons érigés de sa poitrine. Ses mains se sont glissées sous mon peignoir et je les sens contre ma peau. Je songe que Bella pourrait me faire mourir d'une crise cardiaque en agissant ainsi car je la sens me repousser et défaire la ceinture de mon peignoir. Un léger sourire flotta sur ses lèvres et, l'instant d'après, je sentais ses lèvres se balader sur mon cou. Réaction immédiate de mon corps qui en demande plus, tout comme le sien. Je le constatai en la sentant vaguement bouger sur mes cuisses.

- Tu me rend folle... murmura Bella tandis que j'effleurai ses épaules avec mes mains.

- C'est ce que je constate. Dis-je en effleurant son sexe avec mon majeur avant de le porter à mes lèvres. (le lèche) Délicieux...

Mais il devait être écrit quelque part que je ne profiterai pas d'un moment intime avec ma douce car on frappa à la porte.

- Je suis désolée. Murmurai-je contre ses lèvres.

Elle leva les yeux au ciel, se leva et alla dans la chambre. Je remit mon peignoir en place et allait ouvrir la porte. Au lieu de voir Jasper ou Emmett, je vit une femme dont j'aurai préféré oublier le visage. Devant moi, arborant un sourire arrogant, se tenait celle que la presse avait surnommée « la Discobole aux seins coupés », Violette Morris.


POV Bella

Alice m'entraîne dans un tourbillon de plaisir sans fin. Dans ses bras, j'oublie tout, y compris Jake et la relation légèrement conflictuelle que j'entretiens avec mon père. C'est bien simple, je ne comprends pas pourquoi il est aussi fasciné par les Allemands. Tout comme je ne supporte pas son côté inquisiteur concernant Alice.

Justement, en parlant d'Alice, je trouve qu'elle est un peu tendue en ce moment. J'ai l'impression qu'elle pense à beaucoup de choses mais qu'elle ne veux pas m'en parler. Et pourtant, elle est toujours aussi aimante, toujours aussi protectrice...

Dans la chambre, je finissais de boutonner une des chemises d'Alice tout en maudissant le sort de ne pas pu avoir fait l'amour avec ma douce quand je l'entendu pousser un cri de surprise. J'arrivais en courant dans le salon et je vit Alice qui regardait fixement quelqu'un. Une femme pour être précise. Malgré son physique, ses vêtements (un complet d'homme) et les cheveux coupés très courts (ah, la gomina et la raie sur le côté!), c'était bel et bien une femme qui se tenait devant nous.

- Tu ne nous présentes pas? Demanda la femme à Alice.

- Si, si. Bella, voici Violette. Répondit Alice d'un ton neutre.

Violette me serra la main. Elle a la poigne d'un homme, c'est pas possible...

Alice nous fit signe de passer au salon et nous la suivîmes. Violette prit place dans le canapé tandis qu'Alice restait debout. Je remarquait qu'elle reluquait Alice avec un sourire en coin et je sentait la jalousie prendre le dessus.

- Qu'est ce que tu me veux? Fini par demander Alice.

- Savoir comment tu vas.

- Ça fait trois ans que je ne t'ai pas vue. Pourquoi maintenant?

- Pourquoi tu ne vas plus chez Nathalie?

- Pour des raisons qui me sont propres.

- Tu m'évites?

- Ta compagnie est tout sauf agréable. Dit Alice en allumant une cigarette.

- Tu ne disais pas ça avant...

- Ce qui t'attirai chez moi, c'était mon nom.

- Et ton cul. Répondit Violette avec un sourire narquois.

Curieusement, Alice ne répliqua pas et me fit signe de ne pas parler.

- En tout cas, cela ne me dit pas ce que tu me veux.

Violette s'étira et alluma sa cigarette avant de parler.

- On recherche des interprètes et j'ai pensé à toi. Bureau des achats et des ventes au profit des Allemands. Il y a pas mal d'argent à se faire.

- Et c'est où? Demanda Alice d'un ton neutre tandis que j'étais horrifiée par ce que cette femme lui proposait.

- 93 rue Lauriston. (se lève) N'y voit aucune entourloupe de ma part. J'ai fait table rase du passé. (sourit) J'attends ta réponse.

Violette nous salua d'un signe de tête et s'en alla. Alice resta pensive quelques minutes et alluma une cigarette. Moi, je fulminait. Alice dut s'en apercevoir car elle me sourit.

- C'est qui pour toi? Demandais-je en essayant de ne pas paraître jalouse.

- Une salope de la pire espèce mais il vaut mieux l'avoir comme amie que comme ennemie.

- Tu as couché avec elle?

- Non. Dit Alice en éclatant de rire. Moi, coucher avec elle? C'est comme si tu me demandais si j'appréciais Rosalie... (sourit) Violette n'a jamais apprécié le fait que je ne réponde pas à ses avances.

- Il n'y a jamais rien eu entre vous? Demandais-je, soulagée que ma belle n'ai jamais couché avec cette bonne femme.

- Hormis de l'admiration que j'ai eu pour la sportive qu'elle fut, il n'y a rien entre elle et moi.

Alice m'attira dans ses bras et m'embrassa sur le front.

- Cette proposition qu'elle t'a fait... Tu vas dire quoi?

- Sûrement oui...

Je me détachai de son étreinte et filai dans sa chambre. Alice allait travailler pour les Allemands alors qu'elle m'avait dit qu'ils étaient capables de tout? Je m'asseyait sur le lit, abasourdie par ce qu'elle m'avait dit. Je sentis le matelas se creuser derrière moi et des mains se posèrent sur ma taille.

- Ne me touche pas. Dis-je, sèchement.

- Tu ne m'a pas laissé finir. Murmura Alice. Je vais dire oui car c'est un excellent moyen de les infiltrer. Mon nom de famille est très connu et Violette le sait. C'est pour ça qu'elle m'en a parlé. Tout ce que j'aurai à faire, c'est observer et de faire un compte rendu à Jasper qui transmettra à Edward et qui fera suivre.

- Et moi dans tout ça?

- Toi? Tu es la fille d'un officier de police. Tu n'as rien à craindre. (soupire) Tu m'as dit que quoi que je fasse, tu serais avec moi...

- Je sais mais là, c'est te jeter dans la gueule du loup.

- Je veux une France libre. Murmura Alice. Je veux vieillir et t'aimer dans une France libérée des Nazis...

J'opinais de la tête, sachant qu'Alice ne changerai pas d'avis. Je l'aime et c'est comme ça. Elle a choisi de combattre et je me doit d'être à ses côtés. Pour le meilleur et pour le pire comme on dit. Seulement voilà, une petite voix me dit que je n'en réchapperait pas indemne...


Cela vous a plu? Si oui, reviews!

NB (de la part de Kousto): petites précisions quand même. Violette Morris a réellement existé. C'était une sportive accomplie pendant les Années Folles après avoir été ambulancière pendant la première guerre mondiale. Morris doit sa "notoriété" à son attitude pendant la 2°guerre car elle travaillait dans la bande à LAffont (qui étaient des gestapistes français). La Nathalie à laquelle Alice fait référence est Nathalie Clifford-Barney dont 13 a fait mention dans "d'entre les morts" (pour résumer, elle tenait un salon littéraire très connu dans le milieu lesbien des années 20 & 30)

A bientôt pour la suite,

K& 13